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 Arthur Rimbaud

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mimi
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MessageSujet: Arthur Rimbaud   Dim 20 Avr 2008 - 0:23



Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, -- heureux comme avec une femme.


http://fr.youtube.com/watch?v=QSiYcH_4sc8&feature=related
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mimi
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Dim 20 Avr 2008 - 0:27

http://fr.youtube.com/watch?v=HbU9Q-4ckcY&feature=related

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais (...)


La sortie du film le 2 avril 2008.
Qui l'a vu ?
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mimi
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Dim 20 Avr 2008 - 2:37

Extraordinaire Léo Ferré qui chante le Bâteau Ivre




J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

http://www.dailymotion.com/relevance/search/leo%2Bferr%25C3%25A9/video/x8ezq_leo-ferre-rimbaud-le-bateau-ivre_music

Et les fleuves l'ont laissé descendre où il voulait eh oui !
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mimi
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Sam 3 Mai 2008 - 16:46

Le dormeur du val que j'avais appris au collège avait été une grande découverte.
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Alberte
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MessageSujet: Ophélia   Ven 25 Juil 2008 - 22:39

J'adore ce poème, ce qui n'est pas peu dire car la poésie n'est généralement pas mon truc.


Citation :
Ophélie

I

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles ...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile:
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.

II

O pâle Ophélia! belle comme la neige!
Oui, tu mourus, enfant, par un fleuve emporté!
- C'est que les vents tombant des grands monts de Norvège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits;

C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux!

Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre Folle!
Tu te fondais à lui comme une neige au feu:
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu!

III

- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

Arthur Rimbaud (1854 - 1891), Poésies (1895).
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bulle
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Mer 12 Nov 2008 - 22:37

Le châtiment de Tartufe

Tisonnant, tisonnant son coeur amoureux sous
Sa chaste robe noire, heureux, la main gantée,
Un jour qu'il s'en allait, effroyablement doux,
Jaune, bavant la foi de sa bouche édentée,

Un jour qu'il s'en allait, '' Oremus'' ', - un Méchant?
Le prit rudement par son oreille benoîte
Et lui jeta des mots affreux, en arrachant
Sa chaste robe noire autour de sa peau moite!

Châtiment! ... Ses habits étaient déboutonnés,
Et le long chapelet des péchés pardonnés
S'égrenant dans son coeur, Saint Tartufe était pâle! ...

Donc, il se confessait, priait, avec un râle!
L'homme se contenta d'emporter ses rabats
- Peuh! Tartufe était nu du haut jusque en bas' !

Arthur Rimbaud
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Hellois
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Ven 20 Fév 2009 - 17:25

A la fin... j'ai cedé...
je n'ai pas pu résister à la tentation d'écrire sur ce fil...
La tentation a été trop forte..

Je me suis approchée de cet auteur surtout à l'uni.
La première fois que je l'ai lu, j'étais au lycée, et je n'avais pas aimé particulièrement ses vers.
A l'uni, pendant la première année, cours monographique de littérature française moderne et contemporaine, ce fut le coup de foudre!

Mon prof était vraiment entrainant quand il lisait les poèmes de ce gars de campagne de 15 ans. Il m'a veritablement passionée.
Je me rappelle encore l'émotion, le sentiment d'urgence, le trouble érotique que j'éprovais en étudiant Sensation, Voyelles, Ma Bohème, Venus Anadyomène, Les poètes de sept ans (sublime celui-là!!), Le Bateau Ivre

Le tranport fut tel que je décidai d'écrire mon mémoire sur cet auteur, en faisant une traduction de Une Saison en Enfer.

Je vous colle ici un de poèmes plus beaux, plus riches d'images et plus engageants de ce mec de 17 ans.

Savourez, je vous en supplie, savourez les sombres choses...!!

Les assis

Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues
Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs,
Le sinciput plaqué de hargnosités vagues
Comme les floraisons lépreuses des vieux murs ;

Ils ont greffé dans des amours épileptiques
Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs
De leurs chaises ; leurs pieds aux barreaux rachitiques
S'entrelacent pour les matins et pour les soirs !

Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges,
Sentant les soleils vifs percaliser leur peau,
Ou, les yeux à la vitre où se fanent les neiges,
Tremblant du tremblement douloureux du crapaud.

Et les Sièges leur ont des bontés : culottée
De brun, la paille cède aux angles de leurs reins ;
L'âme des vieux soleils s'allume, emmaillotée
Dans ces tresses d'épis où fermentaient les grains.

Et les Assis, genoux aux dents, verts pianistes,
Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour,
S'écoutent clapoter des barcarolles tristes,
Et leurs caboches vont dans des roulis d'amour.

- Oh ! ne les faites pas lever ! C'est le naufrage...
Ils surgissent, grondant comme des chats giflés,
Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage !
Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés.

Et vous les écoutez, cognant leurs têtes chauves,
Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors,
Et leurs boutons d'habit sont des prunelles fauves
Qui vous accrochent l'oeil du fond des corridors !

Puis ils ont une main invisible qui tue :
Au retour, leur regard filtre ce venin noir
Qui charge l'oeil souffrant de la chienne battue,
Et vous suez, pris dans un atroce entonnoir.

Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales,
Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever
Et, de l'aurore au soir, des grappes d'amygdales
Sous leurs mentons chétifs s'agitent à crever.

Quand l'austère sommeil a baissé leurs visières,
Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés,
De vrais petits amours de chaises en lisière
Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés ;

Des fleurs d'encre crachant des pollens en virgule
Les bercent, le long des calices accroupis
Tels qu'au fil des glaïeuls le vol des libellules
- Et leur membre s'agace à des barbes d'épis.
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Ven 20 Fév 2009 - 18:04

Ah, Hellois, quel poème ! Il faut vraiment avoir l'idée d'un tel thème et l'imagination fertile pour oser de telles métaphores... surpris
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Hellois
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Ven 20 Fév 2009 - 18:14

Cachemire a écrit:
Ah, Hellois, quel poème ! Il faut vraiment avoir l'idée d'un tel thème et l'imagination fertile pour oser de telles métaphores... surpris

A chaque fois que je lis ce poème, j'ai presque envie de pleurer pour l'émotion...
Rimbaud est vraiment le poète de la force physique, de la virilité, de l'envie de faire, de la soif de vivre... il n'y a rien de pitoresque, de mou et d'escompté chez lui.

En voilà un autre, qui me fait rever, parce qu'il me rappelle de moments de mon enfance.. L'enfant qui reve le voyage, la poésie,la vie "dehors"...


Les Poètes de sept ans

À M. P. Demeny

1 Et la Mère, fermant le livre du devoir,
S'en allait satisfaite et très fière, sans voir,
Dans les yeux bleus et sous le front plein d'éminences,
L'âme de son enfant livrée aux répugnances.

5 Tout le jour il suait d'obéissance ; très
Intelligent ; pourtant des tics noirs, quelques traits
Semblaient prouver en lui d'âcres hypocrisies.
Dans l'ombre des couloirs aux tentures moisies,
En passant il tirait la langue, les deux poings
10 À l'aine, et dans ses yeux fermés voyait des points.
Une porte s'ouvrait sur le soir : à la lampe,
On le voyait, là-haut, qui râlait sur la rampe,
Sous un golfe de jour pendant du toit. L'été
Surtout, vaincu, stupide, il était entêté
15 À se renfermer dans la fraîcheur des latrines :
Il pensait là, tranquille et livrant ses narines.

Quand, lavé des odeurs du jour, le jardinet
Derrière la maison, en hiver, s'illunait,
Gisant au pied d'un mur, enterré dans la marne
20 Et pour des visions écrasant son œil darne,
Il écoutait grouiller les galeux espaliers.
Pitié ! Ces enfants seuls étaient ses familiers
Qui, chétifs, fronts nus, œil déteignant sur la joue,
Cachant de maigres doigts jaunes et noirs de boue
25 Sous des habits puant la foire et tout vieillots,
Conversaient avec la douceur des idiots !
Et si, l'ayant surpris à des pitiés immondes,
Sa mère s'effrayait ; les tendresses, profondes,
De l'enfant se jetaient sur cet étonnement.
30 C'était bon. Elle avait le bleu regard, — qui ment !

À sept ans, il faisait des romans, sur la vie
Du grand désert, où luit la Liberté ravie,
Forêts, soleils, rives, savanes ! — Il s'aidait
De journaux illustrés où, rouge, il regardait
35 Des Espagnoles rire et des Italiennes.
Quand venait, l'œil brun, folle, en robes d'indiennes,
— Huit ans, — la fille des ouvriers d'à côté,
La petite brutale, et qu'elle avait sauté,
Dans un coin, sur son dos, en secouant ses tresses,
40 Et qu'il était sous elle, il lui mordait les fesses,
Car elle ne portait jamais de pantalons ;
— Et, par elle meurtri des poings et des talons,
Remportait les saveurs de sa peau dans sa chambre.

Il craignait les blafards dimanches de décembre,
45 Où, pommadé, sur un guéridon d'acajou,
Il lisait une Bible à la tranche vert-chou ;
Des rêves l'oppressaient chaque nuit dans l'alcôve.
Il n'aimait pas Dieu ; mais les hommes, qu'au soir fauve,
Noirs, en blouse, il voyait rentrer dans le faubourg
50 Où les crieurs, en trois roulements de tambour,
Font autour des édits rire et gronder les foules.
— Il rêvait la prairie amoureuse, où des houles
Lumineuses, parfums sains, pubescences d'or,
Font leur remuement calme et prennent leur essor !

55 Et comme il savourait surtout les sombres choses,
Quand, dans la chambre nue aux persiennes closes,
Haute et bleue, âcrement prise d'humidité,
Il lisait son roman sans cesse médité,
Plein de lourds ciels ocreux et de forêts noyées,
60 De fleurs de chair aux bois sidérals déployées,
Vertige, écroulements, déroutes et pitié !
— Tandis que se faisait la rumeur du quartier,
En bas, — seul, et couché sur des pièces de toile
64 Écrue, et pressentant violemment la voile !

26 mai 1871
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Eve Lyne
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Ven 20 Fév 2009 - 18:16

Philippe Besson a écrit un très beau roman, "Les jours fragiles", sur les derniers mois de la vie de Rambaud, sous la forme d'un journal intime tenu par sa soeur Isabelle.

Besson y parle de des débuts littéraires de Rambaud, de son penchant pour les garçons, de son long séjour en Afrique, de sa fin terrible. On y découvre une mère qui est un monstre de froideur, une soeur qui craint son frère autant qu'il l'attire, une famille qui a déjà eu son lot de souffrances.

Un récit très âpre, qui résonne longtemps.
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Hellois
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Ven 20 Fév 2009 - 18:31

Merci Eve Lyne pour ce conseil de lecture, je vais sans doute me procurer cette oeuvre..
Tu sais, je ne suis pas totalement d'accord avec l'image de la veuve Rimbaud que donnent souvent les biographies sur Rimbaud..
Elle a été une femme très sévère, très froide, obsédée par le catholicisme, tout cela est vrai... mais elle est aussi la femme qui écrit une lettre très émouvante à Verlaine qui, en prison à Mons, veut se suicider. Elle cherche à le conforter, en vraie mère, bien qu'il s'agisse de l'homme qui a séduit son fils, qui l'a arraché à la famille et qui a tiré sur lui!!
Et puis, j'ai vraiment pleuré en lisant la lettre qu'elle écrit à sa fille Isabelle pour lui conter que, toute seule, a presque 80 ans, elle a déplacé les corps de son fils Arthur et de sa fille Vitalie (morte à 17 ans) d'une part à l'autre du cimetière. Elle fait une déscription des deux cadavres qu'elle doit changer de cercueil... et ça vous arrache le coeur, de lire l'immense douleur d'une mère qui survit à ses enfants...
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kenavo
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Ven 20 Fév 2009 - 18:38

Et pendant que le fil Rimbaud vient de remonter - j'ai découvert cet article dans Le Monde des Livres - qui parle de la nouvelle édition de ses œuvres complètes dans la Pléiade: IcI

_________________
La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Ven 20 Fév 2009 - 20:35

Hellois, Si tu ne connais pas Pierre Michon, lis donc Rimbaud le fils...

Qu'est-ce qui relance sans fin la littérature ? Qu' est-ce qui fait écrire les
hommes ? Les autres hommes, leur mère, les étoiles, ou les vieilles choses
énormes, Dieu, la langue ?
Les puissances le savent. Les puissances de l' air sont ce peu de vent à travers les feuillages. La nuit tourne. La lune se lève, il n' y a personne contre cette meule.
Rimbaud dans le grenier, parmi des feuillets s' est tourné contre le mur et dort comme un plomb.

Piere MICHON
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Ven 20 Fév 2009 - 20:53

bix229 a écrit:
Hellois, Si tu ne connais pas Pierre Michon, lis donc Rimbaud le fils...

Qu'est-ce qui relance sans fin la littérature ? Qu' est-ce qui fait écrire les
hommes ? Les autres hommes, leur mère, les étoiles, ou les vieilles choses
énormes, Dieu, la langue ?
Les puissances le savent. Les puissances de l' air sont ce peu de vent à travers les feuillages. La nuit tourne. La lune se lève, il n' y a personne contre cette meule.
Rimbaud dans le grenier, parmi des feuillets s' est tourné contre le mur et dort comme un plomb.

Piere MICHON

Vite fait, bien fait.
Merci.
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coline
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Ven 20 Fév 2009 - 20:58

bix229 a écrit:
Hellois, Si tu ne connais pas Pierre Michon, lis donc Rimbaud le fils...

Vite fait, bien fait.
Merci.

C'est justement ICI!... Wink


C'est un ouvrage excellent, écrit dans la plus belle langue française ...
Il débute ainsi...

"On dit que Vitalie Rimbaud , née Cuif , fille de la campagne et femme mauvaise , souffrante et mauvaise , donna le jour à Arthur Rimbaud .On ne sait pas si d'abord elle maudit et souffrit ensuite , ou si elle maudit d'avoir à souffrir et dans cette malédiction persista ; ou si anathème et souffrance liés comme les doigts de sa main en son esprit se chevauchaient , s'échangeaient , se relançaient , de sorte qu'entre ses doigts noirs que leur contact irritait ,elle broyait sa vie , son fils ,ses vivants et ses morts . Mais on sait que le mari de cette femme qui était le père de ce fils devint tout vif un fantôme, dans le purgatoire de garnisons lointaines où il ne fut qu’un nom, quand le fils avait six ans. On débat si ce père léger qui était capitaine, futilement annotait des grammaires et lisait l’arabe, abandonna à bon droit cette créature d’ombre qui dans son ombre voulait l’emporter, ou si elle ne devint telle que par l’ombre dans quoi ce départ la jeta ; on n’en sait rien. On dit que cet enfant, avec d’un côté de son pupitre ce fantôme et de l’autre cette créature du désastre, fut idéalement scolaire et eut pour le jeu ancien des vers une vive attirance : peut-être que dans le vieux tempo sommaire à douze pieds il entendait le clairon fantôme des garnisons lointaines, et les patenôtres aussi de la créature du désastre, qui pour scander sa souffrance mauvaise avait trouvé Dieu comme son fils pour le même effet trouva les vers ; et dans cette scansion il maria le clairon et les patenôtres, idéalement. Les vers sont une vieille marieuse. »

Pierre Michon c'est magnifique!...
A côté, Les jours fragiles de Besson c'est vraiment une "petite" lecture...Je ne l'ai pas trouvée à la hauteur du poète...
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