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 Guillaume Apollinaire

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Constance
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Mar 10 Sep 2013 - 13:35

.



Les Cosaques Zaporogues écrivant une lettre au sultan Mahmoud IV de Turquie par Ilya Repin





Réponse des Cosaques Zaporogues au sultan de Constantinople



Plus criminel que Barrabas
Cornu comme les mauvais anges
Quel Belzébuth es-tu là-bas
Nourri d'immondice et de fange
Nous n'irons pas à tes sabbats


Poisson pourri de Salonique
Long collier des sommeils affreux
D'yeux arrachés à coup de pique
Ta mère fit un pet foireux
Et tu naquis de sa colique


Bourreau de Podolie Amant
Des plaies des ulcères des croûtes
Groin de cochon cul de jument
Tes richesses garde-les toutes
Pour payer tes médicaments



(Extrait de "La Chanson du mal-aimé", in Alcools/ Bibliothèque Gallimard)







Poème mis en musique par Chostakovitch (symphonie N°14/ Op. 135) :




Par Léo Ferré, texte précédé des trois dernières strophes du poème précédant "Réponse des Cosaques Zaporogues au sultan de Constantinople, et débutant par le vers "Beaucoup de dieux ont péri":



Je suis fidèle comme un dogue
Au maître le lierre au tronc
Et les Cosaques Zaporogues
Ivrognes pieux et larrons
Aux steppes et au décalogue

Portez comme un joug le Croissant
Qu'interrogent les astrologues
Je suis le Sultan tout-puissant
O mes Cosaques Zaporogues
Votre Seigneur éblouissant

Devenez mes sujets fidèles
Leur avait écrit le Sultan
Ils rirent à cette nouvelle
Et répondirent à l'instant
A la lueur d'une chandelle

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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Mar 10 Sep 2013 - 14:47

@Constance : merci pour ce viril partage !
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Constance
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Mer 11 Sep 2013 - 8:23

GrandGousierGuerin a écrit:
@Constance : merci pour ce viril partage !


Une manière ludique d'enseigner l'Histoire à nos chères têtes blondes ou brunes ... Very Happy 
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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Mer 11 Sep 2013 - 8:59

Constance a écrit:
GrandGousierGuerin a écrit:
@Constance : merci pour ce viril partage !

Une manière ludique d'enseigner l'Histoire à nos chères têtes blondes ou brunes ... Very Happy 
Cette part d'histoire m'était inconnue ... alors tête grise aussi dentsblanches 
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Marie
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Mer 11 Sep 2013 - 20:30

Mon préféré..

Le poète

    Je me souviens ce soir de ce drame indien
    Le Chariot d'Enfant un voleur y survient
    Qui pense avant de faire un trou dans la muraille
    Quelle forme il convient de donner à l'entaille
    Afin que la beauté ne perde pas ses droits
    Même au moment d'un crime
    Et nous aurions je crois
    À l'instant de périr nous poètes nous hommes
    Un souci de même ordre à la guerre où nous sommes

    Mais ici comme ailleurs je le sais la beauté
    N'est la plupart du temps que la simplicité
    Et combien j'en ai vu qui morts dans la tranchée
    Étaient restés debout et la tête penchée
    S'appuyant simplement contre le parapet

    J'en vis quatre une fois qu'un même obus frappait
    Ils restèrent longtemps ainsi morts et très crânes
    Avec l'aspect penché de quatre tours pisanes

    Depuis dix jours au fond d'un couloir trop étroit
    Dans les éboulements et la boue et le froid
    Parmi la chair qui souffre et dans la pourriture
    Anxieux nous gardons la route de Tahure

    J'ai plus que les trois cœurs des poulpes pour souffrir
    Vos cœurs sont tous en moi je sens chaque blessure
    Ô mes soldats souffrants ô blessés à mourir
    Cette nuit est si belle où la balle roucoule
    Tout un fleuve d'obus sur nos têtes s'écoule
    Parfois une fusée illumine la nuit
    C'est une fleur qui s'ouvre et puis s'évanouit

    La terre se lamente et comme une marée
    Monte le flot chantant dans mon abri de craie
    Séjour de l'insomnie incertaine maison
    De l'Alerte la Mort et la Démangeaison

_________________
J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible.
André Comte-Sponville
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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Jeu 12 Sep 2013 - 8:59

@Marie : Ce poème a également une résonance en moi ... merci du partage !
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MartineR
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Mar 1 Oct 2013 - 18:05

Son oeuvre *tombe* dans le domaine public dans télérama mais aussi dans l'Express
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Sigismond
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Jeu 19 Déc 2013 - 21:02

C'est un de mes tout préférés de lui, publié dans son ouvrage Calligrammes.
La vérité ?
En fait, la richesse scripturale, sous apparence dépouillée, et l'art de la sublimation manifestés dans ce Palais du tonnerre m'ont si longtemps accompagné qu'aujourd'hui encore j'ai l'impression de ne pas en avoir tout à fait effectué le tour, bien que je sache presque le réciter sans lire le texte, sans avoir cherché à l'apprendre par coeur:

Le palais du tonnerre

Par l’issue ouverte sur le boyau dans la craie
En regardant la paroi adverse qui semble en nougat
On voit à gauche et à droite fuir l’humide couloir désert
Où meurt étendue une pelle à la face effrayante à deux yeux réglementaires qui servent à l’attacher sous les caissons
Un rat y recule en hâte tandis que j’avance en hâte
Et le boyau s’en va couronné de craie semé de branches
Comme un fantôme creux qui met du vide où il passe blanchâtre
Et là-haut le toit est bleu et couvre bien le regard fermé par quelques lignes droites
Mais en deçà de l’issue c’est le palais bien nouveau et qui paraît ancien
Le plafond est fait de traverses de chemin de fer
Entre lesquelles il y a des morceaux de craie et des touffes d’aiguilles de sapin
Et de temps en temps des débris de craie tombent comme des morceaux de vieillesse
À côté de l’issue que ferme un tissu lâche d’une espèce qui sert généralement aux emballages
Il y a un trou qui tient lieu d’âtre et ce qui y brûle est un feu semblable à l’âme
Tant il tourbillonne et tant il est inséparable de ce qu’il dévore et fugitif
Les fils de fer se tendent partout servant de sommier supportant des planches
Ils forment aussi des crochets et l’on y suspend mille choses
Comme on fait à la mémoire
Des musettes bleues des casques bleus des cravates bleues des vareuses bleues
Morceaux du ciel tissus des souvenirs les plus purs
Et il flotte parfois en l’air de vagues nuages de craie
Sur la planche brillent des fusées détonateurs joyaux dorés à tête émaillée
Noirs blancs rouges
Funambules qui attendent leur tour de passer sur les trajectoires
Et font un ornement mince et élégant à cette demeure souterraine
Ornée de six lits placés en fer à cheval
Six lits couverts de riches manteaux bleus
Sur le palais il y a un haut tumulus de craie
Et des plaques de tôle ondulée
Fleuve figé de ce domaine idéal
Mais privé d’eau car ici il ne roule que le feu jailli de la mélinite
Le parc aux fleurs de fulminate jaillit des trous penchés
Tas de cloches aux doux sons des douilles rutilantes
Sapins élégants et petits comme en un paysage japonais
Le palais s’éclaire parfois d’une bougie à la flamme aussi petite qu’une souris
Ô palais minuscule comme si on te regardait par le gros bout d’une lunette
Petit palais où tout s’assourdit
Petit palais où tout est neuf rien rien d’ancien
Et où tout est précieux où tout le monde est vêtu comme un roi
Une selle est dans un coin à cheval sur une caisse
Un journal du jour traîne par terre
Et cependant tout paraît vieux dans cette neuve demeure
Si bien qu’on comprend que l’amour de l’antique
Le goût de l’anticaille
Soit venu aux hommes dès le temps des cavernes
Tout y était si précieux et si neuf
Tout y est si précieux et si neuf
Qu’une chose plus ancienne ou qui a déjà servi y apparaît
Plus précieuse
Que ce qu’on a sous la main
Dans ce palais souterrain creusé dans la craie si blanche et si neuve
Et deux marches neuves
Elles n’ont pas deux semaines
Sont si vieilles et si usées dans ce palais qui semble antique sans imiter l’antique
Qu’on voit que ce qu’il y a de plus simple de plus neuf est ce qui est
Le plus près de ce que l’on appelle la beauté antique
Et ce qui est surchargé d’ornements
A besoin de vieillir pour avoir la beauté qu’on appelle antique
Et qui est la noblesse la force l’ardeur l’âme l’usure
De ce qui est neuf et qui sert
Surtout si cela est simple simple
Aussi simple que le petit palais du tonnerre  
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Jeu 19 Déc 2013 - 21:46

merci pour ce poème, Sigismond, d'Apollinaire je ne connais que Alcools et encore, très mal, je n'arrive pas à me familiariser avec son rythme.

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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Ven 20 Déc 2013 - 17:39

...Et pour quelques vers d'Apollinaire de plus, tous extraits de "Calligrammes". Je ne sais si vous les trouvez aussi poignants ("Chant de l'horizon en Champagne", "Dans l'abri-caverne") mais malgré tout sensuels ("à l'Italie", "Merveille de la guerre", "Fusée"), chantants ("Il y a", "Exercice") que moi...

Il y a  

Il y a :
 
A l'Italie

A l'Italie:
 

Exercice

Exercice:
 

Merveille de la guerre

Merveille de la guerre:
 

Chant de l’horizon en Champagne
Chant de l’horizon en Champagne:
 

Désir
Désir:
 

Lueurs des tirs – Fusée

Fusée:
 

Dans l'abri-caverne

Dans l'abri-caverne:
 
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Ven 20 Déc 2013 - 18:01

Si je mourais là-bas sur le front de l'armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l'armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

Et puis ce souvenir éclaté dans l'espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l'étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l'espace
Comme font les fruits d'or autour de Baratier

Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l'onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L'amant serait plus fort dans ton corps écarté

Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie
- Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur -
Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

Ô mon unique amour et ma grande folie
La nuit descend
On y pressent
Un long destin de sang

Guillaume APOLLINAIRE, Poèmes à Lou

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L' imagination est l' histoire vraie du monde.
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MessageSujet: Apollinaire   Sam 21 Déc 2013 - 7:14

Guillaume Apollinaire, deux poèmes tirés d' Alcools cette fois-ci, avec cet anxieux Chef de section, contrebalancé (et c'est très caractéristique d'Apollinaire) par la sensualité obtenue par l'emploi du mot bouche à sept reprises en dix vers, et de celui-ci d'amour, qui semble tomber comme un cheveu sur la soupe, mais vient arrondir, adoucir l'ensemble:

Chef de section

Chef de section:
 

Et ce "Chevaux de frise" qui développe encore ces thèmes amour-mort, et obus-fleurs (de mort), avec cette variante obus-pluie de larmes magnifiques.
Apollinaire parfait le tableau en y adjoignant les arbres-chevaux, le mélange arbres déchiquetés-barbelés-neige qui met des fleurs qui est, ce n'est que mon avis, une trouvaille magnifique.
Ce Chevaux de frise est un exemple de plus, si vous n'en êtes pas convaincus, de la délicatesse la plus exquise dans la barbarie mortifère la plus brutale, et de la rencontre de la beauté dans la laideur la plus inhumaine, tout l'art du chansonnier du mal-aimé, tel que je tente de vous l'illustrer par ces quelques poèmes de guerre.
Si l'on garde bien ça en tête, on comprend -ça vire même à l'évidence- pourquoi tant les surréalistes que les poètes qui ont suivi, et jusqu'à nos jours, le tiennent en si haute estime. Parce que c'est pour cette raison, pour ce fond-là bien davantage que pour l'écriture-dessin "en calligrammes", que pour les vers libres, que pour l'absence de ponctuation - ces trois derniers éléments, ceux qu'on retient peut-être en premier de Guillaume Apollinaire, n'étant que de l'ordre de la forme.

Le poète n'a pas survécu à la guerre de 14-18. Mort de la grippe espagnole le 9 novembre 1918, il est enterré, ironie du sort, deux jours après, soit le jour même de l'armistice, le 11 novembre 1918.

Chevaux de frise

Chevaux de frise:
 
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Sam 21 Déc 2013 - 11:09

Voilà rapatriés les messages de Sigismond et bix à propos des poèmes de guerre d'Apollinaire.
Bonne lecture !

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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Dim 22 Déc 2013 - 8:59


Pablo Picasso, Apollinaire blessé (1916)

Dans L'assassin, poème de guerre, Apollinaire "définit", à moins qu'il ne se contente d'illustrer, le terme "alcools" qui intitule l'un de ses recueils les plus connus:

L'assassin:
 

Peut-être soupirerez-vous à l'unisson à la lecture de ces "Soupirs du servant de Dakar" (Calligrammes):

Les soupirs du servant de Dakar:
 


Parmi ses oeuvres de guerre, Apollinaire signe aussi ce naïf (ou pseudo-naïf) triptyque, nommé Le brigadier marqué, Le pas de l'embusqué et Sans titre .

Enfin, il existait autrefois une biographie ancienne d'Apollinaire, qui débutait très plaisamment ainsi:
Citation :
Guillaume, né le jour de la Saint-Apollinaire, de père inconnu et de mère ne l'ayant pas reconnu...
Ce qui est tout à fait charmant mais très inexact, si on ne sait qui est son père, il a vécu auprès de sa mère et la Saint-Apollinaire se fête le 5 octobre, or Guillaume naît un 25 août.

Je profite de l'occasion, en signalant ce site dédié à Apollinaire, manière terminer ce message hétéroclite: Site dit officiel de Guillaume Apollinaire
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MessageSujet: Re: Guillaume Apollinaire   Mer 25 Déc 2013 - 20:29

Quelques poèmes de guerre furent calligrammés par Apollinaire.

Très connue,
La colombe poignardée et le jet d'eau:


Il y a bien dû y avoir quelques personnes pour étudier l'eau (pluie, jet d'eau, etc...) dans l'oeuvre d'Apollinaire, l'eau (la pluie) est bien présente dans 2ème canonnier conducteur, orné de calligrammes de canon, botte, bock, tour Eiffel et bouteille:
2ème canonnier conducteur
2ème canonnier conducteur

A ce propos et hors thème de la guerre, Il pleut est peut-être l'un de ses calligrammes les plus subtils, pas loin d'être mon préféré en tous cas:
Il pleut

Tout ceci bien sûr pour vous amener à écoute s'il peut écoute s'il pleut, contenu dans le poème calligrammé Du coton dans les oreilles.


Comme avec Du coton dans les oreilles (passage d'écoute s'il pleut écoute s'il pleut, le périscope...), à propos de fumées, on peut parler d'écriture calligrammique, puisque se découpe la pipe de l'agencement du poème:
Fumées

(NB: le tabac "de zone", aussi appelé tabac de cantine, se distribuait à raison de cent grammes tous les sept jours aux combattants)


Visée est aussi "parlant" graphiquement que peut l'être Il pleut ou Fumées. Apollinaire était agent de liaison, et portait donc messages et consignes à travers les unités combattantes, principalement l'artillerie.  

Visée

Allez, un petit dernier calligramme de guerre pour clore le message !
la mandoline l'oeillet et le bambou

En rappelant ce que Guillaume Apollinaire lui-même disait de la technique du calligramme, dans une lettre à André Billy:
Citation :
Quant aux Calligrammes, ils sont une idéalisation de la poésie vers-libriste et une précision typographique à l'époque où la typographie termine brillamment sa carrière, à l'aurore de moyens nouveaux de reproduction que sont le cinéma et le phonographe.

Un siècle plus tard il semble pourtant, cher poète, que tant la littérature que la poésie typographiées n'ont pas encore imprimé leur dernier mot !
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