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 Wislawa Szymborska

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cecile
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MessageSujet: Re: Wislawa Szymborska   Mer 4 Fév 2009 - 10:35

Ce poème illustre bien toute la frustration de ne pas pourvoir dire -dans une langue qui n'est pas la nôtre- ce que l'on voudrait , parce qu'il nous manque les mots .
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swallow
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MessageSujet: Re: Wislawa Szymborska   Jeu 25 Juin 2009 - 20:56

Cécile, de voulais te demander, à propos de la poésie "L´amour au premier regard".

ou un jour face à face
quelque part non dans la foule
au téléphone mais c'est une erreur


J´essaie de le traduire en espagnol MAIS comparant une traduction et une autre dans des langues différentes il y a quelque chose qui cloche, dans le texte français.

(1) Le texte original polonais a- t-il été deformé, afin de pouvoir être chanté?

Car ce " quelque part non dans la foule" omet le "Sorry" des traductions anglaises:

perhaps in a revolving door
ever being face to face?
an "excuse me" in a crowd
or a voice "wrong number" in the receiver.


Perhaps in a revolving door

face to face one day?

A "sorry" in the crowd

"Wrong number" on the phone?

(2) QUELQU´UN aurait-il la possibilité de me dire ce qui est réellement ecrit EN POLONAIS?
Merci.





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Arabella
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MessageSujet: Re: Wislawa Szymborska   Jeu 25 Juin 2009 - 21:15

Je vais essayer de te traduire le texte à partir du Polonais, mais je ne suis pas traductrice professionnelle et donc ce sera bancal, mais je vais essayer de coller le plus possible au texte :

Je voudrais leur demander,
s'ils ne se rappellent pas -
peut être dans une porte tambour
un jour face à face ?
un excusez-moi dans la bousculade de la foule ?
une voix "Erreur" au télephone ?
- mais je connais leur réponse.
Non, ils ne se rappellent pas.

Il semble bien que le texte français que tu cites soit lacunaire.

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La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
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swallow
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MessageSujet: Re: Wislawa Szymborska   Ven 26 Juin 2009 - 10:39

MERCI Arabella, ta traduction restitue bien mieux l´authenticité du vers de Wislawa (que je lis en anglais).
Il faudra quand on pourra, CORRIGER le texte de cette poésie qui figure sur ce fil, car il y a une infidélité dans la traduction, une lacune comme tu dis. C´est dommage qu´il manque cet " excusez-moi".
Ta traduction est loin d´être bancale, Arabella, par contre, le vers
"quelque part non dans la foule"
l´était complètement.

Maintenant, je peux traduire tranquille, en espagnol...attentif
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kenavo
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MessageSujet: Re: Wislawa Szymborska   Ven 26 Juin 2009 - 10:49

swallow a écrit:
l´authenticité du vers de Wislawa (que je lis en anglais).
je la lis en allemand..
et puisque je dois me fier à la traduction, je peux dire que dans cette langue elle me parle.. j'adore drunken

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MessageSujet: Re: Wislawa Szymborska   Ven 26 Juin 2009 - 16:33

Moi qui a la chance de la lire dans la langue originale, je trouve qu'elle est sacrement difficile à traduire. Elle a un écriture très ramassée, elle utilise des mots très précis, en même temps qui ramassent plusieurs idées et sens. Elle joue sur les pré-fixes qui changent subtilement la signification d'un mot par exemple. En fait pour restituer pleinement le sens il faudrait utiliser plus de mots, ce qui à la fois casserait le rythme du poème, et serait un peu une interprétation du traducteur. Et il n'est vraiment pas simple de trouer un mot qui ramasse autant de sous-entendus que ce qu'elle fait.

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kenavo
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MessageSujet: Re: Wislawa Szymborska   Ven 26 Juin 2009 - 16:39

Pouvant juger aussi pour plusieurs langues, je trouve toujours le travail de traduction pour poèmes le plus difficile..
mais si on veut que des poètes soient aussi connus en dehors de leurs pays - il faut faire confiance aux traducteurs.. et même si je ne lis que l'interprétation de son traducteur allemand - c'est sublime ce que je lis Wink

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Burlybunch
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MessageSujet: Re: Wislawa Szymborska   Ven 30 Oct 2009 - 17:26

Comme promis, un petit topo. Je déconseille la lecture des extraits proposés à ceux qui ne la connaissent pas encore, puisqu'ils n'offrent qu'un aperçu tronçonné et nettement subjectif de ses textes; mais en revanche, je mettrai plus tard en ligne quelques poèmes entiers, dont je ne saurai trop vous pousser à la lecture!

De la mort sans éxagérer
(trad. Piotr Kaminski, Fayard, 1996)

Ouvrage qui regroupe des textes extraits des recueils: Appel à Yeti (1957) / Sel (1962) / Cent blagues (1967) / Cas où (1972) / Grand Nombre (1976) / Les Gens sur le pont (1986) / Fin & début (1993).

Arabella posait le problème de la traduction, et c'est justement ici bien quelque chose qui m'a surpris de trouver des textes aussi musicaux, fluides et vivants – il y a en tout cas, quelle que soit ici la responsabilité du traducteur, une vingtaine de poèmes que je trouve réellement formidables (en particulier à l'intérieur de « Grand Nombre »).

Ce qui me plaît particulièrement chez elle, au bout de cette lecture, c'est la façon dont elle perçoit et rend compte de la réalité,

d'un côté entièrement contingente et futile:
°) le hasard en quelque sorte et à chaque événement ses hypothétiques variations non-réalisées
Spoiler:
 
°) l'altération voire le travestissement,
- d'abord à travers un reflet obsolète
Spoiler:
 

- puis par le biais de l'art: la poésie, le théâtre, la peinture
Spoiler:
 
- ou encore à travers les rêves, à travers lesquelles se maintient un « deuxième monde », ici associé à l'amour, fuyant ou mort; à la mémoire et au regret
Spoiler:
 



et de l'autre ferme, nécessaire, et presque imposée
°)le don de la naissance et sa dette, la mort
Spoiler:
 

°)la réalisation unique de chaque instant
« Prêt-à-vivre », 1976
Celui-là, je le recopie en entier, parce que l'aime beaucoup

°) la civilisation, ses fausses promesses / guerre, haine & désolation
Spoiler:
 



Bon, je ne développe pas plus, parce que ce n'est pas ce qu'il y a de plus intéressant,
et vais plutôt prendre le temps qu'il me reste ce soir pour recopier quelques textes! Que chacun ainsi puisse saisir l'essence de son écriture, la singularité du ton, et des points de vues empruntés, l'humour souvent piquant de ses regards... clown
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bix229
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MessageSujet: Re: Wislawa Szymborska   Ven 30 Oct 2009 - 17:32

Non, la poésie et surtout celle de Szymborska ne se prete pas à
l' analyse de détail...
En tout cas pour moi.
Je l' ai citée dans les Coups de coeur poétiques.
Pour le pur plaisir de l' instant en la lisant et en recopiant un poème !
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Burlybunch
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MessageSujet: Re: Wislawa Szymborska   Ven 30 Oct 2009 - 18:01

Voici trois textes assez différents.
J'aime particulièrement "La femme de Loth".

Prêt-à-vivre (Grand Nombre, 1976)

Voilà du prêt-à-vivre.
Pièce sans répétition.
Corps sans essayage.
Tête sans réflexion.

J'ignore le rôle qu'on me fait jouer.
Je sais seulement qu'il ne peut être qu'à moi.

L'intrigue, je suis bien obligée
de la démêler une fois sur scène.

Préparée à la diable pour cet honneur de vivre,
j'ai du mal à soutenir le tempo de l'action.
J'improvise, bien que l'improvisation m'écoeure.
Je bute à chaque instant sur l'ignorance des choses.
Mes manières fleurent sans doute la province.
Mes instincts n'ont sûrement rien de professionnel.
Le trac est une excuse, et une humiliation.
Je trouve cruelles ces circonstances atténuantes.

Mots et réflexes impossibles à retirer,
étoiles mal comptées,
caractère comme un manteau boutonné en courant,
voilà les conséquences pénibles de la hâte.

Ah, si j'avais pu seulement répéter un mardi,
ou revoir les détails d'un jeudi, juste un seul.
Mais voilà déjà vendredi, dont j'ignore le scénario.
« Est-ce admissible? » je croasse (on ne m'a pas laissé
le temps de m'éclairer la gorge en coulisse).

Trêve d'illusions, ce n'est pas une audition sommaire
dans un environnement provisoire. Certes, non.
Traversant le décor, je vois qu'il est solide.
Je m'étonne de la précision des accessoires?
La scène tournante semble rodée depuis longtemps.
On a branché jusqu'aux plus lointaines nébuleuses.
Et quoi que je fasse maintenant
deviendra pour toujours ce que j'ai fait.

Ciel (Fin et début, 1993)

Voilà par quoi on aurait dû commencer: le ciel.
Fenêtre sans rebord, sans feuillure, sans vitres.
Ouverture et rien d'autre,
mais ouverte largement.

Nul besoin d'attendre une nuit sans nuages,
ni de lever la tête
pour regarder le ciel.
Je l'ai derrière mon dos, sous ma main, sur mes paupières.
Le ciel m'enveloppe fermement,
me soulève.

Les montagnes les plus hautes
ne sont pas plus près du ciel
que les vallées les plus profondes.
Pas un endroit où il y en aurait davantage
que dans un autre endroit.
Un nuage est aussi lourdement
écrasé par le ciel qu'une tombe.
Une tombe n'est pas plus au septième
qu'un hibou qui agite ses ailes.
Une chose qui tombe dans le vide
tombe du ciel dans le ciel.

Fluides, liquides, rocheuses,
enflammées et aériennes
étendues du ciel, miettes du ciel
ciel qui souffle et ciel qui s'entasse.
Le ciel est partout
jusqu'aux ténèbres sous la peau.
Je mange du ciel, j'évacue du ciel.
Je suis piège piégé,
habitant habité,
embrasseur embrassé,
question en réponse à question.

Le diviser en Ciel et terre
n'est pas la façon idoine
d'appréhender ce Tout.
Ça permet juste de survivre
à une adresse plus précise,
plus facile à trouver,
si jamais on me recherche.
Mes traits particuliers:
admiration et désespoir.

La Femme de Loth (Grand nombre, 1976)

Je me suis retournée, paraît-il, par curiosité.
Mais je pouvais avoir d'autres raisons encore.
Je me suis retournée par regret de ma coupe d'argent.
Par mégarde, en renouant le lacet de ma sandale.
Pour ne plus voir la nuque intègre de Loth, mon époux.
Certaine soudain que si je tombais morte,
il ne prendrait même pas le temps de s'arrêter.
Par l'insoumission des humbles.
Pour guetter les clameurs de la poursuite.
Frappée par le silence, espérant que Dieu avait changé d'avis.
Nos deux filles disparaissaient déjà derrière la colline.
Je sentis la vieillesse en moi. Et la distance.
La futilité du voyage. La torpeur.
Je me suis retournée en posant mon baluchon par terre.
Je me suis retournée par crainte, où poser mon pied.
Sur mon sentier des serpents apparurent,
des araignées, des mulots et des vautours blancs-becs.
Tout ce qui vit, débarrassé soudain du bien et du mal,
rampait et sautillait dans une terreur commune.
Je me suis retournée sous le poids de la solitude.
Et honteuse de fuir ainsi, sournoisement.
Par désir de hurler, de revenir sur mes pas.
Ou peut-être est-ce plus tard, quand le vent se leva,
me dénoua les cheveux, et souleva ma robe.
Certaine qu'on l'aperçut sur les murs de Sodome,
qu'on accueillit ma honte d'un rire retentissant
Je me suis retournée par colère.
Pour me rassasier enfin de leur ruine.
Je me suis retournée pour toutes les raisons invoquées.
Je me suis retournée sans le vouloir.
La pierre sous mon pied tourna en vrombissant.
Un gouffre me barra la route tout à coup.
Sur son bord, un hamster se dressait sur deux pattes.
Et tous les deux, ensemble, nous nous sommes retournés.
Non, non. Je courais encore,
je rampais et je m'envolais,
jusqu'à ce que les ténèbres tombent enfin du ciel,
les oiseaux foudroyés et le gravier ardent.
Essoufflée, je tournai plusieurs fois sur moi-même.
Si l'on pouvait me voir, on croirait que je danse.
Il se peut que mes yeux fussent restés ouverts.
Sans aucun doute tombai-je en regardant la ville.
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Burlybunch
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MessageSujet: Re: Wislawa Szymborska   Ven 30 Oct 2009 - 18:07

bix229 a écrit:
Non, la poésie et surtout celle de Szymborska ne se prete pas à
l' analyse de détail...
En tout cas pour moi.
Je l' ai citée dans les Coups de coeur poétiques.
Pour le pur plaisir de l' instant en la lisant et en recopiant un poème !
Oui, je te suis entièrement en fin de compte, ça m'est apparu superflu,
mais j'avais déjà tapé l'essentiel...
Rien ne vaut un recueil sous la main, et je crois d'ailleurs que je vais finir par me les acheter. Peut-être très vite clown
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bix229
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MessageSujet: Re: Wislawa Szymborska   Ven 30 Oct 2009 - 20:00

Moi, j' ai acheté : Je ne sais quelles gens, édité par Fayard...

Une belle édition, et meme magnifique.
L' autre recueil est plus difficile à trouver...
Mais je surveille !
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cecile
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MessageSujet: Re: Wislawa Szymborska   Dim 15 Nov 2009 - 21:47

Arabella a écrit:
Moi qui a la chance de la lire dans la langue originale, je trouve qu'elle est sacrement difficile à traduire. Elle a un écriture très ramassée, elle utilise des mots très précis, en même temps qui ramassent plusieurs idées et sens. Elle joue sur les pré-fixes qui changent subtilement la signification d'un mot par exemple. En fait pour restituer pleinement le sens il faudrait utiliser plus de mots, ce qui à la fois casserait le rythme du poème, et serait un peu une interprétation du traducteur. Et il n'est vraiment pas simple de trouer un mot qui ramasse autant de sous-entendus que ce qu'elle fait.

Tout à fait d'accord .
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swallow
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MessageSujet: L´appel au Yéti.   Mer 9 Déc 2009 - 11:04

Est-ce que l´un d´entre vous pourrait me donner la version intégrale du poème " Jamais deux fois" de Wislewa Szymborska en français? (Cécile, Arabella?).

Des amis espagnols me signalent qu´il y aurait quelque chose qui cloche dans l´image mentale suggérée par la traduction espagnole, ( vers en caractère gras ). Nous disposons de la version intégrale en espagnol de "Nada dos veces" depuis que Paxi López a lu cette poésie, le jour de sa prise de posession, afin de prêter serment de sa nouvelle condition de Lehendakari, devant l´arbre de Guernika, en Mai 2009.

"Souriants, à moitié enlacés,
nous essayons de trouver l'harmonie,
bien que nous soyons aussi différents
que deux gouttes d'eau claire."

" Jamais deux fois " . (L´ appel au Yéti, 1957).

Nada dos veces
Nada sucede dos veces
ni va a suceder, por eso
sin expenencia nacemos,
sin rutina moriremos.

En esta escuela del mundo
ni siendo malos alumnos
repetiremos un año,
un invierno, un verano.

No es el mismo ningún día,
no hay dos noches parecidas,
igual mirada en los ojos,
dos besos que se repitan.

Ayer mientras que tu nombre
en voz alta pronunciaban
sentí como si una rosa
cayera por la ventana
.

Ahora que estamos juntos,
vuelvo la cara hacia el muro.
¿Rosa? ¿Cómo es la rosa?
¿Como una flor o una piedra?
Dime por qué, mala hora,
con miedo inútil te mezclas.
Eres y por eso pasas.
Pasas, por eso eres bella.
Medio abrazados, sonrientes,
buscaremos la cordura,
aun siendo tan diferentes
cual dos gotas de agua pura.
De "Llamando al Yeti" 1957 Versión de Gerardo Beltrán
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bix229
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MessageSujet: Re: Wislawa Szymborska   Mer 9 Déc 2009 - 18:24

Je n' ai pas le poème que tu cites, Swallow, peut etre dans l' autre recueil
que je n' ai pas encore...
A la place :

A L' ARCHE

Il se met à pleuvoir, et ce sera très long.
Tous à l' arche, sinon où vous pourrez aller :

poèmes pour voix seule,
emportements privés,
talents pas nécéssaires,
curiosité futile,
tristesses et angoisses de faible portée,
envie de voir les choses sur les six cotés à la fois.

Les rivières débordent, sortent de leurs lits.
A l' arche : clairs-obscurs, nuances et demi-tons,

caprices, ornements, détails infimes,
stupides exceptions,
signes oubliés,
d' innombrables nuances de gris,
jeu pour le jeu,
larme du rire.

A perte de vue, de l' eau et l' horizon brumeux.
A l' arche : résolutions pour l' avenir lointain,

joies de la différence,
admiration des meilleurs,
choix non limités à l' un ou à l' autre,
scrupules désuets,
temps de réflexion,
confiance que tout ceci
pourra encore servir.

Pour le le bien des enfants
que nous demeurons tous,
les contes ont, d' ordinaire, une fin heureuse.
De meme ici, nulle autre fin n' est concevable.
La pluie aura cessé,
les vagues retomberont,
sur un ciel éclairé
les nuages s' écarteront,
et redeviendriont ce qu' il faut
que soient les nuages au dessus des humains :
sublimes et burlesques
dans leur ressemblance aux
iles bienheureuses,
moutons,
choux-fleurs,
et couche-culottes.
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Wislawa Szymborska
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