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 Francis Ponge

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Sankhu
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MessageSujet: Francis Ponge   Dim 11 Nov 2007 - 22:52



Il a reçu le grand prix de poésie de l’Académie française en 1984.
Il parle "d'objeu"; ses poèmes deviennent un véritable enheu littéraire. Ainsi, les objets dont il construit des "définitions-descriptions" dans le Parti Pris des choses tendent à abolir la distinction entre le mot et la chose qu'il désigne.. Ponge est le poète du quotidien, mais un quotidien édifiant. Il maitrise avec une aisance spectaculaire la langue française, son étymologie, sa graphie, des sons, ses jeux de mots, ses figures.

Voici un de ses textes, célèbres, que j'aime particulièrement, et qui reflète bien l'originalité, l'humour, le critique et le savoir de Ponge.

Citation :
Le cageot
A mi-chemin de la cage au cachot la langue française a cageot, simple caissette à claire-voie vouée au transport de ces fruits qui de la moindre suffocation font à coup sûr une maladie.
Agencé de façon qu'au terme de son usage il puisse être brisé sans effort, il ne sert pas deux fois. Ainsi dure-t-il moins encore que les denrées fondantes ou nuageuses qu'il enferme.
A tous les coins de rues qui aboutissent aux halles, il luit alors de l'éclat sans vanité du bois blanc. Tout neuf encore, et légèrement ahuri d'être dans une pose maladroite à la voirie jeté sans retour, cet objet est en somme des plus sympathiques - sur le sort duquel il convient toutefois de ne s'appesantir longuement.

En voici un autre moins célèbre tiré de Proêmes, mais tout autant singulier.

Citation :
Le parnasse.

Je me représente plutôt les poètes à travers un lieu qu'à travers le temps.

Je ne considère pas que Malherbe, Boileau, ou Mallarmé me précèdent, avec leurs leçons. Mais plutôt je leur reconnais à l'intérieur de moi une place.

Et moi-même je n'ai pas d'autre place que dans ce lieu.

Il me semble qu'il suffit que je m'ajoute à eux pour que la littérature soit complète.

Où plutôt: la difficulté est pour moi de m'ajouter à eux de telle façon que la littérature soit complète.

... Mais il suffit de n'être rien d'autre que moi-même.
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Nibelheim
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MessageSujet: Re: Francis Ponge   Mer 28 Mai 2008 - 20:20

J'ai découvert Francis Ponge dans de trèèèès mauvaises conditions : un examen de Stylistique. Cependant, après coup, après le stress, le sentiment d'avoir raté cette matière, est demeurée la beauté poétique du poème, que je me permets de déposer ici :


Les ombelles a écrit:
Les ombelles ne font pas d'ombre, mais de l'ombe : c'est plus doux.
Le soleil les attire et le vent les balance. Leur tige est longue et sans raideur. Mais elles tiennent bien en place et sont fidèles à leur talus.
Comme une broderie à la main, l'on ne peut dire que leurs fleurs soient tout à fait blanches, mais elles les portent aussi haut et les étalent aussi largement que le permet la grâce de leur tige.
Il en résulte vers le quinze août, une décoration des bords de routes, sans beaucoup de couleurs, à tout petits motifs, d'une coquetterie discrète et minutieuse, qui se fait remarquer des femmes.
Il en résulte aussi de minuscules chardons, car elles n'oublient aucunement leur devoir.
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Héri
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MessageSujet: Re: Francis Ponge   Mer 28 Mai 2008 - 20:24

J'ai découvers l'année dernière en cours de français le talent et le style de Francis Ponge que j'avais vraiment trouvé original.

Nous avions du faire ce petite exercice qui consiste à écrire un poème à la manière de Francis Ponge, un petite exercice assez intéressant.

Tu me donnes envie en tout cas de découvrir l'oeuvre de ce poète content
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MessageSujet: Re: Francis Ponge   Dim 31 Aoû 2008 - 12:27

Pour mon premier commentaire j'ai choisi un auteur que je viens de découvrir. J'aime beaucoup ses "objeux" et sa façon de "ré-enchanter le monde". Je trouve délicieux la "Lessiveuse" et le "Savon".
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emma
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MessageSujet: Re: Francis Ponge   Jeu 5 Fév 2009 - 13:30

Le savon : ho oui ! J'aime beaucoup aussi
et

La haute brosserie, entourée de miroirs,
Aux manches de bois pourpre haut touffus de poils vert
Dans ces peignoirs faits d'ombre entachée de soleil
( Le carnet du bois de pins )

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MessageSujet: Re: Francis Ponge   Sam 7 Fév 2009 - 19:04

LE SAVON
Roanne, avril 1942

Si je m'en frotte les mains, le savon écume, jubile...
Plus il les rend complaisantes, souples,
liantes, ductiles, plus il bave, plus
sa rage devient volumineuse et nacrée...
Pierre magique!
Plus il forme avec l'air et l'eau
des grappes explosives de raisins
parfumés...
L'eau, l'air et le savon
se chevauchent, jouent
à saute-mouton, forment des
combinaisons moins chimiques que
physiques, gymnastiques, acrobatiques...
Rhétoriques?

Il y a beaucoup à dire à propos du savon. Exactement tout ce qu'il raconte de lui-me^me jusqu'à disparition complète, épuisement du sujet. Voilà l'objet me^me qui me convient.

oui
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swallow
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MessageSujet: LE PARTI-PRIS DES CHOSES.   Mar 1 Mai 2012 - 9:39

La monde délivré du regard de l´homme ressassant ses topiques, la nature et les choses ( savon, cageot) jouissent soudain d´elles-mêmes, sans le concours de l´ëtre humain qui voudrait tout domestiquer et mêler son "moi" à tout.

LE PAPILLON.

"le sucre élaboré dans les tiges surgit au fond des fleurs, comme des tasses mal lavées, - un grand effort se produit par terre tous les Papillons tout à coup prennent leur vol.
Mais comme chaque chenille eut la tête aveuglée et laissée noire, et le torse amaigri par la véritable explosion d'où les ailes symétriques flambèrent,
Dès lors le papillon erratique ne se pose plus qu'au hasard de sa course, ou tout comme.
Allumette volante, sa flamme n'est pas contagieuse. Et d'ailleurs, il arrive trop tard et ne peut que constater les fleurs écloses. N'importe : se conduisant en lampiste, il vérifie la provision d'huile de chacune. Il pose au sommet des fleurs la guenille atrophiée qu'il emporte et venge ainsi sa longue humiliation amorphe de chenille au pied des tiges.
Minuscule voilier des airs maltraité par le vent en pétale superfétatoire, il vagabonde au jardin."


Francis Ponge, Le Parti-pris des choses, 1942
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colimasson
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MessageSujet: Re: Francis Ponge   Mar 2 Oct 2012 - 18:32

Pour ma part, j'ai un peu de mal avec Francis Ponge...


Lyres (1961)




La musique de Francis Ponge possède une résonnance particulière, qui s’explique sans doute par ses grandes similitudes avec la prose que des expressions, tournures grammaticales, rythmiques ou termes lexicaux viennent subtilement détourner de leur ancrage dans la banalité de l’expression.


Les Lyres, publiées en 1961, regroupent des extraits des Grand et Petit Recueil, composés de pièces courtes et de réflexions « poétiques », en ce sens qu’elles cherchent avant tout à redéfinir les visions ternes de notre quotidien en ballades métaphysiques (« Texte sur l’électricité ») ou en variations musicales (« Le quartier des affaires », « L’allumette », « Soir d’août »…). Le recueil est ponctué d’hommages et de références explicites (« Jules Romain peintre de Paris », « Trois impromptus sur L.-P. Fargue »…) qui nécessitent une connivence culturelle sans laquelle l’appréciation risque d’être compliquée.


D’une manière générale, le recueil des Lyres n’est pas un hymne à la joie, sans tomber non plus dans son versant opposé. Le ton est souvent désabusé. La déchéance physique et la fatigue mentale se complètent pour achever le portrait d’une humanité malade de ne pas trouver les mots justes pour s’exprimer.


On comprend tout le désarroi de Francis Ponge. Ses intentions trouvent des fulgurances d’expression au détour de l’une ou de l’autre des pages de son recueil, tandis que le reste s’efface, en veilleuse, et que la lecture laisse doucement assoupi, en attente de la prochaine déflagration. Pour ma part, je n’ai pas réussi à me passionner pour la lecture de ces Lyres. La qualité et l’originalité de l’écriture sont indéniables mais restent d’une beauté superficielle qui n’a pas réussi à me nourrir, passé le terme de la lecture immédiate.


Un texte surtout a suscité mon enthousiasme, celui sur L'électricité Quelques extraits....


Citation :
« Pour nous conformer au style de vie qui est le nôtre depuis que le courant électrique est à notre disposition, nous établirons le contact sans plus attendre et jetterons brusquement la lumière sur nos intentions. »


Citation :
« Finalement, me dis-je, car je me sentais fatigué, je crois que l’électricité a agi sur la poésie et l’art plutôt négativement. Son influence, nous l’éprouvons dans une modification générale du goût. Je veux dire qu’elle a contribué à faire préférer la clarté à la pénombre, peut-être les couleurs pures aux couleurs nuancées, peut-être la rapidité aux lentes manières et peut-être un certain cynisme à l’effusion. »


Citation :
« Je dirais même que l’orgueil de la supériorité, voilà ce qui me semblerait non seulement un peu ridicule, mais aussi un peu dangereux. Peut-être, après tout, n’est-il pas bon pour la santé d’un rouage, qu’il se figure être le rouage principal ? Peut-être risque-t-il alors de s’emballer, de tourner à un régime trop rapide, usant et fatigant pour lui ? Enfin, nous les connaissons, n’est-ce pas ? ces dépressions qui suivent les exaltations ? Pourquoi nous mettrions-nous en ce cas ? Pourquoi risquerions-nous, chantant trop fort notre supériorité et notre gloire, de devoir un jour déchanter, nous placer trop bas, nous jeter dans le sentiment de notre impuissance ; et descendre, un peu trop vite sans doute, l’escalier des caves… »

Citation :

« Un porc doit-il vivre dans les forêts, il lui faut devenir tout à fait autre, que ses défenses s’allongent, etc. Qu’un cheval doive se nourrir dans une région où il y a moins d’herbe à brouter que de feuilles haut placées sur les arbres ou de régimes de bananes ou de dattes, et le voilà obligé de perdre beaucoup des qualités du cheval afin de devenir girafe. Ailleurs, mais je n’en finirais pas… Eh bien, remarquons que l’homme peut être amené à vivre sous telle ou telle latitude, il n’aura besoin de perdre aucune de ses qualités. Il inventera les outils et les armes convenant à sa nouvelle situation dans le monde et aux dangers ou aux ressources que cette situation comporte. »

Qui me plaît peut-être d'ailleurs parce qu'il s'agit plus de prose que de poésie. Quant à savoir s'il s'agit de prose poétique ou non... je ne me lancerais pas dans le débat...

_________________

J’ai presque vingt ans ! Me voici à la fin de ma vie, et je n’ai rien accompli !
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Francis Ponge   Mar 31 Mai 2016 - 9:20

Quiconque me suit dans mes pérégrinations littéraires et poétiques saura sans doute que je tiens Francis Ponge en haute estime. Sur le fil des coups de coeur poétiques, je l'ai cité pour la première fois un jour de 2010 en compagnie d'Antonin Artaud. La prose dont il fait usage coule de source en ce qui me concerne. Je le consomme quand même très modérément. J'imagine qu'il y a une élégance de style que je veux partager en voisinant les poésies au gré de mes préoccupations. C'est donc pour la première fois que je poste sur son fil.

Dans Pièces, je note un extrait d'«Ateliers» en lien avec mes préoccupations sur la ville de Montréal :

Francis Ponge, Pièces, 1999 (1971), Paris : Gallimard, coll. «NRF Poésie», p. 107-108. a écrit:
Qui regarde de haut une ville, serait-ce que par l'imagination seulement, aperçoit certains bâtiments, éléments ou séries de bâtiments, dont l'aspect singulier est d'être, par tout ou partie de leur surface (murs et toits), translucides.

Voilà certes qui éclate de nuit surtout, depuis qu'aussitôt environnée par les ombres, chaque demeure humaine, à l'instar de certaines organismes phosphorescents, produit en son intérieur une lumière assez vive. Mais, pour une sensibilité exercée, peut-être l'impression est-elle de jour encore plus touchante : il semble que l'épiderme de la ville ait été là par places (à ces endroits), aminci, atténué à l'extrême et que la chair n'en soit protégée plus que par une pellicule des plus fragiles.

Si l'on note d'ailleurs que de tels bâtiments s'observent plus nombreux dans les quartiers périphériques, où la population d'habitude se rend pour oeuvrer collectivement, l'on en pourra évidemment conclure se trouver en présence là des manifestations de cet effet vésicatoire produit souvent sur les peaux sensibles par le travail, les frottements,

_________________
«L'amplitude des contradictions à l'intérieur d'une pensée constitue un critère de grandeur.»
De Gaulle, citant Nietzsche

Dixit celui qui écrivait plus vite que son ombre.
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