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 Delphine de Vigan

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Lalie
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MessageSujet: Re: Delphine de Vigan   Jeu 25 Fév 2010 - 11:56

No et moi-

J'ai lu ce livre en deux jours...J'ai été happé par l'histoire, la façon d'écrire de l'auteur et surtout par les personnages extrêmement attachants...
J'ai particulièrement apprécié Lou. Sa vie m'a passionnée et sa précocité m'a interpellée.
Je me suis retrouvée dans les personnages et leur façon de voir les choses !
Je trouve que l'auteur a une façon de voir la vie qui est très juste !
La fin m'a un peu déçue....
J'ai adoré ce livre, il fait partit de mes favoris.
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Menyne
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MessageSujet: Re: Delphine de Vigan   Mer 23 Juin 2010 - 9:33

Nathria a écrit:

Ce roman, tout comme « No et moi » aurait pu être simple, basique, sauf que Delphine de Vigan ne tombe jamais dans la facilité. L’analyse du monde de l’entreprise est juste et malheureusement colle à la réalité. Elle observe les relations humaines avec une grande justesse.

traversay a écrit:
Les heures souterraines
Le roman de Delphine de Vigan est d'une incroyable justesse sur cet univers impitoyable qu'est le monde du travail, fourmillant de détails vrais et stupéfiants pour quiconque connait la vie de bureau. Une fiction ? de Vigan est parfois proche du journalisme de reportage tant sur le fond que sur la forme. Plus les pages se tournent et plus le malaise est palpable, devenant quasi insoutenable tant le sort de Mathilde et Thibault semble se diriger vers un dénouement dramatique. Impossible de sortir indemne de ce livre prégnant, anesthésiant, fascinant dans sa noirceur intégrale. Mieux vaut ne pas aller mal avant d'entreprendre sa lecture.

LaurenceV a écrit:

Les heures souterraines est un roman qui nous parle de toutes les petites violences qui nous assaillent, principalement en ville et au travail.
Delphine de Vigan nous parle de ces heures interminables qui nous accablent, de ces heures qui ne se révèlent que lorsque l’on est fragilisé. Elle nous parle d’une souffrance née de la mesquinerie, de l’abandon, du désœuvrement, de l’incompréhension, de la répétition… Elle parle de nous car les situations vécues par les personnages sont universelles et particulières.
Et donc ce roman nous ébranle un peu, nous bouleverse, nous questionne et nous fait prendre conscience de la précarité de nos existences.
Les heures souterraines est un excellent roman écrit par une romancière très sincère et touchante. J’ai toutefois préféré l’histoire de Mathilde à celle de Thibault car Mathilde est victime d’un orgueil mal placé de la part de son patron alors que Thibault est en quelque sorte responsable de son malheur (même si on ne choisit pas toujours la personne qu’on va aimer, et encore). La souffrance et les violences ressenties par Mathilde m’ont semblé plus justes, plus vraies, plus éprouvées.

Je vous rejoins tous les trois dans vos commentaires !
C'est un roman qui ne peut laisser indifférent. J'avais l'impression de chuter avec Mathilde.
Il y a les angoisses au travail, la solitude et la dépression. Mathilde est plongée dedans tout en essayant de se maintenir hors de l'eau. Elle possède encore cette petite étincelle qui fait qu'elle lutte sans même sans rendre compte. On assiste impuissant à la détresse de cette femme. Elle devient un automate, son esprit n'a plus la force de penser, de se révolter. Elle survit.
Je trouve que Delphine de Vigan décrit fort bien ces états d'âme. C'est atroce, on s'attend à tout moment à ce que Mathilde craque, qu'elle lâche cette vie devenue insoutenable.
Par contre, j'avoue ne pas trop avoir accroché avec le médecin. Je pensais que leurs histoires allaient se croiser mais non, elles sont en parallèles.
L'auteure insiste beaucoup sur la solitude: la ville est surpeuplée mais les gens sont seuls. Un triste constat de notre vie actuelle.
Citation :

Pour rejoindre la ligne D, Mathilde emprunte depuis huit ans la longue galerie qui passe en dessous de la gare, où se croisent chaque jour quelques milliers de personnes : deux colonnes d'insectes, déversées par vagues sur les dalles glissantes, une voie rapide à double sens dont il faut respecter le rythme, la cadence. Les corps se frôlent, s'évitent, parfois se heurtent, dans une étrange chorégraphie. Ici s'opère un vaste échange entre le dedans et le dehors, entre la ville et la banlieue. Ici on est pressé, on marche vite, on va à son travail, madame.
Avant, Mathilde faisait partie des plus rapides, elle déboîtait sur la gauche, doublait d'un pas sûr et conquérant. Avant, elle s'agaçait quand le flot ralentissait, pestait contre les lents. Aujourd'hui elle leur ressemble, elle sent bien qu'elle n'est plus capable de suivre le rythme, elle traîne, elle n'a plus l'énergie. Elle plie.
Citation :

Il n'a pas détaché sa ceinture. Derrière son pare-brise, il regarde la ville. Ce ballet incessant aux couleurs de printemps. Un sac en plastique vide qui danse dans le caniveau. Un homme courbé à l'entrée de la Poste que personne ne semble voir. Des poubelles vertes renversées sur le trottoir. Des hommes et des femmes qui entrent dans une banque, se croisent sur un passage piéton.
Il regarde la ville, cette superposition de mouvements. Ce territoire infini d'intersections, où l'on ne se rencontre pas.
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LunaStella
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MessageSujet: Re: Delphine de Vigan   Lun 2 Aoû 2010 - 21:26

J'ai lu ce livre il y a un peu plus d'un an , je l'avais gagné pour mon brevet ( avec la cérémonie , et tout et tout) et je viens juste de découvrir qu'il y avait un fil consacré à son auteur .
Comment rajouter quelque chose après tout ce que vous avez dit sur No et moi ?
J'ai bien aimé ce livre , l'histoire était touchante , les personnages attachants , simplement je ne pense pas qu'il mérite le prix Goncourt ( c'est bien sûr l'avis d'une humble et jeune petite lectrice).
D'ailleurs je suis un peu d'accord avec Maryvonne , je trouve que ce livre a quelques de clichés et ne va pas droit au but . Je ne sais pas Delphine de Vigan fait ça pour ne pas heurter la sensibilité du lecteur (ce livre est quand même pour ados), ou si elle ne l'a fait pas exprès , mais le fait est que j'ai trouvé qu'elle a utilisé beaucoup trop de pages pour dire quelque chose qui pouvait s'expliquer en une phrase . C'était parfois agaçant . J'ai tout de même aimé ce livre par l'originalité de son histoire , des personnages et le style fluide de l'auteur. En revanche je suis vraiment restée sur ma fin .
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coline
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MessageSujet: Re: Delphine de Vigan   Mer 4 Aoû 2010 - 22:37

menine a écrit:
Nathria a écrit:

Ce roman, tout comme « No et moi » aurait pu être simple, basique, sauf que Delphine de Vigan ne tombe jamais dans la facilité. L’analyse du monde de l’entreprise est juste et malheureusement colle à la réalité. Elle observe les relations humaines avec une grande justesse.

traversay a écrit:
Les heures souterraines
Plus les pages se tournent et plus le malaise est palpable, devenant quasi insoutenable tant le sort de Mathilde et Thibault semble se diriger vers un dénouement dramatique. Impossible de sortir indemne de ce livre prégnant, anesthésiant, fascinant dans sa noirceur intégrale. Mieux vaut ne pas aller mal avant d'entreprendre sa lecture.

LaurenceV a écrit:

Et donc ce roman nous ébranle un peu, nous bouleverse, nous questionne et nous fait prendre conscience de la précarité de nos existences.
Les heures souterraines est un excellent roman écrit par une romancière très sincère et touchante. J’ai toutefois préféré l’histoire de Mathilde à celle de Thibault .

Je vous rejoins tous les trois dans vos commentaires !
J'avais l'impression de chuter avec Mathilde.
Il y a les angoisses au travail, la solitude et la dépression. Mathilde est plongée dedans tout en essayant de se maintenir hors de l'eau. Elle possède encore cette petite étincelle qui fait qu'elle lutte sans même sans rendre compte. On assiste impuissant à la détresse de cette femme. Elle devient un automate, son esprit n'a plus la force de penser, de se révolter. Elle survit.
Je trouve que Delphine de Vigan décrit fort bien ces états d'âme. C'est atroce, on s'attend à tout moment à ce que Mathilde craque, qu'elle lâche cette vie devenue insoutenable.

Je vous rejoins tout à fait dans vos commentaires.
Voici le mien:

Les heures souterraines

J’avais été assez déçue par No et moi…Je n’aurais probablement pas lu Les heures souterraines si une amie n’avait pas insisté pour me le prêter.

Je n’ai pas regretté de l’avoir lu. Roman sombre sur deux solitudes, deux souffrances au cœur d’une capitale qui s’agite bruyamment autour d’eux. Une femme, un homme et l’on espère pour eux la rencontre.

Mathilde prend tous les jours les mêmes lignes de train, RER, métro pour se rendre dans l’entreprise où elle est cadre supérieur et où, un jour, son supérieur ne lui donne plus rien à faire, la harcèle, la fait changer pour un bureau minable, sans fenêtre,sans ordinateur et isolé vers les toilettes …
J’ai souffert pour ce personnage, son silence, sa pudeur, sa dignité, le honteux secret qu’elle garde, tellement lourd à porter qu’elle n’en parle ni à sa famille ni à ses amis …
J’ai souffert pour elle de l’indifférence apparente, de la lâcheté de ses collègues…tout en comprenant qu’ils se sauvent ainsi d’une même mise à l’écart…
« Elle ne savait pas que les choses pouvaient basculer ainsi, sans retour possible. Elle ne avait pas qu’une entreprise pouvait tolérer une telle violence, aussi silencieuse soit-elle. Admettre en son sein cette tumeur exponentielle. Sans réagir, sans tenter d’y remédier… Elle est la cible aujourd’hui et il ne reste plus rien…. Elle se tait parce qu’elle a honte ».

Thibault lui est médecin urgentiste. Il est seul avec un sentiment d’échec. Il vient de rompre avec son amie qui ne l’aime pas vraiment.
Tout le jour dans sa voiture, il se rend auprès des patients qui l’attendent, le plus souvent seuls eux aussi.
« Il ne sait pas comment le temps est passé si vite. Il ne peut rien en dire, rien de particulier. Il est médecin depuis bientôt quinze ans et il ne s’est rien passé d’autre. Rien de fondamental.»
Tous les quartiers, toutes les détresses humaines, toutes les solitudes dans la ville, il les connaît…De par son travail, il a "Une vue imprenable sur l’ampleur du désastre".
Je ne sais pas pourquoi, Thibault me touche moins.

Ce roman sombre est assez angoissant.
Il dit avec sobriété et justesse l’exténuation de ses personnages.
« Il arrive un moment où l’on ne peut pas se baisser plus bas. »


Dernière édition par coline le Jeu 5 Aoû 2010 - 14:18, édité 1 fois
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Aeriale
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MessageSujet: Re: Delphine de Vigan   Jeu 5 Aoû 2010 - 10:47

coline a écrit:
Ce roman sombre est assez angoissant.
Il dit avec sobriété et justesse l’exténuation de ses personnages.

Je dois me rendre à l'évidence que sur ce roman je suis bien la seule à m'être copieusement ennuyée. Comme je le disais plus haut ce que je remarque c'est que Delphine De Vigan surfe toujours sur les sujets d'actualité. Alors je me pose la question à propos de son intégrité. Pour moi elle est l'exemple typique de ce que certains auteurs français sans doute à court d'imagination et ne sachant plus trop raconter d'histoires produisent ces derniers temps. De la désespérance à outrance.

Il y a c'est vrai une description précise des dérives du monde moderne, un panaché de toutes les misères que cette société archi productive engendre. Sobriété, pudeur dites vous, pour moi cela correspond plutôt à une écriture analytique et froide, dépouillée de sentiments, un peu trop journalistique en fait. Je n'ai pas réussi à éprouver le moindre soupçon de compassion pour le personnage et je crois que cela est dû à un ressenti, une impression de trop plein, et un peu celui de me faire avoir aussi...

Il y a eu No et moi, agréable, un peu Gavalda, mais qui parlait des sans abris de façon légère (trop cette fois -ci! ) Olivier Adam sur un sujet approchant m'avait retourné le coeur. C'est comme si cette fille avait du mal à jauger la distance pour parler de ces choses là, du mal à y mettre une vraie humanité, plus ressentie.

Je me souviens de Adam croisé un jour dans une librairie de Manosque lors des Correspondances. Je me souviens de ses termes et de son regard lorsqu'il parlait, il me disait avoir été "transpercé" par cette misère (des sans abris) cela je l'ai ressenti dans son écriture. Il doit donc y avoir une façon de donner un peu de lumière, plus de relief et de sincérité dans tout ça, en tout cas pour moi...
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Maryvonne
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MessageSujet: Re: Delphine de Vigan   Jeu 5 Aoû 2010 - 10:54

Disons que si elle parle aussi bien de la dépression qu'elle avait parlé de la misère... bah... ça ne me tente pas du tout.
Je ne suis pas légitime, pas eu le courage de lire "les heures souterraines".
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coline
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MessageSujet: Re: Delphine de Vigan   Jeu 5 Aoû 2010 - 14:57

Maryvonne a écrit:
Disons que si elle parle aussi bien de la dépression qu'elle avait parlé de la misère... bah... ça ne me tente pas du tout.
Je ne suis pas légitime, pas eu le courage de lire "les heures souterraines".

Aériale a écrit:
ce que je remarque c'est que Delphine De Vigan surfe toujours sur les sujets d'actualité. Alors je me pose la question à propos de son intégrité. Pour moi elle est l'exemple typique de ce que certains auteurs français sans doute à court d'imagination et ne sachant plus trop raconter d'histoires produisent ces derniers temps. De la désespérance à outrance.

Vos remarques vont peut-être me rendre plus virulente que je ne l'aurais souhaité car, au fond, Delphine de Vigan n'est pas l'auteur que je voudrais défendre envers et contre tout et tous...

Je ne vois pas pourquoi certains auteurs auraient plus de légitimité ou d'intégrité (!) à vouloir romancer sur des sujets sociaux . Pourquoi Olivier Adam et pas Delphine de Vigan?
Certes je n'ai pas croisé le regard de Olivier Adam, ni même celui de Delphine de Vigan d'ailleurs!...Je ne sais pas si l'un triche et l'autre pas...Je ne sais pas si l'un a plus d'imagination que l'autre...Je ne sais pas si l'un veut se faire du fric sur le dos de la misère humaine et l'autre non...Je n'ai pas envie de les comparer...Ils ont su tous deux trouver leurs lecteurs (qui sont parfois les mêmes)...Ce sont des auteurs français actuels que l'on peut dire "honorables".

Je voudrais préciser que je ne mettrais absolument pas Delphine de Vigan dans les incontournables de la littérature française actuelle ...Son style n'a d'ailleurs rien d'exceptionnel ...Ses histoires peuvent toucher (ou pas!) mais c'est tout!...Et ce n'est peut-être déjà pas si mal lorsqu'elle atteint ce but ...
Au moins, elle ne tourne pas, comme beaucoup, autour de son nombril...Il y a au moins un regard sur le monde qui l'entoure, un peu candide (No et moi) ou pas assez appuyé encore ...

On est dans le cliché avec Les heures souterraines?...
Elle s'inscrit dans une mode?...
Je ne sais pas...Au fond, je ne sais pas...
Est-ce une mode ou une urgence de parler de la solitude des gens au coeur même de la ville et de harcèlement au sein de l'entreprise ?...



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Aeriale
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MessageSujet: Re: Delphine de Vigan   Jeu 5 Aoû 2010 - 17:22

coline a écrit:
Vos remarques vont peut-être me rendre plus virulente que je ne l'aurais souhaité car, au fond, Delphine de Vigan n'est pas l'auteur que je voudrais défendre envers et contre tout et tous.
Ben oui Coline, je suis un peu surprise mais bon, ce n'est je le répète qu'une question de "ressenti" . Je me trompe surement car vous êtes unanimes pour trouver son roman sincère touchant vibrant etc...

Je voulais simplement dire (mais je n'aurais pas dû?) avoir eu l'impression qu'elle vit moins les histoires qu'elle raconte (je répète je dois me tromper) que d'autres sur des sujets similaires (la détresse humaine) Disons que pour moi elle décrit -sans doute très bien -un processus de mise au ban mais d'une façon distancée et trop appuyée qui me laisse de glace.

J'ai pris l'exemple d'Olivier Adam car il est sur le même terrain. Et à ce propos je me souviens d'ailleurs de ta descente en règle justement à propos Des Vents contraires"
(Je la mets en spoiler pour ne pas gacher le fil)

Spoiler:
 

Je pourrais donc te ressortir les mêmes griefs à savoir tous les malheurs qui s'abattent sur cette pauvre Mathilde (veuve solitaire, trois enfants à charge, harcelée dans son boulot puis délaissée par ses collègues. Et de l'autre Thomas urgentiste malheureux en amour et manchot par dessus le marché. J'ai dû en oublier, lu le livre il y a un moment)
Rien ne lui est épagné et cela pourrait correspondre exactement à ce que tu reprochais à Adam cette fois là. Clichés, tire larmes, ingrédients basiques en vue d'un bouquin commercial.

Je n'avais pas été virulente dans ma réponse (et pourtant lui je l'aime ) simplement je te répondais que son écriture m'avait touchée, que l'histoire n'était qu'un prétexte mais que derrière on sentait l'émotion. Chez De Vigan, je ne la ressens pas, c'est tout. Et du coup je me pose les mêmes questions que toi à l'époque! Sujet commercial? Honnêteté de la démarche? clichés?

Voilà, c'est une question de sensibilité et surtout ce ne sont que des questions non des affirmations. Je ne juge pas de la qualité de son roman en le traitant de mauvais
Spoiler:
 
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coline
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MessageSujet: Re: Delphine de Vigan   Jeu 5 Aoû 2010 - 17:53

Question de moment et de réceptivité pour nous sans doute à la lecture de ces romans...
Nous avons les mêmes suspicions, les mêmes doutes, au fond...Et la crainte d'être prises au piège d'un fond de commerce littéraire lucratif sur le dos de la misère sociale...
Je ne pense pas que l'un soit supérieur à l'autre...
Olivier Adam est plus dans le pathos, dans les sentiments, Delphine de Vigan plus dans la froideur...
Chaque lecteur appréciera (ou non d'ailleurs!)
Et mes virulences ne doivent plus surprendre personne par ici... Very Happy
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MessageSujet: Re: Delphine de Vigan   Jeu 12 Aoû 2010 - 20:32

Les heures souterraines : au début je me suis dit "c'est un roman style Gavalda, des paumés qui se trouvent et s'épaulent", mais en fait pas du tout ! on suit chacun dans son cheminement solitaire et désespéré ; je trouve que l'auteure retrace exactement le ressenti d'écrasement dû à la solitude d'une grande ville, cette sensation de fourmilière en marche où celui qui est trop lent est rejeté... un beau livre sur le harcèlement moral et la lassitude, mais presque aussi déprimant qu'un roman d'Olivier Adam...
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MessageSujet: Re: Delphine de Vigan   Ven 20 Aoû 2010 - 22:51

Je ne fais que commencer No et moi mais je devrais le terminer rapidement.

J'ai lu toutes vos critiques et j'ai envie de rejoindre Coline, Maryvonne (en moins virulent quand même) et Aériale pour ses derniers messages:

-j'ai une impression de "déjà lu": le sujet, le style, la rencontre improbable entre deux personnes atypiques, du pathos qui dégouline,

-trop de modernisme; j'ai la sensation que c'est le type de romans qui vieillit mal car trop inscrit dans notre période; or je me rends compte que j'apprécie davantage les romans intemporels.

A suivre donc mais je n'y vois rien d'exceptionnel. D'ailleurs j'ai acheté ce roman sans conviction, simplement parce que j'avais besoin de livres et que je n'avais pas vraiment le choix dans le magasin (un supermarché de village, je vous laisse imaginer).
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MessageSujet: Re: Delphine de Vigan   Mer 20 Oct 2010 - 14:05

Le 17 novembre sortira l'adaptation de No et moi, réalisé par Zabou Breitman, avec Bernard Campan.

Et ça a l'air... pas terrible : clic là pour la bande annonce

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MessageSujet: Re: Delphine de Vigan   Lun 10 Jan 2011 - 22:49

NO ET MOI

Lou est une ado précoce qui, un jour, rencontre, No, une jeune fille guère plus âgée qu'elle. No est sale, fatiguée, méfiante; normal puisqu'elle est sans domicile fixe. Mais Lou, à force d'efforts et de patience, parvient à l'apprivoiser et va tenter presque l'impossible pour s'en faire une amie et la sortir du marasme.

Ce roman n'est pas bien long, mon résumé ne peut donc pas être bien consistant non plus. D'autant plus que je ne me souviens plus des détails de ce livre lu en août dernier et qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable.
Je crois avoir de plus en plus de mal avec tous ces auteurs français qui écrivent des romans déprimants dans lesquels ne transparaît aucun espoir ou qui mettent en scène des personnages opposés, autrement dit un surdoué et un pauvre. Je suis consciente d'être caricaturale mais j'étouffe à cause de ce type de romans que, je vous rassure, je fuis le plus possible.

Je n'ai donc pas été sensible à l'histoire en général, les personnages ne m'ont pas touchée; je ne me suis pas vraiment ennuyée mais l'histoire est passée sur moi sans émotion particulière. En revanche, je serais curieuse d'en voir l'adaptation cinématographique de Zabou Breitman car j'aime bien ce qu'elle fait.
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MessageSujet: Re: Delphine de Vigan   Lun 2 Mai 2011 - 20:54


No et moi


« La vérité c’est que les choses sont ce qu’elles sont. La réalité reprend toujours le dessus et l’illusion s’éloigne sans qu’on s’en rende compte. La réalité a toujours le dernier mot. (…) Il ne faut pas espérer changer le monde car le monde est bien plus fort que nous. »

Une belle preuve de sagesse dont on pourrait s’inspirer plus souvent…et surtout Lou !!
Lou, jeune adolescente surdouée, mais néanmoins paumée, qui ne sait pas trop se situer dans son monde. Sa famille est chamboulée par le mal être de la mère. Son ami Lucas, fils de bonne famille, est lui aussi abandonné à son triste sort d’enfant riche de tout mais pas de l’essentiel.

Alors quand Lou fait la connaissant de No, sans domicile fixe, qui erre dans Paris à la recherche d’un toi pour dormir, d’un lieu pour y manger une soupe, c’est le coup de foudre.
Il faut sauver No la SDF.
A première vue, c’est une belle histoire d’amitié. Delphine de Vigan retrace bien les processus de marginalisation qui conduisent, qui peuvent conduire, l’être humain à se désocialiser, et à se précariser. Elle pose des questions qui m’ont semblées justes, et d’actualité.

« Sommes –nous de si petites choses, si infiniment petites, que le monde continue de tourner, infiniment grand, et se fout pas mal de savoir où nous dormons ? »

Le roman est bien écrit, vif, dynamique ; on ne s’ennuie pas ; les chapitres sont courts. La lecture en est aisée, aérée.
Seulement voilà, tout cela m’a semblé tout de même un peu angélique, un peu artificiel. Il y a trop de bons sentiments dans ce roman pour que tout cela paraisse vrai, et, surtout pour que cela puisse me toucher au cœur. Car au fond, malgré les bons côtés de ce livres, je n’ai pas été touchée par ce petit truc qui agite ma corde sensible Mes tripes sont restée bien sages.
Ce n’est qu’un roman, sans âme.
Lou porte un regard caustique sur notre société, et sur le monde aisé qui est le sien. Elle est bien, trop, idéaliste. Elle a de grandes et nobles idées en tête. Seulement voilà, la vie n’est pas une utopie .On ne peut pas tout.Aucun humain ne peut porter la misère du monde sur son dos aussi large soit-il !!


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Astazie
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MessageSujet: Re: Delphine de Vigan   Lun 2 Mai 2011 - 21:04

krys a écrit:
Les heures souterraines : au début je me suis dit "c'est un roman style Gavalda, des paumés qui se trouvent et s'épaulent", mais en fait pas du tout ! on suit chacun dans son cheminement solitaire et désespéré ; je trouve que l'auteure retrace exactement le ressenti d'écrasement dû à la solitude d'une grande ville, cette sensation de fourmilière en marche où celui qui est trop lent est rejeté... un beau livre sur le harcèlement moral et la lassitude, mais presque aussi déprimant qu'un roman d'Olivier Adam...
.

Voilà mon ressenti sur ce livre :

Deux individus ,Mathilde et Thibault ,ils ne se connaissent pas, ont un point commun .Ils sont épuisés par la vie ,à bout de souffle.
Mathilde ,cadre supérieur dans un grand groupe ,est victime de harcèlement moral de son supérieur hiérarchique.Lui ,médecin urgentiste affronte chaque jour la détresse humaine. Chacun se débat ,mais reste malgré tout isolés.

Delphine de Vigan sait décrire la fragilité des êtres et le désenchantement, dans un style fluide et rapide. C'est un livre vibrant sur l'indifférence et l'épisode du harcèlement en est une saisissante démonstration où les salariés, témoins, se taisent. Sur la solitude aussi, car les deux personnages se croisent mais la ville avec son lot d'anonymat et d'égoïsme empêchera toute rencontre.
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MessageSujet: Re: Delphine de Vigan   Aujourd'hui à 0:54

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