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 Marina Tsvetaeva

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Babelle
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MessageSujet: Marina Tsvetaeva   Jeu 7 Fév 2008 - 21:35


Vivre dans le feu, de Marina Tsvetaeva, sort en Poche dans la collection Biblio Romans . Il s'agit d'une magnifique autobiographie, composée des textes, lettres, brouillons et carnets de notes que Tzvetan Todorov a rassemblé pour nous.

LES YEUX

Citation :
Deux lueurs rouges — non, des miroirs !
Non, deux ennemis !
Deux cratères séraphins.
Deux cercles noirs

Carbonisés — fumant dans les miroirs
Glacés, sur les trottoirs,
Dans les salles infinies —
Deux cercles polaires.

Terrifiants ! Flammes et ténèbres !
Deux trous noirs.
C'est ainsi que les gamins insomniaques
Crient dans les hôpitaux : — Maman !

Peur et reproche, soupir et amen...
Le geste grandiose...
Sur les draps pétrifiés —
Deux gloires noires.

Alors sachez que les fleuves reviennent,
Que les pierres se souviennent !
Qu'encore encore ils se lèvent
Dans les rayons immenses —

Deux soleils, deux cratères,
— Non, deux diamants !
Les miroirs du gouffre souterrain :
Deux yeux de mort.

30 juin 1921.
Marina Tsvetaeva (1892-1941)
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Marie
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MessageSujet: Re: Marina Tsvetaeva   Ven 8 Fév 2008 - 0:02

Je m'étais déjà plongée dans la vie de Marina Tsvetaeva après avoir lu les lettres du goulag de sa fille, Ariadna Efron. Et viens de recommencer puisque son personnage apparait à plusieurs reprises dans Central Europe.
Je ne manquerai pas Vivre dans le feu, car c'est un personnage assez extraordinaire...

_________________
J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible.
André Comte-Sponville
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LaChose
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MessageSujet: Re: Marina Tsvetaeva   Ven 8 Fév 2008 - 0:21

Marina Tsvetaeva est une poétesse russe née à Moscou en 1892. Souvent considérée comme l'une des quatre plus grands poètes russes du 20e siècle, avec Anna Akhmatova, Osip Mandelstam et Boris Pasternak.

Rainer Maria Rilke l’admirait particulièrement.
Pasternak la décrit comme suit : «Tsvetaeva était une femme à l'âme virile, active, décidée, conquérante, indomptable. Dans sa vie comme dans son oeuvre, elle s'élançait impétueusement, avidement, vers le définitif et le déterminé ; elle alla très loin dans cette voie, et y dépassa tout le monde.. Elle a écrit une grande quantité de choses inconnues chez nous, des oeuvres immenses et pleines de fougues». (Extrait de Anthologie de la poésie russe, nfr, Poésie/Gallimard, éd. 1993).


Citation :
Fille d'un professeur d'université, Marina Tsvetaeva commence à écrire dès l'âge de six ans. Elle en a seize lorsqu'elle voit ses premières poésies publiées : 'Album du soir', 'La Lanterne magique', puis 'Les Versets' et le cycle du 'Camp des cygnes', dans lequel elle glorifie l'héroïsme des 'mouvements blancs'. C'est en 1922 qu'elle part à l'étranger, afin de rejoindre son mari, ancien officier de l'armée blanche. Ils vivent d'abord à Berlin, puis à Prague, où commence sa correspondance avec Boris Parternak, avant de s'installer à Paris. Son sujet de prédilection devient alors la douleur de l'apatride ; elle écrit de longs monologues lyriques et déchirants, tels que 'Poésies pour Bock', 'La séparation', puis 'Le poème de la montagne', 'L' essai d'une chambre'... Elle se consacre également à l'écriture de tragédies à la manière des grecs : 'Ariane', Thésée', ou encore 'Phèdre'. Ses rapports avec l'émigration blanche se détériorent peu à peu et la pauvreté l'oppresse ; elle écrit beaucoup mais n'est pas ou peu publiée. Après s'être dressée contre le fascisme, elle rentre en Russie en 1939. Evacuée avec son fils à Elabuga, en République Tatare, elle s'y suicide par pendaison.

(source Evene)

Citation :
Ô larmes des obsèques,
Cris d'amour impuissants !
Dans les pleurs sont les Tchèques,
L'Espagne est dans le sang.

Comme elle est noire et grande,
La foule des malheurs !
Il est temps que je rende
Mon billet au Seigneur.

Dans ce Bedlam des monstres
Ma vie est inutile;
À vivre je renonce
Parmi les loups des villes.

Hurlez, requins des plaines !
Je jette mon fardeau,
Refusant que m'entraîne
Ce grand courant des dos...

Voir... Non, je ne consens,
Écouter... Pas non plus;
À ce monde dément
J'oppose mon refus !

Paris, 15 mars-11 mai 1939

_________________
Un seigneur au repos tend à se retourner dans sa tombe.
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coline
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MessageSujet: Re: Marina Tsvetaeva   Ven 29 Aoû 2008 - 19:03

MARINA TSVETAEVA
(1892-1941)

Je reprends peut-être certaines choses déjà dites:
Marina Tsvetaeva est un poète russe née à Moscou en 1892.
On a dit qu'elle était l'une des quatre plus grands poètes russes du 20e siècle avec Anna Akhmatova, Osip Mandelstam et Boris Pasternak.

Rainer-Maria Rilke lui écrivit, peu avant sa mort, "nous nous touchons comment? par des coups d'aile" à l'occasion d'une courte et magnifique correspondance .

Pasternak la décrit ainsi :
«Tsvetaeva était une femme à l'âme virile, active, décidée, conquérante, indomptable. Dans sa vie comme dans son oeuvre, elle s'élançait impétueusement, avidement, vers le définif et le déterminé; elle alla très loin dans cette voie, et y dépassa tout le monde. Elle a écrit une grande quantité de choses inconnues chez nous, des oeuvres immenses et pleines de fougues».
(extrait de Anthologie de la poésie russe, nfr, Poésie/Gallimard).

Son œuvre ne fut pas appréciée par Staline et le régime soviétique.
Elle s’exile, notamment à Paris, dans le plus grand dénuement.
En 1939, elle revient avec son fils en Union soviétique. Elle ne peut pas prévoir les horreurs qui l'attendent. Dans la Russie de Staline, toute personne qui a vécu à l'étranger est suspecte.
Sa sœur a été arrêtée.
Efron, son mari et Alia, sa fille, sont arrêtés aussi pour espionnage.
Efron est fusillé en 1941.
Alia passe huit ans en prison.
Tsvetaïeva ne trouve aucun soutien. Elle qui connut les pires difficultés morales et matérielles finit par se pendre le 31 août 1941.

"Elle s'est réfugié dans la mort en fourrant sa tête dans un noeud coulant, comme on la cache sous un oreiller". (Pasternak).

Elle fut réhabilitée en 1955.

Sa réhabilitation littéraire ne commença que dans les années 60.

En 1913, Tsvetaïeva écrivait :

« Éparpillés dans des librairies, gris de poussière,
Ni lus, ni cherchés, ni ouverts, ni vendus,
Mes poèmes seront dégustés comme les vins les plus rares
Quand ils seront vieux. »


Dernière édition par coline le Ven 29 Aoû 2008 - 19:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Marina Tsvetaeva   Ven 29 Aoû 2008 - 19:09

Je remets le poème Les yeux, déjà cité par Babelle, en précisant que Marina Tsvetaeva a dû confier ses deux petites filles à un orphelinat car elle ne pouvait les nourrir.
La plus petite, Irina, y est morte de faim au bout de quelques semaines.
Mariana a retiré Allia, la plus grande, et l'a gardée avec elle.

LES YEUX

Deux lueurs rouges — non, des miroirs !
Non, deux ennemis !
Deux cratères séraphins.
Deux cercles noirs

Carbonisés — fumant dans les miroirs
Glacés, sur les trottoirs,
Dans les salles infinies —
Deux cercles polaires.

Terrifiants ! Flammes et ténèbres !
Deux trous noirs.
C'est ainsi que les gamins insomniaques
Crient dans les hôpitaux : — Maman !

Peur et reproche, soupir et amen...
Le geste grandiose...
Sur les draps pétrifiés —
Deux gloires noires.

Alors sachez que les fleuves reviennent,
Que les pierres se souviennent !
Qu'encore encore ils se lèvent
Dans les rayons immenses —

Deux soleils, deux cratères,
— Non, deux diamants !
Les miroirs du gouffre souterrain :
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30 juin 1921.
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MessageSujet: Re: Marina Tsvetaeva   Ven 29 Aoû 2008 - 19:10

Ah! les vains regrets de ma terre,
M'ont révélé tous leurs secrets !
Je suis, en tout lieu, solitaire,
Peu m'importe où je dois errer...

Portant mon sac, je rentre encore
Du marché le long des bâtisses,
Vers une maison qui m'ignore
Comme une caserne, un hospice...

Mais peu m'importe de connaître,
Pauvre lionne hérissée,
Tous les milieux d'où je vais être
Infailliblement évincée.

N'étant plus de ma langue éprise,
Et sourde à son appel lacté,
Ne pouvant plus être comprise,
Je vois des mots la vanité.

Ma voix montant du fond des âges,
Tu ne liras pas mes feuillets,
Lecteur de pages et de pages,
Lecteur de tonnes de papier !

L'arbre qui, seul, pousse à l'écart
Ne rejoindra l'allée jamais,
Et rien ne peut plus m'émouvoir
De ce que j'ai le plus aimé.
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MessageSujet: Re: Marina Tsvetaeva   Ven 29 Aoû 2008 - 19:13

A son ami Boris Pasternak:


Dis-tance : des verstes, des milliers...
On nous a dis-persés, dé-liés,
Pour qu'on se tienne bien : trans-plantés
Sur la terre à deux extrémités.

Dis-tance : des verstes, des espaces...
On nous a dessoudés, déplacés,
Disjoint les bras — deux crucifixions,
Ne sachant que c'était la fusion

De talents et de tendons noués...
Non désaccordés : déshonorés,
Désordonnés...
Mur et trou de glaise.
Écartés on nous a, tels deux aigles —

Conjurés : des verstes, des espaces...
Non décomposés : dépaysés.
Aux gîtes perdus de la planète
Déposés — deux orphelins qu'on jette !

Quel mois de mars, non mais quelle date ?!
Nous a défaits, tel un jeu de cartes !

(24 mars 1925)
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MessageSujet: Re: Marina Tsvetaeva   Ven 29 Aoû 2008 - 19:15

En 1915, elle écrit :

« Je connais la vérité -- abandonnez toutes les autres vérités !
Il n'y a plus besoin pour personne sur terre de lutter.
Regardez -- c'est le soir, regardez, il fait presque nuit :
de quoi parlez-vous, de poètes, d'amants, de généraux ?

Le vent s'est calmé, la terre est humide de rosée,
la tempête d'étoiles dans le ciel va s'arrêter.
Et bientôt chacun d'entre nous va dormir sous la terre, nous
qui n'avons jamais laissé les autres dormir dessus. »
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MessageSujet: Re: Marina Tsvetaeva   Ven 29 Aoû 2008 - 19:19

"Il n'a pas retenti de voix plus passionnée que la sienne" (Joseph Brodsky).
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MessageSujet: Re: Marina Tsvetaeva   Ven 29 Aoû 2008 - 19:22

ÉLÉGIE À MARINA TSVETAÏEVA
(poème de Rilke pour Marina)
Traduction Gil Pressnitzer, Esprits nomades


Marina, toutes ces pertes dans le grand tout, toutes ces chutes d’étoiles
Nous pouvons partout nous jeter, quelque que soit l’étoile,
nous ne pouvons l’accroître !
Dans le grand tout les comptes sont fermés.

Ainsi qui tombe ne diminue pas le chiffre sacré.
Toute chute qui renonce choit dans l’origine et, là, guérit.
Tout ne serait donc que jeu, métamorphose du semblable, transfert
Jamais un nom nulle part, le moindre gain pour soi-même

Nous, vagues Marina, et mer nous sommes !
Nous profondeurs, et ciel nous sommes !
Nous terre, Marina, et printemps mille fois,

Ces alouettes lancées dans l’invisible par l’irruption du chant
Nous l’entonons avec joie, et déjà il nous a dépassé
et soudain notre pesanteur rabat le chant en plainte...
Rien n'est à nous. A peine si nous posons notre main autour
du cou des fleurs non cueillies.

Ah déjà si loin emportés, Marina, si ailleurs, même sous la plus fervente raison.
Faiseurs de signes, rien de plus.
Cette tache légère, quand l'un de nous ne le supporte plus et se décide à prendre, se venge et tue.
Qu'elle ait pouvoir de mort, en effet, nous l'avions tous compris à voir, sa retenue, sa tendresse
et la force étrange qui fait de nous vivants des survivants...
Les amants ne devraient, Marina, ne doivent pas en savoir trop sur leur déclin. Ils doivent être neufs.
Leur tombe seule est vieille, leur tombe seule se souvient, s’obscurcissant sous l’arbre qui pleure, se souvient du « à jamais ».
Leur tombe seule se brise ;...
nous sommes devenus pleins comme le disque de la lune.
Même à la phase décroissante, ou aux semaines du changement,
nul qui puisse nous rendre à la plénitude, sinon nos pas solitaires, au-dessus du paysage sans sommeil.
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MessageSujet: Re: Marina Tsvetaeva   Mar 2 Sep 2008 - 14:52

VIVRE DANS LE FEU (Confessions)
Marina Tsvetaeva

Cet ouvrage ressemble à une autobiographie. Mais c’est Tzvetan Todorov qui, pour la construire, a sélectionné les passages dans dix tomes d’écrits intimes (lettres, brouillons, carnets) de Marina Tsvetaeva publiés en russe.

Sept cents pages d’extraits pour connaître Marina Tsvetaeva, son talent d’auteur, sa personnalité et son destin tragique (famine, misère, exil, solitude…jusqu’au suicide).

Je voudrais vous dire le caractère rare d’une œuvre comme celle-là et vous enjoindre à ne pas passer à côté…Cela aurait pu m’arriver…Une rencontre rapide avec Tzvetan Todorov m’a convaincue de l’importance de ces confessions...

Comment mieux présenter ce livre magnifique qu’en citant de larges extraits qui, je l’espère, vous donneront envie de (re)découvrir Marina Tsvetaeva, l’une des plus grands poètes russes du XXième siècle.

J’ai essayé de regrouper quelques extraits pris dans Vivre dans le feu. Ils me semblent révélateurs de la personnalité, de l’œuvre et de l’histoire de cette poétesse magnifique par son caractère passionné, éprise d’absolu et sacrifiée par l’Histoire.
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MessageSujet: Re: Marina Tsvetaeva   Mar 2 Sep 2008 - 14:55

Lors de la révolution d'octobre, Marina ne prend parti ni pour les Rouges ni pour les Blancs, elle voit des deux côtés la violence et la souffrance. Toute sa vie, elle ne voudra se mêler de politique. Rouges et Blancs vont le lui reprocher : elle n’est aimée ni des uns ni des autres.

« De gauche comme de droite
Sillons ensanglantés
Et chaque blessure :
Maman !

Et moi, enivrée, je n’entends que cela,
Des entrailles- aux entrailles :
Maman !

Tous couchés côte à côte
On ne saurait les séparer.
Regardez : un soldat.
Où est le nôtre, où est le leur ?


Il était blanc- il est rouge :
Le sang l’a empourpré.
Il était rouge – il est blanc :

La mort l’a blanchi. »

« Pour tout dire, j’ai toujours été étrangère, toute ma vie, à tout cercle. Parmi les politiques comme parmi les poètes. Mon cercle – le cercle de l’univers (celui de l’âme, c’est la même chose) et le cercle de l’homme, de son humaine solitude, de son isolement. »

« Les gens vous pardonnent tout, sauf de vous tenir à l’écart. »
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MessageSujet: Re: Marina Tsvetaeva   Mar 2 Sep 2008 - 14:59

La misère s’installe dans le pays et dans la vie de Mariana. Elle a deux fillettes et ne peut les nourrir. Elle les confie à un orphelinat sordide. L’aînée, Alia, qu’elle préfère, tombe malade et Mariana la sort de là. Pendant ce temps, la plus jeune, Irina, plus fragile, psychologiquement et physiquement, meurt de faim à l’orphelinat en quelques semaines :

« Irina ! Si le ciel existe, tu es au ciel, comprends et pardonne-moi, moi qui ai été pour toi une mauvaise mère qui n’a pas su surmonter son aversion envers ta sombre et incompréhensible nature. – Pourquoi es-tu venue sur terre ?- Connaître la faim – chanter « Aïe doudou… » marcher sur le lit, secouer les barreaux, te balancer, essuyer des rebuffades…
Etrange, incompréhensible – mystérieuse créature, étrangère à tous, n’aimant personne – avec des yeux si magnifiques ! – et une robe si horrible ! »


« Histoire de la vie et de la mort d’Irina :
Comment il n’y eut plus assez d’amour pour un seul petit enfant au monde.
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MessageSujet: Re: Marina Tsvetaeva   Mar 2 Sep 2008 - 15:01

Mariana va choisir l’exil. D'abord à Prague puis en France ...Mais elle ressent fortement l'hostilité de l'émigration russe :

« Je m’entends mal avec l’émigration russe, je ne vis que dans mes cahiers- et mes dettes.[…] Je suis absolument seule dans la vie, et dans le travail »

« A l’étranger, « la Russe », en Russie, « L’étrangère ».

« Dans l’émigration, tout relève des partis, moi je n’appartiens à aucun. "


Son mari, contrairement à elle, a toujours un engagement politique…dont elle fera aussi les frais. D’abord du côté des Blancs, puis plus tard dans l’autre camp.
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MessageSujet: Re: Marina Tsvetaeva   Mar 2 Sep 2008 - 15:03

Seule, en exil, avec sa fille Alia, et aussi son fils Mour, elle lutte au quotidien contre la misère et l’isolement, tout en se battant pour trouver encore le moyen d’écrire. Des vers qui laissent tout le monde indifférent :

« Ainsi je suis ici sans lecteurs, et en Russie, sans livres. »

« Personne n’a besoin de moi ; personne n’a besoin de mon feu, qui n’est pas pour faire cuire de la bouillie. »

« Absence totale de gens qui aiment mes vers, leur absence dans ma vie de tous les jours : personne à qui les lire, personne à qui demander, personne avec qui se réjouir. Tout le monde (peu de monde) est occupé – d’autre chose. Effroyable solitude créatrice. »
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