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| | Auteur | Message |
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jack-hubert bukowski Agilité postale

Messages: 975 Inscription le: 24/02/2008 Age: 31
 | Sujet: Nelly Arcan Jeu 28 Fév 2008 - 23:09 | |
|  Salut! Conformément à une promesse que je me suis fait, je vous présente des écrivain-e-s québécois-es de façon graduelle. Ainsi, Nelly Arcan me vint à l'esprit. Sorte d'opus médiatique, de 11 septembre féminin, Hubert Aquin nouvelle vague, Nelly s'est illustrée en 2001 avec la parution en France, du roman Putain. Le livre suscita un tel tollé, étant orchestré dans la campagne médiatique que Nelly en fit, faisant planer toutes sortes d'intrigues et de mystères à propos de savoir si elle aurait été "putain" ou non. La vérité importe si peu, car elle a été assez crue. Fin 2001, début 2002, j'allai à une de ses conférences à l'UQAM. Surtout intrigué, je voulais voir de quoi elle avait l'air et comment elle s'exprimait en public. J'étais relativement mitigé, car Nelly regardait ses notes, sur-analysait son roman et ses procédés, et manquait d'interagir avec l'auditoire, se contentant de paraître indifférente, mais surtout distante. Depuis lors, on apprit qu'elle a été putain, et elle écrivit Folle et À ciel ouvert. Beaucoup de bruit pour rien... je n'en serais pas si certain... mais son personnage en impose. Elle ose être et s'affirmer, faire fi du discours comment dire... misogyne et refus de voir la femme s'affirmer, prendre plus de place et même, jouer les sexy... en tout cas, être écrivaine et sexy est plutôt encore mal perçu de nos jours. Nelly ose. Chapeau à elle. |
|  | | jack-hubert bukowski Agilité postale

Messages: 975 Inscription le: 24/02/2008 Age: 31
 | Sujet: Re: Nelly Arcan Sam 26 Sep 2009 - 9:30 | |
| Nelly Arcan est morte récemment. Serait un suicide apparemment. C'est drôle, car ses romans laissaient le présager... tellement que j'écrivis un texte il y a deux semaines, un 11 septembre en prime, la mettant une fois de plus, sur le même pied d'égalité qu'Hubert Aquin.
Se réapproprier le sens de la Conquête... Nelly Arcan, tout comme Hubert Aquin, voulut la dominer...prit la mesure de ses actes, et écrivit Paradis, clef en main avant même de laisser son dernier soupir. |
|  | | jack-hubert bukowski Agilité postale

Messages: 975 Inscription le: 24/02/2008 Age: 31
 | Sujet: Re: Nelly Arcan Sam 23 Jan 2010 - 11:47 | |
| En marge de certains travaux universitaires de ma plume, Nelly Arcan reste un chuchotement persistant. Dans un premier texte d'Anne Hébert, je l'évoquai une première fois. Dans le travail sur Ducharme, j'en fis une synthèse plutôt élaborée. La voici :
«Telle est la démarcation laissée par l’œuvre de Réjean Ducharme. Car il y a bel et bien eu un avant et un après-Ducharme. [...] Enfin, il n’y aurait peut-être pas été question d’une certaine reprise intertextuelle inscrite dans la persona de l’écrivaine décédée Nelly Arcan. Cette dernière se trouve justement à incarner le pendant féminin d’Emile Nelligan dans le choix même de son nom de plume, figure pionnière utilisée notamment par les Réjean Ducharme et Hubert Aquin.
[...]
La littérature québécoise tend à se rapprocher de l’image-frontière d’un peuple illettré et analphabète, et c’est ce que Réjean Ducharme tente de passer comme témoin, parmi cette confrérie d’écrivains de la Révolution tranquille. Cette frontière si ténue s’imbrique dans la conversation qui s’entame entre Hellhenn et Johnny dans les derniers détours du roman, le moment à lequel Hellhenn récite une histoire et que Johnny enchaîne avec une relecture du cahier de Walter. Elle lui dit alors à mi-chemin : « Je connais, il m’en a lu des bouts. J’ai failli en hériter. […] On a roulé toute la nuit. À écouter cliquer le compteur de ses derniers milles, parce que c’est toujours ses derniers milles… (GM, 347-348) » Nous pouvons ainsi apercevoir une ultime autoréférence au personnage de Mille Milles. À titre de rappel, Mille Milles apparaît comme ce personnage archétype de l’univers ducharmien. Balloté entre l’enfance et la vie adulte, Mille Milles conclut un pacte avec Chateaugué, un pacte qui approche le suicide symbolique. Le refus de s’astreindre à dépasser les rapports amicaux, même en dépit du partage du lit et d’une certaine intimité traduit cette immaturité sentimentale. De même, le « gué », pour indiquer la terminaison nerveuse et la déformation symbolique de la ville de Châteauguay, traduit la possibilité de traverser une rivière, sonder les sentiments en question et sembler passer sous le « gui » d’une passion naissante.
[...]
Comme nous l’avons déjà vu tout au long du texte, Réjean Ducharme hisse son réseau intertextuel à une hauteur incomparable. Empruntant la démarche de Lautréamont à son profit, Ducharme
« l’extrême passé québécois, celui que tout le monde veut oublier, la figure étrange de Marie de l’Incarnation. Il ne s’agit pas de croire, de se redonner à croire. Ces grandes figures, aussi peu naturelles que possible, Réjean Ducharme les jette en travers d’une normalité qui, vouée au progrès tous azimuts, prétend faire l’économie de la souffrance, de la mort, du tragique. » [Gilles Marcotte, «Réjean Ducharme, lecteur de Lautréamont », Études Françaises, vol. 26, n°1, 1990, p. 104-105]
Il nous est possible de voir l’empreinte ducharmienne combinée à la souffrance d’être d’une certaine manière, comme une extension possible de l’identité québécoise. Tout comme Ducharme, Hubert Aquin passe pour un plagiaire exemplaire des grandes œuvres littéraires. Nelly Arcan a décidé de ponctuer son implication dans la démarche de date récente. Nous pouvons la voir comme la contraction de Tate (être fusionnel de Mille Milles et Chateaugué) sur un plan réellement symbolique. Toutefois, cette mise en garde de Ducharme via l’un de ses narrateurs :
« « Je voulais te tuer!... Tu sais ça?... » […] Me tuer moi?... Depuis quand on tue ceux qu’on aime?... -Toi?... Toi?... T’aimer toi?... » […] « Je t’aime bien, moi!... » (GM, p. 354-355) »
permet de voir la procession d’un certain rituel selon lequel : « [J]e me mets derrière moi en marchant et je me regarde aller, comme un idiot, ou deux idiots, ou tout une filée, l’un réfléchissant l’autre à répétition, en chenilles processionnaires (GM, 211). »»
Chuchotement persistant ou non, je reste relativement illettré de la plume de Nelly Arcan, même si j'ai cerné certains fragments du personnage littéraire qu'elle aura incarné sur la scène de la littérature mondiale. Il me reste à chuchoter ses mots à ma propre manière, de manière à signer un certain destin de notre littérature toujours naissante. |
|  | | bulle Zen littéraire

Messages: 6861 Inscription le: 02/07/2007 Localisation: L'océan devant!
 | Sujet: Re: Nelly Arcan Mar 13 Avr 2010 - 18:28 | |
| J'avance rapidement finalement dans "Putain" Ma première impression...ouf quels parents elle a eu... Un père trempé dans la religion jusqu'au cou sinon complètement . Un obsessif religieux, qui selon moi , par rebellion à la religion ,sa fille à fait d'elle une putain. Sa mère n'était pas mieux. Une endormie continuelle clouée au lit. (dépression???) peut-être. Une soeur, une grande soeur qu'elle n'aura jamais connue car elle est morte un an avant sa naissance. Cynthia ( sa soeur) avait 8 mois.
Comme nom de "putain" elle utilisera le nom de Cynthia justement.
Elle voit passer d'innombrables clients hommes d'affaires à sa chambre avant que le brouhaha des businessman commence. Des gros, des laids, des vieux, de toute nationalité y compris un rabbin. Elle était devenue bouche et sexe pour eux. Des clients réguliers, des clients de passage. Certains avec des comportements assez spéciaux. Finalement c'est un livre qui décrit parfaitement la vie de putain. Ce qui comptait pour elle, c'était l'argent,l'argent pour acheter tout ce qu'elle désirait. ouff.. mais à quel prix. |
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