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 Existe-il des spécificités nationales en littérature ?

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MessageSujet: Re: Existe-il des spécificités nationales en littérature ?   Mer 28 Sep 2011 - 10:33

topocl a écrit:
N'y a-t-il vraiment pas de littérature américaine intime et introspective ?

Ces livres sont souvent intimistes et introspectifs puisqu'ils analysent généralement un malaise de l'individu. Mais, contrairement à la plupart des romans franco-franchouilles, il s'agit un malaise qui trouve sa source dans l'appartenance (ou la non-appartenance) au Groupe (familial, social etc). La notion de groupe est fondamentale dans la vie sociale et la culture américaines.
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darkanny
Zen littéraire
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MessageSujet: Re: Existe-il des spécificités nationales en littérature ?   Mer 28 Sep 2011 - 12:26

shanidar a écrit:
darkanny a écrit:
Tu as raison pour Winckler
Marie N'Diaye échappe aussi à cette tendance


à noter que Winckler vit au Canada et N'Diaye en Allemagne, ce qui explique peut-être un peu cela ! Et puis, Queenie souligne l'importance de la forme dans la littérature contemporaine française, héritage, à mon sens, évident du Nouveau Roman et de l'enseignement universitaire en lettres des années 90 (structuralisme par ci, structuralisme par là... il était à l'époque impossible d'y échapper, on ne lisait plus les oeuvres, on les découpait comme du jambon et il fallait absolument s'abstenir de toute psychologie et s'en tenir au texte). Quant à l'introspection, le maître incontesté du genre est Montaigne (et pas Angot ! ah ah), avec cette faculté d'ouvrir le Moi à la conscience de l'autre, du différend, de l'étranger, alors que les écritures du moi contemporaines en restent en effet bien souvent au nombril ; mais j'ai l'impression qu'on a tout de même une bonne évolution du roman français vers l'extérieur (Enard, Hesse, Message...).

Oui c'est une explication mais je rejoins aussi nezumi sur cette idée d'appartenance au groupe dans la société américaine, il n'y a qu'à voir ces espèces de communautés de familles qui "sévissent" dans les banlieues middle class (la banlieue chez nous a une toute autre connotation sociale) où le moindre individu célibataire est aussitôt pris pour quelqu'un de pas franchement fréquentable.
L'individu existe au sein du groupe et son histoire s'imbrique dans celle du groupe.

Cela dit je tenterai un des trois auteurs que tu cites
....veux pas rester bête
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odrey
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MessageSujet: (introspection)   Mer 28 Sep 2011 - 19:39

j'ai une amie qui vit aux Etats-Unis depuis plus de 12 ans et qui me disait que son mari est Italo-Américain. Moi, naïve, je lui demande s'il parle italien. Non, pas plus que ses parents ou grand-parents. En fait c'est leurs ancêtres qui ont débarqué il y a plus de 200 ans qui justifie ce rattachements à l’Italie. Avoir des origines italiennes, pour eux, ça se résume à foutre de la bolo dans les pâtes (en encore) et à affirmer son appartenance à un groupe.
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Queenie
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MessageSujet: Re: Existe-il des spécificités nationales en littérature ?   Mer 28 Sep 2011 - 22:36

[Fusion des messages sur la différence entre les livres américains et les français, rapport notamment à l'introspection, sur ce fil]

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Theo
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MessageSujet: Re: Existe-il des spécificités nationales en littérature ?   Mer 28 Sep 2011 - 23:17

Queenie a écrit:
Ce que je voulais dire, surtout, c'est qu'en France, les auteurs ont l'air de plus être à l'aise dans les romans à personnage unique, avec pas vraiment d'histoire, pas vraiment de temps, avec beaucoup de réflexion sur soi, et soi dans le monde.
Mais c'est juste une sensation, à partir de quelques expériences de lecture, ce n'est pas du tout réfléchit et soupesé.


oui c'est une tendance qui est née avec le nouveau roman il me semble.

Pour les Etats-Unis, c'est peut-être la pression sociale, les modèles imposés par la société consumériste qui poussent les écrivains à parler de la place de l'individu dans le groupe. Mais il me semble que ça dépend des époques, c'est peut-être pas si net que ça. L'Attrape-coeurs, le roman qui est le plus lu au Etats-Unis, est plutôt "intimiste" je trouve.
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animal
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MessageSujet: Re: Existe-il des spécificités nationales en littérature ?   Mer 28 Sep 2011 - 23:28

Queenie a écrit:
darkanny a écrit:
topocl a écrit:
(litterature américaine+ famille+"entre hilarité et désespoir"= miam miam!)

Pareil
Pourquoi les auteurs français n'arrivent ils pas à imprimer le même souffle (que Franzen, Russo, Yates ou Wolfe etc....) sur un thème approchant ?

Parce que nous on est pro du MoiJe Mon Nombril a mal à l'âme en bleu. Le temps, la déambulation, l'introspection.
On ne peut pas tout avoir.
En même temps, c'est bien cette richesse et diversité.
La déambulation donne l'impression d'être un ingrédient (pour le peu que je lis de contemporain), l'introspection aussi avec parfois la béquille d'une émotion facile pour légitimer le résultat. Les us ont aussi de la recette. pas lu les derniers et je ne suis pas spécialiste de ces auteurs (ni d'aucun d'ailleurs) mais Roth et Auster par exemple jouent sur une même catégorie de personnage de vieux tombeur intello qui vieillit. Plus que l'écriture se sont certaines réflexions qui vont rester peut-être... pourtant ça marche aussi avec l'anglais/américain la belle langue. Mais comme indirectement relaté sur je ne sais plus quel fil, les différences de langues avec un anglais écrit plus proche d'un anglais parlé que ne le sont leurs vis à vis français ça change les souffles. Et finalement la déambulation en tant que thème (avec sa part d'introspection, moins limitante) est souvent intimement liée au souffle... souffle qui peut être plus brut qu'une écriture très travaillée, m'enfin...

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Je suis snob, j'ai lu un Mickey Spillane.
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Existe-il des spécificités nationales en littérature ?   Jeu 29 Sep 2011 - 8:58

Je reprends le propos de Shanidar :

Citation :
Quant à l'introspection, le maître incontesté du genre est Montaigne (et pas Angot ! ah ah), avec cette faculté d'ouvrir le Moi à la conscience de l'autre, du différend [sic!], de l'étranger, alors que les écritures du moi contemporaines en restent en effet bien souvent au nombril

Pour la troisième fois depuis le début de mes études universitaires, Montaigne aura été abordé dans le cadre de mes études universitaires et même dans un ancrage "québécois". Cette session-ci, l'essai reprend du galon dans mes cours. Donc, Montaigne aura non seulement fondé l'introspection, un nouveau genre d'écriture et la forme de l'essai, il est aussi innovateur d'un langage littéraire qui se démode peu pour autant qu'il soit adapté à l'usage de la langue du jour.

Parler de littérature américaine vis-à-vis de la française et des spécificités nationales en général, je dirai que je plaide pour la notion de littérature mineure telle qu'avancée par le duo Deleuze-Guattari, Kafka étant utilisé comme cas-type. La littérature québécoise, quant à elle, s'est tracée une voie mitoyenne entre la littérature mineure vis-à-vis de la littérature française, du continent américain et la «transcendance» du métissage des cultures de l'américanité, ce qui ressort tout à fait du voisin états-unien. Néanmoins, le Québec a également trouvé certaines influences du côté de l'Europe et d'un courant plus oriental. La littérature québécoise s'est constituée autre et en a formé une spécificité littéraire qui s'en est enrichie d'autant.

Entre les Yann Martel et les Victor-Lévy Beaulieu de ce monde, je plaide pour une littérature qui s'est constituée à part. Est-elle nécessairement d'expression française? Il faudrait regarder de plus loin nos horizons de lecture. Le français demeure prégnant dans nos consciences et il n'en constitue pas moins une entité fantomatique... Beaucoup d'écrivains québécois des années 1960, 70 et plus tard s'identifient à la figure de Jack Kerouac, ce frère canadien-français perdu aux États.

Dans notre contrée, les figures imposantes de Réjean Ducharme, Michel Tremblay, Marie-Claire Blais, Hubert Aquin, Gaston Miron, Jacques Poulin, Anne Hébert, Hector de Saint-Denys Garneau, Nelly Arcan, Dany Laferrière et autres Louis Hamelin font en sorte que la littérature québécoise reste mésestimée. Je ne peux la considérer canadienne que dans la mesure où les premiers Canadiens furent les descendants de la Nouvelle-France. Bien sûr, au Canada tout comme aux États-Unis et au Québec de date encore récente, l'immigration métisse plusieurs cultures et ce, pour le meilleur comme pour une certaine perte ancienne de spécificité en cours de route... Nous pourrions remettre en cause un certain héritage consumériste et individualiste... néanmoins la littérature migrante du Québec a constitué une influence prépondérante dans le patrimoine de nos oeuvres littéraires. Les immigrants du Canada anglais ont peu à voir avec les immigrants francisés du Québec. L'appartenance au Canada pourrait subsister, néanmoins la marque d'un patrimoine national québécois reste encore présente. C'est pourquoi je prends fait et cause pour les littératures nationales.

Chaque écrivain a son propre univers particulier. Néanmoins, il ne peut faire abstraction de son expérience en matière de contact avec les langues dans lesquelles il baigne, les habitudes culturelles et l'histoire de sa contrée... il y a certaines adversités en ce monde, toutefois le naturel revient au galop et la patrie prend certains traits. Être Sourd comme écrivain pourrait faire en sorte que je soie apatride, ce serait toutefois renier l'importance du patrimoine culturel et national acquis.
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