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 Joseph O'Connor

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MessageSujet: Joseph O'Connor   Lun 3 Déc 2007 - 19:03

Joseph O'Connor
 

 
Ecrivain irlandais né en 1963 à Dublin. Il est le frère aîné de la chanteuse Sinéad O’Connor.
 
Après des études à Dublin puis Oxford, il commence à écrire à plein temps en 1989. Pendant 10 ans il est journaliste pour deux journaux The Esquire et l’Irish tribune.
 
Il vit maintenant à Dalkey un quartier sud de Dublin.
 
Joseph O’Connor fait partie des jeunes écrivains les plus talentueux avec Roddy Doyle, Dermot Bolger et Colm Toibin. Il est de ceux qui ont donné un second souffle à la littérature romanesque en Irlande.
 
Citation :
« Joseph O’Connor fait des livres qui racontent l’Irlande d’aujourd’hui. De son premier roman Le Dernier des Iroquois (1991) à Inshoven (2000), en passant par Desperados (1994) ou À l’irlandaise (1998) : cavale dans la culture pop-rock, couples ordinaires qui se défont, fils qui se font la malle. On est est plus dans l’Irlande de U2 que dans celle des vertes vallées enchanteresses ou des Gens de Dublin de Joyce. En finir avec le lyrisme pastoral, le romantisme patriotique, parler d’une Irlande moins historique et plus laïque, c’est comme si la génération de Joseph O’Connor criait à l’unisson : “ Yeats est mort ” - titre original de Meurtres exquis (2001), polar écrit à quinze à partir d’une idée d’O’Connor. Et l’auteur irlandais de rendre hommage à Roddy Doyle, l’auteur de La Trilogie de Barryton (1987-1991) : “ Nous avons été toute une génération d’écrivains à s’être sentie décomplexée en lisant ses romans. On a eu l’impression qu’on allait enfin pouvoir se décharger du poids de la tradition. ” Alors, quand Joseph O’Connor, chroniqueur à Esquire, sort en 2002 un roman qui se déroule en 1847, à l’époque où la famine sévit en Irlande, il y a de quoi tomber des nues. L’Étoile des mer, nom du navire et du roman qui nous font traverser l’Atlantique jusqu’à New York, a, ironie suprême, pour sous-titre "Adieu à la vieille Irlande". L’auteur va jouer de cette ironie avec délectation tout au long du livre, vrai-faux roman historique à l’ancienne, où il fait la critique au vitriol de l’Irlande d’aujourd’hui. » (Sean James Rose, Libération, 2003).
 
 
Bibliographie
 
Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)
 
1991 Les Bons chrétiens, Pages  3
1991 Le Dernier des Iroquois,
1994 Desperados, 
1997 Finbar's Hotel, (œuvre collective)
1998 À l’irlandaise, Pages 1, 3
2000 Inishoven, Pages 2
2001 Meurtres exquis, (œuvre collective), Pages 1
2002 L’Étoile des mers, Pages 1, 5
2007 Redemption Falls, Pages 1, 2, 4
2011 Muse, Page 4
 
Citation :
Mise à jour le 07/09/2013, page 5
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MessageSujet: Redemption Falls[   Lun 3 Déc 2007 - 19:06

Redemption Falls



Présentation de l'éditeur

Disons-le d'emblée: Redemption Falls est sans aucun doute le plus grand roman de Joseph O'Connor. En multipliant comme à l'infini les points de vue, il donne à ses personnages une vertigineuse complexité. Cent personnages traversent le livre, tous magnifiquement vivants. Mais inoubliable est le couple formé par James O'Keefe et Julia, bouleversants sont leur histoire et les liens qui les unissent. Sous la plume aussi sensible qu'acérée de O'Connor, la petite ville de Redemption Falls acquiert une âme. On y voit des gens s'aimer, souffrir et se détruire, on y entend le vent souffler et la pluie tombée, on y sent la poussière devenir brouillard. Et l'on comprend ce que furent la guerre de Sécession et ses conséquences. On assiste à la naissance d'une nation.


Nous sommes en 1867, à Redemption Falls, ville imaginaire dans une région qui rappelle le Montana, dont le gouverneur est James O'Keeffe. Cet Irlandais condamné pour avoir perpétré des attentats contre la Blanche Albion, envoyé en exil forcé en Tasmanie, se retrouve à New York peu avant la guerre de Sécession. Là, il rencontre une belle et riche héritière, cultivée et taquinant la Muse. Entre Julia et lui, c'est le coup de foudre. Mais la lune de miel est de courte durée. Quelques mois à peine après leur installation à Redemption Falls, distance, incommunicabilité et désespoir deviennent le quotidien de ces deux-là. O'Keefe sombre dans l'alcool, flirte avec la folie: l'homme ne s'est jamais complètement remis de la guerre. L'adoption de Jeremiah Mooney, adolescent mutique et violent, éloignera un peu plus l'un de l'autre les époux. Et ce sera le règne du chaos.
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MessageSujet: Re: Joseph O'Connor   Lun 3 Déc 2007 - 19:09

Pas encore de critique en ce qui me concerne, mais cet auteur m'interpelle et j'ai profité de la sortie poche récente de L’Étoile des mers pour me le procurer.

Par contre, je sais que Marie a déjà lu et apprécié Redemption Falls innocent
Ce serait très aimable à toi si tu pouvais nous en toucher deux mots Marie Wink
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Marie
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MessageSujet: Re: Joseph O'Connor   Lun 3 Déc 2007 - 19:46

Citation :
Ce serait très aimable à toi si tu pouvais nous en toucher deux mots Marie
Je n'y manquerai pas, ma chère Sentinelle, dès que j'aurai fini...C'est un livre très touffu,polyphonique ,qui alterne à peu près tous les modes narratifs, témoignages, rapports de police,d'espions, poèmes, souvenirs, prières, dépositions, croquis etc.Il se présente comme un livre du XIXe siècle avec des illustrations, la façon de titrer les chapitres et de présenter des petites phrases qui résument ce qu'on va lire.
Un livre à mon avis magnifique...

J'avais bien aimé Inishoven et L'étoile des mers!
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MessageSujet: Re: Joseph O'Connor   Lun 3 Déc 2007 - 20:34

Merci Marie Wink
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MessageSujet: Re: Joseph O'Connor   Mar 4 Déc 2007 - 14:37

Citation :
Le site Letemps.ch, André Clavel, Samedi 1 décembre 2007

Dans la tourmente de la guerre
Le roman historique est le registre favori de l'Irlandais Joseph O'Connor mais sans les encaustiques d'usage. Qu'il évoque la guerre de Sécession ou une vaste épopée navale, c'est bien le présent que le romancier tente de comprendre.

A 15 ans, Joseph O'Connor dévorait L'Attrape-cœurs et recopiait sur un cahier d'écolier des passages entiers de John McGahern. Il les trafiquait un peu, les accommodait à sa propre sauce, et cette alchimie fit de lui un écrivain. Qui sut, par la suite, abandonner ses piratages pour trouver sa voix, l'une des plus inspirées de la jeune littérature irlandaise. Son registre favori, c'est le roman historique, mais sans les encaustiques d'usage car le passé ne l'intéresse que s'il permet de comprendre le présent.

C'est ainsi que l'admirable Etoile des mers ( qui ressort en 10-18 ) n'est pas seulement une épopée navale exhumée du lointain XIXe siècle, mais une fresque existentielle dont la morale - «Nous ne savons mûrir qu'en pourrissant» - est assez avisée pour n'avoir pas d'âge. Ce roman empanaché de brumes et d'amertume raconte une histoire à la Dickens, dans des décors fantomatiques. En novembre 1847, un vieux clipper infesté de rats - L'étoile des mers - quitte l'Irlande, affronte l'Atlantique et se dirige vers New York. A son bord, entassés dans les cales fétides, 400 desperados déguenillés que la Grande Famine a chassés de leur pays. Beaucoup mourront pendant la traversée, terrassés par le typhus, tandis qu'une poignée d'aristocrates festoient sur le pont supérieur. Parmi eux, David Merridith, qui rêve de redorer son blason dans le Nouveau Monde. Et qui ignore qu'il va sombrer lui aussi, parce que le diable est à ses trousses: sur le navire, aussi menaçant que les lames qui labourent l'océan, un mystérieux passager cache un poignard sous sa capote dégoulinante... Mêlant intrigue policière et reconstitution historique, ce roman est ficelé comme un nœud de cabestan par un Irlandais qui marche sur les brisées de Conrad pour peindre, d'une même encre, les tempêtes intérieures et le déchaînement des flots.

Les rescapés de cette folle odyssée pourraient très bien être les héros de Redemption Falls, le nouveau roman de Joseph O'Connor. Ses personnages, pour la plupart, sont en effet des émigrés irlandais jetés dans la tourmente de la guerre de Sécession. En débarquant en Amérique, ils ont cru trouver l'eldorado mais ils n'ont pas tardé à être confrontés à l'horreur, celle d'un carnage qui fit 600000 victimes. Le roman commence à la fin de cette guerre, au moment où Eliza Duane Mooney, 17 ans, quitte la Louisiane dévastée pour rechercher son jeune frère Jeremiah, disparu dans la débâcle. Vêtue de lambeaux, Eliza trimballe le baluchon de son âme égarée sur des routes où s'entassent décombres et cadavres. Elle crapahute vers le nord, avale la poussière et la pluie. «Ses pieds dévident la planète sous elle, comme un bagnard dans un manège de discipline. Sinistre sensation: elle fait tourner le monde. Il tient, il résiste, jusqu'au trognon. Et puis lentement il succombe; brisé, il se soumet. Elle marche pour demeurer immobile, pas pour avancer dans une histoire. Elle marche pour que l'histoire s'arrête.»

Mais, chez O'Connor, les histoires ne s'arrêtent jamais. Il a trop de souffle, trop de rage. Tandis qu'Eliza claudique dans ses enfers, tout au nord de l'Amérique, au cœur d'une contrée sauvage qui ressemble au Montana, le général James O'Keeffe se bat avec d'autres démons: ce révolutionnaire irlandais, qui a ferraillé dur pendant la guerre de Sécession, est le gouverneur de Redemption Falls. Gouverneur, oui, mais sans gouvernail: O'Keeffe est un vaisseau fantôme qui menace de faire naufrage. Parce que sa femme, la trop belle Lucia, le damne. Et parce que son mystérieux passé, dans un bagne de Tasmanie, le rattrape peu à peu. Superbe personnage que ce général en déroute dont le destin va croiser celui d'une autre vagabonde, Eliza, qui porte à travers l'Amérique les cicatrices de ses pieds blessés...

Brassant archives d'époque, ballades, témoignages et articles de journaux, Redemption Falls raconte aussi comment une société tente de se reconstruire après une guerre. Et O'Connor pose cette question universelle, qui vaut pour l'Amérique du XIXe siècle mais aussi pour l'Irak ou l'Afghanistan d'aujourd'hui: sur les champs de bataille encore fumants d'horreur, peut-on semer les graines d'une espérance qui, demain, aura la couleur de la rédemption?
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Sahkti
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MessageSujet: Re: Joseph O'Connor   Mar 4 Déc 2007 - 15:45

L'étoile des mers

En 1847, un bateau (L’Etoile des Mers) quitte l’Irlande à destination de New York. La Grande famine (qui a fait plus de deux millions de victimes) fait fuir tout le monde, riches ou pauvres, des centaines de personnes entassées à bord d’un navire, dont beaucoup mourront pendant la traversée. Une galerie de personnages hétéroclites. Un ensemble de récits à la première personne, racontant les péripéties du voyage, les états d’âme des exilés. Le principe de départ de O'Connor m’a plu : il voulait raconter la misère irlandaise, mais loin des chiffres, de la grande Histoire, des textes scientifiques (parfois ennuyeux), tout en restant proche de la réalité. La fiction pouvait convenir, à condition de la rendre humaine. Dans un entretien accordé au journal belge Le Soir du 2 juillet 2003, O'Connor a cette jolie phrase : "Dans mon livre, tout est vrai et tout est inventé". L’étoile des mers est un roman (l’auteur refuse le terme de roman historique) qui mêle les mémoires des personnages, leurs souvenirs, plus ou moins fiables.
Quelques passages savoureux, comme ceux dans lesquels Dixon, le journaliste narrateur du récit, promet la vie sauve à de pauvres passagers en échange de leurs confessions. Caricature avant-gardiste du journalisme-sensation et de l’exploitation du malheur. Esquisses de familles qui entent d’oublier le chagrin d’avoir perdu un être cher en lisant son nom dans un magazine quelconque. O'Connor a entrecoupé les récits fictifs de témoignages véritables d’exilés irlandais, histoire de nous rappeler sans arrêt qu’il y a eu des morts et que ce n’était pas du tout une partie de plaisir. C’est également une approche réaliste de la pauvreté, irlandaise dans le cas présent, mais nous savons tous que la pauvreté est universelle dans ses conséquences et ses symptômes. Un roman historique d’actualité.
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Sahkti
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MessageSujet: Re: Joseph O'Connor   Mar 4 Déc 2007 - 15:48

Meurtres exquis
(Nil Editions - comprend une nouvelle de Joseph O'Connor)

Quinze auteurs irlandais, de belles plumes, unis dans un recueil basé sur le principe du cadavre exquis, au profit de Amnesty International, sous la direction de Joseph O'Connor. Que peut-on demander de plus? Du talent? De l'humour? De l'excellence? Pas de panique, tout est là-dedans! C'est jubilatoire.

Aucune rupture de style entre les auteurs même si chacun conserve ses particularités. Tout se suit, tout s'enchaîne, avec une progression dans un délire à la Flann O'Brien, ce qui ne pouvait que me ravir. J'ai pris beaucoup de plaisir à parcourir cette histoire tournant autour d'un manuscrit inédit de Joyce, d'une mystérieuse crème vieillissant le papier et rajeunissant la peau, de deux dames d'un âge honorable truandes de grand chemin et délicates buveuses de thé, de ces flics pas vraiment futés, de cette Irlande joviale et décalée...

Tout est là et bien là, omniprésence des références littéraires de la belle Irlande, en passant par Yeats, Bloom et Blixen. Il y a des clins d'oeil, de l'ironie, une pointe de perfidie, les auteurs n'hésitent pas à s'adresser de petits signes à travers les différents récits... c'est un régal!
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Marie
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MessageSujet: Re: Joseph O'Connor   Sam 8 Déc 2007 - 4:41

Redemption Falls
traduit de l'anglais ( Irlande) par Carine Chichereau avec brio!
Phébus

Lors de mon premier message, je n'avais pas encore lu la postface de ce roman , intitulée La longue marche d'Eliza Money : note sur Redemption Falls;
Il est gentil, Joseph O'Connor, il dit beaucoup de choses là dedans,beaucoup mieux que je ne saurais les dire, alors je vais en reprendre quelques phrases.

Expliquer ce qu'on a voulu faire dans un roman est presque toujours une tentative rétrospective, il faut être honnête...A un certain moment, on écrit le roman qu'on aimerait lire par dessus tout , car les écrivains sont d'abord des lecteurs...

Redemption Falls commence par l'image d'une jeune fille marchant pieds nus dans un paysage dévasté....elle est entrée dans ma vie comme un souvenir.

Eliza Duane Money, pélerine solitaire. Trop jeune pour se lancer dans une distance aussi terrifiante. D'où venait-elle? Pourquoi était-elle partie? Où allait-elle? Quelqu'un l'aimait-il? Je distinguais parfaitement ses pieds blessés, je m'en souviens; le poids de sa matérialité. Elle cherchait quelqu'un. Un frère, me semblait-il....

Je dois avouer que certains romans de guerre me mettent mal à l'aise, en offrant trop souvent la perspective d'un seul personnage. Une histoire a toujours deux facettes, mais un récit de guerre en a bien davantage...Je voulais écrire un livre bruyant, aux facettes multiples, qui parfois se querellerait avec lui-même , voire se contredirait dans ses propres conclusions. Il y aurait de nombreux narrateurs, des perspectives de temps, de ton et de personnages conflictuelles. Cette idée m'est venue qu'un livre sur la guerre devait se lire comme s'il était composé de morceaux raboutés ensemble d'une manière quelconque, à partir de fragments déchirés, épars, venant d'autres livres. Un patchwork. Un album, peut être , compulsé par une personne accrochée à l'espoir que de ce processus puisse naître du sens, que de la compassion émerge de la narration d'une histoire. pour moi, rassembler les choses est un désir humain profond : c'est ce que nous faisons de nos vies avec nos enfants, ceux que nous aimons , c'est ce à quoi nous nous livrons par les longues nuits obscures quand nous en traversons, lorsque le silence fait resortir l'enfant qui est en nous. La guerre est une déchirure , une agression contre le corps , la reconnaissance qu'on ne peut fonder la paix sur une seule histoire.... Ce livre est une tentative pour narrer une histoire avec fidélité au sein d'une structure qui soit également fidèle, mais aussi vivante, et qui engage le lecteur. Le récit unique et linéaire, éternelle tentation pour l'écrivain, sera cette fois éclaté...

...Tant d'histoires, tant de récits et de personnages, mais une seule les relie entre eux. Eliza, malgré son absence , est la reliure qui maintient l'album , grâce à cet amour totalement désintéressé qui donne à notre espèce assez de valeur pour qu'elle se perpétue; à son auteur, elle dit qu'il faut toujours garder espoir, même au coeur des taudis de la morale, même quand tout porte à désespérer. Pourquoi parcourut-elle cette longue route? Et que trouverait-elle au bout? Voilà les question auxquelles je voulais répondre, et si ce roman a de la valeur, ce n'est que dans la mesure où il apporte la grâce inépuisable de la compassion humaine, qui continue d'exister quoiqu'il advienne , en dépit de tous les obstacles. Il y a des tyrans dans ce monde; il y a des bourreaux et des gens qui torturent. Mais il existe aussi des Eliza Mooney. Passer ces quatre dernières années en sa compagnie fut une expérience pleine d'humilité, une bénédiction. Elle va me manquer à présent que commence son nouveau voyage. Il m'a été difficile de lui dire adieu.



Amateurs de grands récits épiques, ne manquez pas ce livre. Et vous verrez que vous aussi, comme moi, aurez du mal à vous séparer de tous ces personnages!
Et surtout, surtout, allez jusqu'à l'extrème fin , jusqu'au dernier mot. Et vous comprendrez que les mots Redemption Falls , qui désignent le lieu imaginaire où se déroule une partie de cette histoire , n'ont pas été choisis au hasard...


Dernière édition par le Sam 8 Déc 2007 - 8:48, édité 1 fois
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Marie
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MessageSujet: Re: Joseph O'Connor   Sam 8 Déc 2007 - 5:31

Un extrait pour une idée du style ( ou plutôt d'un des styles d'écriture)

La tempête frappa vers huit heures. Elle s'abattit sur la ville. Les pattes des oiseaux gelèrent à la surface du lac Pend d'Oreilles. Les vents mugirent pendant onze jours et onze nuits sans fléchir. La glace fendit les arbres. La neige fondue tombait en rafales de chevrotine. De Lewis and Clark's pass jusqu'à Rattlesnake mountain, de Medicine Bow vers l'est, jusqu'à Devil's Lake, la tornade balaya les Territoires comme un cougar encerclant sa proie, et puis, au moment où tous croyaient qu'elle allait s'éteindre, elle reprit des forces et fondit en hurlant sur Redeption Falls.
Sur Tone Steet le toit de l'école fut arraché. Un mineur originaire de Sligo, Paudrig John Foley s'égara dans le blizzard en cherchant un camarade hollandais et fut tué par une vitre emportée par le vent. La femme d'un pasteur, prise de folie , partit en pleine tourmente pour Liverpool Falls, convaincue qu'elle pouvait mettre fin à la tempête par la grâce du Saint-Esprit. On ne retrouva jamais trace ni de la cavalière, ni de sa monture; certains dirent qu'elles avaient été prises par les Indiens, d'autres qu'elles s'étaient noyées.au matin du douzième jour, la tornade s'éloigna vers l'est et les citoyens sortirent de leurs terriers pour contempler ses ravages.

Leur église était en miettes; le clocher décapité, sa souche érigée tel un tire-bouchon. Des ardoises amoncelées jonchaient le sol au dessous-, comme ordonnées par un sculpteur fanatique pour former une sorte de raz de marée. Johnny Thunders et ses desperados étaient déjà venus et repartis: l'autel avait été pillé, les calices dérobés; auparavant rencogné comme un ancien près de la sacristie , l'harmonium avait été bousculé et ses tuyaux émettaient des gémissements au gré des bourrasques. La marque des bandits était barbouillée sur le mur avec du vin de messe: "MK-1025" suivi d'un crâne à l'envers.

Des pages de bibles volaient au vent: les enfants bondissaient pour les attraper - elles deviendraient par la suite une sorte de papier monnaie. Des stalactites pendaient tels des crocs, aux branches et aux rebords des fenêtres , aux balustrades et aux tonneaux d'eau, aux gouttières et aux architraves, sur toute surface parallèle au sol, solides comme le roc. Sur le voile blanc se détachaient des amoureux qui ne s'étaient pas vus depuis des jours, leurs yeux éblouis ruisselants, ainsi que beaucoup d'hommes silencieux.

Stalactites noires de poussière à la corniche du tribunal: il s'était effondré sur lui-même, pareil à un orphelin attendant de se faire botter le train. Recouverte de glace, battue par les vents, ville vitrifiée, arctique américain, au as craquant insolite: comme un territoire désolé aperçu à travers la fumée, prophétie de la folie de l'homme blanc. Des jumeaux furent retirés des décombres de chez Spanish Jenny's, établissement mal famé situés aux abords est de la ville. Comment ils avaient atterri dans pareil endroit, nul n'en dit jamais rien. Aucun parent ne vint rendre un dernier hommage à leurs dépouilles. Ils furent enterrés à Jawbone hole entre un suicidé et un esclavagiste; et bien des années après La Grande Tempête de 1865, les cavaliers qui passaient de nuit près de cet endroit désolé racontaient qu'ils avaient entendu des vagissements de nouveau-nés.

.Personne ne pleurait en ce matin où la tempête prit fin. Les habitants étaient en état de choc, ou peut-être étaient-ils trop coriaces. La douleur les avait durcis; elle les avait fourbis, jusqu'à les enflammer. Ils se tournèrent vers le gouverneur. Il n'apparaissait nulle part. Certains l'accusèrent d'avoir fui par la dernière diligence ; comme tous les suppôts des Yankees, c'était un lâche, disaient-ils. Un groupe se forma pour se rendre à la résidence. A mi-chemin, c'était devenu une expédition punitive. On fit un noeud coulant avec la corde arrachée au clocher de la chapelle dévastée, un bandeau avec un lambeau de a Bannière étoilée qui flottait encore il y a peu sur le linteau du bureau de poste. Ce n'était pas la tourmente qui l'avait déchirée. C'était ceux de Redemption Falls.
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MessageSujet: Re: Joseph O'Connor   Sam 8 Déc 2007 - 5:48

Tout ça me donne très envie de le commencer Marie miammiam
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MessageSujet: Re: Joseph O'Connor   Dim 16 Déc 2007 - 12:19

Joseph O'Connor est un auteur que j'avais envie de découvrir depuis quelques mois déjà.
J'ai donc décidé de me plonger prochainement dans trois de ses romans pour me faire une idée de son univers : A l'irlandaise, L'Etoile des mers et Redemption Falls.

De manière totalement subjective, j'ai commencé par lire le roman qui me semblait le moins ambitieux des trois : A l'irlandaise. Histoire de l'accompagner crescendo dans ses écrits qui me semblent bonifier avec le temps Wink



A l'irlandaise raconte l'histoire d'un homme, Billy Sweeney, qui adresse une longue lettre sous forme de journal intime à sa fille violée et agressée sauvagement dans une station-service et qui se retrouve plongée dans le coma depuis lors.
Les agresseurs de sa fille seront tous inculpés et jugés sauf un, Donal Quinn, qui a réussi à prendre la fuite.

Billy Sweeney a peur de mourir avant que sa fille revienne du coma, il veut lui expliquer pourquoi il a décidé de se faire justice lui-même en devenant un chasseur à son tour.
Son seul objectif actuel, le seul encore qui le retienne à la vie est celui de tuer Donal Quinn.

Cette longue confession lui servira également de prétexte pour revenir sur sa vie, et plus particulièrement sur sa première rencontre avec celle qui deviendra la maman de sa fille, sur leur première séparation lorsque jeune fille, celle-ci tomba enceinte d'un autre jeune homme dont nous ne connaîtrons l'identité qu'à la fin du roman. Il reviendra également sur l'échec de son couple des années plus tard, ses années d'alcoolisme, les affres du divorce.
Cette partie n'est pas franchement celle qui m'a le plus emballée. On a l'impression d'avoir déjà vu/lu des milliers de fois ce genre d'histoire pour que celle-ci ne vous touche plus que modérément.
Mais je me suis accrochée et j'ai bien fait car la deuxième partie est nettement plus emballante et émouvante : celle où Billy finit pas mettre la main sur Donal Quinn et décide de l'enfermer plus qu'amoché dans sa volière à l'arrière de sa maison.
Sans dévoiler les retournements de situation, une étrange relation finira par se nouer entre les deux.
Au final, le thème de la vengeance, de la rédemption et du pardon seront traités avec brio.
Joseph O'Connor semble nous dire qu'il y a bien plus de victimes que de coupables dans cette Irlande où la violence, la drogue, la criminalité, les règlements de comptes et le chômage semblent être le quotidien de nombreux laissés pour compte.
C'est un livre lumineux dans un contexte très sombre et très violent aussi.
Certaines âmes sensibles s'abstenir.

Après un début qui semblait peu prometteur, je suis donc plus que satisfaite après la lecture de mon premier roman de l'auteur et suis impatiente d'entamer son roman suivant sur ma liste : L'Etoile des mers miammiam
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MessageSujet: Re: Joseph O'Connor   Dim 23 Déc 2007 - 18:42

Celui-là - l'auteur - me fait très envie depuis si longtemps....reste plusqu'à le rajouter à ma très longue liste ! Ce que vous en dites me fait saliver !

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'Si vous ne lisez que ce que tout le monde lit, vous ne pouvez penser que ce que tout le monde pense.' - Haruki Murakami.
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MessageSujet: L'étoile des mers   Mar 8 Jan 2008 - 20:52

L'étoile des mers



Joseph O'Connor revient sur un épisode tragique de l'Irlande : la grand famine qui a marqué les années 1845-1850.

A cette époque, le peuple irlandais est surtout composé de métayers payant de lourds fermages aux propriétaires des terres, constitués en majorité d'anglais.
Ces fermiers vivent dans une grande misère et se nourrissent presque exclusivement de pommes de terre. Après plusieurs récoltes successives ravagées par le mildiou, les irlandais n'ont plus aucune ressource pour se nourrir. Un hiver très froid empêchant tout travail extérieur aggrave encore un peu plus la situation.
Très vite, les maladies apparaissent : typhus, dysenterie, scorbut, épidémie de choléra.
A défaut de pouvoir payer leurs tributs à leurs riches propriétaires, les métayers se retrouvent chassés de leurs terres. Que faire sans nourriture, sans bien, sans travail, sans foyer ?
Beaucoup pensent que la seule solution consiste à émigrer aux Amériques.

L'étoile des mers est le nom de l'un de ces navires vétustes qui traverseront les 5 000 kilomètres de l'océan Atlantique pour rejoindre la destination de New York. On appelle ces navires des bateaux cercueils car un grand nombre de passagers sont dans un tel état de faiblesse qu'ils ne survivent pas à la traversée.
L'étoile des mers ne fera pas exception à la règle.

A bord, une quinzaine de privilégiés se partagent les cabines de 1er classe, tandis que les 402 passagers ordinaires essayent de survivre dans des conditions déplorables à l'entrepont. Parmi eux, un homme étrange erre chaque nuit sur le navire. Qui est-il ? Quels sont ses funestes projets ? David Merridith, un aristocrate sans le sou, ignore encore que ses jours sont désormais comptés.
Joseph O'Connor nous parle du pays de la famine à travers le passé et la destinée des passagers du navire, tout en mêlant à cette fiction de vraies lettres d'immigrés irlandais, des articles de presse, des chansons du peuple.
Plus qu'une traversée de l'océan, l'auteur nous convie au voyage en plein cœur d'une des plus grandes tragédies du peuple irlandais : la famine, qui dépasse aussi largement le cadre de l'Irlande de par sa présence actuelle dans d'autres parties du monde.

Quelques chiffres résumeront à eux seuls l'ampleur du désastre: sur les huit millions d'habitants irlandais en 1845, un million et demi seront morts en 1850 et un autre million d'habitants auront émigré.
Rien qu'aux États-Unis, plus de 40 millions de personnes sont d'ascendance irlandaise.



Extraits :

Citation :
[p.376]
Il n'y a pas de mots pour décrire l'étrange aspect des enfants de la famine.
Jamais je n'ai vu de regard aussi brillant, aussi bleu, aussi clair, fixer le vide avec une telle constance. Je n'étais pas loin d'imaginer que les anges de Dieu avaient été envoyés pour dessiller les yeux de ces petites créatures patientes qui se mourraient et leur révéler les béatitudes d'un autre monde.

Elihu Burritt, Journal d'une visite de trois jours à Skibbereen, 1847.

Citation :
[p.155]
Mulvey se mit à réfléchir à une évidence qui tourna bientôt à l'idée fixe. Tout le monde admirait les chanteurs ; ils étaient à la fois mémorialistes, chroniqueurs, garants de la tradition, biographes. Dans un pays où presque personne ne savait lire, ils étaient les hérauts du passé, de véritables livres ambulants.
(...) Mulvey avait parfois l'impression que, s'ils n'avaient pas été là, personne ne se souviendrait de rien, et quelque chose dont on n'a pas le souvenir n'a pas vraiment eu lieu.
Un chanteur faisait partie de la même famille que la guérisseur, le rebouteux, la sage-femme capable de soulager les douleurs à l'aide de potions secrètes, ou le bohémien qui domptait les chevaux rien qu'en leur parlant. Quant aux compositeurs, ils étaient vénérés.
(...) Une nouvelle ballade était accueillie avec autant de joie qu'une bonne moisson. Et si la complainte était particulièrement bonne, elle était saluée à l'instar d'une naissance.
(...) Insulter un compositeur portait malheur. On les craignait autant que des magiciens ; si vous les mettiez en colère, vous pouviez vous retrouver dans une chanson et l'on se moquerait de vous pour l'éternité même si l'on ne se souvenait plus de la raison.
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kathel
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MessageSujet: Re: Joseph O'Connor   Lun 21 Jan 2008 - 19:01

Excellente idée que d'avoir proposé Jospeh O'Connor parmi les auteurs du mois : c'est certainement mon écrivain irlandais préféré, mais j'aurai du mal à vous en parler mieux, car ces lectures datent un peu !
J'ai lu (dans cet ordre) et adoré
— Desperados
— À l’irlandaise
— Inishowen
— L’Étoile des mers

Ils ont des atmosphères toutefois très différentes les uns des autres ! A chacun, par les résumés, de trouver celui qui lui convient le mieux pour découvrir cet auteur !

J'espère bien lire Redemption Falls un de ces jours ! content
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Joseph O'Connor
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