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 Laurent Gaudé

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coline
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MessageSujet: Laurent Gaudé   Jeu 1 Fév 2007 - 10:52



Laurent Gaudé (6 juillet 1972, Paris).

Bibliographie

Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)
Romans
2001 Cris, Pages 7, 25,
2002 La mort du roi Tsongor (Prix Goncourt des lycéens - Prix des libraires), Pages 2, 6, 9, 17, 18, 20, 25
2004 Le soleil des Scorta (Prix Goncourt - Prix Jean Giono), Pages 1, 2, 3, 9, 15-16, 22, 24
2006 Eldorado, Pages 1, 2, 3, 6, 14, 20, 25,
2008 La porte des enfers, Pages 5, 6, 7, 9, 10, 11, 12, 17, 18, 21 22, 24, 25
2010 Ouragan, Pages 20, 21, 22, 23
2012 Pour seul cortège, Pages 24, 25

Théâtre
1999 Combats de possédés,
2000 Onysos le furieux, Page 20
2001 Pluie de cendres,
2002 Cendres sur les mains,
2002 Le Tigre bleu de l'Euphrate,
2003 Salina, Page 6
2003 Médée Kali,
2004 Les sacrifiés : Pages 1, 3
2008 Sofia Douleur,
2009 Sodome ma douce, Page 20
2011 Mille orphelins suivi de Les Enfants Fleuve,
2012 Caillasses : Page 23

Nouvelles

2006 Sang négrier,
2007 Dans la nuit Mozambique, Pages 1, 2, 14, 15
2011 Les oliviers du négus, Pages 22, 23

Citation :
Mise à jour le 15/02/2014, page 25


Dernière édition par kenavo le Sam 15 Fév 2014 - 13:24, édité 21 fois (Raison : Mise à jour)
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coline
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Jeu 1 Fév 2007 - 10:54

ELDORADO

Depuis le mois d’octobre ce livre m’attendait…Je faisais toujours passer un autre, puis un autre avant…
Pourquoi ?
Peut-être la peur d’être déçue après avoir été enthousiasmée par Le roi Tsongor, Le soleil des Scorta et les pièces de théâtre de Laurent Gaudé, notamment Les sacrifiées.
Peut-être aussi à cause de quelques réserves émises çà et là par les critiques…J’avais lu « trop superficiel », « pas assez travaillée l’écriture », « le sujet méritait mieux que ça »…

Comme quoi rien ne vaut une estimation personnelle en matière de lecture…J’ai a-do-ré ce roman !
Son sujet : l’émigration clandestine en Europe.

« Pour la mafia des pouilles, en Italie, l’argent généré par le trafic d’immigrés est devenu supérieur à l’argent généré pas le trafic de drogue. » dit Laurent Gaudé dans une interview.

Puis :

« J’ai été un peu rattrapé par cette réalité-là, les images de l’assaut des barbelés des enclaves espagnoles au Maroc, les images d’émigrants africains tentant de passer à Ceuta et Melilla »

Voilà l’actualité brûlante qui a inspiré ce roman humaniste et bouleversant. Bouleversant à faire pleurer d’émotion tant les situations sont cruelles. Et tant certains hommes qui les vivent, à la limite de devenir des bêtes pour sauver leur peau ou appliquer les lois, ont en eux au dernier moment de magnifiques sursauts d’humanité.

L’action d''Eldorado' se déroule entre le Moyen-Orient, l’Italie et l’Afrique. C’est le récit des destins croisés d'un commandant et d'un candidat à l'émigration.

Le commandant Salvatore Piracci est un gardien des frontières. Patrouillant au large de la Sicile, il tente d’endiguer depuis plus de vingt ans, aux commandes de son navire, le Vittoria, le flot des émigrants qui tentent d’aborder les côtes européennes.
Un jour, une femme qu'il avait sauvée vient lui demander, avant de repartir au Proche-Orient, de lui donner une arme. Une arme pour se venger des passeurs qui l'avaient abandonnée en pleine mer où elle a perdu son enfant.
Ecoutant son récit, Salvatore Piracci a une prise de conscience :

«Je me dis que je ne suis que la malchance, le visage laid de la malchance. Ceux que j'attrape ne sont qu'une infime partie de ceux qui tentent la traversée [...] Depuis près de vingt ans, je promène ma silhouette sur la mer et je suis le mauvais œil qui traque les désespérés

Ses dernières interventions lui semblent au-dessus de ses forces .

Extrait :

« Ils finirent par apercevoir les embarcations. A deux cents mètres. A peine. Ballottées par les flots.
- Combien ? demanda le commandant.
- Deux, répondit Gianni.
- Deux, çà ne suffit pas, maugréa le commandant à part soi.
Le surgissement de nulle part de la frégate fut accueilli par des hurlements de joie dans les deux canots. « C’est bon signe », pensa le commandant. Il savait que les hommes véritablement épuisés, ceux qui ont vu mourir leur voisin ou qui se battent contre la faim, ne crient pas.
Gianni jeta une échelle de corde et l’opération de montée à bord put commencer. Il n’y avait manifestement pas ni blessés ni personne dont l’état empêchait le transport. Cela allait être simple et rapide. Le commandant resta sur le pont et observa les silhouettes qui, les unes après les autres, s’extrayaient de leur canot et s’agrippaient avec rage à l’échelle qui allait les sauver. Pour un instant encore, il était en train de sauver des vies. De soustraire des êtres à l’engloutissement. Pour un instant encore, il n’y avait que cela. Dès qu’ils auraient tous pris pied à bord, il allait devoir redevenir le commandant italien d’un navire d’interception. Il aurait voulu que cet instant s’étire éternellement, que ce soit cela son métier : une quête dans la nuit à la recherche d’embarcations perdues. Un combat entre lui et la mer. Rien d’autre. Reprendre les hommes à la mort. Les extirper de la gueule de l’océan. Le reste, tout le reste, les procédures d’arrestation, les centres de détention, les tampons sur les papiers, tout cela, à cet instant, était dérisoire et laid. »'


Le commandant Piracci abandonnera sa fonction pour entreprendre un voyage vers le sud. Il veut remonter le chemin des immigrants.
Il va croiser Soleiman, candidat soudanais à l’émigration, sur un marché à Ghardaïa en Algérie.
Soleiman, que son frère Jamal a accompagné jusqu’à la première frontière. Soleiman, si jeune et longtemps si seul pour accomplir un terrible voyage initiatique.
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Jeu 1 Fév 2007 - 10:58

« Le soleil des Scorta » est celui de la région des Pouilles en Italie (le pays de Gelsomina avant qu’elle ne prenne La Strada avec Zampano !). Un soleil écrasant plus précisément le village aux terres arides de Montepuccio. C’est là que vivent les Scorta.

L'histoire de la famille Scorta se déroule sur un siècle (1870 à nos jours).
Parce qu'un viol a fondé leur lignée, ils sont nés dans l'opprobre. Une famille de "pouilleux" qui peu à peu, sur quatre générations, parvient à subsister, à planter ses racines , à saisir sa chance, à transmettre ses valeurs ,à s'accorder aux beautés de sa terre natale

Ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riches. Mais ils ont fait vœu de se transmettre, de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, leur richesse c’est une expérience, un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie.

Mais le sang des Scorta transmet, de père en fils, l'orgueil, la fierté, la démence et la rage de vivre de ceux qui, seuls, défient un destin retors . Un destin qui génère une solidarité familiale devant les difficultés. Quel que soit le métier (tenancier d’un modeste bureau de tabac ou contrebandier, travailleur des champs ou pêcheur), les modes d’existence des personnages, rien n’altère jamais ce sentiment très fort d’appartenir à un clan où chacun, enserré dans la chaleur des siens, « le soleil des Scorta », doit « faire de son mieux, puis passer le relais et laisser sa place. »

"Nous avons fait de l'huile avec des cailloux", "C'est de l'or, disait l'oncle. Ceux qui disent que nous sommes pauvres n'ont jamais mangé un bout de pain baigné de l'huile de chez nous. C'est comme de croquer dans les collines d'ici. Ca sent la pierre et le soleil. Elle scintille. Elle est belle, épaisse, onctueuse. L'huile d'olive, c'est le sang de notre terre."

ou encore:

"Regarde la sècheresse de cette terre tout autour de nous, et savoure la richesse de cette huile. Entre les deux, il y a le travail des hommes. Et elle sent aussi cela, notre huile. La sueur de notre peuple. Les mains calleuses des femmes qui ont fait la cueillette. Oui. Et c'est noble. C'est pour cela qu'elle est bonne."

Il y a aussi les secrets. Comme ceux que la vieille Carmela confie à son contemporain, l'ancien curé de Montepuccio, avant que les mots ne viennent à lui manquer.

Roman profondément humaniste que ce dernier livre de Laurent Gaudé récompensé par le Prix Goncourt.
Réflexion sur la vie, sur les vies qui se succèdent de génération en génération. Est-ce que notre destin est marqué d'avance ? Suit-il un chemin tout tracé ? Est-ce que notre vie fait partie intégrante d'autres vies ? Est-ce que tout cela est écrit et que nous n'y pouvons rien ?
Roman de la haine, de la violence, de la misère mais aussi message d'espoir, d'amour, de foi en l'homme.
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coline
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Jeu 1 Fév 2007 - 11:01

"Les sacrifiées"

Mais qui sont donc ces « Sacrifiées » et que raconte cette pièce conçue comme un tryptique ?
Les « sacrifiées » s’appellent Raïssa, Leïla et Saïda, leurs prénoms disent leur origine . Elles appartiennent à trois générations différentes. A travers leur histoire, se raconte l’Histoire…L’Histoire de l’Algérie, depuis la guerre d’indépendance jusqu’à la montée de l’islamisme, en passant par l’émigration – comme autant de cicatrices.

Prix Goncourt en 2005 pour "Le soleil des Scorta", Laurent Gaudé,est un merveilleux conteur d’histoires épiques. Son langage est à la fois si simple et si percutant, si fort.

On retrouve dans « Les Sacrifiées » le thème qui lui est cher : celui de la malédiction qui se perpétue. Ici, elle se décline sans cesse sous un nouveau visage : la guerre, l’émigration, la montée du fanatisme.

On découvre d’abord Raïssa en Algérie pendant la guerre d’indépendance. Maudite parce que sa mère est morte en la mettant au monde, « Fille tueuse de mère » (c'est comme ça qu’on l'appelle), elle est condamnée à mendier, à errer par les collines, ravitaillant parfois les fellagahs…

Leïla, elle, est la fille de Raïssa. Au moment de l’indépendance, Raïssa qui vient de la mettre au monde confie son bébé (je ne veux pas dire pourquoi) à un couple de harkis qui prend le bateau pour la France. Direction Nanterre… Devenue adulte, Leïla , très perturbée, entend enfin de la bouche de sa mère adoptive la vérité sur son passé. Elle décide alors de retourner en Algérie pour retrouver sa mère et tenter de refermer la blessure de l'abandon …

Quant à Saïda, c’est une jeune fille d’aujourd’hui, en Algérie … Une Algérie en pleine construction, libre mais pas complètement, où les femmes n'ont pas encore de place.
Saïda lutte pour l’émancipation de la femme : dans sa famille, son village…On la verrait bien militer au mouvement « Ni putes ni soumises »…

Et à la parole de ces trois femmes que le sort réunit dans cette histoire, s’ajoutent les chœurs des villageois algériens , des soldats français, des émigrés, des jeunes algériens d’aujourd’hui.

Sacrifiées, femmes broyées, Raïssa, Leïla et Saïda témoignent pourtant d'un immense espoir : ces femmes, si pleines d'une envie de vivre, vont se rebeller contre la malédiction. Que chacune soit déracinée, farouche ou jugée indécente, son désir n’est pourtant que de liberté.

Les femmes algériennes, ne sont pas seulement des «sacrifiées», elles sont aussi et plus que jamais de magnifiques résistantes à la domination patriarcale.
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Sam 17 Mar 2007 - 13:24

Le soleil des scorta de L. Gaudé

Lorsque Pierre Jourde revisite son pays natal (« pays perdu »), sec, aride, lozérien, aux habitations rustres pauvrement meublées par des paysans crasseux, c'est uniquement pour y décrire quelques images dévalorisantes d'habitants peu évolués, dont l'autarcie victimise l'aliénation à d'ancestrales coutumes « légumières ».
Laurent Gaudé, auteur de ce roman, épousant son origine italienne, nous invite chez lui, dans ce pays sud Italien, au sein de sa belle-famille. En toile de fond, se trame l'hospitalité rugueuse des villageois, burinée par les accents silencieux des familles de pêcheurs et de cultivateurs. Les regards inquisiteurs déposés sur le visiteur, l'aguerrissent d'emblée à la morsure des éclats de soleil, aveuglant l'imprudent aux heures chaudes de l'été.

Lorsque Garcia Marquez avec « cent ans de solitude », traverse les générations d'une famille aventurière, conquérant pouvoir et destinée, à force d'intrigue et de pression violente, Laurent Gaudé lui, installe ses personnages sur une chaise, à l'ombre d'un olivier, pour écouter tranquillement la confession d'un Scorta sur le point de partir.
Laurent Gaudé satisfait les désirs de gloire des protagonistes en les réunissant au complet lors d'un banquet mémorable, sur un malheureux ponton en bois « trabucco ».
Si Giono cultive le cinabre ou distille le pastel, Laurent Gaudé crépit de sueur les pierres des murs des petites maisons serrées, offertes aux vent de l'Adriatique.
A l'huile d'olive, mélangée aux pierres des collines sèches, la vie fluide des Scorta trace un sillon invisible, comme sang de rocaille sur les pavés de ce village de pêcheurs (les habitants des Pouilles sont ils des pouilleux, au point d'imaginer qu'une union non approuvée par l'ensemble du village, soit un viol de la loi ?)

Ce soleil brûlant dégusté, par les Scorta est une aventure humaine, si quelconque, dans sa banalité qu'elle en devient poignante. A l'aeil qui scrute l'horizon en quête de vie meilleure, l'écrasante chaleur dilue la volonté du rêveur, et si le mirage des jours nouveaux s'estompe peu à peu, c'est pour mieux apprécier la présence des proches (vivants ou non) qui le retient sans trop savoir pourquoi.
« il faut juste faire de son mieux, puis passer le relais et laisser la place »
La vie du clan Scorta, nous accapare tant par ses non-rebondissement, par sa non-aventure pittoresque, qu'on en oublierai presque qu'il existe une autre vie dans le village de Montepuccio.
Le roman est construit autour d'une somme de petits riens qui soude la famille dans l'existence laborieuse des petites débrouilles en évitant toutefois de se compromettre dans la facile dérive du vieux respect puant de l'homme pour l'or.
Chaque membre du clan n'est rien ; il existe uniquement parce que « le nom des Scorta passe à travers lui ».
Parce que l'insignifiance des êtres, peut se conjuguer avec la magnificence de la terre, la raison garde en mémoire, les bienfaits de ce monde (bertrand-môgendre)
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Mar 22 Mai 2007 - 16:32

J'ai terminé Eldorado voici peu et mon avis est plus nuancé que celui de Coline je dois dire...

J'ai beaucoup aimé la très belle écriture de Gaudé qui nous conte le parcours de deux immigrants et celui opposé du capitaine chargé de les intercepter. Problème d'actualité qui nous en révèle les aspects pervers et complexes .
Mais si la première partie et la longue traversée des deux frères sont tout à fait poignantes , le second cheminement (aussi bien intérieur que réel) de ce sicilien en proie aux doutes et au rejet soudain de ses convictions, parti faire le trajet inverse , me parait moins crédible ( et donc nettement moins émouvant )

Laurent Gaudé sait parfaitement nous transmettre cette foi, cette obstination à survivre qui fait la grandeur de ces hommes dont les seules armes face à l'injustice, la cupidité et la cruauté de certains sont leur courage et leur ténacité. Nous suivons pas à pas leur quête de liberté avec respect et émotion et nous ressentons complètement leur soif d'ailleurs .
Les mots sont vibrant d'intensité et de force, à l'image de cet extrait:

"Les jeunes gens que j'intercepte, eux, sont sont toujours plus forts.Ils ont dans leurs muscles la force et l'autorité de leurs vingt ans.Ils essaient de passer et réessaieront une fois, deux fois, trois fois s'il le faut " C'était celà, oui.Le gardien de la citadelle était fatigué tandis que que les assaillants étaient sans cesse plus jeunes ... ils étaient beaux de cette lumière que donne l'espoir au regard ."

La seconde partie est inégale: Si l'image du héros revenu au bout de lui-même et investi d'une mission de" passeur d'âme" est belle en soi , elle ne m'a parue au final que légèrement surfaite , d'autant plus par sa chute (surprenante Rolling Eyes )
J'ai préféré et de loin les descriptions ancrées dans le réel : la violence , la lutte , l'acharnement et les sentiments qui s'en dégagent: (courage, loyauté ,espoir)

Roman à ne pas rater cependant car certains passages sont superbes ! J'ai encore une fois souvent regretté de ne pas avoir un crayon sous la main... Like a Star
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Mar 22 Mai 2007 - 20:28

Le soleil des Sorta
mon avis: pas le genie, mais un bon livre, voire plus, presque très bon et qui ne tombe pas des mains. une bonne réflexion sur la vie. On doit y être davantage sensible en vieillissant ( quand on a vieilli...)
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Lun 23 Juil 2007 - 17:26

Dans la nuit Mozambique-

4ème de couverture:
Citation :

C'est par la traque puis la vengeance d'un fugitif que débute ce recueil de récits, et c'est dans l'énigme d'un meurtre inexpliqué qu'il se referme. Comme si une part de la vérité du monde - la plus inhumaine, celle qui stigmatise l'histoire intime ou collective -devait à jamais défier notre raison. De toutes époques et de tous lieux, les personnages de ce livre ont cette expérience en partage, qu'ils assument dans la proximité de la mort. Désespérés ou lucides, ils revisitent leurs illusions, admettent leurs fautes ou retiennent un instant encore les ultimes bonheurs de l'existence. Animé d'une empathie et d'une oralité puissantes, ce volume composé entre 2000 et 2007, marqué par les thèmes de Cris, de La Mort du roi Tsongor, du Soleil des Scorta ou d'Eldorado, a grandi dans les interstices d'une œuvre romanesque désormais traduite et lue dans le monde entier.

Le recueil débute par un récit court et hâletant: Sang négrier ,où un capitaine chargé de transporter une cohorte d'esclaves vers l'Amérique, part à la poursuite de quelques uns échappés du navire lors d'une escale à Saint Malo. La chasse à l'homme commence, racontée par le capitaine, être froid et déterminé, et se finit dans le sang. Un seul échappe à leur battue et finit par les terroriser, renversant ainsi l'échelle des rapports. Les responsables ne connaitront plus le répit qu'un doigt vengeur viendra éternellement perturber...
Citation :

Dans cette nuit, je ne suis plus un homme. Je suis une ombre esquintée. J’ai maigri. Je n’ai plus jamais mis le pied sur un navire. Je vis chichement. Je souris. Je tremble. Je me retourne souvent dans la rue. J’attends le malheur que le doigt m’a annoncé. Mais au fond, il est déjà sur moi et m’a rongé avec délices »
Puis un autre récit, Gramercy Park Hotel :Un vieil homme solitaire revient sur les lieux qui ont abrité un amour disparu voilà des années et se laisse envahir de désespoir et de regrets en attendant ses derniers moments...
Citation :

Je suis le dernier.Tous ceux à qui je pense, tous ceux qui peuplent ma mémoire, tous ces noms que je connais, qui me rappellent un visage, sont des noms de disparus.Je suis un vieux drogué.La longue pipe de ma mémoire, sur laquelle je tire des bouffées de passé, emplit mon âme de visages morts et de sourires blessés.Tu règnes au milieu d'eux Ella.Vous m'avez tous abandonné. Je suis le seul en vie. Le dernier à tenir. Plus persone qui se souvienne. Plus personne à qui je puisse dire ton nom.
Enfin, Un ancien combattant des tranchées sauvé par un soldat africain , tombe dans l'isolement et la démence en faisant table rase de son passé et poursuivant à son tour des blancs oppresseurs...
Citation :
Je suis la guerre.C'est pour cela qu'ils m'appellent le colonel Barbaque. Ils ont reconnu cela en moi : une hyène, qui s'ennuie lorsqu'elle ne tue pas.
Je n'ai pas toujours été ainsi, mais il faut remonter trop loin. Je ne me souviens plus. Non, toute ma mémoire est un champ de bataille. La grande guerre des tranchées m'a transformé. Je suis la guerre parce que je ne sais faire que cela. Et que je m'insulte la nuit de n'être bon qu'à tuer n'y change rien. Que je me déteste et que je me frotte les mains dans les eaux du fleuve pour essayer de les laver n'y change rien. Ils ont fait de moi un monstre.

Des nouvelles toutes poignantes et d'une puissance évocatrice à couper le souffle dans lesquelles apparaissent la folie destructrice des hommes et la force de leur destin qui ne les lachera plus, les faisant sombrer dans la folie ou le remords. Des hommes perdus dans le chaos d'un monde dur et implacable où le poids du passé reste omniprésent et où seule la chaleur de l'amitié née de souvenirs partagés peut préserver quelques instants d'humanité.
A l'image de La nuit Mozambique et des habitués de ce bistrot de Lisbonne, qui nous laisse une impression de douce nostalgie au moment du bilan de la vie. Racé et superbe: J'ai adoré! Like a Star
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Lun 23 Juil 2007 - 17:39

"Le soleil des Scorta"

Enfin, un Goncourt agréable à lire, à dévorer, plein de vie, tout sauf un exercice de style sec et inerte (pas comme "La maîtresse de Bretch") ! On plonge avec délice dans cette région des Pouilles, pays des brigands, des paysans muets et sombres, des villages brûlés par le soleil. L'Italie du Sud avec son code de l'honneur, ses haines, ses amitiés. La terre est omniprésente, ployant sous le joug du soleil.Une famille maudite, une famille unie par un secret : le voyage à New-York. Des personnages truculents, forts et attachants: les curés sont extraordinairement croqués !! Ce livre qui est à 2 voix : celle du présent, confession d'une vieille femme, et celle du passé qu'elle relate au curé. On entend chanter cette Italie du labeur, de la sueur, de la fierté. On entend pousser les oliviers (ah ! la scène du départ de l'oncle Domenico sous ses oliviers).Et puis, la chute du roman, de cette saga familiale, pleine d'humanité "Rien ne rassasie les Scorta"... Les Scorta, une Famille ( et tout ce qui la constitue en filigrane) !!!!
J'avais dévoré ce roman, malgré les clichés maintes fois reprochés et bien que ce ne fut pas son meilleur roman!

Je l'ai lu à sa sortie (ça date donc mon comentaire!). Le bibliomane a "Le roi Tsongor" dans sa biblio et je le lirai un jour c'est promis!
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Jeu 16 Aoû 2007 - 22:40

Ainsi débute Le soleil des Scorta...
Citation :
La chaleur du soleil semblait fendre la terre. Pas un souffle de vent ne faisait frémir les oliviers. Tout était immobile. le parfum des collines s’était évanoui. La pierre gémissait de chaleur. Le mois d’août pesait sur le massif du Gargano avec l’assurance d’un seigneur. Que de l’eau ait irrigué les champs et abreuvé les oliviers. Impossible de croire qu’une vie animale ou végétale ait pu trouver - sous ce ciel sec - de quoi se nourrir. Il était deux heures e l’après-midi, et la terre était condamnée à brûler."

J'ai aimé ce livre,¨peut-être est-ce parce que je suis une fille du sud? Mais il m'a pris aux tripes, j'ai reçu un grande onde de chaleur tout au long de sa lecture et ce roman lumineux m'a réellement habitée...
Je l'ai lu d'une traite, en suivant l'histoire de cette famille sur plusieurs générations, marquée par cette destinée implacable, sans reprendre mon souffle. Un récit intense, vibrant , aux couleurs de ce soleil, parfois rouge incandescent, parfois crépusculaire..

J'y ai trouvé une magnifique réflexion sur la vie et sur la façon dont les valeurs se transmettent tout au long de notre descendance. Que reste-t-il de tout ceci, une fois les sentiments vécus, les passions consumées , et les vengeances assouvies ? Quand les haines s'estompent et que l' espoir renait après des années de labeur et de misère? qu'en est-il des croyances, de ce que nous communique nos ancêtres, de leur passé laissé en patrimoine, seule richesse en ce monde qui puisse perdurer
...
Citation :
Les générations se succèdentDon Salvatore Et quel sens cela a-t-il au bout du compte ? Est-ce qu'à la fin, nous arrivons à quelque chose ? Regardez ma famille les Scorta. Chacun s'est battu à sa manière. Et chacun, à sa manière, a réussi à se surpasser. Pour arriver à quoi ? A moi ? Suis-je vraiment meilleurs que ne furent mes oncles ? Non. Alors à quoi ont servi leurs efforts ? A rien. Don Salvatore. A rien. C'est à pleurer de se dire cela.
Oui répondit Don Salvatore, les générations se succèdent. Il faut juste faire de son mieux, puis passer le relais et laisser sa place.
Laurent Gaudé sait parler de tout celà, il nous communique encore une fois, au travers d'une époque et d'un contexte social et culturel, cet amour de l'homme pour son pays, le sens de l'honneur et de la parole, les valeurs qui construisent les humains et les rendent plus forts.
J'ai retrouvé avec bonheur son écriture authentique et simple, magnifiée par la puissance de cet astre qui gouverne les sens, et peut parfois embraser les coeurs ou les âmes jusqu'à à les rendre fous.
Citation :

"il avait le feu au sang .Il suait de partout.La terre tournait et le rire de la vieille lui chatouillait l'oreille .Poussé par la tarentelle qui lui mordait le coeur et lui suçait le sang, il pénétra dans le bureau de tabac, alla dans la réserve et enflamma une caisse de cigarettes.Puis sans se retourner sur le feu qui prenait, il ressortit et se planta sur le trottoir d'en face pour jouir du spectacle. [... ] Cette lumière se fit plus orangée et les flammes apparurent, léchant les murs et dansant de victoire. Elia hurla comme un fou et se mit à rire;Il était plein de l'esprit des Mascalzone et il rit de ce rire de destruction et de haine que la lignée se transmettait de génération en génération. Oui. Tout pouvait brûler .Que diable. Les cigarettes et l'argent .Sa vie et son âme .Tout pouvait brûler .Il riait à gorge déployée et dansait dans la lueur de l'incendie au rytme fou de la tarentelle.
Mais aussi embellir les plus insignifiantes des joies de la vie, les rendre vivantes et colorées , donner de l'appétit à nos envies ...
Citation :
Nous sommes nés du soleil, Elia. Sa chaleur, nous l'avons en nous. D'aussi loin que nos corps se souviennent, il était là, réchauffant nos peaux de nourrissons. Et nous ne cessons de le manger, de le croquer à pleins dents. Il est là, dans les fruits que nous mangeons, Les pêches, Les olives. Les oranges. C'est son parfum. Avec l'huile que nous buvons, il coule dans nos gorges. Il est en nous. Nous sommes les mangeurs de soleil."
Un roman empli de sensualité et d'humanisme, où les mots de l'auteur sonnent justes et simples. Limpide et puissant : j'ai adoré! Like a Star
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JLN
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Ven 17 Aoû 2007 - 3:49

Le soleil des Scorta... Un excellent moment de lecture. Bien évidemment, l'écriture est digne des "Goncourisés". L'histoire est prenante. Je garde des souvenirs flashs de ce livre, comme la scène du repas pris en famille sur une falaise. Voici donc mon impression générale après quelques années : des passages puissants qui ont marqué mon imaginaire et qui hérissent le cours du récit. Ce livre est comme une mer agitée d'où émergent quelques récifs.
Eldorado. Là, je suis gêné... Il ne m'arrive que très rarement de ne pas terminer un livre commencé et là, ce fut le cas. Ennui, ennui...
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Ven 17 Aoû 2007 - 7:11

Je n'ai lu que "Le soleil des Scorta". J'ai dans ma PAL "la mort du roi Tsongor" qu'il faut que je lise.
"Eldorado" provoque des avis mitigés parmi les lecteurs blogueurs.
Je le lirai, c'est certain, afin de me faire vraiment une idée Wink
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MessageSujet: rait   Ven 17 Aoû 2007 - 7:57

JLN a écrit:
Le soleil des Scorta... Un excellent moment de lecture. Bien évidemment, l'écriture est digne des "Goncourisés". L'histoire est prenante. Je garde des souvenirs flashs de ce livre, comme la scène du repas pris en famille sur une falaise. Voici donc mon impression générale après quelques années : des passages puissants qui ont marqué mon imaginaire et qui hérissent le cours du récit. Ce livre est comme une mer agitée d'où émergent quelques récifs.
Eldorado. Là, je suis gêné... Il ne m'arrive que très rarement de ne pas terminer un livre commencé et là, ce fut le cas. Ennui, ennui...

Oui JLN, je suis comme toi: certaines scènes sont frappantes dont celle du banquet...Il y a vraiment cette force descriptive que l'on retrouve chez Gaudé. Et d'ailleurs, je ne resisterai pas longtemps à en recopier quelques-unes. Wink
Pour Eldorado, j'ai ressenti un peu cela, une légère distance par rapport au récit en tout cas: on se sent beaucoup moins impliqué dans la seconde partie. Sans doute parcequ'elle semble peu crédible, trop détachée de la réalité. Mais je vous conseille le dernier La nuit Mozambique, d'ailleurs je vais le proposer dans le cerclage (peu lourd et petit format :collection Actes Sud)
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Ven 17 Aoû 2007 - 8:11

Il va donc falloir que je relise, je n'avais pas du tout accroché pour Le soleil des Scorta, je crois que je m'étais même ennuyée...
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Mar 4 Sep 2007 - 7:31

"Dans la nuit Mozambique"

Cet ouvrage se compose de quatre récits composés par Laurent Gaudé entre 1998 et 2007. Ecrites en parallèle de son oeuvre romanesque, dont « La mort du Roi Tsongor » et « Le soleil des Scorta » sont les plus emblématiques, on retrouve au sein de ces quatre histoires les thèmes et les atmosphères si caractéristiques de son imaginaire.



« Sang négrier » , le premier de ces récits se situe à l'époque du commerce des esclaves. Un vaisseau négrier, après avoir chargé sa cargaison de bois d'ébène, se voit contraint, suite à la mort de son capitaine, de se dérouter et de remonter sur Saint-Malo afin d'ensevelir celui-ci auprès des siens.
Mais cinq esclaves réussissent à s'échapper et à disparaître dans la ville. L'équipage, aidé de la population locale, va se lancer alors dans une chasse à l'homme d'une violence inouïe. Mais ce déchaînement de sauvagerie se retournera bientôt contre eux et le jugement sera sans appel.



« Gramercy Park Hotel » nous emmène dans le New-York contemporain où un vieil homme, Moshe, est pris à partie et frappé par trois jeunes voyous. Suite à cette agression, et après être sorti de l'hopital, il va se rendre au Gramercy Park Hotel, là où il vécut l'un des plus beaux moments de son existence. Il va alors se remémorer les années de sa jeunesse alors que, jeune poète sans le sou, il partageait sa vie avec Ella, l'amour de sa vie. Mais helas! la vie de bohême n'est pas aussi poétique et exaltante que celle décrite dans les chansons de variétés.



« Le colonel Barbaque » nous entraîne sur les flots du fleuve Niger. Un ancien combattant des tranchées de 14-18 raconte la longue et sanglante errance qui l'a mené au coeur de l'Afrique et qui a fait de lui « Le colonel Barbaque », une sorte de dieu de la Guerre pour les populations locales déterminées à se soustraire du joug des colons français.



« Dans la nuit Mozambique » nous fait pénétrer au coeur d'un cercle de quatre amis qui ont pour habitude de se réunir dans un petit restaurant de Lisbonne. Là, trois anciens élèves de l'école de la marine, ainsi que le patron du restaurant, tous quatre arrivés au seuil de la vieillesse, aiment à partager anecdotes et histoires tirées de leurs voyages. Mais qu'est-il arrivé au commandant Manuel Passeo qui avait commencé à leur conter une histoire survenue dans la nuit Mozambique, une histoire parlant d'une fille de Tigirka ?



Les quatre récits qui composent ce livre nous parlent tous de la mort et de son emprise sur les hommes. Qu'elle soit subie ou qu'elle soit ardemment désirée, elle suit tout un chacun, apportant l'effroi, la résignation ou la libération.


La violence y est aussi une constante, violence dont les causes restent souvent inexplicables, violence inhérente à l'espèce humaine et transcendant époques, frontières et cultures. Les personnages de ce livre, bien que d'univers et d'époques différentes sont tous – comme tout être humain a été, est ou sera un jour – confrontés à la mort et à la violence. Chacun réagira à sa manière devant l'inéluctable.


Ces thèmes universels, Laurent Gaudé les exploite avec un talent et une virtuosité qui ne sont pas sans rappeler des auteurs tels que Conrad ou Melville, auteurs dont certains personnages emblématiques sont devenus des archétypes de l'homme en lutte contre les forces de destruction qui les animent, tels Kurz dans « Au coeur des ténèbres » ou le Capitaine Achab de « Moby Dick ». D'ailleurs, le colonel Barbaque ne serait-il pas un avatar de Kurz ? Et ne peut-on s'empêcher, en lisant « Sang négrier » de penser au « Benito Cereno » de Melville ? En cela, Laurent Gaudé, par l'universalité des thèmes dont il traîte, est un auteur qui parle au plus grand nombre et nous offre, en plus d'une exploration des méandres de l'âme humaine, de formidables échappées dans l'espace et dans le temps.
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