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 Julio Cortazar [Argentine]

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gaspard
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MessageSujet: Julio Cortazar [Argentine]   Jeu 20 Déc 2007 - 14:26



Julio Cortázar est un écrivain argentin né le 26 août 1914 à Bruxelles, de parents argentins.
Il est naturalisé français à la fin de sa vie en 1981.
(du coup, j'aime taquiner une amie sud-américaine, en lui disant que c'est notre plus grand écrivain français )
Il meurt de leucémie le 12 février 1984 à Paris
c'est pourquoi, vous pouvez aller voir sa tombe au cimetière Montparnasse, ainsi que celle de sa dernière femme, Carol Dunlop, avec qui il a écrit les "Les autonautes de la cosmoroute".

Bibliographie

Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)

Publications
1949 Les Rois,
1950 L'Examen,
1956 Fin d'un jeu,
1959 Les armes secrètes,
1959 Les gagnants,
1965 Cronopes et Fameux, Page 1
1963 Marelle, Pages 1, 4,
1966 Tous les feux le feu, Page 1
1966 Les Discours du pince gueule,
1967 Le Tour du jour en 80 mondes,
1968 62, maquette à monter,
1972 Prose de l'Observatoire,
1973 Livre de Manuel,
1975 Fantômas contre les vampires des multinationales,
1976 Le bestiaire d'Aloys Zötl (1803-1887),
1977 Le Dernier Terrain vague,
1978 Tendre parcours…, sur des photos de Frédéric Barzilay,
1983 Les Autonautes de la cosmoroute,
1984 Crépuscule d'automne,
1995 Journal d'Andrés Fava,

Recueils de nouvelles publiés en français
Les Armes secrètes, Page 3
Façons de perdre
Gîtes
Octaèdre
Heures indues
Nous l'aimons tant, Glenda
La porte condamnée

Citation :
mise à jour le 12/03/2013 à la page 4


C'est difficile de parler de Cortazar. Il y a peu d'auteurs qu'on puisse lui comparer. C'est mon novelliste préféré, lje l'ai lu et relu. Je ne sais pas combien de fois j'ai pu lire les nouvelles des armes secrètes. Et toujours, avec la promesse de les relire encore, tellement chaque nouvelle est riche et un bonheur de lecture. A chaque fois, on plonge dans un monde dans lequel des ruptures intimes de la réalité nous ouvrent des espaces inconnus infinis.
C'est aussi un romancier. Je connais des gens qui se feraient damner pour Marelles qui est sans doute son roman le plus connu. Personnellement, j'ai une petite préférence pour ses nouvelles. J'ai relu récemment Circé, Fin d'un jeu, et Manuscript trouvé dans une poche ... c'est fabuleux.

Je mets ici, deux extraits de Cronope et fameux , ce sont des nouvelles profondément originales et drôles.

Citation :
Un Fameux possédait une pendule murale et toutes les semaines il la remontait AVEC SOIN. Vint à passer un Cronope qui la voyant se mit à rire, rentra chez lui et inventa la pendule-artichaut ou cynara car l'un et l'autre se dit ou se disent.
La pendule-artichaut de ce Cronope est un artichaut de la plus grande espèce fixé par sa tige à un trou dans un mur. Les innombrables feuilles de l'artichaut marquent l'heure présente mais aussi toutes les heures, de sorte que le Cronope pour savoir une heure n'a qu'à enlever une feuille. Comme il les enlève de gauche à droite, la feuille donne toujours l'heure exacte et chaque jour le Cronope enlève un nouveau rang de feuilles. Quand il arrive au coeur, le temps n'est plus mesurable et dans l'infinie rose violette du centre, le Cronope découvre un infini contentement, après quoi il la mange à la sauce vinaigrette et met une autre pendule dans le trou.



Citation :


Instructions pour remonter une montre
Là-bas au fond il y a la mort, mais n'ayez pas peur. Tenez la montre d'une main, prenez le remontoir entre deux doigts, tournez-le doucement. Alors s'ouvre un nouveau sursis, les arbres déplient leurs feuilles, les voiliers courent des régates, le temps comme un éventail s'emplit de lui-même et il en jaillit l'air, les brises de la terre, l'ombre d'une femme, le parfum du pain.
Que voulez-vous de plus? Attachez-la vite à votre poignet, laissez-la battre en liberté, imitez-la avec ardeur. La peur rouille l'ancre, toute chose qui eût pu s'accomplir et fut oubliée ronge les veines de la montre, gangrène le sang glacé de ses rubis. Et là-bas dans le fond, il y a la mort si nous ne courons pas et n'arrivons avant et ne comprenons pas que cela n'a plus d'importance.

et vous, Cortazar ?
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Arabella
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MessageSujet: Re: Julio Cortazar [Argentine]   Jeu 20 Déc 2007 - 20:29

Quelle excellente idée que d'ouvrir un fil sur Julio Cortazar, j'ai lu pas mal de choses de cet auteur, c'est malheureusement trop ancien pour faire un commentaire intéressant, mais je me souviens avoir pris beaucoup de plaisir en lisant par exemple Les gagnants. aime

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kenavo
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MessageSujet: Re: Julio Cortazar [Argentine]   Jeu 20 Déc 2007 - 20:45

gaspard a écrit:
et vous, Cortazar ?
Un auteur qui a écrit quelque chose sur le Jazz ou un livre dont le Jazz est le thème principale - on peut être sur que je l'ai lu content
L'homme à l'affût
A part cela j'en ai lu quelques uns - mais je suis dans la même situation qu'Arabella.. cela date de trop longtemps (mince - non seulement, que tous les jours il y a des auteurs nouveaux qu'on veut découvrir - les livres qu'on a déjà lu demandent une deuxième lecture Wink )
Mais la plus grande merveille que j'ai lu de lui est apparemment pas traduit en français? Ce livre s'appelle en allemand: 'Reise um den Tag in 80 Welten' (Voyage autour d'un jour en 80 mondes) – c’est un livre plein de textes, poèmes, images, photos sur toutes les choses qui lui sont chères…

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c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
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gaspard
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MessageSujet: Re: Julio Cortazar [Argentine]   Ven 21 Déc 2007 - 12:30

@ arabella, ça serait bien de relire miammiam
@kenavo ( ça me fait tjs rire, ce pseudo, j'ai envie de dire, bonjour kenavo laugh ). Oui! c'est le tour du jour en 80 mondes, c'est un "objet" formidable, et qui contient pleins de choses passionantes ! sur Jules Verne, sur la reine victoria, Jack l'eventreur, etc ... aime
Pour contre, il y a des années que j'ai pas lu l'homme à l' affût. Du coup, je l'ai complétement oublié. En general, je relis toujours Fin d'un jeu que j'adore dans Les armes secrêtes ( et je sais pas pourquoi j'aime tant cette nouvelle d'ailleurs ).

A chaque fois, ce qui me frappe, c'est l'écriture de Cortazar. C'est à la fois intense et ténu, et d'une virtuosité que je trouve rare. Alors, on est obligé de le relire, c'est difficile d'y couper. Mais l'avantage avec les nouvelles, c'est que c'est l'affaire d'une demi-heure, ça se case n'importe où ! Il suffit d'en avoir toujours une sur soi !
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kenavo
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MessageSujet: Re: Julio Cortazar [Argentine]   Ven 21 Déc 2007 - 12:47

gaspard a écrit:
@kenavo ( ça me fait tjs rire, ce pseudo, j'ai envie de dire, bonjour kenavo laugh )
T'as raison - en venant sur ce forum, j'étais habituée à ce pseudo - mais surtout sur des sites allemands ou les gens le prenaient pour un nom quelconque.. avec tous les Bretons par ici cela fait vraiment drôle Very Happy mais au moins avec mon pseudo je tiens à ce qui m'est encore plus cher que les livres - la Bretagne... .
Et j'aime le dire avec les mots de Florent Pagny "Terre"
je connais ces terres
j'ai foulé ces pierres
j'y suis déjà venu
et j'y ai vécu
une sensation franche
cette lumière blanche
j'ai enfin trouvé
la paix que je cherchais

Mais revenant sur le sujet de ce fil content
Il y a quelques semaines j'étais tentée par son roman Les gagnants- tu connais ce livre de lui? Tu peux le recommander?

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MessageSujet: Re: Julio Cortazar [Argentine]   Ven 21 Déc 2007 - 12:56

( j'aime pas trop Pagny, mais bon, laissons le massacrer Brel en paix Laughing )

Ecoute, Les gagnants, je l'ai commencé à une époque ou je n'avais vraiment pas le temps de lire. Et je l'ai oublié en route. J'avais lu, quoi , 100 pages, ça m'avait semblé vraiment très bien ! je regrette vraiment de ne pas l'avoir continué. mais c'est difficile de juger un livre sur 100 pages, n'est-ce-pas. mais mon souvenir est très favorable.
Il y a une malédiction entre les romans de Cortazar et moi, j'avais déjà un peu massacré Marelle, en le lisant, à un moment ou je n'aurai pas du ( j'etais en surcharge cognitive honte Shocked ). Mais je voudrais les reprendre, je suis tellement inconditionnel de ses nouvelles ! j'ai les Gagnants à reprendre et Le livre de Manuel aussi qui m'attend à la maison.
Bon, si tu lis Ls gagnants, tu me dis, je le reprend, on pourra discuter, comme ça.
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kenavo
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MessageSujet: Re: Julio Cortazar [Argentine]   Ven 21 Déc 2007 - 13:15

gaspard a écrit:
Bon, si tu lis Ls gagnants, tu me dis, je le reprend, on pourra discuter, comme ça.
Même avec les 100 pages tu m'a déjà convaincu content je vais donc revenir sur ce fil quand je l’aurai lu

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MessageSujet: Re: Julio Cortazar [Argentine]   Ven 21 Déc 2007 - 22:13

gaspard a écrit:


j'ai les Gagnants à reprendre et Le livre de Manuel aussi qui m'attend à la maison.

Oui Gaspard, il faut reprendre Les gagnants, c'est personnelement mon préféré avec Les armes secrètes, mais en revanche Le livre de Manuel est le seul livre de Cortazar que j'ai lu et pas aimé, trop politique et pas assez poétique et mystérieux à mon goût, mais c'est évidemment subjectif.

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MessageSujet: Re: Julio Cortazar [Argentine]   Jeu 3 Jan 2008 - 14:05

Dire que j'ai acheté Cronope et fameux et totalement oublié de le lire, je vais vite réparer cela et t'en dire des nouvelles... !
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MessageSujet: Cortázar Julio   Ven 29 Fév 2008 - 23:07

Tous les feux le feu de Julio Cortázar
Editeur : Gallimard collection : L'imaginaire
ISBN : 2070770273

Présentation de l'éditeur
Qui de nous ne s'est jamais trouvé pris dans un embouteillage? Qui n'a pas tenté de tuer le temps en observant les passagers des voitures voisines, en essayant de gagner quelques mètres sur eux et en échangeant des pronostics, bons ou mauvais, sur le développement de la situation? Mais que se passe-t-il si l'embouteillage dure des jours, des semaines, des mois? C'est ce que Cortazar imagine dans L'autoroute du Sud, la première des huit nouvelles de ce recueil. Pour Cortazar, rien, en effet, n'est plus inquiétant que la plus banale des réalités. La trame du quotidien est tissée de signes insolites, pour qui sait les lire.

Mon commentaire :

Recueil de nouvelles, tantôt absurdes (comme « l’autoroute du sud »), tantôt baignées de souvenirs de guerre très profonds (« réunion »)
Les ambiances aussi diverses les unes que les autres, sont si bien décrites qu’à peine commencé je tombe dans une atmosphère frisant avec le vécu, l’autobiographie.
L’autoroute du sud : sur les contacts noués avec des compagnons d’infortune sont aussi éphémères que peuvent l’être les situations loufoques. Cortázar s’intéresse à la santé réparatrice des malades. Quelque soit la situation, il organise l’espace, attribue aux personnages des fonctions bien précises, une manière de mettre en place un système de lutte, de survie, de forces vives.

Réunion
 : sur le maquis dans l’atrocité de son quotidien sanglant, combattu par de farouches soldats ayant pour finalité la seule conquête d’un objectif déterminé.
La réunion des compagnons guérilleros autour d’un nom celui de leur chef, permet à tous de garder la tête hors de l’eau. Ce chef, symbole de délivrance, d’espoir et d’avenir. Une poignée d’hommes qui peut renverser un pouvoir totalitaire non désiré, parce qu’ils portent en eux le feu, la farouche ferveur d’un juste combat contre l’oppresseur. Une étincelle de vie révolutionnaire qui donne à la population soumise, la force des vainqueurs. Faut il y retrouver là, une réplique de la conquête de Fidèle Castro à Cuba ?

Cortázar garde comme fil rouge, les soins médicaux apportés aux malades, nécessiteux, blessés. Des histoires d’entraides à propos de la vie qui nous est confiée pouvant dépendre à tout moment des mains d’autrui. Autant qu’elles soient bonnes.
Cortázar est un auteur engagé, un véritable révolutionnaire déjà oublié, pourtant naturalisé français par Mitterrand en même temps que Kundera.
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MessageSujet: Re: Julio Cortazar [Argentine]   Dim 13 Juil 2008 - 21:13

J'ai découvert Julio Cortázar il y a peu, avec Historias de Cronopios y de Famas (je suis assez pertubée par l'idée qu'on a francisé les créatures). J'avais lu une de ses nouvelles(Fin del mundo del fin), extraite du même ouvrage, et ayant trouvé ça assez sympathique -un monde croulant sous le poids des écrivains et de leurs ouvrages, des mers débordantes de livres, une énorme "pâte agglutinante" entre les continents, de nouveaux textes dans les interlignes des vieux, une petite morale sur les 'méchants dirigeants' -, j'ai décidé de m'aventurer plus loin dans son oeuvre.

Je n'ai pas été déçue pour un sou. C'est délirant et surréaliste à souhait. Décalé. Drôle. Intelligent.


Pour ceux que ça intéresse, le livre est disponible en espagnol sur internet ( http://www4.loscuentos.net/cuentos/other/1/3 ).

(:
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MessageSujet: Re: Julio Cortazar [Argentine]   Mar 2 Sep 2008 - 18:13

Il me semble qu'il y a une sorte d'anthologie qui est sortie il y a quelques mois sur Cortazar, ça vous parle ?
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MessageSujet: Re: Julio Cortazar [Argentine]   Mar 2 Sep 2008 - 18:36

Miss Tics a écrit:
Il me semble qu'il y a une sorte d'anthologie qui est sortie il y a quelques mois sur Cortazar, ça vous parle ?

Julio Cortázar "Nouvelles, histoires et autres contes" (chez Gallimard).
Wink
Mais pas lu!
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MessageSujet: Re: Julio Cortazar [Argentine]   Mer 3 Sep 2008 - 23:09

coline a écrit:


Julio Cortázar "Nouvelles, histoires et autres contes" (chez Gallimard).
Wink
Mais pas lu!

Merci, ça c'est du service express, mieux que Google Wink
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MessageSujet: Re: Julio Cortazar [Argentine]   Mer 17 Juin 2009 - 14:23

Marelle


J’ai suspendu tous mes projets de lecture en cours en lisant les premières pages de Marelle. On me l’avait offert il y a une dizaine d’années et je l’avais laissé de côté, effrayé par sa complexité apparente (mais bien réelle !). Et je n’ai pas pu le lâcher. J’en sors avec un sentiment d’émerveillement et d’égarement. C’est un livre fabuleux, labyrinthique, initiatique, musical, ludique. De ces chefs d’œuvre inépuisables qui laissent sans voix. Je vais quand même essayer d’en dire quelque chose…

Pour se mettre dans l’ambiance on peut rappeler qu’une partie du roman se passe dans le Paris des années 50 dans une ambiance jazzy qui devrait enthousiasmer Kenavo. On a même sorti un disque-livre qui rassemble l’ensemble des morceaux évoqués tout au long des pages et que pour le coup je vais me commander… Je regrette presque de ne pas l’avoir eu en même temps.



Ensuite il faut connaitre les règles du jeu. Puisque le roman s’appelle Marelle, la construction obéit à des lois en apparence aléatoires mais qui s’ordonnent parfaitement. Pas vraiment au sens traditionnel et narratif du terme mais plutôt d’un point de vue existentiel et métaphysique, « pataphysique » même, puisque c’est une forme de roman surréaliste qui répond aux critères de la pataphysique tels qu’Alfred Jarry les a définis. Je peux faire mon malin car il en était question à l'expo Hypnos à Lille. ça aide! C'est d'ailleurs ce qui m'a remis ce roman de Cortazar en mémoire...

Cortazar nous donne donc le mode d’emploi dès le début du roman en expliquant qu’on peut le lire dans sa continuité (du chapitre 1 au chapitre 56) ou en sautant de chapitres en chapitres selon les indications fournies (on commence au chapitre 73 puis 1,2,116… jusqu’au 131), comme au jeu de marelle. C’est un jeu de piste où s’opposent un récit linéaire qui est une histoire d’amour passionnel et une sorte de temps parallèle où on assiste à des actions simultanées et surtout des digressions philosophiques qui le complètent. Le livre peut ainsi se lire en 2 étapes séparées : La « fiction » (« De l’autre côté » et « de ce côté-ci ») et l’ « essai » (« de tous les côtés ») qui s’enrichissent mutuellement. Autrement dit on peut se contenter de l’histoire la plus simple (et même s’arrêter au chapitre 56) ou la faire entrer en résonance avec un véritable monde parallèle qui change l’angle d’observation et de compréhension (à travers des réflexions sur l’art, le roman…) . ça peut effrayer mais l’histoire est suffisamment captivante pour qu’on s’accroche. On peut aussi glisser sur certains passages... innocent

Le récit (la « fiction ») est celui d’une histoire d’amour entre un sculpteur argentin, Horacio Oliveira, et Sybille, une uruguayenne mystérieuse qui l’accompagne dans sa vie de bohême sur Paris.

Ne pas lire pour ne pas trop connaitre l'histoire...
Spoiler:
 

La marelle c’est aussi un jeu de piste tendu entre Terre et Ciel, Enfer et Paradis. Et tout le roman a cette dimension d’initiation (notamment sentimentale) et de quête identitaire.



Le style est fascinant et est un peu l’ancêtre des romans interactifs comme La maison des feuilles de Mark Z. Danielewski que je me sens peut-être davantage prêt à affronter un de ces jours.

Un extrait en attendant que mon logiciel omnipage veuille bien remarcher pour compléter…

Citation :
Tu me regardes, tu me regardes de tout près, tu me regardes de plus en plus près, nous jouons au cyclope, nos yeux grandissent, se rejoignent, se superposent, et les cyclopes se regardent, respirent confondus, les bouches se rencontrent, luttent tièdes avec leurs lèvres, appuyant à peine la langue sur les dents, jouant dans leur enceinte où va et vient un air pesant dans un silence et un parfum ancien. Alors mes mains s'enfoncent dans tes cheveux, caressent lentement la profondeur de tes cheveux, tandis que nous nous embrassons comme si nous avions la bouche pleine de fleurs ou de poissons, de mouvements vivants, de senteur profonde. Et si nous nous mordons, la douleur est douce et si nous sombrons dans nos haleines mêlées en une brève et terrible noyade, cette mort instantanée est belle. Et il y a une seule salive et une seule saveur de fruit mûr, et je te sens trembler contre moi comme une lune dans l'eau.

Tentez l’aventure et le jeu !

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).


Dernière édition par Marko le Mer 17 Juin 2009 - 15:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Julio Cortazar [Argentine]   

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