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 Clémence Boulouque

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Marie
Zen littéraire


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MessageSujet: Clémence Boulouque   Ven 18 Jan 2008 - 21:13




Clémence Boulouque est née le 25 juin 1977 à Paris. Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris et de l'ESSEC, elle hésite à travailler dans un cabinet de recrutement pour finalement choisir la voie de l'écriture, à travers le journalisme et la critique littéraire. Elle écrit notamment dans Le Figaro littéraire, Transfuge ou encore Lire. Elle intervient régulièrement en tant que chroniqueuse dans l'émission « Tout Arrive » sur France Culture, certains mardis, mercredis et jeudis de 12 heures à 13 heures et demie.

Fille du magistrat Gilles Boulouque, sa vie bascule lorsque son père est nommé juge anti-terroriste au lendemain de la vague d'attentats de 1986, mettant en cause l'Iran. Clémence Boulouque n'a que treize ans lorsque son père, confronté à une terrible pression politico-médiatique, se suicide le 13 décembre 1990.

C'est de cette expérience douloureuse que naît la vocation de Clémence pour la littérature et le roman.

* En 2003, elle signe son premier récit, Mort d'un silence, dans lequel elle raconte le long calvaire qu'elle et sa famille vécurent dans cette sombre période.

* En 2005, William Karel en réalise l'adaptation : La Fille du juge. Ce documentaire mêle :
o des images d'archives d'émissions et de journaux télévisés
o des photos et des films de famille tournés en super 8 par le juge Boulouque
o des scènes tournées à New York et mettant en scène la jeune romancière en personne (à 28 ans). La voix-off qui "exprime", avec une grande sensibilité, les mots de Clémence, est celle de la comédienne Elsa Zylberstein, que Karel avait rencontrée sur le tournage de Van Gogh de Maurice Pialat.

Principaux ouvrages:

* Mort d'un silence, récit (2003, couronné par le prix Fénéon) et son adaptation en film documentaire en 2005 par le réalisateur William Karel La fille du juge, qui fut nommé pour les césar du cinéma 2007 dans la catégorie film documentaire.
* Sujets libres, roman (2004);
* Chasse à courre, roman (2005);
* Le Goût de Tanger;
* Juives d'Afrique du Nord (avec Nicole Serfaty);
* Au pays des macarons;
* Nuit ouverte, roman (2007)

Sources: Wikipedia

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Marie
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MessageSujet: Re: Clémence Boulouque   Ven 18 Jan 2008 - 21:57

Nuit ouverte
Editions Flammarion

Elise, comédienne célèbre, est une femme lucide sur le choix de son métier ("Rêver de gloire est rêver d'équilibres instables et vouloir qu'ils ne le soient pas" ) . Et on lui propose d'interpréter le rôle de Regina Jonas , première femme rabbin en 1935, morte à Auschwitz, dont l'existence a été découverte en 1991 dans les archives de Berlin Est.
Quelque temps auparavant, elle avait été contactée par un membre de sa famille, son grand-oncle, quelque peu occulté de l'histoire familiale . Les côtés obscurs de cette histoire, il va les lui révéler. Brièvement, la collaboration active de cette famille de producteurs de champagne pendant l'occupation.
Dans la première partie de ce roman Clémence Boulouque fait alterner, au fil des chapitres, les souvenirs du grand oncle et le bref récit de la vie de Regina Jonas.
La deuxième partie est centrée sur l'actrice, qui veut absolument ce rôle:
Je n'avais rien pour arracher ce rôle, mais je ne voulais le laisser à personne. On les expie comme on peut, les culpabilités ....
Le thème de la culpabilité familiale, que l'on trouvait déjà bien sûr dans le beau récit, La fille du juge, du suicide de son père.

C'est un texte très poignant, très réfléchi, et un très beau livre.

Un extrait de la fin:

Je ne me protège plus des souvenirs qui sont les miens, de ceux qui ne le sont pas tout à fait, ou pas du tout. Je les écris, en hommage à Regina, parce qu'elle a porté haut la vie, à grand coeur.
Se retourner sur un être juste fait de vous juste un être. Juste un être fragile, digne de tristesse, qui ne vaincra jamais sa peur du noir, qui s'écorche en aimant, un enfant de lâches ou d'imbéciles qui tente de ne pas leur ressembler, et qui est capable de faire du bien quand cela ne rapporte rien. La paume d'une main sur un front brûlant, voilà ce qu'offrent ces justes.
Ils ne guérissent rien, mais soulagent le monde en braises.
Avoir le souvenir de l'un d'eux, auquel se raccrocher. C'est peut être ce qui a manqué à André: il sait qu'ils existent, mais ne parle, même en rêve, avec aucun.
En comprenant cette femme, j'ai fait la paix avec les miens,mes méprisables.
J'ai compris que Regina était aussi une de mes ancêtres: dans nos filiations, ce n'est pas toujours de sang qu'il s'agit. Pour ne pas condamner ceux qui ne peuvent avoir de descendance, il est dit dans le Talmud que les élèves sont comme des enfants. J'ai appris d'elle, beaucoup.
Sans doute faut-il, pour aimer la vie, être tendre avec ses morts. Car les morts nous ouvrent le coeur.
....
Il me faut parler d'elle, confier qu'une lumière en rai, est venue claquer à mes tempes. Et davantage encore, car un rai, souvent, s'évanouit dans la poussière, la poussière qui mange même le soleil et les astres, tous les astres.
Le monde a brulé ses paupières, à elle, Regina Jonas. Ses yeux ne peuvent plus se fermer. Elle me regarde, sans doute. Nous sommes observés, à la dérobée, par nos défunts, ceux de notre sang et ceux de nos choix. Les morts dont nous nous souvenons, même un instant, ne nous quittent plus. Prononcer leur nom, c'est leur offrir notre bras. Se souvenir d'un juste, et sentir son souffle.
Elle m'accompagne, c'est tout.
Regina Jonas.
Je l'écris.
Elle est là.
Et je prie. Moi, qui ne crois pas.


Et le livre s'achève par cette phrase de Paul Celan :
"Et la nuit s'est ouverte et elle est restée déclose."

Un lien sur Regina Jonas ICI

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Sophie
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MessageSujet: Re: Clémence Boulouque   Sam 23 Avr 2011 - 21:30

MORT D'UN SILENCE

Clémence Boulouque y raconte son enfance avec ses parents, jusqu'au suicide de son père, magistrat.
Le livre débute avec les évènements du 11 septembre (encore un!) alors qu'elle se trouvait à NY. De là, elle narre son histoire: les jours heureux, puis l'angoisse qui gagne toute la famille quand son père est nommé juge d'instruction à la section anti-terroriste, alors que la France connaît une vague de terrorisme sans précédent. Elle parle d'elle, de sa différence et son isolement par rapport aux enfants de son âge, des voitures blindées pour se déplacer, des passages en coup de vent de son père, occupé à traquer les terroristes au lieu de s'occuper de sa famille puis la mort et le traumatisme qui va avec.


C'est un témoignage grave, sincère, qui sert visiblement d'exutoire à Clémence Boulouque.
Mais ce genre de livres me dérange de plus en plus: j'ai l'impression d'être dans le voyeurisme, de lire un journal intime sans permission ou plutôt un journal intime qu'on m'aurait mis dans les mains de force. J'aurais préféré que cela soit traité comme un roman, que je puisse imaginer les personnages sans me dire "c'est arrivé en vrai". Je comprends ce besoin d'exorciser mais livrer tout ceci en pâture au lecteur lambda me laisse perplexe; je n'arrive pas bien à saisir quel en est l'objectif, j'ai l'impression qu'on peut exorciser sans le faire lire à n'importe qui.

Ceci dit, c'est poignant, et si j'étais dérangée, je n'avais qu'à pas aller jusqu'au bout de ce petit livre! Si je l'ai fait c'est bien qu'elle sait persuader et intéresser son lecteur. D'autant plus qu'on a le même âge et les mêmes références "culturelles" (Récré A2, les images Panini, Elsa, les photos des otages au Liban qu'on voyait tous les soirs en fin de journal télévisé, les pulls moches qu'on a réclamés à cor et à cris...) qui m'ont replongée dans mon enfance.

Elle dit à la fin que personne ne se souvient du juge Boulouque; c'est faux, j'avais le même âge qu'elle quand son père est mort et je me rappelle parfaitement son nom et cette période étrange.
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Seb
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MessageSujet: Mort d'un silence   Mar 3 Mai 2011 - 21:07

J'avais beaucoup aimé ce livre.
La scène que j'ai trouvée la plus poignante est celle où, peu avant de se suicider (mais évidemment elle ne le sait pas), il rentre du travail fatigué, et vient s'asseoir près de sa fille qui le rembarre sans ambages. Ce sont des choses qui arrivent tous les jours dans les familles, et restent sans gravité, puisque en général on se rabiboche le lendemain. Sauf que dans le cas précis, il n'y a pas eu de lendemain et que la narratrice n'a donc pu s'empêcher de se demander si le drame serait toute de même arrivé si elle lui avait donné un peu d'affection dans ce moment où il en avait grand besoin...

Cela dit, j'ai moins apprécié les romans suivants. Je n'ai pas lu Nuit ouverte et devrais sans doute lui donner une chance, mais Sujets libres et surtout Chasse à courre m'avaient paru assez superficiels, avec des personnages manquant un peu d'épaisseur et des sujets qui auraient pu être mieux exploités.
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topocl
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MessageSujet: Re: Clémence Boulouque   Dim 9 Fév 2014 - 19:55

Je n'emporte rien du monde

C'est un tout petit livre .
Quand elle avait 13 ans, le père de Clémence Boulouque, juge anti-terroristes, s'est suicidé.
Quand elle a eu 16 ans, Julie, une fille de sa classe qui fut sa meilleure amie s'est suicidée.
Clémence Boulouque rapporte des sensations, des souvenirs, des émotions. Et aussi des remords, des regrets, des questionnements. Et l’après.

Est-il  ridicule de dire que ce livre est touchant et émouvant ? Et pourtant, il l’est.

Mais, malgré la dignité et la pudeur,  au fil de ma lecture, je n'ai pu m'empêcher de me poser les mêmes questions que Sophie

Sophie a écrit:

Mais ce genre de livres me dérange de plus en plus: j'ai l'impression d'être dans le voyeurisme, de lire un journal intime sans permission ou plutôt un journal intime qu'on m'aurait mis dans les mains de force. (…) Je comprends ce besoin d'exorciser mais livrer tout ceci en pâture au lecteur lambda me laisse perplexe; je n'arrive pas bien à saisir quel en est l'objectif, j'ai l'impression qu'on peut exorciser sans le faire lire à n'importe qui.

Mais…
Sans doute que ça lui sert , à Clémence Boulouque, d'écrire ces livres. Et de les publier. Donc, déjà, à soi tout seul, cela les justifie. C’est elle qui est juge. C'est l'auteur qui décide de son sujet, c'est moi qui décide de lire ou ne pas lire.
Et puis, si cela me donne une émotion, une émotion que ne me donnerait certainement pas un article de la presse people sur le même genre de sujet : est-ce que ce n'est pas cela, la littérature, créer des émotions ? Même si c'est totalement autobiographique, même si cela parle de l'intime, c'est bien une création, c'est bien un objet littéraire. C'est un échange entre auteur et lecteurs.
Puis à nouveau, sur des passages où l'écriture me retient moins, je reviens à mes interrogations…
Et je me pose la question : et si c'était un roman ? Je trouve qu'il serait excellent.
Alors…
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Marie
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MessageSujet: Re: Clémence Boulouque   Lun 10 Fév 2014 - 1:59

noté, j'avais beaucoup aimé La fille du juge.
C'est de la littérature, pour moi.. De l'autofiction.
Et je reprends ce qu'en disait Philippe Forest:
L’autofiction, c’est tout simplement l’autobiographie soumise au soupçon. Au soupçon, c’est-à-dire au questionnement lucide de la conscience critique. Quiconque raconte son existence la transforme en roman et pénètre ainsi dans le domaine enchanté de la fable. On croit dire le vrai de sa vie et, dès que l’on y réfléchit, on s’aperçoit que tout récit, même le plus intime, a forme obligée de fiction.

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MessageSujet: Re: Clémence Boulouque   Lun 10 Fév 2014 - 7:32

En fait, je me suis trompée. je voulais prendre Mort d'un silence, son premier, qui parle de la mort de son père. Je pense que j'y jetterai un coup d’œil aussi.
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MessageSujet: Re: Clémence Boulouque   Mar 11 Fév 2014 - 1:57

Le titre est bien Mort d'un silence, topocl. La fille du juge, c'est le film adapté.

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