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 Tandis qu'en bas des hommes en armes (de Samuel Rondière )

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MessageSujet: Tandis qu'en bas des hommes en armes (de Samuel Rondière )   Tandis qu'en bas des hommes en armes (de Samuel Rondière ) Icon_minitimeMar 11 Oct 2016 - 11:39

Un court métrage de Samuel Rondière.

18 mn


Avec :
Denis Podalydès : Montaigne
Denis Lavant : Vilard
Sophie Fougère : Françoise de Montaigne

Production : Bandoneon . 2010

Visible sur Viméo, au nom de Samuel Rondière.

vimeo.com/40149436


Citation :
Un hiver, pendant les guerres de Religion, au château de Montaigne, un homme se présente devant la grille. Il a été attaqué, il demande asile.
Conscient qu'il s'agit peut-être d'une ruse, Montaigne choisit de le laisser entrer.

On lit au générique de fin : 
Citation :
D'après une histoire vraie : Montaigne, Essais, III, 12
(...)Il m'est souvent advenu, que sur le simple credit de ma presence, et de mon air, des personnes qui n'avoient aucune cognoissance de moy, s'y sont grandement fiées, soit pour leurs propres affaires, soit pour les miennes.
Et en ay tiré és païs estrangers des faveurs singulieres et rares.
Mais ces deux experiences, valent à l'avanture, que je les recite particulierement.

Un quidam delibera de surprendre ma maison et moy. Son art fut, d'arriver seul à ma porte, et d'en presser un peu instamment l'entrée.
Je le cognoissois de nom, et avois occasion de me fier de luy, comme de mon voisin et aucunement mon allié.

Je luy fis ouvrir comme je fais à chacun. Le voicy tout effroyé, son cheval hors d'haleine, fort harassé.
Il m'entretint de cette fable : Qu'il venoit d'estre rencontré à une demie liuë de là, par un sien ennemy,
lequel je cognoissois aussi, et avois ouy parler de leur querelle :
que cet ennemy luy avoit merveilleusement chaussé les esperons : et qu'ayant esté surpris en desarroy et plus foible en nombre, il s'estoit jetté à ma porte à sauveté.
Qu'il estoit en grand peine de ses gens, lesquels il disoit tenir pour morts ou prins.

J'essayay tout naïfvement de le conforter, asseurer, et refreschir.

Tantost apres, voila quatre ou cinq de ses soldats, qui se presentent en mesme contenance, et effroy, pour entrer :
et puis d'autres,
et d'autres encores apres,
bien equippez, et bien armez : jusques à vingt cinq ou trante, feignants avoir leur ennemy aux talons.

Ce mystere commençoit à taster mon soupçon.
Je n'ignorois pas en quel siecle je vivois, combien ma maison pouvoit estre enviée, et avois plusieurs exemples d'autres de ma cognoissance, à qui il estoit mes-advenu de mesme.
Tant y a, que trouvant qu'il n'y avoit point d'acquest d'avoir commencé à faire plaisir, si je n'achevois, et ne pouvant me deffaire sans tout rompre ; je me laissay aller au party le plus naturel et le plus simple ;
comme je fais tousjours : commendant qu'ils entrassent.

Aussi à la verité, je suis peu deffiant et soupçonneux de ma nature. Je panche volontiers vers l'excuse, et l'interpretation plus douce. Je prens les hommes selon le commun ordre, et ne croy pas ces inclinations perverses et desnaturées, si je n'y suis forcé par grand tesmoignage ; non plus que les monstres et miracles.
Et suis homme en outre, qui me commets volontiers à la fortune, et me laisse aller à corps perdu, entre ses bras : Dequoy jusques à cette heure j'ay eu plus d'occasion de me louër, que de me plaindre : Et l'ay trouvée et plus avisée, et plus amie de mes affaires, que je ne suis.
Il y a quelques actions en ma vie, desquelles on peut justement nommer la conduite difficile ; ou, qui voudra, prudente. De celles-là mesmes, posez, que la tierce partie soit du mien, certes les deux tierces sont richement à elle. Nous faillons, ce me semble, en ce que nous ne nous fions pas assez au ciel de nous. Et pretendons plus de nostre conduite, qu'il ne nous appartient. Pourtant fourvoyent si souvent nos desseins. Il est envieux de l'estenduë, que nous attribuons aux droicts de l'humaine prudence, au prejudice des siens. Et nous les racourcit d'autant plus, que nous les amplifions.


Ceux-cy se tindrent à cheval, en ma cour :
le chef avec moy dans ma sale,
qui n'avoit voulu qu'on establast son cheval,
disant avoir à se retirer incontinent qu'il auroit eu nouvelles de ses hommes.

Il se veid maistre de son entreprinse : et n'y restoit sur ce poinct, que l'execution.

Souvent depuis il a dict (car il ne craignoit pas de faire ce conte) que mon visage, et ma franchise, luy avoient arraché la trahison des poings.

Il remonte à cheval,
ses gens ayants continuellement les yeux sur luy,
pour voir quel signe il leur donneroit : bien estonnez de le voir sortir et abandonner son advantage."
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MessageSujet: Re: Tandis qu'en bas des hommes en armes (de Samuel Rondière )   Tandis qu'en bas des hommes en armes (de Samuel Rondière ) Icon_minitimeMar 11 Oct 2016 - 11:49

Un film éblouissant en terme de maîtrise narrative.
Il se passe peu de choses, et pourtant énormément.
Une adaptation cinématographique d'un texte littéraire qui atteint des sommets en terme de fidélité et talent.

C'est pourquoi j'ai recopié le fragment de l'essai concernant l'adaptation. Vous jugerez.
A lire après le visionnage ? Avant  ?
A votre guise.

Un conseil important cependant, pour qui veut entrer en cette longue chute du jour hivernal, au coeur du siècle de Montaigne, si troublé :

Le film a un seul défaut à mes yeux : la dernière phrase du film est mal mixée ou mal articulée. Et c'est dommageable de ne point l'entendre.
tu verras, parfumé  : les gens partent (tu comprendras) ils sont a cheval, et un des gars de la bande dit quelque chose, on comprend rien, et en fait c est trop con, parce que ça dit tout.
le gars dit à son chef :

On les tenait à la gorge ...!
Les gardes en chiaient !!




il faut juste que tu saches ça. retiens bien ça et maintenant regarde, pour decouvrir comment Montaigne s'est sorti de la mouise
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Tandis qu'en bas des hommes en armes (de Samuel Rondière )   Tandis qu'en bas des hommes en armes (de Samuel Rondière ) Icon_minitimeMar 11 Oct 2016 - 14:01

merci Nadine !écouté et oui difficile de comprendre la phrase

intéressant Podalydès (j'ai vu une de ses pièces jouée par des amateurs)

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Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave. » Friedrich Nietzsche
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