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 cuisine et littérature

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Babelle
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MessageSujet: cuisine et littérature   Mer 6 Juin 2007 - 20:24





Une gourmandise : Muriel Barbery

Citation :
éditeur : Alors il se souvient. Silencieusement, parfois frénétiquement, il vogue au gré des méandres de sa mémoire gustative, il plonge dans les cocottes de son enfance, il en arpente les plages et les potagers, entre campagne et parfums, odeurs et saveurs, fragrances, fumets, gibiers, viandes, poissons et premiers alcools... Il se souvient - et il ne trouve pas. Pas encore.


Dernière édition par le Ven 8 Juin 2007 - 19:02, édité 1 fois
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Babelle
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MessageSujet: Re: cuisine et littérature   Jeu 7 Juin 2007 - 23:19

«Je vois avec plaisir que ma réputation culinaire se répand et promet bientôt d'effacer ma réputation littéraire. Dieu soit loué!» Alexandre Dumas (1802-1870), auteur du Grand Dictionnaire de cuisine.
Un peu d'histoire >
"Assiette" :
"Les assiettes sont ainsi nommées parce qu'elles marquent les places où l'on doit s'asseoir à table.
Leur usage n'est pas très ancien en France. Autrefois, des tranches de pain coupées en rond servaient d'assiettes ; et Virgile les dépeint ainsi dans le repas des compagnons d'Enée. On parle encore de cette pratique dans le cérémonial du sacre de Louis XII.
Après le repas, on donnait ce pain aux pauvres.
"

Dumas père était cuisinier et gourmet. C'est durant ses dernières années qu'il se consacre à la rédaction du "Dictionnaire de Cuisine" où il note souvenirs, et recettes.

Shot with COOLPIX L6 at 2007-06-29


Dernière édition par le Ven 29 Juin 2007 - 21:31, édité 1 fois
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Babelle
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MessageSujet: Re: cuisine et littérature   Lun 11 Juin 2007 - 2:00

L'Assommoir
Emile Zola, 1840-1902
Citation :
Gervaise, énorme, tassée sur les coudes, mangeait de gros morceaux de blanc, ne parlant pas, de peur de perdre une bouchée; et elle était seulement un peu honteuse devant Goujet, ennuyée de se montrer ainsi, gloutonne comme une chatte.
Goujet, d'ailleurs, s'emplissait trop lui-même, à la voir toute rose de nourriture. Puis, dans sa gourmandise, elle restait si gentille et si bonne !
Elle ne parlait pas, mais elle se dérangeait à chaque instant, pour soigner le père Bru et lui passer quelque chose de délicat sur son assiette. C'était même touchant de regarder cette gourmande s'enlever un bout d'aile de la bouche, pour le donner au vieux, qui ne semblait pas connaisseur et qui avalait tout, la tête basse, abêti de tant bâfrer, lui dont le gésier avait perdu le goût du pain.
Les Lorilleux passaient leur rage sur le rôti; ils en prenaient pour trois jours, ils auraient englouti le plat, la table et la boutique, afin de ruiner la Banban du coup.
Toutes les dames avaient voulu de la carcasse; la carcasse, c'est le morceau des dames. Mme Lerat, Mme Boche, Mme Putois grattaient des os, tandis que maman Coupeau, qui adorait le cou, en arrachait la viande avec ses deux dernières dents.
Virginie, elle, aimait la peau, quand elle était rissolée, et chaque convive lui passait sa peau, par galanterie; si bien que Poisson jetait à sa femme des regards sévères, en lui ordonnant de s'arrêter, parce qu'elle en avait assez comme ça : une fois déjà, pour avoir trop mangé d'oie rôtie, elle était restée quinze jours au lit, le ventre enflé.
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Babelle
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MessageSujet: Re: cuisine et littérature   Lun 11 Juin 2007 - 2:15

Citation :
"Au frigo, il trouva des pâtes froides avec des tomates, du basilic et des olives noires, qui diffusaient un parfum à réveiller un mort, et un deuxième plat d’anchois à l’oignon et au vinaigre : Montalbano avait l’habitude de se fier entièrement à la fantaisie culinaire et goûteusement populaire d’Adelina, la bonne qui une fois par jour venait s’occuper de lui. De ses deux fils
irrémédiablement délinquants, l’un se trouvait en prison grâce au commissaire.
Donc, aujourd’hui encore, Adelina ne l’avait pas déçu ; chaque fois qu’il allait rouvrir le four ou le frigo, il éprouvait de nouveau la même trépidation intérieure que lorsque, enfant, au petit matin du 2 novembre, il cherchait la corbeille d’osier dans laquelle, durant la nuit, les morts avaient déposé leurs cadeaux.
Les seuls qui ne les oubliaient pas, les morts, et en gardaient même le souvenir tenace, c’étaient les mafieux, mais les cadeaux qu’ils expédiaient en souvenir d’eux n’avaient certes rien à voir avec les petits trains ou les fruits en pâte d’amande.
En somme, la surprise constituait le piment indispensable de la cuisine d’Adelina.
Il prit les plats, une bouteille de vin, le pain, alluma le téléviseur, s’assit à table.
Il aimait manger seul, jouir de chaque bouchée en silence ; parmi tous ses points
communs avec Livia, il y avait aussi celui-là, que quand elle mangeait, elle
n’ouvrait pas la bouche pour parler."

>Chien de faïence - Camilleri
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Marie
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MessageSujet: Re: cuisine et littérature   Lun 11 Juin 2007 - 2:46

Citation :
Le gigot de mouton
LEWIS CARROLL
Il y avait trois chaises au bout de la table. La Reine Rouge et la Reine
Blanche en occupaient déjà deux, mais celle du milieu restait vide. Alice s’y
assit, assez embarrassée par le silence et souhaitant que quelqu’un prit la
parole.
Enfin la Reine Rouge commença : « Vous avez manqué la soupe et le
poisson, dit-elle, prenez du rôti. » Et les serveurs posèrent un gigot de mou-
ton devant Alice qui le regarda avec anxiété, car elle n’en avait encore jamais
découpé.
« Vous avez l’air intimidé, laissez-moi vous présenter ce gigot de mou-
ton, dit la Reine Rouge. « Alice — Mouton ; Mouton — Alice. » Le gigot
de mouton se redressa sur le plat et fit un salut à Alice qui le lui rendit, ne
sachant si elle devait rire ou s’effrayer.
« Puis-je vous en offrir une tranche ? » dit-elle en prenant le couteau et
la fourchette et en regardant tour à tour l’une et l’autre Reine.
« Certainement pas, dit la Reine Rouge avec autorité. L’étiquette ne prévoit
pas que l’on découpe quiconque nous a été présenté. Enlevez le gigot ! » Les
serveurs emportèrent donc le gigot et ramenèrent un gros plum-pudding à la
place.
« Je ne veux pas être présentée au plum-pudding, s’empressa de dire Alice,
sinon je n’aurai pas à dîner. Puis-je vous en offrir ? »
Mais la Reine Rouge avait l’air maussade et elle grommela : Pudding,
Alice — Alice, Pudding. Enlevez le Pudding ! »
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coline
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MessageSujet: Re: cuisine et littérature   Lun 11 Juin 2007 - 12:51

On ne peut pas faire sans la fameuse madeleine.... :)

Extrait de "Du côté de chez Swann"

"Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n'était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n'existait plus pour moi, quand un jour d'hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j'avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d'abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d'une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d'un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j'avais laissé s'amollir un morceau de madeleine. Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu'opère l'amour, en me remplissant d'une essence précieuse : ou plutôt cette essence n'était pas en moi, elle était moi. J'avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D'où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu'elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu'elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D'où venait-elle ? Que signifiait-elle ? Où l'appréhender ? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m'apporte un peu moins que la seconde. Il est temps que je m'arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n'est pas en lui, mais en moi. Il l'y a éveillée, mais ne la connaît pas, et ne peut que répéter indéfiniment, avec de moins en moins de force, ce même témoignage que je ne sais pas interpréter et que je veux au moins pouvoir lui redemander et retrouver intact, à ma disposition, tout à l'heure, pour un éclaircissement décisif. Je pose la tasse et me tourne vers mon esprit. C'est à lui de trouver la vérité. Mais comment?

Grave incertitude, toutes les fois que l'esprit se sent dépassé par lui-même ; quand lui, le chercheur, est tout ensemble le pays obscur où il doit chercher et où tout son bagage ne lui sera de rien. Chercher? pas seulement : créer. Il est en face de quelque chose qui n'est pas encore et que seul il peut réaliser, puis faire entrer dans sa lumière.
Et je recommence à me demander quel pouvait être cet état inconnu, qui n'apportait aucune preuve logique, mais l'évidence de sa félicité, de sa réalité devant laquelle les autres s'évanouissaient. Je veux essayer de le faire réapparaître. Je rétrograde par la pensée au moment où je pris la première cuillerée de thé. Je retrouve le même état, sans une clarté nouvelle. Je demande à mon esprit un effort de plus, de ramener encore une fois la sensation qui s'enfuit. Et, pour que rien ne brise l'élan dont il va tâcher de la ressaisir, j'écarte tout obstacle, toute idée étrangère, j'abrite mes oreilles et mon attention contre les bruits de la chambre voisine. Mais sentant mon esprit qui se fatigue sans réussir, je le force au contraire à prendre cette distraction que je lui refusais, à penser à autre chose, à se refaire avant une tentative suprême. Puis une deuxième fois, je fais le vide devant lui, je remets en face de lui la saveur encore récente de cette première gorgée et je sens tressaillir en moi quelque chose qui se déplace, voudrait s'élever, quelque chose qu'on aurait désancré, à une grande profondeur; je ne sais ce que c'est, mais cela monte lentement ; j'éprouve la résistance et j'entends la rumeur des distances traversées. Certes, ce qui palpite ainsi au fond de moi, ce doit être l'image, le souvenir visuel, qui, lié à cette saveur, tente de la suivre jusqu'à moi. Mais il se débat trop loin, trop confusément; à peine si je perçois le reflet neutre où se confond l'insaisissable tourbillon des couleurs remuées ; mais je ne peux distinguer la forme, lui demander, comme au seul interprète possible, de me traduire le témoignage de sa contemporaine, de son inséparable compagne, la saveur, lui demander de m'apprendre de quelle circonstance particulière, de quelle époque du passé il s'agit. Arrivera-t-il jusqu'à la surface de ma claire conscience ce souvenir, l'instant ancien que l'attraction d'un instant identique est venue de si loin solliciter, émouvoir, soulever tout au fond de moi ? Je ne sais. Maintenant je ne sens plus rien, il est arrêté, redescendu peut-être ; qui sait s'il remontera jamais de sa nuit?

Dix fois il me faut recommencer, me pencher vers lui. Et chaque fois la lâcheté qui nous détourne de toute tâche difficile, de toute oeuvre importante, m'a conseillé de laisser cela, de boire mon thé en pensant simplement à mes ennuis d'aujourd'hui, à mes désirs de demain qui se laissent remâcher sans peine. Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé, les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir. Et dès que j'eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s'appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu'on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j'avais revu jusque là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu'au soir et par tous les temps, la Place où on m'envoyait avant déjeuner, les rues où j'allais faire des courses, les chemins qu'on prenait si le temps était beau.

Et comme dans ce jeu où les Japonais s'amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d'eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés s'étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l'église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé."

Marcel Proust
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coline
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MessageSujet: Re: cuisine et littérature   Lun 11 Juin 2007 - 13:02

Et comme je suis très "sucre", je ne résiste pas... :heart:

Les loukoums chez l'Arabe

Parfois, on vous offre des loukoums dans une boîte pyrogravée. C'est le loukoum de retour de voyage ou, plus aseptisé encore, le loukoum-cadeau-du-dernier-moment. C'est drôle, mais on n'a jamais envie de ces loukoums-là. La large feuille transparente glacée qui délimite les étages et empêche de coller semble empêcher aussi de prendre du plaisir avec ce loukoum entre deux doigts - loukoum d'après le café qu'on appréhende sans conviction du bout de l'incisive, en secouant de l'autre main la poudre tombée sur son pull.

Non, le loukoum désirable, c'est le loukoum de la rue. On l'aperçoit dans la vitrine : une pyramide modeste mais qui fait vrai, entre les boîtes de henné, les pâtisseries tunisiennes vert amande, rose bonbon, jaune d'or. La boutique est étroite, et pleine à craquer du sol au plafond. On entre là avec une timidité condescendante, un sourire trop courtois pour être honnête, déstabilisé par cet univers où les rôles ne sont pas distribués avec évidence. Ce jeune garçon aux cheveux crépus est-il vendeur, ou copain du fils du patron ? Il y a quelques années, on avait toujours droit à un Berbère à petit béret bleu, on se lançait en confiance. Mais maintenant, il faut se risquer à l'aveuglette, au risque de passer pour ce qu'on est - un béotien gourmand désemparé. On ne saura pas si le jeune homme est vraiment vendeur, mais en tout cas il vend, et cette incertitude prolongée vous met un peu plus mal à l'aise. Six loukoums ? A la rose ? Tous à la rose, si vous voulez. Devant cette obligeance prodiguée avec une désinvolture que l'on craint légèrement moqueuse, la confusion grandit. Mais déjà le « vendeur » a rangé vos loukoums à la rose dans un sac en papier. On jette un œil émerveillé sur la cale au trésor, carénée de pois chiches et de bouteilles de Sidi Brahim, où même le rouge des boîtes de coca empilées a pris un petit air kabyle. On paie sans triomphalisme, on part presque comme un voleur, le sachet à la main. Mais là, sur le trottoir, quelques mètres plus loin, on a soudain sa récompense. Le loukoum de l'Arabe est juste à déguster comme ça, sur le trottoir, en douce, dans la fraîcheur du soir - tant pis pour la poudre qui s'éparpille sur les manches.

Philippe Delerm (extrait de La première gorgéede bière)
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sousmarin
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MessageSujet: Re: cuisine et littérature   Lun 11 Juin 2007 - 16:38

Pour nous ouvrir l’appétit, la suite pour ceux qui ont encore faim et un petit dernier pour rassasier Coline...

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MessageSujet: Re: cuisine et littérature   Lun 11 Juin 2007 - 19:10

sousmarin a écrit:
Pour nous ouvrir l’appétit, la suite pour ceux qui ont encore faim et un petit dernier pour rassasier Coline...

Very Happy
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Euh...non merci sousmarin... :)
Quelques loukoums et deux ou trois ou madeleines me suffisent...
J'ai un appétit d'oiseau en fait! :)
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Babelle
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MessageSujet: Re: cuisine et littérature   Lun 18 Juin 2007 - 7:43

"Exquis" : il s’agit de délices et de gourmandises, de plaisirs et de nourritures. / "D’écrivains" : il ne s’agit pas de recettes, mais de textes littéraires.
Exquis d'écrivains, aux éditions Nil, est une nouvelle collection qu'inaugurent trois titres-trois auteurs :
Sous les mets les mots : Claude Pujade-Renaud
A ma bouche : Martin Winckler
Voyages en gourmandise : Chantal Pelletier
Citation :
>Amazon, éd.. : "... mon plus grand plaisir est de manger dans les échoppes, sur les marchés. Découvrir sous mes doigts la texture voluptueuse des viandes, les pâtes grenues des galettes, les masses tendres des légumes, leurs peaux soyeuses. Je rechigne rarement à ce jeu: modeler dans un grand plat odorant des boulettes fragiles en pressant riz ou semoule, sauces de légumes, hachis de viande, porter cette improbable sculpture à la bouche, lèvres tétant les restes, langue léchant les doigts dégoulinant de sucs épicés, façon de ne rien perdre des jus et des parfums, de baigner au mieux dans les arômes, dont même la peau s'abreuve..." Chantal Pelletier, directrice de la collection
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MessageSujet: Re: cuisine et littérature   Lun 18 Juin 2007 - 13:04

" Mange ta soupe. Tiens-toi droit. Mange lentement. Ne mange pas si vite. Bois en mangeant. Coupe ta viande en petits morceaux. Tu ne fais que tordre et avaler. Ne joue pas avec ton couteau. Ce n'est pas comme ça qu'on tient sa fourchette. On ne chante pas à table. Vide ton assiette. Ne te balance pas sur ta chaise. Finis ton pain. Pousse ton pain. Mâche. Ne parle pas la bouche pleine. Ne mets pas tes coudes sur la table. Ramasse ta serviette. Ne fais pas de bruit en mangeant. Tu sortiras de table quand on aura fini. Essuie ta bouche avant de m'embrasser. Cette petite liste réveille une foule de souvenirs, ceux de l'enfance… C'est très longtemps après qu'on arrive à comprendre qu'un dîner peut être un véritable chef-d'œuvre. "

Jean COCTEAU
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MessageSujet: Re: cuisine et littérature   Lun 18 Juin 2007 - 13:15

Ah! Sousm´s´il n´y avait que la table... Mais c´est que çà commence bien avant! : Crying or Very sad

On nous apprit péniblement à parler, péniblement à marcher, puis, cela acquis, nous reçûmes l’ordre de nous taire et de rester assis là sans bouger. »
Éric Chevillard, Préhistoire (éditions de Minuit).
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MessageSujet: Re: cuisine et littérature   Lun 18 Juin 2007 - 13:26

La ballade du lapin
Par Boris Vian

Oh... Les harengs saurs seront perdus demain
Et les concombres ne vaudront plus rien
Mais ici, tu t’en laves les mains
Oh...
Ça me rend fou, le frigidaire est plein
Je t’avais acheté du vin divin
La mayonnaise a du chagrin
Tu m’avais bien promis ta présence pour ce soir, ma mie
J’avais fait du gratin ; des champignons si fins, du salami
Oh...
J’ai eu tort de croire à ton appétit
Tu n’es pas venue, sale amie...
Les escargots, la larme aux yeux
Silencieux rentrent chez eux
Les salsifis tout déconfits
Au riz confient tous leurs soucis
Les fraises des bois noient leur chagrin
Dans le kirsch et le romarin
Et la scarole à l’huile d’olive
A pris la pâleur de l’endive.
Oh... Tout est gâché vraiment je n’ai plus faim
Qu’est-ce que tout ça va devenir demain
Faut en faire profiter quelqu’un
Oh... Les vagabonds trouveraient ça si bon
C’est l’occasion de faire une belle action
Avec toutes ces provisions
Au diable le lapin que tu m’as posé ce soir, méchante
Je l’ajoute au menu avec tout’s ses vertus réconfortantes
Oh... Les pauvres vont faire un vrai réveillon
J’entends déjà le bruit des gros camions
D’l’abbé Pierre et ses longs jupons.
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MessageSujet: Re: cuisine et littérature   Ven 29 Juin 2007 - 21:53

VOYAGES DE L'AUBERGINE
Présentation de l'éditeur sur Amazon >
Citation :
Illustrations couleurs. On ne présente plus ce livre qui en est à sa cinquième réédition. Mais il fallait faire évoluer la maquette, introduire des illustrations, revoir le format. C'est maintenant chose faite. Une nouvelle vie s'offre à ce classique sur l'aubergine, base traditionnelle de plats savoureux mitonnés par de nombreuses cultures méditerranéennes. 159 recettes nous y sont contées./L'auteur vu par l'éditeur : Nina Kehayan, traductrice et enseignante de russe, a publié "Un Soldat dans la neige" (Editions de l'Aube) et, en collaboration avec Jean Kehayan, "Rue du prolétaire rouge", "Le Chantier de la place Rouge" et "La Complainte du dernier Kolkhoze" (Le Seuil).

Shot at 2007-06-29
1. Faire griller les aubergines entières à feu vif dans une poêle anti-adhésive jusqu'à ce que la peau noircisse; éplucher;
2. réduire l'aubergine en purée avec la gousse d'ail;
3. verser doucement l'huile d'olive sur la purée d'aubergine en fouettant constamment comme lorsqu'on monte une mayonnaise;
4. assaisonner au goût et incorporer le jus d'citron pressé
ou bien :
-Laver les aubergines et suprimer les extrémités.
-Fendre en deux les aubergines et les inciser à l'intérieur.
-Saler et ajouter du curry si vous aimez.
-Introduire les gousses d'ail coupées en quatre dans les incisions.
-Arroser les aubergines d'huile d'olive.
-Envelopper les aubergines de papier aluminium.
-Mettre dans un four chaud à 170°C pendant 60 minutes.
-Retirer les papillottes du feu et les ouvrir.
-Extraire la pulpe cuite des aubergines et la malaxer grossièrement.
-Poivrer au moulin.
-Laisser refroidir et déguster !
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MessageSujet: Re: cuisine et littérature   Sam 30 Juin 2007 - 11:28

je vous propose de vous lancer dans la lecture de "La colère des aubergines " de Bulbul Sharma: un recueil de nouvelles ponctuées de recettes indiennes plus alléchantes les unes que les autres.
je ne peux pas encore vous citer quelques passages car j'ai prêté mon exemplaire Crying or Very sad

Ici, la couverture
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MessageSujet: Re: cuisine et littérature   

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