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 Victor Hugo

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zazou
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MessageSujet: Bonjour à ceux qui aime Victor Hugo   Ven 16 Déc 2011 - 18:29

Bonjour,

J'aimerais vous faire partager ce poême de Victor Hugo que j'aime beaucoup :

Victor HUGO (1802-1885)


Vieille chanson du jeune temps

Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J'étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres
Son oeil semblait dire: " Après ? "

La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J'allais ; j'écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l'air morose ;
Elle, vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches
Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d'un air ingénu,
Son petit pied dans l'eau pure
Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu'elle était belle
Qu'en sortant des grands bois sourds.
" Soit ; n'y pensons plus ! " dit-elle.
Depuis, j'y pense toujours.


J'aime la fraîcheur qui se dégage de ce texte.

Je vois dans ce texte le fait que, quand une opportunité se présente, il ne faut pas laisser passer sa chance. Mais ça n'engage que moi !

Pour ceux que ça intéresse, il existe un roman qui s'intitule : Le roman de Sophie Trébuchet. Celle-ci était la mère de Victor Hugo, et ce roman parle d'elle et de l'enfance de Victor Hugo. Il est très bien écrit. Si certains sont intéressés, je fouinerai dans ma bibliothèque à la recherche du nom de l'auteur et de la maison d'éditions.

A bientôt
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SCOman
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Mar 19 Juin 2012 - 23:39

kathel a écrit:
Je suis une inconditionnelle de La légende des siècles !
Ah, La conscience et sa chute finale (que je vous laisse retrouver ! content )
Je ne peux m'empêcher cependant de vous proposer le début à relire :

Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Échevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l'homme sombre arriva
Au bas d'une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d'haleine
Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,
Il vit un œil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l'ombre fixement.

Je suis également un inconditionnel de La légende des siècles. Il y a dans cette épopée poétique un universalisme, un lyrisme et une force épique qui confinent au bouleversant.
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shanidar
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Mer 20 Juin 2012 - 11:41

après vérification La légende des siècles est rangé dans ma bibliothèque... une oeuvre qui m'effraie avant même de songer à la lire. J'ai peur que la versification soit trop lourde, que l'emphase ne m'écrase, que le lyrisme hugolien ne devienne ridicule, peur de ne pas comprendre, peur de me perdre...

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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Mer 20 Juin 2012 - 11:45

shanidar a écrit:
après vérification La légende des siècles est rangé dans ma bibliothèque... une oeuvre qui m'effraie avant même de songer à la lire. J'ai peur que la versification soit trop lourde, que l'emphase ne m'écrase, que le lyrisme hugolien ne devienne ridicule, peur de ne pas comprendre, peur de me perdre...

N'aies pas peur il faut se perdre chez Hugo. Si on en revient c'est qu'on est déçu. J'en suis revenu très rapidement.
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shanidar
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Mer 20 Juin 2012 - 11:52

Kierkegaard a écrit:
shanidar a écrit:
après vérification La légende des siècles est rangé dans ma bibliothèque... une oeuvre qui m'effraie avant même de songer à la lire. J'ai peur que la versification soit trop lourde, que l'emphase ne m'écrase, que le lyrisme hugolien ne devienne ridicule, peur de ne pas comprendre, peur de me perdre...

N'aies pas peur il faut se perdre chez Hugo. Si on en revient c'est qu'on est déçu. J'en suis revenu très rapidement.

ce n'est pas très engageant...
j'ai une relation ambivalente avec l'oeuvre d'Hugo, car à force de nous la faire ingurgiter à toutes les sauces de la 6ème aux dernières années de fac, j'ai l'impression qu'il est passé à la moulinette et j'éprouve pour lui une sorte de fascination (avec des oeuvres d'une puissance rare) et puis un rejet pour le côté monstrueux ou génial de l'oeuvre.

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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Mer 20 Juin 2012 - 11:55

shanidar a écrit:
Kierkegaard a écrit:
shanidar a écrit:
après vérification La légende des siècles est rangé dans ma bibliothèque... une oeuvre qui m'effraie avant même de songer à la lire. J'ai peur que la versification soit trop lourde, que l'emphase ne m'écrase, que le lyrisme hugolien ne devienne ridicule, peur de ne pas comprendre, peur de me perdre...

N'aies pas peur il faut se perdre chez Hugo. Si on en revient c'est qu'on est déçu. J'en suis revenu très rapidement.

ce n'est pas très engageant...
j'ai une relation ambivalente avec l'oeuvre d'Hugo, car à force de nous la faire ingurgiter à toutes les sauces de la 6ème aux dernières années de fac, j'ai l'impression qu'il est passé à la moulinette et j'éprouve pour lui une sorte de fascination (avec des oeuvres d'une puissance rare) et puis un rejet pour le côté monstrueux ou génial de l'oeuvre.

Désolé si je t'ai paru peu enjoué en parlant d'Hugo. C'est un auteur bourré de qualités qui écrit merveilleusement bien seulement qu'est ce qu'il m'ennuie...
Ses histoires m'indiffèrent totalement, là où beaucoup y voient (certainement avec justesse) beaucoup de sentiments, moi il me désespère, je trouve son oeuvre... Un peu flasque avec beaucoup de contenu mais peu de contenant cela me glisse entre les doigts et j'en oublie le style exceptionnel.
Mais je suis le premier à conseiller de lire Hugo ne serait ce que pour se faire sa propre opinion de son oeuvre.
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shanidar
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Mer 20 Juin 2012 - 12:08

oh mais j'ai justement l'impression de la connaitre très bien l'oeuvre d'Hugo (beaucoup de romans et beaucoup de théâtre) mais cela fait une éternité que je n'ai pas lu la poésie d'Hugo et finalement je m'aperçois que je la connais mal ou que je l'ai oubliée... alors pourquoi pas y revenir, même si j'ai peur d'être écrasée par la masse !

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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Mer 20 Juin 2012 - 15:13

J' aimerai lire Choses vues, ce carnet de notes que tenait Hugo. Quelqu' un l' a lu ?
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SCOman
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Jeu 21 Juin 2012 - 1:27

shanidar a écrit:
oh mais j'ai justement l'impression de la connaitre très bien l'oeuvre d'Hugo (beaucoup de romans et beaucoup de théâtre) mais cela fait une éternité que je n'ai pas lu la poésie d'Hugo et finalement je m'aperçois que je la connais mal ou que je l'ai oubliée... alors pourquoi pas y revenir, même si j'ai peur d'être écrasée par la masse !

File t'immerger dans La légende des siècles, c'est une expérience hors du commun ! L'histoire du monde défile devant toi et tu resteras bouche bée devant la munificence du style.
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Sam 4 Jan 2014 - 17:52

A plus de soixante-dix ans, Victor Hugo possède encore une belle verve.

A Théophile Gautier

Ami, poète, esprit, tu fuis notre nuit noire.
Tu sors de nos rumeurs pour entrer dans la gloire;
Et désormais ton nom rayonne aux purs sommets.
Moi qui t'ai connu jeune et beau, moi qui t'aimais,
Moi qui, plus d'une fois, dans nos altiers coups d'aile,
Éperdu, m'appuyais sur ton âme fidèle,
Moi, blanchi par les jours sur ma tête neigeant,
Je me souviens des temps écoulés, et songeant
A ce jeune passé qui vit nos deux aurores,
A la lutte, à l'orage, aux arènes sonores,
A l'art nouveau qui s'offre, au peuple criant oui,
J'écoute ce grand vent sublime évanoui.

Fils de la Grèce antique et de la jeune France,
Ton fier respect des morts fut rempli d'espérance;
Jamais tu ne fermas les yeux à l'avenir.
Mage à Thèbes, druide au pied du noir menhir,
Flamine aux bords du Tibre et brahme aux bords du Gange,
Mettant sur l'arc du dieu la flèche de l'archange,
D'Achille et de Roland hantant les deux chevets,
Forgeur mystérieux et puissant, tu savais
Tordre tous les rayons dans une seule flamme;
Le couchant rencontrait l'aurore dans ton âme;
Hier croisait demain dans ton fécond cerveau;
Tu sacrais le vieil art aïeul de l'art nouveau;
Tu comprenais qu'il faut, lorsqu'une âme inconnue
Parle au peuple, envolée en éclairs dans la nue,
L'écouter, l'accepter; l'aimer, ouvrir les coeurs;
Calme, tu dédaignais l'effort vil des moqueurs
Écumant sur Eschyle et bavant sur Shakspeare;
Tu savais que ce siècle a son air qu'il respire,
Et que, l'art ne marchant qu'en se transfigurant,
C'est embellir le beau que d'y joindre  le grand.
Et l'on t'a vu pousser d'illustres cris de joie
Quand le Drame a saisi Paris comme une proie,
Quand l'antique hiver fut chassé par Floréal,
Quand l'astre inattendu du moderne idéal
Est venu tout à coup, dans le ciel qui s'embrase
Luire, et quand l'Hippogriffe a relayé Pégase!

Je te salue au seuil sévère du tombeau.
Va chercher le vrai, toi qui sus trouver le beau.
Monte l'âpre escalier. Du haut des sombres marches,
Du noir pont de l'abîme on entrevoit les arches;
Va! meurs! la dernière heure est le dernier degré.
Pars, aigle, tu vas voir des gouffres à ton gré;
Tu vas voir l'absolu, le réel, le sublime.
Tu vas sentir le vent sinistre de la cime
Et l'éblouissement du prodige éternel.
Ton olympe, tu vas le voir du haut du ciel,
Tu vas du haut du vrai voir l'humaine chimère,
Même celle de Job, même celle d'Homère,
Ame, et du haut de Dieu tu vas voir Jéhovah.
Monte, esprit! Grandis, plane, ouvre tes ailes, va!

Lorsqu'un vivant nous quitte, ému, je le contemple;
Car entrer dans la mort, c'est entrer dans le temple
Et quand un homme meurt, je vois distinctement
Dans son ascension mon propre avènement.
Ami, je sens du sort la sombre plénitude;
J'ai commencé la mort par de la solitude,
Je vois mon profond soir vaguement s'étoiler;
Voici l'heure où je vais, aussi moi, m'en aller.
Mon fil trop long frissonne et touche presque au glaive;
Le vent qui t'emporta doucement me soulève,
Et je vais suivre ceux qui m'aimaient, moi, banni.
Leur oeil fixe m'attire au fond de l'infini.
J'y cours. Ne fermez pas la porte funéraire.

Passons; car c'est la loi; nul ne peut s'y soustraire;
Tout penche; et ce grand siècle avec tous ses rayons
Entre en cette ombre immense où pâles nous fuyons.
Oh! quel farouche bruit font dans le crépuscule
Les chênes qu'on abat pour le bûcher d'Hercule!
Les chevaux de la mort se mettent à hennir,
Et sont joyeux, car l'âge éclatant va finir;
Ce siècle altier qui sut dompter le vent contraire,
Expire ô Gautier! toi, leur égal et leur frère,
Tu pars après Dumas, Lamartine et Musset.
L'onde antique est tarie où l'on rajeunissait;
Comme il n'est plus de Styx il n'est plus de Jouvence.
Le dur faucheur avec sa large lame avance
Pensif et pas à pas vers le reste du blé;
C'est mon tour; et la nuit emplit mon oeil troublé
Qui, devinant, hélas, l'avenir des colombes,
Pleure sur des berceaux et sourit à des tombes.
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Mar 25 Nov 2014 - 21:09

Je lis Les voix intérieures et Les rayons et les ombres... j'ai beaucoup de mal. C'est long, ça brode, ça bavarde... ça ne suscite aucune émotion en moi. Enfin, si, un éclat de temps en temps, mais histoire de trois ou quatre vers, pas plus.
Je n'étais pas habituée à cette forme de poésie-fleuve.

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MessageSujet: Hugo   Jeu 27 Nov 2014 - 20:51

J'ai les Voix intérieurs et les Rayons et les ombres qui m'intéressaient (un peu moins maintenant que je les ai commencés) car ils étaient censés révéler une facette "mystique" de Hugo. Bof, je ne suis pas convaincue.

Les Voix intérieures commencent par un long poème intitulé "Sunt lacrymæ rerum" qui est un éloge tordu de la monarchie. Je connais mal l'histoire donc encore une fois, je loupe certaines références, mais je crois qu'il plaint Charles X, puni par le peuple à cause des conséquences du règne de Louis XV (mais il se peut que je me trompe).

Citation :
« A ce bruit qui jadis vous eût fait rugir tous
— Le roi de France est mort ! – d’où vient qu’aucun de vous,
Comme un lion captif qui secouerait sa chaîne,
Aucun n’a tressailli sur sa base de chêne,
Et n’a, se réveillant par un subit effort,
Dit à son noir voisin : — Le roi de France est mort ! –
D’où vient qu’il s’est fermé sans vos salves funèbres,
Ce cercueil qu’on clouait là-bas dans les ténèbres ? »

On critiquait Virgile et sa servitude impériale... Victor Hugo ne fait pas mieux... bon, certes, son roi semble n'être plus en très grande forme :

Citation :
« Vous vous taisez. – Mais moi, moi dont parfois le chant
Se refuse à l’aurore et jamais au couchant,
Moi que jadis à Reims Charles admit comme un hôte,
Moi qui plaignis ses maux, moi, qui blâmai sa faute,
Je ne me tairai pas. Je descendrai, courbé,
Jusqu’au caveau profond où dort ce roi tombé ;
Je suspendrai ma lampe à cette voûte noire ;
Et sans cesse, à côté de sa triste mémoire,
Mon esprit, dans ces temps d’oubli contagieux,
Fera veiller dans l’ombre un vers religieux ! »

Bon... si experts de Victor Hugo ici, éclairez-moi !

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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Mer 3 Déc 2014 - 21:09

Victor Hugo était-il antisémite ? (ou a-t-il en tout cas contribué à renforcer l'image négative du juif ?)

cf > "A l'homme qui a livré une femme" dans les Chants du crépuscule : ICI par exemple

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MessageSujet: Hugo   Mer 3 Déc 2014 - 21:24

colimasson a écrit:
Victor Hugo était-il antisémite ? (ou a-t-il en tout cas contribué à renforcer l'image négative du juif ?)

cf > "A l'homme qui a livré une femme" dans les Chants du crépuscule : ICI par exemple

Aïe, sujet toujours compliqué (je me souviens de cette même foudroyante, dérangeante, interrogation à propos de Jules Verne)... Faut-il affirmer qu'on s'exprimait autrement vis-à-vis de n'importe quelles minorités à l'époque et que de replacer dans le contexte les mots effaceraient en partie l'humiliation ?? Je ne sais pas... Hugo est considéré comme un grand défenseur des droits de l'homme (et du condamné) donc envisager un quelconque racisme semble inadmissible, sauf qu'il évoluait sous d'autres latitudes, que Fanon, Davis, Herzl ou d'autres n'avaient pas encore parlé et que sa parole reste celle d'un homme de son temps... Mais j'avoue être assez peu au fait de cette problématique !

A priori il a changé d'attitude à la fin de sa vie en devenant le défenseur des juifs de Russie (un lien (pas trop folichon mais bon) : ici)

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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Jeu 12 Fév 2015 - 21:29

Les Rayons et les Ombres (1840)




A mesure que Victor Hugo semble acquérir des certitudes en ce qui concerne la mission du poète et de son langage vis-à-vis de la société, sa poésie se fait moins démonstrative. Elle gagne en subtilités là où les poèmes des Chants du crépuscule ou des Voix intérieures recouraient trop souvent aux oppositions manichéennes, aux emportements virulents, aux images poétiques classiques. Ce dernier volet de la triade des recueils se dirige vers la révolution poétique que Victor Hugo connaîtra avec les poésies des Contemplations. Les préoccupations politiques se font plus rares ou moins explicites, atténuées par un problème plus important qui les englobe, avec l’angoisse diffuse d’une époque qui aurait oublié non seulement les dieux mais aussi les légendes et les traditions de ses ancêtres.


L’angoisse est aussi celle d’être en proie au même doute qu’on aimerait dénoncer chez les autres. La remise en question de la validité de Dieu dans une société bouleversée par les mouvements de révolte et par l’instabilité politique nécessite une reconfiguration du paysage religieux. Victor Hugo, élevé par une mère voltairienne, a été poussé du côté religieux par l’influence de Chateaubriand. Il n’a sans doute jamais connu la foi, sauf peut-être avec l’influence de Lamennais en 1822. Sans doute a-t-il ressenti le besoin de croire sans savoir sur quel mouvement ou quelle pensée jeter absolument son dévolu –parce qu’il percevait peut-être les limites de chaque institution. La pensée religieuse est alors proche de certaines tendances philosophiques et sociales qui s’évanouissent trop rapidement pour ne pas blesser l’enthousiasme : aucune des tendances parmi le catholicisme libéral de Lamennais, le fouriérisme disparu en 1833 ou le Saint-Simonisme supprimé en 1832 ne parviennent à s’affirmer comme nouveau dogme constructif. Est-ce pour cette raison que ce recueil véhicule l’idée d’un déisme palpitant ? Oscillant de la blessure qu’on lui inflige à la joie secrète d’être méprisé, et de n’être accessible qu’aux plus méritants, que Victor Hugo va peut-être réussir à éclairer…


Les Rayons et les ombres ne m’est pas apparu comme une révélation poétique en lui-même. En revanche, placé dans l’ombre des Contemplations –que l’on présente comme son chef d’œuvre poétique- et dans la continuité des plus décevants Chants du crépuscule et Voix intérieures, il témoigne d’un parcours qui attise la curiosité : celui de la ferveur d’une âme passionnée.


C'est dans ce recueil qu'on trouve cette fameuse réflexion de préface :

Citation :
« L'auteur pense que tout poète véritable, indépendamment des pensées qui lui viennent de son organisation propre et des pensées qui lui viennent de la vérité éternelle, doit contenir la somme des idées de son temps. »


Dans "Regard jeté dans une mansarde", Victor Hugo condamne le voltairianisme. Après 1852, il reviendra sur son opinion et considérera que Voltaire est un des grands génies qui ont contribué à illuminer l'humanité.

Citation :
« Hélas ! si ta main chaste ouvrait ce livre infâme,
Tu sentirais soudain Dieu mourir dans ton âme.
Ce soir tu pencherais ton front triste et boudeur
Pour voir passer au loin dans quelque verte allée
Les chars étincelants à la roue étoilée,
Et demain tu rirais de la sainte pudeur ! »


Un autre poème fondamental : "Le monde et les siècles". Hugo oppose ici nettement, pour la première fois, la religion insuffisante des livres et la vraie religion révélée dans la nature.

Citation :
« L’homme ne sent plus luire en son cœur triomphant
Ni l’aube, ni le lys, ni l’ange, ni l’enfant,
Ni l’âme, ce rayon fait de lumière pure,
Ni la création, cette immense figure !
De là vient que souvent je rêve et que je dis :
— Est-ce que nous serions condamnés et maudits ?
Est-ce que ces vivants, chétivement prospères,
Seraient déshérités du souffle de leurs pères ?
Ô Dieu ! considérez les hommes de ce temps,
Aveugles, loin de vous sous tant d’ombre flottants.
Éteignez vos soleils, ou rallumez leur flamme !
Reprenez votre monde, ou donnez-leur une âme !»





« La foule des vivants rit et suit sa folie,
Tantôt pour son plaisir, tantôt pour son tourment ;
Mais par les morts muets, par les morts qu’on oublie,
Moi, rêveur, je me sens regardé fixement.

Ils savent que je suis l’homme des solitudes,
Le promeneur pensif sous les arbres épais,
L’esprit qui trouve, ayant ses douleurs pour études,
Au seuil de tout le trouble, au fond de tout la paix ! »

Dans le cimètière de ***


« Moi, j’ai toujours pitié du pauvre marbre obscur.
De l’homme moins souvent, parce qu’il est plus dur. »

La Statue


« Notre époque insultée a son côté sublime. »
Sagesse


*peinture :Ferdinand Keller, L'étang

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