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 Paul Verlaine

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coline
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MessageSujet: Paul Verlaine   Jeu 3 Avr 2008 - 19:16



Le livre de Guy Goffette, L'autre Verlaine, m'a donné envie de retourner à l'oeuvre du poète.

Composé en prison (le savoir rend ce poème plus émouvant):

Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu’on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l’arbre qu’on voit
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

- Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

(Sagesse)

lien avec d'autres poèmes de lui: Ici
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coline
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MessageSujet: Re: Paul Verlaine   Ven 4 Avr 2008 - 18:30

LA CHANSON BIEN DOUCE

(Une chanson que l'on connaît parce qu'elle a été interprétée par Léo Ferré.)

"Écoutez la chanson bien douce
Qui ne pleure que pour vous plaire.
Elle est discrète, elle est légère :
Un frisson d'eau sur de la mousse !
La voix vous fut connue (et chère ?)
Mais à présent elle est voilée
Comme une veuve désolée,
Pourtant comme elle encore fière,
Et dans les longs plis de son voile
Qui palpite aux brises d'automne,
Cache et montre au cœur qui s'étonne
La vérité comme une étoile.
Elle dit, la voix reconnue,
Que la bonté c'est notre vie,
Que de la haine et de l'envie
Rien ne reste, la mort venue.
Elle parle aussi de la gloire
D’être simple sans plus attendre,
Et de noces d’or et du tendre
Bonheur d’une paix sans victoire.
Accueillez la voix qui persiste
Dans son naïf épithalame
Allez, rien n'est meilleur à l'âme
Que de faire une âme moins triste !
Elle est en peine et de passage
L'âme qui souffre sans colère,
Et comme sa morale est claire !...
Écoutez la chanson bien sage."
(Sagesse)
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Paul Verlaine   Ven 4 Avr 2008 - 19:15

Excellente idée Coline !

Voilà les deux poèmes mélancoliques que je préfère. Je les ai déjà entendus des dizaines de fois (récités par mes élèves) et je ne m'en lasse jamais...

Citation :
Soleil couchant

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mon coeur qui s'oublie
Aux soleils couchants.
Et d'étranges rêves
Comme des soleils
Couchants sur les grèves,
Fantômes vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
À des grands soleils
Couchants sur les grèves.

Paul Verlaine (Poèmes saturniens)

Chanson d'automne

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Paul Verlaine (Poèmes saturniens)

Deux des plus beaux exemples de poèmes musicaux !
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coline
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MessageSujet: Re: Paul Verlaine   Ven 4 Avr 2008 - 19:47

Et dire que nous n'avions pas encore ouvert de fil pour Verlaine! content

« Verlaine, c’est du vert qui lui coule dans les veines, c’est le sang vert de l’herbe que le suc maléfique de l’absinthe jamais ne remplacera, c’est le vert et la laine des collines, comme le soulignent les syllabes de son nom, c’est le feuillage à petits bruits qui s’éveille et l’haleine des arbres dans le brouillard.
De là cette verdeur du butor attablé à ses gourgandines et qui fait bombance.
De là aussi, cette oreille de fleur ou de pluie qui rend son vers plus fragile et sonore que le cristal. »


Guy Goffette ( dans L'autre Verlaine)
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MessageSujet: Re: Paul Verlaine   Ven 4 Avr 2008 - 23:08

A côté du Verlaine élégiaque, mélancolique, musical et doux des Fêtes galantes, Poèmes saturniens etc , il y a aussi celui très cru du
Sonnet du Trou du Cul ou de Femmes.
Mais c'est drôle de constater que même ses poèmes érotiques assez hard conservent ce côté rêveur et tendre.
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MessageSujet: Re: Paul Verlaine   Ven 4 Avr 2008 - 23:12

Nezumi a écrit:
A côté du Verlaine élégiaque, mélancolique, musical et doux des Fêtes galantes, Poèmes saturniens etc , il y a aussi celui très cru du
Sonnet du Trou du Cul ou de Femmes.
Mais c'est drôle de constater que même ses poèmes érotiques assez hard conservent ce côté rêveur et tendre.

Je trouve très juste cette citation de Guy Goffette que j'ai placée dans le post juste au-dessus du tien.
Verlaine est le poète de ce constraste entre douceur et crudité...
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MessageSujet: Re: Paul Verlaine   Ven 4 Avr 2008 - 23:19

C'est vrai qu'elle est belle cette citation. "Green" est d'ailleurs l'un de ses poèmes que je préfère aime (çui-là ne choquera pas les yeux chastes).

Green

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches,
Et puis voici mon cœur, qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.

J’arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue, à vos pieds reposée,
Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encore de vos derniers baisers ;
Laissez-la s’apaiser de la bonne tempête,
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

Romances sans paroles
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MessageSujet: Re: Paul Verlaine   Sam 5 Avr 2008 - 0:53

Nezumi a écrit:
C'est vrai qu'elle est belle cette citation. "Green" est d'ailleurs l'un de ses poèmes que je préfère aime (çui-là ne choquera pas les yeux chastes).
aime C'est pour moi l'un de ses plus beaux. Tu m'as devancée... content
J'aime celui-ci aussi:

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
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MessageSujet: Re: Paul Verlaine   Sam 19 Avr 2008 - 23:33

Il pleure dans mon coeur

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !
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coline
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MessageSujet: Re: Paul Verlaine   Sam 19 Avr 2008 - 23:35

Le poète Guy Goffette nous ramène à Verlaine avec ces deux ouvrages:
- Verlaine d'ardoise et de pluie
- L'autre Verlaine

clic
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MessageSujet: Re: Paul Verlaine   Ven 29 Aoû 2008 - 23:41

Dans le dernier LIRE, un article est consacré à la redécouverte de Verlaine... Wink
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elena
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MessageSujet: Re: Paul Verlaine   Ven 19 Sep 2008 - 23:04

coline a écrit:
Nezumi a écrit:
A côté du Verlaine élégiaque, mélancolique, musical et doux des Fêtes galantes, Poèmes saturniens etc , il y a aussi celui très cru du
Sonnet du Trou du Cul ou de Femmes.
Mais c'est drôle de constater que même ses poèmes érotiques assez hard conservent ce côté rêveur et tendre.

Je trouve très juste cette citation de Guy Goffette que j'ai placée dans le post juste au-dessus du tien.
Verlaine est le poète de ce constraste entre douceur et crudité...

Oui combien oui, Nezumi, Coline, Amies verlainiennes (je vous rejoins avec plaisir),

Oui il arrive même que douceur et crudité se fondent chez le Pauvre Lélian. Dans Anne recopié par Coline (Album de vers anciens de Paul Valéry) la jeune fille se mélange au drap pâle... Dans ce qui suit les demoiselles semblent s'y être déjà mélangées.
(J'ai toujours adoré ce sonnet de Parallèlement)

Sur le balcon

Toutes deux regardaient s'enfuir les hirondelles :
L'une pâle aux cheveux de jais, et l'autre blonde
Et rose, et leurs peignoirs légers de vieille blonde
Vaguement serpentaient, nuages, autour d'elles.

Et toutes deux, avec des langueurs d'asphodèles,
Tandis qu'au ciel montait la lune molle et ronde,
Savouraient à longs traits l'émotion profonde
Du soir et le bonheur triste des coeurs fidèles,

Telles, leurs bras pressant, moites, leurs tailles souples,
Couple étrange qui prend pitié des autres couples,
Telles, sur le balcon, rêvaient les jeunes femmes.

Derrière elles, au fond du retrait riche et sombre,
Emphatique comme un trône de mélodrames
Et plein d'odeurs, le Lit, défait, s'ouvrait dans l'ombre.

J'aime aussi la piécette suivante - Aurore - que je lis comme un hommage à l'auteur de Amour et de Sagesse :

(Connaissez-vous la Ballade à propos de deux ormeaux qu'il avait, Paul Verlaine, Amour :
Mon jardin fut doux et léger,
Tant qu'il fut mon humble richesse :
Mi-potager et mi-verger,
Avec quelque fleur qui se dresse
Couleur d'amour et d'allégresse,
Et des oiseaux sur des rameaux,
Et du gazon pour la paresse ...)


Aurore

Un oiseau chante… Un merle… On ne l’entend qu’à peine…
Un premier merle au ciel prend des reflets de laine,
Tresse les bords du jour comme d’échos discrets…
Peu de lumière encor pour appuyer ses traits.
Nul messager que lui, pour cette entrée en scène…
Mais ces reflets, ce ciel… Un peu « façon Verlaine »…

La note fraîche, frêle, en perles d’eau s’égrène
Comme un ruisseau très clair longe un trottoir de grès.
Mais au moins lui, l’oiseau, peut vous parler de près…

Moi l’aube, moi l’aurore avive mes regrets
De ne pouvoir chanter qu’une clarté lointaine.

(Louis Latourre)
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MessageSujet: Poésie   Mer 8 Avr 2009 - 18:46

"De la musique avant toute chose!"
Paul Verlaine

Une amie m'a offert un recueil de ces poèmes et j'y tiens tout particulièrement. Vous avez cité les plus beaux mais il en reste encore:

Citation :
Colloque sentimental

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.

-Te souvient-il de notre extase ancienne?
-Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne?

-Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom?
Toujours vois tu mon âme en rêve? -Non.

-Ah! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches! -C'est possible.

Qu'il était bleu, le ciel, et grand l'espoir!
-L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

et aussi

Citation :
Monsieur Prudhomme

Il est grave : il est maire et père de famille.
Son faux-col engloutit son oreille. Ses yeux
Dans un rêve sans fin flottent, insoucieux,
Et le printemps en fleur sur ses pantoufles brille

Que lui fait l'astre d'or, que lui fait la charmille
Où l'oiseau chante à l'ombre, et que lui font les cieux,
Et les prés verts et les gazons silencieux?
Monsieur Prudhomme songe à marier sa fille

Avec Monsieur Machin, un jeune homme cossu.
Il est juste milieu, botaniste et pansu.
Quant aux faiseurs de vers, ces vauriens, ces maroufles,

Ces fainéants barbus mal peignés, il les a
Plus en horreur que son éternel coryza,
Et le printemps en fleurs brille sur ses pantoufles.
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Lalie
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MessageSujet: Re : Paul Verlaine   Ven 26 Fév 2010 - 16:31

Une poésie que j'ai apprise avec le collège, et qui m'a plu :
Après trois ans,

Ayant poussé la porte étroite et qui chancelle
Je me suis prommené dans le petit jardin
Qu'éclairait doucement le soleil du matin
Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.

Rien n'a changé...J'ai tout revu : l'humide tonnelle
De vignes folles avec les chaises de rôtin...
Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble fait sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent; comme avant
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent
Chaque alouette qui va et vient m'est connue.

Même j'ai retrouvé debout la Velleda
Dont le plâtre s'écaille au bord de l'avenue
-Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.

Paul Verlaine
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swallow
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MessageSujet: Re: Paul Verlaine   Ven 26 Fév 2010 - 17:07

Tout simplement spendide, cet " Après trois ans", Lalie. Il y a tout le charme du vétuste et du délabré et puis la Nature qui se rit complètment de ce que le temps a bien pu déteriorer. Un poème de Verlaine que je ne connaissais pas encore. Merci Lalie.
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