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 Michel Houellebecq

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ArturoBandini
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MessageSujet: Re: Michel Houellebecq   Dim 9 Aoû 2015 - 10:06

Je parcours Le sens du combat, et je me dois d'avouer des sentiments plus que mitigés. J'oscille entre le rire et la perplexité.
Autant j'aime beaucoup ses romans, autant sa poésie me laisse pantois.
Je la trouve trop simpliste, notamment avec l'omniprésence du je. Sans parler du vocabulaire et des rimes...

D'accord la poésie n'est pas que bucolique et lyrique, mais enfin... Pas convaincu.

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K
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MessageSujet: Re: Michel Houellebecq   Lun 10 Aoû 2015 - 1:32

Il y a un bout de temps que je n'étais pas revenu sur ce fil que j'avais ouvert alors.
Depuis, il s'est étoffé de nouveaux commentaires intéressants... et qui montre que Houellebecq génère toujours autant de divergences.

J'ai apprécié notamment les avis de Colimasson qui, en substance, reviennent sur le côté "adulescent" (je n'allais pas jusqu'à parler de foetus malformé mais why not  sourire ) dont je parlais à l'époque.
Ce qui implique toujours de s'arranger avec une double postulation (comme disait Baudelaire) contraire : l'envie de croire à un bonheur possible d'un côté, le scepticisme mâtiné de cynisme/fatalisme/nihilisme qui reprend toujours ses droits de l'autre côté. Personnellement, je connais ça. ^^
Ce n'est pas nouveau. Comme je l'ai dis, Baudelaire et Les Fleurs du Mal n'expriment pas autre chose (mais avec nettement plus de talent)

Mais aujourd'hui, je vois les choses un peu différement et considère qu'il y a dans cette "double postulation", cette oscillation permanente et surtout cette indécision souffretteuse quelque chose d'irritant, voir d'hypocrite.
En fait, j'ai réalisé que ce vers de La poursuite du bonheur est assez révélateur :

Je n'ai pas envie de vivre et j'ai peur de la mort.

Hors, ce vers sonne comme un aveu pathétique, une phrase qu'un ado de 16 ans écrirait dans son journal intime.
Phrase à la fois banale et qui renvoie depuis que l'humanité existe à la fameuse "condition humaine" et le paradoxe auquel sont confrontés sporadiquement tous les humains et de manière plus permanente les plus pessimistes.
Ben oui, Michel  jypeurien  : la vie ne vaut pas vraiment la peine d'être vécue (parce que... l'absurdité... bla bla... la souffrance.... bla bla... les contradictions...) mais d'un autre côté, la mort "ça fout les jetons" (surtout quand on n'est pas croyant) : le non-être, le néant...
Etre ou ne pas être... Rien de neuf là-dedans.

Face à ce bien méchant paradoxe, Michel choisit d'écrire pour affirmer à nouveau (car 245 789 365 écrivains l'ont dit avant lui) que la vie est... un bien méchant paradoxe.
J'peux pas vivre et j'veux pas mourir. Alors, je fait quoi, moi ?
J'écris ?
Et j'écris quoi ?
Toutes les réflexions et les sentiments que m'inspirent cette posture fondamentale et intenable. Mais que peut-elle avoir d'intenable, au fond ? Le fait qu'à force d'exprimer à quel point on hésite sans cesse entre l'être et le non-être, on se retrouve dans une "éternelle" zone de transit, c'est à dire... nulle part. Et de geindre sur cette situation à longueur de pages.
Mais le problème n'est-il pas plutôt dû à la faiblesse de ne pas savoir choisir ? De rester dans l'indécision puisque, après tout, tant que je continue à écrire, ça prouve que je suis vivant (me voilà soulagé !) même si le contenu de mes écrits expriment... mon incapacité (ou mon dégoût ou ma réticence) à vivre.  intense reflexion  

A la phrase de Houellebecq, je songe à une autre (qui lui est opposée) et qui ne provient pas d'un classique de la littérature mais du film The Shawshank Redemption de Frank Darabond avec Tim Robbins, quand son personnage d'Andy affirme :

"Dépêche-toi de vivre ou dépêche-toi de mourir... ça tient à ça, en fin de compte"

Cette constatation me semble plus pertinente et surtout plus honnête que le propos de Houellebecq (mais aussi celui d'autres auteurs et philosophes).
Andy, lui, a choisi de se dépêcher de vivre. En accord avec lui-même.

Que celui ou celle qui constate son incapacité à vivre y mette fin, voilà tout, plutôt que d'user du papier et encombrer les librairies avec cette littérature nombriliste qui dit et redit à quel point "je ne sais pas vivre mais je ne veux pas mourir" ?
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Marko
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MessageSujet: Re: Michel Houellebecq   Lun 10 Aoû 2015 - 8:36

Tirer ces conclusions d'un vers isolé et coupé de son contexte ne te fait-il pas courir le risque de réduire une œuvre probablement plus intéressante ? Ceci dit Houellebecq serait plutôt du genre à assumer son manque de courage et sa propre médiocrité. Ce qui peut aussi être considéré comme une forme d'honnêteté et de lucidité à défaut d'être une pensée géniale.

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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tina
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MessageSujet: Re: Michel Houellebecq   Lun 10 Aoû 2015 - 13:15

Est-ce que tu veux dire aussi, K, que ML ne propose pas de solution ?

Si oui, est-ce le rôle de l'écrivain d'en proposer une ?

Si non, effectivement, il reste dans le constat. Est-ce si gênant pour toi ?

(Je suis sous influence de Résurrection de Tolstoï...)

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ArturoBandini
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MessageSujet: Re: Michel Houellebecq   Lun 10 Aoû 2015 - 14:01

Moi ce qui me gêne davantage c'est la forme plus que les idées. Je suis plus partisan d'une poésie suggestive que terre-à-terre, simpliste à l'extrême. Question de goûts aussi.

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MessageSujet: Re: Michel Houellebecq   Lun 10 Aoû 2015 - 22:19

Marko a écrit:
Tirer ces conclusions d'un vers isolé et coupé de son contexte ne te fait-il pas courir le risque de réduire une œuvre probablement plus intéressante ?
Disons que j'ai lu suffisamment Houellebecq (romans, poésies, textes divers) pour me faire tout de même une idée générale de son oeuvre et considéré ce vers isolé comme significatif (mais ça n'engage que moi). Certaines choses sont intéressantes, notamment l'essai qu'il a consacré à Lovecraft, et quelques passages dans Extension... et les Particules... Mais ici, on est dans le domaine de la poésie, où l'on découvre un Houellebecq différent.
Ce qui, a priori, pouvait être intéressant mais...
Au-delà de ses observations de la société libérale actuelle (qui sont parfois judicieuses), de critique désabusé et d'une certaine image qu'il s'est construite de sois-disant lucidité dans ses romans, il y a dans sa poésie en revanche quelque chose de plus geignard, de plus souffreteux et surtout de plus complaisant et égocentrique dans sa souffrance personnelle.
On peut trouver ça touchant, à l'occasion, mais aussi assez lourd (en plus une telle attitude devient aussi une marque de fabrique)

En fait, c'est Houellebecq lui-même qui réduit (du moins le meilleur) de son oeuvre romanesque avec cette poésie plaintive : on dirait que l'observateur au regard aiguisé de clinicien, mi-critique mi-indulgent de ses romans (du moins dans les premiers), tombe le masque et se révèle n'être finalement qu'un vieil ado qui nous pond des banalités du genre "personne ne me regarde, je suis inexistant", des considérations sur un corps qu'il n'aime pas, de ses insuccès envers la gente féminine et donc aussi cette peur de vivre autant que celle de mourir que je relevais.
Et tout cela dans un style qui n'a, effectivement, rien d'exceptionnel.
Derrière le Houellebecq que j'aurais voulu apprécier (le critique acerbe d'une société et des exclus d'un certain libéralisme post-soixantuitard), il y a juste en coulisse ce pauvre "gosse" qui versifie ses meurtrissures avec beaucoup de complaisance.

(Note : si vous me trouvez trop radical, vous devriez entendre le verdict d'un ami (qui fait certes rarement dans la dentelle  Shocked ) à qui j'avais prêté Extension... et La poursuite du bonheur :
"Mouais... Je crois surtout que ce type n'a pas assez tiré son coup dans sa jeunesse et qu'il s'appitoie maintenant sur son sort. Mais il a été assez futé pour dissimuler sa détresse personnelle (et passablement anecdotique) sous une littérature aux allures de critique sociale. Mais quand on lit ses poèmes, on retrouve le p'tit gars pâlichon que les filles ne regardaient pas". (sic !  dentsblanches )
Bon... c'est sa manière d'exprimer les choses (il est du genre "brut de décoffrage" et "bukowskien"  sourire ) et si j'avais, moi, présenté les choses ainsi dans le forum, je me serais fait une réputation de pithécanthrope.  rire

Citation :
Ceci dit Houellebecq serait plutôt du genre à assumer son manque de courage et sa propre médiocrité. Ce qui peut aussi être considéré comme une forme d'honnêteté et de lucidité à défaut d'être une pensée géniale.
De lucidité sur lui, sans doute (je veux bien lui accorder ça). Pour ce qui est d'assumer son manque de courage et sa médiocrité...
Si cela s'avérait exact, je trouverais son cas encore plus accablant. J'y verrais plutôt un appel du pied au lecteur, une demande d'indulgence (faites mine de rien), voir de la démagogie, du genre "vous vous sentez nuls ? Ce n'est pas grave : voyez, je suis écrivain et c'est pareil pour moi."
Personnellement, je suis loin d'être courageux et probablement médiocre sur les bords (je suis un individu "lambda", comme on dit si souvent de nos jours) mais ce n'est pas pour autant que j'attends d'un écrivain qu'il me rassure dans ma médiocrité en m'exposant la sienne (ou supposée telle)
Je doute que les romanciers français du XIXIè siècle agissaient ainsi.  
(avec une telle phrase, je crains de me faire passer pour le Eric Zemmour du forum  rire )


@ tina :

Citation :
Est-ce que tu veux dire aussi, K, que ML ne propose pas de solution ?
Je n'ai jamais lu d'auteur qui proposait une solution au mal de vivre. Hélas.

Citation :
Si oui, est-ce le rôle de l'écrivain d'en proposer une ?
Non. Un écrivain n'est pas un prescripteur.

Citation :
Si non, effectivement, il reste dans le constat. Est-ce si gênant pour toi ?
Comme je l'ai dit longuement plus haut, je ne pense plus aujourd'hui que Houellebecq fasse dans le constat, au contraire.
J'ai cru à un moment qu'il était un cran au-dessus d'auteurs d'autofiction péniblement nombrilistes (tel que l'effrayante Christine Angeot  Suspect ) à cause du contenu social qu'il mettait dans ses romans, surtout dans les Particules en fait.
Mais j'ai fini par réaliser, que ce soit dans ses romans ou ses poèmes, qu'il ressassait surtout ses propres problèmes égotistes (tare d'une génération ?) sous couvert de "décryptage socio-culturel" d'une époque.

Contrairement à ce que certains ont pu dire/écrire (et dont je faisais partie alors, naïvement), Houellebecq n'est pas l'observateur lucide à la plume acérée de nos sociétés occidentales/libérales déliquescentes qui... bla...bla...bla.
En tout cas, ce n'est plus mon avis quand je me suis mis à faire des recoupements entre ses romans, ses écrits divers et ses poèmes.

Et si on me pardonne une fois encore de sortir des vers de leur contexte, en voici quatre qui me semblent encore plus révélateurs (surtout les deux derniers) :

On se meut vaguement, comme un animalcule ;
On n'est presque plus rien, et pourtant qu'est-ce qu'on souffre !
On transporte avec soi une espèce de gouffre
Portatif et mesquin, vaguement ridicule.


Un véritable autoportait, je dirais, même si (comme souvent) il noie encore le poisson en utilisant le pronom neutre plutôt que la première personne du singulier.
S'il y a une chose à porter au crédit de Houellebecq, c'est une certaine ruse.

Bon. Encore une fois, ce n'est que mon avis personnel (et aussi un certain revirement par rapport à quelques années), pas une thèse.
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MessageSujet: Re: Michel Houellebecq   Lun 10 Aoû 2015 - 22:26

Intreressant, en tout cas bien personnel, K !
Je ne suis pas loin de partager ta vision. Sinon que la mienne, est nettement plus sombre que la tienne. Le personnage public démentant
férocement l' auteur qu' il voudrait etre. Et aussi ses déclarations, interviews qui ne font que l' empetrer davantage.
Et plus encore ses thurifaires et "protecteurs" faire valoir, du genre BHL...

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MessageSujet: Re: Michel Houellebecq   Lun 10 Aoû 2015 - 22:41

Oui, tout ça aussi a contribué à mon revirement.
Quand je l'ai vu (et surtout écouté) sur un plateau télé, j'ai été déçu.
A la fois par son attitude empruntée (timidité ?) et une façon de s'exprimer que j'ai trouvée... comment dire... filandreuse ? Molle ? Indécise ? Pseudo-Gainsbourgienne ? Suspect content

Je m'attendais à quelqu'un de plus sûr de lui, au discours plus précis et capable d'articuler correctement.
Un peu comme Michel Onfray (qui lui, par contre, est toujours un chouïa trop sûr de lui et trop péremptoire mais c'est une autre histoire sourire )

Et pour ce qui est de ses accointances avec BHL... et sans oublier Raël... Rolling Eyes
bah, je préfère encore me taire.
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MessageSujet: Re: Michel Houellebecq   Lun 10 Aoû 2015 - 22:42

pas d'huile sur le feu ! mdr2

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Marko
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MessageSujet: Re: Michel Houellebecq   Lun 10 Aoû 2015 - 22:49

Encore le délit de sale gueule! Heureusement qu'un auteur n'est pas obligé d'être sympathique ou avenant pour être doué. Houellebecq respire un certain mal être plus ou moins entretenu ou affecté mais il dégage aussi une forme de sensibilité écorchée vive. C'est un drôle de type mais il sait observer ce qui se passe autour de lui. Comment juger quelqu'un qu'on ne connait pas sur des apparences? Reste ce qu'il écrit. On aime ou pas mais je trouve dommage de toujours tout ramener au paraître.

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MessageSujet: Re: Michel Houellebecq   Lun 10 Aoû 2015 - 22:51

K a écrit:
Oui, tout ça aussi a contribué à mon revirement.
Quand je l'ai vu (et surtout écouté) sur un plateau télé, j'ai été déçu.
A la fois par son attitude empruntée (timidité ?) et une façon de s'exprimer que j'ai trouvée... comment dire... filandreuse ? Molle ? Indécise ? Pseudo-Gainsbourgienne ?  Suspect  content

Je m'attendais à quelqu'un de plus sûr de lui, au discours plus précis et capable d'articuler correctement.
Un peu comme Michel Onfray (qui lui, par contre, est toujours un chouïa trop sûr de lui et trop péremptoire mais c'est une autre histoire  sourire )

Et pour ce qui est de ses accointances avec BHL... et sans oublier Raël...  Rolling Eyes
bah, je préfère encore me taire.
In--fray-able, Onfray ! Plus on le voit et moins on a envie de le voir et de l' entendre !

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MessageSujet: Re: Michel Houellebecq   Lun 10 Aoû 2015 - 23:07

Marko a écrit:
Encore le délit de sale gueule! Heureusement qu'un auteur n'est pas obligé d'être sympathique ou avenant pour être doué. Houellebecq respire un certain mal être plus ou moins entretenu ou affecté mais il dégage aussi une forme de sensibilité écorchée vive. C'est un drôle de type mais il sait observer ce qui se passe autour de lui. Comment juger quelqu'un qu'on ne connait pas  sur des apparences? Reste ce qu'il écrit. On aime ou pas mais je trouve dommage de toujours tout ramener au paraître.

Je pense aussi qu'il vaut mieux distinguer l'oeuvre de l'homme. Je crois que les véritables artistes expriment ce qu'ils ont à exprimer dans leurs oeuvres. En parler et paraître dans les médias est un savoir faire d'une autre nature. Je préfère souvent éviter les émissions où interviennent les artistes. Surtout les émissions télé, qui dans leur formatage donnent de toutes les façons peu de place à une véritable expression. Et favorisent le succès de certains personnages qui savent bien entrer dans le moule et se comporter d'une façon efficace à une promotion réussie.

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MessageSujet: Re: Michel Houellebecq   Lun 10 Aoû 2015 - 23:12

K a écrit:

Face à ce bien méchant paradoxe, Michel choisit d'écrire pour affirmer à nouveau (car 245 789 365 écrivains l'ont dit avant lui) que la vie est... un bien méchant paradoxe.
J'peux pas vivre et j'veux pas mourir. Alors, je fait quoi, moi ?
J'écris ?
Et j'écris quoi ?
Toutes les réflexions et les sentiments que m'inspirent cette posture fondamentale et intenable. Mais que peut-elle avoir d'intenable, au fond ? Le fait qu'à force d'exprimer à quel point on hésite sans cesse entre l'être et le non-être, on se retrouve dans une "éternelle" zone de transit, c'est à dire... nulle part. Et de geindre sur cette situation à longueur de pages.
Mais le problème n'est-il pas plutôt dû à la faiblesse de ne pas savoir choisir ? De rester dans l'indécision puisque, après tout, tant que je continue à écrire, ça prouve que je suis vivant (me voilà soulagé !) même si le contenu de mes écrits expriment... mon incapacité (ou mon dégoût ou ma réticence) à vivre.  intense reflexion  

Rien de nouveau sous le soleil, certes, mais comme tout ce qu'écrivent les 245 789 365 milliards d'écrivains autour de lui, avant, pendant et après lui. Et ce genre d'aveu à la con peut soulager certaines personnes, à certains moments donnés de leur vie, lorsque personne autour d'eux ne leur dit qu'on a le droit d'être con, moche et puant.

On remarquera toutefois que dans Soumission, l'évolution est sensible. Son personnage ne geint pas, il constate. Il ne s'enferme pas dans un paradoxe, il choisit. Il choisit l'islam, ce qui a fait beaucoup jaser. Pour une fois, il semblerait que les média auraient préféré que Houellebecq reste l'éternel adolescent cossu.

K a écrit:


(Note : si vous me trouvez trop radical, vous devriez entendre le verdict d'un ami (qui fait certes rarement dans la dentelle  Shocked ) à qui j'avais prêté Extension... et La poursuite du bonheur :
"Mouais... Je crois surtout que ce type n'a pas assez tiré son coup dans sa jeunesse et qu'il s'appitoie maintenant sur son sort. Mais il a été assez futé pour dissimuler sa détresse personnelle (et passablement anecdotique) sous une littérature aux allures de critique sociale. Mais quand on lit ses poèmes, on retrouve le p'tit gars pâlichon que les filles ne regardaient pas". (sic !  dentsblanches )

Ouais, ton ami pense un peu comme Schopi (et comme tant d'autres) que qui mal baise est forcément aigri. Et puis même si c'était le cas, ce ne serait pas une raison. Mais bon, j'ai bien compris que c'était prétexte pour se foutre de la tronche de Houellebecq facilement content
Merci pour l'extrait de poème en tout cas, je confirme que j'aime toujours autant...

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MessageSujet: Re: Michel Houellebecq   Mar 11 Aoû 2015 - 13:03

colimasson a écrit:

Merci pour l'extrait de poème en tout cas, je confirme que j'aime toujours autant...

Idem.
Mais l'avis de K est très intéressant.
Je n'aime pas non plus trop le personnage médiatique (parfois, il a déliré), mais l'écrivain, je le respecte beaucoup.
Ce gars là est en quête de quelque chose et on a la sensation qu'il a tout essayé (notoriété, écriture, musique, photo, cinéma)...

En attendant, il regarde.

Il faudrait pouvoir l'approcher en privé pour en savoir plus.

Il paraît qu'il est sous protection policière depuis Soumission.

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MessageSujet: Re: Michel Houellebecq   Mar 11 Aoû 2015 - 20:02

En tout cas MH fait réfléchir ! et converser ! Et cela ne me semble pas négligeable comme réussite pour un artiste !
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MessageSujet: Re: Michel Houellebecq   

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