Parfum de livres… parfum d’ailleurs

Littérature, forum littéraire : passion, imaginaire, partage et liberté. Ce forum livre l’émotion littéraire. Parlez d’écrivains, du plaisir livres, de littérature : romans, poèmes…ou d’arts…
 
AccueilRechercherS'enregistrerMembresConnexion

Partagez | 
 

 Frank Tallis

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Chimère
Agilité postale
avatar

Messages : 995
Inscription le : 24/02/2007
Age : 46
Localisation : Bordeaux

MessageSujet: Frank Tallis   Mar 13 Nov 2007 - 15:50



Frank Tallis est un docteur en psychologie renommé, spécialiste des troubles obsessionnels. Il a d’abord publié des essais de psychologie grand public, puis des romans (Killing Time et Sensing Others) pour lesquels il a reçu en 1999 le Writer’s Award de l’Accadémie des arts de Grande-Bretagne et, un an plus tard, le New London Writer’s Award. Sa série viennoise, Les carnets de Max Liebermann, débute avec La justice de l'inconscient, salué dès sa parution par une critique et un public unanimes. Frank Tallis vit aujourd'hui à Londres.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://alivreouvert.over-blog.net
Chimère
Agilité postale
avatar

Messages : 995
Inscription le : 24/02/2007
Age : 46
Localisation : Bordeaux

MessageSujet: Re: Frank Tallis   Mar 13 Nov 2007 - 15:52

LA JUSTICE DE L’INCONSCIENT
de Franck TALLIS
Ed 10/18 443p
Trad (anglais) : Michèle Valencia


Vienne en Autriche, début XXème siècle Max Lieberman psychiatre et pianiste amateur apporte son aide à son ami Oskar Reinhardt inspecteur et chanteur lyrique lui aussi amateur. Or Oskar est sur une étrange affaire. Une médium a été assassinée chez elle, avec une arme à feu, dans une pièce close. L’arme du crime a disparu et la balle dans le corps n’a pas été retrouvée.

Voici donc le premier tome d’une toute nouvelle série qui s’annonce intéressante. On fait connaissance avec Max qui est un partisan de cette toute nouvelle science : la psychanalyse et a de fréquents entretiens avec Freud et de son ami Oskar qui ne comprend pas l’engouement de son ami pour l’art moderne mais est bien content d’avoir un peu d’aide de temps en temps pour des expertises entre autres. Et les voilà donc lancés dans une enquête très tordue, avec un joli lot de suspects et un crime dont ils se demandent comment il a pu être commis tant les circonstances de la mort semblent appartenir au surnaturel. Une bonne intrigue, de bons personnages le tout sur fond des débuts de la psychanalyse dans un siècle tout jeune, voilà de bonnes raisons pour découvrir la série. D’autant que l’auteur semble avoir laissé quelques idées scénaristiques pour la suite concernant son héros qui ne demandent qu’à être développées telles que ses fiançailles avec une jeune fille de bonne famille, très jolie et charmante et son incertitude à avoir fait le bon choix marital car dans le cadre de son travail il a fait connaissance avecune autre jeune femme. Alors qui va t-il choisir la fiancée immature et plutôt creuse ou l’énigmatique anglaise à l’intellect très développé mais à la personnalité trouble voire un rien inquiétante et peu conventionnelle ?

DU SANG SUR VIENNE de Franck TALLIS
Ed 10/18 444p
Trad (anglais) : Michèle Valencia



1902, Vienne, une vague de meurtres particulièrement sanglants avec mutilations et symboles ésotériques s’abat sur la capitale et Oskar Reinhardt est sur l’affaire avec son ami Max Lieberman. L’enquête va les mener au cœur des sociétés secrètes.

Dans ce deuxième volet, on retrouve notre sympathique duo d’enquêteurs à la poursuite d’un tueur en série dont le mobile et le comportement semblent totalement incohérents bien qu’il y ait une réelle logique (macabre certes) dans ses agissements. Comme toujours, il est question des théories freudiennes et des débuts de la psychanalyse mais il y a également l’aspect scientifique qui entre en jeu, puisque Amelia Lydgate, personnage important du premier tome apporte son concours d’étudiante en médecine (elle s’intéresse aux maladies du sang) en effectuant des analyses pour Max et Oskar. Elle est en quelque sorte intégrée à l’enquête pour tout ce qui concerne l’analyse des preuves et indices laissés par l’assassin. L’auteur a la particularité de décrire les agissements et pensées de chaque suspect possible et de rendre leurs actes ou paroles si ambigus que le lecteur est toujours persuadé de la probable culpabilité du personnage et donc finit par soupçonné tout le monde. Il montre que l’antisémitisme de l’époque déjà présent dans le premier volet semble monter d’un cran puisque se profilent à travers certaines sociétés secrètes, les prémices de l’idéologie nazie ou du moins son fondement mythologique. Et bien entendu, concernant la vie privée de notre héros psychiatre, ce qui était suggéré dans le premier tome se concrétise dans celui-ci : ses sentiments amoureux vis à vis de sa fiancée semblent bien émoussés.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://alivreouvert.over-blog.net
Invité
Invité



MessageSujet: La justice de l'inconscient   Lun 24 Mar 2008 - 15:57

La justice de l'inconscient

Nous sommes à Vienne, au début du vingtième siècle.
Le mysticisme est à l'honneur suite à l'influence de Madame Blavatsky, fondatrice de la théosophie. Les séances de spiritisme ne sont pas rares et la crainte mais également le désir de dominer certaines forces occultes offrent l'opportunité à certaines comédiennes plus ou moins douées d'abuser des membres crédules de l'assemblée.

La très belle Fräulen Löwenstein fait partie de ces spirites très en vogue à cette époque.
Découverte morte, allongée sur la méridienne dans une pièce enfermée de l'intérieur, le cœur transpercée de manière bien étrange dans la mesure où aucune balle ne sera retrouvée lors de l'autopsie. Fräulen Löwenstein aurait-elle fait appel à quelques forces obscures malfaisantes ou s'agit-il tout simplement d'un meurtre en bonne et due forme ?

L'inspecteur Oskar Rheinhard est chargé de l'enquête. Un peu dépassé par le mystère qui entoure ce meurtre, il n'hésite pas à demander l'aide de son ami Max Lieberman, jeune psychiatre juif et pianiste à ses heures. Max Lieberman est un fervent disciple de Freud, professeur très controversé à cette époque. Séduit par les concepts psychanalytiques, il n'hésite pas à recourir à l'interprétation des rêves et des troubles du langage afin de pénétrer le fonctionnement de l'inconscient des personnes suspectées.

Parallèlement à cette enquête, Max Lieberman reçoit une jeune patiente anglaise, Amelia Lygdate, souffrant de toux et de paralysie de la main droite. Cette militante des droits de la femme veut profiter du fait que l'université de Vienne ait enfin accepté d'ouvrir ses portes aux étudiantes en médecin pour y suivre des cours. Pour se rapprocher des lieux, elle n'hésite pas à devenir gouvernante chez un couple viennois mais il semblerait que le prix à payer ne soit pas des moindres lorsque le propriétaire des lieux s'intéresse d'un peu trop près à sa personne. Max Lieberman refuse de se représenter les symptômes de sa patiente comme une faiblesse du système nerveux, et de ce fait, exclu toute séance d'électrothérapie très en vogue à l'époque pour soigner l'hystérie. Au risque de se faire renvoyer de l'université, Max Lieberman considère ces symptômes comme résultant d'expériences traumatiques qu'il s'efforcera de découvrir en recourant à l'hypnose et à la technique de l'association libre recommandée par Freud.

La justice de l'inconscient est un polar ancré dans son époque, à savoir la Vienne du début du vingtième siècle où l'on peut croiser Freud, Klimt, Schoenberg mais également l'influence de quelques médiums sans oublier la philosophie pangermaniste qui s'ancre de plus en plus dans toutes les couches de la société, sorte de mélange de mysticisme, racisme et d'idéalisme populaire. N'oublions pas que Freud, si controversé par ses pairs, doit subir une certaine forme d'ostracisme à cause de ses théories nouvelles jugées scandaleuses mais aussi du fait qu'il est juif et que la psychanalyse est dépréciée par certains en la qualifiant de "psychologie singulièrement juive".

Amateur d'histoire, de psychanalyse et de polar, La justice de l'inconscient ne pourra que vous ravir.

Merci à Chimère d'avoir ouvert ce fil qui m'a permis de découvrir cet auteur Wink
Revenir en haut Aller en bas
domreader
Zen littéraire
avatar

Messages : 3409
Inscription le : 19/06/2007
Localisation : Ile de France

MessageSujet: Re: Frank Tallis   Jeu 27 Mar 2008 - 13:24

Il me plaît ce Frank Tallis. Je note bien sûr le nom, en espérant que j'arriverai un jour à le lire....ma LAL est encore plus longue que ma PAL, alors.

_________________
'Si vous ne lisez que ce que tout le monde lit, vous ne pouvez penser que ce que tout le monde pense.' - Haruki Murakami.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Frank Tallis   Jeu 27 Mar 2008 - 13:32

Je suis séduite également et vais me laisser tenter par des deux suivants de la série miammiam
Non seulement on a envie de savoir comment vont évoluer les personnages (il y a des intrigues de coeur qui ne sont pas pour me déplaire) mais aussi de découvrir l'évolution des mentalités début du siècle ainsi que celle de la pensée de papa Freud. Vraiment, comment résister à tant de bonnes choses woohoo
Revenir en haut Aller en bas
Chatperlipopette
Zen littéraire
avatar

Messages : 7679
Inscription le : 24/02/2007
Age : 52
Localisation : Bretagne

MessageSujet: Re: Frank Tallis   Dim 20 Avr 2008 - 11:26

"La justice de l'inconscient"


Nous sommes à Vienne, au début du XXè siècle, les Habsbourg périclitent au pouvoir (la chute se devine), les cafés, où les débats les plus passionnés ont lieu, ne désemplissent pas et on peut y rencontrer Freud, Klimt, Schoenberg et de nombreuses autres célébrités.
La psychanalyse est à l'aube de son essor: Freud et ses théories rencontrent bien des murs et les tenants de la thérapie par électrochocs font tout pour discréditer ce dernier.
Max Liebermann, un jeune médecin, psychiatre, très attiré par les pratiques de Freud, pianiste amateur, est amené à assister son ami l'inspecteur Oskar Rheinhardt, chanteur lyrique amateur, dans une étrange enquête. Une jeune médium est retrouvée morte, assassinée, chez elle: pas de trace de balle dans le corps malgré la présence d'un impact et surtout la porte de sa chambre était verrouillée de l'intérieur! Qui a bien pu perpétrer ce crime? Des esprits maléfiques ou un illusionniste de génie? Ou est-ce un suicide? Une lettre est retrouvée sur le bureau, Max Liebermann y découvre un lapsus et une deuxième autopsie éclairera ce dernier. Les indices sont déroutants et laissent perplexes les enquêteurs: les clés marquées de stries, un coffret fermé de l'intérieur où repose une étrange statuette égyptienne, l'arme du crime, un pistolet, a disparu, des issues trop hautes pour une fuite. Les questions s'accumulent et l'enquête piétine rendant impatient le commissaire (ah les impatiences désagréables et réductrices des supérieurs!!!) mais Max est présent lorsque Oskar doute ce qui remet sur les bons rails l'enquête.
Parallèlement à l'enquête, Tallis brosse un portrait de ses personnages, récurrents: Max est un jeune médecin, célibataire, issu de la bonne société bourgeoise viennoise. Il est impressionné par Freud sans pour autant être entièrement d'accord sur ses méthodes, il est amoureux d'une agréable jeune fille à laquelle il se fiance mais est peu à peu gangréné par le doute lorsqu'il prend en charge le cas d'une jeune patiente anglaise, atteinte de paralysie et d'un début de dédoublement de la personnalité. Cette jeune femme est belle, intelligente, vive et curieuse et elle sera un élément déterminant dans la résolution de l'énigme. Oskar est un homme marié, père de famille, bien dans sa vie et prodigue ses conseils à son jeune ami. Parfois, il est agacé par les analyses de Max mais force est de reconnaître qu'elles sont souvent très pertinentes.
Ce qui m'a charmée, en dehors de l'intrigue bien menée et d'une belle traduction, c'est la matière des décors et des ambiances viennois: on s'y croirait dans ces ruelles sombres et sordides derrière de petits immeubles aux couleurs passées et décrépites, on respire la fumée des cigares dans les cafés, on lit avec gourmandises (même si le café ne fait pas partie de mes boissons préférées) les différents cafés proposés aux consommateurs, l'odeur chaleureuse de ce breuvage aux déclinaisons multiples est accompagnée par l'image bien alléchante des diverses pâtisseries et autres douceurs sucrées proposées en accompagnement. Vienne apparaît comme une capitale brillante, intellectuelle et artistique où les innovations technologiques et les nouvelles idées philosophiques, médicales et artistiques s'épanouissent et essaiment. Le lecteur suit avec délectation Max à l'exposition des oeuvres des peintres tels que Klimt et sa Frise Beethoven ou des sculpteurs tels que Klinger et son Beethoven. la musique de Brahms, Beethoven, Schubert ou Mozart accompagne les pages de l'enquête policière et apporte une respiration sereine après les horreurs criminelles.
Vienne est aussi l'endroit où sourd une vision politique anti-sémite et où on peut percevoir les prémices des atrocités qui seront perpétrées bien plus tard. Une certaine bourgeoisie viennoise faite de mesquineries et d'ambitions larvées, un monde masculin où le pouvoir sexuel serait analysé avec joie par la psychanalyse: l'oncle d'Amélia (la patiente de Max) fait partie de ces époux qui aiment déflorer les jeunes bonnes et réduire au silence leurs épouses quitte à ce qu'elles deviennent névrosées et à ce qu'elles aillent se jeter sous un train pour en finir avec le cercle infernal de la culpabilité et de la souffrance. La condition féminine est en route vers une amélioration mais comme elle sera longue et ardue!
"La justice de l'inconscient" est le premier volet des carnets de Max Liebermann, un premier épisode réjouissant et bien écrit dans lequel on déambule avec joie et où le coupable ne sera démasqué qu'à la fin, donnant le plaisir au lecteur d'être tenu en alerte et en haleine jusqu'au dénouement! Une lecture détente savoureuse comme un chocolat viennois aux personnages attachants dotés d'humour et de culture.
"Du sang sur Vienne", deuxième opus des carnets, m'attend sur les étagères de la bibliothèque....lecture prévue dans les semaines à venir!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://chatperlipopette.blogspot.com
Arabella
Sphinge incisive
avatar

Messages : 19320
Inscription le : 02/12/2007
Localisation : Paris

MessageSujet: Re: Frank Tallis   Dim 20 Avr 2008 - 18:30

J'ai lu les deux premiers volumes et je n'accoroche pas, pourtant il y avait tout pour me plaire, et quand je lis vos commentaires, j'ai la sensation d'être passée à côté de quelque chose. Tant pis intense reflexion

_________________
La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chatperlipopette
Zen littéraire
avatar

Messages : 7679
Inscription le : 24/02/2007
Age : 52
Localisation : Bretagne

MessageSujet: Re: Frank Tallis   Dim 20 Avr 2008 - 19:49

On ne peut pas accrocher à tout Wink Ce n'est pas la fin du monde et heureusement!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://chatperlipopette.blogspot.com
Chatperlipopette
Zen littéraire
avatar

Messages : 7679
Inscription le : 24/02/2007
Age : 52
Localisation : Bretagne

MessageSujet: Re: Frank Tallis   Dim 28 Déc 2008 - 13:43

Du sang sur Vienne


Avant de me lancer dans la lecture de cette enquête viennoise, j'avais opté pour commencer par le commencement, c'est à dire lire le premier opus des aventures policières de Max, jeune médecin psychiatre à l'écoute des théories de Freud.
Vienne, hiver 1902 aux senteurs sibériennes, une série de meurtres plus épouvantables les uns que les autres inquiète et fait frémir la police qui tente de ne pas défrayer la chronique. Max Liebermann et son ami l'inspecteur Oskar Rheinhardt vont se retrouver confronter à d'atroces spectacles macabres où les mutilations sur les corps sont la danse macabre de symboles ésotériques. Quel démon délirant de violence assène ces coups horribles? A quels mystères renvoient ces étranges marques? A quoi rime l'ordre des crimes et l'origine des victimes? Pourquoi tant de haine vis à vis des prostituées et des marginaux? Autant de questions inquiétantes qui resteront longtemps sans réponse.
Frank Tallis, dans ce second volet des carnet de Max Liebermann, permet au lecteur de connaître un peu plus et mieux nos deux héros, Max et Oskar. J'avais laissé le premier en proie au doute quant à ses sentiments envers sa promise, à son sentiment de culpabilité devant l'éclosion d'une tendresse teintée d'admiration pour la jeune anglaise Amélia Lydgate, et je le retrouve encore moins convaincu de son amour pour sa fiancée, Clara Weiss. D'autant que les hasards de l'enquête lui font croiser la route d'Amélia, devenue une des rares jeunes filles étudiantes à la faculté de médecine: elle les aide, grâce à ses connaissances sur le système sanguin et à l'élaboration d'un antisérum sur un lapin (engagé pour l'occasion en tant qu'auxiliaire de police!), à déterminer l'origine de certaines traces de sang sur un des lieux des crimes, prouvant que les avancées technologiques et scientifiques ne peuvent que seconder efficacement la police. Quant à notre cher inspecteur Rheinhardt, on apprend qu'en plus d'être un chanteur de lieder émérite, il est doté d'une grande sensibilité: comme il est tracassé, horrifié et donc fortement inquiet par l'enquête démente qu'il mène, sa gorge se noue et certaines notes deviennent de pauvres canards inaudibles. Au fil des séances de chant, Max aide son ami à mettre des mots sur ses peurs....les effets bénéfiques de la psychanalyse ne tardent pas à se faire sentir!
Comme dans "La justice de l'inconscient", Tallis mêle au récit la musique....l'action se déroule à Vienne, ville musicienne s'il en est: Mozart et sa musique sont opposés aux oeuvres lyriques et mystiques du compositeur allemand Richard Wagner. C'est l'occasion de pointer l'agitation perpétrée par certaines sociétés secrètes à cette époque. Tandis que les Francs-Maçons sont étroitement surveillés par les forces de police, un groupe se tient en retrait, tapi dans l'ombre, groupe accueillant écrivains reconnus, écrivaillons frustrés aux productions dénuées de tout intérêt ou innovation artsitiques, artistes gourmands des symboliques de la culture pan germanique et de l'exaltation du sentiment national. Mozart n'est que le musicien prisé par les intellectuels décadents juifs qu'il faut abattre afin de recouvrer la pureté de la culture allemande! Quoi de plus diabolique que de calquer un itinéraire sanglant et fou en caricaturant le sublime opéra de Mozart "La flûte enchantée"?! C'est ainsi que le livret magique de cet extrordinaire opéra (j'avoue c'est mon préféré aussi suis-je incapable d'objectivité à son sujet!) sera un des fils conducteurs de l'enquête époustouflante de nos deux héros aux prises avec l'antisémitisme, l'homophobie et l'intolérance vis à vis de tout ce qui est étranger, sentiments encore latents qui ne demandent qu'à sortir au grand jour.
Peu à peu, la personnalité tortueuse de l'auteur des crimes épouvantables est éclairée par les déductions psychologiques de Max Liebermann: pour en arriver à un tel degré de haine et de violence, le tueur en série ne peut qu'être la résultante de frustrations répétées et d'impuissance à s'en libérer (cela ne vous rappelle-t-il pas un personnage historique malfaisant?). Le tout agrémenté de nouvelles théories évolutionnistes venues d'Angleterre - pays tellement proche par la culture de l'Empire germanique et cependant si éloigné de lui par ses orientations socio-politiques, théories mise à mal par l'ouverture au monde intime permise par les travaux de Freud et de ses disciples - sans oublier les inévitables conversations dans les cafés viennois où l'odeur chaleureuse du café accompagné des pâtisseries les plus appétissantes remettent d'aplomb nos enquêteurs.
Un roman policier historique qui tient largement la route, qui tient en haleine tant par les éléments de civilisation, de culture, que par les bribes de réponse avancés au fil du récit. Les derniers chapitres sont riches en rebondissements et en actions et actes de bravoure les plus échevelés ce qui est des plus délectables! Comme Vienne apparaît d'un coup tout sauf somnolente et bienséante....un charme de plus à ne pas négliger.
Au fait....Max Liebermann réussira-t-il à choisir entre le doux et conventionnel romantisme de Clara et la liberté impétueuse d'Amélia? Verra-t-il clair en lui-même? Réponse, ou élément de réponse dans le troisième opus des Carnets de Max?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://chatperlipopette.blogspot.com
kathel
Main aguerrie


Messages : 349
Inscription le : 16/01/2008

MessageSujet: Re: Frank Tallis   Dim 25 Jan 2009 - 21:51

Je viens de commencer aussi par La justice de l'inconscient et je partage l'engouement de Chatperlipopette et Sentinelle ! Je lirai les autres volumes, sûrement, car j'ai trouvé les personnages attachants et l'enquête intéressante, sans oublier la description de la société viennoise du début du XXe siècle...
Un très bon moment de lecture ! content
Sans oublier que l'auteur nous laisse nous poser des questions sur la vie privée future de Max Liebermann...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
lyana79
Envolée postale
avatar

Messages : 208
Inscription le : 04/04/2008
Age : 38
Localisation : Suisse

MessageSujet: Re: Frank Tallis   Dim 5 Juil 2009 - 14:03

J'ai terminé "la justice de l'inconscient":

Un thriller écrit par un docteur en psychologie, cela m'a tentée...
Le style est simple mais riche et sans fioritures.Le cadre historique de l'intrigue est particulier et instructif avec notamment des éléments sur les débuts de la psychanalyse et sa perception par les autres écoles de la psychiatrie.
Je pourrais même dire que cet aspect du livre est beaucoup plus intéressant que l'intrigue qui a réussi à capter mon attention au début mais dont le déroulement et le dénouement ne m'ont pas du tout enthousiasmée.

Sans oublier l'éternel bras de fer entre le paranormal et le concret.La "voyante" a-t-elle été assassinée par des êtres invisibles?

Miss Lydigate a résolu le mystère de la clé...un clin d'oeil à la stigmatisation dont sont victimes les patients souffrant de troubles psychiques quels qu'ils soient.
Elle a peut-être un trouble de la personnalité (peut-être même pas) mais elle a des ressources et est d'une grande intelligence, l'un n'excluant d'ailleurs absolument pas l'autre.
Pour finir, cette lecture n'est pas un coup de coeur pour moi mais elle vaut largement le détour surtout quand on ne s'est pas encore trop gavé de thrillers.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.partagelecture.forums-actifs.com
domreader
Zen littéraire
avatar

Messages : 3409
Inscription le : 19/06/2007
Localisation : Ile de France

MessageSujet: Re: Frank Tallis   Jeu 5 Jan 2012 - 20:02

La Justice de l'Inconscient
Mortal Mischief


Un très sympathique roman policier dans la Vienne du temps du Professeur Freud. L'enquête piétine parfois un peu longuement. Mais cela reste néanmoins un bien agréable moment de lecture, je continuerai sans doute la série.

_________________
'Si vous ne lisez que ce que tout le monde lit, vous ne pouvez penser que ce que tout le monde pense.' - Haruki Murakami.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Madame B.
Zen littéraire
avatar

Messages : 5352
Inscription le : 17/07/2008
Age : 44

MessageSujet: Re: Frank Tallis   Jeu 5 Jan 2012 - 21:11

Domreader a écrit:
Citation :

L'enquête piétine parfois un peu longuement. Mais cela reste néanmoins un bien agréable moment de lecture, je continuerai sans doute la série.

Je suis tout à fait d'accord avec toi, Dom. J'ai lu toute la série, sans me lasser, pas pour les enquêtes mais pour l'ambiance.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://labougeotte-impressionsdevoyages.blogspot.com/
Steven
Zen littéraire
avatar

Messages : 4499
Inscription le : 26/09/2007
Age : 45
Localisation : Saint-Sever (Landes)

MessageSujet: Re: Frank Tallis   Jeu 5 Jan 2012 - 21:38

Merci d'avoir fait remonter ce fil, je l'ai parcouru et Mr Tallis me tente bien... À suivre.

_________________
La seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Frank Tallis   

Revenir en haut Aller en bas
 
Frank Tallis
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Frank Zappa
» Anne Frank
» ANNE FRANK : UNE ENFANT DANS LA TOURMENTE
» 1957/58/59 - M922-M909
» MMS 43 MMS 75 MMS 77 MMS79

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Parfum de livres… parfum d’ailleurs :: Le cœur du forum : Commentons nos lectures en toute liberté… :: Littérature de culture anglaise et (ou) gaëlique (par auteur ou fils spécifiques)-
Sauter vers: