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 Marie Hélène Lafon

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coline
Parfum livresque


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MessageSujet: Marie Hélène Lafon   Mer 16 Avr 2008 - 22:34



Née à Aurillac, Marie-Hélène Lafon a vécu dix-huit ans dans le Cantal avant de faire des études de Lettres à Paris.
Elle enseigne aujourd’hui dans la région parisienne. Agrégée de Lettres Classiques, elle a choisi d'enseigner dans un collège situé en Zone d'Éducation Prioritaire.
Elle adore la lecture, en particulier Pierre Michon et Richard Millet.

Elle a commencé à écrire en 1996.
Des romans :
- Le soir du chien (2001 ) Un premier roman.
- Sur la photo
- Mo
- Les derniers Indiens (2008)

Des recueils de nouvelles :
-  Liturgie
- Organes

Elle dit de son écriture : « une écriture de la terre, une écriture du monde paysan, mais sans jamais être une écriture du terroir ou même régionaliste. Car si je suis issue de ce monde rural, je n´ai jamais été un écrivain de terroir. Je suis aux antipodes de cela. »
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coline
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MessageSujet: Re: Marie Hélène Lafon   Jeu 17 Avr 2008 - 11:53

Le soir du chien

Prix Renaudot des Lycéens 2001

C’est un court premier roman et il est polyphonique. Plusieurs voix racontent une histoire des plus banales, des plus universelles : la faillite d’un amour fou. Celui de Laurent pour Marlène.

Il commence ainsi et c’est Laurent qui parle:
« Je pense parfois à elle sous lui. Il est immense, anguleux, dru. Il est comme un ogre ; il doit l'avaler, la dévorer, plusieurs fois, pour la contenir, pour s'en défaire, pour s'en guérir. Parce qu'il n'est pas comme moi ; il a peur ; depuis le premier soir, le soir du chien. Il n'a pas été premier. Il sait qu'elle peut partir ; et comment elle part. Moi, je ne le savais pas. Je ne savais pas comment les femmes partent. »

Laurent est trentenaire. Electricien il vit toujours avec sa mère jusqu’au jour où il rencontre la belle Marie-Hélène, Marlène comme on l’appelle…

"Mon frère souriait de me voir partir, aux heures les plus chaudes du jour, à pied, en vélo, ou en voiture, selon la distance mise entre elle et moi par nos déplacements. Elle était mon centre de gravité, mon nombril blanc. Richard ne m'a rien demandé quand je l'ai laissé rentrer seul à la fin de l'été. Ma mère, au téléphone, m'a dit : "Pas plus de quinze jours ; tu as du travail ici. Les gens n'attendront pas toujours ; ils iront voir ailleurs." Je suis revenu en novembre, avec elle, pour notre premier hiver. Ma mère savait qu'elle ne pouvait rien contre ça. Elle la trouvait trop jeune, et c'était tout ; elle avait un peu peur, mais elle avait trop aimé son homme pour se battre contre ce qui me tenait, moi, à plein bras, dans un vertige décuplé par le confinement de l'hiver, ma grande saison."

Marlène dérange dans ce village du Cantal où se passe l’histoire… Cette jeune femme qui vient de Normandie parle peu, lit trop au lieu de faire des enfants… et se promène librement dans la campagne alors que les autres femmes ne sortent qu’en famille le dimanche.
De plus, elle ne connaît pas son père et a été élevée par ses grands-parents, des boulangers-pâtissiers du village. Sa mère s’est mariée et lui a donné deux sœurs ailleurs…

Laurent et Marlène vont s’installer à l’écart dans une maison de famille de Laurent pour abriter leur bonheur.
"Nous ne voyions personne, ou presque. Ma mère montait parfois, quand il faisait beau ; elle aimait savoir sa maison d'enfance entre des mains amoureuses. (…) Le pays entrait dans la maison, tout le temps, la pénétrait. Nous l'avions voulue ainsi, et nous vivions sous le grand regard des choses, dans la pupille écartelée du monde."

Un jour,Roland, l’ami menuisier de Laurent, offre à Marlène un chiot. Lorsque ce dernier est heurté par une voiture, il faut l’amener chez le vétérinaire…

Ce premier roman réussi, plein d’humanité, est tout imprégné de l’atmosphère pesante des campagnes reculées où les secrets et les drames traversent le temps presque en silence mais pèsent de tout leur poids…Où est mal vu (e) celui (ou celle) que l’on sait d’ailleurs ou trop libre …Où celui qui va mal se pend…
« C’est assez caractéristique de la campagne parce que tout le monde a une corde et pas forcément un fusil. Un jour, un psychiatre m’a dit quelque chose qui m’a énormément frappée : on se pend pour être pris dans les bras. » dit Marie Hélène Lafon.
Marie Hélène Lafon se dit influencée par des auteurs comme Pierre Michon...On ne s'en étonne point à la lire...
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Camille19
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MessageSujet: Re: Marie Hélène Lafon   Jeu 22 Oct 2009 - 17:53

Pas beaucoup d'avis sur cette auteure... Quelqu'un a-t-il lu Les derniers des indiens ? Ma mère a beaucoup aimé et me l'a reconseillé. Mais s'il y a d'autres avis je suis preneuse Very Happy Même si ton commentaire sur un autre de ses romans m'encourage à la lire Coline, vu qu'apparemment tu as plutôt aimé !
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bix229
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MessageSujet: Re: Marie Hélène Lafon   Jeu 22 Oct 2009 - 17:56

Marie-Hélène Lafon, je l' ai entendue interviewée sur France Culture.
Elle fait partie des auteurs à découvrir...
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Camille19
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MessageSujet: Re: Marie Hélène Lafon   Ven 23 Oct 2009 - 14:54

Sais-tu si on peut encore écouter son interview quelque part ?

En tout cas je vous en dirai plus quand je l'aurai lu (si je trouve le temps un jour Rolling Eyes )
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bix229
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MessageSujet: Re: Marie Hélène Lafon   Ven 23 Oct 2009 - 15:10

Non Camille, ce n' était pas une interview récente

Je pense que c' étit pour un livre précédent...

Le mieux c' est que tu le testes toi-meme !
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Aeriale
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MessageSujet: Re: Marie Hélène Lafon   Lun 21 Déc 2009 - 16:54

bix229 a écrit:
Marie-Hélène Lafon, je l' ai entendue interviewée sur France Culture.
Elle fait partie des auteurs à découvrir...
C'est marrant Bix! J'ai pensé que cette auteure était pour toi...

-L'annonce-

Dans ce récit très sobre Marie Hélène Lafon nous dépeint le quotidien d'une famile d'agriculteurs du Cantal, des taiseux attachés à leur terre et leurs habitudes, voués au labeur et fermés à toute incursion dans leur étroite sphère. Lorsque Annette répond à l'annonce de Paul, décidé à sortir du carcan et prendre femme, elle ne s'attend sans doute pas à autant de rigueur. Elle est du Nord, a connu la souffrance et la solitude, et ce monde reclus n'est pas enclin à l'accueillir avec son fils Eric. Mais peu à peu elle va apprendre leurs silences, apprivoiser cet univers parfois hostile, et "faire maison".


Je reconnais avoir eu des réticences au début. L'écriture très serrée, austère même, où chaque mot compte, laisse peu de place aux sentiments et crée une distance. Mais elle cadre parfaitement à l'atmosphère qui lentement nous capte. Ces deux oncles taciturnes et cette soeur Nicole, farouchement accrochée à ses fonctions (La lecture de La Montagne est un passage très drôle) apparaissent finalement touchants dans leur dignité et leur obstination à ne pas changer. Chaque personnage, y compris Lola la chienne fétiche d'Eric, prend consistance au fil du récit et on finit avec un sourire attendri, tour à tour amusés ou conquis nous aussi par le charme particulier qui se dégage de ce drôle de roman

Marie Hélène Lafon sait de quoi elle parle, cela se sent, et sous la plume retenue beaucoup de sensibilité affleure. Il me semble qu'elle a voulu nous laisser ici un témoignage d'un monde crépusculaire, un peu en sursis, et que sous le côté rugueux de la terre se cache toute une richesse enfouie. Des vies tues ou sacrifiées, des sensibilités étouffées, des destinées à dessiner et à comprendre.
Un fort joli roman qui tout comme La Fridières, le hameau qu'il décrit, vient à nous à petites foulées sans qu'on y prenne garde...


Extrait:
Citation :
Annette avait appris les bruits de la maison. Il y avait les bruits du dessous, les bruits de Nicole et des oncles, des sifflements dans la tuyauterie quand ils ouvraient ou fermaient un robinet, ou le chuintement têtu de la Cocotte-Minute ; la machine à laver ahanait, un salmigondis d'émissions de télévision montait du sol, faisant tapis ; on reconnaissait les indicatifs, on était en haut, sur la 2 ou la 3, quand on errait, en bas, de la 1 à la 6 en passant par TV5, ou une chaîne italienne, ou LCI, ou Eurosport, les oncles ayant cédé aux charmes insoupçonnés de la télécommande et zappant avec une férocité décuplée par l'installation de la parabole au grand dam de Nicole qui n'en pouvait mais, n'étant pas maîtresse du fatidique engin. De Nicole et des oncles, on devinait tout ; on finissait par savoir, même elle, Annette, l'étrangère, comment ils tenaient autour de la table sans Paul, avec, à la droite de Nicole, cette chaise vide qui ne serait pas repoussée contre le mur. La place du frère était là, restait là, marquée, comme en attente.
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kenavo
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MessageSujet: Re: Marie Hélène Lafon   Lun 28 Déc 2009 - 13:35


L'annonce

aériale a écrit:
C'est marrant Bix! J'ai pensé que cette auteure était pour toi...
c'est plus que marrant - je ne voulais pas lire ton commentaire avant que j'ai terminé ma lecture - et voilà qu'on se retrouve avec la même idée.. c'est vraiment un livre qui pourrait plaire à Bix Wink

aériale a écrit:
Marie Hélène Lafon sait de quoi elle parle, cela se sent, et sous la plume retenue beaucoup de sensibilité affleure. Il me semble qu'elle a voulu nous laisser ici un témoignage d'un monde crépusculaire, un peu en sursis, et que sous le côté rugueux de la terre se cache toute une richesse enfouie. Des vies tues ou sacrifiées, des sensibilités étouffées, des destinées à dessiner et à comprendre.
Un fort joli roman
très joli dit..
et tout comme toi je ressors de cette lecture toute contente et avec un grand sourire sur le visage.. c'est si bien écrit, si bien développé.. tous ces silences qui deviennent mots et bons moments pour Annette et son fils Eric..
très, très bon moment de lecture et je comprends très bien le choix de PAGES des Libraires qui l'a élu comme leur roman de l'année. Bon vote Very Happy

_________________
La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
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coline
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MessageSujet: Re: Marie Hélène Lafon   Lun 28 Déc 2009 - 22:08

aériale a écrit:
-L'annonce-

Dans ce récit très sobre Marie Hélène Lafon nous dépeint le quotidien d'une famile d'agriculteurs du Cantal, des taiseux attachés à leur terre et leurs habitudes, voués au labeur et fermés à toute incursion dans leur étroite sphère.
[...]
Marie Hélène Lafon sait de quoi elle parle, cela se sent, et sous la plume retenue beaucoup de sensibilité affleure. Il me semble qu'elle a voulu nous laisser ici un témoignage d'un monde crépusculaire, un peu en sursis, et que sous le côté rugueux de la terre se cache toute une richesse enfouie. Des vies tues ou sacrifiées, des sensibilités étouffées, des destinées à dessiner et à comprendre.

On retrouve donc le même univers que celui décrit dans Le soir du chien à propos duquel je notais:
coline a écrit:
Ce premier roman réussi, plein d’humanité, est tout imprégné de l’atmosphère pesante des campagnes reculées où les secrets et les drames traversent le temps presque en silence mais pèsent de tout leur poids…

Eh oui ...C'est l'Auvergne qu'elle décrit!... content
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mimi54
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MessageSujet: Re: Marie Hélène Lafon   Jeu 13 Sep 2012 - 11:05


Les pays, Marie-Hélène Lafon
Buchet Chastel (6Sptembre 2012)
203 pages


Les Pays

4ème de couverture :
Citation :
Claire, fille de paysans du Cantal, est née dans un monde qui disparaît. Son père le dit et le répète depuis son enfance : ils sont les derniers.
Très tôt, elle comprend que le salut viendra des études et des livres. Elle s’engage donc dans ce travail avec énergie et acharnement. Elle doit être la meilleure. Grâce à la bourse obtenue, elle monte à Paris, étudie en Sorbonne et découvre un univers inconnu.
Elle n’oubliera rien du pays premier, et apprendra la ville où elle fera sa vie.
Les Pays raconte ces années de passage.

Citation :
« La mince saga du père et de la mère se tenait là dans cette lutte qu’il avait fallu soutenir, année après année, pour vivre et tout payer, rembourser les crédits et investir dans les équipements modernes….. »
Après l’annonce, qui relatait l’installation en milieu rural, Marie- Hélène Lafon aborde ici au contraire le départ, la migration en milieu urbain. Son héroïne, est une jeune fille, Claire, qui « monte à Paris » pour y suivre ses études. Roman d’initiation judicieusement construit, Les pays montre la distance qui s’instaure d’une génération à l’autre ; distance progressive, mais jamais définitive. Distance appuyée par une narration à la troisième personne, rarement personnalisée. Le passage d’un monde à un autre. Une société en mutation.
Si Claire découvre la ville, la vie étudiante, les milieux plus aisés qu’elle, elle n’en garde pas moins un ancrage profond à sa terre, tout en en adoptant une autre. Ce sont ses Pays.
Claire, a très tôt conscience que seuls les livres et les études seront son salut.
Citation :
« Il n’y avait pas de paradis. On avait réchappé des enfances ; en elle, dans son sang, et sous sa peau, étaient infusées des impressions fortes qui faisaient paysages, et composaient le monde, on avait ça en soi, il fallait élargir sa vie, la gagner et l’élargir par le seul et muet truchement des livres. »
Il n’y a pas de place pour la distraction, la fantaisie. Tout n’est que travail, étude, lecture. Les étés sont aussi consacrés au travail qui améliorera un quotidien spartiate.
Les phrases sont longues, le vocabulaire travaillé, la langue malaxée ; il y a du rythme, le style peut parfois sembler un peu rustique. Il ressort de cette lecture un bel apaisement, sans qu’il ne sombre pour autant dans l’écueil de la mollesse ; l’envie d’aller plus loin avec cet auteur atypique, loin des paillettes et de la sur médiatisation qui gagne à être connue.




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MessageSujet: Re: Marie Hélène Lafon   Ven 14 Sep 2012 - 9:22

-Les pays-

J'ai eu du mal, une écriture serrée, distante (on peut dire austère même) qui ne laisse pas beaucoup de place au lecteur s'il n'en fait pas l'effort. J'avais déjà noté cela dans l'Annonce, mais au bout d'un moment j'étais bien rentrée dans le récit et en avais gardé une bonne impression. Ici, la construction, le rythme (des phrases longues, quelquefois emphatique) le peu de respiration ont eu raison de moi, j'ai fini par m' y ennuyer.
Peut-être juste un manque de disponibilité, ou une overdose de lectures? Il faudrait que je le reprenne, avec plus de temps devant moi, car cette auteure a quelque chose de particulier, c'est vrai..
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MessageSujet: Re: Marie Hélène Lafon   Mer 19 Sep 2012 - 11:50

L ‘annonce

Un roman a la fois doux et prenant, qui distille une étrange émotion.
MH Lafon nous parle des humbles, des exclus, des abandonnés de la société. De ceux dont le destin est tout tracé par une naissance, une histoire familiale : Annette du Nord, des filatures et des maris ivrognes ; Paul du Cantal, agriculteur, voué au célibat, tout simplement parce qu’il n’y a pas de femmes, pas de temps. Des doux, sans révolte, acceptant humblement leur sort. Pourtant un beau jour, sans héroïsme, sans déchirement , cela suffit, cet horizon bouché, et il tentent quelque chose. Pas grand chose : écrire une annonce, la lire. Et justement parce qu’ils sont doux, savent limiter leurs exigences, ça marche. Ces « petits » prennent sans faire d'histoires leur destin en main, avec une volonté et une détermination qui leur permettent d'accepter certaines compromissions et, par là, de dépasser la fatalité et d'accéder à quelque chose qui n'est peut-être pas le bonheur, mais qui s'apparente à la sérénité
Sacrée victoire : ils ont su se donner une chance ;

Portait d’antihéros, dans un monde peu décrit par la littérature, le monde rural et ses pesanteurs, ce livre est une réussite de tous les instants ; Jamais supérieur, jamais superficiel, toujours touchant. Et puis il y a le style de MH Lafon, un style tout à fait unique, dans le sens que personne ne peut écrie comme elle. Elle a construit sa propre façon d’utiliser le langage ajoutant de petites touches entrecoupées,, affinant les descriptions, les sensations, par des mots accolés qui tournent autour du sens qu’elle veut donner. C'est assez extraordinaire, cette façon de préciser et nuancer.

Un coup de cœur d’autant plus significatif que j’abordais ce livre avec une certaine méfiance : cette idée de petite annonce me paraissaient plutôt casse-gueule, cette histoire de couple pas forcément bien assorti en milieu rural m'avait fait penser à Le mec de la tombe d'à côté, qui m'avait prodigieusement irritée. Mais on est à des kilomètres, carrément dans une autre sphère de la littérature : une écriture, pas de racolage, pas de caricature, pas de regard condescendant et amusé ; au contraire, une profonde empathie, un respect profond des personnages.

Bix, je confirme.

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MessageSujet: Re: Marie Hélène Lafon   Mer 19 Sep 2012 - 15:32

Merci Topocl, je l' avais déjà sur mes listes MH Lafon. Je crois que tu aimerais aussi Pays perdu de Pierre Jourde et pas mal de livres de Pierre Bergounioux. Ces deux écrivains, de la meme génération, ont connu les memes mutations et la mort des paysans dans les campagnes pauvres du Cantal et de la Corrèze.
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topocl
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MessageSujet: Re: Marie Hélène Lafon   Mer 19 Sep 2012 - 17:39

Merci. Noté pour Jourde, mais Bergounioux est inconnu dans ma médiathèque, donc pour plus tard.
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MessageSujet: Re: Marie Hélène Lafon   Dim 23 Sep 2012 - 10:32

Les derniers indiens


Au fin fond du Cantal, un frère et une sœur âgés, anciens agriculteurs célibataires, vivent un dernier combat qui consiste à rester chez soi, et ne pas se faire assister. Il ressassent leur passé, les générations enchaînées sur une même terre, une mère autoritaire, le frère décédé dans sa jeunesse lumineuse, les choix qui ne se sont pas proposés, les murs qui se sont dressés. Ils observent leurs voisins, ouverts à la vie et au progrès, avec une fascination mêlant rejet et envie. Ils se demandent s'il ne faut pas acheter des chaises pour remplacer les bancs, mais cela ferait bien du changement…

Décidément, Marie-Hélène Lafon a le don pour parler des gens de peu, ce monde agricole abandonné dans sa solitude, un profond respect pour ces gens de peu . Tout cela ferait déjà un excellent roman d'atmosphère, puissant, attentif, s’il n’y avait en outre la dernière page, qui nous fait tomber, avec une délicatesse subtile, dans la noirceur d'un Maupassant
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