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 Charles Ferdinand Ramuz [Suisse]

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colimasson
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MessageSujet: Re: Charles Ferdinand Ramuz [Suisse]   Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Icon_minitimeSam 1 Sep 2012 - 18:43

nezumi a écrit:
oh, même si le cadre est savoyard, ça n'a rien à voir avec un "roman du terroir" et comme souvent chez Ramuz l'histoire prend une dimension universelle, avec cet homme qui poursuit une chimère...

Enfin, c'est toi qui vois. sourire Tu l'as lu Animal ?

D'accord ! Merci pour le conseil Nezumi content
Si je le vois, je penserais à toi et je m'attarderais sur le livre, c'est certain. Mais je vais commencer avec ceux que j'ai repéré en priorité Wink

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J’ai presque vingt ans ! Me voici à la fin de ma vie, et je n’ai rien accompli !
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MessageSujet: Re: Charles Ferdinand Ramuz [Suisse]   Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Icon_minitimeDim 30 Sep 2012 - 19:06

Passage du poète

Lorsque le vannier itinérant Besson arrive, à l'orée du printemps, dans ce village de vignerons des bords du Léman, ses habitants sont englués dans leurs soucis personnels. Il s'y installe, tresse ses paniers sur la place du village, et peu à peu sa présence tranquille et silencieuse, sa silhouette aperçue arpentant les coteaux environnants agissent sur les villageois, les rendent plus sensibles aux petits bonheurs quotidiens.
"Pendant ce temps, sur la place, Besson continue à faire ses paniers, disant le pays et le refaisant, mettant les lignes de l’osier l’une sur l’autre, comme l’écrivain ses vers ou sa prose; - disant le pays et ses murs par les tiges de l'osier dont il met les unes en travers et les autres viennent s'y nouer;"
A mesure que la saison avance et que les travaux viticoles s'enchaînent, ils s'éveillent à la beauté de ce qui les entoure, au sens et la portée d'un travail ingrat et peu rémunérateur mais qui les unit à cette nature qu'ils remodèlent depuis des siècles, à la terre, à la montagne, à l'eau, au ciel. Et c'est quand cette unité est réalisée, entre les hommes de la communauté, entre les hommes et la nature, que la mission de Besson s'achève et qu'il peut disparaître dans la nuit pour la poursuivre ailleurs.

On a vu que dans la Beauté sur la terre et Le Garçon Savoyard, l'arrivée de la beauté est perturbatrice, sa vision éblouit mais la réalisation qu'elle est inatteignable provoque désir, violence, désespoir et désunion.
Passage du poète développe ce thème de manière bien plus apaisée car le personnage du poète, ici de façon métaphorique le vannier Besson, est présenté par Ramuz comme l'intermédiaire nécessaire entre les hommes et la beauté. Le rôle du poète est de révéler aux hommes la beauté nichée dans les détails du quotidien, de leur apprendre à la reconnaître et à devenir poètes à leur tour, pour que graduellement cette beauté les élève vers l'unité et le divin.
Entre réalisme et mysticisme, ce beau roman profond mais accessible semble démontrer que plus qu'un art littéraire, la poésie est tout simplement l'art de vivre.

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MessageSujet: Re: Charles Ferdinand Ramuz [Suisse]   Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Icon_minitimeDim 30 Sep 2012 - 19:28

animal a écrit:


C'est bien d'un écrit de célébration très ramuzienne qu'il s'agit, avec les particularités qui vont avec (ce qui gênera peut-être les réfractaires) mais c'est un tableau aux multiples fragments qui font sens et se rejoignent et font sens encore. Et plus qu'une grande fresque, c'est presque un tableau cubiste qui assemble les perspectives et les traits pour former son ensemble et révéler son message, fait d'ombres et de lumières. Le jeu des rythmes est incroyables entre des instants et des longueurs vivantes qui sont sans temps, le jeu des formes l'est tout autant.

Voilà, tu as bien mis en mots ce que je ressentais sans arriver à l'exprimer, cette façon très particulière de décrire le paysage de façon subjective, géométrique, morcelée mais au final très évocatrice.


Une mise en parallèle intéressante de l'écriture de Ramuz et de la peinture de Nicolas de Staël ICI.
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MessageSujet: Re: Charles Ferdinand Ramuz [Suisse]   Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Icon_minitimeDim 30 Sep 2012 - 20:13

Citation :
On ne sait jamais le temps qu'il va faire.
C'est pourquoi, d'avril à octobre, ils tiennent la tête levée.
Là-haut est leur véritable banque; là-haut ils ont placé leur capital. Depuis le commencement d'avril et jusqu'après les vendanges, ce qui fait sept mois, jour après jour, et tout le long du jour, et dès qu'ils sont debout et encore avant de se mettre au lit, ils regardent là-haut vers le temps qu'il va faire.
Car il se fait sans eux, le temps, et bien souvent même contre eux et ils ne peuvent rien y changer, alors ils ont appris à obéir, mais ont appris aussi à être attentifs et à lire les signes qui sont écrits sur cette page vite tournée, à ce ciel qui est comme un livre qui aurait tellement de pages que la même ne se présenterait jamais deux fois. Le tout petit mot d'un nuage qui est apparu, qui s'en va ; la ligne écrite en gris du brouillard traînant à mi-mont; la coloration d'un coucher de soleil; quand la lune a une couronne comme une mariée; - et sur la terre aussi les signes : la limace qui sort, l'araignée qui tisse sa toile, les taons qui sont méchants, l'hirondelle qui vole bas...
(p. 33)
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MessageSujet: Re: Charles Ferdinand Ramuz [Suisse]   Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Icon_minitimeDim 30 Sep 2012 - 20:21

ah très content que la lecture t'ait plu !

c'est un texte que j'ai vraiment beaucoup aimé.

et merci pour le lien. Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 636751

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MessageSujet: Re: Charles Ferdinand Ramuz [Suisse]   Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Icon_minitimeVen 12 Oct 2012 - 14:44

Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 97822410

Joie dans le ciel

quatrième de couverture a écrit:
Les habitants d'un village vaudois ressuscitent et regagnent leurs maisons, remises à neuf. Adèle, retrouve, son bâtard, qu'elle avait, dans une autre vie, noyé dans la rivière ; l'aveugle voit ; l'amputé marche. L'oppression, l'argent n'existent plus. Ramuz chante un monde rustique, idéal et transparent, d'où le temps s'est absenté... Mais comme il n'y plus de passé, plus d'avenir, il n'y a plus de souvenirs, plus de projets. Bientôt, l'ennui mord les âmes. Il faudra que l'infernale cohorte des punis, restés dans leur tombeaux et qui veulent s'en évader, revienne menacer le village pour que ses habitants mesurent enfin leur félicité. Le message de l'auteur est clair comme ses mots, violent comme ses images : pas de bonheur, pas d'éternité sans souvenir du mal.

Ça en dit beaucoup sur ce texte assez court (170 pages en cahier rouge Grasset écrit gros) mais ce n'est pas très grave pour le futur lecteur car à part une idée de la dimension et une vision trop imprécise du résultat il n'est pas tant renseigné.

Il ne s'agit pas d'un des récits les plus porteurs de Ramuz, au sens où le lecteur se retrouverait emmené puissamment par le récit, cependant il n'est pas moins ressemblant, très ressemblant à cet univers particulier. La dimension biblique, métaphysique, est pleinement assumée ainsi qu'avec une évidence assez surprenante la force surréaliste. En effet si on reconnait bien les vignettes, les petits portraits chers à l'auteur, des villageois de la montagne, la définition par petites touches de la communauté, elle est ici impossible. Après la résurrection la félicité de ces personnages qui retrouvent leur "vie d'avant" mais réparée de l'injustice dans une saison pour toujours clémente n'occulte pas cette impossibilité, ce qui signifie que l'inquiétude dans les pages de joie est omniprésente.

Et la conclusion est moins claire, alors que l'image (écriture picturale et toute en transitions par le mouvement, comme un déplacement cinématographique) se fait plus forte et contrastée, mais alors avec l'appel d'évocations de l'enfer ( ?) plus anciennes dans leur esprit que l'image moderne apparente dans d'autres récits, et bien la dimension biblique est plus trouble. On a bien aperçu la gardienne de chèvres dans le rôle de "l'oiseau de mauvais augure", du lien solitaire et sombre entre le village et la montagne et on verra que c'est la montagne qui garde la puissance divine, ou bien s'agit-il d'une présence.

Reste à voir. Tout n'est pas si simple, la conclusion moraliste non plus. Disons que la sensation de mystère est grande dans ce texte particulier, évident dans certains tours, étrangement familier. Il est peut-être une autre belle introduction à l'auteur. Bizarre, familier, insaisissable, fantastique... et la grandeur dans la simplicité, l'affirmation du geste appuyé dans l'écriture, comme le trait épais ou la couleur vive, ou une rupture dans l'équilibre de la peinture.

Obsédant, obscur et inquiétant malgré toute la lumière.

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MessageSujet: Re: Charles Ferdinand Ramuz [Suisse]   Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Icon_minitimeDim 14 Oct 2012 - 16:27

Extrait ?

Citation :
Une seule semblait ne s'être aperçue de rien.
Elle allait comme avant, sans voir la différence; c'était déjà Thérèse Min dans l'autre vie - c'est encore Thérèse Min. Une figure jaune comme du beurre d'herbe, une toute petite tête ronde; un cri toujours le même et deux ou trois gestes toujours les mêmes, dedans.
Toujours la même Thérèse Min - la même guenille de robe, les mêmes gros souliers gris sans forme faisant penser à deux cailloux, le même chapeau de paille dont on aurait dit que les bords avaient été rongés par les souris.
Et c'est bien le même métier aussi; on est gardeuse de chèvre, alors on a perdu jusqu'à l'habitude de parler. Le langage qu'on parle aux chèvres n'est pas celui dont se servent les hommes. Le langage qu'on leur parle est une pierre qu'on leur jette, quand elles s'écartent trop de vous; un certain cri aussi qu'on pousse, en même temps qu'on leur présente sa main vide comme s'il y avait du sel dedans.
Elle s'en allait tout près des rochers, là où l'herbe n'est plus d'assez bonne qualité, ni assez fournie pour les vaches. Elle s'asseyait par terre, elle tricotait son bas. Quand elle avait faim, elle ouvrait un petit sac de cuir qu'elle portait pendu autour du cou à une courroie; quand la soif lui venait, il y avait l'eau du ruisseau.
Bien toujours la même Thérèse, bien toujours le même métier - et bien toujours aussi ces bêtes un peu folles.
Elles vont et se déplacent comme des morceaux de neige, on pense : "Il y a des petites avalanches"; c'est comme quand des paquets de neige dégringolent; on se dit aussi : "Pourquoi est-ce que ce tronc de sapin s'est mis à bouger ?
C'est pointu, anguleux, ça ressemble à une toile de tente mal tendue sur ses piquets; c'est brun comme de l'écorce, gris comme la roche, brun-noir comme la terre des forêts de sapins; c'est blanc, ça n'est pas blanc; ça reste un long moment sans bouger; tout à coup...
Et : "Té... té..."
(Un petit bruit aussi d'oiseau qui pique un ver; le bruit se tait.)
"Té... té... "
(Un autre petit bruit, c'est l'oiseau qui s'envole.)
"Té..."

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MessageSujet: Le garçon savoyard   Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Icon_minitimeVen 21 Déc 2012 - 20:41

Le garçon savoyard (1936)

C'est un des romans de Ramuz qui se passe de l'autre côté du lac. Joseph travaille sur une barque qui transporte des pierres vers la rive suisse. Un peu rêveur, un peu inquiet, parfois renfrogné. Un jour, côté suisse, il assiste à un spectacle de cirque et au numéro d'une belle acrobate. Une illumination et une damnation. Il ne la reverra pas et ne l'approchera pas.

Dans son petit village de Savoie ce souvenir le hante. Pourtant il doit bientôt se marier avec Georgette, pourtant les barques sont remplacées par des chalands à moteur, et une nouvelle serveuse, Mlle Mercédès arrive au café Le Petit marin. Elle apparait comme la tentation inachevée, ma jeune femme perdue entre les deux mondes. Le monde encore paysan de Georgette et le monde encore inaccessible d'un absolu métamorphosé en innombrables possibilités et en beauté au pouvoir d'omniscience (formidable vie des décors du cirque).

Dans se récit, encore une fois puissamment hanté sur lequel plane l'inquiétude sans âge, Ramuz tend son fil entre les extrêmes et y exerce son propre numéro d'équilibriste sur la corde raide. Lui, auteur d'un certain absolu parmi d'autres, à sa manière, se garde de recoller les morceaux des âmes. Cette fois l'épreuve continue.

Très fortement ancré dans son temps moderne de mutation technique et spirituelle, culturelle, c'est le mode de vie qui ici est changé, l'histoire évoque un paradis perdu, mais quel paradis ? et une liberté de puissance, de force ou de beauté, mais laquelle ? Derrière les allures incomparables de sa chronique paysanne, attentive entre les forces inaltérables de la montagne et du ciel, Ramuz ramène le lecteur vers le doigt qui montre la lune. Dans la force de ces femmes, dans l'égarement de Joseph ou la désespérance du père Pinget, il y a la manière de montrer la beauté, ou de la créer ?

La réponse n'est peut-être pas suffisante mais l'action précise et motivée de Ramuz mérite encore une fois qu'on s'attarde et se laisse emmener sur les sentiers de ses tableaux imagés de l'esprit. Encore une fois on pourrait se perdre dans les images, les échos, les retours, les motifs, les mouvements, les jeux d'oppositions et de répétitions...

C'est un excellent livre qui peut bien se ranger entre Derborence et Si le soleil ne revenait pas si on voulait encore insister sur l'intensité de son rapport à son temps... et d'autres qualités qui ne cessent de me fasciner.

Et un très grand merci à Nezumi pour celui-là ! bonjour

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MessageSujet: Re: Charles Ferdinand Ramuz [Suisse]   Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Icon_minitimeSam 22 Déc 2012 - 9:48

Contente qu'il t'ait plu. Je m'y connais beaucoup moins en univers ramuzien que toi, mais j'ai l'impression que ce roman, dans une forme courte, offre la quintessence de sa pensée sur la condition humaine. Il paraît même que c'était l'oeuvre dont il était le plus satisfait.
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MessageSujet: Re: Charles Ferdinand Ramuz [Suisse]   Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Icon_minitimeSam 22 Déc 2012 - 9:56

Oui on pourrait dire qu'il est extrêmement représentatif. Comme d'autres... peut-être a-t-il autant usé de motifs mais sont ils plus confus ou imbriqués. Et puis il y a le drôle de rapport entre les deux rives, la rive suisse est du côté moderne, comme coupé de la tension du drame ce qui en plus de la tension du drame fait apparaitre une certaine culpabilité. Culpabilité qui va de pair avec le fait de sciemment rater quelque chose, passer à côté et rater.

Extrait bientôt.

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MessageSujet: Re: Charles Ferdinand Ramuz [Suisse]   Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Icon_minitimeSam 22 Déc 2012 - 10:10

Animal, tu commences à me titiller avec ton Ramuz
Dans l'optique de ne pas manquer de projets en 2013: à la médiathèque, ils ont:
Aline
La Grande peur dans la montagne
Derborence

Est ce que ça irait pour commencer?
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MessageSujet: Re: Charles Ferdinand Ramuz [Suisse]   Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Icon_minitimeSam 22 Déc 2012 - 10:16

ça irait sans problème, Derborence est le plus emblématique sans doute et les deux autres pourraient être déroutants pour des raisons bien différentes. Les trois sont à lire et surtout cet auteur à découvrir.

Plus je le lis et plus je l'apprécie, et on peut lire une ligne ou dix pages ça n'est pas si important. C'est un très beau projet pour 2013 et ça me fait très plaisir aussi. cat

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MessageSujet: Re: Charles Ferdinand Ramuz [Suisse]   Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Icon_minitimeSam 22 Déc 2012 - 13:26

topocl a écrit:
Animal, tu commences à me titiller avec ton Ramuz
Dans l'optique de ne pas manquer de projets en 2013: à la médiathèque, ils ont:
Aline
La Grande peur dans la montagne
Derborence

Est ce que ça irait pour commencer?

J'ai découvert Ramuz avec Derborence que j'ai beaucoup aimé...Et puis ensuite La grande peur dans la montagne...Animal a raison, c'est une valeur sûre...J'en ai encore deux ou trois dans ma PAL que je n'oublie pas...
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MessageSujet: Re: Charles Ferdinand Ramuz [Suisse]   Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Icon_minitimeDim 23 Déc 2012 - 22:40

extrait du Garçon savoyard :

Citation :

Il était calme et triste, voilà tout. Il s'était assis sur le mur en face des chalands et de la Vauderre, qui sont aux hommes : alors d'abord ils se servent du vent qui est une force pas à eux, puis ils s'inventent une force à eux. D'abord ils ne font qu'emprunter par des voiles au bord extrême du mouvement de l'air qui se fait sans eux et au-dessus d'eux, courant en grand désordre à cinq ou six sur le pont; puis il y a un homme qui est assis devant un cadran. Tout change. Et il y a un petit vieux qui ne peut plus changer. Tout change et meurt, voilà les hommes, c'est ce qu'il se disait, regardant les étoiles bouger là-haut comme elles font depuis toujours et pour toujours, dans le repos ; parce qu'on ne se repose pas, nous, les hommes. Mais il y en a une quelque part (c'est ce qu'il se dit) qui est là-haut quand même, mêlée à l'air, sans poids, légère, oh ! tellement légère, tellement au-dessus de nous. Il y en a une quand même qui ne change peut-être pas, étant parmi des choses qui durent; ou bien est-ce que j'ai rêvé ?
C'est le garçon savoyard, il est assis sur le mur du quai.
Il pouvait être maintenant dix heures ; il entend une voix qui dit :
- Est-ce qu'on y va?
Une autre voix répond :
- Allons-y.
C'étaient les hommes qui sortaient du café.
- Au revoir mademoiselle Mercédès... Et la prochaine fois, puisque ce n'est pas encore pour cette nuit... Dommage...
Ils ont fait en s'en allant un bruit trainé et mou, parce qu'ils ont des semelles de corde et ils marchent sans lever les pieds.

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MessageSujet: Re: Charles Ferdinand Ramuz [Suisse]   Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Icon_minitimeMer 24 Avr 2013 - 15:55

Derborence

Le destin s’armant de subterfuges et d'intermédiaires pour vous amener vers de nouveaux horizons, j'ai découvert Derborence.

Et d'abord, c'est quoi ce Déborence ce mot qu'on ne comprend pas et qui sonne si bien à l'oreille ? Petit détour par Wikipedia

Citation :
Derborence est une localité de la commune de Conthey dans le canton du Valais, en Suisse. La vallée de la Lizerne aboutit en amont dans le cirque de Derborence.
Deux éboulements s'y produisirent en 1714 et en 1749, provenant de l'effondrement de la falaise sous le glacier des Diablerets, au lieu dit la «Quille du Diable». Le premier est le plus meurtrier, tuant quatorze ou quinze personnes et de nombreuses têtes de bétail3. Cette catastrophe forme le sujet du roman Derborence de C.-F. Ramuz. Le second est plus important mais la plupart des bergers valaisans avaient pu fuir et seuls cinq Bernois qui n'avaient pas voulu partir périrent4. Le lac de Derborence est né de cet éboulement.
Derborence est, depuis 1961, un site naturel protégé, interdit à la chasse, et comprend autour du lac une réserve de 260 ha gérée depuis 1959 par Pro Natura. Le site abrite une population de bouquetins, chamois, marmottes, ainsi qu'un couple de gypaètes barbus, issus d'un programme de réintroduction et qui a donné naissance à un petit au printemps 2007.

Alors donc, ce domaine de Derborence, cette merveille des randonneurs, ce site grandiose qui offre une part de bonheur au promeneur, avec ses villages de montagne et ses chalets d'alpages,

Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Images10

il faut y regarder de plus près, et découvrir cela, pour comprendre :

Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Derbor10

Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Derbor11

Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Derbor12



Oui, Derborence, avant d’être un parc sublime protégé des hommes, fut un drame local qui les décima.

Fière de cette connaissance toute neuve, mon livre inconnu (de moi) d’un auteur presque inconnu (de moi) sous le bras, j’ai ouvert le fil. Et là… 17 pages !!! … Je me suis (gentiment) moqué de moi et je suis retournée lire le livre.
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MessageSujet: Re: Charles Ferdinand Ramuz [Suisse]   Charles Ferdinand Ramuz [Suisse] - Page 17 Icon_minitime

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