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 Thomas Mann [Allemagne]

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darkanny
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MessageSujet: Re: Thomas Mann [Allemagne]   Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Icon_minitimeLun 21 Jan 2013 - 20:26

Oui je suis assez d'accord avex eXPie, Thomas est en quelque sorte le capitaine malgé lui de ce bateau qui sombre et qui périra avec.
Il fait tout, maladroitement peut-être, pour le maintenir à flots.
Et sa mort a quelque chose de révoltant, d'insensé, à cause d'une extraction de dent, alors que tout le monde se repose sur lui.

Et pour moi, Hanno est l'ange de la mort, fragile petit être qui préfigure la fin de cette dynastie.
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MessageSujet: Re: Thomas Mann [Allemagne]   Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Icon_minitimeLun 21 Jan 2013 - 21:29

Coline, je ne peux pas (pour l’instant) comparer avec La montagne magique mais en tout cas, je me suis bien amusée avec Les Buddenbrook. Mais comme le dit Darkanny, il y a matière à réflexion derrière ce qui peut paraître d’un premier abord n’être qu’un compte rendu très méticuleux de la vie d’une famille qui, parce qu’elle se croit supérieure et prend de grands airs, finit par s’auto-asphyxier. Il y a comme une sorte de leçon de morale dans tout ça.

eXPie a écrit:
Ah bon, tiens, je ne le voyais pas du tout ridicule, Thomas.
Il est pris entre deux feux : il aimerait pouvoir se lâcher, faire ce qu'il veut, du théâtre, du spectacle, il a une pulsion qui le pousse à ça... mais il ne le peut pas, parce qu'il a des responsabilités.
Ce n’est pas faux ce que tu dis sur Thomas eXPie mais justement, c’est pour tout cela que je le trouve ridicule. Il est engoncé dans son rôle de chef de famille qu’il prend tellement au sérieux qu’il s'interdit de vivre selon son cœur. Il n’y a qu’à voir comment il méprise son frère (au point de vouloir l’évincer complètement) ou pire encore, le dégoût qu’il ressent parfois vis-à-vis de son fils parce qu’il est différent de lui et n’a pas les mêmes dispositions pour le commerce familial (et pour le coup, est plus proche de son oncle que de son père). C’est pathétique cette façon de vouloir paraître à tout prix et ça le rend moins humain. C’est une machine qui n’a qu’une seule obsession mais il échoue lamentablement parce qu’il ne sait pas s’adapter ni innover et encore moins reconnaître ses erreurs, contrairement à son père qui se savait faillible et admettait ses erreurs (concernant le mariage de Tony par exemple. Thomas est un frileux, il ne prend jamais aucun risque. Quelle tristesse !

La façon dont Mann le fait mourir est, il me semble, assez significative. Lui qui a voulu être digne toute sa vie meurt face contre terre, dans le caniveau, à cause d’un mal de dents. Je ne pense pas que ce soit un hasard si sa mort manque autant de panache.

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MessageSujet: Re: Thomas Mann [Allemagne]   Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Icon_minitimeLun 21 Jan 2013 - 21:38

darkanny a écrit:
Oui je suis assez d'accord avex eXPie, Thomas est en quelque sorte le capitaine malgé lui de ce bateau qui sombre et qui périra avec.
Il fait tout, maladroitement peut-être, pour le maintenir à flots.
Et sa mort a quelque chose de révoltant, d'insensé, à cause d'une extraction de dent, alors que tout le monde se repose sur lui.

Et pour moi, Hanno est l'ange de la mort, fragile petit être qui préfigure la fin de cette dynastie.
Ooops je n'avais pas vu qu'il y avait encore une page rire
Serais-je la seule à voir Thomas comme une sorte de bouffon dépassé qui vit dans l'ombre d'une gloire qui n'est même pas la sienne ?

Pour ce qui concerne Hanno, je trouve que le personnage n'a pas été suffisamment développé. Il arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, l'antithèse de son père et j'ai trouvé ça un peu facile et peu convaincant.

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MessageSujet: Re: Thomas Mann [Allemagne]   Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Icon_minitimeJeu 27 Fév 2014 - 13:28

Tristan (1903)


Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Trista10

Otez à la Montagne magique ses dimensions philosophiques, sociales et politiques, n’en conservez que ses tourments sentimentaux et ses crises identitaires tourmentées–et vous obtenez Tristan. Réfugié dans un sanatorium en montagne, à l’abri dans cet établissement comme le sera plus tard Hans Castorp, le narrateur de l’histoire semble s’inscrire dans une filiation à peine voilée de Thomas Mann lui-même. Detlev Spinell est un écrivain désenchanté, retiré du monde comme le personnage décadent d’A rebours s’était aménagé une cellule monacale loin des siens dans un mélange de mépris esthétique et d’exacerbation synesthésique. Mais lorsque surgit la figure esthétique par excellence, déclinant un nuancier de charmes surtout fantasmés, en la personne de Gabriele Klöterjahn, Spinell se raccorde à l’existence sur un mode dégénéré. Aimer à la manière d’un esthète est une déplorable façon d’être en vie. N’oublions pas de préciser que Gabriele est d’une inconsistance qui ne peut pas satisfaire longtemps les exigences secrètes de son admirateur secret, et qu’elle est l’épouse d’un riche bourgeois que Spinell est également amené à côtoyer à plusieurs reprises. Sentant venir la tragédie d’amour inévitable, Spinell fait revivre le Tristan et Iseult de Wagner sous la voûte exaltée de son crâne, tandis que dépérissent autour de lui les corps maladifs d’hommes et de femmes rompus par la vie. Les premiers ingrédients savoureux de la réflexion qui sera développée dans la Montagne magique sont ici mis au service d’une lutte infernale entre l’esthète Spinell et le bourgeois Klöterjahn, l’un aussi bien ridiculisé que l’autre par un Thomas Mann qui ne savait sans doute pas lui-même de quel côté se positionner.


« Croyez, monsieur, que je vous hais, vous et votre enfant, comme je hais la vie banale, ridicule et cependant triomphante, que vous représentez et qui est l’éternelle antithèse et l’ennemie de la beauté. »


Si l’on comprend ce cri de révolte, cette ambivalence épuisante de celui qui oscille de l’ivresse ascétique au désenchantement du quotidien ; du déchaînement des appétits vitaux au dégoût de leur consommation, il faut écouter Thomas Mann, ironique et mordant même lorsqu’il peine à maintenir les derniers souffles de vie exaspérée de ses personnages.


Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 G05c3010

Citation :
« Parmi les grands malades, qui gardent la chambre et ne peuvent se montrer ni à table ni dans le salon de conversation, il en meurt un de temps en temps. Personne ne s’en aperçoit, pas même le voisin de chambre. Dans le silence de la nuit, on procède à l’enlèvement de l’hôte de cire. Et l’activité, qui n’a pas été interrompue, se poursuit dans la maison. C’est le massage, l’électricité, les douces, le bain, la gymnastique, la sudation et l’inhalation, avec tous les perfectionnements modernes… »


Citation :
« Une certaine sagesse, une hygiène sévère, par exemple, sont nécessaires à plusieurs d’entre nous : se lever tôt, affreusement tôt, prendre un bain froid et se promener dans la neige. Cela nous donne une satisfaction d’une heure. A vous parler franchement, je resterais dans mon lit jusque dans l’après-midi, croyez-m’en. Si je me lève tôt, c’est pure hypocrisie. »


*photo de Joel-Peter Witkin

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MessageSujet: Re: Thomas Mann [Allemagne]   Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Icon_minitimeJeu 27 Fév 2014 - 14:09

Oh ça va me plaire!  bonjour 

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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MessageSujet: Re: Thomas Mann [Allemagne]   Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Icon_minitimeSam 1 Mar 2014 - 14:00

Bonne lecture alors... Wink

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MessageSujet: Re: Thomas Mann [Allemagne]   Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Icon_minitimeMar 4 Mar 2014 - 14:03

Méphisto m'a envoyé du très lourd... je lui ai envoyé un retour proportionnellement aussi long à lire Wink


La Montagne magique (1924)


Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 La-mon10

La Montagne magique culmine à 975m (échelle Livre de Poche). Le voyage commence à une altitude de 11m. Journal de bord d’une ascension.


Jour 1 11m / 54m

On parle d’altitude et d’éloignement. Devrait-on plutôt parler de temps ? Le passé semble en interaction ininterrompue avec le présent. Sitôt en route avec Hans Castorp, voilà qu’il nous parle des évènements les plus personnels de son enfance, ceux qui ont servi de fondation à l’identité qu’il nous présente en ces débuts de pages. Ses aïeux, la mort d’une mère, d’un père puis d’un grand-père –on pourrait parler de coïncidence : « Celui qui était étendu là, ou plus exactement, ce qui était étendu là, ce n’était donc pas le grand-père lui-même, c’était une dépouille qui, Hans Castorps le savait bien, n’était pas en cire, mais faite de sa propre matière, c’était là ce qu’il y avait d’inconvenant, et d’à peine triste –aussi peu triste que le sont les choses qui concernent le corps et qui ne concernent que lui. » Hans Castorps m’a déjà emballée. N’omettons pas non plus un détail qui renforce la proximité : Hans Castorp a mon âge : « Lorsqu’il entreprit le voyage au cours duquel nous l’avons rencontré, il était dans sa vingt-troisième année ». Mal de mer existentiel et grand mépris de la mort en tant qu’objet de tragique, voilà le mélange idéal.


Jour 2 54m/148m

On se sent bien sur cette Montagne magique. Le sanatorium s’avère être plus accueillant qu’il n’y paraît et c’est peut-être là que réside le piège : il happe ses visiteurs hors du monde commun et les plonge dans un milieu fascinant constitué de lenteur et de grâce. « Et pourtant, on est bien chez nous ! Allons, monsieur votre cousin nous appréciera sûrement mieux que vous, et saura s’amuser. Ce ne sont pas les dames qui manquent, nous avons ici des dames tout à fait délicieuses ». Le sanatorium se constitue en communauté au sein de laquelle les uns et les autres se croisent quotidiennement et s’observent. La focalisation du regard sur l’autre intervient en dernier lieu, lorsque toutes les autres distractions se sont évanouies. Pauvreté qui permet de s’ouvrir sur une richesse dédaignée dans la vie quotidienne précipitée, elle me rappelle ce passage du Portrait de Dorian Gray : « Qu'est-ce qu'un rapport humain aujourd'hui? Il afflige par sa pauvreté. |...] Rencontrer quelqu'un devrait constituer un événement. Cela devrait bouleverser autant qu'un ermite apercevant un anachorète à l'horizon de son désert après quarante jours de solitude ». Oscar Wilde aurait dû faire le voyage avec nous. Et la maladie, au fait ? On s’en fout, cela fait longtemps qu’on ne s’en préoccupe plus –mieux encore, on s’en amuse et on s’en sert comme d’un agrément relevant agréablement la monotonie d’une vie monacale. « La maladie n’est aucunement noble, ni digne de respect, cette conception est elle-même morbide, ou ne peut conduire qu’à la maladie. » Toutefois, elle reste l’enjeu de tous les résidents du sanatorium car elle donne le droit de prolonger son séjour sur les hauteurs de la Montagne magique.


Jour 3 148m/238m

Hans Castorp me plaît toujours. Nous sommes deux invalides de même nature : « Je crois même que, dans l’ensemble, je m’accorde mieux avec des gens tristes qu’avec des gens gais. […] Lorsque les gens sont sérieux et tristes, et que la mort est en jeu, cela ne m’oppresse ni ne m’embarrasse, je me sens au contraire dans mon élément, et en tout cas mieux que lorsqu’on a trop d’entrain : ce qui me plaît beaucoup moins ». Hans Castorp me fait miroiter l’horizon d’un projet de vie qui ne me semble pas moins enviable que ce que le monde actuel me donne le droit d’espérer. Passer sa jeunesse dans un sanatorium, sans autre préoccupation que celle de sa maladie –c’est-à-dire de soi- et de ses amours –c’est-à-dire des autres. On déploierait alors, comme lui, une habilité psychologique à saisir tous les enjeux des relations et à les disséquer avec ironie. Qui n’a jamais connu un Pribislav ? « Ainsi s’était-il habitué de tout cœur à ses rapports discrets et distants avec Pribislav Hippe, et il les tenait au fond pour un élément durable de son existence. Il aimait les états d’âme que lui procuraient ces rencontres, l’attente de savoir si l’autre passerait aujourd’hui près de lui, le regarderait, les satisfactions silencieuses et délicates dont le comblait son secret, et même les déceptions qui en découlaient, et dont la plus grande était que Pribislav « manquât la classe », car la cour était alors vide, la journée privée de toute saveur, mais l’espoir demeurait ». Le sens de l’observation de Hans Castorp s’étend à tous les domaines qui l’entourent…



Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Voyage11


Jour 4 238m/ 332m

… à trop de domaines ? Maintenant que Hans Castorp semble s’être installé durablement et que le charme des découvertes s’estompe, l’histoire s’enlise doucement. Hans Castorp bénéficie d’un regard extra-lucide sur les autres et sur lui-même, mais au prix de quelle quantité de descriptions… Des pages viennent simplement nous confirmer l’impression d’une atmosphère que nous pouvions déjà ressentir sans peine ; d’autres pages s’amusent à décrire sans fin les apparats, les postures et les expressions de nombreux personnages auxquels nous ne nous attachons pas particulièrement. On comprend qu’il n’y ait rien d’autre à faire dans ce sanatorium, faisant de la maladie et des conversations mondaines le monopole d’une existence –au fait, vous ai-je dit que Hans Castorp a officiellement été déclaré comme souffrant ?- et Thomas Mann insiste souvent sur la relativité d’un temps qui s’est libéré des contraintes de mesures habituelles, à la manière de son récit qui pédale dans la pagination pour nous faire éprouver toute la longueur de l’ennui. On commence à très bien le ressentir. L’ascension devient plus difficile.


Jour 5 332m/402m

Au moment où la lassitude commençait à s’installer, voilà que s’approche M. Settembrini, déjà aperçu à plusieurs reprises, mais jamais aussi durablement qu’au cours de cette étape. Puisqu’il ne se passe factuellement rien dans ce sanatorium des montagnes, les conversations entre malades sont les derniers refuges d’exotisme dans lesquels se réfugier. La parole conduit droit à l’abstraction d’autres mondes et on découvre, avec M. Settembrini, toute l’influence d’une époque nourrie par les idées des décadents et des physiologistes –même, Nietzsche ne se trouve jamais bien loin : « Rien n’est plus douloureux que lorsque la partie animale, organique de nous-même, nous empêche de servir la raison ». Hans Castorp absorde ces idées nouvelles. Comme il ne fait jamais rien à moitié, des pages et des pages l’entraînent dans la découverte d’un monde nouveau : celui où la physiologie balbutiante se trouve des affinités avec l’imagination romantique d’un Baudelaire. Est-ce à dire que tous les physiologistes et artistes romantiques pataugeaient eux aussi dans le désœuvrement ?


Jour 5 402m/506m

Déclarer son amour dans une langue étrangère apprise sur le tard, qu’est-ce que cela change ? Quelle idée… contenant le potentiel le plus romantique qu’il soit : « Moi, tu le remarques bien, je ne parle guère le français. Pourtant, avec toi, je préfère cette langue à la mienne, car pour moi, parler français, c’est parler sans parler, en quelque manière, sans responsabilité, ou, comme nous parlons en rêve ». Même lorsqu’il se montre fleur bleue, Hans Castorp ne peut s’empêcher de déployer ses dons de vivisecteur. La Montagne magique devient plus alanguie et vénéneuse. Je l’aimerais quand même moins placide.


Jour 6 506m/598m

Encore une nouvelle grimpe éprouvante. Toujours rien d’autre à faire que de parler sur cette Montagne magique qui échappe à l’écoulement classique du temps. Hans Castorp se laisse griser par une vision mythique du monde qui attire l’approbation de toutes mes propres représentations : « Lorsque le soleil sera entré dans la constellation de la Balance, dans trois mois environ, les jours auront de nouveau diminué suffisamment pour que le jour et la nuit soient égaux. Ensuite, ils diminuent de nouveau jusqu’à Noël, cela tu le sais bien. Mais veux-tu, s’il te plaît, réfléchir à ceci : pendant que le soleil traverse les signes de l’hiver, le Capricorne, le Verseau et les Poissons, les jours augmentent déjà de nouveau. Car voici qu’approche de nouveau le point du printemps, pour la trois millième fois depuis les Chaldéens, et les jours augmentent de nouveau jusqu’à l’année suivante, lorsque revient le commencement de l’été ». Mais lorsqu’il est question d’une lointaine politique, je n’y comprends plus grand-chose et laisse les personnages à leur controverse sur des pages et des pages. Oui, le temps dure longtemps, Hans Castorp a raison. Et le temps oscille de l’ennui extrême à la plus vive exaltation. On ne sait plus trop si c’est bon ou mauvais. On a envie de tout laisser de côté, écœuré, jusqu’à ce que la curiosité nous donne envie d’y revenir.



Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Caspar12


Jour 7 598m/716m

Il neige, il neige, il neige… des pages sur la neige… faut dire que ça repose, après avoir suivi une conversation de même longueur entre Naphta et Settembrini. Les deux hommes, instruits jusqu’à ras-bord et dégoulinants de principes, s’affrontent en politique, en philosophie et en religion, mêlant les concepts avec le plus sérieux lorsque leur raison principale consiste seulement à triompher des opinions de l’autre. Finalement, qui gagne ? Le scepticisme et la vanité de tout dogme, dont la dénonciation semble, entre autres, être l’une des principales marottes de cette Montagne magique. Au passage, Thomas Mann nous glisse quelques informations historiques concernant certaines sociétés secrètes…en aurait-il été ? Dans un autre genre, le sanatorium de sa Montagne en constitue une déclinaison particulière, réservée à ceux qui accepteront de se montrer « malades » de la vie que les autres mènent en bas, à ras les pâquerettes. Il est délicieux de cracher dans la soupe lorsqu’on peut boire de la bisque de homard tous les jours…


Jour 8 716m/828m

La montagne magique a fini par me rendre insensible, même aux évènements les plus cruciaux et les plus funestes du sanatorium. Les années et les résidents passent dans l’indifférence : nouveaux ou anciens, leurs personnalités se confondent en une seule unité condamnée au scepticisme. Les différentes voix des personnages pourraient n’être que les murmures à contre-courant d’une seule conscience que la réflexion agite sans cesse. Nous lisons les tergiversations d’une conscience livrée à elle-même sans autre nourriture spirituelle que les sensations d’un corps agréablement morbide et parfois voluptueux.


Jour 9 : 828m/944m

Plus les pages défilent, plus le temps passe, et plus le désœuvrement qui se vit dans le sanatorium, après des années d’exaspération physique et de contentement intellectuel, se fait l’illustration d’une barbarie culturelle qui ne s’illustre jamais mieux que dans les joutes oratoires entre les divers patients érudits et éloquents de ce lieu. Quelques éclairs de génie, mais toujours beaucoup de fatigue, entre l’étalage d’une collection de musiques et des séances de transe dignes des présentations publiques du docteur Charcot.


Jour 10 : 944m/975m

Une fin percutante et synthétique, à l’image de ce qu’aurait dû être toute la Montagne magique. Mais alors, si tel avait été le cas, la montagne n’aurait été plus qu’une colline, pas assez éloignée du monde pour gagner ses étendards de microscome d’une certaine société malade. Plus on gravit cette montagne, plus se tarit l’exaltation des débuts. En quelques pages, Thomas Mann excelle à transmettre son message ; tout le reste consiste en une répétition qui se plaît aux joutes et développements oratoires aussi longs et laborieux que stériles voire prétentieux. Toutefois inévitable, cette alliance du fond et de la forme achève l’ascension de la Montagne magique de la façon la plus cohérente qu’il soit. Un livre qu’on ne peut apprécier qu’à condition d’être aussi éloigné de la conception classique du temps que ne l’était Hans Castorp, réfugié dans un sanatorium pendant les sept années les plus vigoureuses de la vie d’un homme.

« L'analyse est bonne comme instrument du progrès et de la civilisation, bonne dans la mesure où elle ébranle des convictions stupides, dissipe des préjugés naturels et mine l'autorité, bref, en d'autres termes, dans la mesure où elle affranchit, affine, humanise et prépare les serfs à la liberté. Elle est mauvaise, très mauvaise dans la mesure où elle empêche l'action, porte atteinte aux racines de la vie, est impuissante à lui donner une forme. L'analyse peut être une chose très peu appétissante, aussi peu appétissante que la mort dont elle relève en réalité, apparentée qu'elle est au tombeau et à son anatomie tarée. »



*peintures de Caspar David Friedrich

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MessageSujet: Re: Thomas Mann [Allemagne]   Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Icon_minitimeMar 4 Mar 2014 - 14:14

Quelques extraits ?

De l'émerveillement...


Citation :
« Mon Dieu, la vie était belle ! Elle était belle, grâce précisément à des choses aussi naturelles que le fait que les femmes s’habillaient d’une manière séduisante –car c’était tout naturel, évidemment, c’était si naturel et si généralement admis qu’on y pensait à peine, qu’on le tolérait inconsciemment et sans en faire grand état. Mais on devait y penser, estima Hans Castorp en lui-même, pour prendre vraiment plaisir à la vie, et se rendre compte que c’était là une organisation délicieuse et au fond presque féérique. Il est bien entendu que c’était en vue d’un but certain que les femmes avaient le droit de s’habiller d’une manière délicieuse et féérique, sans pour cela contrevenir à la bienséance ; il s’agissait de la prochaine génération, de la reproduction de l’espèce humaine, parfaitement ! Mais lorsque la femme était intérieurement malade, lorsqu’elle n’était pas du tout faite pour la maternité –alors quoi ? Avait-ce un sens qu’elle portât des manches de gaze pour rendre les hommes curieux de son corps, de son propre corps intérieurement miné ? »


Des déclarations d'amour physiologiquement emballées :

Citation :
« Oui, mon Dieu, laisse-moi sentir l’odeur de la peau de ta rotule, sous laquelle l’ingénieuse capsule articulaire secrète son huile glissante ! Laisse-moi toucher dévotement de ma bouche l’Arteria Femoralis qui bat au fond de la cuisse et qui se divise plus bas en deux artères du tibia ! Laisse-moi ressentir l’exhalation de tes pores et tâter ton duvet, image humaine d’eau et l’albumine, destinée pour l’anatomie du tombeau, et laisse-moi périr, mes lèvres aux tiennes ! »


De l'inspiration...


Citation :
« J’aime et j’honore le sommeil. Je vénère sa volupté profonde, douce et délectable. Le sommeil est du nombre […] des dons classiques de la vie, du premier, du tout premier… Je vous en prie, mesdames et messieurs, du meilleur… Mais rappelez-vous Gethsémani. « Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée. Et leur dit : « Demeurez ici et veillez avec moi. » Vous rappelez-vous ? « Et il vint chez eux et les trouva endormis et il dit à Pierre : Ne pouvez-vous donc pas veiller une heure avec moi ? » Intense, mesdames et messieurs, saisissant, émouvant ! « Et vint, mais les trouva endormis, et leurs yeux étaient pleins de sommeil. Et il leur dit : Hélas ! voulez-vous donc dormir et reposer ? Voyez, l’heure est venue… » Mesdames et messieurs, bouleversant, déchirant ! »


Du kitsch...


Citation :
« Hans Castorp, échauffé et épuisé par le froid et par la multitude des problèmes, incertain même en ce qui touchait l'intelligibilité ou le caractère hasardé et fiévreux de ses propres expressions, confessa, les lèvres ankylosées, qu'il s'était depuis toujours représenté la Mort avec une collerette espagnole amidonnée ou tout au moins en petite tenue, avec un faux col à pointes rabattues, la Vie, par contre, avec un simple petit col droit... »

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MessageSujet: Re: Thomas Mann [Allemagne]   Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Icon_minitimeMer 5 Mar 2014 - 13:57

Le chemin du cimetière


Courte nouvelle pour cheminement court : sitôt acceptée l’idée de mourir, le Chemin du cimetière se traverse en quelques pas, avec la joie démente et désespérée de celui qui se sent plus proche de la mort que de la vie. Thomas Mann tout craché ne nous cache pas, une fois de plus, sa fascination morbide pour les déchéances physique et psychologique. Ce n’est pas la maladie qui agit ici à l’insu de sa victime mais l’ivrognerie –les deux ne sont pas loin, mais l’arrêt final bénéficie d’une coupe plus déterminée dans le second cas. Le cercle vicieux mais exquis résume la tonalité de cette dernière promenade :


« Il buvait parce qu’il avait perdu le respect de soi, et il se respectait de moins en moins, parce que l’effondrement répété de ses bonnes intentions rongeait la confiance qu’il aurait pu avoir en lui-même. »


Une piste pour éclairer d’autres aspects de l’œuvre de Thomas Mann…


Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Michel11


Citation :
Vous saurez, en effet, que le malheur détruit la dignité de l’homme –il est toujours bon d’être un peu éclairé à ce sujet. Ce sont là des phénomènes étranges et effrayants. Rien ne sert que l’homme s’affirme à lui-même son innocence ; dans la plupart des cas, il se méprise, à cause de sa malchance. Mais le mépris de soi-même et le vice sont dans des rapports de terrible réciprocité, ils se prêtent un mutuel concours, que c’en est épouvantable !


*peinture de Michel Fingesten, The Drinkers, 1919

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MessageSujet: Re: Thomas Mann [Allemagne]   Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Icon_minitimeMer 5 Mar 2014 - 14:48

ça donne envie de le lire. Il a bien décrit, dans l'extrait que tu as mis, et en une phrase, le serpent qui se mord la queue!

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MessageSujet: Re: Thomas Mann [Allemagne]   Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Icon_minitimeMar 1 Avr 2014 - 15:57

Les Buddenbrook

C'est une immense saga qui s'étendra de  1835 à 1877 ! L'histoire d'une famille de la haute bourgeoisie allemande sur quatre générations et son déclin ....
Ce déclin , malgré les années fastes de grande prospérité liées au commerce de grain , est pressenti à travers la narration de Thomas Mann .....
C'est un roman dans lequel on s'installe confortablement : une lecture "cossue" s'apparentant au monde que nous décrit merveilleusement Thomas Mann ! Rien ne manque pour nous rendre la lecture divertissante , facile , et presque addictive malgré des thèmes douloureux , des réflexions graves et très intimistes , et une fin tragique inévitable ....
Car l'auteur , malgré un classicisme indéniable , possède un atout unique dans l'expression de ces analyses et la description de ses personnages : Un humour caustique surprenant pour l'époque , caricaturant ses protagonistes pour mieux nous en faire percevoir la finesse psychologique , excacerbant les sentiments , dramatisant et jouant un peu l'outrance ....Le sourire aux lèvres , on s'attache à Tony et sa vaniteuse conscience de son statut social  :
Citation :
Tony était en robe de chambre : elle raffolait des robes de chambre . Rien ne lui paraissait plus distingué qu’un élégant déshabillé ; comme on ne lui permettait pas, à la maison paternelle, de satisfaire cette passion, à présent, étant mariée, elle se dédommageait… Aujourd’hui, elle portait un peignoir grenat, dont la couleur s’harmonisait bien avec la tapisserie et les boiseries.
Citation :

" c'est à ce moment là seulement qu'elle découvrit , tout le sens du mot faillite , tout ce que , dès son enfance , elle avait ressenti de vaguer et de terrible à ce mot ....La faillite ...C'était plus horrible que la mort , c'était le scandale , l'écroulement , la ruine , l'oppobre , la honte , le désespoir et la misère ..."

Thomas, le chef de famille de la troisième génération , engoncé dans les notions de devoirs et de morales liés à sa condition sociale et qui , jusqu'à sa mort soignera son image avec un souci obssessionnel de ce qu'il entend de la bienséance et la dignité et que Thoma Mann avec un superbe trait d'ironie,   fera mourir d'une rage de dents !
Annonçant son mariage à sa mère il écrira : "
Citation :
"J'ai une adoration pour Gerda Arnoldens , mais je n'ai nullement l'intention de descendre au fond de moi-même pour découvrir jusqu'à quel point la grosse dot dont l'on m'avait chuchoté le chiffre à l'oreille d'une manière assez cynique  atout de suite contribué , dès la première présentation , à cet enthousiasme .Je l'aime , mais mon bonheur et ma fierté sont d'autant plus grands qu'en la faisant mienne ,j'apporte à notre maison de commerce un important appoint de capitaux .


Ce passage traduit très bien l'état d'esprit de la famille , empêtrée dans un conflit intérieur lié à son appartenance sociale , à la  notion de famille indissociable de la représentation qu'elle se fait d'elle même dans sa réussite commerciale .

Christian , le "raté de la famille , pathétique et tristement comique dans sa quête d'émancipation  : l'artiste torturé , en proie à des douleurs chroniques liées à une hypocondrie que Mann nous décrit avec moult facéties très savoureuses .....


On s'amuse tout au long de cette narration teintée de burlesque mais empreinte de tragédie ....
Tout est peint avec une apparence caricaturale qui adoucit l'amertume de la mise en évidence de cette décadence qui entrainera cette lignée à l'anéantissement .
Pourtant ,  rien ne sera passé sous silence sous la plume de Mann et l'impact de la religion ,les accointances des représentants de l'église avec la haute bourgeoisie........ la psychorigidité de la société de l'époque et l'absurdité de cette conscience de soi comme faisant parti d'une classe supérieure ( à un moment il fait dire à l'un de ses personnages :"je ne crois pas être coupable devant Dieu .Je crois avoir fait mon devoir en m'efforçant de te procurer une existence en rapport avec ta naissance )



Thomas Mann s'amuse pour notre plus grand bonheur en s'alanguissant presque avec volupté dans des descriptions qui n'en finissent pas, se répétant inlassablement , dans un grand luxe superfétatoire dont on ne se lasse pas , se gaussant malicieusement de ces gens  naifs inadaptés à l'évolution inéluctable du monde,  tellement formatés par leur éducation et leur croyance en leur supériorité de naissance , sous le regard bienveillant et protecteur de Dieu-le Père !
S'amuser peut-être pour ne pas pleurer ....

Un vrai bonheur de lecture ! cheers

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MessageSujet: Re: Thomas Mann [Allemagne]   Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Icon_minitimeMar 1 Avr 2014 - 18:41

Chouette commentaire églantine, tu l'as lu vite dis donc !
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MessageSujet: Re: Thomas Mann [Allemagne]   Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Icon_minitimeMar 1 Avr 2014 - 19:02

darkanny a écrit:
Chouette commentaire églantine, tu l'as lu vite dis donc !
C'était un vrai régal et comme je suis gourmande ....
As-tu lu "La montagne magique" ? Je l'ai dans ma Pal mais j'hésite à enfiler deux pavés successivement ..... jemetate

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MessageSujet: Re: Thomas Mann [Allemagne]   Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Icon_minitimeMar 1 Avr 2014 - 19:06

La montagne magique, j'ai essayé, mais arrêté à la moitié.
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MessageSujet: Re: Thomas Mann [Allemagne]   Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Icon_minitimeMar 1 Avr 2014 - 19:09

darkanny a écrit:
La montagne magique, j'ai essayé, mais arrêté à la moitié.
Pourquoi ? Tu me fais peur là ..... jemetate

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MessageSujet: Re: Thomas Mann [Allemagne]   Thomas Mann [Allemagne] - Page 8 Icon_minitime

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