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 Nathacha Appanah

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Marie
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MessageSujet: Nathacha Appanah   Jeu 27 Déc 2007 - 0:56


Elle est née en 1973 à l'Ile Maurice. Son premier roman, Les Rochers de poudre d'or (Gallimard, 2003) racontait le quotidien des Indiens venus à la fin du XIXe siècle remplacer les esclaves noirs dans les plantations. Des « engagés », comme son arrière-grand-père. Mais Les Rochers plaçait déjà les lieux en singuliers personnages. L'année suivante dans Blue Bay Palace (Gallimard, 2004), elle donnait les contours de sa patrie intérieure : « Avec l'horizon flou qui l'entoure, ce pays ressemble parfois à un pays de fin du monde. Les gens d'ici racontent qu'il n'était pas prévu. Qu'il a jailli comme cela, sans que personne ne lui demande quoi que ce soit et que c'est pour ça qu'il reste aussi mystérieux. » Tout comme elle.

Nathacha Appanah se livre à peine. « J'ai commencé à écrire très tôt, confie-t-elle timidement. Pour moi seule, en cachette. Et puis, à 14 ans, j'ai lu L'Etranger d'Albert Camus. J'ai compris alors que derrière les lignes imprimées, il y avait quelqu'un. Qui vous parlait à vous. Même de loin... » Des nouvelles dans les journaux. Premiers pas dans la presse. A 25 ans, elle part pour la France. Quelques années de journalisme. Elle travaille maintenant pour une ONG. Son troisième roman ( La Noce d'Anna, Gallimard, 2005), où une mère s'interroge sur sa fille qui va épouser un fiancé « tristement parfait », se passe à Lyon. « Je voulais savoir, dit-elle, si je pouvais prendre de la distance avec l'île Maurice. »

sources: Le Monde des livres

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Marie
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MessageSujet: Re: Nathacha Appanah   Jeu 27 Déc 2007 - 1:17

Le dernier frère
Editions de l'Olivier

Quand le livre débute, Raj a 70 ans et attend son fils. Il veut se rendre au cimetière, sur la tombe de David , mort à ses côtés 60 ans auparavant, ce petit garçon aux cheveux très blonds, orphelin, qui ,au cou, portait une étoile . Que savait donc le petit Raj des Juifs et de l'étoile de David, lui qui n'avait jamais quitté son île...

Le 26 décembre 1940, le M.V. Atlantic aborde l'île Maurice. A bord, plus de quinze cents juifs d'Europe partis de Bratislava. Ils fuyaient les persécutions nazies. On les a débarqués loin de la Terre promise où ils cherchaient refuge. La Palestine britannique n'a pas voulu les accueillir. Emigrants illégaux. Les autorités s'en sont débarrassé en les déportant dans leur colonie lointaine. Là-bas, on a séparé les hommes des femmes. On les a enfermés. Beaucoup y sont morts, de maladie, d'épuisement.

Autour de ce fait historique, Natacha Appanah raconte , avec beaucoup de justesse, l'histoire d'une amitié entre deux enfants. Et surtout développe une des caractéristiques de l'enfance- qui disparait fort tard chez certains, voire jamais- celle de croire qu'il est omnipotent et qu'il pourra remplacer dans le coeur de celle qu'il aime par dessus tout ( très beau personnage de mère) ceux qu'elle a perdus.
C'est un roman très pudique et très émouvant, plein de sensibilité, de tendresse et de chagrin devant tous ces gâchis, mais ce n'est pas un roman triste, bien au contraire. Raj a remis ses pas dans les pas de ses frères disparus ,et dans ceux du si courageux petit David, et ils l'ont aidé lors de son propre parcours...beau roman aussi sur ce fameux concept de résilience.

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domreader
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MessageSujet: Re: Nathacha Appanah   Dim 8 Juin 2008 - 17:32

Le dernier frère
Nathacha Appanah


Je viens de le terminer et je trouve comme toi Marie, que c'est un très joli roman, pas un grand roman mais un livre qui mérite tout de même le détour.
J'ai aimé ce petit Raj, le dernier qui reste d'une fratrie, celui à qui l'on reproche d'être vivant, celui qui ne sera jamais aussi bien que ses frères disparus....Celui qui souffre comme un damné de leur disparition, parce que ses grands frères, il les vénèrait, il s'appuyait sur eux, toujours. C'est encore eux qui protégeaient le petit Raj du père si violent, qui faisaient écran pour qu'il ne s'aperçoive pas des choses laides. Et puis, il y a cette belle, grande et si courte amitié avec David, une sorte de frère retrouvé, que tous deux veulent vivre en dépit de tout, en narguant la mort.

Décidément, un bien joli livre que vous lirez avec beaucoup de plaisir, j'en suis sûre et aussi bien de l'émotion. Nathacha Appanah sait conjurer des atmosphères, des ambiances et aussi des images. Dès que je retrouve ma préférée, je vous la poste....il s'agit d'une perruche rouge.

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domreader
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MessageSujet: Re: Nathacha Appanah   Dim 8 Juin 2008 - 18:11

Extrait : Le Dernier Frère de Nathacha Appanah

'J'étais à deux pas de ma mère. Evidemment, je n'avais rien trouvé d'intelligent à dire. David s'est décalé un peu vers la droite et il a dit, en redressant le dos:
- Bonjour madame, je m'appelle David et je viens de Prague.
Ma mère a froncé les sourcils, m'a regardé comme pour me sonder et découvrir la vérité, a entrouvert la vouche et alors il s'est passé quelque chose d'incroyable, comme dans les contes merveilleux. Ma mère tenait dans ses mains une perruche rouge. C'était à l'époque un oiseau rare. Si ma mère avait le pouvoir de tuer les rats, les serpents et les scorpions avec des mixtures dont elle détenait le secret, elle avait aussi la bonté de recueillir des oiseaux et de les réchauffer dans ses mains, de leur donner à boire, sa paume en sébilen indifférente aux coups de bec, patiente et tendre.Elle avait receuilli la perruche et je penses qu'elle l'avait nourrie de ces graines magiques qu'elle sortait de nulle part.
Surprise par la présence de David, par ses mots, ma mère a eu un mouvement de la main et la perruche s'est envolée. Nous n'entendions que le battement de ses ailes et nous étions éblouis par sa couleur rouge et vive qui se découpait contre le ciel bleu. Tel un enfant qui apprendrait à marcher, sa vigueur est retombée un peu, la perruche est redescendue en dessinant un cercle et elle s'est posée sur la tête de David. Il faut imaginer cet oiseau majestueux tout en plumes rouge vif et douces, coiffé d'une houppette hérissée, des yeux frétillants et noirs, et une longue queue de deux ou trois longues plumes comme une traîne de reine, se poser sur les boucles blondes de David, comme si de nos trois têtes, il avait choisi la plus accueillante.

David s'est figé, ses yeux se sont arrondis et tout ce qu'il a trouvé à dire c'est: oh oh oh oh et ma mère a éclaté de rire. Je ne me souvenais plus quand elle avait ri de la sorte la dernière fois, c'était en tout cas quand mes frères étaient encore là. Le coeur m'est monté à la gorge et j'ai ri et pleuré en même temps de voir l'oiseau rouge sur la tête blonde de David, la mine effarée qu'il faisait, d'entendre le rire de ma mère et de me rendre compte que dans la mort mes frères avaient failli emmener avec eux le rire de ma mère.'

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monilet
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MessageSujet: Re: Nathacha Appanah   Dim 15 Juin 2008 - 11:30

Quand j'aurai fini ce post je lirai le fil, pas avant.
La noce d'Anna

Je crois que je ne trouverai pas les mots pour dire la force de l'émotion que j'ai eue à lire ce texte, de la première à la dernière ligne (il n'y a que 140 pages environ).
Je laisse la parole à l'auteur, vers la fin de son livre, à propos de ce qui s'y déroule alors, car c'est une partie de ce que j'ai ressenti moi-même en refermant l'ouvrage :

"... Nous ne disons rien, notre silence ressemble à ceux d'après une séance de cinéma, quand le film est bon, quand les émotions perdurent, quand les images dansent encore dans la tête et que personne ne veut dire "Alors, qu'est-ce que t'en penses ?", parce qu'à ce moment, au moment où cette phrase serait dite, le film serait alors passé puisqu'il faut déjà mettre les mots sur les émotions. ..."

Une partie seulement car en même temps j'ai eu envie de - et j'ai crié la beauté de ce texte, un des tout meilleurs que j'aie jamais lus.

Une mère qui a élevé sa fille seule la marie et tout au long de la journée, les jours qui précèdent et le lendemain, elle se livre à une introspection sans complaisance sur ce qu'elle est, sur leurs rapports, leur vie ensemble, sa vie à elle, les autres, la vie tout court. C'est simple et émouvant, lucide, sincère et, je l'ai dit, juste, juste, juste sur tout et surtout.
Force inouîe de ce langage sans fioritures, sincérité absolue.
ce texte dit la vie avec humilité, dit l'amour dans sa complexité mais aussi parfois sa simplicité et sa beauté.
De plus il se passe quelque chose pour cette femme ce jour-là...
J'arrête là ; vous l'aurez compris : pour moi c'est un dix sur dix, un livre rare.
Je vais pouvoir à présent découvrir ce qui a été dit sur ce fil avant mon post.
Encore une chose : il faut que vous lisiez "La noce d'Anna".


Dernière édition par monilet le Dim 15 Juin 2008 - 13:26, édité 1 fois
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animal
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MessageSujet: Re: Nathacha Appanah   Dim 15 Juin 2008 - 13:24

une bonne occasion pour d'autres de relire le fil. vais tâcher de ne pas oublier la prochaine fois que je pousse la porte d'une librairie.

convaincants vos dire et vos extraits à tous !

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coline
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MessageSujet: Re: Nathacha Appanah   Dim 15 Juin 2008 - 14:51

animal a écrit:

convaincants vos dire et vos extraits à tous !

Sûr!...Je viens de noter "La noce d'Anna"...
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Aeriale
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MessageSujet: Re: Nathacha Appanah   Dim 15 Juin 2008 - 17:39

monilet a écrit:
Je crois que je ne trouverai pas les mots pour dire la force de l'émotion que j'ai eue à lire ce texte, de la première à la dernière ligne
....
Encore une chose : il faut que vous lisiez "La noce d'Anna".
Very Happy Eh bien Monilet, on peut dire que tu les as trouvés ces mots...
Et ne nous dis plus jamais que tu ne te sens pas assez convaincant ni motivé, ni je ne sais quoi d'autre, pour nous faire des commentaires.

Pour moi ils sont réussis quand avec ses mots si simples soient-ils, le lecteur parvient à nous communiquer quelque chose: et c'est le cas cheers
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MessageSujet: Re: Nathacha Appanah   Lun 16 Juin 2008 - 9:10

monilet a écrit:
il faut que vous lisiez "La noce d'Anna".
Difficile de résister à ça... miammiam
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monilet
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MessageSujet: Re: Nathacha Appanah   Lun 16 Juin 2008 - 9:26

Tu ne devrais pas le regretter...
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Jade
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MessageSujet: Re: Nathacha Appanah   Mar 17 Juin 2008 - 14:33

Le dernier frère
Lu en mars

La déportation de juifs sur l'Ile Maurice, évènement peu connu de l'histoire, vue à travers les yeux d'un enfant traumatisé par la mort de ces frères.

Une très belle découverte néammoins ce livre m'a laissé une impression mitigée. L'écriture est belle, on ressent une certaine émotion. Mais contrairement à Marie, j'ai trouvé ce livre très sombre, l'atmosphère est très pesante, presque désespérante. Dès le début du livre la tragédie est là et on sait que rien de bon ne va arriver. Même l'amitié entre les deux enfants m'a paru triste car on sait qu'elle va être tragique. C'est peut être ce qui m'a génée, l'absence de "supense" et la certitude de la catastrophe finale.
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coline
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MessageSujet: Re: Nathacha Appanah   Mar 17 Juin 2008 - 14:53

Jade a écrit:
Le dernier frère
Lu en mars

On a beaucoup parlé (en bien) de ce livre lorsde la dernière rentrée littéraire...
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animal
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MessageSujet: Re: Nathacha Appanah   Dim 20 Juil 2008 - 21:28

La noce d'Anna

Mélange de blasphème et de nécessité que de "donner un avis" sur ce livre. Je me risque, avec peu de choses à ajouter aux mots de notre bon compère monsieur renard... J'aurai voulu continuer de me laisser bercer dans cette écriture. Pur bonheur, d'attention, d'affection, de mots, de rythme, de liberté...

Tranquillisant, rassurant, beau, juste beau, mais beau... comme les gens qu'on aime.

J'ai rarement été aussi heureux en lisant un livre. Émerveillé aussi, tranquillement.

Citation :
Sur la cheville, il y a un tatouage. A la façon dont il épouse les os et les creux de la cheville, on devine que c'est un vrai, pas une de ces décalcomanies appliquées avec de l'eau et qui s'effritent comme des pellicules sèches. Si le tatouage est beau ou pas, là n'est pas la question. C'est quand même un peu inquiétant, associé à ce pied longiligne, aux os qui tendent et font saillir la peau, à ce vernis prune délavé. Sur la photo, derrière le pied, l'herbe est sèche, il fait chaud, on voit une pointe de chaussure noire jetée un peu vite, elle est de travers, la semelle est tournée vers l'objectif et une étiquette y est collée. Mais tout cela n'est pas important. Ce que je vois maintenant encore et ce qui m'avait frappée ce jour-là après la lecture, c'est que c'est un pied d'adulte, même pas de jeune adulte mais d'adulte tout court. Ce que j'ai eu du mal à croire sur le moment, quand j'ai tenu la photo entre mes doigts, c'est que ce pied, c'était le mien.

J'avais remarqué le fil et l'extrait du dernier frère et un peu oublié... Merci à tous !

J'ai commandé un autre exemplaire du livre pour l'offrir, (je me rends compte que ça ne sera peut être pas assez), et ... je cercle celui qui est à côté de moi de très bon cœur !

Sous le choc et le charme...

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MessageSujet: Re: Nathacha Appanah   Lun 21 Juil 2008 - 16:42

animal a écrit:
J'ai commandé un autre exemplaire du livre pour l'offrir, (je me rends compte que ça ne sera peut être pas assez), et ... je cercle celui qui est à côté de moi de très bon cœur !

Sous le choc et le charme...
Animal, je veux bien vous croire toi et Monilet!
Alors si je n'abuse pas et si ton offre tient toujours...je suis preneuse, merci danse...
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MessageSujet: Re: Nathacha Appanah   Mar 5 Aoû 2008 - 16:07

La noce d'Anna-

Quel beau livre! je suis encore sous le coup de l'émotion.
Il faut que je vous dise... Parce que cela fait trop longtemps que je n'ai ressenti un tel bonheur.

Je reprendrais les mots de Monilet.
Citation :
Je crois que je ne trouverai pas les mots pour dire la force de l'émotion que j'ai eue à lire ce texte, de la première à la dernière ligne .

...et ceux de Animal
Citation :
... J'aurai voulu continuer de me laisser bercer dans cette écriture. Pur bonheur, d'attention, d'affection, de mots, de rythme, de liberté...

Je n'ai pas fini la lecture, mais cette femme m'a touchée comme peu d'auteurs savent le faire. Avec ses mots à elle, simples et précis. Des mots qui touchent comme des petites flèches acérées et qui visent juste et profond, dont la petite douleur vous fait verser des larmes de plaisir.
Un mélange de force et de douceur qui noue la gorge et dont on voudrait en garder la sensation longtemps après, exactement comme dans l'extrait cité par Monilet, de fin de scéance...
Citation :
"... Nous ne disons rien, notre silence ressemble à ceux d'après une séance de cinéma, quand le film est bon, quand les émotions perdurent, quand les images dansent encore dans la tête et que personne ne veut dire "Alors, qu'est-ce que t'en penses ?", parce qu'à ce moment, au moment où cette phrase serait dite, le film serait alors passé puisqu'il faut déjà mettre les mots sur les émotions. ..."

C'est un regard sans complaisance d'une mère sur sa vie et une remise en question qui nous renvoie à la nôtre, forcément aussi. Un regard d'une finesse et d'une honnêté bien trop rares et qui frappe de plein fouet.

Merci à vous deux ...Ce livre est une merveille de sensibilité!
Un extrait
Citation :

Je marie ma fille, aujourd'hui. Cette phrase bondit dans ma tête tandis que je la regarde dormir. J'ai quarante deux ans et je marie ma fille aujourd'hui. J'ai soudain l'impression d'être sortie de mon corps, de flotter au dessus d'Anna endormie et de moi-même, de regarder tout cela comme on regarde un film, de me dire que ça ne peut pas m'arriver, pas à moi. J'aurais souhaité être sage le jour du mariage de ma fille, par là, je veux dire ne plus avoir peur du lendemain, regarder mon passé et sourire, attendre l'avenir sans angoisse, avoir accompli ce dont j'avais envie, ne pas être envieuse de qui que ce soit, de quelque situation que ce soit, avoir un homme séduisant à mes bras, assez d'assurance pour pouvoir rire aux éclats et faire rire les autres, j'aurais voulu avoir assez de recul sur ma propre vie pour encourager ma fille, mais non, je ne suis pas tout cela, je n'ai pas tout cela.
Quand je sors de sa chambre ce 21 avril, il est sept heures à peine et la vieillesse soudain m'attend à la porte.

Gros coup de coeur aime


Dernière édition par aeriale le Lun 7 Fév 2011 - 10:08, édité 1 fois
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