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 Arnaldur Indridason [Islande]

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Chatperlipopette
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MessageSujet: Arnaldur Indridason [Islande]   Dim 25 Fév 2007 - 10:50


 
Une découverte de cette année: Arnaldur Indridason, auteur islandais de polar!
C'est un régal à lire.
 
Biographie
Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire il est journaliste et critique de cinéma. Il est l'auteur de 6 romans noirs, dont plusieurs sont des best-sellers internationaux. Il vit à Reykjavik avec sa femme et ses trois enfants.
 
L'écriture de Indridason reprend aux vieilles sagas leur humour sardonique, l'acceptation froide des faits et leurs conséquences lointaines. Ce livre, écrit avec une grande économie de moyens, va bien plus profond que la plupart des romans policiers : il transmet le douloureux sens de l'inéluctable qui sous-tend les vieilles sagas qu'au Moyen Age les Islandais se racontaient pendant les longues nuits d'hiver. Il représente un remarquable apport à la tradition. Et chez Indridason l'humanité triomphe toujours.
 

Bibliographie
 
Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)

Romans de la série du commissaire Erlendur Sveinsson
2000 La Cité des jarres, Pages 1, 2, 3, 9, 11, 14, 15,
2001 La Femme en vert, Pages 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 9, 11, 12
2002 La Voix, Pages 2, 3, 7, 11, 16,
2004 L'Homme du lac, Pages 3, 4, 5, 6, 7, 10, 11, 15,
2005 Hiver arctique, Pages 5, 6, 9, 11, 14,
2007 Hypothermie, Pages 6, 7, 9, 11,  14,
2008 La Rivière noire, Pages 10, 11, 13, 15,
2009 La Muraille de lave, Pages 13, 16
2013 Étranges Rivages, Pages 13, 14, 15, 16
2013 Le livre du roi, Page 15, 16
  
Autres romans
2003 Bettý, Pages 12, 15, 16,
 
Citation :
mise à jour le 01/05/2015, page 16
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Chatperlipopette
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MessageSujet: La cité des jarres   Dim 25 Fév 2007 - 10:52

La cité des jarres

"Peut-on commettre un meurtre en chaussettes?"dit un des protagonistes du livre...et déjà pointe un certain humour...islandais.Vous avez aimé les polars de Mankell,alors vous aimerez celui-ci!

Par son écriture simple, directe sans effet inutile ni complaisance à décrire l'horrible, l'auteur prend ses distances et laisse le lecteur seul juge, tout en construisant un suspense prenant.
Un étrange meurtre pourrait passer pour un crime crapuleux ("En Islande les crimes sont bêtes et grossiers"...humour décalé du Grand Nord??), seulement, voilà, un indice troublant se trouve sur les lieux du crime: un bout de papier sur lequel sont écrits 3 mots (le lecteur sera contraint de patienter quelques chapitres avant de les connaître...et c'est ce qui fait toute la sève du livre).

Le lecteur se promène dans un monde gris, brouillé par la pluie automnale qui tombe sans discontinuer. Il est dans l'extrême nord de l'Europe, sur cette île perdue au milieu de nulle part, à mi-chemin entre l'Ecosse et le Groenland. Une île où les racines d'un peuple sont importantes, où le monde des sagas est encore vivace, où la filiation est essentielle pour exister.
L'inspecteur Erlendur Sveinsson se retrouve, à travers cette enquête, à s'interroger sur lui-même, sa paternité (ses enfants sont empêtrés dans la drogue) puis sur sa lignée (il sera bientôt grand-père). Il se retrouve, non seulement face aux souvenirs douloureux laissés par un homme vil et pervers(la victime du meurtre qui est un "serial violeur" impuni), mais aussi face à un homme qui refuse d'être un souvenir de ce pervers, qui laisse une trace indélébile dans sa lignée ignorée.

Cette enquête islandaise,originale et étrange, souligne l'importance d'aimer ses proches et de le leur faire savoir: la vie est trop courte pour remiser ses sentiments.

J'espère que Le Bibliomane postera son avis sur ce roman.
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Babelle
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MessageSujet: Re: Arnaldur Indridason [Islande]   Dim 25 Fév 2007 - 13:05

J'ai découvert en janvier dernier Arnaldur Indridason. Ma première lecture : La Femme en vert.
Lorsque chez Métaillié, et dès la première page, un bébé mâchouille un objet qui se révèle être un os humain lors d'une fête d'anniversaire, noir... c'est noir.
-Mais roman noir avec en regard une enquête où victimes et meutrier(s) ont vécu sur le lieu de cette macabre découverte 50, 60 ans auparavant : les protagonistes ne sont plus de ce monde, les voisins du lieu du crime, témoins potentiels, sont absents ou souffrant d'alzeimer en fin de vie et, à part l'intérêt professionnel méticuleux affiché par l'équipe d'archéologues appelés sur le site pour déterrer au pinceau les bribes du passé, l'administration ne considère pas ce mystère comme enquête prioritaire.
-J'aime ici tout particulièrement cette plongée dans le passé ds laquelle Erlendur nous entraîne:
le long chemin vers la résolution de l'énigme porte d'autant plus de suspens.
- D'autant que sous la trame de la violence conjugale qu'une narration parallèle nous laisse entrevoir, l'inspecteur est témoin, dans le temps présent que nous partageons, des mêmes maltraitances contre une femme et un enfant.
- Ce que j'aime moins, ce sont les problèmes personnels de notre inspecteur récurrent : son ex femme dont il a divorcé 20 ans auparavant en lui laissant assumer l'éducation de leurs 2 enfants qui ont sombré dans la drogue : et je crains qu'à chaque nouvelle traduction en France d'un nouveau roman d'Indridason, les problèmes de "paternité" d'Erlendur viennent freiner à nouveau et alourdir chaque enquête.
J'ai ressenti cette même gêne à travers les romans de Mankell en poursuivant Kurt Wallander à travers chacune de ses enquêtes...
- S'il y a du "noir", en parrallèle, dans l'existence de nos héros récurrents (ça fout des semelles de plomb ces personnages noués par leurs échecs sentimentaux et les ratées de leur paternité dont ils sont responsables dans la vie adulaissante de leurs enfants), noir aussi semble être la teinte donnée à la société de ces pays du nord par ces auteurs du nord : pluie, froid, brouillard, un climat rude où l'on s'interroge sur le modèle social scandinave. Chez Mankell il fait aussi froid, il pleut autant, les criminels sont psychopathes, les enfants fortement perturbés.
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Le Bibliomane
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MessageSujet: La cité des jarres   Dim 25 Fév 2007 - 13:37

O.K. Message reçu ! Wink

LA CITE DES JARRES. Arnaldur INDRIDASSON.

"Tout ça, ce n'est rien d'autre qu'un foutu marécage."
Erlendur Sveinsson, inspecteur de la police criminelle

L'inspecteur Erlendur a tout pour être grincheux. Sa femme l'a quitté de puis longtemps et ne lui adresse plus la parole, il n'a jamais de nouvelles de son fils, sa fille se débat dans ses problèmes de toxicomanie et il ressent de plus en plus souvent des douleurs dans la poitrine. Serait-ce le cancer du fumeur?
Autour de lui, son univers familier semble tomber en miettes. La seule chose à laquelle il peut se raccrocher, c'est son boulot d'enquêteur. C'est alors que , dans un quartier paisible de Reykjavik, un vieil homme est assassiné, apparemment par un rôdeur qui s'est infiltré dans son appartement.
Mais Erlendur découvre dans l'ordinateur de la victime une impressionnante et répugnante collection de photos et de films pornographiques puis dans un tiroir la photo de la tombe d'une enfant de quatre ans. L'homme assassiné s'avère avoir commis plusieurs viols par le passé. Erlendur, vieux flic solitaire et désabusé, peu convaincu par l'hypothèse du rôdeur, va tout mettre en oeuvre pour retrouver l'assassin de cet homme au passé immonde et en comprendre le mobile.


Arnaldur INDRIDASSON, écrivain islandais, nous entraîne dans un Reykjavik crépusculaire bien éloigné des clichés touristiques. Il signe ici un polar noir, nous faisant toucher l'horreur d'un ton détaché et glacial qui n'est pas sans rappeler le style des Sagas médiévales islandaises.


La Cité des Jarres a obtenu le Prix Clé de Verre du Roman Noir Scandinave. Un polar remarquablement maîtrisé, d'une force et d'une tension peu communes.
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Babelle
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MessageSujet: Re: Arnaldur Indridason [Islande]   Dim 25 Fév 2007 - 13:48

Merci pour cette impression de lecture Bibliomane : tu as stoppé dans le scénar juste là où j'en suis... sans me donner une parcelle de ce que je vais découvrir d'ici peu Wink rrrrrrrrrrr J'ai d'autant plus hâte!
Dites-moi : vous avez quelque chose contre le "modèle-social" de ces pays du Nord? Wink
P-S : je ne connais pas du tout les Sagas médiévales islandaises. Vous me mettrez sur la voie à l'occasion?
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MessageSujet: Re: Arnaldur Indridason [Islande]   Dim 25 Fév 2007 - 14:03

Ouf! Tant mieux si je n'ai rien dévoilé de plus sur l'intrigue, je m'en serais voulu.
A propos des sagas islandaises, Régis Boyer, le spécialiste français des civilisations nordiques en a traduit bon nombre et certaines ont été éditées chez Payot ( "la saga de saint Olafr"), sinon , mais c'est plus cher, en recueil de "la Pléïade", une magnifique compilation comprenant les sagas retranscrites par Snorri Sturluson, érudit médiéval qui mit par écrit nombre de celles-ci avec un talent incomparable.
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Sophie
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MessageSujet: Re: Arnaldur Indridason [Islande]   Lun 3 Sep 2007 - 6:00

Je viens de terminer La femme en vert.

Après un début bien mais sans plus, qui me faisait un peu trop penser à un polar efficace mais sans originlaité, j'ai été séduite et conquise.

Pour une fois, les protagonistes ont une certaine consistance, l'histoire est humaine, sans recours aux techniques modernes à tout va, pas de vulgarité (comme quoi les policiers peuvent avori un vocabulaire fourni) et plein de compassion.

Voilà, j'ai beaucoup aimé et me suis "amusée" à lire et découvrir ces noms islandais bizarres!
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MessageSujet: Re: Arnaldur Indridason [Islande]   Mar 25 Sep 2007 - 20:45

Je viens également de terminer La femme en vert, mon premier roman d' Arnaldur Indridason.
J'ai bien aimé également.

Sophie a écrit:
Voilà, j'ai beaucoup aimé et me suis "amusée" à lire et découvrir ces noms islandais bizarres!
Idem ! Niveau consonance, ceux-ci me faisaient penser à certains noms utilisés par Tolkien dans Le seigneur des anneaux sourire
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Arnaldur Indridason [Islande]   Sam 20 Oct 2007 - 18:03

"La femme en vert"



"Dans un jardin sur les hauteurs de Reykjavik, un bébé mâchouille un objet étrange...Un os humain! Enterré sur cette coline depuis un demi-siècle, le squelette mystérieux livre peu d'indices au commissaire Erlendur. L'enquête remonte jusqu'à la famille qui vivait là pendant la Seconde Guerre mondiale, mettant au jour des traces effacées par la neige, les cris étouffés sous la glace d'une Islande sombre et fantomatique..."
Après la lecture d'une telle quatrième de couverture, on ne peut qu'être impatient de lire la deuxième enquête d'Erlendur et retrouver l'atmosphère particulière de cette île du bout du monde septentrional.
Les fondations d'une maison en construction, terrain de jeu des enfants de ce quartier en expansion, recellent un squelette enigmatique. D'où vient-il, qui est-il? Un archéologue est envoyé sur place ainsi que l'équipe d'enquêteurs d'Erlendur. L'exhumation des ossements se fait au rythme des fouilles archéologiques: lentement, avec précautions et gestes mesurés afin que les indices les plus subtils ne soient pas détruits....au grand dam d'Erlendur qui souhaiterait que cela soit achevé le plus promptement possible.
Les indices recueillis ci ou là permettent à Erlendur de remonter le temps. La Seconde Guerre mondiale a vu l'exode rurale remplir les villes et changer le visage de Reykjavik: les logements sont de plus en plus onéreux, mettant à la rue les plus démunis. La famille de Grimur s'installe dans une maison inachevée sur les hauteurs de la Capitale. Grimur est un homme dur, méchant et violent avec sa famille, notamment sa femme qu'il tabasse sans retenue. Ses enfants, Simon, Tomas et Mikkelina, la fille de leur mère, sont terrorisés par les tortures physiques et morales exercées sur cette dernière par leur père. Deux fois, elle tenta de s'enfuir loin de cet époux violent, deux fois, elle dut revenir avec lui sous peine de voir sa vengeance s'abattre sur les enfants, notamment sur Mikkelina, fillette handicapée suite à une méningite. La descente aux enfers s'efectue lentement mais sûrement: la mère devenant l'ombre d'elle-même au fil des coups et des insultes. Seul, le bosquet de groseillers apportent une relative douceur à cs êtres malmenés par la vie: chaque année, ils donne des baies juteuses et sucrées dont la mère fait des confitures. Les groseillers symaboles du renouveau et de la beauté généreuse de la Nature. Un jour, Grimur est arrêté par la police militaire américaine pour marché noir et est envoyé en prison: une période de liberté et de bonheur vient ensoleiller la famille. La mère renaît de ses cendres grâce à l'amour d'un soldat, la joie et l'insouciance rendent leur enfance aux enfants. Hélas, l'ombre fait sa répparition lors de la libération de Grimur. C'est alors que le drame, inévitable, survient.
Dans le même temps, Erlendur est confronté à une terrible crise familiale: sa fille, Eva Lind, sombre dans le coma à la suite d'un accouchement prématuré, du à l'absorption de drogues. Elle est entre la vie et la mort. Le médecin conseille à Erlendur de maintenir le contact avec elle en lui parlant. Mais que dire à sa fille qui est encore une énigme pour lui? Finalement, au gré des indices glanés, Erlendur lui parle de son enquête au sujet du squelette enfoui depuis un demi-siècle. Il parle, parle et parle encore sans s'apercevoir qu'il remonte dans le temps, dans son temps, dans son enfance. Erlendur devient l'archéologue de lui-même et entreprend, dans la douleur, une fouille de sa mémoire, bien malgré lui. Un épisode traumatisant de son enfance refait surface, éclairant l'homme qu'il est devenu d'un jour particulier: la peur de ne pas savoir protéger un proche. L'hiver islandais, sa neige et ses tempêtes effacent bien des choses mais le printemps, un jour ou l'autre, exhume les terreurs, les horreurs cachées sous la glace et ces dernières doivent être affrontées pour être enfin domptées.
"La femme en vert" est un roman qui va au-delà du roman policier. Par certains aspects, Indridason s'illustre dans le genre du polar social: cette enquête est difficile et douloureuse car évoque des situtions sociales désespérées. La violence conjugale côtoie la maltraitance vis à vis des enfants et les ravages de la drogue: les scènes où Grimur brutalise physiquement sa femme et psychologiquement ses enfants sont aussi insoutenables que celles où Erlendur, à la recherche de sa fille, entre dans un appartement où un bébé est livré à lui-même car ses parents sont en plein trip. Ces quelques scènes ébranlent le lecteur et le mettent en présence d'un monde bien moins lointain qu'il ne le paraît. Le sordide est tapi parfois sous nos yeux, transparent et muet.
"Explorateur des angles morts de l'humanité, Arnaldur Indridason toque doucement à la porte de nos consciences. La douleur est cuisante." (Le Magazine Littéraire). [b]"La femme en vert" est une excellentissime illustration du talent de conteur d'Indridason.
Un roman noir qui provoque plus de frissons que les thrillers les plus sanglants: Indridason met son lecteur devant les violences ordinaires, celles qui se fondent le plus dans le paysage du quotidien.
Le petit plus qui ajoute à l'intensité dramatique du récit: les va-et-vient entre passé et présent qui se répondent et éclairent les avancées de l'enquêtes et égarent, juste comme il faut, le lecteur et lui permettent de construire et d'échaffauder ses propres solutions.
La chute du roman est un moment d'intense et d'immense émotion: ce dernier chapitre est un hymne à l'espoir, à la vie et à la tendresse. Le lecteur ferme alors le livre, la gorge nouée (quand il a une grande maîtrise de soi) ou les larmes ruisselant sur les joues (quand il est submergé par son émotion). "La femme en vert": un roman bouleversant, un roman réussi, un roman comme on aime en lire! Du grand Indridason!!!
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Marie-Laure
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MessageSujet: Re: Arnaldur Indridason [Islande]   Sam 20 Oct 2007 - 19:16

Je ne suis pas aussi douée que vous pour décrire mes ressentis sur les livres, mais je suis vraiment très heureuse qu'il vous ai (orthographe ?) à tous beaucoup plu Very Happy
J'ai vraiment adoré ce livre, beaucoup plus angoissant que bien d'autres polars c'est vrai bounce
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Le Bibliomane
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MessageSujet: Re: Arnaldur Indridason [Islande]   Sam 20 Oct 2007 - 19:37

"La femme en vert"

C'est dans les fondations d'une maison en construction qu'un enfant de huit ans fait une étrange découverte : il s'agit d'un os humain.
Les autorités, aussitôt alertées, mettent peu de temps à découvrir la macabre réalité : un être humain a été enterré ici, et la position du corps laisse à penser qu'il ou elle a été enterré vivant. Qui a bien pu commettre cet assassinat ? Quand ? Et qui était la victime ?
C'est ce que va tenter de découvrir Erlendur, l'inspecteur de police dont nous avions pu faire connaissance dans « La cité des jarres ».
Aidé de ses collègues Elinborg et Sigurdur Oli, il va chercher à remonter la piste de cet assassinat dont il ne connaît ni le mobile, ni la victime, ni le coupable.


Car le travail d'investigation s'avère fortement ralenti du fait de l'intervention d'une équipe archéologique qui a été désignée pour dégager le corps de son linceul de terre. Les méthodes scientifiques étant beaucoup plus rigoureuses, et surtout beaucoup plus lentes que celles de la police criminelle, Erlendur va se perdre en conjectures et tenter de tirer ses conclusions à l'aide des maigres éléments en sa possession.



Mais quel est le rapport entre cette macabre découverte et l'histoire qui nous est décrite en contrepoint ?


Car parallèlement à l'enquête de l'inspecteur Erlendur, nous suivons le destin d'une femme dont le nom nous est inconnu. Cette histoire nous ramène dans le Reykjavik des années 40, au sein d'une famille dont la femme et les enfants sont sauvagement brutalisés par le mari de celle-ci. Cet homme, Grimur, est un véritable monstre qui n'hésite pas à insulter, menacer et battre sa femme, à terroriser ses enfants et à leur faire mener une vie d'enfer. Pervers et sadique, cet individu va sévir en toute impunité au cours des années sans que les autorités ne fassent le moindre geste pour protéger sa femme et ses enfants de son comportement brutal et de son influence pernicieuse sur le plus jeune de ses deux fils.



Quel est donc le rapport entre ces deux histoires ? Nul ne le sait, sauf peut-être cette mystérieuse femme au manteau vert dont la silhouette est évoquée par un vieillard mourant interrogé par Erlendur.
Voilà qui complique singulièrement la tâche de l'inspecteur, d'autant plus que pour ce qui est de sa vie privée, la situation s'aggrave de manière dramatique : sa fille Eva Lind, enceinte, a renoué avec la toxicomanie et est retrouvée plongée dans un coma dont personne ne sait si elle pourra en ressortir et si l'enfant qu'elle porte pourra survivre à cette épreuve. Au chevet de sa fille, Erlendur tentera de reprendre le dialogue avec elle, quitte pour cela à remuer les ombres d'un passé douloureux.



Avec « La femme en vert », deuxième opus des enquêtes de l'inspecteur Erlendur Svensson, Arnaldur Indridasson nous livre un roman qui transcende les limites du polar en nous faisant pénétrer plus avant dans la psychologie des personnages qu'il met en scène. C'est aussi l'occasion pour lui de nous livrer une page méconnue de l'histoire, celle de l'Islande au cours de la deuxième guerre mondiale.


Mais c'est surtout pour lui l'opportunité de dresser un réquisitoire sans appel contre les violences faites aux femmes, qu'elles soient d'ici ou d'ailleurs, qu'elles soient nos contemporaines ou des figures du passé.



« - [...] Je voulais vous demander... Je crois que j'étais en train de vous poser une question sur ces violences conjugales.
- Voilà un mot bien édulcoré pour décrire l'assassinat d'une âme. Un terme politiquement correct à l'usage des gens qui ne savent pas ce qui se cache derrière. Vous savez ce que c'est, de vivre constamment dans la terreur ?
Erlendur ne répondait rien.
- De vivre dans la haine chaque jour sans que cela ne s'arrange jamais, quoi qu'on fasse, et on ne peut d'ailleurs rien faire pour arranger ce genre de chose, jusqu'à ce qu'on perde toute volonté et qu'on passe son temps à attendre et à espérer que la prochaine raclée ne sera pas aussi violente et douloureuse que la dernière. »
Erlendur ne savait pas quoi dire.
- Petit à petit, les coups se résument à du pur sadisme parce que le seul pouvoir que l'homme violent détienne au monde, c'est celui qu'il exerce sur cette unique femme qui est son épouse, mais ce pouvoir n'a aucune limite puisque l'homme sait que la femme ne peut rien faire face à lui. Elle est totalement impuissante et complètement dépendante de lui parce qu'il ne se contente pas de la menacer elle, il ne se contente pas de la torturer avec la haine et la colère qu'il éprouve pour elle mais il la torture également avec la haine qu'il éprouve pour ses enfants en lui faisant clairement comprendre qu'il leur fera du mal si jamais elle essayait de se libérer de son emprise. Et pourtant, toute cette violence physique, toute cette souffrance et ces coups, ces os cassés, ces blessures, ces bleus, ces yeux au beurre noir, ces lèvres fendues, tout cela n'est rien comparé aux tortures que l'âme endure. [...] Alors son existence n'est plus que l'ombre de celle de son mari, poursuivit-elle. Toute résistance l'abandonne et avec la résistance, c'est aussi son désir de vivre qui s'évanouit, sa vie à elle se confond avec sa vie à lui, du reste, on ne peut plus dire qu'elle soit en vie car, en fait, elle est morte et elle erre, comme une créature de l'ombre à la recherche d'une échappatoire. Afin d'échapper aux coups, à cette torture de l'âme, et à l'existence de cet homme, parce qu'elle ne vit plus sa vie à elle et qu'elle n'existe plus qu'à travers la haine qu'il lui porte. Pour finir, c'est lui qui remporte la victoire. Parce qu'elle est morte. Et qu'elle est un zombie. [...] Y-a-t-il quelqu'un pour condamner le meurtre d'une âme ? Demanda-t-elle. Pouvez-vous me le dire ? Comment peut-on porter plainte contre un homme parce qu'il a assassiné une âme, est-il possible de le traîner devant un juge et de le faire reconnaître coupable ? »




« La femme en vert », plus que le précédent roman mettant en scène l'inspecteur Erlendur, est un roman policier chargé d'émotions puissantes et contradictoires qui – contrairement aux polars à la mode qui trop souvent se complaisent dans le registre du sordide et du sanguinolent – nous entraîne dans une intrigue où la psychologie des personnages prime sur l'action, où l' atmosphère pesante prend le pas sur l'intrigue, le suspense et même sur la résolution finale de l'enquête. Indridasson signe ici un grand roman dont les personnages – de par leur caractère universel et de par le long crescendo qui les mènera vers la conclusion de leur destin tragique
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MessageSujet: Re: Arnaldur Indridason [Islande]   Sam 20 Oct 2007 - 19:41

marielaure a écrit:
Je ne suis pas aussi douée que vous pour décrire mes ressentis sur les livres
affraid Tu n'es pas la seule dans ce cas MarieLaure... quand je compare mon commentaire à ceux du chatp' et Le Bibliomane... Embarassed
Il est vrai que je n'avais pas fait beaucoup d'efforts Razz
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Aeriale
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MessageSujet: Re: Arnaldur Indridason [Islande]   Sam 20 Oct 2007 - 19:45

Idem pour moi Marie-Laure, t'inquiète!...laugh
Je me trouve nullle à côté de certains mais je mets ma honte de côté et tant pis Embarassed Very Happy ...L'envie de parler et de participer est la plus forte bounce
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Marie-Laure
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MessageSujet: Re: Arnaldur Indridason [Islande]   Sam 20 Oct 2007 - 19:45

Je te remercie Sentinelle. Very Happy
Je pense que si une maison d'édition cherche un critique littéraire, elle n'aura que l'embarras du choix Very Happy
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Marie-Laure
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MessageSujet: Re: Arnaldur Indridason [Islande]   Sam 20 Oct 2007 - 19:50

Je te remercie aussi Aériale Very Happy . Je n'ai toutefois pas honte, admirative, ces critiques sont très intéresantes à lire. Surtout que là elles m'intéressent davantage puisque j'ai adoré ce livre. drunken

Je dois vous avouer que j'aurais adoré faire des études . Peut-être que je pourrais me rattrapper un peu pendant mon année au Canada Very Happy ?
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MessageSujet: Re: Arnaldur Indridason [Islande]   

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Arnaldur Indridason [Islande]
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