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 Italo Calvino [Italie]

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K
Main aguerrie
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MessageSujet: Re: Italo Calvino [Italie]   Lun 12 Mai 2008 - 17:03

Le Baron perché est une petite merveille. Il compte parmi mes meilleurs souvenirs de lecture et je ne comprends pas pourquoi ce roman reste relativement peu connu, alors qu'il mériterait pour moi d'avoir le statut de classique. C'est un hymne à la liberté de penser, à l'indépendance, aux refus des conventions sociales les plus étriquées. Il allie le divertissement à la pertinence phisosophique et à la critique sociale. Que demander de plus?
Les autres oeuvres de Calvino ne m'ont, hélas, pas autant marqué. Le vicomte pourfendu est une petite fable agréable mais sans plus. La plupart des autres livres de Calvino sont souvent expérimentaux. Si par une nuit d'hiver, un voyageurétait intéressant mais d'une lecture un peu frustrante par ses ruptures continuelles et j'ai eu du mal à y entrer.
Seul le Baron m'a vraiment convaincu et je ne rate jamais une occasion de le proposer à ceux qui ne le connaissent pas. oui
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coline
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MessageSujet: Re: Italo Calvino [Italie]   Lun 12 Mai 2008 - 23:34

K a écrit:
Le Baron perché est une petite merveille. Il compte parmi mes meilleurs souvenirs de lecture et je ne comprends pas pourquoi ce roman reste relativement peu connu, alors qu'il mériterait pour moi d'avoir le statut de classique.

Il est trop identifié comme un ouvrage pour la jeunesse...Et en fait, je crois qu'il plait plus aux adultes...
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Burlybunch
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MessageSujet: Re: Italo Calvino [Italie]   Mar 13 Mai 2008 - 11:12

Je lis de temps à autre une histoire parmi celles des Cosmicomics dont le ton me plaît beaucoup, et je vais prendre note du Baron Perché clown
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Sieglinde
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MessageSujet: Re: Italo Calvino [Italie]   Dim 25 Mai 2008 - 7:38

J'ai suivi votre conseil et me suis lancée dans La trilogie des ancêtres. Je viens de finir Le baron perché. Livre que j'ai trouvé amusant et inventif bien qu'un peu répétitif.

J'ai surtout apprécié le passage des amours de Côme et Violette:

Citation :
Et l'amour reprenait, aussi furieux que la dispute. En fait, c'était la même chose. Mais Côme n'y comprenait rien.
-Pourquoi me fais-tu souffrir?
-Parce que je t'aime.
C'était lui à présent qui se mettait en colère:
-Non tu ne m'aimes pas. Quand on aime, on veut le bonheur, pas la douleur.
-Quand on aime, on ne veut qu'une seule chose: l'amour, même au prix de la douleur.
-Alors tu me fais souffrir tout exprès?
-Oui pour m'assurer de ton amour.
La philosophie du baron se refusait à la suivre dans cette voie:
-La douleur est un sentiment négatif.
-L'amour est tout.
-La douleur doit toujours être combattue.
-L'amour ne se refuse à rien.
-Il est des choses que jamais je n'admettrai.
-Mais si tu les admets, puisque tu m'aimes et que tu souffres.
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Pénélope
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MessageSujet: Re: Italo Calvino [Italie]   Mar 8 Juil 2008 - 20:19

OOOOh quel bel extrait! aime

MERCI à vous tous, je sens que je vais découvrir un auteur... avec le Baron perché...
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Miss Tics
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MessageSujet: Re: Italo Calvino [Italie]   Mar 2 Sep 2008 - 18:18

K a écrit:
Si par une nuit d'hiver, un voyageurétait intéressant mais d'une lecture un peu frustrante par ses ruptures continuelles et j'ai eu du mal à y entrer.

Je pense que c'est justement là tout l'intérêt du bouquin, qui montre la frustration du lecteur-héros passif dans le processus de lecture où l'on est finalement les jouets du narrateur tout puissant qui décide de raconter ou de ne pas raconter... Frustrant, oui, mais tellement original...puis finalement, c'est bien à nous d'imaginer et de terminer chaque histoire. Plus de lecteur passif !
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Bellonzo
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MessageSujet: Re: Italo Calvino [Italie]   Mar 2 Sep 2008 - 20:13

Quelques mots sur Italo


Joli titre comme souvent chez Italo Calvino l'un des auteurs italiens les plus originaux(1923-1985). Ce recueil, Le corbeau vient le dernier rassemble les premiers récits de celui qui fut entre autres traducteur de Raymond Queneau dont l'univers est proche du sien.L'oeuvre de Calvino est bourrée d'humour et d'ironie avec un petit air de fantastique bon enfant. Ceci ne l'empêcha pas d'être un intellectuel très en vue dans les annnées 50-60. Membre comme bien des écrivains et cinéastes du Parti Communiste Italien qu'il quitta après Budapest Calvino a écrit des nouvelles inspirées par la Résistance puis sa fabuleuse(au sens propre de l'ordre de la fable) trilogie souvent nommée Trilogie des Ancêtres mais que je préfère baptiser Trilogie des Aristocrates égarés.

Le Baron Côme décide en plein XVIII° Siècle de ne plus quitter les frondaisons des chênes verts. C'est de là en pleine époque des Lumières qu'il connaîtra marquises et politiciens dans un conte qui aurait plu sans doute au sieur Voltaire. Humour,dépaysement recul, rien n'est pareil vu des arbres. Il nous faudrait essayer de vivre ainsi(Le Baron perché)

Quand Charlemagne inspecte ses troupes il est plutôt étonné car le chevalier Agilulfe n'est pas ...dans son armure. Son écuyer Gourdoulou lui obéit pourtant régulièrement. Parabole sur l'identité et l'individualisme Le Chevalier inexistant mêle amertume narquoise et burlesque. Détonant hybride de chanson de geste,parodie de roman courtois et quête du Graal pas si éloignée de...Monty Python

Le Vicomte pourfendu est à mon sens une version conte cruel de Dr Jekyll et Mr.Hyde. Coupé en deux par un boulet barbaresque le noble Médard voit ses deux moitiés vivre en toute autonomie leur propre existence. L'un pour le pire, l'autre pour le meilleur. Et lequel des deux est le plus drôle?

Enfin Calvino est aussi l'auteur des aventures de Marcovaldo ce modeste manoeuvre romain à peu près aussi adapté à la grande ville que Charlot. Mais Marcovaldo lui est père de famille.A lire aussi Le sentier des nids d'araignée,La route de San Giovanni...
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MessageSujet: Re: Italo Calvino [Italie]   Jeu 4 Déc 2008 - 20:55

Le chevalier inexistant

Citation :
« Sous les murs rouges de Paris, s'était déployée l'armée de France : Charlemagne devait passer les paladins en revue. Ils attendaient depuis trois grandes heures, dans la touffeur d'un après-midi de début d'été. Un peu couvert, nuageux ; on mitonnait dans les cuirasses, comme dans des marmites mises à cuire à feu doux. Peut-être bien que, dans cet alignement imperturbable de chevaliers, quelqu'un déjà s'était évanoui, ou simplement assoupi : de toute façon, l'armure les maintenait bien cambrés sur leur selle, tous pareils. Et soudain, trois sonneries de trompette ; dans l'air immobile, les plumails des cimiers tressaillirent comme au passage d'un vent coulis. D'un coup s'éteignit cette sorte de rumeur marine qu'on avait perçue jusque-là : ce n'était, bien sûr, que le ronflement des guerriers, assourdi par l'embouchure métallique des heaumes. Enfin ! Là-bas au fond, c'était lui, Charlemagne ! Il s'avançait sur un cheval qui semblait plus grand que nature, sa barbe étalée sur sa poitrine, ses mains posées sur le pommeau de la selle. Régner et guerroyer, guerroyer et régner, pas de trêve, pas de repos : il avait quelque peu vieilli, depuis la dernière fois où ses soldats l'avaient vu. »
Arrivé à hauteur de ses soldats, il est de tradition que chaque chef d’escadron se nomme et se découvrisse en relevant la visière du heaume devant leur roi. Mais lorsque Charlemagne s’arrête devant un chevalier à l’armure blanche, aussi immaculée qu’impeccable et sans la moindre éraflure, il est plutôt étonné que ce dernier se permette de se nommer sans se découvrir comme le veut la tradition. C’est qu’ Agilulfe Edme Bertrandinet des Guidivernes et autres de Charpentas et Syra, chevalier de Sélympie Citérieure de Fez, le chevalier à l’armure blanche, n’est pas comme vous et moi : Agilulfe (faisons court) est tout simplement inexistant ! Il est mais il n’existe pas ! Son armure ne couvre qu’un corps absent, aussi vide à l’intérieur que rutilante en apparence. Il n’empêche, Agilulfe est, sans conteste, un soldat modèle et des plus valeureux, tellement parfait d’ailleurs que tous le trouvent franchement antipathique…

Mais voilà-t-il pas qu’un jeune homme, Raimbaut de Roussillon, bachelier et fils du regretté marquis Gérard, surgit derrière une haie et se met à l’observer. Arrivé au camp le jour précédent, il veut livrer son premier combat pour venger son père, mort en héros sous les remparts de Séville, dans la bataille livrée contre ce chien galleux d’Emir Izoard. Pour ce faire, il demande conseil auprès du chevalier blanc…

Conte à multiples facettes et niveaux d’interprétations, autant fable qu’allégorie à la symbolique très riche, burlesque mais néanmoins teinté d’amertume, « Le chevalier inexistant » présente une galerie de portraits qui ne manquent pas d’attraits, les chevaliers arthuriens parodiques à la conquête du graal n’étant qu’un exemple parmi tant d’autres présents dans le roman. Un conte à haute portée philosophique mais également un conte très agréable à lire et divertissant !

« Le chevalier inexistant » fait partie d’une trilogie intitulée « Nos ancêtres », comprenant trois romans ou plutôt trois contes philosophiques : « Le vicomte pourfendu » (1952), « Le Baron perché » (1957) et « Le chevalier inexistant » (1959). Il n’est pas nécessaire de lire ces romans dans l’ordre d’apparition, chaque conte se composant d’une histoire totalement indépendante. Il n’en reste pas moins que ces trois contes composent une vision allégorique de l'identité et de la condition humaine, mâtinée de fantastique. Ces contes philosophiques sont également une sorte d’hommage à Voltaire et à l'esprit du XVIIIe siècle.
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MessageSujet: Re: Italo Calvino [Italie]   Lun 15 Déc 2008 - 15:55

Je vous conseille aussi ses Leçons américaines.
Ce sont des leçons de littérature que Calvino a tenues à l'université Harvard en 1984, l'année avant sa mort. Cinq valeurs qu'il recommande pour la littérature du 21ème siècle et un voyage parmi les auteurs et les mythes qui ont accompagné sa vie.
Ses fidèles lecteurs ne devraient pas le rater.
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Nibelheim
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MessageSujet: Re: Italo Calvino [Italie]   Lun 22 Déc 2008 - 17:51

Tiens je n'avais même pas vu que Calvino figurait parmi les auteurs du mois ! Shocked Pour ma part, j'avais déjà parlé des Villes invisibles dans un fil "Livres pour les transports en commun".
Mes lectures de cet auteur remontent à très loin, aussi ne vais-je pas développer des impressions depuis longtemps envolées. J'en garde juste un souvenir agréable. Une chose qui m'intrigue pourtant : je n'avais pas réussi à aller jusqu'au bout du Baron perché, mais vos commentaires m'incitent à y retourner.
Parmi les Calvino non lus, celui-là et Si par une nuit d'hiver un voyageur traînent depuis un moment dans ma bibliothèque, d'ailleurs ...
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MessageSujet: Re: Italo Calvino [Italie]   Mer 28 Jan 2009 - 11:07

Un auteur que j'ai beaucoup lu à une époque. J'avais commencé par la trilogie baron perché/vicomte pourfendu/chevalier inexistant.

Mais mes préférés sont :

Si par une nuit d'hiver un voyageur. Je trouvais le sentiment de frustration délicieusement agaçant ! Je l'ai fait lire à mon homme qui n'est pas un grand lecteur et a du mal à rentrer dans les livres !!! laugh Le pauvre, lui il n'a pas supporté la frustration et il a abandonné au bout de quelques chapitres !

Les villes invisibles à déguster lentement. J'ai retrouvé un peu le même esprit dans les bédés de Schuiten et Peters, les Cités obscures où chaque cité est un univers avec sa propre logique et sa propre esthétique.

J'avais également lu le château des destins croisés, où des personnages muets racontent leurs histoires à l'aide d'un jeu de tarot, ainsi que sous le soleil jaguar regroupant trois récits (le nom, le nez ; sous le soleil jaguar ; un roi à 'écoute) autour du thème des cinq sens (euh ... en l'occurence trois ! odorat, goût, ouïe). Celui-là, il faut que je le relise car je ne m'en souviens plus trop mais je crois qu'il n'était pas mal du tout (et en plus il fait 85 pages ... geek )
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MessageSujet: Re: Italo Calvino [Italie]   Mer 28 Jan 2009 - 12:34

Ah oui, Si pour une nuit d'hiver un voyageur!! C'est trop bien, il faut que je le relise! A l'époque, je l'avais lu en une aprés-midi... L'époque ou j'avais le temps de lire toute la journée...ahhh Surprised
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toma
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MessageSujet: Re: Italo Calvino [Italie]   Ven 20 Fév 2009 - 3:42

Après "le vicomte pourfendu", je viens de lire "le chevalier inexistant", je l'ai trouvé très agréable à lire. Un livre qui s'écrit à mesure qu'on le lit... c'est l'impression qu'il donne, comme si à chaque chapître, Calvino venait nous dire : tiens, voilà ce que j'ai écrit ce matin en buvant mon expresso...
En bref, une belle leçon d'écriture... et de jonglerie.
Me reste "le baron perché", considéré comme le meilleur de la trilogie, à croire ce qui est écrit plus haut... je ne manquerai pas de le lire.
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Eve Lyne
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MessageSujet: Re: Italo Calvino [Italie]   Sam 25 Avr 2009 - 16:08

LES VILLES INVISIBLES.

Marco Polo, grand voyageur visionnaire vénitien, raconte ses voyages à Kublai Khan, un empereur mongol mélancolique et inquiet, qui l'employa pour diverses missions. Calvino imagine alors un dialogue entre ces deux hommes sur des villes imaginaires. 55 villes sont ainsi décrites dans des chapitres concis, à la plume poétique, suivant des thématiques abstraites qui reflètent différents aspects de la ville : la mémoire, le désir, les signes, les échanges, le regard, le nom, les morts, le ciel, les villes continues, les villes cachées, les villes effilées. Chaque ville porte le nom d'une femme : Diomira, Isidora, Dorothée, Zaïre, Anastasie, Tamara, Zora, etc. Le texte est universel, ne donnant aucune indication sur l'époque, le lieu, la langue parlée.

Ce n'est pas un traité d'architecture ou d'urbanisme. C'est un ensemble de souvenirs et de ressentis, un condensé des réflexions de Calvino sur la vie, l'homme et la société moderne. C'est toute une cartographie de villes rêvées qui se déroule sous nos yeux. Les descriptions "physiques" sont peu fréquentes, l'auteur privilégiant l'impression ressentie par le voyageur qui les traversent.

C'est un récit très anachronique puisque les villes décrites par Marco Polo sont des villes futuristes ou utopiques.

Une écriture poétique, où Calvino ne fait que suggérer, libre au lecteur de laisser vagabonder son imagination.

Extrait de la préface :
Citation :
Un livre (c'est mon opinion) doit avoir un début et une fin (même s'il ne s'agit pas d'un roman au sens strict), c'est un espace dans lequel le lecteur doit entrer, errer, voire se perdre ; mais vient le moment où il lui faut trouver une issue, ou même plusieurs, la possibilité de se frayer un chemin pour en sortir.

Extrait d'un dialogue entre les deux protagonistes (hors chapitres descriptifs des villes) :
Citation :
Il en est des villes comme des rêves : tout ce qui est imaginable peut être rêvé mais le rêve le plus surprenant est un rébus. Les villes comme les rêves sont faites de désirs et de peurs, même si le fil de leur discours est secret, leurs règles absurdes, leurs perspectives trompeuses, et toute chose en cache une autre.

Extrait d'un court chapitre parlant d'une ville imaginaire :
Citation :
- Pour moi, les villes n'ont pas de nom : ce sont des endroits sans verdure qui séparent un pâturage d'un autre, où les chèvres prennent peur aux carrefours et se débandent. Le chien et moi devons courir pour tenir rassemblé le troupeau.
– Tout au contraire de toi, affirmai-je, je ne reconnais que les villes et ne distingue rien de ce qui est au-dehors. Dans les endroits non habités, chaque pierre, chaque herbe, se confond à mes yeux avec une autre pierre, une autre herbe.
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Emmanuelle Caminade
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MessageSujet: Italo Calvino / Le chevalier inexistant   Lun 25 Jan 2010 - 20:40

Le chevalier inexistant revisite, de manière parodique, les temps anciens pour mieux condamner l'époque moderne.
Italo Calvino plonge son lecteur dans la société médiévale et lui fait vivre la guerre au coeur de l'armée de Charlemagne, ressuscitant avec invention, humour et sensibilité l'agitation et les tourments de ses paladins.
Dans cette armée, détonne Agilulfe, le meilleur paladin dont la mise soignée, le port majestueux et le noble idéal séduit la fière Bradamante. C'est un chevalier modèle épris de perfection, mais son armure est vide, il n'existe pas !
Véritable chevalier de l'Apocalypse, Agilulfe et son délire progressiste annonce la fin du monde : sous son armure immaculée, toute humanité disparaît. Quand l'armure tombe, il ne reste plus rien et l'illusion se dissipe...


De même, l'illusion progressiste du Communisme enfin détruite, Italo Calvino quitta le parti communiste après l'invasion de la Hongrie par les troupes soviétiques et la révélation tardive des atrocités du Stanilisme .
Dans ce livre, il s'interroge sur son métier d'écrivain.
Comment raconter la réalité du monde, comment restituer à l'homme sa vérité ? Qui l'assurera de «laisser une empreinte sur cette terre où il marche » ?
Italo Calvino renonce alors à l'écriture engagée et met son espérance dans l'imagination, seule en mesure de sauver le monde en lui restituant sa part d'humanité .
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