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 Albert Camus

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Heyoka
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Ven 13 Déc 2013 - 10:28

Pour ceux qui ont envie de voir l'auteur sous un autre jour, sachez que dans le magazine Styles du 11/12/2013, vous pouvez lire un article plutôt intéressant rédigé par Farid Chenoune (agrégé de lettres modernes enseignant l'histoire et la culture de la mode à l'Institut français de la mode).


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topocl
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Ven 27 Déc 2013 - 11:08

L'étranger

J'ai retrouvé exactement la même impression qu'à la lecture que j'en avais fait à 15 ans, si ce n'est qu'à l'époque, je n'avais pas trop osé l'exprimer.

Donc, c'est, forcément, une lecture qu'on démarre avec dans un coin de sa tête l'écriteau "Attention chef d'œuvre". Et, oui, je n'ai pu que constater la perfection formelle, la qualité sobre de la langue.
J'y ai noté aussi que le héros est un "étranger", se vit comme tel, et est vécu comme tel par une société qui s'appuie sur des archétypes "normaux". Cela, évidemment m'a intéressée. Bien sûr, j'ai vu aussi que la société était "agressée" par cet individu , puisqu'il a commis un meurtre, et qu'une mis en résonance assez aveugle, s'appuyant sur une vision sans nuance de faits et de comportements a mené à une erreur judiciaire.
C'était fort intéressant, quoique assez radical et parfois à la limite de la caricature. Dire que ce roman m'a plu, par contre, non.
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Heyoka
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Ven 27 Déc 2013 - 11:26

Et voilà que la découverte d'Albert Camus est à nouveau reportée à une date ultérieure non-définie...

Topocl, tu me déçois, je comptais sur toi pour me motiver.

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Dernière édition par Heyoka le Ven 27 Déc 2013 - 13:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Ven 27 Déc 2013 - 11:37

Sans jeu de mot aucun, essaie La Peste , (c'est gros mais pas énorme).

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MessageSujet: Re: Albert Camus   Ven 27 Déc 2013 - 12:30

Heyoka, tu perds rien pour attendre... Camus est quelqu'un qui touche ou qui t'effleure à peine... Je ne me fierais pas trop au seul avis de topocl... Wink

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colimasson
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Mar 31 Déc 2013 - 14:03

La Peste (1947)




La Peste ne parlerait que de la peste ? Ce serait éluder un peu trop rapidement le talent d’Albert Camus. Ses livres sont des strates qui entrecroisent plusieurs récits à plusieurs niveaux, tous étant essentiels les uns aux autres.


La trame de l’histoire est simple et respecte la thématique annoncée. Dans les années 1940, la peste se déclare à Oran et force ses habitants à une mise en quarantaine qui déchaîne d’abord des réactions passionnées, avant de céder place à une indifférence de plus en plus tenace à mesure que la période de réclusion se prolonge. La peste semble alors ne jamais devoir finir et les habitants se résignent à ne plus revoir ceux dont ils sont coupés et –c’est peut-être le plus difficile- à devenir des personnages anhistoriques. Pourtant, autour d’eux, la peste continue à faire des ravages et ne laisse jamais deviner l’identité de ses futures victimes.


Le récit, pris en charge par un narrateur d’abord mystérieux, se concentre sur le personnage du docteur Rieux. Technique, ne laissant jamais transparaître ses émotions et effaçant toujours son individualité en face des vagues que provoque l’ensemble de ses congénères, ce personnage est d’autant plus crédible qu’Albert Camus semble s’être directement inspiré de sa propre personnalité avant de l’intégrer à son récit. Le docteur Rieux impose une distance qui convient aux évènements. En temps de peste, il s’agit de prendre son rôle au sérieux, de tout faire pour guérir les malades et pour soulager les familles, sans jamais s’impliquer au point de détruire sa propre santé ou de sacrifier son équilibre mental aux passions de l’affection. Pourtant, derrière ce professionnalisme intransigeant qui nous permettra de connaître la progression de la maladie jour après jour –ses lois absurdes, son imprévisibilité de la gratuité de ses engouements à ses rémissions inespérées-, une menace plus grande que celle de la peste se profile.


Si la plupart des habitants d’Oran se méfient les uns des autres et doivent être mis en quarantaine dans leur propre foyer à chaque fois qu’un proche se révèle atteint de la maladie, le docteur Rieux ne peut pas se permettre la prudence. Du premier jusqu’au dernier jour de l’épidémie –si tant est que le dernier jour existe vraiment-, sa profession lui aura permis de mieux connaître les hommes. Les malades, en général, mais aussi le père Paneloux et sa théorie du fléau divin, Raymond Rambert et ses désirs d’évasion, Joseph Grand et son intérêt monomaniaque pour la grammaire ou encore Mme Rieux, mère du docteur et double de la propre mère d’Albert Camus. Mais le docteur ne se laisse jamais abuser par les états d’âme de chacun et c’est toujours en sa qualité de technicien physiologiste qu’il décrit le comportement de ses semblables et de lui-même. Il nous arrache ainsi brutalement à nos croyances d’une identité propre à chacun. Nous sommes tous les mêmes, régis par des lois internes que nous ne maîtrisons pas mais qui nous incitent à trouver la meilleure ruse pour prolonger notre existence par-delà les fléaux. Le docteur Rieux, froidement attendri par les effusions sentimentales qui demeurent toutefois en dépit des situations désespérées, ne place pas le salut dans ces considérations sans âme. Si le détachement lui semble salvateur, il ne fait que prolonger une existence sans saveur.


« Il était juste que, de temps en temps au moins, la joie vînt récompenser ceux qui se suffisent de l’homme et de son pauvre et terrible amour. »


C’est d’ailleurs là où souhaite en venir Albert Camus. Que la peste soit terrible parce qu’elle constitue un mal invisible qui touche indifféremment toutes les catégories de population, nous le savons tous et nous pouvons même l’accepter dans une certaine mesure. En revanche, le docteur Rieux ne semble pas pouvoir accepter le climat d’indifférence qui s’installe peu à peu dans la ville recluse d’Oran. La peste devient le symbole d’un autre fléau qui touche les âmes et ce mal porte le nom d’indifférence.


« Nos concitoyens s’étaient mis au pas, ils s’étaient adaptés, comme on dit, parce qu’il n’y avait pas moyen de faire autrement. Ils avaient encore, naturellement, l’attitude du malheur et de la souffrance, mais ils n’en ressentaient plus la pointe. Du reste, le docteur Rieux, par exemple, considérait que c'était cela le malheur, justement, et que l'habitude du désespoir est pire que le désespoir lui-même. »


L’écrivain de l’absurde ne délaisse jamais sa volonté –absurde elle aussi- de décrire ce sentiment de détachement qui fait percevoir la vie à la manière d’un plateau de jeu régi par des lois guindées qu’on ne respecte plus que par habitude, avec une acceptation du corps mais sans l’approbation de l’âme. Le désenchantement d’une ville se laisse à voir à travers le récit du docteur Rieux. Des décennies plus tard, cette peste mentale semble s’être propagée et avoir contaminé une plus grande partie du monde. Albert Camus ne décrit-il pas le sentiment général d’une société industrielle qui fonctionne parfaitement en apparence –ainsi que les rescapés de la maladie- mais qui est privée de toute âme, et qui ne sait plus vers où se diriger ?


« La peste avait supprimé les jugements de valeur. Et cela se voyait à la façon dont personne ne s’occupait plus de la qualité des vêtements ou des aliments qu’on achetait. On acceptait tout en bloc. »


La peste nous emporte dans son sillage beaucoup plus loin que prévu. Même lorsqu’elle se résorbe, elle n’empêche pas de laisser des séquelles dans les âmes qui ont connu le néant. Il s’agit ensuite de retrouver son humanité, à la manière d’Albert Camus qui se bat à chaque page pour ne pas laisser l’indifférence reprendre le dessus sur la gratuité superbe de la vie.




Citation :
Il savait ce que sa mère pensait et qu'elle l'aimait, en ce moment. Mais il savait aussi que ce n'est pas grand-chose que d'aimer un être ou du moins qu'un amour n'est jamais assez fort pour trouver sa propre expression. Ainsi, sa mère et lui s'aimeraient toujours dans le silence. Et elle mourrait à son tour - ou lui - sans que, pendant toute leur vie, ils pussent aller plus loin dans l'aveu de leur tendresse. [...] Mais lui, Rieux, qu'avait-il gagné d'avoir connu la peste et de s'en souvenir, d'avoir connu l'amitié et de s'en souvenir, de connaître la tendresse et de devoir un jour s'en souvenir. Tout ce que l'homme pouvait gagner au jeu de la peste et de la vie, c'était la connaissance et la mémoire.


Citation :
Ce qui est naturel, c’est le microbe. Le reste, la santé, l’intégrité, la pureté, si vous voulez, c’est un effet de la volonté et d’une volonté qui ne doit jamais s’arrêter. L’honnête homme, c’est celui qui a le moins de distractions possible. Et il en faut de la volonté et de la tension pour ne jamais être distrait ! Oui, Rieux, c’est bien fatigant d’être un pestiféré. Mais c’est encore plus fatigant de ne pas vouloir l’être. C’est pour cela que tout le monde se montre fatigué, puisque tout le monde, aujourd’hui, se trouve un peu pestiféré. Mais c’est pour cela que quelques-uns, qui veulent cesser de l’être, connaissent une extrémité de fatigue dont rien ne les délivrera plus que la mort.


Citation :
Question : Comment faire pour ne pas perdre son temps ? Réponse : L'éprouver dans toute sa longueur.  Moyen : passer des journées dans l’antichambre d’un dentiste, sur une chaise inconfortable ; vivre à son balcon le dimanche après-midi ; écouter des conférences dans une langue qu’on ne comprend pas, choisir les itinéraires de chemin de fer les plus longs et les moins commodes et voyager debout naturellement ; faire la queue aux guichets des spectacles et ne pas prendre sa place, etc.


Nietzsche, es-tu là ?


Citation :
«Pitié, docteur » disait Mme Loret, la mère de la femme de chambre qui travaillait à l’hôtel de Tarrou. Que signifiait cela ? Bien entendu, il avait pitié. Mais cela ne faisait avancer personne.


*peinture de Dieter Asmus

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MessageSujet: Re: Albert Camus   Mar 31 Déc 2013 - 16:08

c'est assez motivant, je passerai sans doute par celui-là pour revenir à Camus !

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MessageSujet: Re: Albert Camus   Jeu 2 Jan 2014 - 20:21

Revienzy vite  swing 

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MessageSujet: Re: Albert Camus   Lun 20 Jan 2014 - 21:26

La chute mise en scène par christophe Chaumette, Extrait:



La chute est resté mon livre de chevet pendant longtemps, il fait parti des livres dont on ne sort pas indemne.

un Extrait pour mémoire:

Citation :
Continuer voilà ce qui est difficile. Tenez, savez-vous pourquoi on l'a crucifié, l'autre, celui auquel vous pensez en ce moment, peut-être ? Bon, il y avait des quantités de raisons à cela. Il y a toujours des raisons au meurtre d'un homme. Il est, au contraire, impossible de justifier qu'il vive. C'est pourquoi le crime trouve toujours des avocats et l'innocence, parfois seulement. Mais, à côté des raisons qu'on nous a très bien expliquées pendant deux mille ans, il y en avait une grande à cette affreuse agonie, et je ne sais pourquoi on la cache si soigneusement. La vraie raison est qu'il savait, lui, qu'il n'était pas tout à fait innocent. S'il ne portait pas le poids de la faute dont on l'accusait, il en avait commis d'autres, quand même il ignorait lesquelles. Les ignorait-il d'ailleurs ? Il était à la source, après tout ; il avait dû entendre parler d'un certain massacre des innocents. Les enfants de la Judée massacrés pendant que ses parents l'emmenaient en lieu sûr, pourquoi étaient-ils morts sinon à cause de lui? Il ne l'avait pas voulu, bien sûr. Ces soldats sanglants, ces enfants coupés en deux lui faisaient horreur. Mais, tel qu'il était, je suis sûr qu'il ne pouvait les oublier. Et cette tristesse qu'on devine dans tous ses actes, n'était-ce pas la mélancolie inguérissable de celui qui entendait au long des nuits la voix de Rachel, gémissant sur ses petits et refusant toute consolation ? La plainte s'élevait dans la nuit, Rachel appelait ses enfants tués pour lui, et il, était vivant !
Sachant ce qu'il savait, connaissant tout de l'homme - ah ! qui aurait cru que le crime n'est pas tant de faire mourir que de ne pas mourir soi-même ! - confronté jour et nuit à son crime innocent, il devenait trop difficile pour lui de se maintenir et de continuer. Il valait mieux en finir, ne pas se défendre, mourir, pour ne plus être seul à vivre et pour aller ailleurs, là où, peut-être, il serait soutenu. Il n'a pas été soutenu, il s'en est plaint et, pour tout achever, on l'a censuré. Oui, c'est le troisième évangéliste, je crois, qui a commencé de supprimer sa plainte. « Pourquoi m'as-tu abandonné ? » c'était un cri séditieux, n'est-ce pas ? Alors, les ciseaux ! Notez d'ailleurs que si Luc, n'avait rien supprimé, on aurait à peine remarqué la chose ; elle n'aurait pas pris tant de place, en tout cas. Ainsi, le censeur crie ce qu'il proscrit. L'ordre du monde aussi est ambigu.
Il n'empêche que le censuré lui n'a pu continuer. Et je sais, cher, ce dont je parle. Il fut un temps où j'ignorais, à chaque minute, comment je pourrais atteindre la suivante. Oui, on peut faire la guerre en ce monde, singer l'amour, torturer son semblable, parader dans les journaux, ou simplement dire du mal de son voisin en tricotant. Mais, dans certains cas, continuer, seulement continuer, voilà ce qui est surhumain. Et lui n'était pas surhumain, vous pouvez m'en croire. Il a crié son agonie et c'est pourquoi je l'aime, mon ami, qui est mort sans savoir.
Le malheur est qu'il nous a laissés seuls, pour continuer, quoi qu'il arrive, même lorsque nous nichons dans le malconfort, sachant à notre tour ce qu'il savait, mais incapables de faire ce qu'il a fait et de mourir comme lui. On a bien essayé, naturellement, de s'aider un peu de sa mort. Après tout, c'était un coup de génie de nous dire : « Vous n'êtes pas reluisants, bon, c'est un fait. Eh bien, on ne va pas faire le détail ! On va liquider ça d'un coup, sur la croix ! » Mais trop de gens grimpent maintenant sur la croix seulement pour qu'on les voie de plus loin, même s'il faut pour cela piétiner un peu celui qui s'y trouve depuis si longtemps. Trop de gens ont décidé de se passer de la générosité pour pratiquer la charité. O l'injustice, l'injustice qu'on lui a faite et qui me serre le coeur !
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swallow
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Jeu 23 Jan 2014 - 19:58

Merci Comus, pour cet extrait de la pièce de Théâtre adapatée para Catherine Camus et Christophe Chaumette, du roman de Camus, qui fut entre autres oeuvres de Camus, l´objet de nos lectures communes de cet auteur, ce mois de novembre passé, .
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Max
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Mer 16 Avr 2014 - 19:17

Hop, je viens de terminer le présent volume chez Gallimard.



Happy je suis.
Non en fait j'ai triché. J'ai fait l'impasse sur L'homme révolté. Je sais bien que c'est son œuvre philosophique majeure et tout, m'enfin c'est un gros pavé, et puis sans doute suis-je un peu "juste" pour ce genre de lecture. Et puis bon, j'ai pas envie.

Je viens donc de terminer aujourd'hui Le premier homme. C'est magnifique bien sûr. Je regrette cependant énormément de l'avoir lu en dernier. Je m'en veux. Même si j'étais déjà au fait d'un bon nombre d'éléments biographiques, là maintenant je vois Camus tout autrement. J'ai presque envie de le relire... A mon avis, Le premier homme, c'est un des tout premiers Camus à lire, en tout cas il faut pas trop tarder.

Sinon mes préférés :
1) L'étranger
2) Le premier homme
3) L'envers et l'endroit
4) Le malentendu


A ceux qui n'auraient pas lu L'envers et l'endroit : jetez vous dessus. Derrière ce titre un peu conceptuel et austère, se cache une superbe œuvre de jeunesse (1937), d'une maturité plus qu'intéressante. Elle se compose de cinq "nouvelles", où en fait tout se mêle : récits de voyage, philosophie, autobiographie... Tout ceci dans une prose très poétique, qui n'a rien à voir avec son style futur souvent un peu sec... Il y a des passages sublimes avec même des fusées poétiques étonnantes...

Je ne sais plus lequel de ses proches considérait ce petit livre comme ce que Camus avait écrit de mieux, mais il n'a pas tout à fait tort, je trouve.
Dans la préface de la réédition, Camus fait un peu la moue, parle de quelques manquements, de maladresses de jeunesse. Elles ne m'ont pas choqué perso. On trouve parfois quelques "formules" lancées un peu hasardeusement, c'est vrai, m'enfin rien de bien méchant.


Il faudra aussi que je lise son adaptation des Possédés (qui n'est pas dans ce volume), quand même. Mais bon, faut que je lise le roman d'abord... hé hé (je me le garde bien au chaud, pour l'instant  Cool ).
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Jeu 21 Aoû 2014 - 12:06

Caligula

une pièce de théâtre en 4 actes.

Tout commence avec la disparition de Caligula, qui s'est enfui du palais après le décès de sa sœur avec laquelle il entretenait une relation incestueuse. On nait empereur ou on ne nait pas... Dans les couloirs résonnent les premiers chuchotements d'une conspiration, menés par un nombre important de personnages.

Quand Caligula revient, il semble transformé. Lui qui n'a pas réussi à conjurer la mort, lui qui tout comme l'homme le plus simple ressent la souffrance, la peur et le désarroi face à la mort, lui, l'empereur, décide de demander à la vie l'impossible :

Maintenant, je sais. Ce monde, tel qu'il est fait, n'est pas supportable. J'ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l'immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.

On retrouve donc le thème cher à Camus de l'absurdité de la vie sur terre, une vie vouée à la souffrance et qui à partir du moment où elle apparait commence déjà à mourir...

Allant jusqu'au bout de sa logique absurde, Caligula devient un meurtrier, un monstre, usant jusqu'à la démence de son pouvoir d'empereur. Il tue l'amitié, l'amour, la poésie en attendant qu'Hélicon (on se souvient que hélios veut dire le soleil en grec) part chercher la lune...

La pièce poussant à l'extrême les tourments des uns et des autres est assez éprouvante à lire. J'imagine qu'elle a bien plus d'impact sur scène. L'ensemble m'a paru un peu trop touffu pour ne pas dire fouillis avec beaucoup de personnages, d'interventions très courtes et beaucoup de cris, de pâmoisons et de violence. Le genre d'excès qui me mettent mal à l'aise, en retrait, spectatrice sidérée voire honteuse d'assister à tant de relâchement.

Pour ceux qui seraient intéressés par les destins d'autres empereurs romains et leur traitement littéraire je recommande bien plus chaudement (mais ce n'est pas du théâtre) l'extraordinaire Héliogabale d'Antonin Artaud (qui lui aussi connaissait les affres de la souffrance et de l'absurdité insultante de la vie).

A noter tout de même quelques très intéressants moments lorsque Caligula prend le temps d'expliquer sa philosophie et lorsqu'il assume totalement le retour destructeur de ce qu'il a engagé.

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MessageSujet: Re: Albert Camus   Dim 24 Aoû 2014 - 20:28

Je n'avais pas un souvenir fantastique de la lecture de la pièce également... il faudrait effectivement la voir sur scène pour lui laisser une chance.

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MessageSujet: Re: Albert Camus   Lun 25 Aoû 2014 - 10:44

colimasson a écrit:
Je n'avais pas un souvenir fantastique de la lecture de la pièce également... il faudrait effectivement la voir sur scène pour lui laisser une chance.

Oui je vais continuer avec Le Malentendu, même si tu n'en dis pas beaucoup de bien...

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MessageSujet: Re: Albert Camus   Mar 26 Aoû 2014 - 16:10

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