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 Yorgos Ioannou [Grèce]

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eXPie
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MessageSujet: Yorgos Ioannou [Grèce]   Dim 20 Nov 2016 - 18:01

Yorgos Ioannou (Γιώργος Ιωάννου)
(Thessalonique, 20/11/1927 - 16/02/1985)


"Poète et écrivain grec, originaire de Salonique, et dont l'œuvre est saluée dans son pays comme l'une des plus originales de la littérature contemporaine,

Yorgos Ioannou est né à Thessalonique en 1927, dans une famille de réfugiés de Thrace orientale. Sa jeunesse meurtrie par la faim et les exactions subies pendant la Seconde Guerre mondiale et la guerre civile porte en gestation les thèmes majeurs de son œuvre.

Il est mort le 16 février 1985 à l'âge de cinquante-sept ans, à la suite d'une erreur médicale. Il est considéré comme l'un des plus grands écrivains grecs de la deuxième moitié du XXe siècle.
"
(Merci Babelio ; on pourra aussi se référer à Wikipedia grec car bizarrement il n'a pas de notice Wikipedia dans les autres langues...).

"Yorgos Ioannou, né à Thessalonique en 1927 dans une famille de régugiés de Thrace orientale [Le traité de Lausanne (1923) attribue à la Turquie la Thrace orientale, Imbros, Ténédos et la région de Smyrne. Les populations grecques chassées se réfugient en Grèce], se nourrit de récits et de légendes évoquant les « patries perdues ». Quand la Seconde Guerre mondial éclate, il est un jeune garçon. Il ne profitera pas davantage de ses vingt ans dans les affres de la guerre civile qui s'ensuit (1946-1949). Cette jeunesse meurtrie par la faim et les exactions porte en gestation les éléments majeurs de son oeuvre : culte du passé byzantin, complexité des rapports entre réfugiés de Thrace et d'Asie Mineure et Grecs autochtones, obsession d'une mort subite et prématurée, conscience d'une génération vaincue, la sienne." (Antigone Vlavianou, présentation du recueil Le seul Héritage, page 7)


Dernière édition par eXPie le Dim 20 Nov 2016 - 18:04, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Yorgos Ioannou [Grèce]   Dim 20 Nov 2016 - 18:02

    
A droite, une édition grecque.
Le Seul héritage (Η μόνη κληρονομιά, 1974) Nouvelles traduites du grec par Ismini Vlavianou et présentées par Antigone Vlavianou .La Différence, 171 pages..

Dans les seize nouvelles du recueil, le narrateur a une position d'observateur plutôt que d'acteur : il rapporte des histoires.

"L'histoire de la Grèce contemporaine se lit en écho à travers le récit des petits faits de la vie quotidienne, dans une écriture polyscopique [sic] qui transcrit la mémoire collective c'est la confession de tout un peuple. [....]
Les mots ici figurent l'histoire d'un pays, celui de Thessalonique.
La ville constitue d'ailleurs l'unité spatiale de ce recueil. Les seize nouvelles se lisent comme seize chroniques sur la ville de Salonique. [...] Nous sommes dans les années vingt, celles du déracinement pour des milliers de Grecs après le traité de Lausanne.
" (Antigone Vlavianou, présentation du recueil Le seul Héritage, pages 8-10).
Beaucoup de réfugiés ne parlaient pas le grec, "l'échange des populations s'étant opéré selon la religion et non pas la langue." (page 77).
Ça n'est pas facile pour les Grecs chassés de Thrace, qui ont souvent tout perdu.
Citation :
"En Turquie, il avait vendu à vil prix bétail, terres et maisons et était parti avec les siens pour échapper à la terreur quotidienne. [...] Ces cupides Grecs du continent ne pouvaient imaginer à quels aristocrates déchus ils avaient affaire et avec dédain, ne remarquaient que leurs costumes turcs. [....]
Ils commencèrent alors à réaliser leur situation. Le Turc n'était pas le seul monstre..." (pages 42-43).
Il y a bien sûr de la nostalgie pour le pays quitté...
Citation :
"« Ah ! Notre abricotier de Sari-Sabane... Quand est-ce qu'on y retournera ? » dit la jeune fille avec regret en oubliant complètement le paludisme qui, là-bas, avait failli les exterminer." (page 94).

D'autres nouvelles sont situées chronologiquement plus tard, sous l'occupation allemande. Voici le début de la nouvelle La Loume :
Citation :
"Nous venions d'apprendre que les Allemands avaient pendu son mari, lorsqu'elle déboula de Florina en personne, la petite dans les bras plongée dans le deuil. Lamentations et récits abominables remplirent brusquement la maison. Elle était vlàcha et débitait tout cela d'une haleine comme font les vlàches de Roumanie." (page 111).
La ville semble grouiller de langues ou de dialectes différents..

La nouvelle Les Chiens de Seih Sou est basée sur les bruits entendus dans la nuit (nous sommes pendant l'occupation allemande).
Citation :
"Le fait est qu'on avait l'ouïe finie ; c'était le seul moyen de saisir ce qui se tramait autour de nous dans l'obscurité. On reconnaissait ainsi dans la nuit le pas de l'ennemi, la toux sèche du mouchards devant la porte, les chamailleries des couples, le ronflement du voisin, mais surtout le bruit doux et discret des pots de couleur lorsque les jeunes badigeonnaient des inscriptions sur les murs. On se disait alors que notre quartier resplendirait le lendemain d'optimisme et de bravoure." (page 58)


Le seul Héritage est vraiment un très bon recueil de nouvelles, sobres et souvent teintées d'un léger humour, sur des sujets qui pourraient pu donner des textes sinistres (déracinement, guerre, deuil).

Sur le Net, je suis tombé sur une page qui émet des réserves sur la qualité de la traduction de l'ouvrage : http://www.leprésentdéfini.com/paysage-dans-le-brouillard
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