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 Ludmila Oulitskaïa [Russie]

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Marie
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MessageSujet: Ludmila Oulitskaïa [Russie]   Jeu 13 Déc 2007 - 3:23


Ludmila Oulitskaïa (en russe : Людмила Евгеньевна Улицкая) est née en 1943 à Davlékanovo (Russie, République de Bachkirie). Elle est l'auteur de nombreux romans et nouvelles, ainsi que de plusieurs scénarios de films. Elle est mariée au sculpteur Andreï Krassouline.

Ludmila Oulitskaïa est née au sud de l'Oural, où ses parents moscovites se sont réfugiés pendant la guerre. Elle suit des études de biologie à Moscou dans les années 60. Plus tard, elle perd sa chaire de génétique quand les autorités soviétiques s'aperçoivent qu'elle prête sa machine à écrire à des auteurs de samizdat[1].

Elle se consacre alors à l'écriture, d'abord pour la radio et le théâtre. Elle collabore un temps au Théatre musical juif. Dans les années 80, elle écrit des nouvelles. Mais il lui faudra attendre le démantèlement de l'Union Soviétique pour être véritablement reconnue et publiée. Son premier roman publié en Russie, Sonietchka, paraît dans le magazine littéraire Novy Mir en 1992. Ses œuvres sont largement traduites et diffusées à l'étranger, principalement en Allemagne. En France, elle est publiée dès la fin des années 80 chez Gallimard.

En 1996, à Paris, elle reçoit le prix Médicis étranger pour Sonietchka. Le prix Booker russe[2] lui est décerné pour Le Cas du docteur Koukotski en 2001. En 2005, elle est distinguée par l'Académie allemande de littérature pour la jeunesse (Deutsche Akademie für Kinder- und Jugendliteratur).

Oeuvres:

* Mensonges de femmes (Сквозная линия, roman)

* Contes russes (Contes et légendes jeunesse)

* Sincèrement vôtre, Chourik (Искренне Ваш Шурик, roman)

* Le Miracle des choux et autres histoires russes (Contes et légendes jeunesse)

* Le Cas du docteur Koukotski (Казус Кукоцкого, roman)

* Un si bel amour et autres nouvelles (nouvelles)

* De joyeuses funérailles (Веселые похороны, roman)

* Sonietchka (Сонечка, roman)

* Les Pauvres parents (nouvelles)

* La Maison de Lialia et autres nouvelles (nouvelles)

* Médée et ses enfants (Медея и ее дети, roman)

Source Wikiedia


Dernière édition par Marie le Dim 7 Déc 2008 - 1:40, édité 1 fois
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Marie
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MessageSujet: Re: Ludmila Oulitskaïa [Russie]   Jeu 13 Déc 2007 - 3:53

Le cas du Docteur Koukotski
traduit du russe par Sophie Benech
Editions Gallimard


C'est une lecture qui m'a pris beaucoup de temps, et heureusement que je ne lisais pas que cela, sinon, je crois que je l'aurais arrêtée au milieu. Et je l'aurais regretté, car cette saga d'une famille russe des années 50 à 70 ne manque ni d'intérêt, ni de charme. Elle déborde de personnages , que l'on suit au fil du temps, et j'aime bien ce mode narratif. Et le thème qui m'apparait central est celui de la maternité, décliné sous tous ses modes, la génétique et même l'eugénisme, la stérilité, l'obstétrique, l'adoption, la paternité -avec à ce sujet une vision très personnelle de l'identité et du rôle d'un père...
Avec beaucoup de détails sur la vie quotidienne durant ces années.
Et cet aspect du livre, je l'ai aimé.
Le problème est que ce récit est divisé en trois parties, dont la première et la dernière racontent l'histoire familiale de façon chronologique.
Et au milieu , de nombreuses et très longues pages imagées, oniriques ou délirantes, qui relèvent plus de la littérature fantastique, et qui ne seraient pas inintéressantes si elles étaient un peu mieux expliquées ailleurs. Car on ne comprend jamais pourquoi cette rupture. Même si elle correspond à une transformation définitive de l'état neurologique de la mère de l'héroïne, Tania après une maladie avec perte de conscience ..
De même, des éléments importants du récit, comme par exemple cette faculté de Pavel Alexeïevitch Koukotski de voir, comme si ces yeux étaient un scanner, les maladies à travers les corps de ses malades. Et dont l'auteur ne reparle pas dans la troisième partie...
On a l'impression, à la lecture, que Ludmila Oulitskaïa veut trop en dire, que les idées foisonnent, mais que tout reste un peu brouillon...
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Arabella
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MessageSujet: Re: Ludmila Oulitskaïa [Russie]   Jeu 13 Déc 2007 - 7:03

De Ludmila Outlislaïa je n'ai lu que Sonietchka, j'avais bien aimé et je voulais continuer à explorer cet auteur. Suite à la lecture de ta critique, je ne pense pas que ce sera Le cas du docteur Koukotski, peut être un livre plus court.
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coline
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MessageSujet: Re: Ludmila Oulitskaïa [Russie]   Jeu 13 Déc 2007 - 12:59

arabella a écrit:
De Ludmila Outlislaïa je n'ai lu que Sonietchka, j'avais bien aimé et je voulais continuer à explorer cet auteur.

Moi aussi, je n'ai lu que Sonietchka, et voici ce que j'en avais dit à l'époque...Aïe...jypeurien

Sonietchka

Le roman est court (108 pages) et se lit sans difficulté. Même avec un certain plaisir. Lorsque je l’ai refermé, je me suis pourtant sentie déçue.
Déçue par ce personnage de Sonietchka qui, en toutes circonstances, « irradie toujours du même bonheur résolument paisible et mystérieux » (c’est ce que dit l’éditeur sur la quatrième de couverture).
Sonietchka n’est pas belle…Elle est humiliée par un amour d’adolescence non partagé…Son Robert qui va l’épouser, un peintre, plus âgé qu’elle qui a connu les camps et beaucoup vécu n’est pas fidèle…Il la trompe même avec une jeune fille qu’elle a voulu recueillir sous leur toit…Leur propre fille, Tania, ne montre guère d’affection et de reconnaissance à sa mère…Bref…La vie n’est pas rose…
Et pourtant Sonietchka « cultive toujours le même bonheur limpide »…
Mais, me dis-je, elle fait pour cela preuve d’une certaine force peut-être ? Une distance qui la protège. Et d’où tire-t-elle cette force ?
Or, son frère, dès son plus jeune âge, disait d’elle : « A force de lire sans arrêt, Sonietchka a un derrière en forme de chaise, et un nez en forme de poire ! »
Et dans les premières pages, elle est décrite ainsi :
« Elle tombait en lecture comme on tombe en syncope, ne reprenant ses esprits qu’à la dernière page du livre.
Elle avait pour la lecture un talent peu ordinaire, peut-être même une sorte de génie. Les mots imprimés avaient sur elle un tel empire qu’à ses yeux, les personnages imaginaires existaient au même titre que les êtres vivants.
[…]Ce goût de la lecture, qui prenait l’allure d’une forme bénigne d’aliénation mentale, la poursuivait jusque dans son sommeil : même ses rêves, on peut dire qu’elle les lis
ait »

Alors, j’aurais voulu qu’elle tire sa force de ses lectures ! J’aurais voulu qu’elles soient son refuge !…Même pas !
Dès son mariage, elle abandonne les livres pour le ménage, la cuisine, la lessive…Et sans révolte…
Le père et sa fille, eux, affichent leur complicité. « Tous les deux, lui par un sentiment de supériorité naturel, elle, du fait de sa jeunesse et de son hérédité, prétendaient à la meilleure part, celle d’un intellectualisme élitaire, laissant à Sonietchka les tâches bassement matérielles de la vie quotidienne. Mais il ne venait même pas à l’idée de Sonietchka de s’attrister de la part qui était la sienne et d’envier leurs sommets. »

Sonietchka est bonne, lisse…jusqu’à l’inconsistance !
Est-ce un beau « personnage de roman » ?
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gaspard
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MessageSujet: Re: Ludmila Oulitskaïa [Russie]   Ven 14 Déc 2007 - 10:40

j'avais lu:
Un si bel amour et autres nouvelles.
Et j'ai été plutôt déçu. A part une nouvelle qui etait excellente, les autres ..bof.
j'avais eu envie de lire Sonetchka ( forcément, le titre ... ), et en voyant le sujet, cela ne m'a guère donné envie.
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Babelle
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MessageSujet: Re: Ludmila Oulitskaïa [Russie]   Ven 14 Déc 2007 - 20:49

Chez les Koukotski, on est médecin de père en fils, depuis le 17è siècle et c'est en 1917 que Pavel entre à la faculté de médecine de Moscou.
Son père, Alexéï Gavrilovitch, avait murmuré pensif à son épouse 10 ans plus tôt :
Citation :
"J'ai bien peur que Pavlik ne devienne pas médecin : il a un sacré cerveau. Il devrait faire de la recherche, -puis lui avait mis entre les mains le beau facsimilé du traité de Léonard de Vinci Dell'anatomia, 18 planches, 245 dessins, édité à Turin à la fin du 19è s.
Tiens, jette un coup d'oeil là-dessus..

- Avant cela le petit Pavel, peur d'être surpris, se cachait dans le cabinet de son père, entre le poêle et la bibliothèque, passant des heures à assembler & démonter les modèles humains en carton et chacun de leurs organes dans l'encyclopédie médicale de Platen.
Oui, Pavel a un don, une qualité, un "plus", que la plupart de ses confrères ignorent. Face à ses patients il voit et sonde le corps humain à la manière d'un "échographe". Observant de loin le professeur Véniaminovitch, pédiatre réputé, qui lui prescrit pour sa fille Tania la Suisse
La Suisse?
Citation :
..dans les limites du raisonnable, bien évidemment. C'est à dire dans la Suisse des environs de Moscou; promenades et sieste en plein air, de l'huile de foie de morue bref, La Montagne magique de Thomas Mann -dont Isaac Véniaminovitch n'avait jamais entendu parler
Pavel suit la lueur pourpre d'une tumeur cancéreuse enveloppant l'estomac du vieil homme, ses yeux décèlent la ramure d'une métastase rampant le long du médiastin...

-Tout le monde est surveillé. On a peur. C'est un coup de chance d'échapper aux arrestations. Les confrères, célèbres généticiens et chercheurs, Goldberg et Lévit et d'autres à la suite, sont arrêtés. Année 50.
Puis
Citation :
L'époque stalinienne prit fin le 5 mars 1953, mais pendant longtemps encore, personne ne s'en douta. La mort du Guide fut annoncée à la radio dans la matinée. A ce moment-là il était déjà mort depuis plusieurs jours mais le désarroi de ceux qui devaient à présent prendre les commandes du navire était si immense qu'ils avaient décidé de commencer par informer le monde de sa maladie. ces faux bulletins sur l'état de santé d'un défunt ne fournissaient pas seulement des informations sur la détérioration progressive d'une santé qui n'existait plus. Ils donnaient des termes médicaux et des chiffres qui, en soi, ne disaient pas grand-chose aux gens ordinaires, mais rien que la combinaison des mots "analyses d'urine normales" signifiait que les habitants des cieux, eux aussi, déboutonnaient leur braguette, sortaient leur membre entre l'index et le majeur et produisaient une certaine quantité d'urine. Même si elle était de qualité parfaite, c'était quand même de l'urine! Ce fut le premier coup, mais un coup dévastateur, porté au culte de la personnalité.
(...) On sanglotait, on sévanouissait, on s'effondrait avec des infarctus. D'autres poussaient des soupirs de soulagement...


Dernière édition par le Ven 14 Déc 2007 - 20:56, édité 1 fois
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Babelle
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MessageSujet: Re: Ludmila Oulitskaïa [Russie]   Ven 14 Déc 2007 - 20:54

Le Cas du docteur Koukotski
(suite)

Nous traversons avec humour les péripéties de la famille Koukotski. Mais des passages sont aussi empreints d'émotions. Je pense à celui où la femme de Pavel, Elena, décide d'écrire secrètement un journal intime, carnet de vie au jour le jour, car elle s'aperçoit qu'elle perd peu à peu la mémoire (des noms, des lieux).
Elle n'a qu'une quarantaine d'années et je me demande si la maladie d'Alzheimer était reconnue dans ces années 50 et 60...
Citation :
Au fond de mon âme, je soupçonne que c'est le début d'une horrible maladie. Je viens d'écrire cela et, maintenant, j'en suis définitivement convaincue. Et cela me fait si peur. Personne n'a jamais eu ça dans la famille. Quoique... Il me semble que grand-mère avait une soeur aînée qui était retombée en enfance dans sa vieillesse. Ce qui est affreux, c'est que, dans ce cas, toute la vie que l'on a vécue perd son sens. Si on a tout oublié de sa vie... Il faut tout noter, tout.

Douce atrocité : on assiste au rassemblement de milliers de gens venus spontanément rendre hommage à la dépouille de Staline, nombreux sont ceux qui mourront étouffés dans la foule tandis que milice, morgue, urgences, hôpitaux sont dépassés ou bondés.
La foule est enfermée dans un piège aussi meurtrier que la Khodinka* au centre de la capitale.
* (lors du couronnement de Nicholas II, la foule s'était retrouvée coincée de la même façon pendant les réjouissances et il y eut de nombreux morts).
Autre curiosité : Elena se souvient de son enfance passée auprès de sa famille paternelle dans une communauté tolstoïenne (apprentissage de la lecture et de l'écriture dans des livres de littérature... travail et repas communautaires précurseurs de ce que seront les kolkhozes, avant que les membres de cette communauté ne soient expulsés vers la profonde Sibérie d'où ils ne reviendront pas...
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Marie
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MessageSujet: Re: Ludmila Oulitskaïa [Russie]   Sam 15 Déc 2007 - 5:01

Ah, Babelle, tu l'as lu! Ton avis m'intéresse! Qu'as tu pensé de la deuxième partie du livre? J'aurais bien aimé savoir ce que l'auteur voulait vraiment dire...
Je crois que Sakhti l'a lu aussi?
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Menyne
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MessageSujet: ludmila Oulitskaïa   Sam 10 Mai 2008 - 19:21

Je viens de terminer Mensonges de femmes.
C'est un petit roman qui pourrait être une succession de nouvelles car chaque chapitre présente un nouveau personnage avec une histoire indépendante de la précédente.
Le fil: c'est une femme, Génia, qui à divers moments de sa vie sera confronté aux mensonges de différentes femmes. pinocchio
Génia ne juge pas ces mensonges. Elle ne les comprend pas tous, elle est parfois peinée mais elle vit avec. N'est -ce pas d'ailleurs ce que nous faisons tous les jours ?

J'ai pris ce livre au hasard à la bibliothèque, je ne connaissais pas du tout ! Je ne suis ni déçue, ni emballée...
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MessageSujet: ludmila oulitskaia   Sam 10 Mai 2008 - 21:34

D'accord avec Marie : Oulitskaia est beaucoup plus à l'aise dans le genre
court : Sonietchka, nouvelles.. à l'exception de Médée et ses enfants
que j'avais bien apprécié...

Oh et puis, c'était au printemps, dans le Lubéron... y otras tonterias...
Va faire de la critique dans certaines conditions ! Surprised

colibri
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MessageSujet: Re: Ludmila Oulitskaïa [Russie]   Dim 11 Mai 2008 - 8:47

un si bel amour et autres contes
Poche: 205 pages
Editeur : Editions Gallimard (23 octobre 2003) ISBN-10: 2070302725

Présentation de l'éditeur

Les sept nouvelles ici rassemblées explorent toutes le sentiment amoureux, sous ses formes les plus diverses. Ludmila Oulitskaïa décrit le monde de l'enfance et de l'adolescence, ces moments de passage où la sensualité s'éveille et où le sentiment amoureux se construit, selon des lois mystérieuses qui échappent à la raison. La cruauté n'est pas absente de ces nouvelles, comme pour confirmer l'adage selon lequel les histoires d'amour finissent toujours mal, et Oulitskaïa excelle dans l'art de camper un monde en quelques lignes, tantôt ironiques tantôt nostalgiques, mais toujours d'une rare acuité

Mon commentaire
La varicelle : comme un frais-léger galimatias exagérément prépubère, l'auteure met en scène quelques premiers émois féminins voués à la découverte des corps non encore maîtrisés.

Un si bel amour : quête d'une sollicitude privilégiée de la part d'une jeune fille pauvre, attirée par une professeur, belle et de milieu de vie aisée. Toujours dans le décor des années quatre-vingt, réveil de la Russie à la liberté de penser, d'agir et d'écrire sur les relations humaines non formatées.

La bête : un semblant d'intrigue dénuée de rythme, de chaleur.

Grandes phrases inutiles. Au fil des nouvelles, toujours présent ce nécessaire besoin de réunir ses personnages lors de fêtes commémoratives (anniversaires, Jour de l'An) abondamment pourvues de mets (somptueux) et largement arrosées d'alcool.
Cela ressemble à un petit travail sur la négative, en opposition permanente avec le respect des convenances, les tentatives timides de révolte contre le pouvoir en place (administratif, familial).
L'émergence des douleurs profondes, ne contrecarre jamais la volonté d'échapper aux lourdeurs autochtones. Le constat est amer, rendant stériles les envies de neuf. Ce sont les enfants qui découvrent la vie, qui apprennent les joies des émerveillements minuscules. Seul l'esprit vierge peut encore croire à la beauté de l'avenir (journée de la femme vécue comme une fête). Mais l'oeil neuf ébloui par le monde des adultes, se ternit face aux illusions déçues. (un tel personnage se marie, enfante et vivote mal, un autre sombre dans la solitude, un troisième se réfugie dans l'abnégation d'un travail scrupuleux).

Ludmila place tous ses espoirs de changement dans la force de la jeunesse, l'inconscience des débordements juvéniles ou la désertion du pays comme seule échappatoire possible (Lilia ou Léna dans Chourik).
Il existe une chape de plomb recouvrant le réel à ne pas décrire sans allégorie mielleuse. C'est un constat, affligeant, sans force ni volonté, si ce n'est la photographie des banalités ennuyeuses.
Si la censure existe encore, je comprends mieux cette retenue. Peut-être faut-il le prendre comme un message qui nous demande, à nous, de faire bouger les choses.
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Arabella
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MessageSujet: Re: Ludmila Oulitskaïa [Russie]   Ven 24 Oct 2008 - 21:55

Mensonges de femmes


Il s'agit d'un ensemble de récits, à première vue de sortes de nouvelles, dans lesquelles à un moment ou un autre apparaît Génia, fil rouge de l'ensemble. Mais les premiers récits sont centrés sur d'autres femmes, ou filles, Diana, Nadia, Lialia. Le fil rouge est énoncé d'emblée, ce sont les mensonges que ces femmes ou ces filles s'inventent pour rendre le quotidien supportable. Mais l'essentiel ce sont elles, et leurs inventions ont pour fonction de réveler leurs rêves, aspirations, manques, finalement la part essentielle d'elle-mêmes. Et vers la fin du livre, Génia prend de plus en plus d'importance, elle n'est plus seulement le receptacle des confidences des autres ma se découvre à nous. Et le dernier, et le plus long chapître qui lui est consacré m'a dérouté, j'ai cherché le mensonge du titre, mais les choses sont plus compliqués, et ce dernier n'est pas donné d'emblée à nous. J'ai en fin de compte mon hypothèse, mais je ne vous la livrerais pas, à chacun de trouver sa réponse.

J'ai aimé ce livre, drôle, en apparence léger, centré sur le quotidien, et ses petites souffrances et insatisfactions, comme l'univers de la plupart des femmes, mais en réalité plein d'humanité, et beaucoup plus subtil qu'il n'y paraît à première vue.

_________________
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MessageSujet: Re: Ludmila Oulitskaïa [Russie]   Dim 7 Déc 2008 - 0:23

Peut-être y-avait-il une petite faute dans le titre? Elle s'appelle bien Ludmila Oulitskaïa. Trouvé car je l'ai cherché avec le faux nom sur Amazon Embarassed .
Hier il y avait dans "Le monde des livres" un article remarquable,sur son nouveau roman sur lequel elle a travaillé pendant une quinzainer d'années: Daniel Stein, interprète. Des amis russes m'ont parlé positivement.

Amazon, Présentation de l'éditeur:
Ce nouveau livre de la grande romancière et nouvelliste russe Ludmila Oulitskaïa est consacré à un personnage hors du commun, le père Daniel Stein, né en Pologne en 1922 et mort en Israël en 1995. Son destin est exceptionnel à plus d'un titre : il échappe miraculeusement à la déportation en se faisant passer pour un Allemand, puis se convertit au catholicisme, avant de s'installer en Israël dans un monastère près d'Haïfa. Dans ce livre foisonnant, Ludmila Oulitskaïa ressuscite avec brio un personnage fascinant injustement oublié du grand public. Daniel Stein, interprète, son neuvième livre traduit en français et publié aux Éditions Gallimard, a remporté un succès exceptionnel en Russie
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MessageSujet: Re: Ludmila Oulitskaïa [Russie]   Dim 7 Déc 2008 - 0:28

Je n'ai pas été emballée par la lecture de Sonietchka, le seul livre de cet auteurque j'aie lu...Une grossedéception...Je la voyais encensée partout sur le Net...
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MessageSujet: Re: Ludmila Oulitskaïa [Russie]   Ven 30 Jan 2009 - 12:12

Pour ma part j'ai juste lu le début de mensonges de femmes, tellement stupide et fat que je ne suis pas allé plus loin.
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