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 Jacques-Pierre Amette

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MessageSujet: Jacques-Pierre Amette   Jacques-Pierre Amette Icon_minitimeSam 29 Sep 2007 - 18:22

Jacques-Pierre Amette Jacque10


Un lien pour en savoir plus côté bibliographie:

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MessageSujet: Re: Jacques-Pierre Amette   Jacques-Pierre Amette Icon_minitimeSam 29 Sep 2007 - 18:25

Jacques-Pierre Amette Un_ete10


Nous sommes en 1761, c'est l'été, dans la résidence suisse de Voltaire. Ce dernier a décidé de faire rejouer, dans l'intimité de sa propriété de Ferney, la tragédie mal accueillie par le public parisien vingt ans plus tôt « Le fanatisme ou Mahomet ».
Il accueille, entre autres invités, deux actrices italiennes, Gabriella et Zanetta, un peintre, Goussier puis Fleckenstein, un officier de l'armée impériale de Frédéric II de Prusse. La petite histoire se mêle à la grande: la guerre de Sept ans est en passe de s'achever et Voltaire, philosophe des Lumières, est sollicité pour engager des pourparler de paix.
Voltaire, virevoltant avec son éternel bonnet vissé sur la tête et ses bas en tire-bourchon aux chevilles. Voltaire qui aime sussurrer son antipathie envers son grand rival qu'est Rousseau et sa « Nouvelle Héloïse » fustigeant, critiquant haut et fort le divertissement qu'il affectionne: le théâtre!
Les répétitions laissent place aux déambulations à travers la propriété de Ferney, la pénombre des sous-bois comme celle de la nuit tombante encourage les confidences et les secrets au même titre que les rencontres amoureuses ou les rêveries solitaires.
Les chuchotements et les bruissements des tissus rappellent les murmures frondeurs et osés de ce XVIIIè siècle avide de connaissances et de libertés. Parfois, un tableau s'esquisse devant les yeux du lecteur qui suit les promenades solitaires de Zanetta: celui du héron qu'elle rencontre chaque jour au bord de l'étang. Goussier en fait un tableau sensible, poétique et philosophique: « ...Pour lui, les seules catastrophes sont le gel, le froid, l'assèchement d'une partie de l'étang...l'absence de grenouilles (...) Je veux dire qu'un grand nombre d'animaux meurent chaque année. On les chasse, on les tue, on les farcit. Mais à la fin de l'hiver à l'automne, les hérons vivent heureux. Ils plantent doucement leurs pattes dans une eau sale et sont heureux. Ils s'allongent dans l'eau et regardent voler d'autres oiseaux qui reviennent des étangs voisins (...) Les hérons n'ont pas de temples, pas de mosquées, pas de favoris, pas de légions, pas de monastères, pas d'évêques, pas de rabbins, pas de prophètes, pas de grâce efficace ou de grâce insuffisante, aucun jésuite ni, pire, aucun janséniste sur le dos. Ils n'ont que la prudence devant les chasseurs et la bonté devant l'eau tiède qui miroite sous leur plumage(...) Ils n'ont que les moucherons à gober... » (p 126 et 127).
Sous la plume de Jacques -Pierre Amette, l'impertinence voltairienne sillonne les pages du roman, écornant les fanatismes de tous bords: religieux ou politiques. La critique de la religion musulmane est celle de la religion catholique: le déguisement permet les effronteries les plus osées.

Autant « La maîtresse de Brecht » m'avait déçue (je n'avais pas pu en terminer la lecture) autant « Un été chez Voltaire » m'a réconciliée avec son écriture! J'ai aimé le rythme calqué sur celui de l'été: on vit au fil des jours qui s'allongent puis se raccourcissent, annonçant l'arrivée de l'automne. J'ai aimé les tableaux impressionnistes, les respirations telles des haïkus, parsemés tout au long du roman. Une unité d'espace (Ferney), de temps (l'été) et d'action (la répétition de la pièce) qui rappelle les plus belles heures du théâtre!
Une bien belle invitation à accepter si l'occasion se présente ;-)


Quelques passages:

« ...une barque vide, plate. Ses rames, parmi des frissons de reflets, dégageaient une odeur exaltante de résine. On la croyait immobile, mais elle dérivait sur les dessins secrets, fugaces de la surface. Elle tournait insensiblement de 'ombre au soleil. Elle baignait parfois dans le vide énigmatique du ciel, parfois grinçait et pivotait sur un impalpable reflet. Elle pénétrait dans l'obscurité. Elle tournait sur les ondes, perdue dans les zones d'un étang formant miroir. » (p 63)

« Vers le 10 août, les pelouses jaunirent. Etendues plates dans la chaleur brasillante. L'air devenait immobile et ardent, comme s'il s'agissait d'effacer tout acte humain.
La barrière du jardin pivotait avec un léger grincement sous le ciel d'un bleu épais, presque mauve dans les profondeurs.
Des nuages lents s'étiraient, gris dessous, clairs dessus, vapeurs somnolentes qui veillaient sur la torpeur des pâturages. Le silence de l'après-midi rayonnait, se répandait sur le château de Ferney et ses dépendances. »
(p 101)
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MessageSujet: Re: Jacques-Pierre Amette   Jacques-Pierre Amette Icon_minitimeMar 16 Oct 2007 - 10:33

"Un été chez Voltaire"


Dans la touffeur de cet été 1761, deux jeunes comédiennes italiennes arrivent au château de Ferney où les attend Voltaire. Zanetta Obozzi et Gabriella Capacelli ont été invitées par le philosophe afin de répéter une pièce écrite vingt ans plus tôt et dont le succès fut des plus mitigés : "Le fanatisme ou Mahomet le prophète."
Arrive aussi à Ferney, un officier prussien, le comte de Fleckenstein, envoyé par Frédéric II afin de négocier la paix – par l'entremise de Voltaire, de Mme de Pompadour et du duc de Choiseul – avec le roi Louis XV, traité qui mettrait fin à la Guerre de sept ans.


Se trouvent également chez le philosophe, le dessinateur-graveur et encyclopédiste Goussier, l'abbé de Pors-Even, ainsi que la petite fille du dramaturge Pierre Corneille, tragédien pour lequel Voltaire éprouve une admiration sans bornes.


Au cours de ces deux mois de juillet et d'aout vont se nouer des intrigues amoureuses, diplomatiques et philosophiques au sein du cadre idyllique et verdoyant du parc de Ferney.
Pendant ce temps Voltaire virevolte, s'agite, dirige les répétitions, rudoie ses comédiennes, se livre à un combat épistolaire éffrené avec Rousseau, ennemi déclaré du théâtre, se querelle avec l'abbé de Pors-Even à propos du message qu'il veut faire passer à travers sa tragédie.



« Au cours du souper qui fut exquis, Voltaire expliqua à ses invités :
- Vous croyez que Mahomet résonne d'un passé révolu mais la pièce présage des temps futurs, des temps nouveaux.
Pors-Even intervint :
- Vous ne risquez pas d'outrager la religion et ses ministres avec une telle tragédie ?
- Je n'outrage pas la religion que je professe et que je respecte. Et je ne comprends point ce qui peut ainsi allumer votre bile.
- En critiquant la religion musulmane, vous critiquez la pitié, le zèle, la charité du même coup. Vous ferez bientôt triompher messieurs les athées. Vous les Encyclopédistes, vous nous déclarez une guerre bien sournoise.
- Il n'y a rien de plus chrétien que mon Mahomet. Même le pape en convient qui me remercie de l'avoir écrit.
- Partout, les hérésies, les schismes, les recueils d'impiété, les blasphèmes de vos amis de l'Encyclopédie. Chaque tirade de votre Mahomet respire la révolte contre la religion et contre l'autorité. On expose sur le théâtre toutes les horreurs d'une morale qui a déjà culminé dans Tartuffe.
Pors-Even ajouta :
- Tremblez qu 'en combinant de telles tragédies, vos domestiques un jour ne vous plongent dans un cachot et vous n'en sortirez que pour être traîné place de Grève !
- Voilà une bien terrible déclaration, mon petit abbé, et je ne m'attendais pas à ça de vous. Ce qui est dans la nature humaine devrait vous effrayer. La vérité humaine ne m'effraie pas. Et je vous signale que les bûchers, l'inquisition sont toujours venus de vos amis jésuites. Mais arracher aux ecclésiastiques le droit de penser par soi-même est une tâche délicate !
- Vous construisez une église pour plaire à vos paysans et rassurer le pays, mais votre tâche et votre ambition sont claires, dans vos écrits vous poussez l'indignité jusqu'à comparer le règne idolâtre d'Auguste au siècle chrétien de Louis XIV...
- Je suis enchanté de votre colère ! Voilà qui va vous purger de ce teint cireux qui me déplaît tant chez vous.
- Comme l'Encyclopédie, votre tragédie mérite un procès. Vous et votre public vous êtes des sociniens, des ariens, des semi-pélagiens, des manichéens.
- Vous m'enchantez, Pors-Even ! Exterminons donc les philosophes ! Passons les à la broche !
Il prit un couteau et le glissa vers Pors-Even.
- Allez-y, percez-moi le coeur ! Tout est permis contre moi, puisque je dénonce les terribles crimes de la religion musulmane. Et ces pauvres diables de voyageurs qui ont les têtes fichées sur des piques devant les portes des villes arabes, vous y songez ? Tuez-moi ! Je veux bien ! Traitez-moi comme un ennemi de la religion, excitez les magistrats, ce n'est pas difficile, ils le sont de nature, et s'ils ne le sont pas, les circonstances les y poussent.
Mais Pors-Even s'échauffait :
- Toutes vos grandes tragédies sont ornées de magnifiques lieux communs sur les ridicules des religions et vous désignez...
- Je peux vous répondre l'abbé ?... Allez ! Percez-moi le coeur avec ce couteau ! Précipitez mon salut en m'expédiant plus vite en enfer. Flétrissez mes écrits, poursuivez-moi sans relâche tout en dévorant mes carpes, mes fricassées de volaille et en buvant mon vin du Rhône?
Repoussant le couteau sur la nappe entre les verres, Pors-Even dit :
- Le mot fanatisme vous plaît tant que vous l'appliquez indifféremment aux musulmans, aux chrétiens, à Zopire, à Omar, aux jansénistes, aux peuples d'Orient ou aux magistrats de Toulouse. Je sais que votre coeur balance, au fond, entre Dieu et Mammon.[...]
Et puisqu'il vous faut de l'argent, reprenait le prêtre en rajustant son rabat, sans cesse plus d'argent, vous noircissez de plus en plus de papier sous des faux noms et vous recevez de vos libraires des sommes que vous placez à Londres ou à Francfort, vous vous en prenez à nos usages ecclésiastiques parce que c'est un sujet qui plaît à vos amis libertins. En écrivant Mahomet, vous croyez rendre hommage à Corneille et Racine qui eux respectaient la religion. Mais il faut avoir une piété bien éclairée et bien rare pour démêler ce que vous pensez de la religion et ce qui sépare la bonne des mauvaises. Vous semez le doute sur toutes les religions, et comme Molière dans son Tartuffe, votre entreprise de confusion avance si bien qu'on arrive plus à démêler le faux du vrai croyant. Vous ne travaillez pas doucement à la sape de nos croyances, mais vos vers et vos tragédies renversent et brûlent toute croyance pour nous mener grand train jusqu'à la barbarie la plus totale ! Bonsoir !
Pors-Even se leva si brusquement qu'il en renversa sa chaise.
- N'oubliez pas de rédiger votre sermon pour dimanche ! Lui lança Voltaire. »




Pendant ce temps, les tractations entre Frédéric II et Louis XV à propos de l'éventuel traité de paix s'enlisent dans la langueur estivale, le libertinage des uns ou l'indifférence des autres. Voltaire, qui entretient une coresponadance régulière avec frederic II de Prusse, s'insurge contre ces atermoiements :



« A la cour de Versailles, on apprend à cinq heures du soir la mort de cinq à six mille hommes puis on va gaiement à l'opéra à cinq heures et quart. Ainsi va le meilleur des mondes ! Il ne faut jamais mêler aux affaires une friponne (Mme de Pompadour) qui traite les malheurs de son royaume comme des querelles de chiens occupés à se mordre la queue. Qu'on mène à la boucherie une armée florissante ne trouble pas ce genre de marionnette en jupons. »



Mais le pacifisme du philosophe est-il une manifestation de son humanisme ou plus prosaïquement l'intention de sauvegarder ses avoirs financiers ? Dans l'éventualité d'un échec des négociations, échec dont la conséquence serait un démantèlement de la Prusse par l'Autriche et la Russie, qu'adviendrait-il, en effet, des sommes engagées par le philosophe à Francfort ou à Potsdam ?



Quant à Zanetta,l'une des deux comédiennes italiennes engagées par le philosophe, après avoir essuyé les réprimandes du vieil homme, elle découvre grâce à celui-ci que l'art dramatique n'est pas uniquement un plaisant divertissement mais qu'il peut aussi être le vecteur de messages politiques et philosophiques visant à transformer la société de son temps.



« Voilà que certains mots de Voltaire sur le fanatisme avaient touché son esprit. Sa disposition naturelle était de considérer le théâtre comme un simple divertissement. Depuis son enfance, on riait sur ds tréteaux, et puis les vues du philosophe l'avaient touchée. Des petites questions mordantes lui revenaient par moments... Voltaire avait semé le doute dans sa foi, il voulait aussi se rendre maître des bêtes féroces, se délivrer des tyrannies qui viennent naturellement aux hommes et il était persuadé que le théâtre était susceptible de changer la nature humaine. Quelle étrange idée. Cet homme, à son âge, ne donnait aucune prise à la lassitude. Il y avait en lui une tension, une intelligence, un nerf à vif.
Elle se dit qu'elle n'avait jamais envisagé son métier comme utile pour l'avenir du genre humain, mais les plaidoyers de Voltaire lui dévoilaient quelque chose. »




Mais au terme de la première représentation de Mahomet jouée dans le parc de Ferney, elle saura aussi ôter les illusions du vieil homme quant au désintérêt du public envers sa tragédie dont il espérait qu'elle serait accueillie avec enthousiasme par les foules.



«- [...] Dites-moi, pourquoi ma tragédie n'a-t-elle point intéressé autant de gens ?
Il faut être en condition pour aimer les querelles de rois, de princes, de chérifs dans des pays si lointains.
- Vous désapprouvez mes travaux ?
- Les travaux champêtres préparent mal à apprécier Cinna ou à démêler ce qui distingue un beau vers d'un mauvais... Le parterre goûte mieux les histoires de cocus.
- Les histoires de cocus, dites-vous ?... Mais, Zanetta, le théâtre est la seule chose qui nous distingue des autres nations...
- A Versailles.
- Vous avez été touchante dans le rôle de Palmire.
- Les gens préfèrent le genre comique.
- Vraiment ?
- Ils se sont endormis.
- Tous ?
- Presque. Et j'ai vu de légers sourires, vous savez...Un homme en turban qui hurle en vers et manie la hache...
- Que vous dire ? Retournez à la barbarie.
- Si vous voulez récolter beaucoup d'applaudissements dans les campagnes, je crois qu'il faudra faire l'éducation de vos paysans, de vos bûcherons, de vos cuisiniers et de vos modestes vachères.
- Elles préfèrent la pantomime ?
- Je crois... Vos honnêtes domestiques préfèrent le tripot, l'écarté, un cruchon de vin blanc, bourrer une pipe. Les grands seigneurs de France comprennent eux la noblesse des actes. La gloire ! Les grandes actions ! Ils savent de quoi il s'agit... Ils se rêvent en toge... Enfin, tout ceci est une bagatelle. Dans vingt ans, nous serons ficelés dans le même sort.
- Comment cela ?
- Morts. »




« Un été chez Voltaire », le dernier roman de Jacques-Pierre Amette, sous son aspect faussement léger, insouciant et délicat, dont l'atmosphère rappelle les toiles de Watteau, est en fait un récit d'une troublante actualité.


Par sa réflexion sur les fanatismes religieux, le rôle de la culture dans la société ainsi que son appropriation par les classes les plus nanties, les conflits armés dont la prolongation ou la conclusion dépendent d'intérêts économiques ou de l'indifférence des masses, le roman de Jacques-Pierre Amette nous invite, en nous tendant le miroir d'un Siècle des Lumières parfois bien obscur, à nous pencher sur le présent et le devenir de notre civilisation, elle aussi en proie aux mêmes menaces que celles décrites dans cet ouvrage.


A travers le personnage de Voltaire, figure pétrie de contradictions, il nous met face à nos propres hésitations, à nos propres ambiguïtés devant les défis politiques et philosophiques auxquels nous nous trouvons aujourd'hui confrontés.
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MessageSujet: Re: Jacques-Pierre Amette   Jacques-Pierre Amette Icon_minitimeMar 16 Oct 2007 - 11:30

Voici un roman qui pourrait me plaire.. Noté! Wink
( merci pour les larges extraits )
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MessageSujet: Re: Jacques-Pierre Amette   Jacques-Pierre Amette Icon_minitimeMer 12 Déc 2007 - 17:34

Tout d'abord un grand merci à Chatperlipopette et Bibliomane d’avoir présenté ce livre ici - je l'avais vu dès sa sortie chez mon libraire mais dû à la mémoire pas trop enthousiasmée de ma lecture de son roman 'La maîtresse de Brecht', je me disais qu'il ne faudrait pas se hâter pour son nouveau roman.
Et bien - les deux critiques de Chatp' et Bibliomane m'ont donné un autre avis et je me suis mis dans la lecture de ce livre.
Bien qu'il y ait déjà presque une semaine que j'ai achevé la lecture - cette histoire résonne encore en moi. Ce qui est toujours bon signe pour un livre content
Je ne peux pas dire plus que vous pouvez lire chez Chatperlipopette et Bibliomane - mais je veux faire une remarque concernant les différents points de vue de lecture: dans le contexte d'une des femmes qui est engagée, le nom de Marivaux est mentionnée - j'en ai lu des pièces de lui - et à partir de ce moment ma lecture du livre de Jacques-Pierre Amette est un peu allée dans cette direction - une sorte de pièce de théâtre un peu frivole et surtout légère.
Mais derrière cette légèreté il y a bien sûr un sérieux - et il l'a très bien 'caché'.
Pour moi cette lecture était très, très enrichissante!

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Sénèque
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MessageSujet: Re: Jacques-Pierre Amette   Jacques-Pierre Amette Icon_minitimeJeu 13 Déc 2007 - 10:35

kenavo
Citation :
mais je veux faire une remarque concernant les différents points de vue de lecture: dans le contexte d'une des femmes qui est engagée, le nom de Marivaux est mentionnée - j'en ai lu des pièces de lui - et à partir de ce moment ma lecture du livre de Jacques-Pierre Amette est un peu allée dans cette direction - une sorte de pièce de théâtre un peu frivole et surtout légère.
Mais derrière cette légèreté il y a bien sûr un sérieux - et il l'a très bien 'caché'.
Pour moi cette lecture était très, très enrichissante!

Oups, j'étais passée un peu à côté de cette belle référence....qui éclaire, un peu plus, le roman! Oui, un marivaudage qui cache une gravité sous la légèreté des propos...du bel ouvrage cheers
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MessageSujet: Re: Jacques-Pierre Amette   Jacques-Pierre Amette Icon_minitimeDim 24 Aoû 2008 - 17:32

Un été chez Voltaire

Une belle écriture, toute en douceur et en poésie (ahhh les vagabondages de Zanetta) pour ce petit livre. Une atmosphère d'été, une certaine langueur qui s'empare du lecteur et les éclats de Voltaire déconcertants et donnant tellement à réfléchir.

Un moment de douceur fugace que ce livre drunken
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MessageSujet: Re: Jacques-Pierre Amette   Jacques-Pierre Amette Icon_minitimeMer 29 Sep 2010 - 14:01

La Maîtresse de Brecht. 

1948 :le grand dramaturge allemand, communiste? Anarchiste? B. Brecht, revient à Berlin en compagnie de son épouse Hélène Weigel. Ils ont fui le nazisme et ont passé dix-huit ans en exil notamment à Santa Monica en Californie. Le FBI se méfie des idées communistes de Brecht, mais pour les communistes de Berlin-Est n'est-il pas devenu capitaliste?
Le régime communiste lui confie la direction d'un théâtre prolétarien et socialiste, le Berliner Ensemble : honneurs officiels d'un côté, surveillance discrète de la Stasi de l'autre...
B.Brecht rencontre Maria Eich, une jeune et jolie comédienne qui va jouer « Antigone » et devient sa maîtresse : mélange de réalité et de fiction, Maria recrutée par Hans Trow va espionner les faits et gestes de B.Brecht et transmettre toutes ces informations à la Stasi dont elle est devenue le jouet.
Les figures du roman se groupent autour du personnage B.Brecht vieillissant : Hélène Weigel, son épouse et actrice vieillissante Maria, fille et femme de nazis qui ont quitté le pays lors de la défaite du nazisme, seule pour élever sa fille, Hans Trow, officier de renseignements de la Stasi,Théo Pilla, assistant de H. Trow, Lena Zorn, mère de Maria qui élève sa fille Lotte dans le secteur américain.
Le roman évolue comme une scène de théâtre où les personnages sont tantôt dans la lumière, tantôt dans la pénombre : l'atmosphère sombre, lourde de la guerre froide, remplie de non-dits, des descriptions de la côte Baltique, de Berlin. On dirait un décor, mélange de fiction et de réalité.
Une écriture que personnellement je trouve très belle et qui rend bien cette période troublée où chacun se méfie de l'autre: les énumérations fréquentes rendent bien l'environnement qu'on aperçoit à travers les vitres d'une voiture qui traverse Berlin. Réflexions sur les relations entre l'art et la politique en cette période de censure, d'espionnage.
Un très beau roman, tout est peint en finesse, par petites touches souvent dans les tons gris...
A lire ou à redécouvrir.
Ce roman est le prix Goncourt 2003, les critiques de l'époque n'ont pas été favorables à ce roman je les ai trouvées souvent partiales et injustes.

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MessageSujet: Re: Jacques-Pierre Amette   Jacques-Pierre Amette Icon_minitimeVen 6 Juil 2012 - 15:47

Jacques-Pierre Amette A3789
Liaison romaine
Citation :
Présentation de l'éditeur
Paul est envoyé à Rome par son journal au moment de l’agonie du pape Jean-Paul II pour écrire un papier « d’ambiance ». Lui, qui ne connaît rien au catholicisme, se sent piégé par sa rédaction. Il se rend dans les églises, les quartiers populaires, il est troublé par la beauté des femmes… et découragé par l’ampleur de sa tâche journalistique Un an plus tôt, Paul avait passé un séjour enchanteur à Rome avec Constance, la femme qu’il aime. Elle le rejoint mais quelque chose d’imperceptible a changé en elle. Leur relation se délite au fil des jours, elle finit par lui avouer qu’elle ne l’aime plus et le quitte. Il s’accroche à son papier, hésitant entre plusieurs styles et opte pour des métaphores grandioses. Des images sexuelles obsédantes de Constance ne cessent de le poursuivre. Son article est refusé sans ménagement, il est tétanisé. Paul a cru faire du journalisme, il a cru aimer, mais tout était faux. Il décide de rester à Rome.

J’aime bien ajouter les présentations des éditeurs à mes commentaires quand ils fournissent un résumé valable du livre et dont je n’aurais pas pu trouver les mots.
Cette fois-ci j’ai mis la présentation... pour ne pas être obligée de dire plus sur ce livre – parce qu’il n’y a plus rien d’autre à dire ! C’est le livre en condensé !
Après les commentaires et images de Mimi de son voyage à Rome, j’avais envie de poursuivre les balades dans cette ville… hm.. j’ai beaucoup de mal de faire une critique négative d’un livre et je vais m’en arrêter là… seulement fait la constatation que Rome n’inspire pas tout le monde Wink

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