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 La philosophie dans le boudoir

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troglodyte
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MessageSujet: La philosophie dans le boudoir   La philosophie dans le boudoir Icon_minitimeMer 26 Déc 2007 - 12:02

Début janvier je vais, si tout va bien, assister à une représentation théâtrale : La philosophie dans le boudoir, d'après Sade. Je suis novice en théâtre, connais quelques classiques seulement, et piaffe d'impatience. Fini le cinéma industriel, finie la lecture éprouvante, je vais me délecter de phrases joliment tournées prononcées par des acteurs en chair et en os, entouré d'auditeurs bien vivants dont le murmure, les gloussements, font penser à la mer calme.

Le prix de la place est élevé, mais au diable l'avarice, je m'attend à passer un inoubliable moment !

Bien sûr, et dans la limite de ma bonne humeur disponible, je m'empresserai de vous livrer un compte-rendu.

http://tns.fr/FR/605
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coline
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MessageSujet: Re: La philosophie dans le boudoir   La philosophie dans le boudoir Icon_minitimeMer 26 Déc 2007 - 17:13

Trouvé sur Théâtre on Line

La philosophie dans le boudoir

Pièce du Marquis de Sade
Montée par Christine Letailleur
Avec Stanislas Nordey, Charline Grand, Valérie Lang, Philippe Cherdel, Stéphanie Cosserat, Bruno Pesanti, Guy Prevost.

Une oeuvre littéraire et politique

La Philosophie dans le boudoir parut clandestinement en 1795, est composé de sept dialogues. Le sous-titre « ou les instituteurs immoraux » en dit le thème : l’éducation érotique d’une jeune fille de 15 ans, Eugénie de Mistival que Madame de Saint-Ange, jeune femme libertine se vantant d’avoir été « foutue par plus de dix ou douze mille individus depuis son mariage » se propose de faire en compagnie de son frère, le Chevalier de Mirvel, et de Dolmancé, « un libertin des plus corrompus ».
« Nous placerons, dit Madame de Saint-Ange, dans cette jolie petite tête tous les principes du libertinage le plus effréné, nous l’embraserons de nos feux, nous l’alimenterons de notre philosophie, nous lui inspirerons nos désirs et comme je veux joindre un peu de pratique à la théorie, comme je veux qu’on démontre à mesure qu’on dissertera, je t’ai destiné, mon frère, à la moisson des myrtes de Cythère, Dolmancé à celle des roses de Sodome. » Eugénie se montrera une élève fort docile, d’une surprenante curiosité pour les délices de la chair.

C’est dans Le cinquième dialogue que l’on trouve le célèbre pamphlet-brûlot intitulé « Français, encore un effort si vous voulez être républicains .» Véritable réquisitoire contre la religion, Sade y prône l’athéisme : « Ne nous contentons pas de briser les sceptres, pulvérisons à jamais les idoles. » Il proclame également la nécessité de voir les mœurs devenir plus libres : liberté d’agir, liberté sexuelle, liberté de penser, liberté de la presse. Il propose l’abolition de cette violence intolérable - dont la Terreur venait d’ériger l’excès en système - qu’est la peine de mort : « De ces premiers principes, il découle, on le sent, la nécessité de faire des lois douces, et surtout d’anéantir à jamais l’atrocité de la peine de mort parce que la loi qui attente à la vie d’un homme est impraticable, injuste, inadmissible ».

Nous croyons bien sûr tout savoir de l’œuvre du Divin Marquis, en réalité, bien souvent nous n’en avons retenu que l’odeur de souffre et pour la plupart, nous avons tout bonnement évité de le fréquenter. L’occasion est belle, offerte par Christine Letailleur, de nous en servir un fragment sur un plateau. Et Christine Letailleur a le goût et la maîtrise du risque : elle l’a montré en portant à la scène deux œuvres d’un auteur allemand Hans Henny Jahnn (1894-1959) rejeté lui aussi dans les enfers de la bibliothèque. On a particulièrement salué sa mise en scène de Pasteur Ephraïm Magnus, œuvre de jeunesse ténébreuse, torturée et pour tout dire effrayante. De cette histoire de mort, d’inceste, de crime, de nécrophilie qui ne mâche pas ses mots, Christine Letailleur a fait un rituel tout d’ombre et de lumière, où les corps se meuvent avec une infinie délicatesse dans la lueur des bougies, dans une totale économie de gestes et d’effets. La puissance cruelle des mots résonne comme dans une chapelle ardente et la sobriété de la mise en scène leur laisse toute leur charge hallucinatoire.

La Philosophie dans le boudoir est publiée à la Pléiade ainsi qu’aux éditions 10/18.

  • Un pur produit de l’imaginaire
    La Philosophie dans le boudoir est une fiction, un pur produit de l’imaginaire, je l’entends comme un divertissement de l’esprit et non comme une œuvre pornographique. Barthes l’a très bien exprimé : « Nous Deux, le magazine, est plus obscène que Sade. » Il y a chez Sade de l’intelligence, de l’invention, du raffinement, de l’espièglerie, de l’insolence, de l’ironie ; un plaisir enfantin qui tient du rapport voyeurisme / exhibitionnisme. Le libertinage sadien est une dialectique du plaisir ; Sade en dresse toutes les étapes. L’érotisme passe par la parole ; dire, nommer les choses avec précision et détail. Une jouissance par la transgression du langage, un plaisir de montrer et de faire voir par les mots, d’alterner langage obscène et langage savant. Pour Sade, l’organe le plus sensible, le véritable organe de la volupté, reste l’ouïe : « Il est reçu, parmi les véritables libertins, que les sensations communiquées par l’organe de l’ouïe sont celles qui flattent davantage et dont les impressions sont les plus vives. » (Les Cent Vingt jours de Sodome).

Chez Sade, dire c’est faire, c’est l’acte premier. Après la dissertation, vient la mise en pratique, c’est-à-dire le corps ; Sade, en bon libertin, ne sépare pas l’esprit et le corps : il les réconcilie. Gilbert Lely, l’un des plus grands spécialistes de l’œuvre de Sade, se plaît à rapprocher les héroïnes de La Philosophie dans le boudoir de certaines héroïnes de Shakespeare. « Souvent telle héroïne de Sade nous est apparue comme la version prohibée d’une amoureuse de Shakespeare. Les phrases d’une rayonnante obscénité que prononcent Madame de Saint-Ange et Eugénie de Mistival, c’est un surcroît de rêve de les imaginer dans la bouche de Cressida ou de Rosalinde pendant l’exaltation du plaisir. »
(Christine Letailleur)


Dernière édition par le Mer 26 Déc 2007 - 19:45, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: La philosophie dans le boudoir   La philosophie dans le boudoir Icon_minitimeMer 26 Déc 2007 - 19:01

Merci pour ces précisions Coline! J'ai hâte de lire ton compte-rendu Troglo.
Citation :
« Nous Deux, le magazine, est plus obscène que Sade. »
Citation :
« Français, encore un effort si vous voulez être républicains.»
Citation :
« Ne nous contentons pas de briser les sceptres, pulvérisons à jamais les idoles. »
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MessageSujet: Re: La philosophie dans le boudoir   La philosophie dans le boudoir Icon_minitimeMer 26 Déc 2007 - 19:41

coline a écrit:
La philosophie dans le boudoir

Pièce du Marquis de Sade
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Avec Stanislas Nordey, Charline Grand, Valérie Lang, Philippe Cherdel, Stéphanie Cosserat, Bruno Pesanti, Guy Prevost.

Rubrique people:
Valérie Lang est la fille de Jack...et Stanislas Nordey est le fil de Jean Pierre Mocky...
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MessageSujet: Re: La philosophie dans le boudoir   La philosophie dans le boudoir Icon_minitimeMer 26 Déc 2007 - 20:03

coline a écrit:
Valérie Lang est la fille de Jack...
Elle est plus jolie sur DVDToile qu'au Modem...
study
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MessageSujet: Re: La philosophie dans le boudoir   La philosophie dans le boudoir Icon_minitimeJeu 27 Déc 2007 - 17:43

Peut-on dire qu'aller voir une pièce dans laquelle jouent la fille de Jack Lang et le fils de J-P Mocky, plutôt qu'une autre où figurent la fille de Bernard Tapie et le fils de Nicolas Sarkozy, est un acte politique ?
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MessageSujet: Re: La philosophie dans le boudoir   La philosophie dans le boudoir Icon_minitimeJeu 27 Déc 2007 - 17:45

troglodyte a écrit:
Peut-on dire qu'aller voir une pièce dans laquelle jouent la fille de Jack Lang et le fils de J-P Mocky, plutôt qu'une autre où figurent la fille de Bernard Tapie et le fils de Nicolas Sarkozy, est un acte politique ?

Razz
Je ne sais pasrépondre à ta question mais je croissavoir qu'avec Valérie Lang et Stanislas Nordey tu auras au moins deux bons comédiens...
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MessageSujet: Re: La philosophie dans le boudoir   La philosophie dans le boudoir Icon_minitimeJeu 27 Déc 2007 - 18:39

troglodyte a écrit:
Peut-on dire qu'aller voir une pièce dans laquelle jouent la fille de Jack Lang et le fils de J-P Mocky, plutôt qu'une autre où figurent la fille de Bernard Tapie et le fils de Nicolas Sarkozy, est un acte politique ?
J'espère que non! Je suis ravie de savoir que les artistes sont à gauche autant qu'à droite car pour moi c'est la qualité de leur travail qui l'emporte.
Je gomme donc mon post stupide du 26 Déc - 20:03...
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MessageSujet: Re: La philosophie dans le boudoir   La philosophie dans le boudoir Icon_minitimeJeu 27 Déc 2007 - 23:54

Pour ma part, je préférais que les artistes, ou présentés comme tels, soient moins souvent des fils (ou des filles) à papa…pour ces derniers et quelque soit leurs qualités artistiques et leur travail, ce n’est pas grâce à cela qu’ils sont là… Evil or Very Mad
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MessageSujet: Re: La philosophie dans le boudoir   La philosophie dans le boudoir Icon_minitimeVen 28 Déc 2007 - 0:46

sousmarin a écrit:
Pour ma part, je préférais que les artistes, ou présentés comme tels, soient moins souvent des fils (ou des filles) à papa…pour ces derniers et quelque soit leurs qualités artistiques et leur travail, ce n’est pas grâce à cela qu’ils sont là… Evil or Very Mad

Pour Valérie Lang et Stanislas Nordey on a bien affaire à de vrais artistes...confirmés!
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MessageSujet: Re: La philosophie dans le boudoir   La philosophie dans le boudoir Icon_minitimeJeu 10 Jan 2008 - 8:41

Ca y est, j'ai vu la pièce hier soir.

Christine Letailleur, ainsi que tous les acteurs de la pièce, s'en sortent bien. Madame Letailleur a taillé dans le texte afin de ne pas dépasser deux heures de spectacle. Elle a gardé les passages les plus croustillants, voire obscènes, mais elle est parvenue à maîtriser la température en déstructurant les scènes de copulations : les acteurs et les actrices, au lieu de se toucher, de s'enchevêtrer, étaient figés, semi nus, dans des positions seulement suggestives, ou bien carrément déclamaient leur texte en venant, l'un après l'autre, au devant de la scène et en s'adressant au public.

Malgré les nombreuses coupes, l'ensemble reste articulé, mais le spectateur est bien souvent surpris à chaque lever de rideau. En effet, plusieurs rideaux, placés l'un derrière l'autre, ont été souvent ouverts ou fermés, notamment par une femme chatte aux collants noirs et au masque noir. Le décor et les costumes sont minimalistes, et j'ai été stupéfait de la technique des acteurs quand il s'agit de se déplacer en groupe ou de se placer correctement dans les éclairages.

La bande-son vient par intermittence et va de la musique gentillette au terrible brasier en passant par le bruit d'un carrosse entrant dans une cour.

La règle générale est l'humour dans le graveleux et l'exception la gravité, lorsqu'il s'agit de la liberté de l'individu dans la société républicaine.

Les acteurs sont impeccables, pleins d'entrain ; ils vont parfois un peu vite mais cela me semble inhérent au théâtre.

Il s'agit globalement d'une prouesse, puisque mettre en scène le texte de Sade semble terriblement ardu : le livre est long, il comporte notamment une "tirade" de 70 pages, et il décrit avec précision de nombreux accouplements. Madame Letailleur est parvenue à éviter la pornographie sans pour autant aseptiser l'oeuvre. Somme toute, un travail d'une grande finesse !

PS : Cette grande finesse ne peut provenir que d'une femme. Gageons qu'un homme metteur en scène aurait concocté quelque chose de simplement cochon. Et puisque je suis dans les considérations de sexe, d'un rapide coup d'oeil dans la file d'attente j'ai constaté que la grande majorité des spectateurs étaient des femmes. Suspect
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MessageSujet: Re: La philosophie dans le boudoir   La philosophie dans le boudoir Icon_minitimeJeu 10 Jan 2008 - 11:45

troglodyte a écrit:
Il s'agit globalement d'une prouesse, puisque mettre en scène le texte de Sade semble terriblement ardu : le livre est long, il comporte notamment une "tirade" de 70 pages, et il décrit avec précision de nombreux accouplements. Madame Letailleur est parvenue à éviter la pornographie sans pour autant aseptiser l'oeuvre. Somme toute, un travail d'une grande finesse !

PS : Cette grande finesse ne peut provenir que d'une femme. Gageons qu'un homme metteur en scène aurait concocté quelque chose de simplement cochon. Et puisque je suis dans les considérations de sexe, d'un rapide coup d'oeil dans la file d'attente j'ai constaté que la grande majorité des spectateurs étaient des femmes. Suspect

Merci Troglo de ce compte-rendu détaillé...Je me demandais bien ce que pouvais donner un tel spectacle...tout en ayant confiance sur la qualité du travail, me basant pour cela sur les noms des artistes engagés dans l'aventure.

J'ai toujours du mal avec les généralités...Je pense que la finesse peut être aussi bien du côté des hommes que du côté des femmes ...
De même que le graveleux...
C'est un peu différent mais dans Les Monologues du vagin j'avais apprécié la façon très naturelle, dénuée d'ambigüité, qu'avaient ces trois femmes de parler de sexe sans tabou.

"Prouesse" dis-tu de mettre en scène La philosophie dans le boudoir...Sade...Oui, je trouve aussi...
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