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 Rafael Chirbes [Espagne]

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Marie
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MessageSujet: Rafael Chirbes [Espagne]   Rafael Chirbes [Espagne] Icon_minitimeDim 6 Avr 2008 - 1:14

Rafael Chirbes [Espagne] Rafael10

Je ne trouve pas grand chose sur Rafael Chirbes, sinon rien..
Rafael Chibres est né à Tabernes de Valldigna dans la province de Valence en 1949.

Mais... heureusement Kenavo est là, et je me permets donc de redéposer ici ce qu'elle a pris la peine d'écrire dans le fil Littérature espagnole, merci Kenavo!!!

kenavo a écrit:
La chute de Madrid
Ce livre s’ouvre le 19 novembre 1975 – le jour où Franco meurt – et le jour où le patriarche de la famille Ricart fête son 75e anniversaire.
En rétrospective, Chirbes nous montre les diverses membres de la famille et comment ils ont survécu (ou pas) à la dictature.
(pour moi un coup de cœur de cet auteur – mais j’aime de toute façon la ‘trilogie’ qui est constitué de La chute de Madrid/La longue Marche/Les vieux amis – sans être connecté ou sans devoir les lire ensemble ou en suivi.. )

La longue marche
Comme souvent chez Chirbes, il prend une famille pour montrer le cours de l’histoire et sans entrer dans beaucoup de détails politiques – on ressent les restrictions, les interdictions..
Et en commençant avec ‘la génération perdue’ qui ne sont pas arrivé à empêcher la dictature jusqu’à leurs petits enfants qui réessayent pendant les émeutes à l’université, il dessine une belle image de la société en Espagne des années 40 à 60

Les vieux amis
À oui.. quand les combattants deviennent vieux.. riche.. fatigué..
Voici réuni pour un soir des anciens amis qui ont lutté pour la même cause – mais dont la vie a réservé des destins bien différents

Mimoun
Le premier roman de Rafael Chirbes.
L’histoire d’un jeune homme qui s’installe à Fez après qu’il a failli se perdre dans l’alcool à Madrid, mais surtout il n’y pouvait pas vivre son homosexualité.
Dans ce roman il y a beaucoup de mention de chaleur, alcool, la société des pays nord africain qui ne s’ouvre pas tout à fait à notre héros.. mais avant de succomber ici aussi dans l'alcool, il arrive à retourner en Espagne..
Quand je tombe sur un auteur qui me plait, j’ai tendance à dévorer ‘tout’ – pour tout lecteur qui veut découvrir cet auteur – je recommanderai d’autres

La belle écriture
Une femme parle ou écrit (je ne suis plus très sûre) à son fils. Sa vie dans l’Espagne profonde, la vie des ‘petits gens’ qui n’arrivent pas à faire la Une – mais qui ont quand même droit à leur vie, à leur destin.. à leur joie ?!
Du moment quand on aime l’écriture de Chirbes – ont va aimer ce livre.



Am Mittelmeer / En Méditerranée
Apparemment seulement paru en allemand – en tout cas c’est un petit chouchou pour moi – il partage sa passion pour la méditerranée en écrivant des textes sur différents pays accostants cette mer, de la mer, du soleil du sud…. Pure merveille, quoi ?

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MessageSujet: Re: Rafael Chirbes [Espagne]   Rafael Chirbes [Espagne] Icon_minitimeDim 6 Avr 2008 - 2:13

Les vieux amis
traduit de l'espagnol par Denise Laroutis
Editions Rivages

A la fin des années 60, Carlos ,Pedrito, Rita , Narcisso et les autres ( ça commence comme un film de Claude Sautet, mais on ne va pas retrouver le regard tendre de Claude Sautet...) croyaient que le communisme créerait un monde meilleur. Et, de réunions de cellule aux nuits passées dans des bars à refaire le monde , ils y ont cru ensemble.
Seulement, trente ans plus tard, ils ne sont plus ensemble. Chacun a suivi son chemin, et la seule chose qui me semble les rapprocher, c'est bien le désespoir. Propre à ceux qui ont attendu beaucoup et qui n'ont pas su faire le deuil de ce qu'ils n'ont pas obtenu. Difficile de faire ensemble le constat lors d'un dîner de retrouvailles ( quelle idée, aussi...) qu'ils n'agitaient que du vent. Et que le vent des idéologies est plus facile à agiter -parce que plus abstrait- que la prise de conscience de la détresse de ceux qui nous entourent de très près.. Et trente ans après, il en est encore qui ne l'ont pas compris , et qui attendent..
" Merde au futur. C'est rien, c'est une idée qu'on s'est mis dans la tête- nous qui pensons. Le futur n'existe pas. Ce n'est que de la pensée, vous comprenez?...Le pire du futur, c'est ça: le futur n'existe pas et pèse sur nous plus que le passé, qui s'est déjà évanoui aussi. Une vie provisoire, une vie en salle d'attente, tu n'as pas l'impression que nous attendons qu'il se passe quelque chose, qu'il nous arrive une vie nouvelle?"

C'est un roman que j'ai trouvé difficile à lire . D'abord parce que c'est un roman musical- choral comme on dit- dans lequel chaque personnage raconte son histoire et sa façon de voir les choses , que chaque version éclaire ou contredit celle de l'autre, mais qu'il n'y a pas de vrai passage de l'une à l'autre si bien que l'on a du mal à se repérer . Mais que c'est très bien comme cela, cet assemblage de partitions qui finalement aboutit à un ensemble, sans vraie dissonance..
Et puis parce que c'est un roman implacablement réaliste, et que la réalité est toujours dure.Amère. Je le trouve quand même un peu trop sévère, Rafael Chibres, pour ses personnages. Et surtout pour lui, car c'est lui -même qu'il vise:

"J'en avais assez des discours bigots sur notre génération et sur la perte des idéologies, je me suis dit que j'allais les faire exploser à la poudre. Sans idéologie, on n'est rien, on est des ruines! Chaque personnage de ce roman est une parcelle de moi que je me suis acharné à détruire...
Ecrire ce livre m'a fait beaucoup de mal. Depuis je ne trouve plus de voie vers l'écriture. Il n'y a pas de littérature sans Histoire, ne comptez pas sur moi pour verser dans l'ordure autobiographique...
"
dit-il dans un entretien.
Rafael Chibres a fait de la perte de ses illusions un fort beau roman...et m'a renvoyée au fameux texte de Philip Roth, plein de la même difficile mais indispensable lucidité , qui dit que c'est se tromper et se tromper encore qui fait que l'on est vivant..
Et j'aurais envie de lui dire que la "lutte finale", ça c'est du vent, oui, mais que la lutte constante n'en est pas ... mais cela n'a pas sa place dans un petit compte rendu de lecture!

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MessageSujet: Re: Rafael Chirbes [Espagne]   Rafael Chirbes [Espagne] Icon_minitimeDim 6 Avr 2008 - 15:03

Very Happy Merci Marie pour le fil - je l'avais prévu pour cet après midi - puisque je viens de terminer le dernier livre qu'il me restait à lire de lui Very Happy


Tableau de Chasse

Citation :
Quatrième de couverture
Un homme, à la fin de sa vie, cherche à reconstruire le casse-tête de son passé. Il évoque ses débuts modestes, son ascension sociale dans le Madrid de l'après-guerre civile, ses maîtresses, ses amis. À quel moment a-t-il perdu son âme ? Sa richesse insolente sous le franquisme, son arrivisme, ses multiples impostures, son accommodement au système, tout cela ne lui permet pas de garder pure sa biographie. Et ses relations familiales sont la preuve tangible de son échec. Cet homme fait partie d'une génération qui se déclara « innocente » mais qui s'est construite sur des fondations « sales ».

Moins 'fort' que les autres romans que j'ai lu de lui. Plutôt larmoyant et un peu trop nostalgique.
Chirbes n'est pas un auteur qui demande de la compassion pour ses héros - mais au moins un sentiment devrait se manifester pendant la lecture.. ici je me retrouvais avec un homme qui ne m'intéressait pas trop à raconter sa vie qui ne m'intéressait pas plus..
Son écriture et la brièveté de ce roman sont à considérer Wink
Et quelques bonnes phrases concernant la mémoire/les souvenirs.


Les souvenirs devraient être comme les leçons d’un métier qui ne nous serviraient qu’à faire les choses de chaque jour : quelque chose de technique, mais tout à fait dépourvu de densité, dépourvu d’émotion. Quelle autre utilité, si ce n’est la souffrance, possède l’émotion du souvenir, quand rien de tout se qu’il nous transmet ne doit revenir ? J’essaie d’imaginer ce que serait le silence des nuits dans ma chambre s’il n’y avait pas les souvenirs, seulement l’obscurité, ou la lumière électrique éclairant en silence les objets dépouillés de toute signification qui ne serait pas leur usage.


Une fois, j’ai entendu mon beau-père dire : « On passe la première partie de sa vie à s’habiller et la seconde à se déshabiller ». Maintenant, je comprends ce qu’il voulait dire et je sais qu’on ne se déshabille pas aisément et avec ordre, mais qu’on y met au contraire de la brutalité, et des lambeaux restent collés aux corps. Ces lambeaux qui se prennent dans nos jambes et nous empêchent de marcher librement pendant la seconde partie de notre vie, nous les appelons mémoire. La nudité désirée serait l’oubli.

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MessageSujet: Re: Rafael Chirbes [Espagne]   Rafael Chirbes [Espagne] Icon_minitimeDim 6 Avr 2008 - 21:04

Citation :
mais au moins un sentiment devrait se manifester pendant la lecture..
Et c'est un livre écrit après Les vieux amis?
Un peu aigri, Mr Chibres...

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MessageSujet: Re: Rafael Chirbes [Espagne]   Rafael Chirbes [Espagne] Icon_minitimeDim 6 Avr 2008 - 21:57

Marie a écrit:
Citation :
mais au moins un sentiment devrait se manifester pendant la lecture..
Et c'est un livre écrit après Les vieux amis?
Un peu aigri, Mr Chibres...
Non, non.. c'est un livre d'avant..
J'ai recherché la chronologies de ses livres:

Bibliographie (des livres traduits en Français)

Mimoun (1988)
La belle écriture (1992)
Tableau de chasse (1994)
La longue marche (1996)
La chute de Madrid (2000)
Les vieux amis (2003)

(et j'ai aussi vu (Wikipedia-espagnol) qu'il y en a un nouveau sorti en 2007.. j'attends donc la traduction Wink )

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MessageSujet: Re: Rafael Chirbes [Espagne]   Rafael Chirbes [Espagne] Icon_minitimeSam 24 Mai 2008 - 21:50

Pour la deuxième année consécutive, Le Monde coorganise avec la Villa Gillet, à Lyon, les Assises internationales du roman. Pour cette manifestation, Rafael Chirbes est parmi les invités.
Voici son texte qui était hier dans Le Monde des Livres:

L'écriture et la stratégie du boomerang, par Rafael Chirbes
Lien

Citation :
Je crois que l'histoire est entrée dans mes romans presque malgré moi, formant la texture inévitable de l'âme de mes personnages. Je n'ai jamais cherché à reconstruire le passé, malgré ma formation d'historien. Comprendre le présent m'intéressait davantage : mais la façon que j'avais de fouiller dans mon propre mal-être m'a obligé plus d'une fois à repartir en arrière, en opérant selon une stratégie dite "du boomerang". C'est ainsi que, sans vraiment m'en rendre compte, j'ai tissé peu à peu ce que la critique a défini comme une relecture fictionnelle de l'histoire d'Espagne de la guerre civile jusqu'à nos jours.
Je parlerai de l'origine de cette stratégie : aussi bien La Belle Ecriture que Tableau de chasse - les premiers romans de ce cycle - étaient écrits en réaction à une Espagne qui, à la fin des années 1980, s'empressait d'enterrer ses signes particuliers - l'Espagne de l'Expo et des Jeux olympiques - et dans laquelle s'imposait un pragmatisme résumé par Felipe González dans une phrase aux forts relents de post-maoïsme : "Chat blanc, chat noir, c'est du pareil au même : l'important, c'est qu'il attrape les souris" (je crois me rappeler que la phrase était de Deng Xiao Ping). Je vivais alors dans un petit village d'Estrémadure où la survivance des vieilles coutumes dans la vie quotidienne, l'architecture même de la maison dans laquelle j'habitais faisaient souvent remonter, la nuit, quand je me mettais au lit, mes souvenirs d'enfance : j'entendais les rats cavaler sur le toit, il y avait une odeur de bois, de roseaux, de champ mouillé par un orage d'été, et je voyais mes parents, ma grand-mère, mes voisins : ils étaient tous morts, et ces nuits-là je me disais qu'il n'allait plus rien rester de ce qu'ils avaient été ; plus rien de leurs efforts, de leur héroïsme taiseux, de leur acharnement presque vain à rester dignes pendant les années difficiles de l'après-guerre, de la répression politique et de la faim. Le pays avait pris d'autres voies, et c'était comme si ce que j'avais connu dans ma petite enfance et qui m'avait aidé à être ce que j'étais n'avait jamais existé. L'idée que le terrible apport de souffrance de ces gens-là n'avait servi à rien me faisait mal.

Les arrivistes des deux camps avaient pris le pouvoir dans la nouvelle Espagne et écrivaient leur histoire en marge de tout ça. Pis, les nouveaux venus - dont beaucoup se dépêchaient de s'enrichir - n'éprouvaient même pas ce sentiment de culpabilité diffus caractéristique de la vieille couche dominante qui s'était engraissée à l'ombre de la dictature : les puissants de l'époque étalaient leur magnificence, leur intelligence, leur inconscience (ils ne semblaient même pas se rendre compte de la place qu'ils occupaient), une innocence hautaine, et il leur suffisait de sortir leurs certificats d'antifranquisme comme passeport pour les nouvelles formes d'impunité. Ils reproduisaient à leur manière des comportements qui n'étaient pas étrangers à ceux qu'avaient eus les gens arrivés au pouvoir à la fin de la guerre civile. Ils répétaient un schéma caractéristique des sociétés chaque fois que le pouvoir change de mains. Ils faisaient semblant de ne pas voir s'ouvrir - comme quarante ans plus tôt - de douloureuses brèches, des blessures entre de vieux amis, des membres d'une même famille, des camarades. L'écrivain Haro Ibars les a qualifiés de "génération bifide", et en donne la clé : pour la première fois dans l'histoire récente de l'Espagne, le drogué et le ministre de l'intérieur avaient partagé le même banc d'école. D'en haut ou d'en bas, tout avait cuit dans la même marmite. Mais ce phénomène qui nous semblait si évident à certains ne faisait pas partie du roman de ce temps-là. (...)

Je suis revenu en arrière parce que je croyais que quelqu'un devait parler de l'invisible embryon de culpabilité que couvait le nouveau pouvoir. Je disposais de quelques modèles qui pouvaient me servir de départ. Finalement ni plus ni moins que ce que voulaient faire Balzac, avec ses Illusions perdues, Flaubert dans L'Education sentimentale, ou Mario Vargas Llosa dans Conversation dans la cathédrale. Mais dans mon inquiétude il y avait aussi cette sorte d'aspiration déicide qui voulait que le roman fût le dépôt de toute la quantité d'énergie humaine qui menaçait de s'éteindre. J'aspirais à créer un fonds littéraire dans lequel je pourrais sauvegarder une partie de la douleur de mes parents, reprendre pour unité de mesure de la fallacieuse légèreté qu'il m'était donné de vivre l'inflexible mètre de platine de leur effort : pour toutes ces raisons, le seul chemin que j'ai trouvé a été de ramener la littérature dans la trame de l'histoire. A ma manière, en suivant Walter Benjamin dans ses Thèses sur la philosophie de l'histoire, je me contentais de m'appliquer à écrire, physiquement : dans La Belle écriture, une femme républicaine qui accablait son fils sous le poids de l'histoire ; dans Tableau de chasse, un représentant du régime. Aucun des deux livres n'avait surgi comme une reconstruction archéologique, bien plutôt comme une urgence morale et politique. Il ne s'agissait pas de deux romans historiques, mais de deux textes qui reconnaissaient qu'il n'est pas d'écriture romanesque qui ne soit traversée par l'histoire, parce qu'il n'y a pas d'âme qui ne soit le fruit du temps. Un écrivain représente toujours, même s'il le fait malgré lui ; et ce sont les artistes qui se veulent en marge de l'histoire qui finissent par devenir les symptômes les plus évidents des maladies de leur temps. Je ne voulais pas être symptôme, mais bien témoin.


<b> Rafael Chirbes. Traduit de l'espagnol par Denise Laroutis

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MessageSujet: Re: Rafael Chirbes [Espagne]   Rafael Chirbes [Espagne] Icon_minitimeVen 6 Juin 2008 - 22:30

LA BELLE ECRITURE

Dans un monologue touchant, une vieille femme républicaine fait à son fils le récit de sa vie dans un village du sud-est de l'Espagne. Elle parle de l’époque révolue qui fut la sienne, celle de son enfance, celle de sa jeunesse…L’époque de la guerre civile, et puis après…Portrait d’une femme et d’une époque.

C’est parti de rien ce bavardage…d’une histoire de draps….

"L’année dernière, j’ai fait cadeau à ta femme d’une paire de draps brodés avec le nom de ton père et le mien. Elle aimait beaucoup ces draps et, chaque fois qu’elle venait à la maison, elle voulait toujours que je les lui donne. Il y a un mois, elle m’a dit en passant qu’elle les avait laissés dans une malle, dans le débarras de la villa, et qu’ils avaient moisi, qu’ils étaient fichus. Tu peux trouver ça bête, mais j’ai pleuré tout l’après-midi. Je regardais nos photos, avec ton père, et je pleurais. L’après-midi entier, devant le tiroir du buffet où je range les photos.
J'avais du chagrin pour nous, pour tout ce que, jeunes, nous avons espéré, tout ce pour quoi nous avons lutté, pour les chansons que nous savions par coeur et chantions -"yeux verts, verts comme le blé vert", pour les moments où on riait et les mots qu'on se disait pour se caresser le cœur."


Et la mère remonte le temps, livrant les souvenirs, les douloureux secrets de famille, les rancoeurs…
Le mari qui ne s’est guère occupé d’elle…Le beau frère qui fut prisonnier des franquistes, puis libéré vint vivre chez eux, dessinant secrètement des portraits d’elle avant de trouver une femme détestable qui a semé la désunion dans la famille…
La pauvreté, plus que la pauvreté le manque de tout, et puis le retour d’une modeste prospérité et pourtant le mépris qu’il fallut subir, et la trahison aussi, de la part de ceux que l’on a aidés et aimés.

Texte nostalgique. Monologue lancinant sans pour cela générer d’ennui. Je trouve que Rafael Chirbes aurait pu lui donner un autre titre, celui-ci n’étant guère le reflet de son roman.


« Je crois que l'histoire est entrée dans mes romans presque malgré moi, formant la texture inévitable de l'âme de mes personnages. » (Rafael Chirbes)

« Mes romans - étaient écrits en réaction à une Espagne qui, à la fin des années 1980, s'empressait d'enterrer ses signes particuliers - l'Espagne de l'Expo et des Jeux olympiques -. Je vivais alors dans un petit village d'Estrémadure où la survivance des vieilles coutumes dans la vie quotidienne, l'architecture même de la maison dans laquelle j'habitais faisaient souvent remonter, la nuit, quand je me mettais au lit, mes souvenirs d'enfance : j'entendais les rats cavaler sur le toit, il y avait une odeur de bois, de roseaux, de champ mouillé par un orage d'été, et je voyais mes parents, ma grand-mère, mes voisins : ils étaient tous morts, et ces nuits-là je me disais qu'il n'allait plus rien rester de ce qu'ils avaient été ; plus rien de leurs efforts, de leur héroïsme taiseux, de leur acharnement presque vain à rester dignes pendant les années difficiles de l'après-guerre, de la répression politique et de la faim. Le pays avait pris d'autres voies, et c'était comme si ce que j'avais connu dans ma petite enfance et qui m'avait aidé à être ce que j'étais n'avait jamais existé. L'idée que le terrible apport de souffrance de ces gens-là n'avait servi à rien me faisait mal. » (Rafael Chirbes)

« J'aspirais à créer un fonds littéraire dans lequel je pourrais sauvegarder une partie de la douleur de mes parents » (Rafael Chirbes)
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MessageSujet: Re: Rafael Chirbes [Espagne]   Rafael Chirbes [Espagne] Icon_minitimeVen 6 Juin 2008 - 22:56

coline a écrit:
Texte nostalgique. Monologue lancinant sans pour cela générer d’ennui. Je trouve que Rafael Chirbes aurait pu lui donner un autre titre, celui-ci n’étant guère le reflet de son roman.
Un des livres que je considère comme un de ses moins bons.. contente que tu as quand même apprécié

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MessageSujet: Re: Rafael Chirbes [Espagne]   Rafael Chirbes [Espagne] Icon_minitimeVen 1 Mai 2009 - 16:50

Tous les idéaux vont à la tombe

Christophe Mercier

Crémation de Rafael Chirbes : dans l'Espagne contemporaine, portrait de deux frères que la vie a séparés et radiographie d'un pays rongé par l'affairisme.

Un homme vient de mourir, à l'hôpital, bardé des machines qui tentaient de le maintenir en vie. Sa nièce, qui l'adule, et ses deux femmes successives avaient voulu ramener le moribond dans sa bergerie, dans le décor qu'il aimait. Mais son frère aîné, Ruben Bertomeu, s'y était opposé. Était-ce par respect pour le malade, afin de lui éviter des souffrances inutiles, ou bien par vengeance, pour priver Matias inconscient d'une ultime satisfaction ? Car Ruben et Matias ne s'entendaient pas, ne supportaient plus de se voir.

Pourtant, tandis que Ruben, au volant de sa grosse voiture, se dirige vers la morgue où va avoir lieu la crémation, des souvenirs d'enfance lui reviennent, des souvenirs de complicité entre lui et son jeune frère, qui le conduisait au fond du jardin et lui lisait des passages du Comte de ­Monte-Cristo. Tandis que Ruben adolescent rêvait de révolutionner l'architecture, Matias se voyait en justicier. C'était dans les années cinquante, lorsque les deux garçons étaient élevés dans le domaine familial de Misent, au sud de Valence.

Une liberté nouvelle

Soixante ans ont passé. Ruben est devenu un architecte à succès - sans avoir rien réalisé de mémorable -, puis un promoteur largement responsable de la transformation de Misent en station balnéaire à la mode, de la destruction de la région et des collines, envahies par le béton. Matias, lui, fidèle à ses idéaux de jeunesse, a milité au Parti communiste, avant de devenir un agriculteur new age alcoolique, qui ratiocine au comptoir du village lorsqu'il descend de sa ferme pour vendre trois salades et deux litres d'huile d'olive.

Pour Silvia, la fille de Ruben, son oncle est une idole, et son père un traître. Mais les choses sont-elles aussi simples ? Ruben avait-il d'autre choix, pour élever sa famille au sein d'une société postfranquiste livrée aux courants d'une liberté nouvelle, que de se laisser porter par le flux ? Et Matias, qui est soigneusement resté dans la marge, qui n'a jamais agi, a-t-il été un vrai défenseur de l'utopie à laquelle il prétendait se consacrer ?

Rafael Chirbes donne, tour à tour, la parole aux différents personnages. Comme Les Vieux Amis, son précédent roman, qui expérimentait la même tech­nique des longs monologues croisés, Crémation est un roman bilan : bilan d'un homme, bilan d'une génération, bilan d'un pays.

Dans l'Espagne du début du troisième millénaire, à quelles valeurs se raccrocher ? La dictature s'est éteinte, certes, et, comme l'affirme Ruben, « nous sommes la première génération d'Espagnols à n'avoir jamais connu la guerre ». Mais l'argent roi s'est imposé, et avec lui la corruption, la pourriture. La notion de clan familial a disparu - Ruben en sait quelque chose, à qui sa fille adresse à peine la parole, et que ses petits-enfants, abouliques et rivés à leur por­table, ignorent superbement -, et l'idée même d'une quelconque morale paraît complètement caduque. Dès lors, à quoi bon mener des combats d'arrière-garde, à quoi bon s'ériger en gardien d'un temple déserté et qui tombe en ruines ?

On entend tour à tour la voix de Ruben, celle de sa fille, celle de la toute jeune femme qu'il vient d'épouser en secondes noces, celle d'un de ses « associés » véreux, celle de son gendre, universitaire qui se consacre à la biographie d'un écrivain oublié, ami de jeunesse de Ruben et Matias, en train de s'enfouir dans la solitude du cancer et de l'alcool. Cet écrivain, Brouart, ce « grand intellectuel », n'est-il pas lui-même une imposture ? Il est, en tout cas, conscient de la vanité du travail auquel il a voué sa vie. Le seul que l'on n'entende pas, c'est Matias, c'est le mort, qui garde son mystère, son opacité.

Rafael Chirbes a commencé par faire des études d'histoire. Et c'est bien avec le recul et la réflexion d'un historien qu'il nous parle d'un pays et d'une civilisation au bord du gouffre, arrivés à l'extrême fin d'un cycle historique pluricentenaire. Mais, en authentique romancier, il n'apporte pas de réponse. Crémation se contente de susciter des interrogations.



source: ici

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MessageSujet: Re: Rafael Chirbes [Espagne]   Rafael Chirbes [Espagne] Icon_minitimeMar 17 Juin 2014 - 21:16

Les vieux amis

Citation :
Comme si je n'avais pas appris après tout ça que savoir et vivre sont incompatibles ; que savoir nous bousille la vie, nous lamine.



C'est la chanson que Pedrito va faire entendre au dessert, avant les toasts.
Dans leur jeunesse, du temps de Franco, ils participaient à des réunions de cellules, ils menaient des actions violentes ; ils sont même passés par la prison. On n'en saura pas beaucoup plus.

Citation :
Poussières d'étoile qui ont brillé un instant puis se sont éteintes.

Et là, la vie les ayant menés – malmenés ou choyés - chacun sur son propre chemin, ils se retrouvent dans un grand restaurant madrilène, du moins ceux qui ont bien voulu répondre à l’invitation.  Histoire de reconnaître :

Citation :
"Qu'avons nous gagné ? Qu’avons nous perdu ? Nos illusions ? Salope de vie, non ?" 

Du repas, on ne saura pas grand chose, non plus. Car ce qui intéresse Chirbes, c'est ce qui se passe dans leur tête, l'un après l'autre. Cet enchaînement d'idées, de rétrospectives, de considérations parfois fumeuses. Cette litanie d'histoires ressassées. On est un peu perdu , d'ailleurs, on ne sait pas toujours qui parle, qui a épousé qui, quel métier fait tel autre. Quelle importance ? Ce qui compte ce sont à peine les individus, c'est cette amertume commune, ces regrets. Ceux qui portent beau, ceux qui ont souffert ou souffrent encore, ceux qui simulent la réussite : tous, amers , entre regrets, nostalgies et rancune. Rancune face à leur passé, où ils ont tant voulu tout changer. Et le changement est là, oui, sans doute. Pas celui qu'ils auraient voulu, mais d'une évidence telle que, paresseux, il n'ont su que trahir leurs illusions pour lui, pour son opulence, sa vulgarité, sa facilité. Qui sont si douces, pourtant....

Citation :
Le bel âge est passé. La bel âge où il semblait que nous allions vivre entourés d'art au lieu d'argent.

Qu'est ce qu'ils ont tant voulu dans leur jeunesse qu'il n'ont pas su trouver ? Qu'est ce qu'ils ont tant voulu  dans ces retrouvailles auxquelles ils n'ont su donner plus de sens ? Ont-ils réellement cru que cela suffirait à écarter les gigantesques solitudes dans lesquelles ils se sont enfermées ? Tant de douleurs sur le parcours, tant d'amitiés trahies, , tant de morts, tant d'amours dévastés, tant de mesquineries...

Citation :
Nous avons tellement changé, nous avons tellement peu changé.

C'est un livre incroyablement triste sur des vies mal vécues et vite passées, sur l'amer désespoir des illusions perdues. Car, comme les autres,  les anciens combattants de la révolution ont leurs faiblesses, leurs médiocrités, leur facilités. Mais la flamme qui continue à s’entretenir, bien cachée au fond d'eux même, éclaire ces petites compromissions d'une lueur bien cruelle.

Citation :
(…) que je lui raconte qui ils sont, mes camarades de jeunesse, ce que j'ai aimé, ce que j'ai cherché, ce que je n'ai pas su trouver et ce que j'ai perdu, parce que c'est ce que je veux raconter,  qu'en plus de la maturité j'ai moi aussi, en moi, une parcelle de jeunesse, les vieux ont tout, sous un emballage laid et rugueux, tout est là au chaud, je veux lui raconter que je suis ce qu'il est et en même temps ce qu'il sera un jour.


Merci Marie, de m'avoir fait pleurer avec ces antihéros qui ne savent même plus s'ils se sont tant aimés dans leur jeunesse. Et si tu passes par là, et que tu t'en souviens encore, peux-tu me dire quel est le texte de Philip Roth auquel tu fais allusion dans ton commentaire?
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MessageSujet: Re: Rafael Chirbes [Espagne]   Rafael Chirbes [Espagne] Icon_minitimeMar 17 Juin 2014 - 21:42

super commentaire topocl, mais je passe mon tour... (envie de chose qui pulse en ce moment !)

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MessageSujet: Re: Rafael Chirbes [Espagne]   Rafael Chirbes [Espagne] Icon_minitimeMar 17 Juin 2014 - 23:46

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Crémation
Traduit en français par Denise Laroutis
Éd. Payot & Rivages 2009

J'ai été très impressioné par ce livre et son roman plus récent, En la orilla [Sur la rive], qui n'a pas encore été traduit en français.

Crémation est un roman politique sur l'Espagne fin des années 1990/début des années 2000. Matías Bertomeu vient de mourir. Il était anti-Franco et agissait pour l'environnement. Son frère aîné, Ruben, voulait être architecte mais c'est lui qui a construit, souvent illégalement, ces monstrosités qui ont détruit la côte espagnole. Corruption, blanchiment d'argent, accords avec des gangsters russes, il a tout fait pour s'enrichir. Chirbes se moque de lui, de sa femme plus jeune et de la copine de la femme, Menchu. Mais c'est surtout une attaque sur la corruption en Espagne, et très bien écrit.

En la orilla est le roman sur la crise économique en Espagne. Il a gagné plusieurs prix. Esteban, qui a 70 ans, raconte sa vie, qu'il a passée en Olba, petite ville au bord de la mer. Il a hérité la menuiserie de son père - il ne voulait pas mais il n'avait pas de choix - et il vient de faire faillite et fermer la menuiserie. La banque a fait faillite et les magasins de son copain, Tomás, ont aussi fait faillite. Esteban nous dit où sont les problèmes en Espagne et pourquoi, avec le symbole des marais qui entourent Olba, où sont jetés les dechets (y compris les déchets toxiques) et les cadavres, découverts au début du roman par l'immigré, Ahmad. C'est un roman dur mais tès bien écrit.
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MessageSujet: Re: Rafael Chirbes [Espagne]   Rafael Chirbes [Espagne] Icon_minitimeMer 31 Déc 2014 - 13:02

ce livre va paraître en français le 7 janvier 2015

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Sur le Rivage
Citation :
Présentation de l’éditeur
Sur le rivage commence comme un polar : un corps est découvert à Olba. Cet épisode va servir de révélateur à la population de la ville. Tel DeLillo dans Outremonde, Chirbes a écrit un livre majeur, reflet fictionnel de notre époque.

« Sur le rivage est un roman incontournable pour tous ceux qui veulent mieux comprendre les débuts terrifiants du XXI siècle. C'est le grand roman de la crise européenne. La voix corrosive de Rafael Chirbes dépeint un monde marqué par le chômage et la désillusion. »
EL PAIS

La crise a aussi atteint l’Espagne. Rafael Chirbes le montre à travers ce roman qui se concentre autour d’Esteban et de sa famille et amis.

L’histoire, qui n’en est plutôt pas une histoire avec un fil rouge, se fait dans une journée.
Rafael Chirbes va dérouler pratiquement un siècle d’histoire de l’Espagne, toujours à travers la famille d’Esteban.

Il est le dernier en ligne d’une tradition de menuisiers et puisqu’il voulait viser plus haut, il a investi son argent et son entreprise dans des transactions immobilières. Ceux qui n’ont pas réussi à sortir de la crise. Esteban doit fermer son entreprise, licencier ses employés…

On le retrouve au bar en train de jouer aux cartes avec ses amis. Ce qu’ils vont faire tout au long de ce roman, puisqu’il se passe pendant une journée et on va suivre les souvenirs d’Esteban.

Concernant la forme, faut mettre un tout petit ‘avertissement’ : ce roman se compose de trois chapitres, dont celui du milieu est pratiquement tout le livre. Il est long de 400 pages (en version allemande) et il n’y a pratiquement pas de paragraphes. Les idées d’Esteban sont entrecoupées de vues d’angle différentes, il y a des extraits d’un journal intime et surtout il n’y a pas toujours marqué qui est en train de parler… et oui, c’est presqu’un travail de se retrouver dans ce livre. Mais dès qu’on est partant pour cette aventure c’est un vrai bijou et je n’ai pas lu de livre aussi fort concernant ce sujet et probablement concernant l’Espagne de ces dernières années, depuis un long moment.

Chapeau bas pour l’auteur !


J’ai lu ce livre en janvier lors de la sortie allemande

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MessageSujet: Re: Rafael Chirbes [Espagne]   Rafael Chirbes [Espagne] Icon_minitimeMer 31 Déc 2014 - 15:06

tentant ! Rafael Chirbes [Espagne] 0104

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MessageSujet: Re: Rafael Chirbes [Espagne]   Rafael Chirbes [Espagne] Icon_minitimeMer 31 Déc 2014 - 17:50

c'est plus que cela Wink je lui souhaite tout plein de lecteurs... mais en plus d'être un pavé c'est aussi un livre un peu plus dense côté lecture...
je sens qu'il ne va pas figurer dans la liste des 'best-sellers' de janvier

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