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 Zeruya Shalev [Israël]

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domreader
Zen littéraire
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MessageSujet: Zeruya Shalev [Israël]   Dim 11 Nov 2007 - 18:35



J'ai eu un vrai coup de coeur :heart: pour cette auteure israëlienne. Voici la bio que donne Evene.

Née dans un kibboutz en Galilée, Zeruya Shalev fait des études bibliques. Elle vit à Jérusalem avec son troisième mari, l'écrivain Eyal Maged, leur fils et leurs enfants respectifs d'unions antérieures. Zeruya Shalevest éditrice aux éditions Keshet. Son premier roman, 'Dancing, Standing Still', publié sans succès en 1993, est suivi de 'Vie Amoureuse' (1997, traduit en 2000). Le livre, qui déclenche un vrai scandale en Israël, se retrouve en tête des classements, et obtient le Golden Book Prize de l'Union des éditeurs et le Ashman Prize. Il est traduit dans une quinzaine de langues. ‘Mari et Femme’ (2000-2002) remporte le même succès international. En France, le livre est sélectionné pour le prix Femina étranger 2002 et est inclus dans la 'Liste des 200 meilleurs livres de la décennie' de la Fnac. 'Mari et femme' raconte, par le monologue intérieur de la narratrice, le naufrage d'un couple, posant la question de la tyrannie de l'amour et du bien-fondé du sacrifice. En 2005, Théra', roman sur la désintégration et la reconstitution d'une famille, semble en grande partie basé sur les expériences personnelles de l'auteur. L'oeuvre de Zeruya Shalev nous parle du monde intérieur émotionnel et toute référence politique y est absente.
Outre des romans, Zeruya Shalev a également publié un recueil de poésie'An Easy Target for Snipers' (1989) ainsi qu'un livre pour enfants, 'Mama's Best Boy' (2001).

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MessageSujet: Re: Zeruya Shalev [Israël]   Dim 11 Nov 2007 - 18:41

Théra - Zeruya Shalev
Traduit de l'hébreu par Laurence Sendrowicz
Gallimard 2007 - 492 p

Dans Théra, Ella décide de mettre fin à 10 ans de mariage avec Amnon, un mariage à l’intérieur duquel elle étouffe. Cette rupture est difficile car Amnon son mari ne la comprend pas et Guili son petit garçon souhaite bien sûr conserver ses deux parents. Les parents d’Ella et en particulier son père rendent cette séparation encore plus difficile en affirmant ne pas vouloir revoir leur petit fils, pour ne pas lui rendre les choses encore plus difficiles ( ?!), en réalité, pour faire pression sur Ella. Toujours est-il que cette séparation qui devait la libérer d’un poids, la rendre plus heureuse, l’accable finalement. Ella regarde alors toutes les autres familles avec envie et essaye même de recomposer son couple. Elle se sent à la fois pleine de culpabilité envers Guili et anxieuse de vivre seule. Elle finit par sombrer dans une sorte de longue dépression, dont elle sort tout juste quand elle rencontre Oded, psychanaliste et père du meilleur ami de son fils Guili. Ces deux solitudes vont se rejoindre mais recomposer une famille n’est pas simple, tout le monde doit y trouver sa place et parfois l’amour y laisse des plumes.

Voilà une histoire bien banale en apparence, mais c’est là où la magie de l’écriture intimiste de Zeruyah Shalev agit et pas une seule fois au cours de ces 500 pages le livre sombre dans la banalité. C’est sous la forme d’un monologue intérieur que Zeruya Shalev nous raconte cette histoire, un monologue ou bien sûr elle nous fait part de ses pensées les plus intimes mais où elle est aussi le témoin des évènements, c’est un narrateur qui restitue le récit de l’intérieur et de l’extérieur, par un mélange subtil de ces 2 points de vue. Une vraie performance littéraire en tout cas. Mais ce n’est pas tout, les mots sonnent juste, les sentiments nous sont livrés avec une grande intelligence, et beaucoup de précision, et on a vraiment l’impression d’être là, assis sur le canapé de leur salon ou encore assis sur le coin du lit conjugal à les voir se faire encore un peu mal avant de se séparer. On est encore là attablés avec Ella et Oded dans le bistrot où ils passent une première soirée ensemble. Zeruya Shalev a un style addictif en ce qui me concerne. Malgré une atmosphère chargée et lourde on revient à ce livre comme à un aimant chapitre après chapitre, l’écriture nous enveloppe littéralement. Elle est dense, compacte, et pourtant légère et poétique. aime

Voici un extrait où Oded (le nouvel homme) vient juste de proposer à une Ella réticente de partager sa vie :

‘’As-tu entendu parler d’une meilleure manière pour se connaître ? repond-il dans un sourire, mais moi je suis obligée d’exprimer mes doutes, et les enfants, c’est trop rapide pour eux, nous ne pouvons pas nous amuser à faire des tentatives sans nous soucier d’eux. Ce n’est pas ça qui me fera reculer, déclare-t-il, il suffit d’y aller progressivement, si nous sommes entiers avec ce que nous faisons ils s’adapteront, alors moi je reprends le mot, entiers, si nous somme entiers, si nous avions été entiers, mais soudain il me semble que toutes sortes de rumeurs lointaines sur l’amour et le bonheur s’approchent petit à petit de moi au lieu de m’étonner que cela vienne si tard, je m’étonne que cela vienne si tôt car il arrive que l’on quitte la vie sans avoir goûté à ces délices, ton bonheur est mon bonheur, oui, pourquoi ne serions-nous pas entiers comme une miche de pain, comme une photo dans un album, comme une poterie restaurée, entiers dans notre tentative pour recoller les morceaux de nos deux familles, entiers lorsque nous rassemblerons les restes de nos espérances, entiers à notre coucher et à notre lever, entiers dans notre existence éphémère qui faussement se croit éternelle, entiers dans notre chagrin et notre culpabilité, dans notre déconstruction et notre reconstruction.’’

J'oublais ce lien avec une très bonne critique de Libé et une interview
http://www.liberation.fr/culture/livre/248566.FR.php

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Dernière édition par le Lun 28 Jan 2008 - 20:26, édité 2 fois
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Zeruya Shalev [Israël]   Dim 11 Nov 2007 - 18:57

Merci beaucoup domreader drunken Je note illico ce titre car tu m'as donné envie de découvrir cette auteure bounce
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Zeruya Shalev [Israël]   Dim 16 Mar 2008 - 10:06

Je n'ai pas encore lu Zeruya. Mais d'une manière, encore une fois, je sais que cette auteure m'est en quelque sorte un peu destinée, de par sa grande propension à dessiner des traits de l'amour-passion et son côté inconciliable avec la vie ordinaire. De plus, je pense qu'elle touche à une essence de vie bien particulière. Si jamais vous avez d'autres écrivains à me suggérer dans la même veine, ne vous gênez pas.

Dire que j'ai vu un sosie d'elle avant d'apprendre l'existence même de cette écrivaine... faut être vraiment chanceux dans une vie...
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Zeruya Shalev [Israël]   Mar 18 Mar 2008 - 0:37

Le livre Vie amoureuse m'a donné à lire ceci aux pages 33 et 34 :

"Je me souvins d'avoir déjà eu cette impression de chute, quoique de manière moins intense, une sorte d'allusion, d'avertissement plutôt, à l'époque où, il y a quelques années, peu après la fin de mon service militaire, j'étais tombée amoureuse d'un homme qui habitait à côté d'une boulangerie, le lit sentant le pain frais au cours de la seule nuit que j'avais passée en sa compagnie, et quand j'eus cessé de le voir, on aurait dit que ma vie avait perdu sa fraîcheur, laquelle était demeurée entre ses draps qui fleuraient bon le pain. J'avais eu du mal à m'en remettre, mais, grâce à Yonni que j'avais rencontré peu après, je m'étais efforcée de l'oublier, seule l'odeur de pain frais réveillait de temps à autre mes souvenirs, aujourd'hui, l'odeur de pain se mêle au goût du feu qui brûle dans ma tête, les yeux de braise d'arieh Even me mitraillent de toutes parts, je suis terrorisée, il a la démarche d'un chasseur, le regard d'un chasseur, je l'aperçois qui remonte la rue et le voilà qui me jette sur son épaule avec une désarmante facilité, corps, chair et fourrure. J'étouffe un cri, je me lève et détale, tel un lièvre qui entend un coup de feu dans la forêt, et je ne me calme qu'en atteignant le boulevard, au milieu de la circulation, l'appartement de mes parents est tout proche maintenant, les feuilles putrescentes crissent sous mes pas quand je monte l'escalier, dire que, il y a à peine une semaine, il m'ouvrait la porte comme s'il était chez lui, mais c'est ma mère qui se tient devant moi aujourd'hui."
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MessageSujet: Re: Zeruya Shalev [Israël]   Lun 18 Juil 2011 - 17:19

Mari et Femme
Traduit de l'hébreu par Laurence Sendrowicz
Zeruya Shalev


Ce qui est incroyable chez Zeruya Shalev c’est sa faculté à s’approprier un thème battu et rebattu, celui du couple , à s’immiscer dans son intimité si bien qu’elle la fait sienne et emporte son lecteur au milieu de ces deux êtres si complexes et si désemparés. Oudi (lui) et Naama (elle) sont sur le point de vivre un cataclysme. Une nuit, Oudi rentre d’une excursion dans le désert dont il était le guide et au petit matin il se retrouve alité, les jambes paralysées. On pourrait croire que Naama s’affolerait, et appellerait tout de suite des secours, mais non, elle prépare sa fille pour l’école, va faire quelques courses, comme si elle voulait se masquer l’inéluctable.
Une fois à l’hôpital, le verdict tombe, le mal n’est pas purement physique mais psychosomatique. C’est une fois revenus à la maison que va commencer le lent travail de guérison, la prise de conscience puis l’acceptation de l’inévitable : leur couple se disloque.

La grande force de Zeruya Shalev, c’est de nous emmener au plus près des âmes, de leurs tempêtes, en suivant les émotions et les tourments de la narratrice Naama. Pas de grandiloquence, pas d’empathie pleurnicharde, mais des mots justes qui s’enchaînent sans un souffle. Voici deux vies mises à nu, que l’on veut suivre jusqu’au dénouement, en grinçant des dents mais sans lâcher ses pages qui nous procurent une intimité étonnante avec les personnages.

Zeruya Shalev écrit sur les couples, ceux dont les liens se meurent, et étonnamment, elle réussit chaque fois à se renouveler par cette manière qu’elle a de se glisser à même leur peau.

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