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 Jean Echenoz

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kenavo
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MessageSujet: Re: Jean Echenoz   Mer 21 Jan 2009 - 17:55

aériale a écrit:
j'aimerais tant que vous l'appréciez autant que moi Very Happy
en ce qui concerne appréciation, je le fais déjà.. où disons - de nouveau... après la lecture d'un roman il y a trèèèès longtemps, je devrais rechercher le nom, Ravel m'avait réconcilié avec cet auteur.. Very Happy

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Aeriale
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MessageSujet: Re: Jean Echenoz   Mer 21 Jan 2009 - 18:08

kenavo a écrit:
en ce qui concerne appréciation, je le fais déjà.. où disons - de nouveau... après la lecture d'un roman il y a trèèèès longtemps, je devrais rechercher le nom, Ravel m'avait réconcilié avec cet auteur.. Very Happy
Je voulais parler du livre Kena, mais à propos de Ravel, c'est drôle car c'est celui qui m'en a un peu écartée au contraire!

J'avais apprécié son écriture, fine et distante, et sans doute un peu trop. Et même si cela collait parfaitement au personnage de Ravel, il manquait quelque chose.

Du coup je crains un peu d'être décue sur le biopic de Zàtopek Suspect
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kenavo
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MessageSujet: Re: Jean Echenoz   Mer 21 Jan 2009 - 18:20

aériale a écrit:
mais à propos de Ravel, c'est drôle car c'est celui qui m'en a un peu écartée au contraire!
J'avais apprécié son écriture, fine et distante, et sans doute un peu trop. Et même si cela collait parfaitement au personnage de Ravel, il manquait quelque chose.
oui, c'est vraiment drôle.. moi j'ai adoré.. peut être parce que j'aime toujours quand un auteur s'imagine une histoire avec un personnage réel? je ne sais trop dire.. mais en tout cas son écriture m'avais donné vraiment envie de poursuivre avec lui - peut être je vais me retrouver encore plus enthousiasmée alors avec Je m'en vais Wink

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MessageSujet: Re: Jean Echenoz   Mer 21 Jan 2009 - 20:39

aériale a écrit:
Yessssssss!
Et de trois les filles! j'aimerais tant que vous l'appréciez autant que moi Very Happy
Jusqu'à présent, je n'ai pas été déçue de tes recommandations, donc je te fais confiance encore Laughing

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Le Bibliomane
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MessageSujet: Re: Jean Echenoz   Mar 10 Mar 2009 - 16:30

"Courir"

Jusqu'ici je n'avais jamais eu l'occasion de lire un roman de Jean Echenoz. C'est maintenant chose faite avec « Courir ».
Pourtant, ce n'était pas gagné d'avance : le titre ne m'inspirait pas plus que ça et quand j'ai su qu'il s'agissait (disons-le pour simplifier les choses) d'une « biographie » d'Émil Zatopek, mon peu d'intérêt pour tout ce qui touche de près ou de loin au monde du sport a bien failli me décourager de me lancer dans la lecture de cet ouvrage.

Bien sûr, cette figure emblématique de la course à pied ne m'était pas inconnue, l'ayant rencontrée pour la première fois dans mes jeunes années lors d'un exercice de lecture à l'école primaire, exercice qui eut pour résultat de graver dans ma mémoire ce curieux patronyme aux étranges consonances.
Mais depuis je n'en ai guère appris plus sur cet homme et l'on aurait pu m'affirmer qu'il était bulgare, croate ou biélorusse que je l'aurais cru sans hésitation.
Cependant, si, comme je l'ai dit, le sport n'éveille que peu d'intérêt chez moi, l'Histoire, au contraire, ne cesse d'éveiller ma curiosité. Et il faut bien reconnaître que Zatopek « la Locomotive » est devenu, suite à son parcours, un acteur de l'histoire, non seulement sportive mais aussi de la grande Histoire, suite à son engagement (tardif ?) lors du Printemps de Prague.

La vie d'Emil Zatopek recouvre en effet plus d'un demi-siècle de l'histoire de l'Europe de l'Est, de 1940 – date à laquelle il commence à courir, sous l'occupation allemande – jusqu'en 2000, date de sa mort, dans une Tchécoslovaquie devenue République fédérale tchèque et slovaque, et libérée de l'emprise soviétique suite à la Révolution de velours de 1989.

C'est donc en 1940, alors qu'Emil Zatopek est un tout jeune homme, que commence le récit d'Echenoz. Emil Zatopek travaille déjà depuis l'âge de seize ans dans les usines Bata (célèbres pour leurs chaussures) à Zlín, en Moravie.
À ce moment là, Emil ne s'intéresse pas au sport (ce qui me l'a tout de suite rendu sympathique) : « Il a horreur du sport, de toute façon. Il traiterait presque avec mépris ses frères et ses copains qui emploient leurs loisirs à taper niaisement dans un ballon. »

Pourtant, il va devoir participer à une épreuve de course à pied, organisée par les établissements Bata, qui ont vu dans l'organisation de celle-ci, l'occasion de se faire de la publicité et de faire connaître leur marque en dehors des frontières du pays. Tous les jeunes employés sont bien sûr fortement incités à participer. Emil participe donc, tous les ans, et de mauvais gré, à cette épreuve.

Mais l'Allemagne nazie vient d'envahir (en 1939) la Tchécoslovaquie et en a fait un protectorat. La vie est dure, la peur s'installe.
Là aussi, l'occupant décrète des épreuves sportives obligatoires et Emil se voit contraint d'y participer.
Mais peu à peu, son aversion pour le sport va céder la place à un intérêt grandissant pour la course et Emil va bientôt se mettre à courir, seul, par tous les temps, dans le vieux stade de Zlin ou sur la route.
Bientôt, malgré son style peu orthodoxe, le voilà remarqué et il se lance dans la compétition.
C'est d'abord à Prague que tout commence et qu'il remporte le championnat qui oppose la Bohême à la Moravie. Pendant ce temps, la guerre fait rage, les Allemands se retirent face à l'avancée de l'armée rouge.

Arrive 1945 et la capitulation de l'Allemagne. Emil Zatopek intègre l'armée et sa carrière sportive va s'en trouver décuplée. Il court à Oslo pour les premiers championnats d'Europe, où il arrive cinquième, puis à Berlin pour le championnat des forces alliées. Personne ne le connaît et c'est de justesse qu'il peut participer à cette course qu'il remporte haut la main.

À partir de cet instant, les victoires s'enchaînent, lors des Jeux Olympiques de Londres en 1948 où il remporte la médaille d'or du 10 000 mètres, puis les J.O. D'Helsinki en 1952, ceux de Melbourne en 1956, sans compter les championnats d'Europe d'athlétisme, en 1950 à Bruxelles, en 1954 à Berne. Zatopek ne rentre jamais les mains vides de ces épreuves et sa carrière s'achèvera avec sept médailles d'or obtenues aux Jeux Olympiques ainsi que dix-huit records du monde.

Mais Emil Zatopek , malgré tous ses records et toutes ses médailles, s'il est devenu une figure internationale de l'athlétisme n'en est pas moins un citoyen tchécoslovaque, ressortissant d'un pays inféodé au bloc soviétique. Et le pouvoir, bien évidemment, va instrumentaliser les victoires du champion pour la promotion de l'idéologie communiste. Ses participations aux grandes épreuves sportives internationales lui seront accordées au gré des humeurs du gouvernement tchécoslovaque et du grand'frère de Moscou. Ses appréciations sur la démocratie et les libertés qu'il aura vues à l'étranger seront systématiquement détournées par la presse à seule fin de dénigrer les sociétés occidentales.

Pourtant, le champion, malgré son caractère affable, ne manque pas de s'insurger contre les abus du pouvoir en place et dès les J.O. De 1952, il menace de ne pas participer aux épreuves tant que le coureur de 1500 mètres Stanislav Jungwirth ne sera pas autorisé à se rendre à Helsinki. Les autorités avaient en effet décidé de refuser à ce sportif de se rendre aux J.O. Sous le prétexte que son père était un opposant au communisme.

Mais c'est en 1968, lors du Printemps de Prague, que la vie d'Emil Zatopek va être bouleversée. Zatopek va en effet prendre parti publiquement pour les idées réformatrices d'Alexander Dubček et le pouvoir soviétique n'oubliera pas cet affront. Radié de l'armée et du parti communiste, il est envoyé dans une mine d'uranium.
Six ans plus tard, il est rappelé à Prague où il est employé en qualité d'éboueur. On lui fait rédiger quelques temps plus tard son autocritique, et pour lui pardonner ses errements, le pouvoir, dans sa grande mansuétude, lui offre un poste d'archiviste dans un sous-sol au Centre d'information des sports.

Voici donc l'histoire de cet homme, une histoire qui nous est contée par Jean Echenoz, dans ce court roman à l'écriture sobre qui ne laisse pas de place aux effets dramatiques et qui ne s'encombre pas de détails. On suit pas à pas le parcours de cet homme qui semble être devenu un champion de renommée mondiale comme par inadvertance, un homme qui semble courir pour échapper aux vexations de l'histoire tout en sachant qu'il est impossible de faire abstraction de celle-ci et que, même s'il paraît possible de la distancer, elle en vient toujours à rattraper celui qui tente de lui échapper.
C'est d'ailleurs cette confrontation entre l'individu et l'État, dans tout ce qu'il peut avoir d'écrasant, qui est ici au centre de ce roman et qui fait de cet ouvrage, bien plus qu'une sèche biographie, un témoignage de la formidable capacité des états totalitaires à instrumentaliser les plus belles aventures humaines dans le seul but de propager leurs idéologies.
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Aeriale
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MessageSujet: Re: Jean Echenoz   Mar 10 Mar 2009 - 19:33

Bibliomane a écrit:
Voici donc l'histoire de cet homme, une histoire qui nous est contée par Jean Echenoz, dans ce court roman à l'écriture sobre qui ne laisse pas de place aux effets dramatiques et qui ne s'encombre pas de détails
J'hésite toujours pour l'instant à me le procurer. J'aime beaucoup l'écriture d'Echenoz mais je trouve son style un peu trop froid dans les simples bio...
Apparemment ici il se contente de transcrire le plus sobrement l'histoire de cet homme devenu héros malgré lui et qui servit contre son gré et jusqu'à la révolte les intérêts du régime soviétique.

Peu de place à l'humour de l'auteur qui m'est si chère donc. Et comme toi, le monde de la course à pied et du sport en général n'est pas quelque chose qui me transporte. Mais à te lire il analyse bien cette récupération politique...
Je vais sans doute céder à la tentation, une fois de plus, tôt ou tard innocent
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Eve Lyne
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MessageSujet: Re: Jean Echenoz   Jeu 19 Mar 2009 - 11:51

RAVEL.

Sec et de petite taille, il a l'apparence d'un jockey. Toujours tiré à quatre épingles et à l'écoute de la mode, son exigence vestimentaire frise la maniaquerie. Peu bavard, il est glacial. Incapable de se conformer aux règlements, il est recalé cinq fois au prix de Rome. Il est insomniaque, ce qui nous vaut de très belles pages de la part d'Echenoz. S'il sait composer, Ravel ne joue pas superbement du piano, surtout par paresse : il manque d'entraînement.

Le roman commence sur son départ pour l'Amérique du Nord, à bord du paquebot France, dont Echenoz décrit longuement le confort et le déroulement de la traversée (une cinquantaine de pages tout de même !). Ravel a alors 52 ans et il lui reste dix ans à vivre. Il est au sommet de sa gloire, au même niveau que Stravinsky. Cette tournée américaine dure quatre mois et est un véritable triomphe. Il donne des concerts dans 25 villes, empruntant le réseau ferroviaire local.

Il habite un petit pavillon à Montfort-l'Amaury. Peu riche, c'est tout ce qu'il a pu s'offrir. Il s'y ennuie souvent, n'ayant pas de projet. Il passé l'été au Pays basque, là où il est né.

Durant ces dix années, il composera le Boléro, à la demande d'Ida Rubinstein. On assiste à sa composition et à son succès imprévu, Ravel le considérant comme vide de musique, une même phrase étant incessamment ressassée. Puis il compose, à la demande de Wittgenstein, un concerto pour la main qui lui reste. Il en profite aussi pour composer son Concerto en sol.

On ne lui connaît aucun amour, Ravel préférant côtoyer les prostituées pour des rencontres expéditives.

Ravel était déjà distrait, mais ses trous de mémoires s'accentuent. Puis arrive un accident alors qu'il se trouvait dans un taxi. Il oublie les gestes quotidiens, vit dans un brouillard de plus en plus profond. La maladie de Pick s'installe et on assiste à la déchéance de Ravel et à sa fin.

Un roman sensible, clair, précis, relativement dépouillé, trop court. Echenoz a choisi de décrire le personnage plus que le compositeur. Un homme maniaque, solitaire, insomniaque, fragile de santé, taciturne, angoissé, insatisfait.

Un auteur à découvrir ou redécouvrir. Me concernant, c'était une découverte TRES réussie. Very Happy
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MessageSujet: Re: Jean Echenoz   Jeu 19 Mar 2009 - 13:05

Eve Lyne a écrit:
Un roman sensible, clair, précis, relativement dépouillé, trop court. Echenoz a choisi de décrire le personnage plus que le compositeur. Un homme maniaque, solitaire, insomniaque, fragile de santé, taciturne, angoissé, insatisfait.

Un auteur à découvrir ou redécouvrir. Me concernant, c'était une découverte TRES réussie. Very Happy
quel plaisir de te lire.. et tous mes bons souvenirs de cette lecture sont de nouveau là..
J'ai adoré ce livre.. et je veux lire d'autres de lui..

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MessageSujet: Re: Jean Echenoz   Mar 7 Avr 2009 - 13:37

Courir


Emil sort tout juste de l'adolescence lorsque la Tchécoslovaquie est envahie par les armées du IIIè Reich. Il travaille dans une des usines de chaussures Bata, il n'aime pas vraiment le sport et encore moins courir. La guerre passe, lointaine pour Emil. Les chars russes libèrent son pays, une nouvelle époque commence: le communisme apporte joie et bonheur au peuple. Emil, toujours souriant et discret, travaille chez Bata et malgré son manque d'attirance pour le sport, se lance afin de ne pas déplaire et parce qu'il est discipliné, à participer à une course à pied. Ce sera le début d'une aventure hors du commun pour Emil qui ne s'appelle pas encore Zatopek. En effet, Jean Echenoz fait du mythique coureur de fond tchèque, le héros de son dernier roman.
Emil Zatopek, une légende, la légende de la course de fond, au style hallucinant tout en faux rythme, en déhanchement et en désordre: comment parvient-il à atteindre cette puissance de jambes, de coffre, tout en étant que souffrance sur le visage et arriver à peine essoufflé après une course sans concession? Il court et nous courons avec lui, nous souffrons, nous suons derrière lui, en compagnie de tous les sportifs qu'il laisse sur place. Nous regardons cette formidable machine à courir, sereine, souriante, d'un incroyable calme et d'une immense modestie, cette locomotive tchèque aux 18 reccords, héros improbable des JO d'Helsinski en 1952!
"Courir" est le récit du parcours d'un homme d'exception, étendard d'un système, modèle d'un idéal de combativité qui chutera lorsque l'envie de courir aura disparu, lorsque trop d'utilisation de son image, de son talent, l'aura usé, érodé et amoindri. Zatopek a été un étonnant outil de communication pour le régime communiste, une porte ouverte pour prôner l'avènement d'un monde nouveau. La légende, établie d'abord à l'intérieur des frontières tchèques avant d'éclater sous la pâleur d'un jour scandinave, a été instrumentalisée et derrière l'uniforme du lieutenant Zatopek, homme mélancolique au regard parfois lointain, se cache sans doute une individualité qui inquiète: peu à peu, Emil a du mal à courir ailleurs que dans le bloc de l'Est. Jusqu'au fameux printemps 1968, Emil vit une vie tranquille de sportif de l'Est mais la venue de Dubcek à la présidence de la République socialiste tchèque va bouleverser son existence! Le souffle d'un vent de liberté allège ses foulées et illumine son regard mélancolique. Las, le rêve prend vite fin et Zatopek est envoyé travailler dans une mine d'uranium après avoir été radié et de l'armée et du parti communiste. De retour à Prague en qualité d'éboueur, il est contraint de rédiger son auto-critique ce qui lui permet d'accéder à un petit pardon de l'Etat et d'obtenir un poste d'archiviste, au fin fond obscur du Centre d'information des sports...lui qui illumina le sport tchèque! La réalité est parfois d'un étrange cynisme.
Jean Echenoz, avec une immense tendresse et admiration pour son héros, dresse le portrait, ni blanc, ni noir, sans doute un peu gris, d'un homme ordinaire, sans qualité extraordinaire, qui connut un destin unique: la maîtrise parfaite, malgré un style déplorable, inesthétique et a priori peu performant, de la course de fond qui en fit une légende.
Un roman agréable à lire dont le personnage principal, figure sportive épique s'il en est, est des plus attachants!

Pour les curieux c'est ICI
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MessageSujet: Courir   Dim 10 Mai 2009 - 0:03

Je ne vais pas ajouter une autre recension sur "Courir": certains m'ont précédés si bien! Je me retrouve dans vos commentaires.

Il est particulièrement vrai pour ce livre que la "petite" histoire personnelle et tant liée à la grande Histoire! Dans ce sens-là (et dans d'autres) ce livre est certainement aussi fait pour des non-amateurs du sport. C'est tout simplement passionant comment Zatopek est pion, et puis aussi plus qu'un pion! A travers lui, nous est raconté une bribe de l'histoire de la Tchècoslovaquie - qui fut pendant une période quand même parmi les régimes les plus durs à l'Est de l'Europe - et bien plus.

J'ai bien aimé le style d'Echenoz. Si on peut parler d'un style sec, je dirais quand même qu'il y a des passages très drôles (ou j'ai mal compris...). Les tournures, les expressions, soulignent ici l'absurdité, là l'incompréhensible succès de cet homme fort attachant.

Bonne lecture!!!
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Kashima
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MessageSujet: Lac   Dim 10 Mai 2009 - 7:27

Encensé à sa sortie, Courir est pourtant un livre qui ne m'attire pas... Je ne sais pas pourquoi, Zatopek, ça me rebute... Shocked
Mais je me dis qu'il faudra bien lire un jour un Echenoz que tout le monde considère comme un bon auteur.
Lac m'attend.
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MessageSujet: Re: Jean Echenoz   Dim 10 Mai 2009 - 9:07

Pourtant c'est un roman très bien écrit et construit....il se lit facilement et on ne s'y ennuie pas une seconde! Il mérite qu'on s'y arrête.
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MessageSujet: Re: Jean Echenoz   Dim 10 Mai 2009 - 9:55

Chatperlipopette a écrit:
Pourtant c'est un roman très bien écrit et construit....il se lit facilement et on ne s'y ennuie pas une seconde! Il mérite qu'on s'y arrête.

Je n'ai lu qu'un seul Echenoz pour l'instant. Ton avis me tente énormément Chappy. Merci à vous deux (ton homme et toi) pour vos commentaires détaillés. Je suis toujours admirative. Wink
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MessageSujet: Re: Jean Echenoz   Lun 11 Mai 2009 - 16:03

Lac

Présentation de l'éditeur
Franck Chopin n'est pas de ces hommes qui ont eu très tôt un but dans la vie. Nulle vocation chez cet individu sinon celle de vétérinaire, vers dix ans, lorsqu'il aimait tellement soigner les petits mammifères, puis à vingt ans celle de chef de la révolution mondiale (Marx, Engels, Lénine, Chopin) - ensuite plus rien. Ensuite il va faire des études de sciences, qui le ramèneront à s'occuper des animaux - mais son objet d'étude est devenu l'insecte, la mouche plus précisément, qui est un genre qu'on ne soigne pas. Et quatre ou cinq fois dans sa vie, il a disparu deux mois ; comme il connaît peu de personnes, on ne s'est pas trop inquiété.


Franck Chopin, entomologiste spécialisé dans la mouche, est aussi une taupe, à qui l’on fait appel de temps en temps. Il est chargé d'espionner un important homme politique et à cette fin, utilise ses mouches, équipées de micros et qui bien sûr, profitent de la première fenêtre ouverte pour s'envoler et ruiner ainsi tous les efforts de notre espion pas très convainquant.

Une sorte de faux roman d'espionnage à l'humour un peu déroutant.
Différents personnages qu'on n'arrive pas à saisir tout à fait.
Une histoire dont on ne sait où elle nous mène vraiment…

Oui, où allons-nous tout au long de ces pages ? Parce qu'on n'y comprend rien à cette histoire et cela m'a agacée, j'étais même tout près d'abandonner et seul le petit nombre de pages m'a retenue. Ce n'est que vers la fin que je m'y suis retrouvée un peu et que j’ai commencé à l'apprécier, moyennement tout de même. Mais comme je n'aime pas lire à l'aveuglette pratiquement tout un livre, aussi court soit-il, j'ai trouvé cela ennuyeux et lassant, parfois même énervant.

Pourtant, j'ai plutôt aimé le style, ces lieux et ces personnages, souvent originaux, décrits avec désinvolture et son humour un peu à froid, parfois délirant m'a bien plu. Mais tout cela est traité en surface seulement, et c'est là que le bât blesse. Aucune profondeur, un récit plutôt irréel qui laisse dubitatif, une sorte de pastiche de roman d'espionnage, entre deux eaux, qui pourrait être drôle mais qui finalement ne l'est pas vraiment, des personnages trop lisses, dépourvus de sentiments qui ne laissent aucune émotion. Alors, joli style oui, mais bien trop froid, trop méticuleux. A la fin de ce livre, je n'étais pas très certaine de ce que j'avais lu, d'avoir lu même, il m'a laissée un peu avec une sensation de rien.

Pour ces raisons, et malgré un a priori très favorable (grâce notamment aux commentaires enthousiastes d'Aériale), je ne crois pas que je vais continuer l'aventure avec Echenoz. J'ai apprécié, dans une certaine mesure, mais je suis loin d'être emballée. Je ne pense pas que ce soit un auteur pour moi tout simplement ou alors je n'ai pas commencé avec le bon livre.
Personne ne l'a lu ici ? J'aimerais bien connaître votre avis.

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MessageSujet: Re: Jean Echenoz   Lun 11 Mai 2009 - 17:14

Epi a écrit:
Personne ne l'a lu ici ? J'aimerais bien connaître votre avis.
le moment qu'il est sorti en poche, il y a quelques semaines, je me le suis acheté.. mais cela va prendre encore un moment pour la lecture Wink

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MessageSujet: Re: Jean Echenoz   Aujourd'hui à 10:38

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