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 Sur la Littérature Japonaise

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eXPie
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MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Mar 27 Mai 2014 - 23:29

Ariane SHOYUSKI a écrit:
J'ai l'impression que la ligne Soséki - Akutagawa - Dazaï représente le groupe "désespoir (sinistre)".
Je ne connais pas assez bien Soseki, ni Dazaï, probablement.
Mais j'ai l'impression que ces trois désespoirs sont différents : un désespoir métaphysique chez Akutagawa (avec une peur de la folie à rapprocher peut-être de certains textes de Maupassant ?) ; un désespoir "égoïste" chez Dazai (son principal sujet, c'est lui, non ?). Si désespoir il y a chez Soseki (je ne l'avais pas perçu, mais je ne connais pas assez l'auteur), c'est peut-être un désespoir moins égoïste que chez Dazaï, plus social ?


Ariane SHOYUSKI a écrit:
Comme le peuple garde cette image très fortement, j'ai l'impression que Kawabata et Mishima ont plus ou moins été poussés vers le suicide.
Il y a vraiment des formes de suicides très différents, spectaculaire chez Mishima, et intimiste (ou plus personnel) chez Kawabata, non ?

Ariane SHOYUSKI a écrit:
En ce qui concerne "le grotesque", quel écrivain peut-il représenter ? Rampo Edogawa peut-être.
Mais je crois qu'on peut trouver "le goût de grotesque" un peu partout dans les oeuvres d'écrivains japonais, comme vous l'avez déjà remarqué.
Chez Rampo Edogawa, ça atteint un niveau assez impressionnant (qui rappelle certains textes de Poe, justement). Je ne sais pas s'il y a d'autres auteurs qui donnent à ce point dans l'excès.
Mais je n'ai pas lu Juro Kara... je pense à son fameux livre - qui a obtenu le prix Akutagawa -, La lettre de Sagawa. Sauf que là, il s'agit de vrai, en plus... (cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Issei_Sagawa ).

Ariane SHOYUSKI a écrit:

Par exemple, les films d'Ozu était longtemps méprisés parce qu'on considérait qu'il répétait l'histoire de mariage d'une fille un peu âgée. C'est seulement après que les français avaient commencé à l'apprécier, les japonais ont redécouvert ses films.
Tiens, je ne savais pas. Je pensais qu'il était apprécié au Japon mais beaucoup moins en Occident, parce que c'est généralement plus difficile d'accès qu'un Kurosawa, par exemple.

Ariane SHOYUSKI a écrit:
De toute façon, c'est peut-être difficile de raconter une histoire intéressante avec des personnages ordinaires et des évènements banales. J'ai l'impression que quand un écrivain n'a plus d'idées intéressantes, il aurait besoin d'apporter ce genre de choses, non ?
Une anormalité, ça permet effectivement d'épicer la banalité du quotidien. Yoshimoto Banana, par exemple, fait ça très bien... (tiens, ça fait des années qu'il n'y a plus de traduction française de cette auteure ; le soufflet de son Kitchen est retombé, au moins en France... je crois qu'en Italie son succès a été plus durable).


Ariane SHOYUSKI a écrit:
Mais en réfléchissant, il y a des oeuvres assez morbides aussi à l'époque Edo ; par exemple "Légende de huit chiens" de Bakin (Takizawa)
Je ne connaissais pas du tout... on trouve quelques petites choses en anglais, semble-t-il, mais pas en français...

Ariane SHOYUSKI a écrit:
Il y a peut-être une forte tradition de morbidité chez les japonais.
En même temps, il y a toujours plein de gens qui aiment les histoires morbides dans n'importe quel pays. Ce n'est pas uniquement la particularité des japonais.
Il y a une tradition des histoires de fantômes qu'on ne trouve pas ailleurs, me semble-t-il. Je veux dire qu'il y a ce genre d'histoires un peu partout, mais pas avec une telle quantité... Et c'est revenu en force avec les films de Nakata Hideo (bien sûr, il faudrait aussi citer Kôji Suzuki, l'auteur du livre Ring, notamment ; et puis, comme l'écrit Silou, certains films de Kiyoshi Kurosawa). Les fantômes japonais sont proches de nous : ils sont anti-spectaculaires, ils surgissent du quotidien et pas de château écossais. On en trouve aussi dans les Nôs modernes de Mishima (la vengeance à distance).

Ariane SHOYUSKI a écrit:
Je suis sûre qu'il y a des parfumés qui aiment des films par exemple, "le Silence des agneaux" ou "Seven" (de David Fincher) etc. Et ce sont morbide, non ?
Hmmm... c'est peut-être du morbide, mais plus de l'horrifique. Un truc pour faire peur. Dans pas mal de Yoshimura Akira, il y a une fascination pour les morts, et pour sa matérialisation concrète : les os. On retrouve ça aussi chez Ikezawa Natsuki (Des os de corail, des yeux de perle) tout en débouchant sur du cosmique, et puis chez Okuizumi Hikaru (Les Pierres)... J'ai l'impression que c'est assez unique. Alors, bien sûr, il y a l'influence de la guerre (après tout la guerre au Japon n'a pas commencé en 1939, mais bien avant ; ça doit marquer durablement... et puis il y a eu les deux Bombes).


Ariane SHOYUSKI a écrit:
Sinon, l'utilisation de la morbidité est-elle très particulière dans la littérature japonaise ?
Ou bien les français sont-ils tout simplement moins morbides que les japonais ?
Il me semble que la morbidité japonaise est concrète, avec cette fascination pour les os, la matérialisation de la mort, pour ainsi dire ; et puis cette fascination pour le suicide, qu'on ne trouve pas (sauf erreur ou méconnaissance de ma part) dans d'autres pays.
Les fantômes, eux, sont plus familiers qu'en occident : on peut en rencontrer sans savoir que ce sont des fantômes ; dans l'imaginaire occidental, il y a le grand drap blanc, le "ooooouuuuh". Le Silence des agneaux, ou Seven, c'est un genre différent : le gore. J'ai l'impression que c'est différent : c'est juste pour se faire peur.
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Ariane SHOYUSKI
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MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Jeu 29 Mai 2014 - 1:32

J'ai commencé à comprendre un peu grâce à eXPie.

Quand j'ai écrit mon commentaire sur "la morbidité", je n'avais pas vraiment l'image de contour de ce mot. Même si vous avez de légère différence de l'image sur ce mot, vous avez tout de même à peu près le même contour entre eXPie, nezumi, bix, Shanidar, Armor, Queenie...
Moi, j'ai trouvé des explications juste "maladif" et "mauvais pour la santé" dans mon dictionnaire français-japonais. Le mot "maladif" ne peut jamais m'amener à l'image de fantômes japonais !

"Hannibal Lecter" n'est donc pas tout à fait dans la catégorie de "morbide" pour vous.
Mais on peut quand même mettre "Rampo Edogawa" dans cette catégorie ? Hmmm... C'est assez difficile tout ça pour moi.

C'est vrai que Lafcadio HEARN a aussi écrit "Kwaidan" (Kaïdan ?) qui signifie littéralement "histoire de phénomène étrange", c'est-à-dire "histoire de fantômes". Il était peut-être impressionné car les japonais adoraient les "kwaidan".
C'est vrai. C'est presque une forte tradition. Il y a des fantômes (un seul ?) déjà dans le Dis de Genji. J'ai l'impression que beaucoup de japonais croient vraiment l'existence de fantômes.
Il y a des "Yôkaï" aussi. Quelqu'un a déjà lu des œuvres de Shigéru MIZUKI ?

Mais en Europe aussi, il y a des histoires de fantômes, non ? Le plus célèbre est le fantôme de papa-roi de "Hamlet" de Shakespeare. Sinon il y a des morts-vivants qui sortent de la cimetière. C'est assez impressionnant quand ils sont moitié pourris avec des vers au trou à la joue, beurk  :apeur: 
Tout de même les fantômes sont beaucoup moins nombreux en Europe qu'au Japon.
A la place de fantômes, vous avez peut-être des vampires et des loups-garous, et des sorcières aussi.
Mais vous en avez moins nombreux, car de toute façon vous êtes beaucoup plus rationnels que les japonais.

Y a-t-il beaucoup de fantômes dans les œuvres du réalisme magique de l'Amérique de latin ? Il y en aurait plein en Afrique, non ?

Histoires de fantômes (Kaïdan) célèbres :
"Yotsuya-Kaïdan" (1825, Nanboku TSURUYA / pièce de Kabuki / traduit ?)
"Botan-Dôrô" (Enchô SANYÛTEI, 1839 - 1900 / Rakugo) - il y a une traduction en italien "La lanterna delle peonie"
"Shinkeï Kasané-ga-fuchi" (1859, Enchô SANYÛTEI / Rakugo)

En ce qui concerne le suicide des écrivains :
Mon explication n'était peut-être pas assez claire. C'est vrai que chaque écrivain a sa propre raison pour se suicider. C'est évident. Mais j'ai l'impression que jusqu'aux années 70 par là, il y avait une croyance commune (inconscience collective ?) du peuple japonais : "Quand un écrivain est sérieux, il est possible qu'il se suicide un jour".
Je voulais dire que cette croyance a joué un rôle comme une atmosphère qui les encourage légèrement vers le suicide. C'est trop bizarre ? scratch 

C'est vrai qu'à présent tout le monde accuse Dasaï comme "égoïste" (et c'est vrai qu'il est égoïste). Il faut tout de même penser que son suicide théâtrale était profondément lié avec la folie de l'époque : la guerre de plus en plus sévère, ridicule, et le chaos total après la guerre.

Non, ce n'est pas ça ce que je voulais dire. Je ne dois pas aller cette direction.
Il y a des gens qui ne lisent que "Botchan" chez Soséki, "le fil d'araignée" chez Akutagawa, et "Cours Mélos" chez Dazaï. Regardez bien autour de vous ! Il y en a encore pire. Cela correspond chez vous "juste Marc Lévy et Musso, ou même pas". Les images de Soséki, Akutagawa et Dazaï sont vaguement mélangés dans leur tête. Mais ils font des images sur les écrivains. Et ils croient, "les écrivains sérieux sortis de l'université de Tokyo devront forcément.....". (Dazaï n'en est même pas sorti, mais juste entré).
Cette croyance a peu à peu diminué (atténué ?) au fur et à mesure de la croissance économique rapide des années 70 et aussi par des efforts de bons écrivains pas suicidaires.
Les parfumés font des efforts pour distinguer Soséki, Akutagawa et Dazaï. Mais les gens qui lisent très rarement....

Quant au suicide de Mishima, j'ai lu une analyse intéressante quelque part.
L'écrivain Shintarô ISHIHARA (1932 -) a apparu avec son roman scandaleux "Une saison de soleil" en 1956. Il était politiquement très proche de Mishima, c'est-à-dire très droite (extrême-droite ?). Et comme il était jeune et beau, il a arraché beaucoup de lecteurs de Mishima. En plus son petit frère Yûjirô ISHIHARA est devenu très célèbre comme acteur dans le film "Une saison de soleil" et a gagné une grande popularité dans le cinéma japonais.
Shintarô a décidé de devenir homme politique et est devenu membre de la Chambre des conseillers (sénateur ?) en 1968 en gagnant plus de 3 millions de voix (un record à l'époque).
Plus tard, il a fait le Ministre d'environnement (1976), le Ministre de transport (1987), et 4 fois le Maire de Tokyo. D'ailleurs il n'y a que lui qui a gagné deux fois plus de 3 millions de voix dans l'histoire du Japon (1968 et 2003 pour le maire de Tokyo).
Après l'apparition d'Ishihara, Mishima a commencé à perdre beaucoup de popularité. Tous les gens de droite ne regardaient qu'Ishihara. Mishima a sombré derrière l'ombre d'Ishihara qui était pourtant beaucoup moins talentueux que lui comme écrivain.
De plus quand Ishihara est devenu homme politique très prometteur avec son record de voix, que devait-il faire Mishima ? Il a décidé de faire un acte politique violent et théâtral.
Croyez-vous cette analyse ?


Dernière édition par Ariane SHOYUSKI le Ven 30 Mai 2014 - 17:34, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Jeu 29 Mai 2014 - 16:38

Tu mets l' accent sur quelque chose d' essentiel, Ariane. Les mots n' ont pas tout à fait le meme sens
d' une langue à l' autre. Surtout dans le cas de deux langues aussi différentes que le japonais et le
français.

Il y a une expression italienne qui dit à peu près, traduire c' est trahir.  De fait, meme en français,
on "sent" quant une traduction est mauvaise ou seulement faible. Sans parler de la poésie.
On s' était amusé sur le forum à comparer des traductions de haikai. C' était peu etre beau, parfois
aussi beau que l' original, mais plutot différent selon le traducteur.
En plus il y a des stylistes. Pour traduire Proust en allemand, par exemple, il a fallu un grand écrivain
allemand, Walter Benjamin. Pour traduire Robert Musil en français, le poète Jaccottet...
Et  on peut dire que meme dans la langue, Proust ou Musil demandent un certain effort au lecteur.

Que penses-tu de Lafacadio Hearn, cet amoureux fou du Jjapon ? Est-ce que tu crois qu' on peut
le comparer aux écrivains japonais ou que c' est simplement un bon imitateur ?

Est-on plus rationnels que les Japonais ? J' ai des doutes... Au moins en ce qui me concerne !
Mais c' est vrai qu' on a eu un Descartes dans la littérature française. Mais aussi un Rabelais qui
avait de tout autres conceptions de l' écriture.
Il y a eu ainsi des moments de flux et de reflux dans une  langue.  Et ces mouvements ne peuvent
s' expliquer par une simple évolution, mais parfois par une franche  révolution qui reflète aussi des mouvements socio-culturels.


Les fantomes ont été effectivment très présents dans toutes les littératures occientales. Mais les lumières trop vives de la technologie ont tendance à les rejeter dans l' ombre d' où ils sont sortis.

Il y a pas mal d' annés j' avais diné avec un africain et un vietnamien et pendant toute la soirée, je
les ai écoutes raconter des histoires de fantomes (surtout le vienamien) et de magie. Et je me
souviens aussi, que cet africain qui se voulait marxiste, avait été subjugué par un "sorcier".
Ces substrats culturels ont tendance à s' estomper face aux "progès de la civilisation". Et, à mon
avis, c' est bien dommage.

Dans mon enfance, mes grands parents parlaient patois. En fait, c' est ce qui restait d' une belle langue l' occitan qui fleurit du 11e au 13e siècle et qui était la langue des troubadours.
A l' époque, le minuscule royaume de France annexait des régions entières par mariage ou militairement.
C' est militairement qu' une partie du Sud de la France fut envahie. Le prétexte était -avec l' accord du pape-  d' éradiquer une hérésie apelée catharisme. Leurs seigneurs vaincus furent dépossédés de leurs biens. Et la langue interdite.

Ceci dit, la langue continua longtemps à etre parlée, mais  faute d' etre écrite et parlée, elle devint un dialecte un peu partout dfférent. Demeurèrent aussi les mythes et légendes contées et transmises de
génération en génération.
Les veillées campagnardes au coin du feu ont disparu et la télé ou les ordis ont pris leur place.

Ce qui m' a quand meme souvent étonné, c' est que des contes populaires comme ceux de Grimm
ou de Perrault se retrouvent aux quatre coins du monde.
La conséquence sans doute des voyages et des voyageurs...Et la portée morale et initiatique des
contes.

_________________
L' imagination est l' histoire vraie du monde.
Roberto Juarroz
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Ariane SHOYUSKI
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MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Sam 31 Mai 2014 - 23:26

Yasujiro OZU,
Il y avait un mouvement de "Nouvelle Vague japonaise" vers 1950 -70. On dit "sous influence de Godard, Truffaut etc.." Mais en réalité on a donné ce nom à tous les films du nouveau style ou les films contestataires.

Le nom de réalisateurs "Nouvelle Vague japonaise" :
Susumu HANI, Nagisa ÔSHIMA, Masahiro SHINODA, Shôheï IMAMURA, Hiroshi TESHIGAWARA, Kijû YOSHIDA, Yasuzô MASUMURA etc.

Comme les mémoires de la guerre étaient encore fortement présentes, ces jeunes réalisateurs voulaient mettre souvent des problématiques sociales dans leurs films. Et bien sûr qu'ils ont attaqué la responsabilité des "vieilles générations".
Je ne me souviens plus quels réalisateurs, peut-être, Shinoda ou Yoshida. OZU a été attaqué par sa manque de regard social, "il ne raconte toujours que des petites histoires de "familles" dans un petit coin du Japon !"
Bien qu'il y ait bien sûr des gens qui aimaient les oeuvres d'OZU, le journalisme aimait attiser la polémique comme d'habitude, comme d'autres pays.

A l'époque, on a aussi critiqué "Sept Samouraïs" de KUROSAWA, un peu à la même façon, en disant, "il n'y a pas de visages de bandits. Ils ne sont que des "ombres" qui attaquent. Ce n'est pas bien. Ils sont aussi humains ! Regardez "les sept mercenaires" de John STURGES (sa copie hollywoodienne) ! Le chef de bandits a un caractère. Il y a une conversation, échange de paroles. C'est ça ce qui est important".
Oui, oui, c'est vrai. Je suis d'accord. euh....

Banana YOSHIMOTO,
Je n'ai jamais lu ses oeuvres. C'est vrai qu'il y a beaucoup plus de traductions en Italie où elle a déjà reçu trois prix littéraires. Je pense qu'elle continue à écrire. Mais je ne peux pas dire beaucoup de choses sur elle. Je n'ai même pas lu "Kitchin", pourtant un grand succès à sa sortie. Peut-être parce que j'aime apprendre des choses avec des vieux écrivains.

Lafcadio HEARN,
J'ai lu "Kwaïdan" de Hearn il y a très longtemps, quand j'étais peut-être au collège. Je ne me rappelle rien du tout. Heureusement je suis allée regarder le film "Kwaïdan" (1965) de Masaki KOBAYASHI avec mes amis il y a quelques ans. En effet il ne s'agit pas de la fiction qu'il a fabriquée, mais il a juste ramassé ces petits contes de fantômes racontés par sa femme et ses amis quand il habitait Matsué (une petite ville d'ouest au bord du mer de Japon), non ?
J'aime bien ses histoires, surtout l'histoire d'un moine aveugle doué pour l'instrument biwa (luth japonais) qui chante la tragédie de la famille Heïké devant les fantômes des Heïké. Alors que cela me fait peur, en même temps cela me rend "natsukashii" (nostalgie heureuse sourire ).

J'ai besoin d'un peu de temps pour "Légende des Huit chiens" de Bakin TAKIZAWA (ou plutôt KYOKUTEÏ ?), eXPie. Merci d'attendre encore un petit peu svp !
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Ariane SHOYUSKI
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MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Dim 1 Juin 2014 - 1:23

Ôgaï MORI

Je suis allée regarder Amazon un peu pour vérifier les oeuvres d'Ogaï MORI.
C'est vrai. Il y en a déjà pas mal. Je croyais qu'on en a traduit juste trois, quatre.
On peut dire que ce qui est important est à peu près traduit ? euh...
Il y a déjà "Oie sauvage" "le jeune homme" et "L'intendant Sanshô".
C'est déjà très bien.
"Cimères" ? C'est quoi ? "Môsô" ?
Je ne connaissais même pas.
Il faudra peut-être traduire encore quelques nouvelles comme "Takasé-buné" et "Kanzan-Jittoku" à mon goût.
Mais bon. Franchement ce n'est pas obligatoire non plus.

Je suis étonnée car on écrit vraiment peu sur "Chûsaï SHIBUE" à Wikipedia japonais.
L'article raconte surtout ses romans et ses nouvelles.
Pourtant les biographies sont aussi très importants à mon avis. Il a consacré toute son énergie à trois biographies les dernières années de sa vie.
Je suis un peu déçue.

Je voulais écrire quelques choses sur Ôgaï.
Mais eXPi a déjà bien bien écrit.
Je n'ai enfin rien à ajouter.
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MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Dim 1 Juin 2014 - 9:22

Ariane SHOYUSKI a écrit:

"Cimères" ? C'est quoi ? "Môsô" ?
Je ne connaissais même pas.
Il faudra peut-être traduire encore quelques nouvelles comme "Takasé-buné" et "Kanzan-Jittoku" à mon goût.
Mais bon. Franchement ce n'est pas obligatoire non plus.
Chimères, c'est un recueil de cinq textes (Chimères, donc effectivement Môzô ; mais également Exorcisme, Hanako, Le Serpent et Cent Contes). J'en ai fait un petit compte-rendu sur le fil de Mori Ogai ( http://parfumdelivres.niceboard.com/t5547-mori-ogai ).

Takasé-buné a été traduit... mais il faut aller chercher le texte dans une revue ("Japon et Extrême-Orient n°11-12") qui ne doit plus être trouvable, j'imagine...
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MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Lun 2 Juin 2014 - 23:58

Ariane SHOYUSKI a écrit:
J'ai besoin d'un peu de temps pour "Légende des Huit chiens" de Bakin TAKIZAWA (ou plutôt KYOKUTEÏ ?)
J'ai l'impression qu'il n'est pas disponible en français... Par contre, je vois qu'il existe, en français : "Les Huit Chiens des Satomi" de Yamada Futaro
Citation :
Une page se tourne et nous voici dans la maison de Bakin Takizawa en 1813. Il vient de raconter le début de son nouveau roman, Les huit chiens des Satomi, à son ami, le célèbre peintre d'estampes Hokusai, pour lui demander de l'illustrer.
(voir http://www.editions-picquier.fr/catalogue/fiche.donut?id=854 ).
C'est dommage de ne pas pouvoir lire l'original, et de n'avoir que le produit dérivé...
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MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Mar 10 Juin 2014 - 0:13

Les Chroniques Huit Chiens (Nansô-Satomi-Hakkenden, 1814 - 1842, on peut l'appeler simplement, Hakkenden ou Satomi-Hakkenden)
Le roman d'aventure (de cape et d'épée / justice immanente) de Bakin KYOKUTEÏ (TAKIZAWA, 1767 - 1848), écrit sous l'influence du roman chinois "Au bord de l'eau" de Shi Nai'an.

Le début de l'histoire :
En 1441, Yoshizané SATOMI le chef d'un fief tue un vassal révolté. Il hésite de tuer aussi Tamazusa, la femme de ce vassal, mais enfin il la tue aussi par le conseil d'un autre vassal. Tamazusa laisse une phrase de malédiction au moment de son exécution, "Je ferai tomber les descendants de Satomi dans l'animalité ! Et ils deviendront des chiens de concupiscence !"

En 1457, Yoshizané est en pleine guerre contre le fief voisin. Un jour, Yoshizané dit à son chien Yatsufusa par pur plaisanterie, "Si tu m'apportes la tête du chef de mon ennemi, tu pourras épouser ma fille Fusé-himé". Et hop ! le chien revient avec la tête. Alors que Yoshizané lui propose d'autres cadeaux, le chien les refuse et persiste à Fusé-himé. Quant à la princesse Fusé, elle critique son père qui ne tient pas sa promesse en tant que chef d'un fief. Et elle part enfin avec son chien dans la montagne de proximité Toyama.

Cependant Fusé-himé n'accepte pas l'amour de son chien. Elle récite un soûtra tout le temps en égrenant un chapelet. Un jour un enfant mystérieux apparaît et annonce que Yatsufusa est sous influence de la malédiction de Tamazusa et qu'elle est déjà enceinte d'un bébé-chien. Ayant honte d'être enceinte, Fusé-himé se suicide en s'ouvrant son ventre pour prouver qu'il n'y a pas de bébé-chien dedans devant son père et quelques autres. Une lumière mystérieuse sort du ventre et monte dans l'air en prenant son chapelet. Huit boules du chapelet se dispersent partout dans le Japon avec la lumière.

Et chaque boule a une lettre, "Jin, Gi, Rei, Chi, Chû, Shin, Kou, Tei".
Cela fait naître huit samouraïs-chiens partout dans le Japon. Pourtant huit personnages ne savent pas vraiment leur destin au début. Mais ils ont des "éléments communs".
1, Chacun a un "inu = chien" dans son nom, comme Inuzuka, Inuta, Inukawa, Inuyama etc..
2, Chacun a une tache en forme de pivoine quelque part dans son corps.
3, Chacun a une boule mystérieuse avec la lettre qui détermine le caractère de personnage.

Ils s'unissent peu à peu par la force du destin vers le fief SATOMI en surmontant plein de difficultés lancées souvent par le fantôme de Tamazusa.

Bakin a mis 28 ans pour écrire cette longue histoire pleine de fantaisie. Cette série a eu un grand succès publique. On a eu déjà plusieurs adaptations aux pièces de kabuki de son vivant.
D'ailleurs c'est le premier écrivain japonais qui a pu vivre uniquement par sa pige.

Cette histoire a fait naître plein de produits dérivés et versions différentes jusqu'à présent : films, séries télé, romans, manga, jeux vidéo etc..

C'est vrai qu'on ne peut pas trouver beaucoup d'informations ni sur Bakin ni sur Hakkenden. A part le roman de Fûtarô Yamada que eXPie a trouvé, il y a une petite traduction du début de l'histoire par Donald KEENE en anglais.

J'ai trouvé un petit peu d'information chez Wikipedia anglais. Mais pas beaucoup.
Personne n'a essayé de le traduire jusqu'à présent car l'histoire est trop bizarre ???

Au Japon, tout le monde connaît cette histoire plus ou moins vaguement grâce aux versions récentes. Mais je n'ai jamais rencontré ceux qui ont vraiment lu l'original de Bakin jusqu'à la fin.
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pia
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MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Mer 11 Juin 2014 - 20:02

Je continue à noter!  sourire 

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Ariane SHOYUSKI
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MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Lun 27 Avr 2015 - 23:54

C'est une question posée sur le fil : Utrecht et les Pays-Bas. Mais comme il s'agit de la culture japonaise, j'ai décidé de répondre ici.

Ariane S. a écrit:
Merci beaucoup Pia pour tes commentaires et tes photos.
Je suis un peu perplexe quand on parle de la famille royale bien aimée par un peuple. Parce que je pense tout de suite à l'empereur japonais.

eXPie a écrit:
Même avec l'empereur japonais actuel ? (si je peux me permettre de troller ce fil) ?

Je ne déteste pas l'empereur actuel du Japon. Mais ce n'est bien sûr pas la question. Une fois que nous commençons à douter la fonction de l'empereur ou le roi, tout a l'air bizarre à nos yeux, non ? Je trouve très bizarre la famille royale de l'Angleterre ou du Monaco, par exemple. C'est vrai qu'autrefois ils avaient une fonction réelle dans la politique. Mais à présent ils sont souvent une sorte de décoration ou d'appendice de la nation (?). Ils ne sont plus comme la reine des fourmis et des abeilles (autrefois non plus peut-être). Ils sont tous comme des gens normaux et banals. Mais en même temps ils gardent toujours une forte influence ou illusion sur pas mal de pourcentage de la population. C'est très mystérieux pour moi. Je n'arrive pas à imaginer les sentiments des gens qui continuent à croire à la famille royale. intense reflexion
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MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Mar 28 Avr 2015 - 7:48

Ariane SHOYUSKI a écrit:
C'est une question posée sur le fil : Utrecht et les Pays-Bas. Mais comme il s'agit de la culture japonaise, j'ai décidé de répondre ici.

Ariane S. a écrit:
Merci beaucoup Pia pour tes commentaires et tes photos.
Je suis un peu perplexe quand on parle de la famille royale bien aimée par un peuple. Parce que je pense tout de suite à l'empereur japonais.

eXPie a écrit:
Même avec l'empereur japonais actuel ? (si je peux me permettre de troller ce fil) ?

Je ne déteste pas l'empereur actuel du Japon. Mais ce n'est bien sûr pas la question. Une fois que nous  commençons à douter la fonction de l'empereur ou le roi, tout a l'air bizarre à nos yeux, non ? Je trouve très bizarre la famille royale de l'Angleterre ou du Monaco, par exemple. C'est vrai qu'autrefois ils avaient une fonction réelle dans la politique. Mais à présent ils sont souvent une sorte de décoration ou d'appendice de la nation (?). Ils ne sont plus comme la reine des fourmis et des abeilles (autrefois non plus peut-être). Ils sont tous comme des gens normaux et banals. Mais en même temps ils gardent toujours une forte influence ou illusion sur pas mal de pourcentage de la population. C'est très mystérieux pour moi. Je n'arrive pas à imaginer les sentiments des gens qui continuent à croire à la famille royale.  intense reflexion
La fonction actuelle, c'est la représentation, non (et dans la continuité) ? Ça permet d'éviter d'avoir un président et de se contenter d'avoir un premier ministre. Et, à chaque fois qu'un bébé royal vient au monde, ça participe à relancer l'économie et à vendre beaucoup de journaux... Et ça fait rêver les gens...
Je suis d'accord avec toi, il y a un “positionnement" des monarchies qui a évolué, et qui continue de changer, elles deviennent plus "normales" (mais avec énormément de contraintes, surtout au Japon ?).
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MessageSujet: Recherche de livres   Lun 24 Aoû 2015 - 12:43

Bonjour à toutes et à tous

Je suis un peu novice en littérature asiatique - et donc japonaise -, alors mes connaissances sont un peu limitées. Je me permets donc de solliciter votre aide.
Dans le but d'un projet d'étude, je suis à la recherche de livres portant sur l'ijime. Il y a beaucoup de mangas, mais je ne trouve pas grand chose en littérature. Je préférerai sur l'ijime en particulier, mais je suis aussi preneuse s'il est question de livres dans lesquels il est question d'un individu face une "collectivité" (quelque soit sa forme: un individu face à groupe, à des traditions, etc); qui illustrerait l'adage "le clou qui dépasse appelle le marteau", en somme.
Je recherche également des livres qui seraient des témoignages, mais pas sur des événements historiques tels que Hiroshima ou le tremblement de terre de Kobe, mais plus sur la société japonaise.

Je vous remercie d'avance.
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MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Mar 25 Aoû 2015 - 20:23

question compliquée et personnellement je n'y connais pas grand chose, néanmoins ce qui me vient c'est :

- Abé Kôbô (marges, pression, folie probable ?)
- peut-être Le Faucon ou Le Bateau usine (littérature prolétarienne mais/donc ? volonté de témoignage aussi)

et si tu veux nous en dire un peu plus n'hésite pas à passer par ici singe

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MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Mer 7 Oct 2015 - 19:43

Un petit fascicule-bibliographie qui présente la littérature japonaise par époques. Forcément sélectif, mais pratique pour ceux qui veulent la découvrir.

CLIC
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Ariane SHOYUSKI
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MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   Mer 7 Oct 2015 - 21:46

Merci Nezumi pour le lien. content
Ce n'est pas bien détaillé, mais bon.
Je ne connais vraiment pas beaucoup d'auteurs de nouvelle générations. honte
Notre eXPie pourrait en fabriquer beaucoup mieux qu'eux, non ? rire
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MessageSujet: Re: Sur la Littérature Japonaise   

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