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 Pierre Schoendoerffer

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MessageSujet: Pierre Schoendoerffer   Sam 24 Nov 2007 - 19:33



Pierre Schoendoerffer

Citation :
Né le 05 mai 1928, Pierre Schoendoerffer s'engage sur un cargo suédois de marine marchande alors qu'il n'a que dix-neuf ans. Il devient chef opérateur au Service cinématographique des armées en Indochine, où il passe trois années à filmer les combats. Grand reporter pour Paris-Match, il est de tous les conflits : révolution marocaine de 1955, Laos, guerre d'Algérie.

surtout connu pour sa carrière Cinéma :

En 1956, Pierre Schoendoerffer coréalise son premier film avec Jacques Dupont, La Passe du diable, d'après un scénario de Joseph Kessel. Ce premier film marque sa rencontre avec le producteur Georges de Beauregard et le directeur de la photographie Raoul Coutard avec lesquels il travaille à de nombreuses reprises. En 1958, le cinéaste adapte à l'écran deux romans de Pierre Loti, Ramuntcho et Pêcheurs d'Islande. En marge du cinéma, il poursuit son métier initial de correspondant de guerre. La guerre est l'élément clé de toute son oeuvre. La 317e Section (1964), dont l'action se déroule au nord du Laos, met en relief tout le credo du metteur en scène : l'amitié virile, la foi en la patrie et en Dieu. En 1966, il tourne Objectif 500 millions (dont le scénario est coécrit par Jorge Semprun) qui traite du traumatisme des vétérans de la guerre d'Algérie. L'année suivante, il se rend au Viêt Nam pour suivre pendant deux mois des soldats américains sur le terrain. Le film, La Section Anderson (1967), remporte l'oscar du meilleur documentaire. Avec Le Crabe-Tambour (1977), le cinéaste revient avec nostalgie sur ses années de mer en racontant les derniers jours d'un capitaine de vaisseau qui, malade, se sait condamné. Il évoque le souvenir de l'Empire colonial perdu avec L'Honneur du Capitaine (1982). En 1991, il tourne Diên Biên Phu au Viêt Nam, relation de la bataille du même nom durant laquelle il avait été fait prisonnier trente-sept ans auparavant.

source

plus quelques éléments piochés sur wikipedia :

- Commandeur de la Légion d'honneur
- Officier de l'Ordre National du Mérite
- Officier des Arts et Lettres
- Prix Vauban 1984 pour l'ensemble de son œuvre littéraire et cinématographique
- Élu membre de l’Académie des Beaux-Arts le 23 mars 1988 au fauteuil de Guillauma Gillet, suite à la création de la section "cinéma et audiovisuel".

Bibliographie :


- 1963 : La 317e Section
- 1969 : L'Adieu au Roi (Prix Interallié,1969)
- 1976 : Le Crabe-tambour (Grand prix du roman de l'Académie française, 1976)
- 1981 : Là-haut
- 2003 : L'Aile du papillon


Je voulais le lire parce que j'ai apprécié ses films : Le Crabe Tambour, 317e Section ou plus récemment Là-haut... tombé dans les rayons sur :


L'Aile du papillon

La présentation de l'éditeur a écrit:
Le battement de l'aile d'un papillon au pays du Matin calme provoquant un ouragan à l'autre bout du monde ; un spermatozoïde dans les entrailles d'une femme créant un cataclysme historique, ou la rupture d'une manille à cinquante balles provoquant des catastrophes en chaîne : au cœur de ce roman, le jeu du hasard et de la nécessité, ou les facéties du destin. Le destin de trois hommes naufragés. - Roscanvel, jeune ingénieur brillant et marin d'exception, rescapé du naufrage d'une course en solitaire en étant hissé à bord d'un cargo poubelle où il voit pourrir sur des galetas tout le lumpenprolétariat du monde, s'emparant des commandes du raffiot au beau milieu d'un typhon et se retrouvant condamné pour mutinerie et pour meurtre... - Le narrateur, nègre aquatique, auquel son filleul Rocanvel raconte son histoire pour qu'il la consigne dans un livre. Ancien légionnaire qui a connu les guerres coloniales, les destins d'exception, les morales d'airain, et qui tangue aujourd'hui de bouteille en bouteille, retiré dans un petit port breton rythmé par les tempêtes qui menacent les chalutiers, le suicide par pendaison du coiffeur pour dames et la chronique locale des trois bistrots de la criée : La Misaine, Chez Jenny, Au Cap Horn. - Joakim Proffiefke, capitaine de l'Eleveen, le cargo poubelle, qui porte le nom d'un père disparu dans les glaces du Front de l'Est en 43 alors qu'il a été conçu par l'un des violeurs anonymes de sa mère, femme à soldats de l'Armée rouge. Fascinant Proffiefke, personnage monstrueux digne de l'Enfer de Dante, animal vautré dans sa souille et racheté par sa fin. Oscillant entre lyrisme noir et ironie désabusée, cette histoire simple a des résonances métaphysiques (miséricorde, pardon, charité) et des accents sublimes (omniprésence d'une poésie de la mer sous le signe tutélaire du Moby Dick de Melville). Elle est aussi une réflexion sur l'écriture : l'existence d'un homme appartient-elle à celui qui l'a vécue ou à celui qui l'écrit ? Existe-t-elle tant qu'elle n'a pas été consignée ? Mais ne cesse-t-elle pas d'être véridique dès lors qu'elle l'est ?

cette présentation en dit peut être un peu trop mais à le mérite d'être assez complète...

alors ?

Lecture compliquée, pas parce que difficile à lire plutôt ambigüe... mélange d'absence de fausse pudeur, de fierté (vanité ?) et de lucidité, sur soi pour le narrateur, vieillissant et porté sur la bouteille... un beau sens de l'observation des réactions humaines. Ce qui déroute et fait se questionner c'est l'absence de détour dans le vocabulaire et les réactions pour parler de la confrontation avec un monde autre : les brutes alcoolos ou les matelots perdus du cargos ou encore le souvenirs de soldats africains... jeune lecteur des temps modernes on se pose la question de savoir si ce n'est pas un peu méprisant... mais l'auteur n'est pas bête, l'opposition avec son filleul Roscanvel permet d'éclaircir ce genre de questions (mais il faut être patient...). On peut aussi se poser des questions sur l'omniprésence de la religion mais... là aussi, on l'accepte, le personnage est entier et ne se cache pas... ça nous amène à la grande qualité du livre la charité (m'excuserez mon doute sur la signification juste des mots que j'emploie). Exprimée pour les différents personnages et qui est peut être le vrai suspens du livre. Un amour de la mer, de la Bretagne aussi, des gens ...

une lecture avec du caractère, c'est moins tranché que ce à quoi je m'attendais (c'était bien flou cette attente...). Je me suis senti face à quelque chose, sans descendre trop loin dans le malaise... un récit prenant d'une part et une confrontation intéressante...

un extrait bientôt...

c'est confus tout ça, mais ça s'avère légèrement confusant pour moi cette lecture

jemetate

je vais chercher à en lire d'autres...

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MessageSujet: Re: Pierre Schoendoerffer   Sam 24 Nov 2007 - 19:36

petit plus : série de questions/réponses avec l'express

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MessageSujet: Re: Pierre Schoendoerffer   Sam 24 Nov 2007 - 19:38

Il y a longtemps j'ai lu des extraits (seulement Embarassed ) du "crabe-tambour"!
Par contre je connais plus P.Schoendoerffer cinéaste.
merci animal pour cette approche tentante (malgré la "confusante lecture"...j'adore tes terminologies littéraires cher animal Very Happy ) de cet écrivain cat
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MessageSujet: Re: Pierre Schoendoerffer   Sam 24 Nov 2007 - 19:47

Je ne connais que le film Le crabe tambour dont j'avais apprécié le ton assez particulier. Ton commentaire m'incite à m'intéresser aussi à ses écrits content .

Ce n'est pas dans Le crabe tambour d'ailleurs qu'un des personnages raconte l'anecdote suivante? Pendant des années un curé breton et ses ouailles auraient suivi en pélerinage, chaque semaine, d'est en ouest et vice-versa une mystérieuse traînée blanche dans le ciel, sans savoir que c'était la trace du Concorde Paris-New York.

Ca sonne assez anglais, "confusant"... Wink .
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MessageSujet: Re: Pierre Schoendoerffer   Sam 24 Nov 2007 - 23:33

extrait :

Citation :
"Vous avez l'air mal foutu. Votre passage du Horn a réveillé votre paludisme, vous n'êtes pas sérieux, commandant", ajoute encore Jenny, sentencieuse.
Soudain tout s'assombrit, le reflet miroitant des bouteilles et de verres alignés sur l'étagère devant la glace s'éteint, l'obscurité enveloppe toutes choses tandis qu'au-dehors retentit la colère inarticulée du vent et de la pluie qui repartent à l'assaut de notre humble purgatoire. Jenny allume quelques lampes, qui repoussent les démons ; au diable les économies de bouts de chandelle ! Des particules de poussière s'agitent dans la lumière. Corps premiers grouillants dans le vide, danse d'atomes, protons, neutrinos, physique quantique, relation d'incertitude, nombres imaginaires,etc., etc., la source de notre univers ? "Etrangeté de notre condition dans l'univers et étrangeté de l'univers !" me rappelle Pascal... L'inexplicable et court passage de l'homme sur la terre, aussi éphémère que la vie d'un papillon... "Je n'ai aucun besoin d'un Dieu que je comprends !" (Ce pourrait être Pascal aussi, mais je crois que c'est Einstein ?) Mes pensées s'entrechoquent, une bouillie informe tourne dans ma tête que je ne peux ressaisir, comme certains rêves si intenses se dissolvent au réveil, comme fuit une poignée de sable entre les doigts qui tentent de la retenir... Je dois avoir l'air singulièrement stupide.

il en faudra un autre...

en (re)tournant les pages de ce livre je me rends mieux compte de sa richesse, de l'importance du dialogue entre le "commandant" et son filleul Roscanvel forts tous les deux, se livrant l'un à l'autre, chacun à leur manière... en fait c'est surtout Roscanvel qui est amené à se livrer, à raconter son histoire, ses paroles prenant le dessus sur les mots du commandant. c'est une histoire d'hommes se racontant à leur limite en quelque sorte... limite "de façon".

pour préciser la confusion confusante évoquée tout à l'heure, je dirai que le livre nous amène à nous regarder là... où ça devient flou... là où... la frontière avec l'autre, pas quelqu'un d'autre mais autre... en opposition... avec la peur aussi... là où c'est moins contrôlé.

je ne me souviens pas exactement mais c'est possible pour cette anecdote dans le crabe-tambour.

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MessageSujet: Re: Pierre Schoendoerffer   Dim 25 Nov 2007 - 12:51

autre extrait de L'Aile du papillon :

Citation :
"Tu as fait six cents kilomètres pour me dire ça. Une nuit de tempête ! Pas de philosophie, des faits ! La philosophie c'est mon affaire, s'il y a lieu.
- Tu ne me laisses pas parler... "
Sa voix n'est plus du tout placide comme à l'habitude, et son regard si parlant lance un éclat dur, un rayon laser.
"Des faits ! Tu veux des faits, reprend-il hargneux, après un très court silence, je vais t'en donner des faits : j'en avais rien à foutre de cette bande de... d'Africains dans leur poubelle flottante. Ah non ! Plus de trois heures que j'étais à bord ! Pas vu un seul officier ! A poil dans une couverture sale ! Bouffant de la m..., de la saloperie avec des illettrés ! Voilà les faits !... "
Il se reprend un peu, mais reste tendu.
"J'avais perdu mon bateau, perdu la course, j'étais battu, je voulais parler avec le reste du monde, parler de choses qui m'intéressaient ; alerter un hélicoptère pour qu'on m'extirpe de là - Qui était en tête de course ? Monsieur Propre - Parler une langue convenable, articulée, nuancée. Une langue avec son mode indicatif, subjonctif, et même son mode impératif, avec un présent, un passé simple, un plus-que-parfait ; parler français, ou anglais à la rigueur, que diable ! Latin même, si tu veux, une langue civilisée ! Et je perdais mon temps face à un ramassis de primates qui me donnaient l'impression de bandar-logs jacassants, peu supérieurs, somme toute, à leur inepte perroquet vert. Sale bête !... "
Sentencieux, mon bon jeune homme, mon petit Mowgli.
"... Voilà les faits, conclut-il d'une voix plus modeste, placide à nouveau.
- Très intéressant, répliqué-je méchamment. Tu veux me dire que tu n'avais guère de sympathie pour tous ces nègres - excuse-moi - pour tous ces hommes de couleur qui t'avaient sauvé la vie...
- J'essaie de te dire dans quel état d'esprit j'étais alors, me coupe-t-il brutalement. Et ne me traite pas d'ingrat.
- Je n'ai rien dit de tel. Je ne suis là que pour te raconter, mon petit, je suis ton nègre...
- Ben voyons !... (Il ricane.) En me faisant ramasser par ce rafiot puant, je suis passé de l'autre côté du miroir. Oui, c'est exactement ça ! J'ai franchi le formidable Archéron, ou le Styx, enfin le grand fleuve de la comédie, de la Divine Comédie, et mon passeur, mon rocher à moi, mon infernal Charon c'était cette peau de hareng de Profieffke Joakim !... Oui, j'étais sur l'autre rive, dans cette région crépusculaire, dans cette gueule du dragon où stagnent les âmes tièdes... "
A nouveau, voyant sa phrase partir à la dérive, il s'interrompt brusquement et cherche sa référence.
" "Parce que tu n'es ni froid ni chaud, je te vomirai de ma bouche", nous prédit l'apôtre Jean", dis-je...
Roscanvel, agacé, consulte une de ses notes.
" "Le monde n'a gardé aucun souvenir de leur existence ; la miséricorde et la justice les dédaignent. Ne parlons plus d'eux ; mais regarde et passe..." Rien de plus juste : je ne voulais que passer... et je n'avais même pas envie de regarder..."
Un silence.
Pas de charité, aurait dit de moi le pitoyable Le Gouac'h de Guiscriff, le faux Profieffke du Horn (à ce qu'il m'a semblé entendre). Vous ne savez pas ce que c'est que l'amour, m'a assené la redoutable Jenny. Ah oui ! ah oui ! et quoi encore ?... Moi je dis de Roscanvel : pas de compassion ! Ces petits génies technocrates n'ont pas de compassion !... Non, peut-être exagéré-je ; Roscanvel n'est qu'un maladaroit, comme ses nègres, il ne sait s'exprimer et veut étirer ses ailes ; faible chrysalide devenant papillon.

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MessageSujet: Re: Pierre Schoendoerffer   Jeu 31 Jan 2008 - 7:22

trouvé grâce à Marie cette page qui parle de L'aile du papillon et de Là-haut (film) :

page !

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MessageSujet: Re: Pierre Schoendoerffer   Dim 24 Fév 2008 - 22:38

Nezumi a écrit:

Ce n'est pas dans Le crabe tambour d'ailleurs qu'un des personnages raconte l'anecdote suivante? Pendant des années un curé breton et ses ouailles auraient suivi en pélerinage, chaque semaine, d'est en ouest et vice-versa une mystérieuse traînée blanche dans le ciel, sans savoir que c'était la trace du Concorde Paris-New York.
c'est bien dans le crabe-tambour (revu avant hier ce film... envoutant.)

je crois qu'il va me falloir un peu de patience avant de pouvoir lire d'autres livres de cet auteur...

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MessageSujet: Re: Pierre Schoendoerffer   Sam 7 Juin 2008 - 18:45

L'Adieu au roi

quatrième de couverture de mon édition a écrit:
De ce livre inoubliable, à la grandeur toute d'épopée et d'horreur, le sujet est simple : dans une partie de l'île de Bornéo occupée par les Japonais, deux Blancs, un Anglais et un Australien, sont parachutés avec mission d'organiser la résistance locale, celle des indigènes muruts.
Ils rencontrent un Blanc : Learoyd, Irlandais déserteur, d'immenses yeux gris, intraitables... Les Muruts en ont fait leur roi. Learoyd a accepté de mettre son peuple au service des deux hommes et L'Adieu au roi, dès lors, est l'histoire de l'extermination des Japonais de Bornéo. L'histoire d'une agonie collective.
Dans la grande île de Bornéo qu'entourent la mer de Chine et la mer japonaise, voici la forêt, avec les montagnes, toujours les montagnes, où vivent les Muruts, si bien protégés du reste de l'île et du monde que l'on caresse avec lui le rêve fou de Learoyd : sauver de la contamination blanche, sauver en quelque sorte du temps, ce peuple néolithique, qui vit, heureux, avec son organisation à lui, ses mythes... Oui le rêve d'un fou.
La pluie ne cesse de tomber, l'humidité de s'épandre et persister, et Schoendoerffer, avec ses moyens qui sont ceux de l'écrivain à la veine épique et cosmique, est sans rival pour décrire la vie hallucinante de la jungle, les arbres géants et étouffants, les mousses fétides et spongieuses, les araignées géantes et venimeuses, les sangsues avides, toute une glauque vie de forêts sous-marines.
Un grand roman. Comme on en lit un toutes les décennies.

Pas tant attendu que ça finalement avant de lire à nouveau cet auteur. Lecture avec sensation un peu flou de je vais lire ce fameux L'Adieu au roi, fameux tout court et adapté au ciné par John Milius, bien que je n'ai pas vu ce film.

Dès le début on sent que ça va être une aventure, une histoire à part et assez directe, un voyage exotique et intérieur. Sur ces deux chemins il fera bien sombre... Je ne sais pas si je peux dire avoir aimé l'écriture. Parfois comme trop légère ou avec des figures artificielles. Pourtant, quantité de phrases au plus juste, atmosphère prenante... efficace et impressionnante, on peut se rendre compte qu'il est facile d'être mal à l'aise. J'ai préféré l'écriture de L'aile du papillon.

Mais celui là non plus, cet Adieu au roi, je m'imagine mal l'oublier de si tôt. A travers ses personnages : Learoyd mais surtout notre héros/narrateur qui doute, nous sommes amenés à regarder en face et directement une part de notre condition d'hommes. Part qui ne contient pas que des beaux morceaux. C'est là je crois la force de ce livre (de ses livres, et films sans doute). C'est très physique, les joies et les peines et la folie, l'euphorie sont physiques. L'horreur est vécue et commise. C'est un auteur qui, comment dire, n'esquive pas les problèmes et leurs conséquences. Il en parle tout de suite. Avec aussi un peu de grandeur, pas fantoche, et beaucoup d'humanité. Il n'y aura pas de bons sauvages ou de bons blancs chez lui, juste des hommes. On se doute qu'il s'est inspiré de ce qu'il a vécu, voir qu'il a extériorisé une partie de ce qu'il a vécu.

Il n'y a pas grand chose de trancher, même moralement, c'est un bien, bien que ça provoque un certain malaise.

Citation :
La vie est un accomplissement solitaire. Par générations successives, les hommes, courbés vers le sol pour arracher leur pain quotidien, suivent leur chemin sous le ciel indifférent. Ils se cognent entre eux, ils rient et ils pleurent, ils parlent beaucoup mais ils se comprennent mal. Ils demeurent toujours des énigmes les uns pour les autres. Un jour, le père quitte le fils, l'ami quitte l'ami. Adieu! Les joies, celles des fous et celles des sages, les désespoirs, ceux des rois et ceux des esclaves, les terreurs, toutes les terreurs, entrent en nous comme dans un moulin, vont, viennent, et s'évanouissent; nous n'en sommes pas maîtres, nous ne pouvons que nous en accommoder. "Et voici, tout est vanité et poursuite du vent."
Je suis las, j'ai passé ma journée à poursuivre l'ombre de l'homme rouge aux yeux gris qui fut roi et qui chassa Dieu.

Il y a une pulsion profonde de vie, bestiale, sourde, de révolte dans ces pages.

En fait c'est bel et bien un "bouquin de dingue" comme on dit. Et un début d'entrevue d'une piste de réponse pour la question "comment c'est possible ? c'est trop crade, c'est pas humain".

Pas près de l'oublier ce livre.

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MessageSujet: Re: Pierre Schoendoerffer   Sam 7 Juin 2008 - 18:47

reprise des extraits au fil des lectures, (j'ai peut être moins peur de ses films maintenant) :

Citation :
De vastes nuages sombres, bousculés par le vent tiède de la mousson de nord-est, courent sur la mer de Chine. La houle soulève des vagues lourdes et plombées, qui s'écrasent sur la côte. Lac baleinière de sauvetage grince en talonnant la plage et finalement chavire en éparpillant avirons et naufragés dans l'écume du ressac.

C'était le 13 février 1942, quelques jours avant la chute de Singapour.
Les naufragés, des marins et des soldats, échappés de la ville agonisante sous les bombes japonaises, leur petit vapeur torpillé et coulé dans la nuit, regardaient maintenant, dans la lumière froide et cruelle de l'aube, le sable gris sur lequel la fortune les avait abandonnés. Loin à l'est, les paillotes d'un village de pêcheurs, ancrées dans les dunes, pliaient sous les rafales de pluie. A l'ouest, tout proche, un arbre mort, sentinelle avancée de l'immense forêt, se dressait contre une falaise de jungle noire qui, partant de la ligne blanche du ressac, se dissolvait dans le ciel bas.
Un lieutenant, ou bien était-ce un capitaine? personne ne sait plus ni son nom ni son grade, proposa de tenter la chance vers le village, d'y attendre la nuit, de persuader les pêcheurs de les embarquer tous vers le sud, vers la Nouvelle-Guinée et l'Australie, que les Japonais n'avaient pas encore atteints...
Les naufragés transis, serrés les uns contre les autres comme un troupeau mouillé, discutèrent un moment. Grognements, jurons, velléités...
Mais tout ça n'a plus aucune importance. Lentement, l'un après l'autre, par épuisement, par lassitude, ils se levèrent, lourds, pour marcher vers le village.
Seul un homme resta immobile. C'était un jeune gaillard roux aux yeux gris, il portait l'uniforme de l'armée et sa veste de combat, déchirée, laissait voir un étrange dessin tatoué sur sa poitrine : un aigle aux ailes déployées terrassant un dragon.
Il nettoyait la culasse de son fusil, bloquée par le sable et le sel. Il ne leva les yeux que lorsque l'officier, après un haussement d'épaules, se fut éloigné à son tour, pour rejoindre le groupe en route vers le village sous la pluie. Alors, tournant le dos, l'homme au regard gris se mit en marche vers l'arbre mort et la forêt, en longeant le ressac pour que la mer efface la trace de ses pas.
Tous les naufragés qui suivirent l'officier, tous, sauf un, furent tués ou moururent d'épuisement dans les prisons japonaises. Le seul survivant, un marin, réussit une nuit à voler un prahau de pêche et mis quatre mois à gagner l'Australie. Il fut, sans doute, le dernier homme blanc à quitter Bornéo.
Il se souvient que l'homme aux yeux gris eut une discussion avec l'officier. Il croit même se souvenir que l'homme parla de liberté; il aurait dit quelque chose comme :
- Maintenant nous sommes libres, sir, libres de trouver notre propre chemin...
Ou peut-être avait-il simplement dit :
- Maintenant je suis libre.
Ceci non plus n'a pas beaucoup d'importance, parce que la grande île de Bornéo va s'enfoncer dans la nuit japonaise. Pendant quatre ans, elle sera invisible aux yeux de l'Occident, comme rayée de la carte du monde.
prologue


Citation :
Le soir nous campâmes dans une vaste clairière au-dessus de la rivière, jouissant de ce luxe des Muruts : un ciel libre. Les Commanches firent rôtir un porc sauvage et cuire du riz dans des bambous creux. La nuit était limpide, la pluie en fin d'après-midi avait lavé le ciel. Nous étions heureux. Après lerepas, nous nous étendîmes sur le dos près des braises rougeoyantes et nous contemplâmes les étoiles en mâchonnant des brins d'herbe. Le monde était silencieux. Nous bavardions de choses lointaines, tout ce qu'on peut dire à la lueur des étoiles quand on est heureux... de l'amitié! J'avais sorti mes jumelles pour observer de plus près Orion et Altaïr et je voyais poindre d'autres petites lueurs, invisibles à l'oeil nu. Et il y en avait d'autres encore, que même le plus grand télescope n'eût pas révélées... C'était une de ces nuits bénies où l'on oublie que l'homme est un étranger de passage sur cette terre, que la vie, l'amitié, la mort n'ont pas plus d'importance que la destinée de ces brins d'herbe, où nous mordions; que la nature n'est ni douce, ni cruelle, qu'elle n'est rien...
pp132-133

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MessageSujet: Re: Pierre Schoendoerffer   Lun 9 Juin 2008 - 9:20

animal a écrit:
L'Adieu au roiLecture avec sensation un peu flou de je vais lire ce fameux L'Adieu au roi, fameux tout court et adapté au ciné par John Milius, bien que je n'ai pas vu ce film.
Vu le film, quasiment aucun souvenir, du cinema popcorn calibré (l'un des 2 membres du commonwealth, celui qui sert de faire valoir, devient un noir américain) la division cannibale japonaise est bien propre sur elle, bref tous repose sur les épaules de Nick Nolte.
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MessageSujet: Re: Pierre Schoendoerffer   Jeu 1 Oct 2009 - 22:25

en train de lire Là-haut, pour ne pas trop en oublier après la lecture et parce que les impressions avec un auteur sont souvent continues, une lecture se mélangeant aux précédentes... et aussi parce que ce livre là en particulier est peut être une manière de revenir sur un ensemble... une poignée d'impressions "en cours".

Sur ce qui occupe les personnages et ces livres, ce n'est pas une part d'ombre mais une part d'ailleurs, d'éloignement, quelque chose qui tire un vers luis même tout en l'écartant au moins des autres, peut être de lui aussi (pas clair mais j'essaye !). Et il y a le regard qui va avec, quelque chose de calme et d'éprouvé, un bout de l'ambiance bretagne au coin du feu du film de Pêcheur d'Islande... presque une culture qui s'exporte.

Et la pudeur et une recherche d'honnêteté sur des sujets durs, compliqués. Ce qui rend des passages troubles pour des zozos comme moi peut être mais qui est un point fort, il nous épargne des facilités.

ça va bien au delà d'une simple atmosphère, je découvre petit à petit. C'est bête, on a un fil Traven pas mal nourri en un sens... ce soir je ferai volontiers un rapprochement entre eux, pour l'Homme et le "pas si simple".

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MessageSujet: Re: Pierre Schoendoerffer   Sam 3 Oct 2009 - 22:10

J'ai écrit tout le bien que je pense du Crabe Tambour dans ce billet-là.


Citation :
Des nuages en fuite sans but et le soleil, un soleil livide, sans rayon et sans chaleur, très bas, au-dessus de l'horizon, droit devant nous.

C'est ainsi que s'ouvre le roman.
Alors que le film s'ouvre sur les images d'un cimetière de bateaux, au son d'une musique lancinante.

Le roman m'avait d'abord désarçonné, par sa structure en aller-retour entre présent et passé, par ses allusions à des pans de notre histoire coloniale que je méconnaissais. Mais il m'avait aussi conquis par la force de ses personnages, l'un cherchant l'autre en se cherchant lui-même, une histoire de ce qui aurait pu être, de ce qui aurait dû être, et qui n'avait pas été, un récit de loyauté et de culpabilité, un récit d'espoir et de non-dit.
Le film, lui, m'avait renversé. Gris du ciel, gris de la mer, gris du navire, gris des hommes. Et puis lumière éclatante, végétation luxuriante. Canonnière du Delta, chalutier du Grand nord, jonque de mer de Chine, escorteur des sept mers. Corne de brume et trompe de chasse.
Et les regards, Jean Rochefort, Claude Rich, Jacques Dufilho, Jacques Perrin. L'absent toujours présent.
Chaque fois que l'étrave du Jauréguiberry frappait la houle, je vibrais avec le navire, avec son équipage.


Le crabe tambour, roman et film de Pierre Schoendoerffer, fait partie de ces œuvres qui m'ont fortement marqué, et que j'aime à lire et à relire, à voir et à revoir. Je ne saurais pas en expliquer les raisons de manière objective. D'autres ont écrit des analyses poussées, remettant en perspective cette œuvre par rapport à l'histoire de Schoendoerffer lui-même, celle de son temps et celle du nôtre, celle de la loyauté entre des gens que leurs conceptions séparent, celle d'une certaine idée de la grandeur de la France et de ceux qui la servent.
Au-delà de ces questions, c'est l'histoire de cette quête qui m'émeut, quête de l'autre et quête de soi, hésitant entre tout espérer et ne rien attendre.
Puis tout laisser se refermer, comme le linceul de la mer se referme sur un noyé.


En retournant à bord, je jette la bouteille à la mer. Je la regarde dériver dans le courant à la lueur des étoiles. Je suis ivre.

Au diable tout ça !

Nous rentrons...
Et voici que la peur me dit : « Ha ! Ha ! A nous deux, maintenant. »

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MessageSujet: Re: Pierre Schoendoerffer   Ven 9 Oct 2009 - 22:02

Là-haut, un roi au dessus des nuages

L'enquête d'une journaliste sur... autant sa disparition que le personnage d'un réalisateur, Henri Lanvern, qui a quitté son film et son équipe, laissé tout le monde pour retouver un ancien frère d'arme. C'est en Thaïlande, près de la frontière Laotienne, chez les Hmongs, ceux qui vivent au-dessus des nuages. Il est capturé, une seconde fois, la première faisant suite à la défaite de Dien Bien Phu.

De cette enquête nous n'aurons que les entretiens, racontés à la première personne par cette jeune femme journaliste et les histoires d'un ancien supérieur, très attaché au Hmongs et finissant sa carrière au SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage), un journaliste, son monteur qui est aussi le frère de l'homme qu'il est peut être parti cherché, un ami d'enfance, un prêtre... ils racontent Lanvern, dans le désordre si on veut, militaire, journaliste, cinéaste, mystère...

Chacun livre des morceaux de l'histoire et de son histoire, ses liens avec le Vietnam, le pays et le peuple, la guerre, les guerres... une certaine exhaltation, l'horreur aussi. Il y a de nombreux passages à la fois très durs (bien que pudiques) et fascinants, un vertige plutôt horrifiant. Les liens entre les hommes, la culture, l'histoire composite... une recherche de vérité.

La forme a l'air simple, du moins sans démesure stylistique mais le fond est dense et pas prémâché. Successions de points de vue, éclairages différents teintés d'histoire personnelle et interactions entre les personnages, journaliste prise pour une cruche, parfois rembarrée, exercices de séductions aussi. Tout se mélange. La partie Histoire est intéressante et nuancée aussi dans les points de vue. L'esquisse d'un point de vue vietnamien cherchant sa voie propre, de cultures conservant leur identité sans rejeter les autres... c'est très riche cette facette du livre.

L'autre grand morceau c'est l'humain dans ses réactions, ses quêtes, avec la recherche de soi dans les autres et dans l'ailleurs très présente chez l'auteur. Et toujours les maîtres apprennent aussi naturellement des élèves.

C'est très compliqué d'essayer de donner une idée du livre, sans doute à cause de la vraie recherche, du besoin de dire quelque chose de l'histoire et du mélange de pire et de meilleur pouvant arriver à travers l'homme, ce qui peut se passer là où il se casse, se fissure, se brise ou dans une folie plus libre... c'est un livre impressionnant.

Vietnam et Bretagne, Lanvern est breton, et marin aussi... une tempête dans un port de Bretagne, de la pluie, un pays et ses gens, pays traversé lui aussi par l'histoire mondiale et les anciens soldats, les familles marquées par l'histoire, Schoendoerffer donne un corps à l'histoire... une dimension qui en dit long sur... aujourd'hui, sur des silences ou des oublis, je ne sais pas, et c'est un "point de vue de jeune".

Oui, il y a des militaires, des horreurs, un peu de politique, un soupçon de religion, mais tout ça n'est pas définitif. Enfin la partie apparente, il y a une force dans la somme de témoignage qui ne peut laisser indifférent. Des nuances et énormément d'amour, d'ouverture à l'autre, de recherche aussi... étrange tellement tout n'est pas découpé, mis dans des cases.

Un roman beaucoup beaucoup plus fin que sa forme ne pourrait le laisser croire (et encore, vu l'effet, les atmosphères... ), quelque chose de très fort, lié, complexe et franchement beau, réservé mais généreux (comme beaucoup des interviewés), très intéressant et enrichissant. Une lecture marquante. C'est horrible (l'Histoire) mais c'est beau aussi et vraiment beau.

On imagine ou recolle des morceaux de l'auteur éparpillé dans les souvenirs et les idées. J'aime ses films, j'ai aimé l'Aile du papillon et L'Adieu au roi, j'ai aimé aussi Là-haut, qui complète et explicite pourquoi cet auteur (et réalisateur) mérite qu'on ne l'oublie pas si vite ou trop vite.

Commentaire décousu, qui aura je l'espère au moins le mérite de laisser découvrir... j'oublie des tas de choses de toute manière...

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MessageSujet: Re: Pierre Schoendoerffer   Sam 10 Oct 2009 - 18:04

L'est tout pourri mon commentaire jemetate

Il y a une approche intéressante de sentiments fondamentaux comme l'orgueil, et d'autres plus difficiles à cerner qui poussent au retour sur soi et à des formes de "bilan"...

la qualité du commentaire ne s'améliore pas ...

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