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 Inoué Yasushi

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Doriana
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MessageSujet: Inoué Yasushi   Mar 13 Fév 2007 - 16:22



Né en 1907 à Isahikawa au Japon, Yasushi Inoué a d’abord fait des études de philosophie avant de se lancer dans le journalisme.
Premier roman « Corrida » en 1946. En 1949, il reçut le prix Akutagawa pour « Le fusil de chasse ».
Yasushi Inoué est décédé en 1991 après avoir laissé pas moins d’une trentaine d’ouvrages.


Bibliographie

Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)
Oeuvres
1946 Corrida,
1947 Combats de taureaux, Page 5
1949 L'Invité à la veillée funèbre,
1949 Le Fusil de Chasse, Pages 1, 2, 5
1950 La Marée noire,
1950 La Paroi de Glace, Page 2
1950 L'Amour, la mort et les vagues,
1952 Pluie d'orage,
1952 Une voix dans la nuit,
1952 Au bord du lac,
1953 L'Homme des terres étrangères,
1957 La Tuile de Tenpyō,
1958 Asunarô,
1958 La Geste des Sanada,
1959 Les Chemins du désert,
1959 Loulan,
1960 Le Loup Bleu (Le Roman de Gengis-Khan), Page 1
1960 Le Château de Yodo, Page 1
1962 Shirobamba, Page 2
1962 Kōsaku, Pages 2, 6
1963 Vent et Vagues,
1963 La Favorite (Le Roman de Yang Kouei-fei), Page 1
1968 Rêves de Russie,
1970 Les Dimanches de Monsieur Ushioda,
1971 Voyage au-delà de Samarkand,
1972 Goshirakawa-In,
1975 Histoire de ma mère, Page 5
1989 Confucius,
1991 Le Maître de thé, Page 4
1992 Culture et spiritualité : Lettres des quatre-saisons, avec Daisaku Ikeda,
2008 Le sabre des Takeda, Pages 3, 5
2001 Nuages garance, Éditions Picquier, Page 5

Recueils de dates diverses
1989 Le Faussaire, Éditions Stock,
1999 La Chasse dans les collines, Éditions Stock,

Récit autobiographique
1977 Histoire de ma mère, Page 6

Citation :
Mise à jour le 11/02/2013, page 6


Le fusil de chasse
A travers les lettres de trois femmes, l’épouse trompée, la maîtresse et la fille de cette dernière, le Fusil de chasse dépeint le déroulement de la passion et ses conséquences funestes.
Chaque lettre, écrite à la première personne, est adressée à l’homme au fusil de chasse. Chaque femme lui adresse son ressenti, son désarroi. Une ambiance particulière qui n’est pas sans rappeler « Lettre d’une inconnue » de S. Zweig.
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sousmarin
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MessageSujet: Re: Inoué Yasushi   Mar 13 Fév 2007 - 18:20

Cet écrivain japonais, plutôt traditionaliste et conservateur, voire réactionnaire, n’en est pas moins un grand auteur.
Certains de ces livres sont, de par leurs sujets, rébarbatifs mais sa bibliographie comportent quelques perles, certaines connues comme Le combat de taureaux ou Le fusil de chasse d’autres beaucoup moins, comme par exemple Paroi de glace, son meilleur ouvrage d’après moi.

Ce livre est à la fois un véritable enchantement, une profonde réflexion philosophique et même un roman (presque policier) à suspense…
Il nous parle de passion… amoureuse ou « montagneuse »…de rapports humains, de bonté…de superbes paysages que l’on voit à travers les yeux du narrateur où chaque chose retrouve sa place.

Paroi de glace appartient à ces récits qui nous enveloppent d’une atmosphère le temps de le lire, il nous emmène dans un long, grand et merveilleux voyage. Une fois refermé, il flotte toujours dans l’air quelque chose d’indéfinissable…
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potheo
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MessageSujet: Re: Inoué Yasushi   Ven 6 Avr 2007 - 14:33

Le Château de Yodo
Le Château de Yodo est un roman historique dont l'intrigue de déroule principalement durant l'ère Momoyama (1573-1603) dont il est peut-être préférable de parler un minimum ; c'est une époque charnière de l'Histoire japonaise qui fait le lien entre le Japon médiéval et l'ère d'Edo (1600-1868, dont la culture populaire est assez bien connue en occident par les estampes et la poésie) et qui se caractérise par une floraison artistique inspirée de l'ère Heian (794-1185, considérée comme l'âge d'or de la civilsation japonaise par son art particulièrement recherché et harmonieux.) Le calme, la sérénité, la paix civile de l'ère d'Edo n'ont pu exister que grâce à l'époque toute particulière qui est l'ère Momoyama dont les guerres sanglantes ont permi l'unification du Japon.
C'est dans cette époque de transition que châtelaine de Yodo vit et essaie de trouver le peu de bonheur auquel elle croît pouvoir aspirer avant que des actions guerrières ne brise ses vaines illusions. Les trois grands unificateurs du Japon ont tous un impact différent sur sa vie, tandis que le premier faisant partie de sa famille la protège, le second tuera son père et l'épousera. Dans ce destin forcé, elle arrive à ressentir de l'amour pour son bourreau, et surtout pour le fils qu'il lui donnera avant que Ieyasu Tokugawa, celui qui fera d'Edo la capitale ne la détruise, elle, ainsi que ses derniers rêves qui partiront en fumée comme le château d'Osaka.
Dans ce destin tragique que l'on sent inévitable, Inoue Yasushi nous dépeint les dernières grandes guerres intérieures du Japon, non pas comme dans les récits épiques des XII et XIIIème sciècles du côté des belligérants, mais à travers les sentiments d'une femme noble dont la position interdit plus qu'à quiconque la liberté et et dont l'épanouissement ne peut être que terriblement éphémère et illusoire.
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Le Bibliomane
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MessageSujet: Re: Inoué Yasushi   Mer 11 Avr 2007 - 19:56

J'ai adoré "le château de Yodo" pour sa description d'un Japon médiéval flamboyant. A lire ce roman, je me croyais dans un film de Kurosawa. Superbe.
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MessageSujet: "Le maître de thé" de Yasushi Inoué   Lun 7 Mai 2007 - 19:23

Suite aux posts précédents j'ai eu envie de découvrir Inoué.
A la bibliothèque j'ai trouvé "Le maître de thé".
J'ai adoré ce roman qui se déroule au 17eme siècle dans les cercles du thé.
On découvre les raffinements du rituel au fur et à mesure qu'un modeste homme de thé démèle l'énigme de la mort de son maître.
Une sorte de polar étrange, un voyage où l'on perd ses repères.
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kali
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MessageSujet: Re: Inoué Yasushi   Lun 18 Juin 2007 - 18:57

Le loup bleu

Il s'agit d'une biographie romancée de Gengis Khan.
J’aime l’Histoire, pourtant je la connais mal dès qu’on sort de l’Occident. J’aime aussi les récits sous forme de fiction, donc une biographie romancée, ça m’a fait de l’œil… En plus, du fondateur du plus grand empire jamais constitué, pensez-vous ! *je fais genre, mais avant cette lecture je croyais que c’était celui d’Alexandre Le Grand…*

Selon leur mythe fondateur, les Mongols sont les descendants de l’union divine du Loup Bleu et de la Biche Blanche. Inoué a romancé la vie de celui qui, jusqu’à la mort, a voulu prouver qu’il était bien un Loup mongol.

Je suis bien incapable de déterminer ce qui relève du fait historique et ce qui relève du bel enrobage de la création littéraire, mais j’ai bien aimé « le loup bleu ». On découvre l’enfance de Temüdjin, seul avec sa mère et ses frères et sœurs à la mort de son père, abandonnés par le clan, puis son ascension fulgurante vers le pouvoir, toujours plus grand, jusqu’à devenir le Khan.

On découvre donc comment il a conquis le monde, mais aussi pourquoi. Il est d’abord mû par un désir de vengeance : revenir à la tête du clan des Bordjigin et vaincre les Tayichi’ut ; puis, unir tous les clans Mongols pour écraser les Tatars, ennemis de toujours ; enfin, passer la Grande Muraille pour envahir les Kin.

Cette lutte identitaire est celle d’un chef de clan, mais aussi celle d’un homme, qui toute sa vie serait rongé par le doute : est-il vraiment un loup mongol, lui dont la mère a été violée lors d’un rapt par un clan ennemi ? Il n’aura de cesse de prouver sa valeur afin de montrer que le sang mongol coule bien dans ses veines.

Le style a un petit côté désuet (je voyais tous ces films épiques des années 50/60, comme Yul Brynner dans « Tarass Bulba »…), mais ça se lit facilement et on a envie de connaître la vie de Gengis Khan. Ce petit côté « suspense » ne fonctionne bien sûr que pour qui, comme moi, ne connaît au départ pas grand-chose du personnage, évidemment.
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MessageSujet: note de lecture   Mer 4 Juil 2007 - 0:35

La Favorite | Yasushi Inoué

L'histoire des tragiques amours de l'empereur Siuan-tsong et de Yang Kouei-fei est aussi célèbre en Chine que celle de Tristan et Yseult en occident. Cet empereur de la dynastie T'ang a réellement existé: il régna sur la Chine de 712 à 756, accompagné seize ans durant par la "précieuse épouse" Yang Kouei-fei.
Dans ce livre, qui se lit comme un roman d'aventures, la Chine médiévale s'anime sous le talent d'Inoue, avec en toile de fond la vie luxueuse et apparemment insouciante du palais et les intrigues autour de ministres sanguinaires, de généraux ambitieux, d'eunuques intrigants ou de concubines habiles. En arrière plan des enjeux du pouvoir, les incursions barbares aux frontières cernent la cour d'un danger toujours pressant qui se rapproche inexorablement jusqu'au dramatique dénouement.
Roman historique donc, où l'on reconnait, comme dans les autres oeuvres d'Inoue, un constant souci d'exactitude et de vérité qui nous fait entrer de plain-pied dans un VIIIè siècle chinois d'une étonnante actualité.
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MessageSujet: Re: Inoué Yasushi   Mer 26 Sep 2007 - 20:13



Après avoir lu, il y a plusieurs années, "La favorite" (il me faudra le relire d'ailleurs Wink ), j'ai lu "Le fusil de chasse".

Contrairement à ce qu'on pourrait attendre d'un tel titre, Inoué n'invite pas à une partie de chasse mais à une réflexion sur l'amour.
Un jour, le narrateur croise un chasseur et son chien, sur un sentier du mont Amagi, puis en fait un poème à paraître dans une revue spécialisée « Le compagnon du chasseur »: l'homme est seul avec son fusil sur l'épaule, image d'une solitude profonde et mélancolique.
Suite à la publication du poème, trois lettres parviennent au narrateur de la part de l'homme qu'il a croisé un jour dans la montagne. Ces trois lettres sont l'histoire de sa vie, une vie qui n'en est plus une. Elles ont été écrites par trois femmes, trois points de vue d'une passion amoureuse liant l'une d'elle à l'homme au fusil de chasse.
Shoko, la fille de Saïko, est effarée de découvrir dans le journal intime de sa mère défunte, la liaison secrète entre elle et Josuke, l'homme au fusil de chasse sur l'épaule. Elle découvre un aspect désagréable du monde des adultes: le secret des amours illicites. Une horreur pour une jeune fille qui s'aperçoit que le monde est loin d'être simple, loin d'être un rivage tranquille: une fois adulte, la vie n'est pas toute tracée ni uniforme. On peut penser une chose un jour, réprouver un acte un autre et commettre ce dernier plus tard sans trouver rien à y redire. Les couleurs de la Nature deviennent changeantes lorsque le regard n'est plus celui de la naïveté juvénile...Une seule solution, un seul échappatoire: la fuite vers un ailleurs qui ne rappellera pas l'entrée inattendue dans l'univers des adultes.
« Jusqu'à présent, je croyais que l'amour était semblable au soleil, éclatant et victorieux, à jamais béni de Dieu et des hommes. Je croyais que l'amour gagnait peu à peu en puissance, tel un cours d'eau limpide qui scintille dans toute sa beauté sous les rayons du soleil, frémissant de mille rides soulevées par le vent et protégé par les rives couvertes d'herbe, d'arbres et de fleurs. Je croyais que c'était cela, l'amour. Comment pouvais-je imaginer un amour que le soleil n'illumine pas et qui coule de nulle part à nulle part, profondément encaissé dans la terre, comme une rivière souterraine? » (p 22)
Midori, épouse légitime de Josuke, expose, dans sa missive, sa notion de l'honneur. Elle est désenchantée par la vie qui souvent ouvre sans délicatesse les yeux sur des réalités désagréables. Midori est une femme bafouée dans son honneur d'épouse: elle a été délaissée pour une autre, plus âgée. Sa réponse: le silence alors qu'elle découvre la liaison et son butinage d'homme en homme, un butinage qui ne s'avère jamais satisfaisant. Cependant, elle aussi entre dans le mensonge puisqu'elle a choisi de se taire dès le début: ce mensonge nourrit sa désillusion, lui offre une bonne conscience à chaque fois qu'elle est avec un homme.
Saïko, la maîtresse, écrit sa lettre avant de se donner la mort. Elle y verse tous ses doutes, toutes ses humeurs, bonnes ou mauvaise, toute sa culpabilité. Elle pense que sa liaison secrète rend impossible l'amour envers Josuke. Elle lui expose tout un argumentaire autour de la noirceur de son âme de menteuse, qui la mène aux frontières de la folie. Saïko a un côté égoïste: elle a savouré cette liaison interdite sans se poser de question pendant longtemps, sans s'inquiéter des réactions de sa fille ni celles de l'épouse trahie. Puis, elle bascule dans le dégoût d'être encore vivante, elle est déboussolée. Est-ce le fait d'avoir appris que son ex-mari (qui fut volage et n'eut pas droit au pardon) refaisait sa vie qui provoque chez Saïko ce délire de culpabilité insupportable au point de vouloir quitter le monde des vivants? Est-ce le fait de sentir, malgré tout, que Midori sait tout et se tait? Est-ce le fait de voir sa fille approcher de l'âge du mariage qui l'ammène à avoir honte de son amour fou? Car elle aime Jusoke, elle est éperdue d'amour pour lui!
Les lettres laissent le lecteur glacé, transi devant cette tristesse et ce gâchis parfois difficiles à supporter. Les couleurs comme le bleu de Prusse de la mer en hiver apportent une poésie et une beauté irréelles: « Immobile, je regardais la mer hivernale, scintillante au soleil, et qui semblait barbouillée d'un bleu de Prusse que l'on viendrait juste de presser hors du tube. » (p 51), le bleu froid et chaud en même temps de la vérité qui se fait jour. Il y a aussi le rouge des feuilles d'automne « Je puis encore me rappeler la beauté du mont Tennozan à Yamazaki, avec son feuillage rouge mouillé par les averses de l'automne finissant. » (p 66), le rouge de la passion égoïste et dévorante d'un couple d'amants oublieux du monde qui l'entoure. La couleur sombre du soleil caché, du monde souterrain du secret évoqué par Shoko, jeune fille qui n'a pas encore connu l'amour et donc peu encline aux concessions.
Inoué écrit un roman épistolaire sur le mensonge de la vie: les personnages passent leur temps à se mentir d'abord à eux-mêmes, ils ne veulent voir que ce qu'ils décident jusqu'à ce que le mensonge devienne insupportable. D'ailleurs, est-ce un hasard si, symboliquement, un serpent entre en scène? Le serpent qui étreint le coeur d'égoïsme, d'orgueil, de rancoeur, de jalousie, ce serpent qui demeure tapi et cependant provoque un étouffement au fil du temps. Le serpent, image d'un fardeau porté par chaque personnage: au final, la solitude?


Dernière édition par le Jeu 27 Sep 2007 - 19:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Inoué Yasushi   Jeu 27 Sep 2007 - 18:41

je viens de lire ce fil qui me donne très envie de lire cet auteur, mais quand....

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MessageSujet: Re: Inoué Yasushi   Jeu 27 Sep 2007 - 19:58

Quand tu en auras le temps et surtout l'envie irrépressible Wink Nous en sommes tous là: débordés par les listes et les piles qui ne cessent d'augmenter...surtout depuis que l'on fréquente forums et blogs littéraires affraid
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MessageSujet: yasuchi inoué   Mer 9 Jan 2008 - 16:53

On a mis du temps pour découvrir Yasuchi Inoué en France. A part Le fusil de chasse, traduit dans les années 5O. D'ailleurs le cas d'Inoué était loin d'etre unique concernant la littérature japonaise...
On traduisit assez longtemps des textes chinois ou japonais à partir de traductions anglaises déjà existantes, ce qui marquait bien le mépris qu'on avait pour ces littératures et... leurs lecteurs...
Heureusement, il y avait les Presses orientalistes de France, la Collection
Connaissance de l'Orient (Gallimard) et plus tard Picquier...

Pour en revenir à Inoué, il avait donc déjà une cinqantaine d'oeuvres derrière lui quand on le traduisit, essentiellement des romans et des nouvelles. Ces oeuvres trraduisent la réalité du Japon et un grand nombre
sont d'inspiration historique.

Parmi elles, La Geste des Sanada (Presses orientalistes de France) , a puisé son inspiration dans les chroniques des 14e et 15e siècles, périodes troublées, et où des guerres civiles mettaient aux prises des clans de type féodal ayant pour but la conquete du trone impérial.
Les faits relatés, les personnages rappellent de façon troublante parfois
Shakespeare. Les memes causes produisant les memes effets, on a l'impression que l'histoire se reproduit à l'identique à des milliers
de kilomètres de distance,avec quelques siècles de différence.
On a pu croire que des personnages exceptionnels comme le roi Lear, Richard III, Macbeth existaient surtout grace au génie de Shakespeare.
On comprend mieux en voyant les films historiques de Kurozawa, la
spécificité japonaise, meme s'il y a ressemblance avec le théatre de
Shakespeare...

Meme en traduction, j'ai eu l'impression qu'Inoué était un styliste, et si dans La geste des Sanada, le style est plutot lyrique et épique, il est plutot sobre, mais intense dans d'autres oeuvres.

C'est le cas de Histoire de ma mère (stock), où Inoué parle de la déchéance et de la mort de sa mère. Inoué aborde le sujet avec une certaine crudité qui
masque de la pudeur et du recul... Dernier paragraphe du livre :

"Je pris le paquet et montai le dernier dans le corbillard. Ma place était réservée à l'arrière. Je m'assis et tins l'urne des cendres sur mes genoux, calée entre mes deux mains. je pensai alors qu'au terme d'une lutte si longue, si acharnée, ma mère était réduite à ce tas de cendres."colibri
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MessageSujet: Paroi de glace   Dim 17 Fév 2008 - 15:16

sousmarin a écrit:
Cet écrivain japonais, plutôt traditionaliste et conservateur, voire réactionnaire, n’en est pas moins un grand auteur.
Certains de ces livres sont, de par leurs sujets, rébarbatifs mais sa bibliographie comportent quelques perles, certaines connues comme Le combat de taureaux ou Le fusil de chasse d’autres beaucoup moins, comme par exemple Paroi de glace, son meilleur ouvrage d’après moi.

Ce livre est à la fois un véritable enchantement, une profonde réflexion philosophique et même un roman (presque policier) à suspense…
Il nous parle de passion… amoureuse ou « montagneuse »…de rapports humains, de bonté…de superbes paysages que l’on voit à travers les yeux du narrateur où chaque chose retrouve sa place.

Paroi de glace appartient à ces récits qui nous enveloppent d’une atmosphère le temps de le lire, il nous emmène dans un long, grand et merveilleux voyage. Une fois refermé, il flotte toujours dans l’air quelque chose d’indéfinissable…


Tout à fait d'accord, très beau livre, mon préféré d'Inoué. Un livre qui nous transporte et nous transforme.
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MessageSujet: Re: Inoué Yasushi   Dim 17 Fév 2008 - 17:37

J'ai beaucoup aimé Le Fusil de Chasse mais c'était il y a 10 ans ! Vous m'avez donné envie de le relire ! J'avais trouvé sa construction très originale et le débit très fluide. bravo
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MessageSujet: Re: Inoué Yasushi   Dim 17 Fév 2008 - 17:53

Je ne sais pas si je dois vous remercier de faire ressortir ce fil Laughing mais je suis tombée sur Le fusil de chasse dans la bibli familiale et je l'ai mis de côté (un de plus!!) sur ma PAL
Vos avis tous unanimes m'ont définitivement convaicue...
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MessageSujet: Re: Inoué Yasushi   Dim 17 Fév 2008 - 17:58

Ah oui, bonne idée, il faudra que je le relise, rien que pour voir si je trouve toujours ce texte plein de contradictions. J'aime déboulonner les "institutions". Very Happy

Pour la construction originale, si c'est l'alternance de points de vues différents, depuis Akutagawa au moins, ce n'est quand même plus si original que ça, je crois.

Quant au débit très fluide, je ne m'y fierais pas : mon édition proclame une traduction de Sadamichi Yokoo, Sanford Golstein et Gisèle Bernier... autrement dit, les deux premiers ont traduit dans la langue de Britney Spears, et Gisèle Bernier dans la nôtre.
Ca fait un peu peur pour juger de la qualité littéraire du texte.

En plus, la traduction anglo-saxonne datant des années 60, en plus, je ne parierais pas qu'un bon coup de canif n'a pas été donné ici ou là dans le texte (comme dans certains romans de Kawabata...). Mais bon, là, c'est un procès d'intention.
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