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 Hélène Berr

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Cachemire
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MessageSujet: Hélène Berr   Lun 31 Mar 2008 - 23:09



Le Journal (1942-1944) d'Hélène Berr, jeune juive française

Je viens de lire le journal d'une jeune Parisienne juive, Hélène Berr, morte dans un camp de concentration, en avril 1945. Elle a 21 ans lorsqu'elle commence à écrire en 1942 et prépare l'agrégation d'anglais. Elle écrira ce qui fait son quotidien jusqu'en 1944, moment de son arrestation et de sa déportation. Comme la petite Anne Frank en Hollande, elle nous fait vivre son histoire en racontant ses passions, ses angoisses, la lente détérioration de son quotidien. Elle a un regard pénétrant sur les évènements, beaucoup de sensibilité et d'intelligence et un style littéraire très agréable.

Magnifique témoignage, ce journal est boulversant...

Le 29 mai 1942, une ordonnance allemande impose aux juifs de porter l'étoile jaune. Le lundi 8 juin, Hélène Berr la porte pour la première fois. Le soir elle note dans son journal :

Citation :
Lundi soir

Mon Dieu, je ne croyais pas que ce serait si dur. J'ai eu beaucoup de courage toute la journée. J'ai porté la tête haute, et j'ai si bien regardé les gens en face qu'ils détournaient les yeux. Mais c'est dur. D'ailleurs, la majorité des gens ne regarde pas. Le plus pénible, c'est de rencontrer d'autres gens qui l'ont. Ce matin, je suis partie avec Maman. Deux gosses dans la rue nous ont montrées du doigt en disant : « Hein ? T'as vu ? Juif. » Mais le reste s'est passé normalement. Place de la Madeleine, nous avons rencontré M. Simon, qui s'est arrêté et est descendu de bicyclette. J'ai repris toute seule le métro jusqu'à l'Etoile. A l'Etoile, je suis allée à l'Artisanat chercher ma blouse, puis j'ai repris le 92. Un jeune homme et une jeune fille attendaient, j'ai vu la jeune fille me montrer à son compagnon. Puis ils ont parlé.

Instinctivement, j'ai relevé la tête-en plein soleil-, j'ai entendu : "C'est écoeurant." Dans l'autobus, il y avait une femme, une maid [domestique] probablement, qui m'avait déjà souri avant de monter et qui s'est retournée plusieurs fois pour sourire ; un monsieur chic me fixait : je ne pouvais pas deviner le sens de ce regard, mais je l'ai regardé fixement.

Je suis repartie pour la Sorbonne ; dans le métro, encore une femme du peuple m'a souri. Cela a fait jaillir les larmes à mes yeux, je ne sais pourquoi. Au Quartier latin, il n'y avait pas grand monde. Je n'ai rien eu à faire à la bibliothèque. Jusqu'à quatre heures, j'ai traîné, j'ai rêvé, dans la fraîcheur de la salle, où les stores baissés laissaient pénétrer une lumière ocrée. A quatre heures, J. M. [Jean Morawiecki] est entré. C'était un soulagement de lui parler. Il s'est assis devant le pupitre et est resté là jusqu'au bout, à bavarder, et même sans rien dire. Il est parti une demi-heure chercher des billets pour le concert de mercredi ; Nicole est arrivée entre-temps.

Quand tout le monde a eu quitté la bibliothèque, j'ai sorti ma veste et je lui ai montré l'étoile. Mais je ne pouvais pas le regarder en face, je l'ai ôtée et j'ai mis le bouquet tricolore qui la fixait à ma boutonnière. Lorsque j'ai levé les yeux, j'ai vu qu'il avait été frappé en plein coeur. Je suis sûre qu'il ne se doutait de rien. Je craignais que toute notre amitié ne fût soudain brisée, amoindrie par cela. Mais après, nous avons marché jusqu'à Sèvres-Babylone, il a été très gentil. Je me demande ce qu'il pensait. [...]

Emu par le récit d'Hélène Berr, l'écrivain Patrick Modiano en a écrit la préface. Il y raconte sa découverte.
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coline
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MessageSujet: Re: Hélène Berr   Mar 1 Avr 2008 - 1:01

Je me l'étais noté celui-ci aussi...

Cachemire , ton post m'amène à rappeler une nouvelle fois l'un des ouvrages qui ont marqué ma vie: Les lettres de Westerbork de Etty Hillesum. Un fil lui est consacré sur le forum.
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bix229
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MessageSujet: Le journal d'Hélène Berr   Mar 1 Avr 2008 - 1:15

L'occasion pour moi de citer le Journal d'Edith Velmans, hollandaise comme Anne Frank et qui a failli subir le meme sort qu'elle.
Heureusement sauvée grace à des hollandais compatissants et courageux...
colibri
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Hélène Berr   Mar 1 Avr 2008 - 19:24

Tu peux me dire un peu plus Bix sur cette Edith Velmans ? Quel âge avait-elle quand elle a écrit son journal ? Et pendant combien de temps l'a-t-elle écrit ?

Je dois préciser qu'Hélène Berr ne s'est pas vraiment cachée; peu de temps avant leur arrestation, ses parents et elle, alertés par des rumeurs sont allés dormir le soir chez des amis, et puis, après une semaine, ils ont décidés de dormir à nouveau chez eux : le lendemain, ils ont été arrêtés !
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bix229
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MessageSujet: Hélène Berr   Mar 1 Avr 2008 - 21:42

Edith Velmans est à peine sortie de l'enfance lorsque la guerre éclate.
Elle vit dans famille execeptionnellement unie, cultivée, sensible. Elle y est heureuse et elle tient déjà son journal.
Ce qui est interessant, c'est la façon dont elle va réagir lorsque la guerre éclate.
Au printemps 194O, la Hollande est envahie et controlée par les allemands
qui exigent d'abord le port de l'étoile jaune pour les juifs. Leur déportation
vers les camps d'extermination ne tardera pas.
Surprise totale et désarroi dans la famille d'Edith qui essaie de s'organiser. Mais la machine à broyer s'est mise en route. La mère et la
grand mère d'Edith mourront dans un camp, tandis que le père décedera, victime d'un cancer.
Entre temps, la décision a été prise de cacher Edith dès 1942. Elle vivra recluse dans une famille protestante, loin de La Haye d'où elle était originaire.
Elle cachera son identité et ses sentiments pour ne pas mettre en danger ceux qui l'hébergent. Elle devra meme ignorer ce que deviennent les siens.
A la libération, Edith a muri, mais sa famille est détruite, seul un des ses frères a survécu. Elle sombrera un temps dans la dépression.
Finalement, c'est bien plus tard, alors qu'elle vit aux Etats Unis où elle s'est réfugiée, qu'elle reprendra son journal qu'elle n'a cessé de tenir, et
avec l'aide de sa fille, elle composera un texte comportant des extraits de son journal et des commentaires ultérieurs. C'est ce texte qui fut publié
avec succès.
Le livre a d'excellentes qualités littéraires et révèle la sensibilité et la le courage dont fit preuve cette toute jeune fille dont l'univers fut anéanti.
colibri Publié en français en 2OO3 par les éditions Phébus.
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Hélène Berr   Mar 1 Avr 2008 - 22:28

Merci Bix, je crois que je vais le lire également ! content
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Eve Lyne
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MessageSujet: Re: Hélène Berr   Dim 10 Aoû 2008 - 16:07

Lu récemment, ce Journal d'Hélène Berr m'a bouleversée, différemment de celui d'Etty Hillesum car l'approche est différente.

Là, ce qui stupéfie, c'est le courage de cette jeune fille dans un Paris occupé. Tout en nous décrivant la barbarie quotidienne (le port obligatoire de l'étoile jaune, les arrestations, les rumeurs, les ordonnances contre les Juifs, l'arrestation et la difficile libération de son propre père, etc.), Hélène n'oublie pas de contempler la nature, d'observer le temps, de continuer ses études, de jouer du piano, de citer de grands auteurs tels Keats ou Shakespeare.

D'un côté, nous avons donc la nature non humaine (les éléments, les escapades à la campagne) qui lui apporte une joie de vivre évidente et de l'autre nous avons la terrible nature humaine dont elle perçoit déjà toute l'atrocité. On voudrait espérer en même temps qu'elle, sauf qu'étant ses contemporains nous connaissons l'issue.

Un livre à mettre entre toutes les mains pour que jamais on n'oublie que cela peut se reproduire. Crying or Very sad
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Hélène Berr   Dim 10 Aoû 2008 - 20:01

Eve Lyne a écrit:


Un livre à mettre entre toutes les mains pour que jamais on n'oublie que cela peut se reproduire. Crying or Very sad

Oui ! Tout à fait...un livre qui "travaille" pour la paix !
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Marie
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MessageSujet: Re: Hélène Berr   Jeu 11 Sep 2008 - 2:57

Fini le Journal d'Hélène Berr .. Que dire qui ne l'a pas déjà été?
Ce Journal qu'elle a tenu et dédié à son ami, qui, lui, avait quitté la France occupée et a survécu, aujourd'hui conservé au Mémorial de la Shoah, est un document exceptionnel sur la vie au jour le jour d'une étudiante juive dans le Paris de l'Occupation.Et d'une jeune femme très lucide sur le sort qui l'attend. Ses proches sont arrêtés les uns après les autres, et les rumeurs sur les traitements qui leur sont infligés sont de plus en plus alarmantes. « On a parlé aussi des gaz asphyxiants par lesquels on aurait passé les convois à la frontière polonaise. Il doit y avoir une origine vraie à ces bruits », rapporte ainsi la jeune femme en novembre 1943.
Et pourtant, ils ne partent pas... Hélène Berr, jusqu'à son arrestation et sa déportation à Bergen-Belsen où elle est morte du typhus en avril 45, a travaillé dans une association qui aidait à cacher dans des familles des enfants dont les familles étaient déportés.
C'est écrit sans plainte, sans pathos, simplement, de jour en jour on sent la tension monter dans les petites notes prises, les reflexions sur le mal, sur les motivations de cet acharnement , l'incompréhension grandissante entre juifs et non juifs, et puis le désarroi de plus en plus grand qui lui fit finalement arrêter même la musique , mais garder ,dans sa dernière lettre à sa soeur, encore un peu d'humour.
C'est bouleversant de lucidité et d'analyse .

Extrait:

"La Mort pleut sur le monde. De ceux qui sont tués à la guerre, on dit qu'ils sont des héros. Ils sont morts pourquoi? Ceux qui étaient de l'autre côté se sont figurés qu'ils mouraient pour la même chose. Alors que chaque vie a tant de prix en elle-même

The pity of it, Iago! O Iago, the pity of it, Iago!

Ce que j'écris scandaliserait beaucoup de gens. Et pourtant, s'ils réfléchissaient, s'ils cherchaient au fond de leur coeur, que trouveraient-ils d'autre? Je ne crois pas être lâche donc je me permets d'écrire ces choses. Ceux qui, au nom de la "bravoure", du " courage", du "patriotisme" pousseraient les hauts cris en m'entendant , ne sont au fond que sous l'empire de passions erronées. Ils se trompent, ils sont aveugles.
D'ailleurs, ceux qui ont combattu au front après deux ans, pendant l'autre guerre, n'ont-ils pas connu ce qu'ils croyaient être une " désillusion" , et qui, au fond, n'était que la disparition de ces passions erronées? Quand ils avouent qu'ils n'avaient même plus de haine pour le boche, qu'ils ne savaient plus ce qu'il en était. Dans La vie des martyrs de Duhamel, dans l'Epilogue des Thibault, dans La Pêche miraculeuse de Pourtales.
Seulement, ils se considéraient alors comme dépassées par une fatalité trop lourde pour se révolter contre elle. Alors qu'à l'origine, cette "fatalité avait été mise en branle par des hommes, qu'elle était une oeuvre humaine.

J'ai parlé de la Vie des martyrs, ce cadeau de fête de Mme Schwartz.Ma fête, elle était déjà incomplète sans Jean,mais j'avais eu de la douceur tout de même, mes amies, et ses lettres aussi. Maintenant, j'ai l'impression d'être dépouillée de tout, nue, naked to the awaited stroke


Oui, la Vie des Martyrs est un livre qui m'a désespérée, car il atteint à cette impartialité que j'estime plus que tout, mais de cette hauteur là, on ne voit que désolation. Où est la solution? Peut être ceux qui sont partiaux sont-ils plus heureux, parce qu'ils trouvent une solution, si erronée soit-elle, ils ont un but: un objet de haine, c'est beaucoup moins angoissant que de ne pas avoir de haine.

Je pense maintenant que le plus grand degré de perfection auquel l'humanité soit en mesure d'aspirer, c'est cette impartialité. Après...je ne sais pas encore; je ne vois pas la solution; je ne peux pas en parler, c'est comme de la vie future. J'ai simplement un pressentiment que c'est dans cette voie là, une fois ce stade atteint, que se trouve la solution.

C'est pour cela que malgré tout, malgré l'absence de jugement prononcé, la Vie des martyrs reste une magnifique leçon.Duhamel ne se prononce pas: il donne les faits, impartialement, les résultats de cette chose furieuse, folle, aveugle qu'est la guerre, et en tout cas il dévoile dans toute sa nudité l'erreur terrible qui est à la base de cette chose.
je me souviens d'avoir été étonnée, presque irritée par cette absence de passion. "Où voulait-il en venir?" symbolise à peu près mon état d'esprit. Après, à la longue, j'ai compris quelle immense leçon était implicitement contenue dans ces pages, et elle s'est dégagée pour moi.

" "Rien ne devient réel avant qu'on en ait eu l'expérience- même un proverbe n'est pas un proverbe avant que votre vie n'en ait donné un exemple." Keats

J''écris cette phrase qui n'a aucun rapport avec ce qui précède, parce qu'elle m'a frappée ce matin, elle résume le principal problème qui se pose à moi: celui de la compréhension humaine et de la sympathie. Il semble que tout découle de cela...

1er novembre 1943

_________________
J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible.
André Comte-Sponville
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botany
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MessageSujet: Re: Hélène Berr   Jeu 7 Oct 2010 - 13:14

Lecture qui m'avait secoué également.
Il y a une telle opposition entre cette jeune femme éprise de vie, de culture, de livres et le système qui va l'anénatir. J'ai senti une lucidité tout au long de ce journal comme si elle se doutait que ça n'allait pas bien tourner.
C'est insoutenable parce que l'on assiste à l'arrêt programmé d'une vie riche, pleine de ressources, de promesses.
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Hélène Berr   Jeu 7 Oct 2010 - 13:56

botany a écrit:
Lecture qui m'avait secoué également.
Il y a une telle opposition entre cette jeune femme éprise de vie, de culture, de livres et le système qui va l'anénatir. J'ai senti une lucidité tout au long de ce journal comme si elle se doutait que ça n'allait pas bien tourner.
C'est insoutenable parce que l'on assiste à l'arrêt programmé d'une vie riche, pleine de ressources, de promesses.

Tout à fait d'accord Botany, cette exemple de vie prometteuse anéantie nous enseigne vraiment ce que la guerre fait toujours: faire disparaître des vies et leurs richesses... Cela ne peut que nous rendre non-violent et soucieux de préserver la paix.
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tom léo
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MessageSujet: Re: Hélène Berr   Jeu 7 Oct 2010 - 17:47

Je regrette de découvrir ce fil que maintenant. Au printemps, en passage à Paris, j'étais au Mémorial de la Shoah et c'est là que j'ai découvert grâce à une exposition témporaire Hélène Berr ( http://www.senioractu.com/Helene-Berr-une-vie-confisquee-exposition-temporaire-au-Memorial-de-la-shoah-a-Paris_a11737.html ). Hélas, l'expo est bien fini depuis longtemps. Si j'avais vu le fil à temps, j'aurais pu vous avertir.

J'étais très saisi par les bribes que j'ai lu, les témoignages d'une vie pleine. De voir des photos, des documents des gens qui sont morts après ainsi, provoquent toujours une profonde résonance intérieure.
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Anna
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MessageSujet: Re: Hélène Berr   Jeu 7 Oct 2010 - 19:20

botany a écrit:
Lecture qui m'avait secoué également.
Il y a une telle opposition entre cette jeune femme éprise de vie, de culture, de livres et le système qui va l'anénatir. J'ai senti une lucidité tout au long de ce journal comme si elle se doutait que ça n'allait pas bien tourner.
C'est insoutenable parce que l'on assiste à l'arrêt programmé d'une vie riche, pleine de ressources, de promesses.

Cette lucidité m'avait aussi frappé.

Une des phrases que j'ai pris en note lors de la lecture :

"Mais ce n'est pas de la peur, car je n'ai pas peur de ce qui pourrait m'arriver"

A la date du 15 juillet 1942 (veille de la rafle du Vel d'Hiv), elle écrit ceci :

"Quelque chose se prépare, quelque chose qui sera une tragédie, la tragédie peut-être".

Ce n'était qu'un journal mais il révèle beaucoup sur la période et sur la personnalité de cette jeune femme qui avait des qualités d'écriture. Une vie gâchée. Malheureusement, les guerres gâchent beaucoup trop de vies.
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MartineR
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MessageSujet: Re: Hélène Berr   Ven 8 Oct 2010 - 10:47

Cachemire a écrit:
botany a écrit:
Lecture qui m'avait secoué également.
Il y a une telle opposition entre cette jeune femme éprise de vie, de culture, de livres et le système qui va l'anénatir. J'ai senti une lucidité tout au long de ce journal comme si elle se doutait que ça n'allait pas bien tourner.
C'est insoutenable parce que l'on assiste à l'arrêt programmé d'une vie riche, pleine de ressources, de promesses.

Tout à fait d'accord Botany, cette exemple de vie prometteuse anéantie nous enseigne vraiment ce que la guerre fait toujours: faire disparaître des vies et leurs richesses... Cela ne peut que nous rendre non-violent et soucieux de préserver la paix.

J'ai lu aussi ce journal il y a un certain temps, je soulignerai le fait qu'elle était d'un milieu privilégié d'intellectuels. Mais aussi que sa famille était française , ceçi nous fait réflechir encore plus au regard des derniers documents signés et annotés par Pétain exhumés il y a peu

Un livre à faire lire dès le collège quoique le style soit très recherché ce que n'est pas le cas pour le livre d'Anne Franck
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