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 Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont.

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Isidore Ducasse
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MessageSujet: Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont.   Mer 26 Sep 2007 - 14:31


Je commence par la biographie donnée par Wikipédia:

Fils d'un commis-chancelier au Consulat général de France à Montevideo, Isidore Ducasse est élève interne au Lycée impérial de Tarbes, puis du lycée Louis-Barthou à Pau. À cette époque, son tuteur est un avoué tarbais, Jean Dazet. On sait qu'après un voyage en Uruguay en 1867, il revient à Paris et s'installe dans un hôtel de la rue Notre-Dame-des-Victoires. Il doit entamer des études supérieures dont la nature reste inconnue (concours d'entrée à l'École Polytechnique, a-t-on souvent écrit). Il publie à ses frais le premier des Chants de Maldoror en 1868 (l'œuvre complète sera imprimée en Belgique un an plus tard). En 1870, il habite rue Vivienne et publie les Poésies dont une publicité paraîtra dans la Revue populaire de Paris. Mais le 24 novembre, alors que le Second Empire s'effondre, il meurt à son domicile au 7 rue Faubourg-Montmartre. Sur son acte de décès, il est écrit : "Sans autres renseignements". Selon certaines sources, Lauréamont serait mort phtisique.

Lautréamont n'a écrit que Les chants de Maldoror, plus quelques poésies, et est entouré d'un certain mystère, on ne sait pas grand-chose sur lui, et on ne dispose que d'une photo de lui, dont il n'a jamais pu être prouvé qu'elle était vraiment la sienne.

A l'époque de la sortie du livre, il ne rencontre aucun succès. Come un bon nombre d'artistes, le succès sera posthume. Il faudra attendre qu'un éditeur belge le ré-édite plus de trente ans après la sortie du livre, et donc après sa mort.
A partir de cette seconde sortie, Lautréamont va devenir une espèce d'idole, par exemple chez les surréalistes, et les pataphysiciens. Plusieurs peintres en ont fait des portraits imaginaires, dont Dali.
Lautréamont était bien conscient de son talent, et se qualifiait lui-même de "Victor Hugo de son ère".

Maldoror est une espèce de misanthrope à vrai dire un peu détraqué, mais qui a surtout peur de pouvoir avoir des sentiments pour quelqu'un (par exemple pour une petite fille, à un moment du récit), souffre de tout, à commencer par le fait de vivre, et pour atténuer cette douleur, tente de ne pas réellement vivre dans le même univers que les autres.

Tristan Tzara a dit de lui qu'il était, associé à Rimbaud et Jarry, la plus complète expression de la langue française, et qu'il était habité par une telle folie que pour lui la création même était trop grossière, qu'il était au dessus de la création.

Pour ce qu'il en est de mon avis personnel, je ne crois pas qu'il soit utile de le développer, mon pseudonyme parle de lui-même (bien qu'il ne doive pas être interprété comme de la prétention à lui ressembler). J'en ai déjà parlé dans plusieurs, sujets, pour moi, il n'a pas été dépassé, et maintenant, ne le sera surement jamais. Je crois que c'est tout ce que je peux dire.
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lekhan
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MessageSujet: Re: Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont.   Mer 26 Sep 2007 - 14:35

Citation :
Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu’il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison ; car, à moins qu'il n’apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d’esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l’eau le sucre. Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. Écoute bien ce que je te dis : dirige tes talons en arrière et non en avant, comme les yeux d’un fils qui se détourne respectueusement de la contemplation auguste de la face maternelle ; ou, plutôt, comme un angle à perte de vue de grues frileuses méditant beaucoup, qui, pendant l’hiver, vole puissamment à travers le silence, toutes voiles tendues, vers un point déterminé de l’horizon, d’où tout à coup part un vent étrange et fort, précurseur de la tempête. La grue la plus vieille et qui forme à elle seule l’avant-garde, voyant cela, branle la tête comme une personne raisonnable, conséquemment son bec aussi qu’elle fait claquer, et n’est pas contente (moi, non plus, je ne le serais pas à sa place), tandis que son vieux cou, dégarni de plumes et contemporain de trois générations de grues, se remue en ondulations irritées qui présagent l’orage qui s’approche de plus en plus. Après avoir de sang-froid regardé plusieurs fois de tous les côtés avec des yeux qui renferment l’expérience, prudemment, la première (car, c’est elle qui a le privilège de montrer les plumes de sa queue aux autres grues inférieures en intelligence), avec son cri vigilant de mélancolique sentinelle, pour repousser l’ennemi commun, elle vire avec flexibilité la pointe de la figure géométrique (c’est peut-être un triangle, mais on ne voit pas le troisième côté que forment dans l’espace ces curieux oiseaux de passage), soit à bâbord, soit à tribord, comme un habile capitaine ; et, manoeuvrant avec des ailes qui ne paraissent pas plus grandes que celles d’un moineau, parce qu’elle n’est pas bête, elle prend ainsi un autre chemin philosophique et plus sûr.

________

Lecteur, c’est peut-être la haine que tu veux que j’invoque dans le commencement de cet ouvrage ! Qui te dit que tu n’en renifleras pas, baigné dans d’innombrables voluptés, tant que tu voudras, avec tes narines orgueilleuses, larges et maigres, en te renversant de ventre, pareil à un requin, dans l’air beau et noir, comme si tu comprenais l’importance de cet acte et l’importance non moindre de ton appétit légitime, lentement et majestueusement, les rouges émanations ? Je t’assure, elles réjouiront les deux trous informes de ton museau hideux, ô monstre, si toutefois tu t’appliques auparavant à respirer trois mille fois de suite la conscience maudite de l’Éternel ! Tes narines, qui seront démesurément dilatées de contentement ineffable, d’extase immobile, ne demanderont pas quelque chose de meilleur à l’espace, devenu embaumé comme de parfums et d’encens ; car, elles seront rassasiées d’un bonheur complet, comme les anges qui habitent dans la magnificence et la paix des agréables cieux.
J’établirai dans quelques lignes comment Maldoror fut bon pendant ses premières années, où il vécut heureux ; c’est fait. Il s’aperçut ensuite qu’il était né méchant : fatalité extraordinaire ! Il cacha son caractère tant qu’il put, pendant un grand nombre d’années ; mais, à la fin, à cause de cette concentration qui ne lui était pas naturelle, chaque jour le sang lui montait à la tête ; jusqu’à ce que, ne pouvant plus supporter une pareille vie, il se jeta résolument dans la carrière du mal... atmosphère douce ! Qui l’aurait dit ! lorsqu’il embrassait un petit enfant, au visage rose, il aurait voulu lui enlever ses joues avec un rasoir, et il l’aurait fait très souvent, si Justice, avec son long cortège de châtiments, ne l’en eût chaque fois empêché. Il n’était pas menteur, il avouait la vérité et disait qu’il était cruel. Humains, avez-vous entendu ? il ose le redire avec cette plume qui tremble ! Ainsi donc, il est une puissance plus forte que la volonté... Malédiction ! La pierre voudrait se soustraire aux lois de la pesanteur ? Impossible. Impossible, si le mal voulait s’allier avec le bien. C’est ce que je disais plus haut.

_______________

Il y en a qui écrivent pour rechercher les applaudissements humains, au moyen de nobles qualités du cœur que l’imagination invente ou qu’ils peuvent avoir. Moi, je fais servir mon génie à peindre les délices de la cruauté ! Délices non passagères, artificielles ; mais, qui ont commencé avec l’homme, finiront avec lui. Le génie ne peut-il pas s’allier avec la cruauté dans les résolutions secrètes de la Providence ? ou, parce qu’on est cruel, ne peut-on pas avoir du génie ? On en verra la preuve dans mes paroles ; il ne tient qu’à vous de m’écouter, si vous le voulez bien... Pardon, il me semblait que mes cheveux s’étaient dressés sur ma tête ; mais, ce n’est rien, car, avec ma main, je suis parvenu facilement à les remettre dans leur première position. Celui qui chante ne prétend pas que ses cavatines soient une chose inconnue ; au contraire, il se loue de ce que les pensées hautaines et méchantes de son héros soient dans tous les hommes.

Lautréamont.

Je n'avais que ça à dire aprés ce commentaire :)
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MessageSujet: Re: Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont.   Mer 26 Sep 2007 - 18:57

Merci isidore sunny
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Isidore Ducasse
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MessageSujet: Re: Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont.   Jeu 27 Sep 2007 - 11:49

Je me pose aussi la question de savoir ce qui s'est passé en Uruguay pour que trois montres de la littérature française (Lautréamont, Laforgue, Supervielle) y soient nés tout en étant français, enfin je veux dire sans être de sang Urugayen. C'est peut-être, (sûrement) le cas de plusieurs autrs pays mais ça m'intrigue un peu. C'était une colonie française?
Est-ce que Lautréamont aurait été Lautréamont s'il n'avait pas grandi là-bas, été élevé par Dazet qu'apparemment il détestait (dans les chants de Maldoror, il semblerait qu'il y ait eu un certain changement à la seconde publication, car au départ Lautréamont avait écrit "Dazet" à chaque fois qu'il avait besoin d'un ennemi...)
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont.   Jeu 27 Sep 2007 - 19:55

Citation :
C'était une colonie française?
non pas du tout cat
Cependant, bien que je ne sois pas des plus versées en histoire moderne, il me semble que la France de Napoléon III ayant soutenu les mexicains contre je ne sais plus qui d'ailleurs, des relations diplomatiques resserrées ont du naître entre les états d'Amérique du Sud et Centrale et la France.
De plus, c'était le temps béni des diplomaties et je doute que ces pays étaient très courus par les ambitieux ce qui permettait sans doute à des diplomates subalternes d'aller sur des postes intéressants. Mais ce ne sont que des hypothèses!
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lekhan
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MessageSujet: Re: Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont.   Jeu 27 Sep 2007 - 22:31

Il y avait quelques notables Français qui y faisaient du commerce en effet après ces événement avec Napoléon III.

Une sorte de comptoir si tu veux, un comptoir informel.
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Isidore Ducasse
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MessageSujet: Re: Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont.   Ven 28 Sep 2007 - 17:10

Oui, je pensais à quelque chose de ce genre, même si je ne m'y connais pas trop.
(A propos, merci d'avoir rajouté l'image, car de chez moi je suis incapable de la mettre, ils refusent mon mot de passe sur le site de stockage d'images)
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont.   Sam 23 Jan 2010 - 10:00

Qui est influencé par Lautréamont, parmi la confrérie des écrivains...? Au Québec, nous esquissons les noms de Réjean Ducharme et Nelly Arcan. Qui d'autre s'est inspiré de Lautréamont?
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Marko
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MessageSujet: Re: Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont.   Sam 23 Jan 2010 - 11:45

L'influence de Lautréamont est peut-être à chercher du côté des surréalistes et des dadaïstes (précoces ou tardifs). En tout cas ceux qui donnent une place essentielle au monde de l'inconscient et de ses démons. Il y a peut-être plus de poétes, cinéastes, plasticiens que d'écrivains dans ce registre aujourd'hui. Il y avait au départ André Breton évidemment, Artaud, Soupault, peut-être Gracq et Mandiargues en moins sauvage. Plus récemment je ne vois pas trop. Probablement parce que le surréalisme n'est plus trop à la mode. Je ne verrais d'équivalent que chez Lynch au cinéma. Il y en a sûrement d'autres.

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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Nestat
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MessageSujet: Re: Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont.   Mer 14 Avr 2010 - 20:52

"En voyant ces spectacles, j'ai voulu rire comme les autres; mais, cela, étrange imitation, était impossible.
J'ai pris un canif dont la lame avait un tranchant acéré, et me suis
fendu les chairs aux endroits où se réunissent les lèvres. Un
instant je crus mon but atteint. Je regardai dans un miroir
cette bouche meurtrie par ma propre volonté! C'était une
erreur! Le sang qui coulait avec abondance des deux blessures
empêchait d'ailleurs de distinguer si c'était là vraiment le
rire des autres. Mais, après quelques instants de comparaison,
je vis bien que mon rire ne ressemblait pas à celui des
humains, c'est-à-dire que je ne riais pas. "
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bix229
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MessageSujet: Re: Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont.   Jeu 15 Avr 2010 - 0:15

Bon, et qui en dehors de Nestat a lu Les Chants de Maldoror ?

Suffit pas de parler d' influences...
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Marko
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MessageSujet: Re: Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont.   Jeu 15 Avr 2010 - 10:49

bix229 a écrit:
Bon, et qui en dehors de Nestat a lu Les Chants de Maldoror ?

Suffit pas de parler d' influences...

C'est un de mes livres préférés. Un récit cauchemardesque, hallucinatoire, qui tient de l'incantation maléfique, du cri blasphématoire, d'une révolte contre le réel et contre Dieu. C'est un bestiaire fantastique où on croise des créatures infernales inouïes comme dans des tableaux de Bosch, une projection de fantasmes sadiques, un délire qui n'en est pas un puisque c'est d'abord l'inconscient qui s'exprime et ne se censure pas, une anticipation du surréalisme où la pensée est libre, les images métaphoriques, les pulsions personnifiées, l'imaginaire tout puissant. C'est une sorte d'exploration des limites du langage, d'un retour à une forme de récit archaïque comme les vieux sorciers auraient pu en raconter à l'aube de l'humanité, la poésie flamboyante en plus... Comme si Isidore Ducasse avait voulu décrire sa fascination et sa terreur devant la cruauté du monde en faisant tout exploser par le langage. C'est génial, dérangeant, inconfortable, et d'une lecture parfois difficile mais on peut le lire par "épisodes", faire des pauses, y revenir.

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MessageSujet: Re: Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont.   Jeu 15 Avr 2010 - 11:59

Marko a écrit:
bix229 a écrit:
Bon, et qui en dehors de Nestat a lu Les Chants de Maldoror ?

Suffit pas de parler d' influences...

C'est un de mes livres préférés. Un récit cauchemardesque, hallucinatoire, qui tient de l'incantation maléfique, du cri blasphématoire, d'une révolte contre le réel et contre Dieu. C'est un bestiaire fantastique où on croise des créatures infernales inouïes comme dans des tableaux de Bosch, une projection de fantasmes sadiques, un délire qui n'en est pas un puisque c'est d'abord l'inconscient qui s'exprime et ne se censure pas, une anticipation du surréalisme où la pensée est libre, les images métaphoriques, les pulsions personnifiées, l'imaginaire tout puissant. C'est une sorte d'exploration des limites du langage, d'un retour à une forme de récit archaïque comme les vieux sorciers auraient pu en raconter à l'aube de l'humanité, la poésie flamboyante en plus... Comme si Isidore Ducasse avait voulu décrire sa fascination et sa terreur devant la cruauté du monde en faisant tout exploser par le langage. C'est génial, dérangeant, inconfortable, et d'une lecture parfois difficile mais on peut le lire par "épisodes", faire des pauses, y revenir.

Je l'ai lu aussi.
Une fois je me rappelle avoir souri en me rendant compte que la phrase que je lisais faisait plus de deux pages....

Je retrouve certaines de mes impressions dans ce que dit Marko. Mais je n'ai jamais réussi à statufier sur le fond de ce livre. Certains passages me paraissent être de la provoc pure et dure... Ce livre mérite d'être étudier.
Je ne vais pas m'étendre plus, je n'ai pas assez de souvenirs pr en parler.
Je le lirai peut-être encore une fois, mais plus tard, pas envie de retourner tout de suite dans cet univers, faut être sacrément accrocher au réel.
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Marko
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MessageSujet: Re: Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont.   Lun 10 Mai 2010 - 18:40

Extrait des Chants de Maldoror:


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Constance
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MessageSujet: Re: Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont.   Lun 10 Mai 2010 - 19:24

Magnifique ! quel récitant !

Avec brio, Marko ayant déjà quasiment tout écrit sur Lautréamont, l'un des "phares" tels que le furent Rimbaud et Corbières qui révolutionneront la littéraire et influenceront les surréalistes, il ne me reste plus qu'à placer des extraits des "Chants de Maldoror".
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Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont.
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