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 Albert Camus

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Queenie
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Jeu 15 Juil 2010 - 17:16

Le testament d'Albert Camus prononcé le 22 janvier 1958 devant des réfugiés espagnols ayant fui le Franquisme.

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colimasson
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Dim 26 Sep 2010 - 11:56

Je viens de relire récemment La chute. Je suis un peu dubitative... Autant le fond du message m'interpelle, autant le style me déplaît. Un peu pompeux, il correspond bien au personnage décrit tout au long de l'histoire, mais je n'y suis pas réceptive... honte

A retenir :

Citation :
« Puisqu’on ne pouvait condamner les autres sans aussitôt se juger, il fallait s’accabler soi-même pour avoir le droit de juger les autres. Puisque tout juge finit un jour pénitent, il fallait prendre la route en sens inverse et faire métier de pénitent pour pouvoir finir juge. »

J'avais lu il y a quelques années La Peste que j'avais trouvé plutôt bon, en revanche, mais mes souvenirs sont vagues, il faudrait que je m'y replonge.
Plus récemment, j'ai également lu Caligula et Le Malentendu. Pour tout dire, j'ai dû relire peut-être quatre ou cinq fois Caligula au cours de ma vie et ce n'est qu'après de nombreuses relectures que j'ai commencé à lui trouver quelque intérêt. En revanche, pour Le Malentendu, rien à faire, je n'accroche pas. Camus est prévisible à des kilomètres et l'histoire trop pleine de pathos.

J'ai bien peur d'être la seule sur ce forum à avoir du mal avec Camus... honte
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Mar 19 Oct 2010 - 14:42

L’Etranger

Je n'ai lu ce livre pour la première fois que cette année. Comme il manquait à ma culture et que j'étais très curieux de le connaître, je me suis lancé. Voici la note que j'avais rédigé après avoir tourné la dernière page. Il est assez en accord avec ce que vous en avez déjà dit dans ce fil.

Un certain malaise à la fin de ma lecture.
Meursault est un homme déroutant : un dilettante qui se contente d'être le spectateur de sa vie. Il la considère comme on considère la vie des autres : il s'y penche avec une certaine curiosité mais sans un réel intérêt. Il analyse froidement, de façon impartiale des faits qui le touchent directement mais dont les causes et plus encore les conséquences ne l'intéressent pas.
Meursault se moque de tout. Son indolence me fait un peu penser à l'horloger d'Everton de Simenon. Il n'attache aucune importance aux choses et s'abîme, dans les instants graves (l'enterrement de sa mère, son procès), dans une contemplation simple et ne remarque que des détails sans importance, futiles.
Sa narration est laconique, sans débordement de joie, sans cris, sans pleurs. Sans émotion. Comme s'il contait la vie d'un autre qu'il n'avait pas connu ni particulièrement apprécié. La vie d'un étranger (d'où le titre, j'imagine). Le décès de sa mère est un aléa dans sa vie. Un aléa qui lui a valu une remarque de son chef. Mais il continue de bien travailler. Il accepte de rédiger une lettre odieuse pour le compte d'un autre sans penser à s'offusquer d'une telle proposition. Il n'y pense d'ailleurs pas. Vivre à Alger ou à Paris, qu'importe ? Son patron remarque qu'il répond toujours à côté : il ne semble pas comprendre. Lors du crime, la première balle est tirée sans qu'il le veuille vraiment. Les 4 autres sans qu'il y pense réellement. Lors du procès, il est distrait et n'écoute pas les plaidoiries qu'il trouve longues... pour regretter ensuite son inattention avec cette remarque : "On devrait porter plus d'attention à ces choses là. Ca peut servir" (je cite de mémoire).
Une seule fois, il veut réagir : à son procès, il aimerait prendre la parole mais son avocat l'en empêche et lui demande de se taire. Ca m'a fait sourire.

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Etre un écrivain, c'est braver l'observation de Darwin voulant que, plus une espèce se spécialise, plus elle risque de disparaître.
[Joyce Carol Oates - J'ai réussi à rester en vie]
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Dim 17 Avr 2011 - 18:20



Camus, a romance d'Elizabeth Hawes, 2010

"Après des décennies de dévotion, j'ai voulu comprendre pourquoi il m'importait si passionnément."
Elizabeth Hawes

Citation :
Avec une candeur rafraîchissante, Elizabeth Hawes met en avant le Camus de carte postale, le séducteur à la Humphrey Bogart, saisi par Cartier-Bresson avec son trench-coat et sa gauloise, conscient de son charme et de son pouvoir sur les femmes. De quoi obscurcir le jugement des meilleurs, suggère Brunskill à demi-mot.

Books n°21

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J’ai presque vingt ans ! Me voici à la fin de ma vie, et je n’ai rien accompli !
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Mar 7 Juin 2011 - 3:16

J'ai le gros pavé Albert Camus, une vie d'Olivier Todd qui traîne depuis des lustres sur mon vieux parquet qui craque. Il me nargue. Un jour je trébucherai dessus et je serai bien obligée de l'ouvrir. Mais il est tellement imposant... j'en repousse la lecture à chaque fois. En tout cas à force de le voir m'observer, j'ai pensé à venir écrire quelques petits mots sur Camus ici. Comme quoi sa force de persuasion est énorme. Il m'aura, il m'aura !

J'ai englouti Les Justes dernièrement. C'est une pièce de théâtre. Je l'ai même lu à voix haute, c'est dire si j'ai été emportée par le rythme de la pièce, assez saccadé, des répliques courtes, poignantes et précises. Habituellement, j'aime Camus en ce qu'il dit beaucoup en peu de mots. Quand je pense à lui, ce qui me vient tout de suite en tête c'est sa précision, l'économie qu'il fait de ses mots pour nous donner de la qualité et non de la quantité. Il n'est pas bavard mais évoque beaucoup. Les Justes, c'est cela. Précis, juste, intelligent, une impression de tranchant, un côté doux-amer. Un groupe de terroristes, du côté qu'on ne connaît généralement pas : celui de l'avant et de l'après attentat. Toute la pièce tourne autour d'une question il me semble : qu'est-ce qui peut amener des hommes à tuer pour défendre une idée pacifique ? Ou plutôt comment vivent-ils avec cette perspective - de tuer pour la paix - radicale et extrême ? S'impose-t-elle à eux naturellement ? Ont-ils des scrupules ? Et surtout, ce qui m'a le plus intéressée : un homme peut-il ne vivre que pour un projet idéologique dont l'application concrète est incertaine voire même impossible dans un futur proche, autrement dit, ne peut-il vivre son propre présent que pour le futur des autres ? A cette/ces question(s), aucune réponse n'est donnée. Mais l'amour entre les personnages dont il est souvent question dans la pièce nous donne un indice : Dora ne veut pas que Kaliayev meurt. Alors, soudain, par légères bribes, l'idée de sauver la Russie et d'y faire régner la paix n'existe plus, ce qui importe c'est que l'homme qu'elle aime soit sauvé.

Il y a sans doute bien d'autres pistes intéressantes dans cette pièce, mais c'est celle que je préfère : les hésitations des personnages à accomplir ce en quoi ils croient pourtant dur comme fer. Ces hésitations occupant l'esprit de chacun des personnages, mais à chaque fois différemment, en fonction de leur vécu. Camus nous dépeint là des personnages profonds, hantés, torturés et furieusement intéressants, étrangement à l'opposé de Meursault - tellement en dehors - eux étant bien plus ancrés dans le sol, presque écrasés par un poids sur leurs épaules.

Un extrait que j'aime beaucoup, le plus révélateur de la beauté de la pièce je trouve :

Citation :
KALIAYEV, se levant, dans une grande agitation.

Aujourd'hui, je sais ce que je ne savais pas. Tu avais raison, ce n'est pas si simple. Je croyais que c'était facile de tuer, que l'idée suffisait, et le courage. Mais je ne suis pas si grand et je sais maintenant qu'il n'y a pas de bonheur dans la haine. Tout ce mal, tout ce mal, en moi et chez les autres. Le meurtre, la lâcheté, l'injustice... Oh il faut, il faut que je le tue... Mais j'irai jusqu'au bout ! Plus loin que la haine !

DORA

Plus loin ? Il n'y a rien.

KALIAYEV

Il y a l'amour.

DORA

L'amour ? Non, ce n'est pas ce qu'il faut.

KALIAYEV

Oh Dora, comment dis-tu cela, toi dont je connais le coeur...

DORA

Il y a trop de sang, trop de dure violence. Ceux qui aiment vraiment la justice n'ont pas droit à l'amour. Ils sont dressés comme je suis, la tête levée, les yeux fixes. Que viendrait faire l'amour dans ces coeurs fiers ? L'amour courbe doucement les têtes, Yanek. Nous, nous avons la nuque raide.

KALIAYEV

Mais nous aimons notre peuple.

DORA

Nous l'aimons, c'est vrai. Nous l'aimons d'un vaste amour sans appui, d'un amour malheureux. Nous vivons loin de lui, enfermés dans nos chambres, perdus dans nos pensées. Et le peuple, lui, nous aime-t-il ? Sait-il que nous l'aimons ? Le peuple se tait. Quel silence, quel silence...

KALIAYEV

Mais c'est cela l'amour, tout donner, tout sacrifier sans espoir de retour.

DORA

Peut-être. C'est l'amour absolu, la joie pure et solitaire, c'est celui qui me brûle en effet. A certaines heures, pourtant, je me demande si l'amour n'est pas autre chose, s'il peut cesser d'être un monologue, et s'il n'y a pas une réponse, quelquefois. J'imagine cela, vois-tu : le soleil brille, les têtes se courbent doucement, le coeur quitte sa fierté, les bras s'ouvrent. Ah ! Yanek, si l'on pouvait oublier, ne fût-ce qu'une heure, l'atroce misère de ce monde et se laisser aller enfin. Une seule petite heure d'égoïsme, peux-tu penser à cela ?
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Constance
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Mar 7 Juin 2011 - 18:09

A propos de "L'étranger", pour ma part, la seule explication qui vaille est celle que Camus a lui-même donnée; explication limpide dont on peut déduire que Meursault est un assassin solaire, qui accomplit cet acte sans en comprendre l'absurdité, mais qui en accepte les conséquences pour être en accord avec sa soif de vérité ... peut-être fut-ce la réponse à ceux qui, pensant détenir la vérité intentionnelle de Camus, convertirent le patronyme du héros en "meurt-sot" ...





Citation :

"... J'ai résumé L'Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu'elle est très paradoxale : "'Dans notre sociéte tout homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort."
Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu'il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société ou il vit, il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle.
Et c'est pourquoi des lecteurs ont été tenté de le considérer comme une épave.

Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple : il refuse de mentir."

"... On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant dans L'Étranger l'histoire d'un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Meursault pour moi n'est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d'ombres. Loin qu'il soit privé de toute sensibilité, une passion profonde, parce que tenace l'anime, la passion de l'absolu et de la vérité. Il m'est arrivé de dire aussi, et toujours paradoxalement, que j'avais essayé de figurer dans mon personnage le seul christ que nous méritions. On comprendra, après mes explications, que je l'aie dit sans aucune intention de blasphème et seulement avec l'affection un peu ironique qu'un artiste a le droit d'éprouver a l'égard des personnages de sa création." (Albert Camus)
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eXPie
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Mar 2 Aoû 2011 - 19:46

Citation :
Albert Camus a-t-il été assassiné par le KGB ?

Albert Camus a-t-il été tué par le KGB? C’est la théorie que développe le quotidien italien Corriere della Sera dans un article consacré à la mort du prix Nobel de littérature français. Les circonstances de la mort de Camus sont bien connues: le 4 janvier 1960, lors d’un voyage en voiture entre sa maison de Lourmarin dans le Vaucluse et Paris, la Facel Vega 355 chevaux conduite par son ami Michel Gallimard et où il se trouve s’encastre dans un platane en bordure d’une route nationale. L’écrivain meurt sur le coup, tandis que Michel Gallimard décèdera quelques jours plus tard.

Pendant un demi-siècle, l’histoire s’arrête à cette version officielle. Mais le Corriere della Sera raconte une rencontre qui pourrait remettre en question cette version, celle de l’universitaire italien Giovanni Catelli et de Maria Zabranova, la veuve du poète et traducteur tchèque Jan Zabrana. Ensemble, ils discutent de Toute une vie, le journal de bord posthume de Zabrana. Catelli fait remarquer à Zabranova qu’un passage important du livre sur Albert Camus ne figure pas dans la traduction italienne de l’œuvre. La veuve du traducteur retrouve alors le passage en question, que le Corriere della Sera cite ainsi:

«J’ai entendu quelque chose de très étrange de la bouche d’un homme qui sait beaucoup de choses et a des sources bien informées. Selon lui, l’accident qui a coûté la vie à Albert Camus en 1960 a été organisé par l’espionnage soviétique. Ils ont endommagé un pneu de la voiture grâce à un appareil sophistiqué qui a coupé ou troué la roue avec la vitesse. L’ordre a été donné personnellement par le ministre Shepilov en réaction à un article publié dans Franc-tireur en mars 1957, dans lequel Camus attaquait le ministre, en le nommant explicitement sur les évènements de Hongrie…»

La conversation, tenue en 1980, fait allusion au discours antisoviétique livré par Camus 23 ans plus tôt, lors duquel l'écrivain avait dénoncé les «massacres de Shepilov». L’année suivante, Camus soutient publiquement Boris Pasternak, l’auteur russe du Docteur Jivago, un acte perçu comme un camouflet par le parti communiste russe. Le Corriere della Sera conclut:

«Il y avait assez de preuves pour que Moscou ordonne son assassinat, dans le style toujours professionnel des agents du KGB.»
(source ici)

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- Bo Carpelan, La Cour
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Sam 6 Aoû 2011 - 22:20

"meurt-sot"... Personnellement, j'ai toujours plutôt pensé à "mort seul"...
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Ginchiyo
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Sam 5 Mai 2012 - 12:54

cette phrase mit en exergue au debut de La Peste,empruntee à Defoe : « Il est aussi raisonnable de représenter une espèce d’emprisonnement par une autre, que de représenter n’importe quelle chose qui existe réellement par quelque chose qui n’existe pas. » designe que le peste peut etre le symbole de l'ocupation allemande en France et si c'est le cas pourquoi il n'a pas ecrit tout simplement un roman qui condamne l'ocupation?
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Marko
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Mar 22 Mai 2012 - 20:44

Sortie d'une belle édition illustrée par José Munoz du texte intégral de L'étranger.



Présentation sur France Inter: Ici


Citation :
Il y a 70 ans, paraissait « l’Etranger », élu meilleur livre du XXème siècle...
Le dessinateur argentin, José Muñoz se souvient encore de son coup de foudre littéraire avec Albert Camus, une rencontre hypnotisante et inspirante...
José Muñoz parle de Camus comme d'un compagnon de route, un partenaire de jeu qui l'éclair...
"Aujourd’hui ma mère est morte, ou peut être hier, je ne sais pas…" ces premiers mots de Meursault l’ont happé, hypnotisé...
Muñoz s’est mis dans les traces du héros étranger à lui-même. Il a dansé avec Alger, ses ombres et ses lumières, il nous parle de cette subjectivité Camusienne, et nous emmène dans une Algérie coloniale et tourmentée avec sa belle sensualité au bout du crayon…

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Ven 13 Juil 2012 - 6:57

Il est peut-être difficile d'aborder l'oeuvre d' Albert Camus. Mon premier contact avec la réalité matérielle de son oeuvre vint au moment de la citation du titre L'Étranger parmi les lectures de chevet de l'ex-président des États-Unis, Georges W. Bush. J'y vis un profond signe d'occulter quelque force du destin.

Ma première lecture d' Albert Camus fut scolaire. Je lisai La peste pour introduire son univers particulier. Par un curieux hasard, j'obtins un peu plus tard une seconde édition Gallimard de 1948 de ce même titre qu'un de mes proches m'offrit. Cet exemplaire trône sur une rangée dans l'une de mes bibliothèques en attendant d'être encadré sur un mur.

Finalement, je pris sur moi d'aborder L'Étranger. Originellement, ce fut le premier livre neuf que je me procurai au sein de ma collection qui se remplit depuis. Pendant longtemps, je tergiversai avec le moment d'entreprendre la lecture. Faisant coïncider cette lecture avec Si c'est un homme de Primo Levi, je me décidai à franchir le pas au cours de mes vacances estivales. Je ne regrette définitivement pas ce heureux concours de circonstances.

Que dire sinon que Meursault survivra longtemps à la mort de Camus. Peut-être que le grand livre vint rapidement dans la renommée d' Albert. L'oeuvre de ce dernier semble tout de même bien remplie. Disons seulement que le contraste est saisissant entre L'Étranger et La Peste. Camus excelle dans la briéveté.

Il est bien difficile de se faire une idée après une seule lecture du roman. Je crois bien devoir requérir cinq lectures avant d'avoir imprégné l'atmosphère globale du roman. Nous retenons de ces impressions qui forgent les perceptions premières de notre lecture. Les relectures viennent nourrir nos connaissances. Il faut tout de même nous fier à l'instinct lorsque vient le moment de citer notre appréciation de L'Étranger. J'ai une bien curieuse impression de voir un film devant mes yeux. Le langage du roman est bâti à la faveur de dialogues entrecoupés. Meursault semble crever l'écran de quelque antipathie collective. Nous retenons l'élément du droit qui cisèle l'analyse du propos.
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Ven 17 Aoû 2012 - 0:13

J'ai d'abord lu Camus en cours moi aussi. J'ai commencer par les justes,et j'ai continuer par la peste. J'ai bien aimé ces deux livre.J'ai la chute dans ma bibliotheque que je lirai dans pas longtemps. (en ce moment je sors beaucoup,je ne lis plus beaucoup :'( ) Je vous en direz des nouvelles :)
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Sam 24 Nov 2012 - 17:28

Par hasard j'ai trouvé au fond de ma bibliothèque ce livre de Camus, Les justes. Une pièce de théâtre. Tiens pourquoi pas. Je connaissais Camus pour l'avoir étudié au lycée, l'Etranger, La Peste, La chute, Le Mythe de Sisyphe. Je n'en ai gardé que de vagues souvenirs de romans que 'aimerais relire.

Que dire de cette pièce Les Justes si ce n'est qu'elle est poignante, moi aussi Abigail je l'ai lue à voix haute, pleine d'émotion.
J'ai aimé le temps d'un instant sortir de ma petite vie bien rangée pour entrer dans la peau de personnages investis dans une cause avec tout ce que cela implique. Des gens passionnés jusqu'au bout des ongles. L'amour, le doute, le devoir, la peur, la force. J'ai trouvé tout cela dans ces quelques pages.
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Lun 17 Déc 2012 - 10:07

moinonplus a écrit:
De Camus, j’avais L’Exil et le Royaume. J’ai essayé plusieurs fois de le lire, mais je ne réussissais pas, je trouvais le style lourd, en plus du manque de clarté, et sans voir la véritable visée de l’auteur. L’écriture était monotone comme les paysages qu’il décrivait ; du coup je n’ai plus cherché à lire d’autres livres de cet auteur, même si on m’a souvent conseillé d’autres ouvrages, comme La peste.
Cependant j’aime ses citations (que m’a faites découvrir une amie); comme en donne l’exemple Lara d’ailleurs. Sa façon de voir les choses, ses conceptions de la vie, ses avis clairs, nets et subjectifs (la subjectivité de Camus est cultivée, soumise à une méthode de dédoublement du langage) sont vraiment à prendre en compte et à analyser

C'est dommage de se décourager, L'exil et le royaume est sans doute le bouquin de Camus qui me touche le moins, ça me semble un peu sec aussi et pourtant... Certains livres comme L'été , sont écrits dans une langue presque brûlante:
Citation :
Des millions d'yeux, je le savais, ont contemplé ce paysage et, pour moi, il était comme le premier sourire du ciel. Il me mettait hors de moi au sens profond du terme. Il m'assurait que sans mon amour et ce beau cri de pierre, tout était inutile. Le monde est beau, et hors de lui, point de salut. La grande vérité que patiemment il m'enseignait, c'est que l'esprit n'est rie, ni le cœur même. Et que la pierre chauffée par le soleil, ou le cyprès que le ciel découvert agrandit, limitent le seul univers où "avoir raison" prend un sens: la nature sans hommes. Et ce monde m'annihile. Il me porte jusqu'au bout. Il me nie sans colère. Dans ce soir qui tombait sur la campagne florentine, je m'acheminait vers une sagesse où tout était déjà conquis, si des larmes ne m'étaient venues aux yeux et si le gros sanglot de poésie qui m'emplissait ne m'avait fait oublier la vérité du monde.
Je ne te parle pas non plus de passage érotiques brillants, comme dans son premier roman qui te coupe le souffle "La mort heureuse". Je te conseille de persévérer, c'est un auteur riche. Il te fait des descriptions de paysages qui te transportent, surtout dans ces bouquins (L'été, Noces: ce sont des essais; et puis La mort heureuse)
D"ailleurs, à tous, personne ne parle de ce livre éblouissant. Qui l'a lu? Je crois que c'est mon préféré (il se rapproche d'une certaine manière de L'étranger. L'amour du corps, de la chair, de la Vie chez Camus, un amour presque métaphysique (je sais pas sûr que ça lui plairait que je dise ça) m'ont réellement atteinte.
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Lun 17 Déc 2012 - 22:28

A lire et à relire, Les Noces de ce cher Camus !

J'en profite, que ce fil soit à nouveau alimenté, pour dire que
j'ai redécouvert Camus avec cet "essai" sur l'Algérie...
Souvent, on a le stéréotype de L'étranger, un roman sec et inaccessible.
Et avec Les Noces, on retrouve toute la magie des paysages, et du paysage algérien
en l'occurrence.

Une écriture amoureuse, chaude, et ambrée, qui dépeint le paysage d'Alger aux ruines
dans le désert, et qui évoque toute l'histoire, et la place de l'humanité. C'est un bouquin
très intéressant, surtout dans le contexte dans lequel il a été écrit. Camus partage ici son
amour pour l'Algérie. Mais loin d'être l'Algérie des colonies..
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Aujourd'hui à 5:37

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