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 Rick Bass

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sousmarin
Zen littéraire


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MessageSujet: Rick Bass   Ven 23 Fév 2007 - 11:07



Citation :
Rick Bass, écrivain et écologiste américain, est né le 7 mars 1958 à Fort Worth dans l'État du Texas.

Fils d'un géologue du Texas, c'est à la Utah State University que Rick Bass décroche une licence de géologie en 1979. De 1979 à 1987, il travaille comme géologue pétrolier à Jackson, au Mississippi: c'est là, pendant ses pauses déjeuner, que cet admirateur de Jim Harrison compose ses premières nouvelles.

Rick Bass aspire cependant à davantage d'isolement pour mieux se consacrer à l'écriture. C'est pourquoi sa femme et lui déménagent en 1987 pour la vallée du Yaak, à l’extrême nord-ouest du Montana, près de Troy. Là, il œuvre à la protection de sa région d'adoption, en particulier contre les routes et contre l'exploitation forestière. C'est ainsi que Rick Bass a été l'un des fondateurs de l'Association de sauvegarde des forêts de la vallée du Yaak (Yaak Valley Forest Council). Il a également fait partie de plusieurs associations écologistes comme les Round River Conservation Studies, le Sierra Club ou la Montana Wilderness Association.

Que ce soit à travers des nouvelles, des romans ou des essais, Rick Bass écrit toujours sur les problèmes environnementaux et la disparition progressive de la nature sauvage. L'auteur de plus de vingt livres, il a plusieurs fois été récompensé: il a notamment reçu le Pushcart Prize et la O. Henry Award.
source wikipedia

Bibliographie

Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)

Œuvres de fiction
1989 Le guet, nouvelles,  
1993 Platte river, nouvelles, Page 1,
1995 Dans les monts loyautés, nouvelles, Page 1,
1997 Le ciel, les étoiles, le monde sauvage, nouvelles,
1998 Fiber, nouvelle,
1999 Là ou se trouvait la mer, nouvelles, Page 1
2002 L'ermite, nouvelles,
2005 La décimation, roman, Page  1
2006 La vie des pierres, nouvelles, Page 3,
2012 Nashville chrome, Page 1,

Essais
1989 Oil Notes, Page 3
1995 Sur la piste des derniers grizzlis, Page 2
1996 Le livre de Yaak : chronique du Montana,
1991 Winter: Notes from Montana, Page  1,
2000 Colter Page  5
2009 Le journal des cinq saisons,

Citation :
Mise à jour le 20/03/2014, page 3


Plutôt connu comme nouvelliste, j’ai attaqué cet écrivain par son plus gros roman, Là où se trouvait la mer.

Dans le nord du Montana, un village isolé. Une femme vit là, Mel… sa passion : observer les animaux sauvages. Son mari est un géologue usé par le chercheur de pétrole Dudley qui, pour plus ou moins le remplacer, lui envoie un petit jeune, Wallis.
Ici on vit à l’ancienne, presque en autarcie, le froid de l’hiver s’installe, la terre gèle, les sentiments affleurent, l’intimité se crée.
Mel sauve la vie de Wallis, la sueur coule, gelant instantanément, mais laisse un parfum qui donne envie de lécher, de respirer la vie.
La vie, dans l’immensité blanche de l’hiver ou dans la naissance des sentiments…

La nature est à l’œuvre dans ce roman, parfois belle, parfois cruelle et sale. Les hommes ne se différencient pas du reste…
Agréable à lire, les personnages ont de la consistance et on se prend à suivre avec intérêt leurs aventures et à admirer, bien au chaud, les paysages décrits.
Un bon roman mais dont le style fait peut être un peu trop penser à Jim Harrison…
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Bellonzo
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MessageSujet: Re: Rick Bass   Dim 27 Juil 2008 - 19:18

La décimation(Ed.Christian Bourgois)

Les années 1840,au Mexique,peu après Alamo.Quelques centaines de prisonniers texans tirent au sort des haricots.Un haricot noir pour neuf blancs et un malheureux sur dix sera exécuté.Avec La décimation, Rick Bass dont j'ai déjà présenté les nouvelles (Les Américains de Bass) nous offre un roman remarquable en tous points.Sur fond historique authentique,la création d'une milice de la République du Texas,oui le Texas a èté indépendant,Bass nous narre une aventure militaire, paramilitaire plutôt,particulièrement absurde.Ces hommes traversent le Rio Grande pour en découdre avec les Mexicains. Cruautés bilatérales, c'est ça qui est bien avec la guerre...On a parlé pour ce livre de Cormac McCarthy,enfant chéri de la critique française depuis No country...On a parlé aussi de Stephen Crane immortel auteur de The red badge of courage dont bien des blogueurs ont déjà évoqué l'intérêt.

Cette seconde référence me semble plus évidente tant la fragilité des personnages,leur inadéquation pour la plupart avec le milieu brutal,minéral et inhumain auquel ils sont vite confrontés,nous ramène aux tourments du tout jeune soldat de la Guerre de Sécession décrit dans La charge victorieuse, titre français du film de Huston d'après Crane.Mais La décimation n'est pas un livre sur la guerre,fut-elle méconnue.C'est une longue ballade presque au sens médiéval sur la naîveté et parfois même l'angélisme de ces croisés d'un nouveau genre.On croit tous connaître l'histoire de l'Amérique sous prétexte qu'elle est courte.C'est oublier les soubresauts qui accompagnèrent la naissance et l'enfance de la jeune république.

Lire La décimation c'est aussi plonger dans ce désert mexicain brûlant et froid,boire à l'eau des cactus, et se colleter à la gloire naissante de ces apprentis héros qui ne connaîtront en fait que les geôles d'un château de roche et l'inextinguible soif de survivre,au prix de toutes les humiliations.Mais ceci est une autre histoire,universelle et de tout temps.Vous n'oublierez pas ces hommes,dessinés au long de l'aventure par l'un d'entre eux,Charles McLaughlin,sorte de correspondant de guerre,dont les croquis témoignent de la bêtise et de la haine sous le fallacieux prétexte d'être né sur l'une ou l'autre rive du mythique Rio Grande.Rio grande dont on parle toujours à propos de frontière...
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Rick Bass   Dim 27 Juil 2008 - 20:27

Merci Bellonzo pour ce commentaire détaillé et très engageant.

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kenavo
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MessageSujet: Re: Rick Bass   Ven 23 Jan 2009 - 11:53

Un commentaire qui me donne envie de noter Wink


"La Vie des pierres", nouvelles du grand tout

Florence Noiville
Le Monde des Livres 22.01.09


Rick Bass vient de loin. Il nous arrive du fin fond du Montana, du coeur des forêts archaïques où rôdent encore les grizzlis et les lions des montagnes. Il nous arrive du monde des arbres et des rochers, des fossiles et du silence.

Au commencement, l'homme était géologue. Géologue pétrolier. Pendant des années, pour un magnat de l'or noir, il a rédigé des rapports sur les possibilités de forage dans le sud-est des Etats-Unis - il racontait cela dans Oil Notes ("carnets de pétrole", éd. Christian Bourgois, 1996), où il mêlait subtilement la poésie de son métier à celle de la nature.

Et puis, un jour, il a tout arrêté. Il s'est acheté soixante-dix hectares de forêt sous le ciel immense du Montana et a construit un chalet dans la Yaak Valley, "tout là-haut, à la pointe nord-est de l'Etat". Depuis, il exploite ses arbres et ses terres, descend parfois dans la vallée faire un tour au saloon, et écrit. Il ne fore plus la terre, seulement les profondeurs des âmes.

En 2007, dans un roman fascinant, La Décimation (éd. Christian Bourgois), Bass nous avait fait revivre les batailles du Texas dans les années 1840 : des épisodes sanglants dont il restituait l'horreur, mais aussi - c'était toute la force de ses pages - l'effroyable séduction. Avec La Vie des pierres, il revient à sa forme de prédilection, la nouvelle. Et comme souvent chez lui, il suffit de fermer les yeux pour être plongé au coeur de ce qu'il décrit. Pour respirer le parfum des épicéas quand fondent les dernières neiges, pour entendre un craquement de brindilles et deviner le passage d'un cerf.

"SAPINS-CIGUËS"
Feu, terre, ciels, rocs, lichens... On est frappé, dans ces nouvelles, par l'incroyable immédiateté physique du paysage. (Dans Fiber, Bass parle d'ailleurs de "sapins-ciguës aux troncs moussus, riches d'une odeur de décomposition presque sexuelle"). Comme chez certains Scandinaves, la nature a chez lui une telle présence sensuelle, une telle puissance d'envoûtement, qu'on la croirait habitée par quelque puissance invisible. "Dieu est surtout dans la nature, fait d'ailleurs dire l'auteur à l'un de ses personnages. Il est plus dans la façon dont nous nous traitons les uns les autres que dans n'importe quelle Eglise."

Car, au fond, "qui sait ce qui se cache à l'intérieur des choses ?", demande un autre personnage, spinoziste sans le savoir. Dans Fiber, Bass va même plus loin : jusqu'à la fusion, la confusion de l'homme avec le grand tout. "J'essaie, dit-il, de concentrer mon attention sur la terre elle-même. De la laisser me dire qui je suis, ce que je suis - de la laisser me donner mon rythme et mon orientation, jusqu'à ce que ce soit comme si j'étais devenu une partie d'elle."

Attention, il n'y a là aucun ésotérisme. Aucune niaiserie new age. Aucune volonté de surfer sur la moindre vague pour créer ce que l'on pourrait appeler un "roman bio" ou une "littérature durable" ! Rien de tout cela. Plutôt l'idée humble, reconnaissante - et sous la plume de Rick Bass, infiniment émouvante - que "la vie palpite partout, secrète, immémoriale et terriblement présente".

Jusqu'à quand ? C'est la question que pose Païens. On y suit les aventures de deux garçons amoureux de la même fille et dont la distraction consiste à aller manoeuvrer une vieille grue rouillée au bord d'une rivière. Les jeunes gens ont bricolé une sorte de bathyscaphe qu'ils immergent dans l'eau souillée (car ce lieu était autrefois un site de gravières et d'usines pétrochimiques). Jusqu'à la fin, on redoute l'accident, la grue bloquée en l'air, les jeunes emprisonnés sous l'eau... Le drame n'aura pas lieu. A peine une petite égratignure sur le pied d'Annie, l'égérie. Non, la vraie catastrophe, c'est l'eau contaminée, la terre mazoutée, "la moisson de crabes et de petits mulets au dos arqué couverts de tumeurs", les aigrettes empoisonnées par le limon toxique... Nulle leçon pourtant. Ecologiste fervent, Bass ne manque jamais d'humour et, une fois seulement, il met dans la bouche d'Annie - opportunément perchée sur un monticule de déchets au milieu de la rivière - un verset de Jérémie : "Je vous ai fait venir dans un pays semblable à un verger (...) et vous avez fait de mon héritage une abomination."

En lisant Rick Bass, on pense à cette phrase de Marguerite Yourcenar dans Mémoires d'Hadrien : "Quand tous les calculs se révèlent faux, quand les philosophes eux-mêmes (et les économistes) n'ont plus rien à nous dire, il est excusable de se tourner vers le babillage fortuit des oiseaux, ou vers le lointain contrepoids des astres." Ou vers les livres de Rick Bass...


source: ICI

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MessageSujet: Rick Bass   Ven 23 Jan 2009 - 14:54

Je me souviens avec plaisir d'un livre qui s' appelle Winter. L'auteur et
son amie s'installent au coeur de l'hiver dans une maison située dans le Montana, près de la frontière canadienne.
L'isolement est total, le paysage complètement dissimulé sous la neige.
Toute sortie en voiture dangeureuse.
Il n'y a rien à faire en apparence et rien à voir non plus. Seulment attendre...

Sous la forme d'une sorte de journal, Bass tente de trouver de nouveaux
repères intimes, de sonder et de mettre à l'épreuve la relation qui l'unit
à la femme qu'il a emmenée avec lui. De s' interroger sur sa présence là.

Et on a l'impression que cette mise à l'épreuve est nécéssaire, cette attente favorable à un départ vers autre chose : le printemps d'abord,
la redécouverte de la nature entre autres choses.
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MessageSujet: Re: Rick Bass   Sam 24 Jan 2009 - 15:36

J'ai lu aussi cet article dans le Monde des livres, et j'ai noté Rick Bass.
Que faut il ire de lui ? Winter ? River platt ?
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Bellonzo
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MessageSujet: Re: Rick Bass   Sam 24 Jan 2009 - 16:13

Les Américains de Bass ou pour répondre à Stella
Citation :
Que faut il ire de lui ? Winter ? River platt ?


Rick Bass a dédié ses premières nouvelles à Jim Harrison et c'est bien dans la lignée du gros ours moustachu chéri des Français que s'inscrit ce recueil Dans les Monts Loyauté.Souvenirs de jeunesse avec un oncle bringueur,boxeurs ratés dans des tripots,aventures au Montana sont quelques-uns des thèmes évoqués par Rick Bass.Il est bien dans la mouvance de cette merveilleuse littérature américaine libre où l'on croise Tom McGuane,Richard Hugo,Thomas Savage,Elwood Reid et bien d'autres.Des hommes tout autant que des auteurs qui hantent plus les rivières à truites que les cocktails newyorkais.

Ce courant se caractérise par une respiration qui,bien que très actuelle,fait référence aux grands mythes fondateurs de l'Amérique à travers sa nature parfois idyllique,parfois meurtrière.Le cinéma jusqu'à présent s'est montré incapable de transcender ces oeuvres,avec entre autres deux adaptations navrantes de conformisme extraites du recueil Légendes d'automne de Jim Harrison.Je ne vois guère qu'un Terrence Malick qui aurait peut-être la fibre...

Ce phénomène littéraire très puissant est à rapprocher de la littérature "indienne" dont nous reparlerons(James Welch,Louis Owens,David Treuer,Sherman Alexie).De Rick Bass on peut aussi lire Le guet,Oil notes,Platte River
Peit-être cela t'aidera-t-il Stella.Par contre si j'ai lu les titres cités et La décimation je ne connais ni Winter ni La vie des pierres.
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MessageSujet: Re: Rick Bass   Jeu 7 Avr 2011 - 9:28


Journal des cinq saisons

Citation :
Présentation de l'éditeur
Témoignage le plus abouti et le plus mature que Rick Bass livre de sa vie dans la vallée du Yaak, Le journal des cinq saisons reprend une réalité on ne peut plus tangible de la vie du Montana : entre la rudesse glaciale de l'hiver et l'explosion du printemps se glisse une cinquième saison, la « Saison brune » où les glaces ont déjà fondu pour se transformer en boue mais où la végétation n'a pas encore repris ses droits.
Journal de bord quotidien et hommage à un écosystème incomparable, cet ouvrage est surtout le récit d'un lieu. On y comprend les mécanismes d'une disparition programmée, la chaîne des événements qui mènent de la rapacité aveugle à la destruction d'un des derniers fiefs de la nature sauvage aux États-Unis.
Tel un Thoreau contemporain, il nous donne à voir ce que nous risquons de perdre, entre mélancolie discrète et révolte passionnée.

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MessageSujet: Re: Rick Bass   Jeu 22 Sep 2011 - 22:06

Winter

Quand noël se retrouve au milieu de l'été et qu'on connait des gens qui ont du goût on se retrouve à lire de bons livres. J'ai donc lu Winter de Rick Bass avec un a priori positif.

Le livre se présente comme un journal qui va retracer la recherche d'un coin tranquille, raisonnablement isolé, par et pour l'écrivain, sa femme peintre et leurs deux chiens. Un besoin d'espace, de nature, d'autre chose... après plusieurs recherches infructueuses la perle rare se déniche dans le nord est du Montana dans la montagne et les bois sous la forme d'un gardiennage de propriété. Sur l'été finissant c'est le début d'une aventure.

La contrée est peu peuplée et sauvage, rapidement l'enjeu est de se préparer à l'hiver, un hiver que notre bonhomme attend avec une grande impatience. apprendre à connaître le pays, couper du bois, apprendre comment vivre au quotidien différemment. Couper du bois surtout, beaucoup, pour pouvoir se chauffer plus tard, tout au long de l'hiver.

L'hiver sera là forcément puissant et étranger, fascinant et éprouvant et puis passera. Et ce sera la fin de ce journal.


Du côté du style on est dans l'économie, la nature est très présente, les voisins le sont aussi dans tous les cas la réserve est de mise : descriptions simples. La même réserve se fait sur les thèmes abordés, toujours une retenue mais une retenue qui laisse venir, laisse entrer les objets de l'attention de notre ermite improvisé : le bois, les animaux, l'hiver... introspections et prospectives limitées pour le quotidien qui prend le pas sur les réflexions.

Il y a forcément la nature et l'amour de la nature qui transparait dans ce livre, nature à laquelle l'économie et le refus d'un surplus de poésie donne toute sa place tranquille, dangereuse et belle... naturelle pourrait-on dire. Et il y a, intimement liée à cette nature, la quête initiatique personnelle, qui se constate. Le besoin de s'éprouver et de vivre, le besoin de la distance, du silence. On sent que c'est un choix particulier. Un choix partagé avec sa compagne sur laquelle peu de mots suffisent à esquisser la confiance et les différences, aussi comme un refus soigneux d'exposer une intimité pour faire du livre.

Se dévoile donc toute l'attente d'un homme face à une vision, un choix du monde et de quelques uns de ces habitants, un homme qui ne sait pas (côté écologie aussi les distances sont gardées bien qu'on sente le gros potentiel, choix raisonnable et non moins explicite, pas de blagues) qui n'a de cesse de se laisser prendre par le mouvement d'une saison. Il s'éprouve et il aime et il se recueille à sa manière. C'est le journal d'un apprentissage simple mais complet, pas forcément définitif pour se vivre (une façon de parler de se rapport au temps qui se change et se multiplie en quelque sorte, un effet Walden sur une seule saison).

Une manière qui parle en tout cas. Et qui donne envie de revenir à l'auteur y compris à travers quelque chose de plus romanesque.

(Et il y a même des Caribous à l'intérieur !).


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MessageSujet: Re: Rick Bass   Ven 23 Sep 2011 - 22:26

extrait :

Citation :
16 décembre

Ce n'est pas comme si nous étions de véritables ermites; simplement comme disait Thoreau, la plupart d'entre nous veulent examiner leur vie, en même temps que le monde qui les entoure - un monde qui, ici dans les montagnes, vous me croirez si vous voulez, n'est pas tant contrôlé par les autres que par soi-même.
Nous nous recevons à diner tous les quelques mois, et invariablement, en fin de soirée, le vin ayant coulé à flots, quelqu'un mettra sur la platine (si la génératrice fonctionne) la chanson favorite de toute la valléé, "Nigth Rider's Lament", et nous chantons tous à l'unisson avec le disque, à d'innombrables reprises.

Alors que j'étais parti chevaucher,
Service de nuit, de minuit à l'aube
La lune luisait comme une lampe de chevet
Pour lire la lettre d'un ami de chez moi
Et il me demandait
Pourquoi chevauches-tu pour gagner ta vie
Dis-moi pourquoi tu manies le lasso pour trois sous
Tout ça ne mène à rien
Et tu perds la part qui te revient
Bon Dieu, tu as dû devenir cinglé là-bas.


Nous avons tous - à l'exception de Breitenstein qui n'accepte jamais les invitations à dîner - quitté d'autres régions pour venir ici. Nous recevons tous des lettres analogues de nos familles, et même de nos amis, des lettres qui disent : "Il fait froid... Mais il vous faut un téléphone... Comment peut-on se débrouiller sans électricité ?... Et les animaux ?... Et les bêtes sauvages ?... Vous perdez votre temps... Vous laissez passer votre chance..."
Pour ce qui est de "Night Rider's Lament", pour ce qui est de quitter certaines choses afin de pouvoir en examiner d'autres, Jim Harrison a trouvé une excellente formule : "Les bois peuvent être un peu étranges. Il faut longtemps pour avoir enfin l'impression d'être un homme des bois, mais ensuite, jamais plus on ne peut redevenir un homme des villes."
Je découvre, ici, des vérités sur moi-même, des vérités que j'aurais dû savoir à l'heure qu'il est mais que j'ignorais pourtant. Ce qui, je crois, est moins l'indice d'une personnalité complexe que d'un esprit simple, mais cet esprit est le seul que je possède et je suis bien content de le posséder, même loin des villes.
J'avais l'habitude de penser que c'était mal, que c'était une faiblesse que d'avoir besoin d'être au milieu de la nature sauvage pour être heureux - loin de la plupart des choses. A présent, je commence à m'apercevoir que ça n'entre même pas en ligne de compte - que ce soit bien ou mal, une faiblesse ou une force : ça n'a aucune importance. Je suis comme je suis.
De ce côté-ci de la ligne de partage des eaux, les fleuves s'écoulent en direction du Pacifique.

Un des extrait les plus "bavards", mais un extrait que j'aime bien et qui reflète un des autres aspects du livre qui est le regard sur l'esprit d'une amérique dont l'image fait partie de la vie de l'auteur et des gens. C'est aussi le rapport à la nature et aux autres. Plus loin aussi de cet extrait il y a l'existence d'une peur, qui vient des conditions de vie plus dures, et qui est aussi préexistante et plus souterraine.

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MessageSujet: Re: Rick Bass   Ven 6 Jan 2012 - 22:24

Platte River

Trois nouvelles : un prêcheur entêté et une jeune femme un peu comme qui dirait en rupture dans le fin fond du Montana (un coin à la ou le même coin que Winter, des lanceurs de disques, un colosse et une femme un peu triste, un ancien footballer qui vient parler à des étudiants...

Le point commun de ces nouvelles est leur part d'irréel, un phantasme, un grain de folie particulier, une tendance un peu simple et sauvage à une espèce de naturisme heureux. ça pourrait ressembler à de la "nouvelle américaine de base" (je pense à ma petite déception à la lecture de Sherman Alexie), après tout il s'agit de contemporains qui vont un peu mal entre couple et vie moderne, le début de la troisième nouvelle m'a même fait un peu peur... pourtant et heureusement, on en revient à cette relation particulière à la nature et au corps, un besoin de confrontation à soi même mêlé à un besoin de sentir, le froid, la fatigue, les muscles, pour les hommes comme pour les femmes d'ailleurs, quelque chose qui sorte de la torpeur, qui rappelle quelque chose de vain peut-être mais satisfaisant. Jusque dans une démesure phantasmée, un excès vivifiant et pas tout à fait moche.

Avec le bon goût de ne pas rendre la nature angélique, elle reste étrangère, fascinante, rude, vivante et mystérieuse, pas d'angélisme non plus pour l'homme, un peu paumé et qui se comporte comme un sauvage ou demi sauvage avec cette nature comme avec les siens, mais cherchant une part de lui même.

Une lecture facile (il faut reconnaitre) et qui fait du bien mais pas trop gnangan la guimauve. c'est plus "tiens ? si j'allais soulevé une vache !" que "trop duuuur la viiiiiieeeeeeuuuuuh, et un zeste de références culturelles et de poésie". J'aime bien son côté basique, qui ne cherche ni à sur-décrire la nature (l'évocation d'un orignal aux andouillers de velours suffit largement à effondrer les cloisons de l'imagination) ni à en rajouter dans la description du pourquoi et du comment. reste le besoin et l'interrogation de la sensation. Sensation qui implique les thèmes : bien-être avec les siens (et ceux qui vont et qui viennent) et son milieu, et soi même, le lien physique très primaire qu'on entretient avec soi, le besoin d'usure, de force, de maitrise, de sensation, de résistance, de bonheur... sans angélisme ou trop d'illusions. Du bon sens et de la retenue (ou du bon goût) en somme.

Je reste donc curieux de l'auteur et plutôt content de cette petite lecture qui fait penser à dehors, loin dehors, longtemps, un vide et un espace.

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MessageSujet: Re: Rick Bass   Mer 21 Mar 2012 - 9:38


Nashville Chrome
Citation :
Présentation de l’éditeur
Qui se souvient encore des Brown, « le groupe américain préféré des Beatles » ? Dans les années 50, Maxine, Bonnie et Jim Ed Brown étaient pourtant aussi connus qu'Elvis Presley, qui trouva en eux des compagnons de route et une indéniable source d'inspiration.
Nashville Chrome retrace le parcours, romancé, de ce trio atypique : leur enfance à Poplar Creek, dans le sud de l'Arkansas, à proximité de la scierie paternelle dont émanaient les fumées qui ont donné à leurs voix cet éclat soyeux et rauque ; les tournées aux côtés de ceux qui deviendront des grands noms de la musique rock country. Jusqu'au milieu des années 60, le groupe occupe le devant de la scène. Leur étoile pâlit peu à peu et ils se séparent au début des années 70.
À l'image de leurs voix envoûtantes, Rick Bass construit un livre au ton délicat et juste. Au-delà du succès et du déclin de l'harmonie bien tempérée des Brown, se joue quelque chose de plus profond qui rappelle ses grands écrits sur la nature : leurs voix renvoient à l'authenticité d'une ère où les médias et les images ne sont pas encore rois.

Qu’est-ce que décide du succès de l’un et du déclin de l’autre ? Parfois les raisons sont peu visibles, souvent il y a des tous petits détails qui tranchent.
Ceci est le livre qui montre un tel « déclin », une histoire autour des Brown qui montre qu’ils n’ont pas fait de « fautes » mais que c’était inévitable qu’on les oublie, tandis qu’on parle encore aujourd’hui du ‘King’

Rick Bass fait alterner dans ce livre le passé et le présent. Il se concentre sur Maxine Brown pour raconter sa vie à l’instant, sa non-volonté d’affronter que les gens ont oubliés qu’elle était une star dans le temps.

En ce qui concerne le passé, Rick Bass nous parle dans ses remerciements du temps que les Brown lui ont accordé et cela se sent. Il peut raconter quelques petits détails que seulement les protagonistes puissent connaître et ils ont ouverts leurs souvenirs à grandes portes pour lui.

Puisque je suis une fan de ce genre de « biographie romancée » j’ai trouvé mon plaisir dans cette lecture, surtout les parties à Poplar Creek sont très impressionnantes, on reconnaît l’auteur qui aime parler de la nature.

Malheureusement je trouve qu’il perd un peu son haleine en cours de route, peut-être un peu trop de détails, parfois un peu trop de révélations ce que Maxine éprouve aujourd’hui du fait qu’on a oublié l’existence des Brown.





Site de Maxine Brown

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MessageSujet: Re: Rick Bass   Mar 21 Aoû 2012 - 14:26



A mon avis la couverture ne correspond en rien à ce que Rick Bass l'auteur/héros a vécu, c'est bien trop mimi.
Déjà la propriété dont on lui confie le gardiennage est bien plus grande (sorte de ranch) et donc nécessite beaucoup plus de travaux et d'entretien.

C'est en bon texan et homme du sud que l'auteur nous décrit un pan de sa vie dans le grand nord du Montana, accompagné de sa copine et de ses deux chiens.
Un pari sur sa vie, qu'il veut différente, pas vraiment en fuite mais à la recherche de quelque chose de plus intense et d'aventureux, très proche de la nature et surtout très proche en temps de la saison hivernale sur laquelle se projette tous ses fantasmes.

Pas coupé du monde pour autant mais suffisamment car un téléphone à perpet, absence d'électricité, pas de confort en somme.
Des routes dangereuses, une camionnette bringuebalante et surtout peu de savoirs de base pour vivre dans ces contrées.

Donc le récit oscille entre la recherche éperdue de bois à couper pour faire face à l'hiver qui s'approche avec tous les efforts que cela représente, et des descriptions tout sauf ennuyeuses de la nature environnante, des animaux qui s'invitent pratiquement à vos fenêtres, des lumières du soir ou de l'aube, bref un paysage presque féérique à portée de main.

C'est ce que recherchait le héros qui va apprendre, apprendre encore et encore pour s'approprier cette nature où les quelques habitants sont peu diserts, mais n'hésitent pas à aider, encore faut-il leur demander, ce qui n'est pas une mince affaire.

Et la consécration sera bien sûr l'apparition de l'hiver, à peine imaginable pour nous, qui isole merveilleusement celui qui se donne la peine de l'aimer.

Pas de philospohie pesante, pas de leçon donnée sur la nature bienfaisante, ou de condamnation facile de la vie moderne, juste deux jeunes gens qui tentent un autre mode de vie et qui le font partager.

Une lecture bien fraîche, c'est le cas de le dire et chaleureuse en même temps car malgré cette nature qui semble hostile, il y a de la vie, humaine, animale, végétale et l'auteur a su, par un style direct et sans artifice, nous le communiquer.
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zazy
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MessageSujet: Re: Rick Bass   Mar 21 Aoû 2012 - 18:38

J'avais oublié de donner mon avis sur


The Brown ? Non je ne connaissais pas. Ce trio est constitué de Maxine, Bonnie et Jim Ed, 3 frères et sœurs à la voie soyeuse, chaude et complice. Dans les années 50, ils sont plus connus qu’Elvis Presley. Vainqueur de tous les oscars de la country-music : « Chaque chanson sortie par les Brown en 1955 et 1956 faisait partie du Top Ten. Jamais dans l’histoire de la musique un groupe n’avait eu autant de tubes au Top Ten en l’espace de deux ans, ni autant de numéros un ».
Le registre des graves et des notes hautes au son li lisse, si fluide. Johnny Cash, Jerry Lee Lewis, Pasty Cline, Buddy Holly et les Davis Sisters venaient les écouter. C’était un petit noyau dense ; les graines de ce qui deviendrait l’industrie multimilliardaire de la country de Nashville passaient par là, captivées par les Brown. »

Puis, tout change. « Certains des auditeurs passaient de la country à la pop…. Le public s’éloignait d’eux, il en suivait un autre à présent. Ce qui avait valu aux Brown une pareille adulation –leur capacité à camoufler leurs émotions sous une façade parfaitement lisse - serait en définitive leur faiblesse, mais ils seraient les derniers à le savoir. Il faudra un demi-siècle à Maxine pour le comprendre… »
Maxine Brown, l’ainée du trio ne peut se faire à l’idée qu’elle ne chantera plus jamais devant un public, que personne ne la reconnait, que son frère et sa sœur aient pu faire leurs vies en dehors du groupe. Elle remâche tout ceci à longueur de journée, des journées longues très longues. Elle peine à marcher depuis une vilaine chute, personne ne vient jamais lui rendre une petite visite, hormis Monsieur Buddy, un terrier à pois durs.
« Que faire de ces si longues journées, de cette interminable attente ? Quelquefois –même aujourd’hui, après avoir été oubliée pendant près de cinquante ans – elle envoie des mots rédigés à la main, des gribouillages tremblés de vieille femme, aux adresses de boîtes de nuit dont elle se souvient, ou à des compagnies de disques, pour demander du travail, un concert, un autre chance, un public…. »
Oui, la vie est dure pour Maxine. Elle a tout perdu en perdant la reconnaissance, sinon l’amour du public. L’alcool sera de la partie et la détruira un peu plus. Mais, jamais elle ne renoncera mais…… !!!

Rick Bass le note dans ses remerciements : « Les Brown sont réels, et ce qu’ils ont donné à la musique américaine, et la façon dont ils l’ont fait, sont réels aussi ; Nashville chrome, cependant, est une œuvre d’imagination….. Nashville chrome a pour objectif entre autre choses, de dépeindre le contexte émotionnel de leur parcours et ses défis ». Cette peinture d’une époque où beaucoup de choses étaient possible a vu éclore nombre de stars, idoles et les Brown une référence.
« Nous leur avons ouvert la voie, poursuit-elle, une pointe de l’ancienne amertume perçant déjà dans sa voix. Nous leur avons offert le succès sur un plateau d’argent et maintenant on dirait qu’ils ne respectent rien de tout cela ».
Dans ce livre, chaque chapitre est une petite histoire qui mêle biographie et roman, comme lorsque l’on raconte ses souvenirs, en passant du coq à l’âne.
J’ai eu beaucoup de plaisir à suivre les routes des Brown avec, en fond la musique âpre de la dépression. Pourtant, Maxine nous raconte une enfance heureuse, pleine d’amour, de chants et de musique, sans toutefois occulter leur misère et ses rapports fougueux avec son père alcoolique.
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MessageSujet: Re: Rick Bass   Mar 21 Aoû 2012 - 18:49

Héhé. Content pour la lecture bien fraiche (et avec des caribous).

Et curieux de Nashville Chrome même si les nouvelles de la dernière lecture ont élargi un peu le champ à la musique et à d'autres choses. Ou à cause de ça ?

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