
Parfum de livres…parfum d’ailleurs
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Sankhu Espoir postal
Messages: 16 Inscription le: 06/11/2007
 | Sujet: Francis Ponge Dim 11 Nov 2007 - 22:52 | |
|  Il a reçu le grand prix de poésie de l’Académie française en 1984. Il parle "d'objeu"; ses poèmes deviennent un véritable enheu littéraire. Ainsi, les objets dont il construit des "définitions-descriptions" dans le Parti Pris des choses tendent à abolir la distinction entre le mot et la chose qu'il désigne.. Ponge est le poète du quotidien, mais un quotidien édifiant. Il maitrise avec une aisance spectaculaire la langue française, son étymologie, sa graphie, des sons, ses jeux de mots, ses figures. Voici un de ses textes, célèbres, que j'aime particulièrement, et qui reflète bien l'originalité, l'humour, le critique et le savoir de Ponge. | Citation: | Le cageot A mi-chemin de la cage au cachot la langue française a cageot, simple caissette à claire-voie vouée au transport de ces fruits qui de la moindre suffocation font à coup sûr une maladie. Agencé de façon qu'au terme de son usage il puisse être brisé sans effort, il ne sert pas deux fois. Ainsi dure-t-il moins encore que les denrées fondantes ou nuageuses qu'il enferme. A tous les coins de rues qui aboutissent aux halles, il luit alors de l'éclat sans vanité du bois blanc. Tout neuf encore, et légèrement ahuri d'être dans une pose maladroite à la voirie jeté sans retour, cet objet est en somme des plus sympathiques - sur le sort duquel il convient toutefois de ne s'appesantir longuement. |
En voici un autre moins célèbre tiré de Proêmes, mais tout autant singulier.
| Citation: | Le parnasse.
Je me représente plutôt les poètes à travers un lieu qu'à travers le temps.
Je ne considère pas que Malherbe, Boileau, ou Mallarmé me précèdent, avec leurs leçons. Mais plutôt je leur reconnais à l'intérieur de moi une place.
Et moi-même je n'ai pas d'autre place que dans ce lieu.
Il me semble qu'il suffit que je m'ajoute à eux pour que la littérature soit complète.
Où plutôt: la difficulté est pour moi de m'ajouter à eux de telle façon que la littérature soit complète.
... Mais il suffit de n'être rien d'autre que moi-même. |
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|  | | Nibelheim Main aguerrie

Messages: 389 Inscription le: 02/09/2007 Age: 23 Localisation: Cambrai
 | Sujet: Re: Francis Ponge Mer 28 Mai 2008 - 19:20 | |
| J'ai découvert Francis Ponge dans de trèèèès mauvaises conditions : un examen de Stylistique. Cependant, après coup, après le stress, le sentiment d'avoir raté cette matière, est demeurée la beauté poétique du poème, que je me permets de déposer ici : | Les ombelles a écrit: | Les ombelles ne font pas d'ombre, mais de l'ombe : c'est plus doux. Le soleil les attire et le vent les balance. Leur tige est longue et sans raideur. Mais elles tiennent bien en place et sont fidèles à leur talus. Comme une broderie à la main, l'on ne peut dire que leurs fleurs soient tout à fait blanches, mais elles les portent aussi haut et les étalent aussi largement que le permet la grâce de leur tige. Il en résulte vers le quinze août, une décoration des bords de routes, sans beaucoup de couleurs, à tout petits motifs, d'une coquetterie discrète et minutieuse, qui se fait remarquer des femmes. Il en résulte aussi de minuscules chardons, car elles n'oublient aucunement leur devoir. |
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|  | | Héri Envolée postale

Messages: 193 Inscription le: 16/04/2008 Age: 20 Localisation: Yvelines
 | Sujet: Re: Francis Ponge Mer 28 Mai 2008 - 19:24 | |
| J'ai découvers l'année dernière en cours de français le talent et le style de Francis Ponge que j'avais vraiment trouvé original. Nous avions du faire ce petite exercice qui consiste à écrire un poème à la manière de Francis Ponge, un petite exercice assez intéressant. Tu me donnes envie en tout cas de découvrir l'oeuvre de ce poète  |
|  | | anagramme Main aguerrie

Messages: 397 Inscription le: 29/08/2008
 | Sujet: Re: Francis Ponge Dim 31 Aoû 2008 - 11:27 | |
| Pour mon premier commentaire j'ai choisi un auteur que je viens de découvrir. J'aime beaucoup ses "objeux" et sa façon de "ré-enchanter le monde". Je trouve délicieux la "Lessiveuse" et le "Savon". |
|  | | emma Espoir postal
Messages: 24 Inscription le: 03/02/2009
 | Sujet: Re: Francis Ponge Jeu 5 Fév 2009 - 13:30 | |
| Le savon : ho oui ! J'aime beaucoup aussi et La haute brosserie, entourée de miroirs, Aux manches de bois pourpre haut touffus de poils vert Dans ces peignoirs faits d'ombre entachée de soleil ( Le carnet du bois de pins )  |
|  | | anagramme Main aguerrie

Messages: 397 Inscription le: 29/08/2008
 | Sujet: Re: Francis Ponge Sam 7 Fév 2009 - 19:04 | |
| LE SAVON Roanne, avril 1942Si je m'en frotte les mains, le savon écume, jubile... Plus il les rend complaisantes, souples, liantes, ductiles, plus il bave, plus sa rage devient volumineuse et nacrée... Pierre magique! Plus il forme avec l'air et l'eau des grappes explosives de raisins parfumés... L'eau, l'air et le savon se chevauchent, jouent à saute-mouton, forment des combinaisons moins chimiques que physiques, gymnastiques, acrobatiques... Rhétoriques? Il y a beaucoup à dire à propos du savon. Exactement tout ce qu'il raconte de lui-me^me jusqu'à disparition complète, épuisement du sujet. Voilà l'objet me^me qui me convient.  |
|  | | swallow Sage de la littérature

Messages: 1086 Inscription le: 06/02/2007
 | Sujet: LE PARTI-PRIS DES CHOSES. Mar 1 Mai 2012 - 8:39 | |
| La monde délivré du regard de l´homme ressassant ses topiques, la nature et les choses ( savon, cageot) jouissent soudain d´elles-mêmes, sans le concours de l´ëtre humain qui voudrait tout domestiquer et mêler son "moi" à tout.
LE PAPILLON.
"le sucre élaboré dans les tiges surgit au fond des fleurs, comme des tasses mal lavées, - un grand effort se produit par terre tous les Papillons tout à coup prennent leur vol. Mais comme chaque chenille eut la tête aveuglée et laissée noire, et le torse amaigri par la véritable explosion d'où les ailes symétriques flambèrent, Dès lors le papillon erratique ne se pose plus qu'au hasard de sa course, ou tout comme. Allumette volante, sa flamme n'est pas contagieuse. Et d'ailleurs, il arrive trop tard et ne peut que constater les fleurs écloses. N'importe : se conduisant en lampiste, il vérifie la provision d'huile de chacune. Il pose au sommet des fleurs la guenille atrophiée qu'il emporte et venge ainsi sa longue humiliation amorphe de chenille au pied des tiges. Minuscule voilier des airs maltraité par le vent en pétale superfétatoire, il vagabonde au jardin."
Francis Ponge, Le Parti-pris des choses, 1942
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