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 Romain Gary

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MessageSujet: Re: Romain Gary   Mer 27 Jan 2010 - 9:15

Beaucoup de Français ont une conception un peu nombriliste de leur culture…(pas sur ce forum, d’ailleurs où une large place est faite aux littératures d’ailleurs.) Et voilà qui va dans ce sens : quand j’ai mis La vie devant soi au programme de mon club, j’avais l’impression de prendre un risque : un roman un peu trop concentré sur du franco-français, les jeux de langue, les allusions constantes à la peur des « enquêtes administratives », un humour difficile à décrypter pour un étranger. Et puis, pas du tout, ça passe tout seul ! J’ai été aidée par le fait que certaines personnes avaient déjà lu la traduction.
Et enfin…par le plus grand des hasards, dans ma petite ville de province, le 11 février, l’adaptation théâtrale de La vida por delante par Josep María Pou, avec Conchita Velasco dans le rôle de Madame Rosa. Bien sûr, on va tous y aller…Et ça va donner un petit coup de pouce à la culture française (si besoin est !)

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kenavo
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MessageSujet: Re: Romain Gary   Mer 27 Jan 2010 - 10:58

Dom a écrit:
.
Et enfin…par le plus grand des hasards, dans ma petite ville de province, le 11 février, l’adaptation théâtrale de La vida por delante par Josep María Pou, avec Conchita Velasco dans le rôle de Madame Rosa. Bien sûr, on va tous y aller…Et ça va donner un petit coup de pouce à la culture française (si besoin est !)
Wink le hasard fait parfois bien des choses
bonne soirée au théâtre alors Very Happy

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Sénèque
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MessageSujet: Re: Romain Gary   Ven 12 Fév 2010 - 20:25

C’est curieux comme l’adaptation théâtrale d’un roman peut surprendre. Et surtout quand elle est faite par un étranger.
La vie devant soi, le roman m’a toujours semblé une œuvre dure, féroce, où l’on rit malgré soi, et un peu jaune. Je n’ai pas vu la pièce en France, mais en voyant l’adaptation scénique espagnole, j’ai eu l’impression d’assister à une comédie somme toute assez légère, pétrie de bons sentiments sur la tolérance, le respect des religions (mais Romain Gary n’a pas de bons sentiments, et n’est pas religieux !!!!)
L’actrice est encore bien trop belle et trop svelte….Momo est affligé d’un accent arabe forcé qui lui donne un aspect un peu simplet…augmenté par une gestuelle hyperactive (pour restituer le côté enfantin d’un acteur qui doit bien avoir 25 ans….)
J’aurais mieux fait de rester chez moi.
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colimasson
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MessageSujet: Re: Romain Gary   Lun 23 Aoû 2010 - 11:36

J'aimerais beaucoup voir une adaptation théâtrale de La vie devant soi ! content

Personnellement, j'ai découvert ce livre par le biais de mon copain qui me l'a offert pour mon anniversaire. Il avait beaucoup aimé le...film, mais n'aimant pas trop lire, et sachant que pour ma part, je dévore les livres, il avait préféré m'offrir le bouquin, et c'était une très bonne idée ! dentsblanches

J'avoue que le résumé ne m'avait tout d'abord pas trop attirée. Une histoire de prostituée, d'enfant arabe vivant dans des quartiers un peu délabrés...je pensais que ça serait du pathétique, du fatigant, du déjà-lu et déjà-entendu cent fois. Et quelle surprise de découvrir qu'en réalité, rien de tel ! Le style est vivant, original, plein d'humour ! J'ai relevé des passages à presque toutes les pages. Les anecdotes sont fines et bien placées, et jamais je n'ai eu l'impression que quelqu'un d'autre qu'en enfant de 10 (14?) ans était en train de me parler. Je suis entrée dans le livre avec hésitation, et lorsque je l'ai refermé, j'avais le sourire aux lèvres.

Citation :
Moi je vous dis que ce salaud-là n’était pas de ce monde, il avait déjà quatre ans et il était encore content.

Citation :
Monsieur Hamil, moi j’aurais préféré avoir un père que ne pas avoir un héros. Il aurait mieux fait d’être un bon proxynète et s’occuper de ma mère.

Citation :
Monsieur Hamil est un grand homme, mais les circonstances ne lui ont pas permis de le devenir.

Citation :
Monsieur Hamil dit que l’humanité n’est qu’une virgule dans le grand Livre de la vie et quand un vieil homme dit une connerie pareille, je ne vois pas ce que je peux y ajouter. L’humanité n’est pas une virgule parce que quand Madame Rosa me regarde avec ses yeux juifs, elle n’est pas une virgule, c’est même plutôt le grand Livre de la vie tout entier, et je veux pas le voir.


A présent, je pense que je vais poursuivre ma découverte de cet écrivain avec Promesses de l'aube, que vos commentaires, extraits et résumés m'ont donné envie de lire. dentsblanches


Dernière édition par colimasson le Mar 24 Aoû 2010 - 11:24, édité 1 fois
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coline
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MessageSujet: Re: Romain Gary   Lun 23 Aoû 2010 - 11:52

Dom a écrit:
C’est curieux comme l’adaptation théâtrale d’un roman peut surprendre. Et surtout quand elle est faite par un étranger.
La vie devant soi, le roman m’a toujours semblé une œuvre dure, féroce, où l’on rit malgré soi, et un peu jaune. Je n’ai pas vu la pièce en France, mais en voyant l’adaptation scénique espagnole, j’ai eu l’impression d’assister à une comédie somme toute assez légère, pétrie de bons sentiments sur la tolérance, le respect des religions (mais Romain Gary n’a pas de bons sentiments, et n’est pas religieux !!!!)
L’actrice est encore bien trop belle et trop svelte….Momo est affligé d’un accent arabe forcé qui lui donne un aspect un peu simplet…augmenté par une gestuelle hyperactive (pour restituer le côté enfantin d’un acteur qui doit bien avoir 25 ans….)
J’aurais mieux fait de rester chez moi.

Comparaison: j'ai vu l'adaptation de La vie devant soi content

coline a écrit:
LA VIE DEVANT SOI

Mise en scène de Didier Long
Avec Myriam Boyer, Aymen Saïdi, Xavier Jaillard, Magid Bouali
Adaptation de Xavier Jaillard



Adaptation du roman d'Emile Ajar (Romain Gary), lauréat du Goncourt en 1975.
C’était une gageure d’adapter ce roman pour la scène mais l’adaptation est vraiment réussie.
C’était aussi un défi pour Myriam Boyer d’incarner au théâtre le personnage de Madame Rosa quand personne n’en a oublié l’interprétation éblouissante de Simone Signoret au cinéma. (réalisateur : Moshé Mizrahi en 1977).
Avec sa voix, sa gouaille et son physique, avec sa force et sa fragilité, avec l’extrême générosité de son jeu surtout, Myriam Boyer campe une Madame Rosa juste et tout simplement bouleversante.

"Il s’agit d’un texte d’une richesse insoupçonnée et tenter de faire exister l’impossible sur un plateau représente un travail lourd et difficile. Or, cette fois-ci, c’est le contraire : l’évidence est déjà là. L’évidence du texte, de mon personnage, de la situation… Tout est présent, concret, lumineux, dans ma chair, comme si finalement incarner Madame Rosa allait juste revenir, pour moi, à faire du théâtre, à jouer sur scène. Je crois qu’en puisant dans mes expériences, je trouverai aisément le chemin menant à cette femme que je connais bien, pour laquelle je ressens une grande tendresse, beaucoup d’amour."disait Myriam Boyer
Ce « chemin » elle l’a trouvé !


Momo, un adolescent, raconte sa vie auprès de Madame Rosa. Il est arabe, fils d’une prostituée assassinée par son amant proxénète jaloux, le père de Momo. C’est cet homme qui a confié l’enfant tout petit à Madame Rosa, avant de disparaître.
Madame Rosa est juive, une ancienne prostituée elle aussi (elle l’était avant Auschwitz). Momo n’est pas le seul enfant de prostituées qu’elle a élevé. Mais à Momo elle s’est profondément attachée. Et l’amour est réciproque.
Lorsque la pièce commence Madame Rosa est vieille,mais surtout malade et fatiguée.Momo remonte, de façon poignante, le temps de cet amour.
On en voit se dérouler les épisodes importants et parfois l’image se fige et le temps est remonté plus vite par la voix off de Momo.

Le texte est parfois drôle…drôle seulement à sourire...car les peurs, terribles, la tristesse et la misère sont très présentes. Alors j’avoue que j’ai été gênée parfois par les rires peu subtils excessifs, déplacés, d’une partie du public. J’avais plutôt envie de pleurer devant tant de tendresse et de mélancolie.

"C'est pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur, Momo."

"Les cauchemars, c'est ce que les rêves deviennent toujours en vieillissant."


Le jeune Aymen Saïdi joue le rôle ingrat de l’enfant. Ingrat parce qu’il n’y a rien de plus dur que de composer sans ridicule au théâtre un personnage d’enfant quand on en a passé l’âge. Passées les premières minutes, on finit par oublier, convaincus par l’espièglerie, la tristesse et la tendresse infinie qu’il dégage.

Xavier Jaillard investit paternellement le rôle d’un bon docteur.

Par contre, Magif Bouali, interprète le père de Momo de façon inutilement dérangeante, excessive…Il surjoue sans nuances. On se serait bien passé de sa venue…

Extraits et commentaires:
ici
Si vous avez l’occasion de voir cette pièce, ne la ratez pas…
J’aime ce théâtre du sensible, de l’humain, de la simplicité, qui repose seulement , sans aucun artifice, sur le texte et le jeu des comédiens.
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MessageSujet: Re: Romain Gary   Lun 23 Aoû 2010 - 12:40

Colimasson a écrit:
Promesses de l'ombre, que vos commentaires, extraits et résumés m'ont donné envie de lire. dentsblanches
Promesses de l'aube et Chien blanc. Je crois que ce sont les titres exacts, Colimasson.
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kenavo
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MessageSujet: Re: Romain Gary   Lun 23 Aoû 2010 - 16:42

contente de revoir ce fil Very Happy
colimasson a écrit:
A présent, je pense que je vais poursuivre ma découverte de cet écrivain
cheers je te souhaite de bonnes lectures Wink

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MessageSujet: Re: Romain Gary   Mar 24 Aoû 2010 - 11:27

Dom a écrit:
Colimasson a écrit:
Promesses de l'ombre, que vos commentaires, extraits et résumés m'ont donné envie de lire. dentsblanches
Promesses de l'aube et Chien blanc. Je crois que ce sont les titres exacts, Colimasson.

Oui, en effet, j'ai édité mon message. "Promesses de l'ombre" faisait peut-être un peu trop dark pour Romain Gary Laughing

kenavo a écrit:
contente de revoir ce fil Very Happy
colimasson a écrit:
A présent, je pense que je vais poursuivre ma découverte de cet écrivain
cheers je te souhaite de bonnes lectures Wink

Merci ! Je pense bien que tu dois être contente de revoir ce film, après tous les messages que tu as postés pour nous faire partager ton enthousiasme pour cet auteur ! content
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MessageSujet: Re: Romain Gary   Mer 27 Oct 2010 - 17:42

je sens que je vais devoir prévoir une visite à Paris Very Happy




Romain Gary - des Racines du ciel à La Vie devant soi

Musée des lettres et manuscrits (3 décembre 2010 - 20 février 2011)

source

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MessageSujet: Re: Romain Gary   Mer 17 Nov 2010 - 12:03

Première lecture pour moi de Ajar- Gary, belle surprise que cette vie de vant soi, Ajar réussi le tour de force de faire un roman melting pote inter- générationel. Un mélange de fausse naiveté, de réflexions douces et améres sur la vie, la mort, le destin. Un agréable moment de lecture. J'ai un peu été gêné par le style, de la part d'un Goncourt je m'attendais à une oeuvre très académique. Il n'en est rien. J'ai parfois vu planer l'ombre du petit prince sur ce livre. De bon sentiments, de belles émotions, dit Rosa dessine moi un momo ...

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MessageSujet: Re: Romain Gary   Jeu 18 Nov 2010 - 11:06

Hexagone a écrit:
J'ai un peu été gêné par le style, de la part d'un Goncourt je m'attendais à une oeuvre très académique. Il n'en est rien. J'ai parfois vu planer l'ombre du petit prince sur ce livre. De bon sentiments, de belles émotions, dit Rosa dessine moi un momo ...


C'est le moins que l'on puisse dire ! dentsblanches Heureusement que le Goncourt ne prime pas que des oeuvres unies par un seul et même style conventionnel, ce serait bien triste sinon.
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MessageSujet: Re: Romain Gary   Ven 21 Jan 2011 - 20:14

CHIEN BLANC

Romain Gary vint en Californie en 1969 avec sa femme Jean Seberg, engagée politiquement et
socialement.
C' est l' époque où les Noirs manifestent pour les droits civiques. Malcolm X a été assassiné, les Black Panthers dirigent un mouvement révoutionnaire radical qui va dérailler sérieusement et Martin Luther King est abattu à son tour.
Gary est témoin de la situation, mais beaucoup plus spectateur qu' acteur.
Il a eu un role important dans l' Histoire, et les hommes l' ont déçu, enfin, la nature humaine...
Il aime les betes et il est toujours accompagné d' un zoo ambulant : chiens, chats, oiseaux, serpent...
Il a recueilli un chien perdu, quand il se rend compte très rapidement que l' animal a été dressé pour attaquer les Noirs.
Contre l' avis général, il décide de ne pas l' abattre...

"C' est assez terrible d' aimer les bètes. Lorsque vous voyez dans un chien un etre humain, vous ne
pouvez pas vous empecher de voir un chien dans l' homme et de l' aimer."

Curieusement, je ne connaissais Gary que sous son nom d' emprunt : Ajar. Je crois que j' avais été
retenu par le coté diplomate ou best seller...
Je connaissais la réalité dont il parle, mais dite par un homme tel que Gary, elle acquiert une
autre dimension, celle d' un homme honnète, généreux, lucide, profondément humain.
Vraiment un type bien !
Souvent déçu, irrité, mais jamais désabusé ni découragé.
Du moins à l' époque...

Sa femme, l' actrice américaine Jean Seberg, se suicide en 1979.
Et lui meme se tire une balle dans la bouche en 198O.


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topocl
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MessageSujet: Re: Romain Gary   Mer 30 Mar 2011 - 10:40

Relecture de La promesse de l’aube 20 ou 30 ans après.
Je retrouve l’élégance de Romain Gary, sa façon détachée et amusée de raconter une passion dévorante et plus ou moins destructrice (mais pas seulement, cette admiration déterminée et cette ambition jamais abandonnée pour son fils ont lui ont aussi servi de tuteur). Un humour d’une grande distinction, toujours tendre ; Et un amour jamais trahi pour cette mère, (qui devait quand même avoir bien des qualités pour qu’il l’aime ainsi en retour sans jamais la remettre en question), et lui offrit ce portrait extraordinaire. On sent tellement les excès dérisoires de certains russes émigrés…et la grande force qui permet de tenir malgré tout, en s’accrochant si besoin à des chimères

Beaucoup ri au début dans le passage où le jeune Romain, 14 ans, commence à chercher un pseudonyme avant de se mettre à écrire, quand on sait ce que Gary a fait plus tard avec les pseudonymes.

J’avais préparé une citation qui en même temps explique le titre, donne les clés du roman et montre le style inénarrable de dérision détachée de Romain Gary, mais je vois en lisant ce fil que Marie avait fait la même avant moi. Je vous renvoie donc à la page 3, la troisième des citations.

Une lecture agréable, un style et une façon de voir la vie très personnels.
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MessageSujet: Re: Romain Gary   Mer 27 Juil 2011 - 20:09

Au delà de cette limite, votre ticket n'est plus valable


Cette lecture me laisse perplexe, un peu désemparée pour en rédiger un avis juste, en tenant compte que je n’ai pas vraiment apprécié l’histoire, alors que l’écriture de Romain Gary ne souffre d’aucune objection de ma part. Et si je ne parlais que de l’histoire en elle-même, je me dois de faire la différence entre le sujet du livre, et la manière dont il a été abordé, ou du moins l’impression générale une fois le livre refermé, et quelques jours plus tard.
Avec un certain courage, Romain Gary aborde 2 ans seulement avant sa mort la vieillesse masculine, et en particulier la perte de la virilité. Je reconnais bien volontiers qu’il fallait oser, et que Romain Gary est direct, et franc dans son langage. C’est parfois cru, le style est rêche, sans décorum. J’en ai aimé l’humour caustique, pathétique même…
« Mon vieux, ce ne sont pas les bonnes femmes qui sont trop grandes…C’est toi qui est devenu trop petit. »
Cependant je n’ai pas aimé le personnage de Jacques Rainier, obnubilé par son étage inférieur….
Je n’abandonne pas pour autan Romain Gary ; c’est juste une rencontre, avec un livre précis qui ne s’est pas faite. D’autres, j’en suis sure, me combleront davantage.
En lisant ce livre, je ne pouvais m’empêcher de penser à mon ancienne pharmacienne, jamais avare d’une bonne blague, et qui disait avec malice « Vous savez, les hommes, quand ça se grippe dans le pantalon, c’est le cerveau qui déboulonne. »
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MessageSujet: Re: Romain Gary   Mer 17 Aoû 2011 - 9:25

La promesse de l'aube (1960)


La promesse de l’aube, avec l’air de s’attacher aux problèmes du sentiment maternel et de l’éducation, reste surtout une autobiographie nombriliste et pas modeste pour un sou. Peut-on pardonner à Gary l’estime démesurée qu’il se porte après avoir lu ce livre ? Justement, c’est bien là que se situe le problème : Gary est-il victime de son éducation ou s’en sert-il allégrement comme d’un prétexte pour justifier tout l’amour propre qui dégouline de lui et qui imprègne chacune des pages de son roman ?

Pour ce qui est de l’autobiographie en elle-même, rien à dire… Sur une trame chronologique parfois faite de flashbacks ou de remarques de l’auteur, on suit progressivement le parcours de l’écrivain, sans se perdre dans les dédales tumultueux de son existence. Même si le ton sature parfois du côté du mélo (des restes de ses essais de comédien ?…), heureusement, Romain Gary n’oublie jamais de ponctuer ses anecdotes par des touches humoristiques. Sans cela, certains passages bien lourds auraient eu du mal à se laisser digérer.

« Je n’ai pas réussi à redresser le monde, à vaincre la bêtise et la méchanceté, à rendre la dignité et la justice aux hommes, mais j’ai tout de même gagné le tournoi de ping-pong à Nice, en 1931, et je fais encore, chaque matin, mes douze tractions, couché, alors, il n’y a pas lieu de se décourager. »


D’anecdotes en grands évènements, Romain Gary emmène peu à peu son lecteur vers un dénouement surprenant qui m’a laissée pantoise… Sans rien laisser prédire de ce qui attendait le jeune Gary, nous voilà glissé dans sa peau lorsqu’il apprend la vérité au sujet de sa mère… Cette découverte donne envie de relire les derniers chapitres pour trouver un indice qui aurait pu nous instruire du dénouement avant le terme, mais rien ne filtre… L’envie de retrouver des signes précurseurs à cette révélation était peut-être aussi à la base du travail d’écriture de Romain Gary ?

Reste malheureusement, en contrepoint négatif à ce talent d’écrivain, une fierté et une autosatisfaction que je ne tolère pas dans les textes autobiographiques. Lorsque Romain Gary ne rapporte pas les éloges que sa mère lui adressait ou les compliments qu’il se dédie personnellement, c’est pour nous raconter des anecdotes qui le placent dans le sillage, voire au-dessus, de tel ou tel personnage important, dont il n’oublie évidemment pas de citer les noms avant de nous faire la liste des familiarités qu’il s’autorisait vis-à-vis d’eux. Certes, le talent est fait de beaux romans et de belles phrases rassemblées en une œuvre, mais il manque, dans celle de Romain Gary, le recul et la distanciation nécessaire à tout esprit critique.

« […] j’ai toujours su que je n’avais pas d’autre mission ; que je n’existais, en quelque sorte, que par procuration ; que la force mystérieuse mais juste qui préside au destin des hommes m’avait jeté dans le plateau de la balance pour rétablir l’équilibre d’une vie de sacrifices et d’abnégation. Je croyais à une logique secrète et souriante, dissimulée aux recoins les plus ténébreux de la vie. Je croyais à l’honorabilité du monde. Je ne pouvais voir le visage désemparé de ma mère sans sentir grandir dans ma poitrine une extraordinaire confiance dans mon destin. »

Comment un style si mature peut-il s’accorder avec une pensée aussi enfantine et orgueilleuse ? Romain Gary s’en explique dans cette Promesse de l’aube, que l’on peut dire avec tendresse ou un peu de pitié, au choix…


« Etait-ce vraiment moi, ce garçon frémissant et acharné, si naïvement fidèle à un conte de nourrice et tout entier tendu vers quelque merveilleuse maîtrise de son destin ? Ma mère m’avait raconté trop de jolies histoires avec trop de talent et dans ces heures balbutiantes de l’aube où chaque fibre d’un enfant se trempe à jamais de la marque reçue, nous nous étions fait trop de promesses et je me sentais tenu. Avec, au cœur, un tel besoin d’élévation, tout devenait abîme et chute. »



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J’ai presque vingt ans ! Me voici à la fin de ma vie, et je n’ai rien accompli !
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MessageSujet: Re: Romain Gary   Aujourd'hui à 21:13

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