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 Vladimir Nabokov

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odrey
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MessageSujet: Re: Vladimir Nabokov   Sam 30 Jan 2010 - 13:31

La méprise

Écrit en russe durant l'exil en allemagne de Vladimir Nabokov, Otchayanie (Désespoir) parait sous forme de feuilleton en 1934. L'auteur traduira lui-même son roman en anglais et c'est encore lui qui choisira le titre (La méprise) de la version française. Le roman sera remanié plusieurs fois au gré des différentes traductions que fera Nabokov.

Hermann, le narrateur, est un exilé russe qui vit à Berlin où il travaille dans une fabrique de chocolat. Lors d'un voyage d'affaire, il découvre un pauvre hère endormi sous un buisson qui lui ressemble étonnamment. Cet homme, Felix, est jugé stupide par Hermann mais celui-ci pressent que cette rencontre est tout à fait extraordinaire. Hermann est un personnage peu sympathique, imbu de lui-même, mythomane et manipulateur. Il n' a que mépris pour les gens qui l'entourent, sa femme compris. Et Felix, ce vagabon, va lui aussi devenir le rouage du plan "génial" qu'Hermann à fomenté. Celui-ci ne doute de rien, persuadé qu'il est d'avoir eu l'idée du siècle.

Coup de maître pour Nabokov. La méprise est un roman bien huilé où il balade le lecteur, non sans une certaine ironie. Nabokov considéraient Hermann et Humbert Humbert (le narrateur de Lolita) comme deux facettes possibles d'un même personnage. Deux êtres prisonniers de leur folie. A la différence près que jamais Hermann ne suscite d'empathie chez le lecteur. Au contraire, il est plutôt tourné en ridicule. La question pour le lecteur est de savoir dans quel désastre Hermann va se fourvoyer. Alors que même à posteriori, celui-ci est persuadé d'avoir eu raison. Nabokov s'est toujours défendu de se préoccuper de la psychologie de ses personnages. Et pourtant, il réussi a les rendre particulièrement crédibles. La méprise en est un exemple frappant. N'oublions pas de souligner que le style, quoique pas complètement abouti, est tout de même très maitrisé.
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shanidar
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MessageSujet: Re: Vladimir Nabokov   Mer 28 Avr 2010 - 17:22

La Méprise

Je vous épargne le résumé, Odrey en a posté un très complet.

Jubilatoire est le premier mot qui me vient à l'esprit, une fois refermé ce roman. Intelligent. Drôle. Enervant, sont les suivants.
Enervant parce que l'intervention incessante du narrateur est un peu troublante au début du livre mais elle est pleinement justifiée par la suite et ce roman se lit comme un policier. Qu'est-il arrivé à Hermann ? Qu'a-t-il fait pour que sa machination tombe à l'eau ? Où se cache la méprise ? La narration est bien tenue, les personnages sont extraordinairement bien décrits, la précision des détails, la légère ironie du narrateur, le regard décalé qu'il porte sur lui-même, distille une atmosphère pleine d'humour et de rebondissements.
Je ne croyais pas aimé autant ce livre et le traitement du thème du double et du miroir (chers à Dosto ou Aragon) est ici totalement maîtrisé entre jeu et mensonge, mégalomanie et fourvoiement.
L'intérêt de ce roman est sans doute de ne jamais rien révéler de l'intrigue, le lecteur avance dans l'obscurité et il n'a l'écho que d'une seule voix, celle du narrateur et personnage principal. D'emblée celui-ci nous dit qu'il est un menteur professionnel, un acteur et qu'il raconte à tous des histoires... mais de là à inventer ce que Hermann invente...
Surtout ce livre me donne envie de retourner vers Nabokov (car le souvenir que j'ai de Lolita est assez loin) et de m'arrêter plus longuement sur l'oeuvre d'un homme aussi... fou (?).
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kenavo
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MessageSujet: Re: Vladimir Nabokov   Mer 28 Avr 2010 - 17:35

shanidar a écrit:
et de m'arrêter plus longuement sur l'oeuvre d'un homme aussi... fou (?).
je pense que je l'ai déjà dit sur ce fil - mais il y a cette sublime édition de ses nouvelles complètes - qui vient d'ailleurs d'être publié récemment sous cette forme (couverture de Staël drunken )



et qui est un bijou coeur

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darkanny
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MessageSujet: Re: Vladimir Nabokov   Mer 28 Avr 2010 - 17:38

Oui c'est mon prochain achat , après les 2 perles que sont "Lolita " et "L'exploit" , je ne vais pas m'en priver.
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kenavo
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MessageSujet: Re: Vladimir Nabokov   Mer 28 Avr 2010 - 18:35

darkanny a écrit:
je ne vais pas m'en priver.
ah oui.. -presque- chacune en vaut un commentaire élogieux.. en tout cas une lecture que je ne peux que recommander Very Happy

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coline
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MessageSujet: Re: Vladimir Nabokov   Mer 28 Avr 2010 - 22:54

kenavo a écrit:
C'est grâce à Coline que je les ai découverts - et je me suis permis de les acheter dans cette sublime édition complète - qui est non seulement merveilleusement édité chronologiquement (et surtout complète) mais aussi avec de très bons commentaires utiles pour presque chaque nouvelle en annexe


Je reprends ce post de Kenavo car, pour les amateurs de Nabokov, il y a de quoi se régaler avec ce recueilde nouvelles...et pendant de longues heures de lecture...
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Marko
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MessageSujet: Re: Vladimir Nabokov   Jeu 29 Avr 2010 - 0:47

coline a écrit:
Je reprends ce post de Kenavo car, pour les amateurs de Nabokov, il y a de quoi se régaler avec ce recueilde nouvelles...et pendant de longues heures de lecture...

Je reprends goût aux nouvelles depuis Andreïev et je ne connais pas celles de Nabokov ni celles de Boulgakov dont on m'a dit beaucoup de bien aussi récemment.

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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Orientale
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MessageSujet: Re: Vladimir Nabokov   Ven 30 Avr 2010 - 12:12

Personne n'a parle du roman "Don" de Nabokov?

“Don” est n'est moins brilliant que ses autres romans . L’auteur se limite a raconter quelques annees de la vie à Berlin (les annees 20) d'un jeune émigré russe, Fiodor Godounov-Tcherdyntsev, jeune ecrivain, plutot debutant dans la creation litteraire. Jeune, fort, en bonne sante, possedant un grand potentiel intellectuel. Il gagne son pain en donnan des cours ou publiant dans des petits journaux des poemes nostaligiques sur son enfance. Optimiste, il ne se oucie ni de de la pauvrete, ni de l’avenir imprevisible, au contraire – il voit partiot – dans les pysages, dansles conversations, dans ses reves des signes precurseurs de bonheur dans son activite d’ecrivain et dans l’ amour.
La composotion du roman – tres specifique – chacune des cinq chapitre presente soit des faits reel de la vie de fiodor, soit ses reves. Dansle 1er hcpitre, p.ex., il est ennuyes des reunions des emigres et son seul idole, c’est le poete Kontcheev, mais il ne le « contacte » que dans son immagination - discutes, balades en pensee.
C’est dans ce 1er chapitre qu’est ebauche le sujet du « don » que le roman porte comme titre – en demenageant, Tcherdyntsev oublie la cle de son nouveau logement et la proprietaire ne le laisse pas y entrer. Alors, il est trouve un autre ou il fait connaissance de son futur amour – Zina – personnage tres interesant, moquer, avec beaucoup d’humour, instruite.
Je ne vais pas raconter tout le roman.
Vladimir Nabokov affirme que la véritable héroïne du "Don" est la littérature russe. Jouant en virtuose d'une parodie soi ironique, soit passionnée, Nabokov convoque dans les pages de son roman les ombres de ses grands devanciers - Pouchkine, Gogol et Tourgueniev en tête. Il leur emprunte son style éblouissant - ou pour mieux dire ses styles éblouissants - car "Le Don" change continuellement destyle: lyrique, bucolique, satirique... Exploitant avec adresse la veine comique que lui offre les maladresses de son jeune héros - maladresses pourtant émouvantes aussi - ou l'invraisemblable pédanterie de certains de ses comparses du petit cénacle littéraire russe de Berlin ou l'extraordinaire personnage de Tchernychevski.
Tcherdyntsev ecrit un roman sur Tchernichevski et c’est le noyau philosophique du roman.
A la fin, il est encore question de la cle, toujours un don du destin.
Mais j’arrete la.
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shanidar
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MessageSujet: Re: Vladimir Nabokov   Lun 28 Mar 2011 - 10:59

La défense Loujine (à compléter avec le post d'Arabella en page 2)

J'aime Nabokov, je trouve cet écrivain brillant, intelligent et drôle. Une petite pointe d'humour, un léger décalage entre l'espérance et la réalité et voilà que l'auteur se glisse dans l'interstice pour évoquer l'enfance bancale d'un Loujine sans vigueur. Oui, Loujine est un enfant à part, mis de côté, sur la réserve, assis sur un tas de bûches dont il copie l'immobilité pour éviter les sarcasmes des autres. L'école a toujours fait souffrir et grandir aussi. Alors ? Alors notre héros tout mou, va découvrir qu'il peut ne plus exister quand il s'adonne au jeu des échecs. Il va devenir un maître dans cet art difficile, qui mobilise toute sa vigueur. Le reste... le reste ne compte pas dans l'univers de ce personnage blafard, laid, adipeux, morose, indifférent à tout sauf... sauf à cette jeune femme qui entre dans sa vie et va tenter de le sauver des échecs, car le jeu épuise Loujine.

On trouve dans La défense Loujine cette vieille Russie et le portrait d'une société d'émigrés, apatrides berlinois qui s'ennuient et vivent entre villes d'eau et hivers infinis. On trouve le portrait d'un homme qui oscille entre absence totale, vide sidéral, a-culturalisme, indifférence à tout ; insensible au monde, introverti, uniquement pris par la passion mortifère pour les échecs. Echecs, échecs... la folie rôde, la société est perçue à travers un prisme embrumé, une écriture en tâtonnement, aveugle, intériorisée, brouillardeuse... Parfois le lecteur a envie de secouer Loujine, de le forcer à ouvrir les yeux, voir la femme qui l'aime tenter de le sauver, tout faire pour l'accrocher à la vie et pourtant on éprouve quand même de l'empathie pour cet être dénué de vie.

Ce qui est frappant c'est de voir à quel point le roman est à l'inverse du personnage. Tirant de la pire banalité des résonnances surprenantes, cherchant malgré la laideur, l'apathie de Loujine à créer une étincelle dans la nuit, Nabokov réalise un pied de nez à l'ennui, à l'avachissement. Sans doute moins enlevé que La Méprise, La défense Loujine par sa mise en scène à damier est un livre fascinant.

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colimasson
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MessageSujet: Re: Vladimir Nabokov   Mar 7 Juin 2011 - 9:35

Lolita (1955) de Vladimir Nabokov


Je n’aurais sans doute jamais tenu ce livre entre mes mains si je n’avais pas vu l’adaptation réalisée par Kubrick. Merci donc Kubrick.

Dans le premier cas, j’avais aimé l’adaptation cinématographique pour le traitement dont elle avait été l’objet et pour la verve des personnages, notamment celle de l’écrivain Quilty. Je ne reviendrais pas sur ce film dont j’ai déjà parlé, mais Quilty y jouait un rôle important et sans lui, le film aurait perdu en saveur.

Dans le livre de Nabokov, très peu de Quilty. On en entend parler, à une ou deux reprises, mais toujours de manière très brève. Pourtant, je n’ai pas trouvé ce manque dommageable. La verve qui était sienne et que j’appréciais tant dans le film se retrouve en effet dans toute l’œuvre que constitue Lolita.
Le style de Nabokov est vraiment particulier. Le vocabulaire est riche, original, les phrases sont longues et parfois complexes, traduisant les déambulations qu’emprunte l’esprit d’Humbert lorsqu’il s’emballe, lorsque sa manie l’envahit et écrase totalement l’homme de raison qu’il essaie d’être au quotidien.

« La voiture s’était à peine immobilisée que Lolita se coula littéralement dans mes bras. Hésitant, n’osant pas me laisser aller –ne me risquant même pas à me dire que cela (cette délicieuse moiteur et ce feu vacillant) était en fait le début de la vie ineffable qu’avec l’assistance efficace du destin j’étais parvenu à engendrer-, n’osant même pas l’embrasser vraiment, j’effleurai ses lèvres brûlantes, ouvrant les miennes avec une piété extrême, buvant à petites gorgées, rien de salace ; mais elle, frétillant d’impatience, pressa sa bouche si fort contre la mienne que je sentis ses grandes dents de devant et partageai le goût de peppermint qui imprégnait sa salive. Je savais, bien sûr, que ce n’était qu’un jeu innocent de sa part, que la pitrerie d’une jouvencelle tentant d’imiter quelque simulacre d’idylle feinte, et comme (ainsi que vous le dire le psychothérapeute, aussi bien d’ailleurs que le violeur psychopathe) les limites et les règles de ces jeux de petite fille sont fluides, ou en tout cas trop puériles et trop subtiles pour que le partenaire adulte les comprenne –j’avais affreusement peur d’aller trop loin et de la voir se raviser en un sursaut de répulsion et d’effroi. »

Comme Kubrick, tout en suggestions, il essaie de confier au lecteur la naturelle réelle de la relation qui le lie à Lolita, et tant pis si ses propos ne sont jamais très clairs. C’est ce qui contribue au mystère et ce qui fonde l’érotisme même de son œuvre. Mais en parlant d’érotisme, rien de folichon dans ce livre. La chair y est même bien triste.

« Tout était prêt maintenant. Les corpuscules de Krause commençaient à entrer dans leur phase de frénésie. La moindre pression allait suffire à donner le branle au paradis tout entier. Je n’étais plus Humbert le Roquet, ce corniaud aux yeux tristes étreignant la botte qui allait bientôt le flanquer dehors. Je ne craignais plus les tribulations du ridicule, les contingences du châtiment. Dans ce sérail de mon cru, j’étais un Turc robuste et radieux, pleinement conscient de sa liberté, différant délibérément le moment de jouir enfin de la plus jeune et de la plus frêle de ses esclaves. Suspendu au bord de cet abîme de volupté (un chef-d’œuvre d’harmonie physiologique comparable à certaines techniques artistiques) je continuais de répéter au hasard certains mots après elle –barmen, alarmante, ma charmante, ma carmen, a-men, aha-ah-men- comme quelqu’un qui cause et rit dans son sommeil, tandis que ma main ravie remontait lentement le long de sa jambe ensoleillée aussi loin que le permettait l’ombre de la décence. »

Au-delà de cette histoire d’amour univoque et très peu conventionnelle, Nabokov nous permet de réfléchir à ce que nos sociétés considèrent habituellement comme étant le bien ou le mal, et nous ouvre au point de vue très particulier de ce qu’on pourrait appeler « un pédophile » (mais ici, le terme convient-il vraiment à Humbert ? Atteint-il vraiment la pédophilie, puisqu’il essaie de préserver la virginité de Lolita, ou la dépasse-t-il au contraire, puisqu’il envahit sa vie, la poussant même jusqu’à la fugue comme dernier échappatoire ?).
Nabokov nous permet d’entrer dans toute la complexité d’une psychologie. Tout ce que l’on considère comme bassement animal peut également s’accompagner d’une érudition rare. On pourrait presque croire que Nabokov est du côté de son personnage, mais les derniers chapitres, d’une lucidité et d’une cruauté frappantes, nous laissent réviser notre jugement.

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MessageSujet: Re: Vladimir Nabokov   Mar 7 Juin 2011 - 14:06

Je n'ai lu qu'ADA" (lecture qui m'a paru difficile dans le chapitre consacré à Aqua, mais cet auteur a su m'apprivoiser sourire )

j'ai relu l'ensemble du fil et vos commentaires et je sais que je lirai encore Nabokov

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MessageSujet: Re: Vladimir Nabokov   Mar 7 Juin 2011 - 21:52

Ada m'attend dans ma PAL...
J'ai hâte de découvrir ce livre qui est considéré comme le chef d'oeuvre de Nabokov. content

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shanidar
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MessageSujet: Re: Vladimir Nabokov   Lun 19 Aoû 2013 - 10:49

Machenka

Premier roman de Vladimir Nabokov, écrit en russe, publié à Berlin, où il vit en exil, en 1926.
Dans une rapide préface, Nabokov pointe les erreurs de jeunesse de ce premier récit (son aspect autobiographique en particulier), mais il insiste sur le fait que se trouve déjà en germe ici, ce qui fera l'œuvre complète de l'auteur.
Habitué à réécrire ses livres quand il les traduit en anglais ou en français, Nabokov souligne qu'il n'a rien voulu changer à Machenka (en dehors de détails incompréhensibles pour des lecteurs non-russes émigrés).
Il a voulu garder ce roman vierge de correction, tout comme il semble vouer une profonde tendresse à ce premier récit, qui nous raconte l'histoire de son premier amour.

Ganine est un jeune russe, émigré à Berlin, cherchant à rejoindre Paris. Il vit dans une pension où se retrouve une faune hétéroclite de russes plus ou moins pauvres et esseulés.
Comme souvent chez Nabokov, son héros n'a pas grand chose de séduisant : apathique, dépressif, souvent grossier et surtout très malheureux, Ganine découvre que son voisin de chambre a épousé son premier amour : Machenka. Et que Machenka, après cinq ans de séparation, doit venir rejoindre son mari très prochainement.
L'évocation de ce premier amour, redonne à Ganine la force de se reprendre (et envisager bien des suites à cette romance adolescente) et le fait aussi replonger dans les souvenirs heureux d'une Russie tendre et accueillante, où les promenades romantiques en barque et les courses à vélo faisaient l'ordinaire amoureux de notre héros.

Premier roman, qui comme le soulignait eXPie n'est pas si mauvais que la préface ne le laissait supposer, Machenka, se lit le sourire aux lèvres, dans la lueur rose et bleue tendre d'un amour de jeunesse.
Parallèlement, Ganine raconte aussi le quotidien déprimant des émigrés russes, confinés dans leur chambre, avides de quitter l'Allemagne et buvant force vodka pour se réjouir désespérément en rêvant de ce que fut, un jour, pour chacun, la belle et délicieuse Russie.

Un livre qui se lit donc avec plaisir, sans être renversant et dans lequel le lecteur trouvera en filigrane les prémices d'autres livres plus aboutis (et plus tordus) comme La Méprise...

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MessageSujet: Re: Vladimir Nabokov   Lun 19 Aoû 2013 - 12:35

Merci pour le commentaire Shanidar.

Encore un auteur que j'ai envie de découvrir...

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shanidar
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MessageSujet: Re: Vladimir Nabokov   Lun 19 Aoû 2013 - 13:21

Heyoka a écrit:
Merci pour le commentaire Shanidar.

Encore un auteur que j'ai envie de découvrir...
J'aime beaucoup Nabokov, sous des allures presque trop simples, il cache une très grande sensibilité et une remarquable manière de raconter des histoires et de décrire ses personnages, des personnages qui ne sont jamais vraiment remarquables d'ailleurs, mais qui finissent par être inoubliables.

Au passage, j'ai vu récemment Lolita de Kubrick et quelle déception ! Le scénario (pour cause de censure) a tellement épuré le livre que tout cela donne une histoire d'une platitude et d'une lenteur qui m'a plongée dans une profonde léthargie ! (à peine émoustillée par la performance du toujours excellent Peter Sellers).

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