Parfum de livres… parfum d’ailleurs

Littérature, forum littéraire : passion, imaginaire, partage et liberté. Ce forum livre l’émotion littéraire. Parlez d’écrivains, du plaisir livres, de littérature : romans, poèmes…ou d’arts…
 
Accueil*Portail*RechercherS'enregistrerMembresConnexion

Partagez | 
 

 Sur la Littérature Japonaise

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10  Suivant
AuteurMessage
Ariane SHOYUSKI
Sage de la littérature
avatar

Messages : 2372
Inscription le : 17/04/2014

MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Ven 9 Mai 2014 - 17:09

Merci Shanidar et Armor-Argoat. Vous êtes très gentils tous les deux !

Pendant ma préparation de mon article en haut, j'ai trouvé quelques anecdotes sympathiques.

Concernant "Le Dit du Genji" traduit en anglais (The Tale of Genji, 1921 - 1933) par Arthur WALEY (1889 - 1966), il a apparemment rédigé (coupé ?) pas mal de choses et ajouté des explications pour mieux le faire comprendre aux lecteurs anglophones. Et on dit que son écriture est magnifique. Et cette traduction a même fait naître quelques japonologues anglophones comme Donald KEENE. Certains osent même dire, "si ce n'était pas la traduction de WALEY, 'Le Dit du Genji' n'aurait pas obtenu l'importance présente dans le monde littéraire" surpris .
Bien qu'il ne soit jamais allé au Japon, il a critiqué Lafcadio HEARN, "il ne comprend rien sur le Japon !" Suspect 
C'est vrai que "Genji" de WALEY a l'air important chez les anglophones, car même maintenant, on dit que quand une rédaction de journal ou une maison d'édition envoie un journaliste au Japon, le chef de rédaction lui conseille de lire la version WALEY avant son départ.
En plus quand je suis rentré au Japon en décembre dernier, qu'est-ce que j'ai trouvé à la librairie ?
La traduction japonaise de la version WALEY en format poche !! C'est fou  affraid !

Une autre épisode sur la traduction en anglais :
La traduction anglaise de "Pays de neige" de Kawabata est fait par Edward G. SEIDENSTICKER, professeur de l'Université Columbia, traducteur de Tanizaki, Mishima, Kafû. Et son "Snow Country" semble être très beau. On dit que cette traduction a même contribué au Prix Nobel (1968) de Kawabata. D'ailleurs Kawabata lui-même était reconnaissant. Il a dit, "la moitié de l'honneur appartient à M. Seidensticker". Et il lui a vraiment donné la moitié de l'argent reçu de la Fondation Nobel. Ouh  bravo !

Pour Armor-Argoat :
Je lis des polars très rarement. En effet quand l'auteur est français, je veux tout de même le lire en français même quand je peux trouver la traduction japonaise au Japon. Du coup la vitesse de ma lecture ralentit énormément. honte


Dernière édition par Ariane SHOYUSKI le Ven 9 Mai 2014 - 22:09, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
eXPie
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 15620
Inscription le : 22/11/2007
Localisation : Paris

MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Ven 9 Mai 2014 - 19:03

Ariane SHOYUSKI a écrit:

La traduction japonaise de la version WALEY en format poche !! C'est fou  affraid !
 rire 

Remarque (dans un ordre d'idées bien sûr différent), on dit souvent que Poe en français est supérieur au texte anglais (vu que c'est Mallarmé qui a traduit la poésie et Baudelaire qui a traduit pas mal de ses textes en prose). Et on parle souvent du rôle d'Antoine Galland pour Les Mille et Une nuits, puisqu'il y a ajouté Les Aventures de Sinbad, Aladdin, Ali-baba... bref, les contes les plus connus !
Si ça se trouve, les éditions actuelles en Arabe ou en persan comprennent ces contes, qui sait ? Sinon, quelle frustration de ne pas y trouver ces contes fameux !

Ariane SHOYUSKI a écrit:

Une autre épisode sur la traduction en anglais :
La traduction anglaise de "Pays de neige" de Kawabata est fait par Edward G. SEIDENSICKER, professeur de l'Université Columbia, traducteur de Tanizaki, Mishima, Kafû. Et son "Snow Country" semble être très beau. On dit que cette traduction a même contribué au Prix Nobel (1968) de Kawabata. D'ailleurs Kawabata lui-même était reconnaissant. Il a dit, "la moitié de l'honneur appartient à M. Seidensticker". Et il lui a vraiment donné la moitié de l'argent reçu de la Fondation Nobel. Ouh  bravo !
Parmi les membres du Comité Nobel, personne ne devait lire le Japonais dans le texte (je ne sais pas si ça a changé, d'ailleurs... il y a un sinologue, mais en ce qui concerne le Japon...). Du coup, il faut se baser sur des traductions pour juger de la valeur d'une oeuvre, ce qui n'est pas toujours facile... Mishima, qui lisait l'anglais, pouvait juger de la qualité de la traduction dans cette langue et avait apparemment demandé que les autres traductions soient faites à partir de l'anglais (il y a moins de risque de contre-sens quand on traduit de l'anglais vers une langue européenne).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.plathey.net
bix229
Parfum livresque
avatar

Messages : 24644
Inscription le : 24/11/2007
Localisation : Lauragais (France)

MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Ven 9 Mai 2014 - 20:24

Ariane, as-tu lu Les Geishas ou le monde des fleurs et des saules.

Ce livre a été écrit par un journaliste et écrivain français Robert Guillain. Il connaissait bien le

Japon pour y avoir vécu dès le début du 20e siècle et les quartiers de plaisir de Gion à Tokyo où  vivaient les geishas.

En tout cas, ce livre m' avait éclairé sur l' univers romanesque de Nagai Kafu, le romancier japonais que j' ai le plus lu et qui, lui, a écrit plusieurs livres sur le sujet et l' époque.

_________________
L' imagination est l' histoire vraie du monde.
Roberto Juarroz
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
pia
Zen littéraire
avatar

Messages : 6474
Inscription le : 04/08/2013
Age : 49
Localisation : Entre Paris et Utrecht

MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Ven 9 Mai 2014 - 21:56

Je note!

_________________
Celui qui veut imiter la démarche de l'autre ne fait que perdre la sienne. Proverbe Persan
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ariane SHOYUSKI
Sage de la littérature
avatar

Messages : 2372
Inscription le : 17/04/2014

MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Ven 9 Mai 2014 - 22:51

Pour Pia :
Est-ce que tu connais par hasard un japonologue hollandais, Cornelius OUWEHAND dont j'ai parlé à la page précédente ?
Il a apparemment écrit aussi un livre sur une île d'Okinawa, "HATERUMA"  content .

Pour eXPie :
Je ne savais pas que Saiichi MARUYA est mort à 2012 ! (Page 7)
Je suis triste Sad .
J'ai beaucoup aimé "L'ombre des arbres". et "Chante Kimigayo (hymne national) en fausset !" (pas traduit).
Il est un des écrivains les plus importants de la génération de OE et KAIKO.

Pour bix229 :
Je ne connaissais pas Robert GUILLAIN. Je vais le chercher quand je vais à la librairie à la prochaine fois.
LCP repassera "Tokyo Freeters" à vendredi 16  cheers !


Dernière édition par Ariane SHOYUSKI le Dim 18 Mai 2014 - 21:58, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
pia
Zen littéraire
avatar

Messages : 6474
Inscription le : 04/08/2013
Age : 49
Localisation : Entre Paris et Utrecht

MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Dim 11 Mai 2014 - 12:32

Ariane SHOYUSKI a écrit:
Pour Pia :
Est-ce que tu connais par hasard un japonologue hollandais, Cornelius OUWEHAND dont j'ai parlé à la page précédente ?
Il a apparemment écrit aussi un livre sur une île d'Okinawa, "HATERMA"  content .



Non je ne le connaissais pas et j´ai regardé aussi un peu...Impossible de le trouver aussi ici. Peut-être dans une bibliothèque Universitaire?

_________________
Celui qui veut imiter la démarche de l'autre ne fait que perdre la sienne. Proverbe Persan
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ariane SHOYUSKI
Sage de la littérature
avatar

Messages : 2372
Inscription le : 17/04/2014

MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Dim 11 Mai 2014 - 13:33

Merci Pia, Tu as cherché ses livres Là-bas ! Ouah ! C'est vraiment gentil. Mille merci  respect .
Il n'a peut-être pas eu une grande réputation publique à son pays. En plus il a travaillé à Zurich, forcément...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
eXPie
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 15620
Inscription le : 22/11/2007
Localisation : Paris

MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Dim 11 Mai 2014 - 21:20

Ariane SHOYUSKI a écrit:
Pour bix229 :
Je ne connaissais pas Robert GUILLAIN. Je vais le chercher quand je vais à la librairie à la prochaine fois.
LCP repassera "Tokyo Freeters" à vendredi 16  cheers !
Il a été correspondant pour différents journaux français en Asie, où il a vécu une quarantaine d'années... Il connaît bien son sujet (il a été marié à une Japonaise, et il était apparemment à Tokyo pendant la Seconde Guerre Mondiale) ; il a vécu les changements. J'ai son livre sur les Geishas, mais aussi "Aventure Japon" (chez Arléa), qui est constitué de chapitres dédiés à chaque fois à un thème différent : typhons, vivre à Tokyo, paysans, pêcheurs...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.plathey.net
Ariane SHOYUSKI
Sage de la littérature
avatar

Messages : 2372
Inscription le : 17/04/2014

MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Lun 19 Mai 2014 - 23:58

Merci eXPie pour ton message.

Je réfléchis maintenant sur "la morbidité" ou "caractère morbide" de la littérature japonaise que vous avez discuté tout au début de ces pages il y a longtemps.
Je ne sais pas si j'ai bien compris ce que vous vouliez dire avec des phrases comme "la littérature japonaise est souvent morbide". Alors je vais me tromper peut-être.

Je pense que ça vient de l'image des lecteurs japonais sur la littérature moderne.
Il y a deux sortes de "caractère morbide" à mon avis : "désespoir (sinistre ?)" et "grotesque".

J'ai l'impression que la ligne Soséki - Akutagawa - Dazaï représente le groupe "désespoir (sinistre)".
Et c'est assez important l'image des trois écrivains dans des lecteurs normaux.
D'abord Soséki avait le problème de névrose. Il a écrit aussi des romans assez rigolos, mais on a l'impression qu'il est au bord de suicide ou de la folie dans "Pauvre coeur des hommes" ou "Voyageur".
Akutagawa qui donnait l'image d'un disciple exemplaire de Soséki s'est suicidé par une "vague inquiétude".
Puis Dazaï a essayé le suicide plusieurs reprises et il a enfin réussi à se donner la mort.
Comme tous les trois sont sortis de l'Université de Tokyo et ont eu des grands succès populaires, ce fait a créé une image très forte dans la tête du peuple, "un écrivain intellectuel et sincère réfléchit trop sur le destin du monde et de l'humain et va finir par se suicider".
Du coup, des écrivains calmes, souriants, normaux et surtout quand ils avaient plein de sens de humour, ils étaient considérés comme écrivains de second ordre (moyens ?).
Comme le peuple garde cette image très fortement, j'ai l'impression que Kawabata et Mishima ont plus ou moins été poussés vers le suicide.
Et les personnages désespérés sont aussi importants dans beaucoup de romans.

En ce qui concerne "le grotesque", quel écrivain peut-il représenter ? Rampo Edogawa peut-être.
Mais je crois qu'on peut trouver "le goût de grotesque" un peu partout dans les oeuvres d'écrivains japonais, comme vous l'avez déjà remarqué.
C'est les lecteurs japonais qui exigent cette morbidité aux écrivains, parce que beaucoup de lecteurs croient peut-être que la littérature doit se pencher sur la monstruosité ou désir violent intérieur de nous tous, "Hannibal Lecter" dans nous-même. Quand les lecteurs japonais rencontrent des personnages ou évènements de ce genre, ils sont contents car "cet écrivain raconte la vérité".

Par exemple, les films d'Ozu était longtemps méprisés parce qu'on considérait qu'il répétait l'histoire de mariage d'une fille un peu âgée. C'est seulement après que les français avaient commencé à l'apprécier, les japonais ont redécouvert ses films.
De toute façon, c'est peut-être difficile de raconter une histoire intéressante avec des personnages ordinaires et des évènements banales. J'ai l'impression que quand un écrivain n'a plus d'idées intéressantes, il aurait besoin d'apporter ce genre de choses, non ?

Mais enfin je ne sais pas vraiment d'où cette tendance morbide est venue.
Un psychologue japonais Shû KISHIDA a dit il y a longtemps (vers 1980, je crois), "Le Japon est une femme qui a été violée deux fois dans sa vie par les pays occidentaux : "L'ouverture du pays à la fin de l'époque Edo" et "La défaite de la Seconde Guerre" ".
Tourmentés par le changement violent de la société après la réforme de Meiji, les japonais sont devenus très cruels dans la guerre avec le désespoir de ne plus retourner à l'avant-l'ouverture.
Et après la capitale tout carbonisée et deux bombes atomiques en 1945, ils sont devenus fous de travail : "les animaux économiques" pour se rétablir.
Forcément ils sont morbides.

Mais en réfléchissant, il y a des oeuvres assez morbides aussi à l'époque Edo ; par exemple "Légende de huit chiens" de Bakin (Takizawa) ou "Conte de la pluie et la lune" de Akinari UEDA. Dans ce cas on ne peut pas forcément dire à cause des pays européens. Il y a peut-être une forte tradition de morbidité chez les japonais. Ou bien on peut aussi dire que c'est à cause de la famille Tokugawa qui a écrasé les opposants japonais très longtemps.

En même temps, il y a toujours plein de gens qui aiment les histoires morbides dans n'importe quel pays. Ce n'est pas uniquement la particularité des japonais.
Je suis sûre qu'il y a des parfumés qui aiment des films par exemple, "le Silence des agneaux" ou "Seven" (de David Fincher) etc. Et ce sont morbide, non ?

Sinon, l'utilisation de la morbidité est-elle très particulière dans la littérature japonaise ?
Ou bien les français sont-ils tout simplement moins morbides que les japonais ?

Enfin je n'ai pas vraiment réussi à apporter des nouveaux éléments à ce sujet. Tant pis !


Dernière édition par Ariane SHOYUSKI le Mer 21 Mai 2014 - 17:38, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
shanidar
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 10518
Inscription le : 31/03/2010

MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Mer 21 Mai 2014 - 15:00

Personne ne te répond Ariane... De mon côté je ne connais pas assez la littérature japonaise (et encore moins le cinéma) pour apporter une quelconque réponse intéressante.

En revanche, on peut facilement convenir que pas mal d'écrivains sont des désespérés (pas seulement au Japon) et que chaque littérature compte sa part de suicidés (Woolf, Celan, Plath...).
Quant au grotesque (qui se rapproche pour moi du monstrueux), il existe aussi une fameuse bibliographie mondiale... d'ailleurs sur le fil monstres en littérature on ne compte pas d'auteurs japonais (je crois).
Pourtant, si je pense à Shozo Numa ou à ce que me raconte mon amie des Bébés de la consigne automatique de Murakami Ryu on peut quand même se dire que certains auteurs poussent très loin leurs fantasmes...

Je me demandais aussi si ce ne sont pas les lecteurs français (ou européens ?) qui attendent de la littérature japonaise cette cruauté raffinée dont parle eXPie et que finalement sont publiés prioritairement des écrits un peu tordus parce que c'est ce qu'un lecteur attend de la littérature japonaise. Mais d'après ce que tu dis, Ariane, les lecteurs japonais aiment beaucoup cette littérature-là et la plébiscite aussi...

_________________
le mot silence est encore un bruit G. Bataille
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Mer 21 Mai 2014 - 16:34

C'est vrai que ce que nous dit Ariane est toujours très intéressants. Je lis toujours avec grand intérêt, mais sur ce point, par exemple, je serais bien en peine de répondre.
Les écrits "bizarres" ne sont pas ma tasse de thé. Ainsi, je n'ai lu de Yoko Ogawa que certains de ses écrits dans la veine "tendre et nostalgique". (La leçon préférée du professeur, la marche de Mina).

De même, si j'ai admiré le talent de Junichirô Tanizaki dans La clef, la confession impudique, je n'ai pas envie pour l'instant de poursuivre avec lui dans ce côté malsain et complètement tordu.
A l'inverse, Quatre soeurs (aussi appelé Bruine de neige), ou Le goût des orties m'ont beaucoup plu. Le roman Quatre soeurs s'attache aux multiples petits gestes du quotidien, aucune trace ici d'un quelconque côté malsain. Et pourtant, pour moi, c'est un chef d'oeuvre.

Ce serait intéressant en effet de savoir d'où vient cette fascination des japonais pour les écrivains "tordus" et torturés. Les facteurs sont certainement multiples.

Tout autre chose : c'est intéressant, Ariane, ce que tu dis sur le succès et respect accordés aux écrivains désespérés, ce qui aurait pu en quelque sorte pousser quelqu'un comme Mishima au suicide.
Je me demande aussi si la réécriture du code du samouraï qui s'élabora au XIXème siècle n'y est pas pour quelque chose. On s'est mis à glorifier le bushidô, le sens aigu de l'honneur et du sacrifice de ces hommes, en occultant totalement le fait que la majorité des samouraïs ne correspondaient absolument pas à cet idéal.
Revenir en haut Aller en bas
Ariane SHOYUSKI
Sage de la littérature
avatar

Messages : 2372
Inscription le : 17/04/2014

MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Sam 24 Mai 2014 - 0:56

Merci pour vos messages.

Pour Shanidar,
Merci pour le fil "monstres en littérature". Bien que je n'aie pas encore tout lu, il y a des discussions intéressantes. C'est vrai que Shôzô NUMA et "Bébé de la consigne automatique" sont assez dégoûtants. Il y en a encore d'autres.
Mais je n'y ai pas pensé au moment où j'ai écrit mon article ci-dessus. Vous avez le champion mondial de la morbidité et de la monstruosité : Marquis de Sade !

Pour Armor-Argoat,
J'ai aussi adoré "Quatre Soeurs" de TANIZAKI. Et je crois aussi que c'est son chef-d’œuvre Very Happy .
C'est un rare exemple de romans passionnants avec des personnages ordinaires dans la situation banale, non ? Comme certains films d'OZU.

En même temps, j'aime beaucoup "La Clef" "Journal d'un vieux fou" "Un Amour insensé" et certaines nouvelles masochistes.
Oui, ce sont parfois morbides peut-être. Mais je ne sais pas pourquoi, c'est peut-être parce que son écriture est tellement belle et agréable à lire que j'accepte enfin toutes ses bizarreries.
Même s'il n'a pas de profondeur de réflexions ou bonne conscience, il est tout de même un trésor national pour moi content .
Mais il y a bien sûr des japonais qui le détestent aussi.

Je ne sais pas si on peut lier le suicide d'écrivains avec le code de l'honneur de samouraï. Chez Mishima, oui, bien sûr. Mais ils étaient très occidentalisés tous les trois, la ligne Soséki-Akutagawa-Dazaï.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bédoulène
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 17271
Inscription le : 06/07/2007
Age : 72
Localisation : Provence

MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Sam 24 Mai 2014 - 8:25

ma participation se résume à vous lire car je ne connais pas la littérature Japonaise.

je m'instruit  sourire 

_________________
Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave. » Friedrich Nietzsche
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Exini
Zen littéraire
avatar

Messages : 3065
Inscription le : 08/10/2011
Age : 44
Localisation : Toulouse

MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Sam 24 Mai 2014 - 9:28

Idem pour moi, Bédou. C'est intéressant et instructif !

Toutefois, même si la morbidité en littérature n'est pas ma tasse de thé, revenons à la définition :
1) Caractère relatif à une maladie
2) Caractère malsain
3) Nombre d'individus atteints par une maladie dans une population donnée et pendant une période déterminée.

Pour le caractère malsain (quoique), en cinéma on peut peut-être citer Haneke (La pianiste, ou Le ruban blanc). Qu'est-ce qui m'intéresse dans le malsain ? La réflexion que je peux en tirer sur ma part morbide (mon "côté obscur" ?) et celle de toute une frange, voire de toute la société.

Pour le caractère relatif à une maladie, on peut citer "Amour", du même Haneke, ou "Son frère" de Chéreau. Rien de malsain là-dedans, mais une réflexion basée sur l'idée de la maladie incurable, des effets sur le malade et sur ses proches.

Mais si on cite "Le silence des agneaux", je pense que la réussite du film tient moins de la morbidité que du voyeurisme qu'il a suscité. Seul le personnage d'Hannibal Lecter est réellement intéressant et profond.

Le morbide, à ce titre, n'est pas l'apanage du Japon, mais peut-être est-il plus présent dans sa littérature ?

Mais je m'éloigne sujet, qui est la littérature japonaise (pardon) honte
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
silou
Agilité postale
avatar

Messages : 601
Inscription le : 24/05/2012
Localisation : centre

MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Sam 24 Mai 2014 - 18:50

shanidar a écrit:


Je me demandais aussi si ce ne sont pas les lecteurs français (ou européens ?) qui attendent de la littérature japonaise cette cruauté raffinée dont parle eXPie et que finalement sont publiés prioritairement des écrits un peu tordus parce que c'est ce qu'un lecteur attend de la littérature japonaise. Mais d'après ce que tu dis, Ariane, les lecteurs japonais aiment beaucoup cette littérature-là et la plébiscite aussi...

C'est aussi il me semble le cas pour le cinéma, avec les derniers films de Kiyoshi Kurosawa sortis en France (Shokuzaï et Real) par exemple.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   

Revenir en haut Aller en bas
 
Sur la Littérature Japonaise
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 8 sur 10Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10  Suivant
 Sujets similaires
-
» La bibliothèque idéale en littérature allemande contemporain
» La Littérature et la Marine
» Mémoire de master littérature sur les bibliothèques
» vive la littérature équitable !!
» littérature jeunesse

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Parfum de livres… parfum d’ailleurs :: Le cœur du forum : Commentons nos lectures en toute liberté… :: Littérature asiatique (par auteur ou fils spécifiques) :: Littérature japonaise-
Sauter vers: