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 Carl T.Dreyer

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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Carl T.Dreyer - Page 3 Icon_minitimeSam 2 Mai 2009 - 9:37

Marko a écrit:
Queenie a écrit:
Et encore un truc qui donne des envies :

Carl T.Dreyer - Page 3 51XZ973ZRFL._SL500_AA240_
avec :
Le Maître du logis / Vampyr / Jour de colère / Ordet / Gertrud

A mon avis c'est LE coffret à ne pas manquer! Pour en prendre plein les mirettes!
Bon, c'est décidé, je vais me le procurer celui-là ! Impossible de résister avec toutes ces images et commentaires hypnoz
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traversay
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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Carl T.Dreyer - Page 3 Icon_minitimeLun 22 Juin 2009 - 11:32

Le président (1919).
Premier film de Dreyer : une réussite totale. 1.Pour l'exploitation d'un scénario mélodramatique avec une sobriété exemplaire et l'utilisation maîtrisée du flash back. 2.Pour la composition d'image, splendide, et une mise en scène stupéfiante du noir et blanc. 3. Pour l'empathie envers les personnages quelles que soient leurs fautes. Dreyer s'affirme déjà comme un incomparable peintre de l'âme humaine.

Carl T.Dreyer - Page 3 36188
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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Carl T.Dreyer - Page 3 Icon_minitimeSam 7 Nov 2009 - 20:44

Marko a écrit:
Gertrud

Carl T.Dreyer - Page 3 Gertru10
L'artiste doit décrire la vie intérieure, non pas l'extérieure. Avec Gertrud, j'ai procédé à une simplification du dialogue dans le but d'arriver à la forme la plus resserrée. Carl Dreyer


La vie est un rêve, une longue suite de rêves
Gertrud

Regarde-moi,
suis-je jolie ?
Non,
mais j'ai aimé.

Regarde-moi,
suis-je jeune ?
Non,
mais j'ai aimé.

Regarde-moi,
suis-je en vie ?
Non,
mais j'ai aimé.

Gertrud


Le célèbre avocat Gustav Kanning est appelé à endosser les habits de ministre. Lorsqu'il annonce la bonne nouvelle à sa femme Gertrud, celle-ci semble réticente. Contrainte de s'expliquer, elle rappelle à son mari la promesse qu'ils se sont faite l'un à l'autre avant de s'épouser : le droit de reprendre un jour chacun leur liberté. Gertrud reproche à son mari d'avoir été sacrifiée sur l'autel du travail. Elle a noué une liaison et projette de quitter le domicile conjugal. Ce jour-là, les quotidiens se font l'écho du retour au pays du grand écrivain et poète national Gabriel Lidman, le premier amant de Gertrud. Ce n'est pas lui qu'elle part rejoindre, mais le très jeune Erland Jansson...

Carl T.Dreyer - Page 3 Dreyer10 Carl T.Dreyer - Page 3 Dreyer11 Carl T.Dreyer - Page 3 620bfi10 Carl T.Dreyer - Page 3 Dreyer12

Lars Von Trier se réfère souvent à Gertrud lorsqu'il parle de Breaking the Waves. Il admirait Dreyer pour sa foi, son humanisme et son dépouillement qui vidait le plan du superflu. Gertrud est l'histoire d'une désillusion, d'un amour absolu qui touche à la spiritualité. Très controversé à sa sortie, Dreyer y atteint peut-être une forme de perfection formelle. Il aimait les portraits de femmes exceptionnelles mais de femmes solitaires et en souffrance. C'est ce que Lars Von Trier a retenu pour Breaking the Waves.

oui, ça vaut le coup de repartir d'un précédent post (soigné) pour ce film (soigné). Peut être moins accessibles que d'autres et blindé de références dont certaines me manquent : nombreuses scènes avec pour fond un tableau. Particulièrement constant et étrange avec des personnages qui ne se regardent presque pas en face (mais parfois en changeant de plan dans la profondeur de l'espace)... espaces de pièces assez incroyables d'ailleurs et au jeux de lumières impeccables dans les souvenirs lumineux. Etrange aussi pour l'importance des dialogues et la complexité de la chose, Gertrud souffre mais fait aussi souffrir, dans une sorte de cercle et de répétition assez noire.

Très théâtrale dans les positionnements, le manque de naturel provoque aussi le décalage voir le malaise qui est l'atmosphère du film. On retrouve la capacité du cinéaste à risquer cette impression. Troublant, riche et fantastiquement défini, à revoir plus préparé et apte à y entrer plus complètement. Il y a un côté "épure" qui d'une certaine façon peut faire un peu peur.

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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Carl T.Dreyer - Page 3 Icon_minitimeSam 7 Nov 2009 - 21:19

Je ne trouve pas ce film si noir que cela. Et Gertrud n'est pas non plus qu'en souffrance. Elle refuse de vivre avec un homme qu'elle n'aime pas. Et l'amour étant un état passager, elle se retrouve seule forcement à un moment. Mais c'est quelque part un choix. Elle va jusqu'au bout de sa logique, et d'une certaine façon cela lui permet d'être en paix avec elle-même. Même si l'essentile du film se situe à un moment de crise, dans lequel elle quitte son mari, où elle découvre que son amant ne tient pas vraiment à elle, et dans lequel elle repousse son ancien amour. C'est très extreme comme situation, mais c'est juste un moment de crise. Et elle fait le choix de laisser cela derrière elle, plutôt que de vivre avec un homme qu'elle n'aime pas juste pour ne pas rester seule, ou pour avoir un rôle social, une position.

C'est à la fois très baroque et très épuré, les extremes se touchent, et personnellement j'adore ce genre de mélanges.

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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Carl T.Dreyer - Page 3 Icon_minitimeSam 7 Nov 2009 - 23:37

le choix est juste mais ne porte pas non plus de promesses ?

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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Carl T.Dreyer - Page 3 Icon_minitimeDim 8 Nov 2009 - 8:34

Ce n'est pas forcement sans perspective pour l'avenir, une situation fausse ne peut donner rien de bon, si on la tranche, tout devient possible. Ou il vaut mieux de toute façon rien plutôt qu'un semblant de quelque chose.

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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Carl T.Dreyer - Page 3 Icon_minitimeDim 24 Jan 2010 - 20:31

Carl T.Dreyer - Page 3 Dreyer_glomdalsbruden_Berit_og_Tore_1_stor

La fiancée de Glomsdale (Glomdalsbruder, 1926).
Une rareté de Dreyer les fagots. Tourné en Norvège, entre Le maître du Logis et La passion de Jeanne d'Arc, cette romance pastorale contrariée par le projet d'un mariage arrangé est un film apaisé et presque souriant. Du Dreyer light en quelque sorte mais pas sans charme et avec du suspense, qui plus est. On ne peut voir aujourd'hui qu'une copie médiocre de 71 minutes (115 à l'origine) sans accompagnement musical.
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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Carl T.Dreyer - Page 3 Icon_minitimeSam 9 Avr 2011 - 19:50

Carl T.Dreyer - Page 3 0010ac10

Deux êtres (Tva Människor, 1945)
Tourné en Suède. Enorme échec public. Dreyer a ensuite renié le film qui ne circule plus guère. Il s'agit d'un huis-clos à deux personnages, quasiment en temps réel. Un scientifique, accusé de plagiat, entend à la radio que son rival a été assassiné. Avec son épouse, il attend la police. Ce n'est pas un chef d'oeuvre, sinon ça se saurait, mais un film étonnant, théâtral, qui passe de l'insouciance au drame, de l'enquête policière au romantisme morbide, au fil des révélations. Mise en scène parfaite qui préfigure les mouvements de caméra d'Ordet. Interprétation moins convaincante, Dreyer n'ayant pas eu les acteurs qu'il souhaitait.

Carl T.Dreyer - Page 3 0010ac11Carl T.Dreyer - Page 3 0010ac12

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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Carl T.Dreyer - Page 3 Icon_minitimeDim 17 Juil 2011 - 20:00

Carl T.Dreyer - Page 3 Michae10

Michael (1924)

Ce n'est pas encore le total gâteau pour les yeux de films qui suivront mais le film est très proche des personnages et les plans et intérieurs sont solidement et subtilement construits. Il y a beaucoup à voir et à regarder.

Les personnages principaux sont un vieux peintre Claude Zoret et son modèle MIchael qui est aussi son fils adoptif et dont la beauté le fascine. Dans ce monde d'artistes et de nobles désargentés arrive la princesse Zamikoff dont le portrait sera achevé par Michael seul capable de rendre son regard... et pour cause puisque le sujet du film (adaptation du roman homonyme de l'écrivain danois Herman Bang dont le bonus du dvd mk2 parle très bien) est le rapport à l'autre. Le film superpose les relations contrariées et les sentiments masqués et parfois contradictoire (très belle Alice Adelsskjold/Grete Mosheim ) et effleure sans trop en faire les questions d'intérêts. La matière est donc remarquablement riche et la tension (sont très nerveux Michael et le Maître) est contrebalancée par la sensualité de la princesse Z. et de Alice Adelsskjold. Le film dégage une douceur très charnelle qui trouble les triangles amoureux multiples qui sont aussi plus distants (plus traduits par la jalousie) mais palpables quand il s'agit par exemple du journaliste biographe Switt et de son rapport à Zoret.

Évidemment la création artistique tient ici une place importante et pas tant dans la valeur marchande présente que dans le rapport du créateur à son œuvre et à ce qu'il peut lui y retrouver, "nous n'allons pas vendre nos plus beaux souvenirs" dit le maître qui jusqu'au bout restera fidèle à lui-même et à son amour.

Dans toute la charge visuelle (les intérieurs lourds et les décorations qui n'en finissent plus) et l'étouffement d'un confort excessif (la scène ou Michael apprend la mort de son Maître... ) Dreyer dégage ce qu'il reste de désertique au fond des caractères, ce qui donne son souffle au film qui quelque peu satirique conserve la puissance humaine d'un drame très simple.

Carl T.Dreyer - Page 3 12089610

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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Carl T.Dreyer - Page 3 Icon_minitimeDim 23 Oct 2016 - 23:18

Ordet


J'ai profité de la rétrospective à la cinémathèque pour revoir ce film, vu il y a des lustres. Et l'ai trouvé encore plus fort que dans mon souvenir.
Tourné en 1954, dont parlant, Ordet garde la beauté formelle et la sobriété des films muets du maître. Tiré d'une pièce de Kaj Munk, le film est loin de théâtre filmé, Dreyer aurait coupé près des deux tiers de dialogues de la pièce.

Le film tourne autour de la foi. Tous les personnages sont définis par rapport à cette question. Nous sommes dans une ferme, dans laquelle vivent très génération : le père de famille, ses trois fils, la femme du fils aîné avec leurs deux petites filles. Le patriarche est très attaché à la religion, Mikkel, l'aîné est pour ainsi dire athée, sa femme espère le faire revenir un jour à la religion. Le puîné, Johannes, a sombré pendant ses études de théologie dans une sorte de folie mystique, il se promène en citant la Bible, comme s'il était Jésus. Une sorte de groupe fanatique, animé par Peter le tailleur est présent au village. Anders, le fils cadet voudrait épouser la fille de Peter, mais les deux pères sont opposés à ce mariage, à cause des différences religieuses.

Le temps des épreuves vient : Inger, la belle fille accouche d'un enfant mort né et succombe à l'accouchement. Cette mort mettra la foi de chacun à l'épreuve.

Il est très difficile de parler d'un tel film, absolument parfait dans la forme et dans le fond, dont il est difficile d'épuiser les sens. L'art de Dreyer éclate dans chaque plan, entre plans séquences, plans rapprochés, splendeurs des images. Une épure de style. Le film est construit de façon parfaite et implacable, sans aucun moment mort, rien d'inutile. Chaque personnage dessiné, avec humanité. La vie de cette communauté, semblable à la plupart des communautés humaines depuis que l'espèce existe, rend compte de la condition humaine, de la naissance à la mort. On comprend ce que la religion, a pu représenter pour conjurer les peurs, de la mort, de la souffrance, de la fatalité. Et aussi comment on peut manipuler les gens par cette voie, ou comment on peut en vivre confortablement. C'est extrêmement équilibré comme points de vue,malgré la fin, que l'on peut interpréter à sa façon, y compris métaphorique, presque abstraite.

Une expérience à chaque fois bouleversante.

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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Carl T.Dreyer - Page 3 Icon_minitimeLun 24 Oct 2016 - 6:22

ouaaaah. sur grand écran en plus ? la chance !

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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Carl T.Dreyer - Page 3 Icon_minitime

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