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 Guillaume Apollinaire

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Anne
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MessageSujet: Guillaume Apollinaire   Sam 5 Jan 2008 - 11:42



Je ne résiste pas à ouvrir un post sur l'un de mes poète préféré.

Citation :
Guillaume Apollinaire, pseudonyme de Wilhelm Albert Vladimir Apollinaris de Wąż-Kostrowitcky né le 26 août 1880 à Rome, mort le 9 novembre 1918 à Paris, inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 86), est un des principaux poètes d'expression française des premières décennies du XXe siècle, auteur notamment du Pont Mirabeau. Il écrit également des nouvelles et des romans érotiques. Il pratique le calligramme (terme de son invention). Il est le chantre de toutes les avant-gardes artistiques, notamment le cubisme, poète et théoricien de l'Esprit nouveau, et précurseur du surréalisme dont il a forgé le nom.

Il naît en 1880 à Rome d'une mère issue de la noblesse polonaise, Angelica Kostrowicka, et de père inconnu, peut-être un officier italien. Il arrive en 1887 à Monaco, puis poursuit des études aux lycées de Cannes et de Nice. En 1899, il passe l'été dans la petite bourgade wallonne de Stavelot, un séjour quitté à « la cloche de bois » : ne pouvant payer la note de l'hôtel Wilhelm et son demi-frère Albert doivent quitter la ville en secret et à l'aube. L'épisode wallon féconde durablement son imagination et sa création. Ainsi de cette époque date le souvenir des danses festives de cette contrée (« C'est la maclotte qui sautille ... »), dans Marie, celui des Hautes Fagnes, ainsi que l'emprunt au dialecte wallon.

En 1901 et 1902, il est précepteur dans une famille allemande. Il tombe amoureux de la gouvernante anglaise Annie Playden, qui ne cessera de l'éconduire. C'est la période « Rhénane » dont ses recueils portent la trace (La Lorelei, Schinderhannes). De retour à Paris en août 1902, il garde le contact avec Annie et se rend auprès d'elle à deux reprises. Mais en 1905, elle part pour l'Amérique. Le poète célébrera sa relation avec Annie et la douleur de la rupture dans de nombreux poèmes dont Annie et La Chanson du mal-aimé.

Entre 1902 et 1907, il travaille pour divers organismes boursiers et commence à publier contes et poèmes dans des revues. En 1907, il rencontre la peintre Marie Laurencin, avec laquelle il entretiendra une relation chaotique et orageuse. Il décide de vivre de sa plume. Il se lie d'amitié avec Picasso, Derain, Edmond-Marie Poullain , de Vlaminck et le douanier Rousseau, se fait un nom de poète, de journaliste, de conférencier et de critique d'art. En septembre 1911, accusé de complicité de vol parce qu'une de ses relations a dérobé des statuettes au Louvre, il est emprisonné durant une semaine à la prison de la Santé ; cette expérience le marquera. En 1913, il publie Alcools, somme de son travail poétique depuis 1898.

Peu avant de s'engager dans l'armée française en décembre 1914, il tombe amoureux de Louise de Coligny-Châtillon, rencontrée à Nice, qu'il surnomme « Lou ». Mais la jeune femme ne l'aimera jamais, ou du moins, pas comme il l'aurait voulu ; ils rompent en mars 1915 en se promettant de rester amis. Le 2 janvier 1915, il avait connaissance de Madeleine Pagès dans un train. Il part avec le 38e régiment d'artillerie de campagne pour le front de Champagne en avril 1915. Malgré les vicissitudes de la vie en guerre, il écrit dès qu'il le peut pour tenir et rester poète (Case d'Armons, et une abondante correspondance avec Lou, Madeleine et ses nombreux amis). Il se fiance à Madeleine en août 1915. Transféré sur sa demande au 96e régiment d'infanterie avec le grade de sous-lieutenant en novembre 1915, il est naturalisé français le 9 mars 1917. Il est blessé à la tête par un éclat d'obus le 17 mars 1916, alors qu'il lit le Mercure de France dans sa tranchée. Évacué sur Paris, il est trépané le 10 mai 1916. Après une longue convalescence, il se remet progressivement au travail, fait jouer sa pièce Les Mamelles de Tirésias (sous-titrée drame surréaliste) en juin 1917 et publie Calligrammes en 1918. Il épouse Jacqueline (la « jolie rousse » du poème) à qui l'on doit de nombreuses publications posthumes.

Affaibli par sa blessure, Guillaume Apollinaire meurt le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris alors que, dans les rues, les Parisiens célèbrent la fin de la guerre.

Son nom est cité sur les plaques commémoratives du Panthéon de Paris dans la liste des écrivains morts sous les drapeaux pendant la guerre 1914-1918.

(source Wikipédia)
Le recueil de poèmes que je préfère est de loin Alcools. Il regroupe de nombreux poèmes dévoilant son talent. Sa principale source d'inspiration? Les femmes. Et il en a rencontré un certain nombre. Un vrai Don Juan.
Et vous, qu'en pensez-vous?
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Sam 5 Jan 2008 - 12:55

Tu pourrais nous poster le poème préféré du recueil que tu cites et nous en dire un peu plus sur les raisons de ton choix, tes ressentis… Wink

PS : un avatar, c’est plus sympa à voir pour les autres.

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Un seigneur au repos tend à se retourner dans sa tombe.
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Anne
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Sam 5 Jan 2008 - 13:30

Voci donc le poème Zone que j'aime justement parce qu'il est inclassable et très moderne. L'écriture d'Apollinaire me semble différente de tout ce qui a été écrit avant.

Citation :
À la fin tu es las de ce monde ancien

Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin

Tu en as assez de vivre dans l'antiquité grecque et romaine
Ici même les automobiles ont l'air d'être anciennes
La religion seule est restée toute neuve la religion
Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation

Seul en Europe tu n'es pas antique ô Christianisme
L'Européen le plus moderne c'est vous Pape Pie X
Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
D'entrer dans une église et de t'y confesser ce matin
Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
Il y a les livraisons à vingt-cinq centimes pleines d'aventures policières
Portraits des grands hommes et mille titres divers

J'ai vu ce matin une jolie rue dont j'ai oublié le nom
Neuve et propre du soleil elle était le clairon
Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes
Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent
Le matin par trois fois la sirène y gémit
Une cloche rageuse y aboie vers midi
Les inscriptions des enseignes et des murailles
Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent
J'aime la grâce de cette rue industrielle
Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l'avenue des Ternes

Voilà la jeune rue et tu n'es encore qu'un petit enfant
Ta mère ne t'habille que de bleu et de blanc
Tu es très pieux et avec le plus ancien de tes camarades René Dalize
Vous n'aimez rien tant que les pompes de l'Église
Il est neuf heures le gaz est baissé tout bleu vous sortez du dortoir en cachette
Vous priez toute la nuit dans la chapelle du collège
Tandis qu'éternelle et adorable profondeur améthyste
Tourne à jamais la flamboyante gloire du Christ
C'est le beau lys que tous nous cultivons
C'est la torche aux cheveux roux que n'éteint pas le vent
C'est le fils pâle et vermeil de la douloureuse mère
C'est l'arbre toujours touffu de toutes les prières
C'est la double potence de l'honneur et de l'éternité
C'est l'étoile à six branches
C'est Dieu qui meurt le vendredi et ressuscite le dimanche
C'est le Christ qui monte au ciel mieux que les aviateurs
Il détient le record du monde pour la hauteur

Pupille Christ de l'œil
Vingtième pupille des siècles il sait y faire
Et changé en oiseau ce siècle comme Jésus monte dans l'air
Les diables dans les abîmes lèvent la tête pour le regarder
lls disent qu'il imite Simon Mage en Judée
Ils crient qu'il sait voler qu'on l'appelle voleur
Les anges voltigent autour du joli voltigeur
Icare Énoch Élie Apollonius de Thyane
Flottent autour du premier aéroplane
Ils s'écartent parfois pour laisser passer ceux que transporte la Sainte-Eucharistie
Ces prêtres qui montent éternellement élevant l'hostie
L'avion se pose enfin sans refermer les ailes
Le ciel s'emplit alors de millions d'hirondelles
À tire-d'aile viennent les corbeaux les faucons les hiboux
D'Afrique arrivent les ibis les flamants les marabouts
L'oiseau Roc célébré par les conteurs et les poètes
Plane tenant dans les serres le crâne d'Adam la première tête
L'aigle fond de l'horizon en poussant un grand cri
Et d'Amérique vient le petit colibri
De Chine sont venus les pihis longs et souples
Qui n'ont qu'une seule aile et qui volent par couples
Puis voici la colombe esprit immaculé
Qu'escortent l’oiseau-lyre et le paon ocellé
Le phénix ce bûcher qui soi-même s'engendre
Un instant voile tout de son ardente cendre
Les sirènes laissant les périlleux détroits
Arrivent en chantant bellement toutes trois
Et tous aigles phénix et pihis de la Chine
Fraternisent avec la volante machine

Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule
Des troupeaux d'autobus mugissants près de toi roulent
L'angoisse de l'amour te serre le gosier
Comme si tu ne devais jamais plus être aimé
Si tu vivais dans l'ancien temps tu entrerais dans un monastère
Vous avez honte quand vous vous surprenez à dire une prière
Tu te moques de toi et comme le feu de l'Enfer ton rire pétille
Les étincelles de ton rire dorent le fond de ta vie
C'est un tableau pendu dans un sombre musée
Et quelquefois tu vas le regarder de près

Aujourd'hui tu marches dans Paris les femmes sont ensanglantées
C'était et je voudrais ne pas m'en souvenir c'était au déclin de la be

Entourée de flammes ferventes Notre-Dame m'a regardé à Chartres
Le sang de votre Sacré-Coeur m'a inondé à Montmartre
Je suis malade d'ouïr les paroles bienheureuses
L'amour dont je souffre est une maladie honteuse
Et l'image qui te possède te fait survivre dans l'insomnie et dans l'angoisse
C'est toujours près de toi cette image qui passe

Maintenant tu es au bord de la Méditerranée
Sous les citronniers qui sont en fleur toute l'année
Avec tes amis tu te promènes en barque
L'un est Nissard il y a un Mentonasque et deux Turbiesques
Nous regardons avec effroi les poulpes des profondeurs
Et parmi les algues nagent les poissons images du Sauveur

Tu es dans le jardin d'une auberge aux environs de Prague
Tu te sens tout heureux une rose est sur la table
Et tu observes au lieu d'écrire ton conte en prose
La cétoine qui dort dans le creux de la rose

Épouvanté tu te vois dessiné dans les agates de Saint-Vit
Tu étais triste à mourir le jour où t'y vis
Tu ressembles au Lazare affolé par le jour
Les aiguilles de l'horloge du quartier juif vont à rebours
Et tu recules aussi dans ta vie lentement
En montant au Hradchin et le soir en écoutant
Dans les tavernes chanter des chansons tchèques

Te voici à Marseille au milieu des pastèques

Te voici à Coblence à l'hôtel du Géant

Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon

Te voici à Amsterdam avec une jeune fille que tu trouves belle et qui est laide
Elle doit se marier avec un étudiant de Leyde
On y loue des chambres en latin Cubicula locanda
Je m'en souviens j'y ai passé trois jours et autant à Gouda

Tu es à Paris chez le juge d'instruction
Comme un criminel on te met en état d'arrestation

Tu es fait de douloureux et de joyeux voyages
Avant de t'apercevoir du mensonge et de l'âge
Tu as souffert de l'amour à vingt et à trente ans
J'ai vécu comme un fou et j'ai perdu mon temps
Tu n'oses plus regarder tes mains et à tous moments je voudrais sangloter
Sur toi sur celle que j'aime sur tout ce qui t'a épouvanté

Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres immigrants
Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants
Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare
Ils ont foi dans leur étoile comme les rois-mages
Ils espèrent gagner de l'argent dans l'Argentine
Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune
Une famille transporte un édredon rouge comme vous transportez votre coeur
Cet édredon et nos rêves sont aussi irréels
Quelques-uns de ces immigrants restent ici et se logent
Rue des Rosiers ou rue des Écouffes dans des bouges
Je les ai vus souvent le soir ils prennent l'air dans la rue
Et se déplacent rarement comme les pièces aux échecs
Il y a surtout des Juifs leurs femmes portent perruque
Elles restent assises exsangues au fond des boutiques

Tu es debout devant le zinc d’un bar crapuleux
Tu prends un café à deux sous parmi les malheureux

Tu es la nuit dans un grand restaurant

Ces femmes ne sont pas méchantes elles ont des soucis cependant
Toutes même la plus laide a fait souffrir son amant
Elle est la fille d'un sergent de ville de Jersey

Ses mains que je n'avais pas vues sont dures et gercées

J'ai une pitié immense pour les coutures de son ventre

J'humilie maintenant à une pauvre fille au rire horrible me bouche

Tu es seul le matin va venir
Les laitiers font tinter leurs bidons dans les rues
La nuit s'éloigne ainsi qu'une belle Métive
C'est Ferdine la fausse ou Léa l'attentive

Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie
Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie

Tu marches vers Auteuil tu veux aller chez toi à pied
Dormir parmi tes fétiches d'Océanie et de Guinée
lls sont des Christs d'une autre forme et d'une autre croyance
Ce sont les Christs inférieurs des obscures espérances

Adieu Adieu

Soleil cou coupé
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MessageSujet: le pont Mirabeau   Sam 10 Mai 2008 - 9:36

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passait
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

"Le Pont Mirabeau"
Apollinaire, Alcools (1912)
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Sam 10 Mai 2008 - 9:40

Une interprétation du pont Mirabeau par Marc Lavoine.
Je trouve que la musique, la chanson, les images, leur association aussi donne une autre dimension à la poésie. Je suis souvent surprise.

http://fr.youtube.com/watch?v=cg0PeKE75Rc
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Sam 10 Mai 2008 - 9:42

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coline
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Sam 10 Mai 2008 - 20:38

Poèmes à Lou

Septembre 1914: De nationalité étrangère, Apollinaire a été refusé dans l'armée.
Alors qu'il discute dans un café populaire de Nice, Apollinaire est un jour attiré par une jeune femme brune assise non loin de lui. Subjugué par sa beauté, il en tombe éperdument amoureux et entreprend aussitôt de lui tenir compagnie. Celle-ci ne montre aucune résistance à la proximité du jeune homme. Et c'est ainsi qu'Apollinaire fait connaissance avec Louise de Coligny-Châtillon.
Le soir même, il écrit son premier poème en l'honneur de " Lou " et dès le lendemain, il lui annonce sa flamme.
Mais à son grand étonnement, elle ne montre aucune émotion. Il ne se décourage pas pour autant et se met en tête de la séduire par ses talents de poète. Et pendant deux mois, il lui écrit ainsi des dizaines de lettres enflammés.

Malheureusement, Lou se dérobe. Apollinaire comprend , désespéré, décide de fuir cet amour impossible et effectue de nouvelles démarches auprès des autorités militaires.
Le 5 décembre, il est incorporé dans l'artillerie à Nîmes.
Lou cède au charme de l'artilleur. Dès l'annonce de son engagement dans l'armée, elle se découvre une passion pour lui.
Apollinaire. Ivre de bonheur, se met à écrire sans relâche, clamant partout son amour pour " Lou ".
Poèmes à Lou.est un de ses ouvrages les plus célèbres


Je t'écris ô mon Lou de la hutte en roseaux
Où palpitent d'amour et d'espoir neuf coeurs d'hommes
Les canons font partir leurs obus en monômes
Et j'écoute gémir la forêt sans oiseaux

Il était une fois en Bohême un poète
Qui sanglotait d'amour puis chantait au soleil
Il était autrefois la comtesse Alouette
Qui sut si bien mentir qu'il en perdit la tête
En perdit sa chanson en perdit le sommeil

Un jour elle lui dit Je t'aime ô mon poète
Mais il ne la crut pas et sourit tristement
Puis s'en fut en chantant Tire-lire Alouette
Et se cachait au fond d'un petit bois charmant

Un soir en gazouillant son joli tire-lire
La comtesse Alouette arriva dans le bois
Je t'aime ô mon poète et je viens te le dire
Je t'aime pour toujours Enfin je te revois
Et prends-la pour toujours mon âme qui soupire

Ô cruelle Alouette au coeur dur de vautour
Vous mentîtes encore au poète crédule
J'écoute la forêt gémir au crépuscule
La comtesse s'en fut et puis revint un jour
Poète adore-moi moi j'aime un autre amour

Il était une fois un poète en Bohême
Qui partit à la guerre on ne sait pas pourquoi
Voulez-vous être aimé n'aimez pas croyez-moi
Il mourut en disant Ma comtesse je t'aime
Et j'écoute à travers le petit jour si froid
Les obus s'envoler comme l'amour lui-même

Apollinaire, Poèmes à Lou

IV - Je pense à toi

Je pense à toi mon Lou ton cœur est ma caserne
Mes sens sont tes chevaux ton souvenir est ma luzerne

Le ciel est plein ce soir de sabres d'éperons
Les canonniers s'en vont dans l'ombre lourds et prompts

Mais près de toi je vois sans cesse ton image
Ta bouche est la blessure ardente du courage

Nos fanfares éclatent dans la nuit comme ta voix
Quand je suis à cheval tu trottes près de moi

Nos 75 sont gracieux comme ton corps
Et tes cheveux sont fauves comme le feu d'un obus
qui éclate au nord

Je t'aime tes mains et mes souvenirs
Font sonner à toute heure une heureuse fanfare
Des soleils tour à tour se prennent à hennir
Nous sommes les bat-flanc sur qui ruent les étoiles



XLIV - La nuit

La nuit
S'achève
Et Gui
Poursuit
Son rêve
Où tout
Est Lou
On est en guerre
Mais Gui
N'y pense guère
La nuit
S'étoile et la paille se dore
Il songe à Celle qu'il adore

(Nuit du 27 avril 1915 )

Mon Lou je veux te reparler maintenant de l'Amour
Il monte dans mon coeur comme le soleil sur le jour
Et soleil il agite ses rayons comme des fouets
Pour activer nos âmes et les lier
Mon amour c'est seulement ton bonheur
Et ton bonheur c'est seulement ma volonté
Ton amour doit être passionné de douleur
Ma volonté se confond avec ton désir et ta beauté
Ah ! ah ! te revoilà devant moi toute nue
Captive adorée toi la dernière venue
Tes seins ont le goût pâle des kakis et des figues de
barbarie
Hanches fruits confits je les aime ma chérie

L'écume de la mer dont naquit la déesse
Evoque celle-là qui naît de ma caresse
Si tu marches Splendeur tes yeux ont le luisant
D'un sabre au doux regard prêt à se teindre de sang
Si tu te couches Douceur tu deviens mon orgie
Et le mets savoureux de notre liturgie
Si tu te courbes Ardeur comme une flamme au vent
Des atteintes du feu jamais rien n'est décevant
Je flambe dans ta flamme et suis de ton amour
Le phénix qui se meurt et renaît chaque jour

Chaque jour
Mon amour
Va vers toi ma chérie
Comme un tramway
Il grince et crie
Sur les rails où je vais
La nuit m'envoie ses violettes
Reçois-les car je te les jette
Le soleil est mort doucement
Comme est mort l'ancien roman
De nos fausses amours passées
Les violettes sont tressées
Si d'or te couronnait le jour
La nuit t'enguirlande à son tour
.
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Sam 10 Mai 2008 - 22:51

Mais Guillaume Apollinaire est aussi l'auteur des "Onze mille verges"

clic

Pas lu...C'est...c'est...c'est...trop...Ca m'épuise d'avance... hs
( conciliabule C'est vrai qu'ils ont de l'imagination les hommes! Razz )
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Mer 28 Mai 2008 - 18:53

De guillaume apollinaire, j'ai mille fois adoré le poème "nuit rhénane":


Citation :
« Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme
Écoutez la chanson lente d'un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds

Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n'entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été

Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire »

Guillaume Apollinaire, Alcools

C'est à cause de ce doux parfum de mysticisme, d'ésotérisme farfelu qui se dégage des vers, des images, des rimes et des ambiances que je suis amoureux de ce poème. L'auteur nous baigne dans sa nuit, sa nuit alcoolisée de vin, pleine d'érotisme et de sorcellerie (les sirène, le chiffre 7 alchimiquement important); il nous fait réellement voyager dans un paysage riche d'un mélange de volupté et d'angoisse... C'est ça qui m'est beau.
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Mer 28 Mai 2008 - 19:28

Je suis contente que tu cites ce poème...Je suis heureuse de le retrouver, je l'avais oublié... content
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Mar 9 Sep 2008 - 14:38

J'avais lu, plus jeune 'les onze mille verges' et je reconnais avoir été très choquée à l'époque Embarassed
J'ai entendu, ce dimanche, JL Trintignant lire des poème d'Apollinaire (lettres à lou) ... cela m'a réconcilié avec lui. C'est magnifique et je veux me procurer toutes ces 'lettres à lou'.
Je vous tiens au courant conciliabule
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Mar 9 Sep 2008 - 16:24

Bonjour Anne, merci pour l'ouverture de pages sur Apollinaire.

Ce poète-charnière est plus que touchant. Je dis pourquoi "charnière" (je pourrais dire poète-"tournant", poète-"virage à 90°" (minimum).

C'est qu'il se trouve une chose bien étrange dans la composition du recueil Alcools du bien-aimé Guillaume.

Compare Zone ton poème préféré aux autres poèmes du recueil... Tu ne te demandes pas ce que fait là toute seule cette "Prose", puisque le recueil est tout entier en vers rimés ?... Sauf le premier Zone (puis un autre - un seul je crois - titré 1909 visiblement écrit par souci malgré tout d'équilibre...)

Pourquoi cette singulière composition de Alcools ? Hihi ! J'ai appris cette histoire en 1ère avec mon prof de français.
Je suis sûre qu'Apollinaire a eu la trouille d'être dépassé par les jeunes !!! Enfin, par un qui était un peu plus jeune que lui (de sept ans son cadet).
Dans une réunion de poètes Blaise Cendrars lit devant lui sa Prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France et ça lui fiche un coup de vieux à lui Apollinaire, avec son recueil en vers rimés tout près d'être plublié... Il écrit donc Zone en speed (pas mal de points communs entre les deux textes), et il met le poème-prose en première page de son livre pour lui donner plus d'impact, et imitant le jeune Cendrars il supprime toute ponctuation (mais là en fait l' "innovation" doit vraiment aux symbolistes, cf les derniers sonnets de Mallarmé, puis Un coup de dés du même Stéphane).

(Les commentateurs qui ont expliqué la suppression de la ponctuation, pour symboliser le rythme de oufs du monde moderne sont naïfs !, mais moins que les élèves qui les ont crus.)
Reste que Alcools paraît avant La Prose du Transsibérien c'est de la triche !!! Apollinaire décroche le pompon de "père de la modernité"... tu parles !

Maintenant (pardon pour l'expression d'un sentiment si personnel) je ne vois pas ce qu'Apollinaire a aimé dans La Prose du Transsibérien (que je connais pourtant presque par coeur, travaillant avec quelqu'un qui a mis ce texte en scène). Goût du nouveau mis à part, mais ce genre de "nouveau" d'il y a cent ans a été tellement repris reproduit imité et plagié... c'est devenu la norme.
Cendrars a été surpris lui-même d'être regardé comme un poète par les jeunes (Surréalistes) car il était et se voyait avant tout un bourlingueur.
Cette école mythique de "poète-bourlingueur" née du parcours de Rimbaud (qui nous toutes séduites ados) traverse tout le XXe siècle, au moins jusqu'à Kerouac, c'est la génération d'avant nos parents (j'ai presque le même âge que toi).

Voilà, je ne suis pas sûre de ne pas t'avoir saoûlée avec mes comments, mais je trouve Zone une incrustation un peu forcée dans un recueil tout différent...
Si je n'avais pas peur d'être trop longue je te parlerais de Delacroix (le peintre) qui a fait un coup un peu du même genre - mais lui il a reconnu sa dette.
Et puis je dirais pourquoi Apollinaire me semble touchant mais je suis une pie

Question-jeu : De qui est-ce ?

Et la dernière le dernière
Soit le douzième coup donné
Mieux qu'au plus fort de la lumière
Au fond de mon oeil étonné
Vois ces adieux faits sans manière

Etoile ô mon étoile fée
Tout ce qui fut ne t'appartient
Que sous la forme de fumée
Et la pensée aussi n'est rien
Qui ne t'échappe Ô mon aimée

Adieu la vie Adieu nos âmes
Il faut aimer un peu plus loin
Que les chagrins que nous causâmes
Et s'en remettre aux dieux du soin
De nous changer ce rêve en drame
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lyana79
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Dim 4 Jan 2009 - 20:46

Je voudrais parler d'un livre d'Apollinaire que j'ai lu récemment "Les onze mille verges" pensez-vous que ce soit faisable dans ce sujet?
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Lun 5 Jan 2009 - 21:00

Un extrait de "La Chanson du mal-aimé", Alcools (presque aussi futuriste que Zone, j'adore...) :

Voie lactée ô sœur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons-nous d'ahan
Ton cours vers d'autres nébuleuses

Les démons du hasard selon
Le chant du firmament nous mènent
À sons perdus leurs violons
Font danser notre race humaine
Sur la descente à reculons

Destins destins impénétrables
Rois secoués par la folie
Et ces grelottantes étoiles
De fausses femmes dans vos lits
Aux déserts que l'histoire accable

Luitpold le vieux prince régent
Tuteur de deux royautés folles
Sanglote-t-il en y songeant
Quand vacillent les lucioles
Mouches dorées de la Saint-Jean

Près d'un château sans châtelaine
La barque aux barcarols chantants
Sur un lac blanc et sous l'haleine
Des vents qui tremblent au printemps
Voguait cygne mourant sirène

Un jour le roi dans l'eau d'argent
Se noya puis la bouche ouverte
Il s'en revint en surnageant
Sur la rive dormir inerte
Face tournée au ciel changeant

Juin ton soleil ardente lyre
Brûle mes doigts endoloris
Triste et mélodieux délire
J'erre à travers mon beau Paris
Sans avoir le cœur d'y mourir

Les dimanches s'y éternisent
Et les orgues de Barbarie
Y sanglotent dans les cours grises
Les fleurs aux balcons de Paris
Penchent comme la tour de Pise

Soirs de Paris ivres du gin
Flambant de l'électricité
Les tramways feux verts sur l'échine
Musiquent au long des portées
De rails leur folie de machines

Les cafés gonflés de fumée
Crient tout l'amour de leurs tziganes
De tous leurs siphons enrhumés
De leurs garçons vêtus d'un pagne
Vers toi toi que j'ai tant aimée

Moi qui sais des lais pour les reines
Les complaintes de mes années
Des hymnes d'esclave aux murènes
La romance du mal aimé
Et des chansons pour les sirènes



Et mon poème à Lou préféré :

La nuit descend
On y pressent
Un long destin de sang
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lyana79
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Lun 5 Jan 2009 - 21:46

lyana79 a écrit:
Je voudrais parler d'un livre d'Apollinaire que j'ai lu récemment "Les onze mille verges" pensez-vous que ce soit faisable dans ce sujet?

Personne n'a répondu à ma question et dans le doute, je m'abstiendrai...
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