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 George Orwell

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MessageSujet: Re: George Orwell   George Orwell - Page 2 Icon_minitimeMer 22 Aoû 2007 - 19:14

arf, je pense qu'on a de la chance dans l'ensemble... déjà il y a l'ensemble des conditions permettant cette lecture (c'est vaste et c'est beaucoup).

Par contre c'est vrai qu'au boulot on a été surpris de voir surtout sur les juste un (petit) poil plus jeunes : stagiaires... 22-23-24 ans ? beeeen... jamais entendu parlé ! (ni même 1984 d'ailleurs)

ça fait bizarre, un peu... et :

Citation :
Je serais curieuse de voir si des effets vraiment positifs résultaient de ces lectures.

la question mérite d'être posée !

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MessageSujet: Re: George Orwell   George Orwell - Page 2 Icon_minitimeSam 25 Aoû 2007 - 23:34

un petit passage dans une librairie donne de l'espoir au curieux, j'ai l'impression que cet auteur profite en ce moman d'une vague d'éditions : avec un volume : Essais, articles, lettres (tome 1 ?), Une fille de pasteur et Quai Wigan

et peut être d'autres choses mais je n'en sais rien... je trouve ça bien, je sens que je vais attendre et risquer de ou carrément passer à côté. C'est une ou des occasions de découvrir le personnage me dis-je et comme il n'est pas sans présenter un certain intérêt... c'est bien !

comme j'en ai pas mal parlé du Quai Wigan si certain d'entre vous venaient à hésiter... je dirai que ça dépend de ce que vous recherchez et puis c'est pas des poches tout ça.

ah, oui : c'est aussi une nouvelle édition de Une Histoire Birmane (que je dois finir de chercher ici :| )

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MessageSujet: Re: George Orwell   George Orwell - Page 2 Icon_minitimeDim 14 Oct 2007 - 19:15

Hommage à la Catalogne

wikpedia a écrit:
Le livre commence au moment de l'arrivée de l'auteur à Barcelone où il cherchait à s'engager au sein des troupes républicaines combattant Franco. Il se retrouva au sein du POUM, puis, après une courte formation au maniement des armes, il ira sur le front. Blessé gravement à la gorge, il sera démobilisé.

Il assistera aux affrontements de Barcelone de mai 1937 entre les troupes gouvernementales pro-Staline et le POUM et les anarchistes. C'est à partir de ce moment-là qu'il aura en horreur le système stalinien et son « jeu politique », pour qui la fin justifie les moyens. Une partie des idées mises en œuvre dans son fameux roman 1984 (novlangue, propagande, personnages) seront directement inspirées de l'expérience de Georges Orwell à Barcelone.

Le livre se termine après qu'il a pu quitter l'Espagne pour rejoindre la France, puis l'Angleterre.

je m'attendais à un récit plus noir ! la première partie qui décrit la vie et l'action ou le manque d'action sur le front si il retranscrit ce qu'il y a de mauvais, horrible, bête, dangereux dans une guerre (de tranchée) est surtout habité par la camaraderie, le sentiment d'égalité et de cause juste. La suite : les affrontements de Barcelone et les évènements qui suivent emprisonnements, décès entre autres d'amis venu lutter contre le fascisme qui se retrouvent accusés de le soutenir est troublante... à juste titre.

Cet ensemble semble enveloppé d'une certaine désinvolture et d'un petit côté désinvolte... ça doit être parce qu'il est pas anglais pour rien :mrgreen:

Deux chapitres en annexes initialement intercalés dans le récit et qui proposent une réflexion sur les forces en présence et la façon dont ce qui s'est passé (prise de contrôle par les communistes "anti-révolutionnaires") a pu être exposé ailleurs, en Angleterre surtout citation de journaux à l'appui.

Humainement intéressant, forcément, historiquement aussi et puis... si ça reste flou ça éclaire un peu (connaissances limitées sur le sujet) ce qui peut être une extrême gauche à côté du communisme (d'alors)... je crois que ça éclaire aussi un peu aujourd'hui du coup.

et le ton un peu surprenant, presque léger pour parler de choses très dures.

nourrit le regard que l'on peut avoir sur ses œuvres les plus connus... beau témoignage aussi.

je le conseille volontiers !

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MessageSujet: Re: George Orwell   George Orwell - Page 2 Icon_minitimeMar 6 Nov 2007 - 1:15

Une histoire birmane

traduit de l'anglais par Claude Noël
Editions Ivrea

C'est le premier roman, publié en 1934, d'un inconnu nommé Eric Blair. Qui ne signera plus que sous le nom de George Orwell.

La première édition de Burmese Days , traduite sous le titre La tragédie Birmane , avait été publiée en France en 1946.

C'est une histoire tragique qui se déroule dans une petite ville du nord de la Birmanie. Quelques individus y tournent en rond , les réunissent l'ennui , l'alcool, et le dégoût de la race inférieure indigène.

Le personnage central, Fleury, est sans doute le seul que je sauverais de ce gâchis. Ce n'est pas un mauvais bougre, mais il a une très mauvaise image de lui, et est, forcément, très soucieux du regard posé sur lui. Il aime la Birmanie, il a des amis indiens, mais les soutenir publiquement est au dessus de ses forces.
Mais il ne faut pas croire que ce soit plus sain de l'autre côté où la corruption règne.


C'est un livre tout à fait autobiographique. Né au Bengale, Eric Blair est rentré à l'âge d'1 an en Angleterre. Son père est employé des services de lutte contre l'opium; la famille de sa mère fait du commerce en Birmanie.
Et à 19 ans, il s'engage dans la police impériale indienne...Il sera policier en Birmanie pendant ces 5 ans, et c'est bien là, en Birmanie, que sa lucidité devant les injustices en a fait l'écrivain qu'il est devenu.

C'est un livre que j'ai mis longtemps à lire, non pas parce qu'il est difficile, pas du tout, bien au contraire, les descriptions si justes de cette bêtise humaine n'ont pas pris une ride, et pourraient être transposées à notre époque dans n'importe quel petit cercle fermé. Rien n'a beaucoup changé, hélas.

Mais parce que baigner dans cet univers est assez pesant ( se rajoute le poids de la nature, la jungle, très étouffante..) que le pauvre Fleury me faisait pitié, et que je craignais la fin. Je l'ai fini, pas de surprise...

Très bon et réaliste document, beau et triste roman, merci Animal, je ne l'aurais jamais lu sans toi!
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MessageSujet: Re: George Orwell   George Orwell - Page 2 Icon_minitimeMar 6 Nov 2007 - 2:01

Un extrait:

" Ah, docteur, soupira Fleury, étendu sur sa chaise longue, quelle joie de me retrouver ici après ce fichu Club! Quand je viens vous voir, j'ai le sentiment d'être un pasteur non conformiste en goguette qui ramène une putain de la ville. C'est si bon de se sentir en vacances, loin de ces gens là- il pointa un talon en direction du Club- de mes bien-aimés collègues bâtisseurs d'Empire.
Le prestige britannique ,le fardeau de l'homme blanc, le pukka sahib sans peur et sans reproche et tout le bazar! Ca soulage, une petite parenthèse comme ça.

- Allons, allons, cher ami, voyons, je vous en prie!Ce n'est pas bien! Il ne faut pas dire des choses pareilles de ces honorables gentlemen anglais.

- On voit bien docteur, que vous n'avez pas à supporter les propos de ces honorables gentlemen. Moi, je les ai supportés jusqu'à la limite de ma patience: Ellis et ses "sales nègres", Westfield et ses plaisanteries, Macgregor et ses citations latines éculées et ses " veuillez donner quinze coups de fouet au porteur"......

... - Ecoutez, monsieur Flory, vraiment, il ne faut pas parler comme cela! Pourquoi dites vous toujours du mal des pukkha sahibs, comme vous les appelez? Ils sont le sel de la terre. N'oubliez pas les grandes choses qu'ils ont réalisées , n'oubliez pas les grands administrateurs qui ont fait de l'Inde britannique ce qu'elle est.....Voyez la noblesse de sentiments des gentlemen anglais! Leur admirable loyauté les uns envers les autres! Même ceux d'entre eux dont le comportement n'est pas des plus louables- car certains Anglais sont effectivement arrogants, je vous l'accorde- ont les grandes, les solides qualités qui nous manquent, à nous autres Orientaux. Sous leur écorce rugueuse, ils ont des coeurs en or.

- Disons de plaqué or. Il y a entre les Anglais installés dans ce pays une sorte de camaraderie complètement bidon. C'est pour nous une tradition que de nous saouler la gueule de conserve , d'échanger des invitations à dîner et de faire semblant d'être amis, alors que nous nous haïssons cordialement.Nous appelons ça nous serrer les coudes. Il y a là une nécessité politique. C'est la boisson, bien sûr, qui fait tourner la machine; sans elle ,nous deviendrions tous fous furieux et nous nous mettrions à nous entretuer au bout d'une semaine. Tenez, docteur, voilà un beau sujet pour un de vos essayistes distingués: De la boisson en tant que ciment de l'Empire!

Le docteur secoua la tête.
" Je ne sais vraiment pas, monsieur Flory, ce qui vous rend cynique à ce point. C'est horriblement gênant. Un gentleman anglais si doué, si comme il faut, tenant des propos séditieux dignes du Patriote birman!

- Séditieux? dit Flory. Je ne suis pas séditieux le moins du monde. Je ne veux absolument pas que les Birmans nous éjectent de ce pays. Le ciel nous en préserve! Si je suis ici, c'est pour faire de l'argent, comme tout le monde. Je suis contre ce vieux canular de fardeau de l'homme blanc, voilà tout. Je refuse de poser au pukka sahib. C'est assommant. Ces pauvres connards du Club eux- mêmes pourraient se révéler un peu plus vivables si, tous autant que nous sommes, nous ne vivions pas dans un perpétuel mensonge.

- Quel mensonge, cher ami?

- Mais, voyons, celui qui consiste à prétendre que nous sommes ici pour le plus grand bien de nos pauvres frères de couleur, alors que nous sommes ici pour les dépouiller, un point c'est tout. Je suppose que ce mensonge est on ne peut plus naturel. Mais il nous corrompt de diverses manières que nous n'imaginons même pas. Nous avons constamment le sentiment d'être des spoliateurs, des menteurs; ce qui nous rend coupables et nous amène à nous justifier sans trêve ni répit. C'est là le fondement d'une bonne partie de notre conduite infecte à l'égard des indigènes. Nous pourrions être à peu près supportables, pour peu que nous voulions bien admettre que nous sommes des voleurs et que nous continuions à voler sans complexes...
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MessageSujet: Re: George Orwell   George Orwell - Page 2 Icon_minitimeMar 6 Nov 2007 - 6:56

aaaah, je suis très content que ça t'ai plu cat

"pesant" et "triste" sont bien des mots qui conviennent... c'est beau aussi, j'ai souvenir de "beaux" passages.

sa lecture a donné pour moi du poids au reste de ce qu'il a écrit...

c'était une forme de soulagement de trouver une forme de joie dans l'hommage à la catalogne (qui n'est pourtant pas très réjouissant au fond).

j'attendais avec impatience tes impressions Cool

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MessageSujet: Re: George Orwell   George Orwell - Page 2 Icon_minitimeMer 7 Nov 2007 - 7:01

Citation :
j'attendais avec impatience tes impressions
Oui, je sais, j'ai mis du temps, excuse moi!
Mais dès que le sujet d'un livre me touche de près, et pour peu qu'il soit intelligemment écrit, je le lis lentement. Et en relis certains passages..
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MessageSujet: Re: George Orwell   George Orwell - Page 2 Icon_minitimeMer 7 Nov 2007 - 7:19

haha, il n'y a pas à t'excuser, bien au contraire Cool

cat

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MessageSujet: Re: George Orwell   George Orwell - Page 2 Icon_minitimeLun 10 Déc 2007 - 20:52

Un peu d'air frais

Citation :
C'est l'histoire d'un représentant de commerce de 45 ans qui, pour échapper à son quotidien morne (femme et enfants), se replonge dans ses souvenirs d'enfance. Au-delà de son histoire personnelle, le narrateur essaie de montrer le fossé entre les années d'avant-guerre (avant 1914) qui appartenaient encore au XIXe siècle et qui étaient pour lui synonymes d'une vie paisible et insouciante, et l'entrée dans le monde moderne (après 1914) où la menace de la guerre est permanente, et où les individus sont aliénés par leur travail, logés dans des cités dortoirs, au milieu de la pollution et du béton. On dirait que rien n'a changé aujourd'hui, et depuis 1939, ce roman n'a pas pris une ride !

superbement bien en rapport avec les humeurs du moment, j'ai retrouvé dans ce livre d'une part la lucidité de l'auteur, son sens de l'observation et ses gros sabots (mais à lui je lui pardonne) et surtout les qualités (pas simples ces qualités là) qui m'étaient apparues avec l'histoire birmane : toujours la lucidité mais doublée d'amertume, tournée vers les autres et toujours rapidement soi-même.... (l'art et) la manière de ne pas prendre de faux chemins pour cette amertume ou sa sensible contrepartie.

un autre bel exemple de pourquoi, sans doute, ces oeuvres les plus connues valent ce qu'elles valent...

bientôt des extraits...

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MessageSujet: Re: George Orwell   George Orwell - Page 2 Icon_minitimeLun 10 Déc 2007 - 21:42

extrait :

Citation :
Je me glissai hors du lit la bouche pâteuse et les os gémissants.
La vérité, c'est qu'avec une bouteille de vin à déjeuner, une autre au dîner et plusieurs pintes de bière entre-temps, sans parler d'un cognac ou deux, j'avais eu la veille plus que mon compte. Pendant plusieurs minutes, je restai planté sur le tapis, le regard vide, trop éreinté pour faire un pas. Vous connaissez cette sensation abominable qui vous prend quelques fois au matin. C'est surtout dans les jambes que ça se tient, et vous vous dites : "ça va comme ça, pourquoi t'insistes ? Laisse tomber, vieux frère ! Flanque toi la tête dans le four à gaz."
Là-dessus, je mis mon dentier et gagnai la fenêtre. Encore une merveilleuse journée de juin : le soleil en était à effleurer les toits et éclairait les façades des maisons de l'autre côté de la rue. La note rose des géraniums égayait les fenêtres. Il était à peine huit heures et demie, et on avait beau se trouver dans une petite rue derrière la place du marché, il y avait déjà des tas de gens qui allaient et venaient. De jeunes types en costume sombre, l'air affairé, le genre employé de bureau qui ne s'en laisse pas accroire, attaché-case à la main, filant tous dans la même direction - comme les habitants d'un faubourg de Londres se ruant vers une bouche de métro - et les gosses des écoles qui gagnaient la place du marché, par deux ou par trois. J'avais eu la même impression la veille à la vue de la jungle de toits rouges qui avait envahi la colline de Chamford. Foutus intrus ! Vingt mille resquilleurs qui ne me connaissaient même pas de nom. Et toute cette ville bourdonnante, et moi planté là, un pauvre gros avec son dentier, à les regarder par la fenêtre et à remâcher des souvenirs vieux de trente ou quarante ans qui n'intéressaient personne. Fichtredieu ! J'avais tort de croire que je voyais des fantômes. C'était moi le fantôme. J'étais mort, et eux étaient les vivants.

il y a aussi beaucoup sur l'attente de l'autre guerre dans ce livre, les réactions ou absence de des uns des autres, d'un homme qui a vécu celle d'avant.

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MessageSujet: georges Orwell   George Orwell - Page 2 Icon_minitimeMar 11 Déc 2007 - 21:49

Je voudrais revenir sur Hommage à la Catalogne, qui est un livre qui a beaucoup compté pour moi...
Je l'ai lu il y a longtemps, à un moment où je m'interessais beaucoup à la Guerre d'Espagne...
J'ai grandi du coté de Nimes, dans un coin à la campagne. Et quand j'étais enfant, il y avait pas mal d'exilés espagnols qui s'y étaient installés et étaient devenus agriculteurs. Tous les vaincus de cette guerre, républicains, de gauche, et tous menacés de mort par le régime franquiste.
Après avoir vu avec émotion le film de Rossif, Mourir à Madrid, je décidai alors de lire tout ce que trouverai sur cette guerre. Et le 1er livre fut Hommage à la Catalogne.
Animal a sans doute raison : ce livre n'est peut etre pas aussi dramatique qu'on pourrait le craindre, compte tenu que cette guerre fut non seulement sanglante, mais cruelle comme le sont toutes les guerres
civiles.
Le livre d'Orwell est avant tout un reportage très vivant et bien écrit. C'est ce qui permet à ce genre d'ouvrage de durer, tout comme ceux de
Laurie Lee ou John Reed.
Barcelone y est très présente avec les autonomistes catalans, les anarchistes de la FAI et de la CNT, les militants du POUM (Parti ouvrier d'unification marxiste) qui tenaient le haut du pavé au début des hostilités.
Barcelone en grève, avec les entreprises autogérés dans l'enthousiasme et la pagaille, et les miliciens mal armés et indisciplinés.
Barcelone encore en 1937, quand les émeutes opposent dans les rues, les anarchistes et le POUM d'un coté, et les communistes de l'autre.
Le but de ces derniers était au départ de s'allier avec les autres partis de gauche pour controler le pouvoir, et de les éliminer ensuite. Inaugurant ainsi une stratégie qu'ils utilisèrent à Prague plus tard.
L'épisode de 1937 a inspiré le cinéaste anglais Ken Loach dans son film
Land and freedom

Au delà des divisions de la gauche, l'Espagne entière devint un terrain d'expérimentation pour les grandes puissances d'alors.
L'URSS n'aida la République que dans la mesure ou le PCE en profitait et de toute façon, insuffisamment pour gagner la guerre. Meme chose pour la France du Front populaire -malgré ses sympathies- empétrée dans ses cotradictions.

A noter l'histoire extraordinaire des Brigades internationales, ou pour la première fois peut etre dans l'histoire, des hommes, pas des mercenaires,
allèrent combattre et mourir en grand nombre en Espagne par pur idéalisme. Loin des basses manoeuvres menées par les dirigeants communistes.
De l'autre coté, à l'appel de Franco, les fascistes italiens et sutout l'Allemagne nazie, qui intervint avec ses meilleures troupes et du matériel de guerre performant.Notamment les avions qui bombardèrent Guernica sans opposition. Franco disposait évidemment de la majorité d'une armée de métier et des tabors marocains.

Beaucoup d'historiens semblent penser,(et Orwel est le premier à le suggérer) que si les démocraties occidentales s'étaient alors opposées vigoureusement à Hitler, la 2e guerre mondiale aurait pu etre évitée.

Mais si les communistes avaient triomphé, alors l'Espagne aurait été la
première "démocratie populaire"...jypeurien
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MessageSujet: Re: George Orwell   George Orwell - Page 2 Icon_minitimeJeu 7 Fév 2008 - 22:43

en repassant sur ce fil (pour voir les divers extraits présents) je relis le message de bix, qui nous raconte plein de choses et a d'une part bien raison de le faire et d'autre part montre la complexité de "tout ça" et... éclaire vraiment cet Hommage à la Catalogne. Complexité qui est le décor parfois masqué du récit mais tellement présent et étouffant malgré tout... des sentiments dans l'histoire. cet auteur est doué.


... !

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MessageSujet: george orwell   George Orwell - Page 2 Icon_minitimeLun 11 Fév 2008 - 19:57

Animal, je ne sais pas ce qu'Orwell a pensé des accords de Yalta, et j'ignore s'il a écrit quelque chose là dessus. Mais j'imagine qu'il n'a pas été surpris par ce partage du monde arbitraire et immoral ...

Des peuples avaient lutté pour leur liberté, et leur pays a quand meme été
intégré finalement à des spères de pouvoir différentes sans consultations préalables...

-La Grèce qui résista en permanence contre l'occuppant nazi et eut des "Oradour" nombreux en représailles...
-La Yougoslavie qui échappa à l'Occident, mais pas à Tito, avec les conséquences que l'on sait après sa mort.
-L'Espagne à qui les Alliés avaient plus ou moins promis de la débarrasser
de son embarrassant dictateur, Franco, mais qui dut attendre sa mort
en 1976.
Le Portugal où Salazar mourut finalement lui aussi dans son lit. Ce sont des exemples.

Oui, j'aurais aimé savoir ce qu'en pensait Orwell, ou Arthur Koestler, autre grand témoin de l'époque...
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MessageSujet: Re: George Orwell   George Orwell - Page 2 Icon_minitimeDim 2 Mar 2008 - 19:44

Une Fille de pasteur

quatrième de couverture a écrit:
Fille unique, Dorothy vit une existence morne avec son père, le pasteur acariâtre d'une petite paroisse du Suffolk. Frappée par une soudaine amnésie, elle se retrouve à la rue et va partager l'existence des déshérités, des clochards de Londres aux cueilleurs saisonniers de houblon. Mais, à mesure que la mémoire lui revient, Dorothy trouvera-t-elle en elle-même la force d'aspirer à une autre vie ? Publié en 1935 et inédit en français, Une fille de pasteur est l'un des premiers romans de George Orwell. Avec une lucidité et une acuité implacables, Orwell dépeint l'hypocrisie, la pauvreté et la misère spirituelle qui vont accompagner Dorothy dans son odyssée à travers l'Angleterre des années trente.

Humour, humour, humour malgré des passages et des réflexions bien sombres. Une lecture agréable qui réchauffe le cœur, portée sans aucun doute pour l'affection, compassion qu'on ne peut s'empêcher d'éprouver pour cette Dorothy, cette jeune femme qui chemine de vies d'esclave en vies d'esclave jusqu'à en perdre la foi et reste pourtant résolument tournée vers les autres. Au service de son père d'abord, le houblon ensuite, la manche, l'enseignement... le retour au service de son père.

Un panorama des empêchements à une vie "décente" ou juste. le questionnement du personnage sur sa foi, et sur les gens et au travers de toutes ces situations sur une société qui par une mesquinerie forcenée se piétine elle-même (la partie sur l'enseignement, si les profs trouveront peut être à redire sur une certaine idéalisation de la créativité, ils se retrouveront probablement dans le reste). Les enjeux du livre sont la foi, ou le besoin de foi et la conscience, de soi, du possible de la vie. Et Orwell ne manque pas de rappeler que certaines conditions de vie (froid, faim, fatigue, saleté, manque de temps... ) ne permettent pas la conscience de soi, il n'idéalise pas tous ces personnages qui n'ont pas été favorisés à la naissance ou par la vie mais (une fois encore) il ne les juge pas trop hâtivement. (je vous laisse faire les parallèles perpendiculaires avec les discours de votre choix sur la réussite sociale).

certains passages sont des dialogues un peu surréalistes (comme du théâtre), notamment une nuit dehors autour d'un banc de Trafalgar Square entre clochards.

ça se lit avec simplicité, avec facilité même (qualité de l'auteur) mais le contenu et la force de l'évocation fait qu'on laisse le livre en étant un peu décalé. ça fait peur à sa manière. Cette Dorothy est une sorte d'héroine du quotidien.

Avec une troublante légèreté le récit lit conscience de soi, conscience sociale et ... conditions de vie... ou condition humaine.

extrait à venir.

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MessageSujet: Re: George Orwell   George Orwell - Page 2 Icon_minitimeDim 2 Mar 2008 - 20:30

petit extrait des débuts de Dorothy en tant qu'institutrice dans une minable école privée de la banlieue de Londres (et à la directrice tyrannique obsédée par l'argent et l'improbable satisfaction des parents).

Citation :
L'école recommençait à deux heures. Déjà, après une simple matinée, Dorothy retournait à son travail en dissimulant sa répugnance et ses craintes. Elle commençait à se rendre compte de ce à quoi sa vie ressemblerait, jour après jour et semaine après semaine, dansd cette salle sans soleil, à essayer d'inculquer des rudiments de connaissance à des gosses réticentes. Mais lorsqu'elle eut rassemblé les élèves et fait l'appel, l'une d'elles, une petite gamine pâlotte aux cheveux châtain terne qui s'appelait Laura Firth, vint à son bureau et lui fit présent d'un pathétique bouquet de chrysanthèmes marron-jaune, "de la part de nous toutes". Les élèves s'étaient prises de sympathie pour Dorothy et avaient réuni quatre pence pour lui acheter des fleurs.

Quleque chose s'ébranla en Dorothy lorsqu'elle prit cette affreux bouquet. Elle regarda d'un oeil nouveau ces enfants anémiques aux vêtements râpeux et fut brusquement saisie d'une honte terrible au souvenir qu'elle les avait regardées le matin avec indifférence, presque avec aversion. A présent, une pitié profonde l'étraignait. Les pauvres enfants, les pauvres enfants ! Comme on les avait bridées et maltraitées ! Et malgré cela, elles avaient conservé leur gentillesse enfantine et gaspillé leurs quelques sous pour offrir des fleurs à leur professeur.

Elle considéra alors son travail d'une manière complètement différente. Un sentiment de loyauté et d'affection avait jailli dans son coeur. Cette école était son école ; elle travaillerait pour elle, elle en serait fière et elle ferait tout ce qu'elle pourrait pour transformer ce lieu d'esclavage en un lieu humain et convenable. Elle pourrait probablement ne faire que bien peu de chose. Elle était si inexpérimentée et si indigne de ce travail qu'il fallait d'abord qu'elle étudie elle-même avant de commencer à enseigner à autrui. Cependant, elle erait de son mieux ; elle ferait tout ce que la bonne volonté et l'énergie permettent de faire pour sauver ces enfants des ténèbres dans lesquelles on les avait gardées.

la suite est un calvaire pour cette pauvre fille...

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MessageSujet: Re: George Orwell   George Orwell - Page 2 Icon_minitime

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