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 Didier Daeninckx

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Le Bibliomane
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MessageSujet: Didier Daeninckx   Jeu 22 Fév 2007 - 17:23


Didier Daeninckx est né en 1949 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).Issu d'une famille modeste, il est devenu à dix sept ans ouvrier imprimeur, puis animateur culturel et journaliste. C'est au cours d'une période de chômage qu'il décide de se consacrer à l'écriture. Après un premier roman passé inaperçu, il connaît enfin le succès avec "Meurtres pour mémoire" en 1984.Son oeuvre s'inspire de la réalité sociale de notre époque.

CANNIBALE. Didier DAENINCKX.

A l'occasion de l'Exposition Coloniale de 1931, les autorités de Nouméa décident d'envoyer à Paris un groupe de jeunes Kanaks afin de représenter la Nouvelle-Calédonie.

Arrivés sur les lieux de l'Exposition, ces hommes et ces femmes seront exhibés comme des animaux en cage. Brimés, depouillés de leurs vêtements, ils seront contraints de jouer les "sauvages" et seront décrits à la foule des visiteurs comme étant de féroces anthropophages.

Mais voilà que les crocodiles du zoo de Vincennes viennent subitement à mourir pour une raison inconnue. Qu'à cela ne tienne! les organisateurs de l'Exposition conclueront un marché avec un cirque allemand: ils échangeront de nouveaux crocodiles en parfaite santé contre autant de "cannibales". Voyant une partie des siens littéralement kidnappés pour les besoins du zoo et expédiés vers l'Allemagne, Gocéné, un jeune Kanak, fera tout son possible pour faire échouer cette révoltante transaction. Il devra pour cela affronter l'incompréhension, la bassesse, la bêtise et la vulgarité de la populace et des autorités.

Didier DAENINCKX , dans ce récit (court roman où longue nouvelle?) nous décrit l'océan qui sépare les colonisateurs des "indigènes"et nous invite à une réflexion sur ce qu'est la "civilisation" dans ses rapports avec ceux qu'elle ose qualifier de "primitifs", n'hésitant pas pour cela à user et abuser de poncifs et de clichés dégradants afin d'asseoir sa prétendue supériorité et de rabaisser le "sauvage" au rang de bête de foire.

L'auteur, mettant en perspective le récit se déroulant dans les années trente et les évènements qui, cinquante ans plus tard, ont eu lieu en Nouvelle-Calédonie entre indépendantistes Kanaks et "loyalistes" Caldoches, dresse un portrait sans concessions des conséquences du colonialisme.

Quant à ceux qui, il y a peu de temps encore, voulaient faire reconnaître les "aspects positifs de la colonisation", on ne peut que leur conseiller la lecture de "Cannibale", un récit court (93 pages) mais d'une grande densité, inspiré d'un fait authentique. Edifiant.
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Babelle
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MessageSujet: Re: Didier Daeninckx   Jeu 22 Fév 2007 - 19:39

Inncontournable, ce roman de Didier Daeninckx. D'autant qu'il sera suivi de : Le Retour d'Ataï.
Trois quarts de siècle plus tard, c'est à l'hôtel Drouot, où a lieu une curieuse mise aux enchères, que l'on retrouve le protagoniste principal, sur les traces d'un frère calédonien disparu en 1878...
C'est assez rare, chez les romanciers, de parvenir à restituer avec cette émotion notre histoire, de faire remonter à la surface tout ce que les pages officielles des manuels scolaires avaient oublié de nous dire...
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Le Bibliomane
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MessageSujet: Re: Didier Daeninckx   Jeu 22 Fév 2007 - 19:45

J'attends avec impatience le moment ou je pourrais lire le deuxième opus de cette fascinante histoire;je vais devoir encore harceler ma bibliothécaire Twisted Evil
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Babelle
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MessageSujet: Re: Didier Daeninckx   Jeu 22 Fév 2007 - 21:17

Oh oui : harcèle-la! Laughing
J'ai découvert Le retour d'Ataï en poche l'an dernier, alors que j'avais déjà oublié ma lecture de Cannibale. Certains romans de Daeninckx sont aujourd'hui édités chez Gallimard... dans la collection "Texte : Commentaire" ou "Texte : Analyse" (me souviens plus) pour les classes de 3ème. C'est rassurant.
-Lorsque je lisais Le Retour d'Ataï, il y eut parrallèlement l'inauguration du Musée du Quai Branly et j'avais l'impression que le roman nous renvoyait à une actualité immédiate : arts primitifs ou arts premiers, à qui appartiennent les oeuvres, que font-elles chez nous, ne sont-elles pas la propriété des peuples qui en furent créateurs, etc...
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Le Bibliomane
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MessageSujet: Re: Didier Daeninckx   Jeu 22 Fév 2007 - 21:30

Tout cela n'est peut-être que du pillage culturel institutionnalisé, un caprice d'occidentaux privilégiés qui feignent de s'extasier devant des formes d'art émanant de cultures différentes, dont la contemplation leur donne ainsi une illusoire impression de supériorité.

( ouhla...ça fait sérieux ça.... scratch )
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Sophie
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MessageSujet: Re: Didier Daeninckx   Mer 25 Juil 2007 - 3:09

Comme toi Bibliomane j'ai lu Cannibale et je n'ai rien à ajouter; ce livre m'a marquée.

Quant aux oeuvres d'art qui ne sont pas à leur place, il y en a tellement Rolling Eyes
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JLN
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MessageSujet: Re: Didier Daeninckx   Mar 7 Aoû 2007 - 6:02

Avec Didier Daeninckx, je suis passé par tous les sentiments... mais j'apprécie de plus en plus cet auteur engagé. J'ai pu lire trois livres de lui,
dans l'ordre :
Métropolice. Je n'avais pas, mais vraiment pas accroché. Une histoire certes bien écrite, mais bourrée de clichés et de bons sentiments.

Nazis dans le métro. Dans la collection "Le Poulpe". J'avais trouvé sympa, sans plus.

Meurtres pour mémoire. C'est le livre qui m'a fait comprendre pourquoi Daeninckx comptait autant d'afficionados. Voilà ce que j'en disais à l'époque, ailleurs sur la toile : Je dois reconnaître que j'avais plutôt mal débuté avec Daeninckx. "Métropolice" et "Nazis dans le métro" ne m'avaient pas laissé bonne impression. Mais j'ai lu tellement de bien de cet auteur que j'ai insisté. Je suis tombé cette fois sur un bon, un très bon polar."Meurtres pour mémoire", c'est une intrigue finement réfléchie, des personnages attachants, avec de vrais personnalités (L'inspecteur Cadin vaut le détour). Et surtout, l'histoire est totalement contextualisée sur les plans historiques, sociaux et politiques. L'auteur réussit dans ce livre à faire en sorte que ce contexte, tout en étant toujours présent, ne prenne pas le pas sur l'histoire. Un véritable tour de force, j'ai beaucoup aimé. Un livre que je place d'ores et déjà dans mes références polardiennes !
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Marie
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MessageSujet: Re: Didier Daeninckx   Mar 7 Aoû 2007 - 7:13

Je note Didier Daeninckx, même si j'ai souvent beaucoup de mal à finir les policiers français, je ne sais pourquoi.
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Sophie
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MessageSujet: Re: Didier Daeninckx   Mar 14 Aoû 2007 - 2:46

Marie a écrit:
Je note Didier Daeninckx, même si j'ai souvent beaucoup de mal à finir les policiers français, je ne sais pourquoi.

Tu peux lire Cannibale alors qui n'est pas un policier mais un roman inspiré d'un fait historique. Je pourrai te le prêter si tu veux.
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Marie
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MessageSujet: Re: Didier Daeninckx   Mar 14 Aoû 2007 - 3:17

Ok, c'est noté, Sophie, en plus je n'ai rien trouvé de Daeninckx à la bibliothèque...
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Marie
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MessageSujet: Re: Didier Daeninckx   Dim 9 Sep 2007 - 2:08



L'histoire de ce livre, très court, a déjà été racontée, je la résume:
Au cours de leur exil forcé à Paris, les Kanak ont été installés au zoo de Vincennes, où on leur impose de jouer les sauvages pour épater les badauds.
Les crocodiles de l'expo ayant tous succombé, drame, pourquoi ne pas échanger quelques uns de ces sauvages avec ceux qu'un cirque de Francfort accepte de prêter à leur place?
Que dire devant la bêtise humaine...
Rien. Sauf que cela ne s'est pas passé au moment de la contreverse de Valladolid en 1550, mais en 1931...ce n'est pas si vieux. Et on s'étonne moins des évènements qui ont suivi...
Et laisser parler un personnage:
Le respect, chez nous en pays kanak, il ne vient pas à la naissance comme la couleur des yeux. Il se mérite tout au long de la vie.
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JLN
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MessageSujet: Re: Didier Daeninckx   Dim 9 Sep 2007 - 8:40

Tiens, un autre, à ranger dans la catégorie littérature de jeunesse. (Pour les très jeunes, même, je dirais 8/12 ans. Voilà ce que j'en disais en d'autres lieux (noirs !)



4ème de couverture :
Vanessa et ses parents doivent quitter l'Algérie. Le contrat de coopération du père instituteur vient de s'achever et ils doivent retourner en France. Au dernier moment, ils décident d'emmener avec eux Amiche, un superbe et chat de Kabylie, très indépendant. La famille s'installe alors dans une petite ville du sud de la France. Mais un jour, ils reçoivent une lettre anonyme menaçant leur chat de représailles. Mais pourquoi et qui en veut donc à mort à ce magnifique greffier de Kabylie ?

Mon avis :
Le chat de Tigali, c'est un petit bouquin jeunesse. Eh oui, c'est la rentrée des classes, je n'oublie quand même pas mon métier ! Je l'ai lu l'année passée aux élèves de ma classe, qui ont apprécié... et moi aussi. D'ailleurs je ne leur lis et ne leur propose que des écrits qui ont du sens. Et du sens, il y en a... Le chat de Tigali, c'est un petit conte cruel, très noir, qui en dit très long, beaucoup plus long que de beaux discours, sur le racisme, l'intolérence, l'innocence des gosses avant qu'ils ne soient esquintés par la connerie adultesque.
A noter que de nombreux auteurs de polars se sont livrés au difficile exercice de la littérature jeuesse, souvent avec succès. Je retiendrais pour autre exemple "Paulo Solo" de Thierry Jonquet. Et cette année, c'est Hervé Jaouen au programme !

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Suny
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MessageSujet: Re: Didier Daeninckx   Sam 20 Aoû 2011 - 16:22

Cannibale

Difficile pour moi de commenter ce livre... Globalement, une lecture rapide, facile, fluide.
Un brin ennuyeuse tout de même : l'aventure de Gocéné et de son ami Badimoin aurait pu être racontée avec un petit peu plus de cœur. Un peu plus d'humour, de cynisme, de colère ou de je ne sais quoi, mais un peu plus, quoi...
En tant qu'ex-étudiante en anthropologie, le mythe du "bon sauvage", le colonialisme, les Expositions, la bêtise des Blancs qui se croyaient si évolués et si savants, sont des sujets qui m'ont toujours interpellée, intriguée, un peu révolté. Ici, je trouve que Daeninckx dépeint cette période, cette mentalité avec brio mais tout en finesse, sans porter de jugement, à travers le regard de ce cannibale sauvage qui en a pourtant bien plus dans la cervelle que ces pauvres idiots qui le considèrent comme une attraction amusante et vaguement effrayante.
Au final, hormis une certaine platitude du récit, je trouve que Daeninckx nous livre là une critique toute en subtilité de la mentalité française de l'époque. Je suis d'ailleurs surprise, après coup, de ne jamais avoir entendu parler de ce livre pendant mes études. Tout étudiant en anthropologie devrait y jeter un œil!
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mimi54
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MessageSujet: Re: Didier Daeninckx   Dim 12 Mai 2013 - 22:11

La mort n'oublie personne

Denoël (Janvier 1989)/ Folio policier (1999)
192/189 pages
Prix Ancres Noires 2005

4ème de couverture
Citation :
8 mars 1963. Le jeune Lucien Ricouart, isolé dans une pension pour apprentis, s'acharnant à domestiquer sa solitude, est retrouvé mort noyé dans un bassin après que ses camarades l'aient traité de «fils d'assassin».Un professeur efface dans la boue, sous la pluie, son dernier message et son cri de révolte qui affirme au contraire et jusque dans la mort : «Mon père n'est pas un assassin». Vingt-cinq ans plus tard, un jeune historien enquête sur la vie de ce père. Sur cet homme au passé d'ouvrier dans le nord de la France. Sur son parcours de résistant. Sur ce qu'il est advenu après- guerre qui autorise des gamins à pousser l'un des leurs au désespoir.

Classé policier, ce livre ne l’est finalement que dans ces dernières lignes. Il s’agit avant tout d’une épopée historique relatant les faits de résistance de quelques individus, héros anonymes comme il en eût tant durant la seconde guerre mondiale, et dont personne ne parle jamais.
Entre la mort d’un gamin retrouvé noyé à quelques pas de sa pension, et le fin mot de l’histoire, c’est en immersion avec le père de ce petit qui se souvient de ses années de résistance dans le Pas de Calais, et de sa déportation…
Ouvrage un peu original donc dans sa conception, plus près du roman noir, et de la fresque socio-historique que du policier, ce livre m’a marquée par la simplicité, et la profondeur de de Jean, ouvrier sans histoire que l’Histoire a broyé. Didier Daeninckx s’inspire d’ailleurs de faits réels.
Bien écrit, ce livre se lit avec à la fois gourmandise et gravité. Je ne serais pas allée le chercher s’il ne m’avait pas été offert pour l’achat de deux autres polars. Le hasard a parfois du bon.



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Sigismond
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MessageSujet: Re: Didier Daeninckx   Lun 13 Mai 2013 - 10:18

Marie a écrit:
Je note Didier Daeninckx, même si j'ai souvent beaucoup de mal à finir les policiers français, je ne sais pourquoi.
Peut-être celui-ci sera à ton goût, dans ces conditions ?

En marge. Didier Daeninckx.


Sur un bouquin guère épais (13 nouvelles), environ la moitié est à jeter: Kinsankimpur air connu, Balai rose, Lettre morte, Le saut de la vie, Tu as toujours raison. Et pour faire presque moitié, La tirelire bénéficie du doute, oui, bof, si l'on veut (dit avec les yeux au plafond, l'air pincé et dans un grand soupir bruyant, affecté).

Reste quoi ? La peinture des cabossés de la vie du milieu ouvrier, il y a vingt ans. Une écriture volontairement simple à l'excès, destinée dans l'absolu à pouvoir être lue par les gens qui auraient pu faire portrait dans cette galerie. Tout le know-how de l'ancien ouvrier typographe et aussi journaliste-localier qu'est (alors) Daeninckx.

Ouvrage idéal pour le brouhaha (ça ambiance !) les transports en commun bondés, le twenty-first century urban worker, et d'ailleurs qui sait peut-être même la photo de la première de couverture vous vaudra trois centimètres d'espace supplémentaire au niveau du coude ?
Ne perdez pas de vue cette photo, rappel en fin d'ouvrage, mais là j'en dis trop !

Tandis que j'avais ce bouquin sur ma table de chevet, en bagnole au hasard d'un zap à l'autoradio, je tombe sur une annonce d'émission: "si vous avez connu des ouvriers, ou si vous-mêmes êtes ouvrier, contactez le O......... afin de participer à notre émission ...", dit sur le ton de "si vous avez vu l'ours des Pyrénées, ou si..." j'en étais scié, oserai-je: surlecuté.
Sommes-nous à ce point devenus une contrée de clercs ?

Et je laissais défiler mon enfance en poireautant au feu rouge, et j'avais envie de dire, de raconter... et puis bof. Ce n'était pas outrageux de la part de l'animateur, qui était sûrement loin de rechercher la sur-réaction, et j'étais dans des dispositions d'esprit propices pour sur-réagir. Mais enfin prévenez-moi quand il faudra parler des ouvriers aux ethno-socios de l'université, je sens que ça va me plaire !

Yvonne, la Madone de La Plaine ouvre l'opus, de façon touchante. J'aime le non-misérabilisme, les questions soulevées sans prétention à les résoudre, les effluves de pistes improbables.
Vous choisirez en fond sonore ce que vous avez de meilleur en blues urbain pour Marcel, l'homme du banc.

Traverse n° 28 est un mini-polar qu'on déguste volontiers, certes on pouffe un peu de rire devant les vertus prêtées au minitel, mais on savoure tel un gourmet des réminiscences J-G Ballardiennes (je pense en particulier à ce chef-d'oeuvre qu'est "Crash !") la façon alerte de mener le truc, le balayage descriptif de l'usine en ruine, là, incontestablement, Daeninckx est à son affaire, il écrit "à domicile", chouette alors !

Tricards ! est vraiment de l'ordre de la "semi-déception, mais à lire quand même". Il eût fallu un Audiard pour cette hasardeuse tentative de description, non contemporaine au reste de l'ouvrage. Le costard était trop grand, le projet trop vaste -sur une idée qui performe, qui fait mouche, pourtant- .
Allez, bienveillons, bienveillez...

Reste le meilleur, et point trop n'en déflorerai-je, les trois dernières nouvelles, les plus intimes, celles où il se livre et -ça a dû être déchirement pour lui- il confie à nous lecteurs un petit morceau, tout en retenue, en retenue comme en filigrane, bref, brillant, des "siens", son papa et son grand'père, ce qui vous évitera de mettre l'ouvrage au tri sélectif:
Là, Monsieur Daeninckx, respect, c'est grand, tout en pudeur (Journal sur Seine, mais surtout Souvenirs rectangulaires et Les gestes perdus).
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