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 Mahmoud Darwich

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Sahkti
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MessageSujet: Mahmoud Darwich   Mer 26 Déc 2007 - 23:09


Mahmoud Darwich (محمود درويش) (né le 13 mars 1941 à Al-Birwah, en Galilée, en Palestine sous mandat britannique) est une des figures de proue de la poésie palestinienne. Profondément engagé dans la lutte de son peuple, il n'en a pour autant jamais cessé d'espérer la paix et sa renommée dépasse largement les frontières de son pays. Il est le président de l'Union des écrivains palestiniens. Il a publié plus de vingt volumes de poésie, sept livres en prose et a été rédacteur de plusieurs publications (source Wikipedia)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mahmoud_Darwich
http://mahmoud-darwich.chez-alice.fr/
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Sahkti
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MessageSujet: Re: Mahmoud Darwich   Mer 26 Déc 2007 - 23:09

Etat de siège
Avec Olivier Thebaud, Photographe

Magnifique journal poétique composé de textes très courts, des phrases, quelques mots, écrits par Mahmoud Darwich alors que Tsahal saccageait les territoires palestiniens, y compris la ville de Ramallah dans laquelle le poète arabe se terrait.
Emotions fortes, cris de rage, suppliques ou rares instants de paix peuplent ces pages superbement illustrées par les photos d'Olivier Thébaud, prises lors de ses séjours en Cisjordanie et à Gaza. Echo en image de la situation déplorable des Palestiniens, réponse aux mots de Darwich qui ne sont rien d'autre qu'un nouveau cri de détresse, mis en forme de manière poétique, terriblement présent.


"La vie.
La vie, toute la vie
Avec ses carences,
Accueille des étoiles voisines,
Sorties du temps,
Et des nuages migrants,
Sortis du lieu.
Et la vie ici
Se demande
Comment leur redonner vie.
(...)
Je t’apprendrai l’attente
A la porte de ma mort ajournée.
Prends ton temps, prends ton temps,
Tu pourrais en avoir assez de moi,
Me libérer de ton ombre
Et entrer dans ta nuit,
Libéré de mon fantôme !"
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Madame B.
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MessageSujet: Mahmoud Darwich   Jeu 14 Aoû 2008 - 12:02

Mahmoud Darwich est mort le 09 août voici une petite pierre en mémoire:

"Un nuage dans ma main me blesse
Je n'exige pas de la terre plus que cette terre
Les senteurs de la cardamone et de la paille
entre le cheval et mon père
Un nuage dans ma main m'a blessé
Je n'exige pas du soleil plus qu'une orange, et
L'or qui coule de l'appel à la prière"
(Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude, actes Sud, 1996, p.19.)


Dernière édition par Madame B. le Jeu 14 Aoû 2008 - 19:57, édité 1 fois
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Mahmoud Darwich   Jeu 14 Aoû 2008 - 13:00

Je souhaite rendre hommage à ce très grand poète palestinien.

Je conseille à tous son dernier recueil "Comme des fleurs d'amandiers ou plus loin". Superbe et émouvant ! aime
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coline
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MessageSujet: Re: Mahmoud Darwich   Jeu 14 Aoû 2008 - 13:17

Orangé, le soleil entre dans la mer
et l'orange est une lanterne d'eau
sur des arbres froids.
Orangé, le soleil enfante le divin fils du couchant
et l'orange, sa servante, contemple son mystère.
Orangé, le soleil déverse son eau
dans la bouche de la mer
et l'orange a peur d'une bouche affamée.
Orangé, le soleil pénètre le cycle de l'éternité et l'orange est louée par son assassin :
Voici un fruit semblable à un grain de soleil,
on l'épluche avec les mains ou les dents,
sa saveur est rauque,
son parfum, bavard,
et il s'enivre de son propre jus...
(Orangé)


C'est mardi et le temps est clair, je marche
dans une rue latérale, sous un toit
de châtaigniers... je marche léger léger
comme évaporé
de mon corps, comme si j'avais rendez-vous
l' esprit ailleurs. Je parcours les pages
de nuées lointaines
sur lesquelles le ciel consigne
des pensées élevées. Je feuillette
les états de mon coeur sur les noyers : il est sans électricité tel un cabanon au bord de la mer.
je presse le pas, je ralentis, je presse le pas.

(Exil)
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coline
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MessageSujet: Re: Mahmoud Darwich   Lun 25 Aoû 2008 - 23:50

Madame B. a écrit:
Mahmoud Darwich est mort le 09 août voici une petite pierre en mémoire:

"Un nuage dans ma main me blesse
Je n'exige pas de la terre plus que cette terre
Les senteurs de la cardamone et de la paille
entre le cheval et mon père
Un nuage dans ma main m'a blessé
Je n'exige pas du soleil plus qu'une orange, et
L'or qui coule de l'appel à la prière"
(Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude, actes Sud, 1996, p.19.)

" C'est un poème qui raconte la naissance et il est tiré d'un recueil tout entier, une sorte d'autobiographie poétique, POurquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude? Il y avait un cheval qui a été abandonné dans la maison lorsque ma famille et moi sommes partis en 1948. Le cheval était resté là. Et, bien entendu, l'enfance individuelle est une référence principale, fondamentale. Mais la poésie, en tant que telle, est en fait l'expression d'une enfance de l'humanité."
(Mahmoud Darwich dans Etats provisoires du poème: La demeure et l'exil)
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MessageSujet: Re: Mahmoud Darwich   Mar 28 Oct 2008 - 10:18

mahmoud Darwish est certes l'un des grands poètes arabes contemporains..dans sa poésie il ya tout genre de beauté .qui touche à l'amour ..la terre ..l'engagement..l'exil etc
merci bien les amis
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Madame B.
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MessageSujet: Re: Mahmoud Darwich   Mer 29 Oct 2008 - 20:52

Ravie de te voir goûter les mots de ce grand poète.
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Constance
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MessageSujet: Re: Mahmoud Darwich   Sam 8 Mai 2010 - 10:04




Un jour je serai ce que je veux


Un jour je serai une idée qu’aucun glaive ne porte
A la terre désolée, aucun livre …
Une idée pareille à la pluie sur une montagne
Fendue par la pousse d’un brin d’herbe.
Et la force n’aura pas gagné,
Ni la justice fugitive.
Un jour je serai ce que je veux.
Un jour je serai oiseau et, de mon néant,
Je puiserai mon existence.
Chaque fois que mes ailes se consument,
je me rapproche de la vérité et je renais des cendres.
Je suis le dialogue des rêveurs.
J’ai renoncé à mon corps et à mon âme
Pour accomplir mon premier voyage au sens,
Mais il me consuma et disparut.
Je suis l’absence. Je suis le céleste
Pourchassé.
Un jour je serai ce que je veux.
Un jour je serais poète
Et l’eau se soumettra à ma clairvoyance.
Métaphore de la métaphore que ma langue
Car je ne dis ni n’indique
Un lieu. Et le lieu est mon péché et mon alibi.
Je suis de là-bas.
Mon ici bondit de mes pas vers mon imagination …
Je suis qui je fus, qui je serai
Et l’espace infini me façonne, puis me tue.


(In Murale)

Toile "Libertad", d'Ahmed Ben Yessef
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Constance
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MessageSujet: Re: Mahmoud Darwich   Dim 9 Mai 2010 - 9:40





Elle, le soir



Elle est seule, le soir
et moi, comme elle, je suis seul ...
Entre moi et ses chandelles
dans le restaurant hivernal,
deux tables vides. (Rien ne trouble notre silence)
Elle ne me voit pas quand je la vois
cueillir une rose à sa poitrine.
Je ne la vois pas quand elle me voit
siroter un baiser de mon vin ...
Elle n’émiette pas son morceau de pain,
et moi, je ne renverse pas l’eau
sur la nappe en papier.
(Rien ne ternit notre sérénité)
Elle est seule et je suis seul
devant sa beauté. Je me dis :
Pourquoi cette fragilité ne nous unit-elle pas ?
Pourquoi ne puis-je goûter son vin ?
Elle ne me voit pas quand je la vois
décroiser les jambes ...
Et je ne la vois pas quand elle me voit
ôter mon manteau...
Rien ne la dérange en ma compagnie,
rien ne me dérange, nous sommes à présent
unis dans l’oubli ...
Notre dîner, chacun seul, fut appétissant,
la voix de la nuit était bleue.
Je n’étais pas seul, elle n’était pas seule.
Ensemble nous écoutions le cristal.
(Rien ne brise notre nuit)
Elle ne dit pas :
L’amour naît vivant
Et finit en idée.
Moi non plus, je ne dis pas :
L’amour a fini en idée.
Mais il en a tout l’air ...

(In "Ne t’excuse pas")

Toile "Table for one", de Jack Vettriano
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MessageSujet: Re: Mahmoud Darwich   Lun 28 Juin 2010 - 22:55





Avec la coupe sertie d’azur,
Attends-la
Auprès du bassin, des fleurs du chèvrefeuille et du soir,
Attends-la
Avec la patience du cheval sellé pour les sentiers de montagne,
Attends-la
Avec le bon goût du prince raffiné et beau,
Attends-la
Avec sept coussins remplis de nuées légères,
Attends-la
Avec le feu de l’encens féminin partout,
Attends-la
Avec le parfum masculin du santal drapant le dos des chevaux,
Attends-la.
Et ne t’impatiente pas. Si elle arrivait après son heure,
Attends-la
Et si elle arrivait, avant,
Attends-la
Et n’effraye pas l’oiseau posé sur ses nattes,
Et attends-la
Qu’elle prenne place, apaisée, comme le jardin à sa pleine floraison,
Et attends-la
Qu’elle respire cet air étranger à son coeur,
Et attends-la
Qu’elle soulève sa robe, qu’apparaissent ses jambes, nuage après nuage,
Et attends-la
Et mène-la à une fenêtre, qu’elle voie une lune noyée dans le lait,
Et attends-la
Et offre-lui l’eau avant le vin et
Ne regarde pas la paire de perdrix sommeillant sur sa poitrine,
Et attends-la
Et comme si tu la délestais du fardeau de la rosée,
Effleure doucement sa main lorsque
Tu poseras la coupe sur le marbre,
Et attends-la
Et converse avec elle, comme la flûte avec la corde craintive du violon,
Comme si vous étiez les deux témoins de ce que vous réserve le lendemain,
Et attends-la
Et polis sa nuit, bague après bague,
Et attends-la
Jusqu’à ce que la nuit te dise :
Il ne reste plus que vous deux au monde.
Alors, porte-la avec douceur vers ta mort désirée
Et attends-la ... !


(In Le lit de l’étrangère)

Toile "Young lovers", de Sir Lawrence Alma-Tadema
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Mahmoud Darwich   Mer 30 Juin 2010 - 21:17

J'aime tellement ce poème... Merci Constance!
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Pascale
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MessageSujet: Re: Mahmoud Darwich   Mar 1 Mar 2011 - 16:00

Voilà comment Elias Sembar en parle, dans le dictionnaire amoureux de la Palestine...

Toute sa vie, on l appela "le Poète de la Palestine", mais lui aimait se définir comme "Poète troyen", non le Poète de Troie, comme si l n aspirait qu à être l un des enfants de la ville de Priam.

S agissait il pour autant d une revendication du statue d assiégé comme trait déterminant de l identité du poète ? Personne n en fut plus éloigné de Mahmoud Darwich, qui écrivait que la terre lui "était étroite". Mais alors de quoi s agissait il, et cet attribut de "troyen", permet il une fois explicité de comprendre mieux la démarche de celui qui fut certes "poète palestinien", mais aussi l une des grands et belles voix du siècle dernier ?
Mahmoud Darwich a, sa vie durant, été habité par le désir de composer l autre face de l Iliade, de réécrire la grande épopée composée, il en était convaincu, par ceux qui avaient été battus et dont le poème s était perdu.
Métaphore par laquelle Darwich revendiquait tout à la fois son désir et son goût des grands chants épiques, son ambition universaliste, mais également son besoin d être dissocié des "victorieux vainqueurs".
Nul penchant pour le misérabilisme derrière tout cela, mais la conviction que la voix de la perte est plus poétique que les chants de victoire.
D où la justesse de la définition que Yannis Ritsos, l un de ses grands amis, fit de son art poétique, lorsqu il lui dit
"Tu es un poète lyrique-épique !


Que ferons nous, toi et moi, lorsque nous serons vieux ?
Nous serons assis sous un figuier, sur le parvis d une maison en Palestine
Les gens répondent habituellement à cette question par une activité, une occupation, toi, tu désigne un lieu. Je dis :
"Que ferons-nous" ? tu entends "Où serons-nous" ?
C est vrai, mais je peux te dire aussi que nous nous fixerons pour règle de n échanger que des banalités.
Nous parlerons du temps qu il fait et des nuages qui passent.

Souvenir d une conversation entre Elias Sembar et Mahmoud Darwich.
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MessageSujet: Re: Mahmoud Darwich   Ven 8 Avr 2011 - 11:41



Vincent Van Gogh (Branche fleurie d'amandier)





Pour décrire les fleurs d’amandier



Pour décrire les fleurs d'amandier, l'encyclopédie

des fleurs et le dictionnaire

ne me sont d'aucune aide ...

Les mots m'emporteront

vers les ficelles de la rhétorique

et la rhétorique blesse le sens

puis flatte sa blessure,

comme le mâle dictant à la femelle ses sentiments.

Comment les fleurs d'amandier

resplendiraient-elles

dans ma langue, moi l'écho ?

Transparentes comme un rire aquatique,

elles perlent de la pudeur de la rosée

sur les branches ...

Légères, telle une phrase blanche mélodieuse ...

Fragiles, telle une pensée fugace

ouverte sur nos doigts

et que nous consignons pour rien ...

Denses, tel un vers

que les lettres ne peuvent transcrire.

Pour décrire les fleurs d'amandier,

j'ai besoin de visites

à l'inconscient qui me guident aux noms

d'un sentiment suspendu aux arbres.

Comment s'appellent-elles ?

Quel est le nom de cette chose

dans la poétique du rien ?

Pour ressentir la légèreté des mots,

j'ai besoin de traverser la pesanteur et les mots

lorsqu'ils deviennent ombre murmurante,

que je deviens eux et que, transparents blancs,

ils deviennent moi.

Ni patrie ni exil que les mots,

mais passion du blanc

pour la description des fleurs d'amandier.

Ni neige ni coton. Qui sont-elles donc

dans leur dédain des choses et des noms ?

Si quelqu'un parvenait

à une brève description des fleurs d'amandier,

la brume se rétracterait des collines

et un peuple dirait à l'unisson :

Les voici,

les paroles de notre hymne national !




(Extrait de "Comme des fleurs d'amandier ou plus loin", in Anthologie (1992-2005)/Ed Babel)
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MessageSujet: Re: Mahmoud Darwich   Mer 27 Avr 2011 - 9:54






J'ai derrière le ciel
un ciel



J'ai derrière le ciel un ciel pour revenir, mais
Je continue à polir le métal de ce lieu, et je vis
Une heure qui discerne l'invisible. Je sais que le temps
Ne sera pas par deux fois mon allié, et je sais que je
sortirai de ma
Bannière, oiseau qui ne pose sur nul arbre
Je sortirai de toute ma peau, et quelques mots sor-
tiront de ma langue sur l'amour chez Lorca
Qui habitera ma chambre
Et verra ce que j'ai vu de la lune bédouine. Je sorti-
rai des
Amandiers, duvet sur l'écume de la mer. L'étranger
est passé
Portant sept siècles de chevaux. Il est passé là l'étran-
ger
Pour que l'étranger passe là-bas. Je sortirai sous peu
Des rides de mon temps, étranger à Shâm et à l'An-
dalousie
Cette terre n'est pas mon ciel, mais ce soir est mien
Et les clefs m'appartiennent, et les minarets et les
lanternes, et moi
Egalement, je m'appartiens. Je suis l'Adam des deux
Eden
L'un et l'autre perdus
Alors chassez-moi lentement,
Et tuez-moi lentement
Sous mon olivier
Avec Lorca




(Extrait de Onze astres, in Anthologie (1992-2005), Ed. Babel)

Illustration : Mahmoud Darwich par Ernest Pignon Ernest
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