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 Jacques Prévert

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coline
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MessageSujet: Jacques Prévert   Mar 29 Jan 2008 - 15:12



Citation :
D'un naturel rêveur et passionné, Jacques Prévert décide d'abandonner l'école à quatorze ans. Il incorpore la marine en 1917 et développe alors un goût très prononcé pour la littérature. Quelques années plus tard, la révolution surréaliste, et le non-conformisme absolu qu'elle défend le séduisent. Il fréquente alors Robert Desnos, Louis Aragon, Picasso et André Breton mais ne participe pas activement à ce mouvement. A partir de 1935, après une expérience théâtrale, il rédige avec son second frère Pierre les scénarios de films tels que 'Le Crime de monsieur Lange' pour Jean Renoir ou 'Quai des brumes' et 'Les Enfants du paradis' pour Marcel Carné. Ses dialogues sont époustouflants de naturel, de justesse et d'humour. Mais Jacques est aussi un chansonnier admirable. Il crée de magnifiques poèmes en prose mis en musique par son ami Joseph Kosma : qui pourrait oublier 'Les Feuilles mortes' ? En 1945, paraît le recueil de ses plus beaux textes, 'Paroles', et
toutes les lèvres, après la guerre, murmurent ou déclament les plus beaux textes de cet antimilitariste forcené. Un demi-siècle plus tard, cet ouvrage majeur de Jacques Prévert s'arrache toujours en librairie !
source


Le thème du banc me ramène aujourd'hui à Jacques Prévert...

Le désespoir est assis sur un banc à écouter ici dit par Serge Reggiani

Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
Il a des binocles un vieux costume gris
Il fume un petit ninas il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l'écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyait pas
Comme si on ne l'entendait pas
Il faut passer et presser le pas
Si vous le regardez
Si vous l'écoutez
Il vous fait signe et rien personne
Ne peut vous empêcher d'aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez attrocement
Et l'homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé
Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s'envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme ces enfants
Vous savez que jamais plus vous ne passerez
Tranquillement
Comme ces passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux.


Jacques PRÉVERT, Paroles (1945)
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Milly
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MessageSujet: Re: Jacques Prévert   Sam 9 Fév 2008 - 19:24

Jacques Prévert est le premier poète que j'ai lu et le premier que j'ai aimée. Son recueil Paroles est un vrai petit bijou de poèsie, de sentiments, d'émotion et d'amour... aime J'adore.

Ci - dessous un petit poème que j'aime bien et qui me rappel mes journée à l'école primaire, un vrai plaisir :

Le cancre

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu'il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menace du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec des craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur.
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Milly
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MessageSujet: Re: Jacques Prévert   Sam 9 Fév 2008 - 19:27

Le jardin

Des milliers et des milliers d'années
Ne sauraient suffire
Pour dire
La petite seconde d'éternité
Où tu m'as embrassé
Où je t'ai embrassée
Un matin dans la lumière de l'hiver
Au parc Montsouris à Paris
A Paris
Sur la terre
La terre qui est un astre.
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Steven
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MessageSujet: Re: Jacques Prévert   Sam 9 Fév 2008 - 19:48

Jean-Paul Liégeois présente "GUIGNOL" sur un texte de Jacques Prévert
Citation :
LE CHIEN : Excusez-moi… de me mêler encore à la conversation… c’est l’instinct… oui… j’ai l’instinct de conversation… Eh bien ! pour ne rien vous cacher, une fois, j’ai pris un cachet… (Lyrique :)… et j’ai rêvé !

LE MONSIEUR, méprisant et agacé : … de gigot, bien entendu !

LE CHIEN : Non, j’avais un collier de fleurs… et je folâtrais dans les jardins suspendus.

LE CHAT : Et moi j’ai rêvé d’une jolie chatte… mais je ne vous en dirai pas plus.

LE PETIT GARÇON : Et moi, toujours je rêve que nous sommes très heureux.

Jacques Prévert



Ce texte était présenté par Liégeois dans l'émission Pollen d'hier soir


http://www.tv-radio.com/ondemand/france_inter/POLLEN/POLLEN200802082104.ram

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coline
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MessageSujet: Re: Jacques Prévert   Mar 1 Avr 2008 - 15:37

Le gardien de phare aime trop les oiseaux



Des oiseaux par milliers volent vers les feux
Par milliers ils tombent par milliers ils se cognent
Par milliers aveuglés par milliers assommés
Par milliers ils meurent.



Le gardien ne peut supporter des choses pareilles
Les oiseaux ils les aiment trop
Alors il dit tant pis je, m'en fous
Et il éteint tout ! ! !



Au loin un cargo fait naufrage
Un cargo venant des îles...
Un cargo chargé d'oiseaux...
Des milliers d'oiseaux des îles...
...Des milliers d'oiseaux noyés...!



Jacques Prévert
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Jacques Prévert   Mar 1 Avr 2008 - 19:07

J'aime retrouver Prévert de temps en temps. Relire Paroles bien sûr mais aussi Fatras.

De lui, le poème que je préfère est sans aucune hésitation Barbara. Poème de circonstances, puisqu'il évoque les bombardements survenus sur Brest pendant la guerre, c'est aussi un très beau poème d'amour.

Barabara

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
É panouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

Jacques Prévert, Paroles
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MessageSujet: Paroles . Jacques Prevert   Ven 12 Sep 2008 - 10:54

Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui
Comme un homme tranquille au milieu de la nuit
Cet amour qui faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blémir
Cet amour guetté
Parce que nous le guettions
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Parce que nous l'avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Cet amour tout entier
Si vivant encore
Et tout ensoleillé
C'est le tien
C'est le mien
Celui qui a été
Cette chose toujours nouvelles
Et qui n'a pas changé
Aussi vraie qu'une plante
Aussi tremblante qu'un oiseau
Aussi chaude aussi vivante que l'été
Nous pouvons tous les deux
Aller et revenir
Nous pouvons oublier
Et puis nous rendormir
Nous réveiller souffrir vieillir
Nous endormir encore
Rêver à la mort
Nous éveiller sourire et rire
Et rajeunir
Notre amour reste là
Têtu comme une bourrique
Vivant comme le désir
Cruel comme la mémoire
Bête comme les regrets
Tendre comme le souvenir
Froid comme le marbre
Beau comme le jour
Fragile comme un enfant
Il nous regarde en souriant
Et il nous parle sans rien dire
Et moi j'écoute en tremblant
Et je crie
Je crie pour toi
Je crie pour moi
Je te supplie
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s'aiment
Et qui se sont aimés
Oui je lui crie
Pour toi pour moi et pour tous les autres
Que je ne connais pas
Reste là
Là où tu es
Là où tu étais autrefois
Reste là
Ne bouge pas
Ne t'en va pas
Nous qui sommes aimés
Nous t'avons oublié
Toi ne nous oublie pas
Nous n'avions que toi sur la terre
Ne nous laisse pas devenir froids
Beaucoup plus loin toujours
Et n'importe où
Donne-nous signe de vie
Beaucoup plus tard au coin d'un bois
Dans la forêt de la mémoire
Surgis soudain
Tends-nous la main
Et sauve-nous.
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MessageSujet: Poésie.   Mer 8 Avr 2009 - 13:37

J'ai lu Parole et d'autres recueils de Prévert.
Un des plus beaux poèmes est à mon avis Barbara mais j'aime aussi beaucoup celui là:

Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Quand j'ai envie de rire
Oui je ris aux éclats
J'aime celui qui m'aime
Est-ce ma faute à moi
Si ce n'est pas le même
Que j'aime chaque fois
Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Que voulez-vous de plus
Que voulez-vous de moi

Je suis faite pour plaire
Et n'y puis rien changer
Mes talons sont trop hauts
Ma taille trop cambrée
Mes seins beaucoup trop durs
Et mes yeux trop cernés
Et puis après
Qu'est-ce que ça peut vous faire
Je suis comme je suis
Je plais à qui je plais
Qu'est-ce que ça peut vous faire

Ce qui m'est arrivé
Oui j'ai aimé quelqu'un
Oui quelqu'un m'a aimé
Comme les enfants qui s'aiment
Simplement savent aimer
Aimer aimer...
Pourquoi me questionner
Je suis là pour vous plaire
Et n'y puis rien changer.

Il y en a d'autres aussi qui me viennent aux lèvres preque aussi beaux!
J'ai aussi le souvenir de films dont Prevert avait écrits les dialogues:
Les enfants du Paradis, et aussi le Magnifique le Roi et l'Oiseau
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MessageSujet: Re: Jacques Prévert   Lun 25 Jan 2010 - 19:09

Deux autres également de Prévert me plaisent particulièrement.

Il y a de grandes flaques de sang sur le monde
où s'en va-t-il tout ce sang répandu
Est-ce la terre qui le boit et qui se saoule
drôle de saoulographie alors
si sage... si monotone...
Non la terre ne se saoule pas
la terre ne tourne pas de travers
elle pousse régulièrement sa petite voiture ses quatre saisons
la pluie... la neige...
le grêle... le beau temps...
jamais elle n'est ivre
c'est à peine si elle se permet de temps en temps
un malheureux petit volcan
Elle tourne la terre
elle tourne avec ses arbres... ses jardins... ses maisons...
elle tourne avec ses grandes flaques de sang
et toutes les choses vivantes tournent avec elle et saignent...
Elle elle s'en fout
la terre
elle tourne et toutes les choses vivantes se mettent à hurler
elle s'en fout
elle tourne
elle n'arrête pas de tourner
et le sang n'arrête pas de couler...
Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des meurtres... le sang des guerres...
le sang de la misère...
et le sang des hommes torturés dans les prisons...
le sang des enfants torturés tranquillement par leur papa et leur maman...
et le sang des hommes qui saignent de la tête
dans les cabanons...
et le sang du couvreur
quand le couvreur glisse et tombe du toit
Et le sang qui arrive et qui coule à grands flots
avec le nouveau-né... avec l'enfant nouveau...
la mère qui crie... l'enfant pleure...
le sang coule... la terre tourne
la terre n'arrête pas de tourner
le sang n'arrête pas de couler
Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des matraqués... des humiliés...
des suicidés... des fusillés... des condamnés...
et le sang de ceux qui meurent comme ça... par accident.
Dans la rue passe un vivant
avec tout son sang dedans
soudain le voilà mort
et tout son sang est dehors


et les autres vivants font disparaître le sang
ils emportent le corps
mais il est têtu le sang
et là où était le mort
beaucoup plus tard tout noir
un peu de sang s'étale encore...
sang coagulé
rouille de la vie rouille des corps
sang caillé comme le lait
comme le lait quand il tourne
quand il tourne comme la terre
comme la terre qui tourne
avec son lait... avec ses vaches...
avec ses vivants... avec ses morts...
la terre qui tourne avec ses arbres... ses vivants... ses maisons...
la terre qui tourne avec les mariages...
les enterrements...
les coquillages...
les régiments...
la terre qui tourne et qui tourne et qui tourne
avec ses grands ruisseaux de sang.


C'est des mots simples, touchants, qui abordent avec innocence une certaine réalité.

Déjeuner du matin
Il a mis le café
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Avec la petite cuiller
Il a tourné
Il a bu le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler
Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Sans me parler
Sans me regarder
Il s'est levé
Il a mis
Son chapeau sur sa tête
Il a mis son manteau de pluie
Parce qu'il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder
Et moi j'ai pris
Ma tête dans ma main
Et j'ai pleuré

Il y a tant de détails, la scène est longue et au final... rien. Rien si ce n'est l'expression d'une détresse profonde face à l'indifférence.
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MessageSujet: Re: Jacques Prévert   Mar 26 Jan 2010 - 18:57

LA GUERRE

Vous déboisez
iméciles
vous déboisez
Tous les jeunes arbres avec la vieille hache
vous les enlevez
Vous déboisez
imbéciles
vous déboisez
Et les vieux arbres avec leur vieilles racines
leurs vieux dentiers
vous les gardez
Et vous accrochez une pancarte
Arbres du bien et du mal
Arbres de la victoire
Arbres de la liberté
Et la foret déserte pue le vieux bois crevé
et les oiseaux s' en vont
et vous restez là à chanter
Vous restez là
imbéciles
à chanter et à défiler

D' autres poèmes de Prévert sur Coup de coeur poétique
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MessageSujet: Re: Jacques Prévert   Jeu 6 Mai 2010 - 18:28






Sables mouvants



Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déja la mer s'est retirée
Démons et merveilles
Vents et marées
Et toi
Comme une algue doucement caressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déja la mer s'est retirée
Mais dans tes yeux entrouverts
Deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer.




Ce poème a été mis en musique par Vladimir Kosma pour le sublime film "Les visiteurs du soir", dont le scénario et les dialogues sont de Jacques Prévert et Pierre Laroche ...

Voici l'extrait du film dans lequel le troubadour Gilles interprète cette chanson :


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MessageSujet: Re: Jacques Prévert   Dim 9 Mai 2010 - 18:22





Les enfants qui s'aiment


Les enfants qui s'aiment s'embrassent debout
Contre les portes de la nuit
Et les passants qui passent les désignent du doigt
Mais les enfants qui s'aiment
Ne sont là pour personne
Et c'est seulement leur ombre
Qui tremble dans la nuit
Excitant la rage des passants
Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie
Les enfants qui s'aiment ne sont là pour personne
Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit
Bien plus haut que le jour
Dans l'éblouissante clarté de leur premier amour


(in Spectacle)

Toile "Héro et Léandre, de Louis Marie Baader





"Les feuilles mortes" et "Les enfants qui s'aiment" sont deux poèmes mis en musique par Joseph Kosma, qui ont été interprétés par Yves Montand, dans le film "Les portes de la nuit" réalisé par Marcel Carné ... je n'ai pas trouvé les extraits de films afférents, mais seulement une interprétation d'un artiste méconnu ...


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MessageSujet: Re: Jacques Prévert   Mar 18 Mai 2010 - 10:00


Soudain l'homme se réveille
au milieu de la nuit
il est saisi par le malaise
et il écoute malgré lui
le silencieux vacarme de l'angoisse
le bruit qui ne fait pas de bruit
le silence qui hurle à la mort
dans le grand coquillage de la nuit
ce bruit aphone... ce bruit de cendres...
l'homme tente vainement de se défendre contre lui
mais le bruit continue son terrible et calme petit
bruit
de bruit qui ne fait aucun bruit
alors l'homme saute à bas du lit
il ouvre la fenêtre
il demande à la rue de faire quelque chose
il la supplie de faire du bruit
du vrai bruit vivant comme la vie
mais la rue reste muette comme une lanterne sourde
muette comme une chouette qui serait muette
comme une palourde
la fenêtre donne sur un cimetière
un mur avec derrière sous terre des morts
et pas un chat
seulement le bruit qui ne fait pas de bruit
et qui se promène
dehors
dans le paysage de la mort
dans le paysage de la nuit
et l'homme se cogne la tête contre le mur
son sang jaillit
comme une source
une source qui ne fait pas de bruit
et l'homme entend toujours l'atroce murmure
la froide clameur de l'insomnie
et vaincu comme un homme qui meurt
il s'écroule sur le tapis
soudain
les oiseaux du Père Lachaise se réveillent et déchirent la nuit
et le soleil aussi se lève
pâle comme les gens qui n'ont pas dormi
où donc a-t'il passé la nuit
peut-être chez les filles du malaise
là-bas... très loin... en malaisie
l'homme se relève aussi
saignant et grelottant du froid de la nuit
il se cramponne à la barre d'appui
il regarde le soleil briller
rescapé du naufrage de la nuit
il écoute tous les bruits de la vie
il est bouche bée
émerveillé
son visage est ensanglanté
il sourit.

(In Lumières d’homme)
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MessageSujet: Re: Jacques Prévert   Mar 18 Mai 2010 - 20:01

Voici un livre magnifique :



Il s'agit d'un recueil de'poèmes et chansons pour enfants pas sages'.
Ceux-ci sont regroupés en plusieurs thèmes :
- Quand vous aurez fini de faire le pitre !
- Chantent chantent sans cesse à tue-tête à cloche-pied
- Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
- La vie n'a pas d'âge
- Et le printemps nous a salués

Le petit plus, ce sont les illustrations! Les aquarelles de Gabriel Lefebvre reflètent vraiment la poésie de Jacques Prévert. Elles sont à la fois douces, tendres, fantaisistes ...un peu folles.

J'ai eu le plaisir de redécouvrir et de découvrir de nouveaux poèmes.
Le gardien du phare aime trop les oiseaux me rappelle Claudie Gallay et 'Les déferlantes'.
Et parce que je suis née en Février, j'ai été touchée par :

Citation :
Fête

Dans les grandes eaux de ma mère
je suis né en hiver
une nuit de février
Des mois avant
en plein printemps
il y a eu
un feu d'artifice entre mes parents
c'était le soleil de la vie
Et moi déjà j'étais dedans
Ils m'ont versé le sang dans le corps
c'était le vin d'une source
et pas celui d'une cave

Et moi aussi un jour
comme eux je m'en irai.
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MessageSujet: Re: Jacques Prévert   Ven 10 Sep 2010 - 23:17

Pour toi mon amour (extrait de Paroles)

Je suis allé au marché aux oiseaux
Et j'ai acheté des oiseaux
Pour toi
mon amour
Je suis allé au marché aux fleurs
Et j'ai acheté des fleurs
Pour toi
mon amour
Je suis allé au marché à la ferraille
Et j'ai acheté des chaînes
De lourdes chaînes
Pour toi
mon amour
Et puis je suis allé au marché aux esclaves
Et je t'ai cherchée
Mais je ne t'ai pas trouvée
mon amour
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MessageSujet: Re: Jacques Prévert   

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