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 Hélène Lenoir

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Cachemire
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MessageSujet: Hélène Lenoir   Mer 30 Avr 2008 - 15:04

Hélène Lenoir est née à Neuilly-sur-Seine en 1955. Germaniste de formation, elle enseigne le français en Allemagne où elle réside depuis 1980.



Un avis de critique :
Citation :
Hélène Lenoir est l'une des meilleures entomologistes de la littérature française, enfermant les sentiments dans des bocaux comme d'autres les papillons. De Son nom d'avant au Magot de Momm, elle ausculte le cœur des relations amoureuses ou familiales, et dresse une ordonnance toujours pertinente. Si elle a su s'imposer dans le roman, Hélène Lenoir excelle dans la forme courte. Elle réunit dans L'entracte cinq belles nouvelles, véritables radiographies de personnages en proie au doute et à l'étouffement. La justesse psychologique d'Hélène Lenoir tient dans son refus de la psychologie à tout prix et, plus encore, dans une écriture précise, qui se focalise sur les décors pour mieux décrire les âmes.

Baptiste Liger (Lire)

Bibliographie (extrait) :
La Brisure, nouvelles (Minuit, 1994 et « double » n°23, 2003). Bourrasque, roman (Minuit, 1995).
Elle va partir, roman (Minuit, 1996).
Son nom d'avant, roman (Minuit, 1998 et « double » n°16, 2001).
Le Magot de Momm, roman (Minuit, 2001).
Le Répit, roman (Minuit, 2003).
L'Entracte, nouvelles (Minuit, 2005).
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Hélène Lenoir   Mer 30 Avr 2008 - 15:09

L'Entracte, nouvelles (Minuit, 2005).

Quatrième de couverture :
Citation :
Une femme quitte sa place à l'entracte et aborde dans le hall un homme qu'elle reconnaît sans savoir où elle l'a déjà rencontré. Il lui propose de sortir faire une promenade plutôt que d'assister à la seconde partie du concert. " On n'est pas obligés… ", lui dit-il.
C'est dans une situation analogue que se trouvent les personnages des quatre autres nouvelles. Très différents les uns des autres, ils ont en commun un parcours ancré dans une relation forte devenue pesante ou simplement difficile. Pris entre la tentation de fuir et l'obligation de rester, ils se réveillent, et c'est au moins ça.

Cinq nouvelles forment ce recueil. La première est un bijou : Une rencontre brève et passionnée. A l'entracte d'un concert, un homme et une femme mariée se parlent, sortent se promener et laissent s'exprimer le violant désir qu'ils ressentent en s'embrassant et se caressant avant de se séparer brutalement à la fin du concert. Avec une économie de mot qui permet de nous faire sentir au plus près la force érotique qui anime soudain la femme, Hélène Lenoir décortique « la révélation » qu'elle fait de sa sensualité et de l'ineptie de ce qu'est devenu son mariage.
La dernière nouvelle du recueil, « l'infidèle » est l'histoire d'une femme qui cherche à se libèrer de l'amour qu'elle ressent pour un homme qu'elle ne désire plus. Cette relation douloureuse nous est comptée de telle sorte qu'elle nous prend « aux tripes », qu'on ne peut que la ressentir aussi.

Un livre pour ceux qui ont envie de ressentir les sentiments violents dont nous nous laissons submerger...par l'habileté de plume de l'auteure !
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coline
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MessageSujet: Re: Hélène Lenoir   Mer 30 Avr 2008 - 19:03

Cachemire a écrit:
L'Entracte, nouvelles (Minuit, 2005).

Cinq nouvelles forment ce recueil. La première est un bijou (...)
Un livre pour ceux qui ont envie de ressentir les sentiments violents dont nous nous laissons submerger...par l'habileté de plume de l'auteure !

Cachemire, ton commentaire est tentant...content
L'art de la nouvelle est un art difficile que j'apprécie vraiment les lorsque c'est réussi...
Celles-ci semblent l'être...
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kenavo
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MessageSujet: Re: Hélène Lenoir   Mer 30 Avr 2008 - 19:10

Merci pour ce fil Cachemire.. je reviendrais volontiers te rejoindre, si j'arrive à lire 'Son nom d'avant' qui m'attend dans ma PAL innocent

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La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


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Aeriale
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MessageSujet: Re: Hélène Lenoir   Mer 30 Avr 2008 - 20:22

kenavo a écrit:
Merci pour ce fil Cachemire.. je reviendrais volontiers te rejoindre, si j'arrive à lire 'Son nom d'avant' qui m'attend dans ma PAL innocent
Etr moi tout pareil! Ce livre (ouvert mais qui ne m'a pas percuté assez pour poursuivre) attend sagement dans la bibli que je le ressorte...

Si ton commentaire Kenavo m'inspire, je tenterai une seconde fois Wink
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kenavo
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MessageSujet: Re: Hélène Lenoir   Mer 30 Avr 2008 - 20:23

aériale a écrit:
Si ton commentaire Kenavo m'inspire, je tenterai une seconde fois Wink
laugh on pourrait pas faire le contraire?? innocent

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c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


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Aeriale
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MessageSujet: Re: Hélène Lenoir   Mer 30 Avr 2008 - 20:29

kenavo a écrit:
laugh on pourrait pas faire le contraire?? innocent
Very Happy ...c'est à dire qu'il m'avait franchement paru austère...trop lent...bref, je n'étais pas rentrée dedans du tout.

Mais il y a de ça un bon moment (à sa sortie en fait, la libraire me l'avait conseillée... elle devait mal me connaître celle-ci!)
Du coup j'ai un frein, même si les goûts peuvent évoluer en 10 ans.
...A l'époque, dommage, je ne persistais pas ...j'ai changé à ce niveau là.
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Hélène Lenoir   Mer 30 Avr 2008 - 21:58

kenavo a écrit:
aériale a écrit:
Si ton commentaire Kenavo m'inspire, je tenterai une seconde fois Wink
laugh on pourrait pas faire le contraire?? innocent

J'ai déjà commencé geek , mon commentaire ne devrait pas tarder...qui sait s'il vous motivera ?!
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Hélène Lenoir   Jeu 1 Mai 2008 - 16:32

Encore un auteur que je ne connais pas surpris Je suis certaine que ton commentaire va appâter le chaland Wink
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Hélène Lenoir   Sam 3 Mai 2008 - 23:39

Son nom d'avant

Le roman se déroule en deux parties, à vingt ans de différence. A l'arrêt d'autobus d'une ville de province, un homme aborde un jeune femme et la convainc de le suivre. Quand elle revient très perturbée et monte dans l'autobus, un homme est là qui la regarde, s'éprend d'elle en un clin d'oeil mais la laisse pourtant descendre sans oser la suivre.
Britt est plus tard une femme de 38 ans, marié à un chef d'entreprise qui a hérité de l'affaire et de la grande maison familiale. Elle s'occupe de ses trois enfants et de son beau-père grabataire, s'efforçant de tenir le coup face à un mari pour lequel elle n'est plus rien d'autre qu'une domestique et un faire-valoir. Elle se console par exemple dans les bras de son beau frère Bob, le bon à rien de la famille.
Une grande réunion de famille a lieu pour la confirmation de Junior, le futur héritier de l'affaire. Britt doit se soustraire aux attouchements de Bob et tout préparer. Toute l'agitation la rend malade et elle arrive à l'église un peu en retard. Deux rangs derrière elle, elle s'aperçoit soudain qu'un homme la regarde avec une acuité hors du commun. Il semble la reconnaître mais elle ne se souvient pas de lui. Elle cherche dans sa mémoire mais n'y trouve que sa faiblesse et sous ce regard appuyé, se sent peu à peu défaillir. Elle sort brusquement de l'église et voyant l'homme s'éloigner en taxi, manque de s'évanouir.
L'homme est devenu en 20 ans un photographe de renommée internationale. Il vient de recevoir une commande du mari de Britt et a reconnu celle-ci sur les photos de famille de son bureau. Après être allé pour la revoir à l'église, il lui envoie deux photos. Britt l'appelle au téléphone et se rend compte de son amour. Finalement, elle décide de partir, de le rejoindre...essayant de se libérer ainsi de son mal-être, de sa vie insatisfaisante et de la proximité de la folie.

Ce roman boulversant tient le lecteur de bout en bout sous la coupe de son suspens affectif. La simplicité de l'expression sert le bouillonnement des émotions, le rythme des phrases reprend les élans passionnels des personnages.
Hélène Lenoir est vraiment la romancière des sentiments violents, elle remue le lecteur, ne le laisse jamais assis sur ses certitudes et somnolant dans une confortable sécurité. Chacun de ses personnages est proche du lecteur, très proche et joue une vie qui pourrait être la sienne...
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Hélène Lenoir   Lun 12 Mai 2008 - 22:15

Le répit
Citation :
Quatrième de couverture :
Véra voyage, lui non. Après trente ans de vie conjugale orageuse, cette chose est admise.
Elle est donc partie en Finlande chez leur fils Ludo, installé là-bas. Lui, profite de sa solitude pour bricoler un peu dans la maison. Mais son répit sera de courte durée, car Ludo téléphone et lui apprend que Véra vient d'être hospitalisée à la suite de malaises cardiaques. Ce serait quand même bien que tu viennes, dit-il à son père.
L'homme n'a pas envie de partir. Il n'aime plus sa femme depuis longtemps, depuis trois ans elle a déménagé dans une autre chambre qu'elle ferme pour ne pas qu'il est la tentation de la toucher. Bref, ils ne sont plus ensemble, ils vivent seulement à côté, par confort et aussi pour le “qu'en dira-t-on ?”
L'homme déteste voyager, tout changement en général. Il a peur de l'avion. Comment se rendre à Helsinki ? Cet effort lui paraît surhumain et pendant des heures, il attend, n'arrivant pas à bouger. Il pense à cette femme qui le fait souffrir, qui l'humilie en le rejettant, et contre laquelle il n'arrive pas à réagir. Cela fait longtemps qu'il n'a plus de vie, cette vie qui vaudrait la peine...
Pourtant, aiguillonné par la peur, il se décide finalement à franchir le pas de sa porte, immense effort qui le met hors de lui-même. Ainsi, à la gare n'a-t-il déjà plus de bagage. Il va voyager en deuxième classe avec un ticket de première. Plus tard, il aidera une femme à porter sa valise, plus parce qu'elle le gène que par envie. Cette dernière va s'installer dans son compartimemt et tenter une approche discrète, puis plus pressante à laquelle il répondra par une aggression. L'homme, obligé à ce voyage initiatique qu'il refuse, n'aura finalement rien voulu d'une aventure qui le laissera inchangé, toujours dans cet état de profonde détesse psychologique, cette dépression silencieuse qui l'enferme chaque jour davantage en lui même, impuissant face à son lent anéantissement.

L'écriture épurée d'Hélène Lenoir nous enferme dans le monde “autiste” de cet homme et nous ne ressortons pas intacts de le suivre et de nous enfermer dans sa blessure. C'est parmi les livres de l'auteure celui que je préfère parce qu'il est celui que je trouve le mieux écrit et la finesse de l'étude psychologique y est très réussie.
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MessageSujet: Helene Lenoir   Mar 13 Mai 2008 - 18:26

Cachemire, c'est le seul que j'ai lu. je dois dire qu'il m'a emballé.
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Hélène Lenoir   Mer 14 Mai 2008 - 14:37

Elle va partir

Citation :
Quatrième de couverture :
Si la vieille dame meurt, son fils Camelin vendra la maison ou la fera démolir, peu importe. Ce qui est sûr, c’est que les locataires (Mattis, au premier, madame Petersen et son enfant, au second) devront s’en aller.
En attendant, les souris cavalent d’un étage à l’autre et le vent fouette dehors et la vieille dame est toute seule à l’hôpital après l’attaque qui l’a terrassée le matin même…

Dans ce livre, un fils laisse sa mère mourir à l'hopital alors qu'elle désirait mourir chez elle, une femme laisse son timide voisin amoureux se consumer à distance pour elle. Personne ne changera rien à l'ordre des choses et à l'inéluctable séparation. Il est difficile de suivre de qui on parle, les il et elle changeant de paragraphes en paragraphes sans ordre et sans explication. Parfois, c'est même l'ennui qui guette : pourquoi s'apesantir sur les ressassements des personnages puisqu'il ne se passe rien ? En fin de livre, les choses se compliquent encore: des phrases sans sujet semblent nous égarer définitivement: de qui parle-t-on et pourquoi ?
Le sujet du voisinage est toujours un bon sujet, mais Hélène Lenoir nous livre ici un écheveau vraiement trop difficile à démêler, et une histoire d'amour profondément triste et désespérante. Par exemple : “si elle ne répond pas, si je sais qu'elle ne répondra pas, je ne peux rien dire et je ne sais pas d'ailleurs, je n'ai rien...”
Mais l'écriture de l'auteure est toujours belle et peut-être l'histoire aurait été portée par celle-ci dans une forme plus courte, une nouvelle.

Citation :
Extrait :
“Comme si ça s'était refermé pour toujours, la pierre roulé devant le trou, jusqu'à ce qu'il s'arrête deux ans plus tard en Suède sur une vieille tombe abandonnée : un rectangle de mauvaises herbes serti dans une bande de pierre enfoncée dans la pelouse et très abîmée, rongée par le sel et les fientes de mouettes, car le cimetière se trouvait près de la mer. Pas de croix. Riwn que deux gros cailloux en forme de coquillages entortillés, taillés dans la pierre sale et usée, là ou devait se trouver la tête de la morte. Et, à ses pieds, l'inscription en relief : Mamma. Rien d'autre. Aucune date, aucun nom, juste une majuscule...
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Hélène Lenoir   Jeu 15 Mai 2008 - 16:57

Le magot de Momm

Citation :
Quatrième de couverture :
Depuis la mort de son mari, Nann vit avec ses filles (Lili, seize ans, et les jumelles, dix ans) chez sa mère, Momm.
Dans cette maison, les hommes ne font que passer et, en passant, secouent : l’ouvrier qui travaille au noir, ou l’expert officiellement chargé de mettre de l’ordre dans ce que Nann appelle ses finances. Quant à Lili, elle emporte le magot de Momm pour s’enfuir avec Dan sur un petit scooter, et elle voudrait que ce soit pour toujours.

Une maison de femmes. Quand un homme y pénètre ou s'en approche, tout devient brusquement différent, inquiétant, perturbant, tout change...Il y a pourtant résistance d'une femme contre l'autre, de la fille contre la mère ou le contraire. Elles peuvent vivre sans hommes, mais elles savent bien que, malgré tout, un homme...La jeune ado Lili a la plus désagréable expérience : elle voulait s'élancer avec son jeune copain, seuls en scooter, sur les routes du bonheur, mais à 50 à l'heure, son rêve n'a pas tenu la route et c'est une petite fille blessée qui sera repêchée dans la mare de sa désillusion. Quant est-il du désir la grand-mère, veuve dominante qui s'émeut de la masculinité du jardinier qu'elle vient d'embaucher ou de la mère, veuve trop jeune et assoifée de son amant ? Les relations dans ce roman se tissent, se tendent, se cassent...

Prenant ! J'ai beaucoup aimé, là encore Hélène Lenoir experte dans l'expression de “la violence des sentiments” est au mieux de sa forme !
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MessageSujet: Re: Hélène Lenoir   Jeu 18 Sep 2008 - 13:44

Raison de plus pour l'avoir sur le portail Wink

«La Folie Silaz»
Corina Ciocârlie
Le Jeudi 18/09/08


Grand bazar

La Folie Silaz, dernière livraison d'Hélène Lenoir, s'ouvre, par contre, sur la froideur hivernale d'un cimetière: on y enterre Odette Silaz, morte dans le foutoir de sa maison. Assez rapidement, la disparition de la vieille dame provoque tout un remue-ménage familial et sentimental. Que va devenir Do, le petit-fils de vingt ans que l'on dit «incapable», adopté par Odette depuis que sa mère a décidé de refaire sa vie et que son père a disparu mystérieusement en Amérique latine? De toute évidence, Georges Silaz est le grand absent de la cérémonie, au grand dam de sa sœur, Muriel, et de son ex-femme, Carine, dont on comprend vite qu'elle n'est revenue en ville que pour le revoir. Dans les romans d'Hélène Lenoir, les hommes ne font que passer, en coup de vent – et au passage, font trembler les barrières de sécurité (y compris syntaxiques) dont les femmes, toutes générations confondues, s'étaient prudemment entourées. En quelques minutes, les murailles patiemment dressées depuis des années s'écroulent, pan par pan: «Quelques phrases, quelques minutes encore et elles y seraient ensemble, elles parleraient pendant des heures, gaies, mélancoliques, amères, et elles se sentiraient très vieilles, comme au chevet l'une de l'autre, peu à peu ce ne serait même plus Silaz mais elles, elles deux, leur histoire que tant de malentendus avaient rendue si compliquée..» Emportées par «le grand bazar Silaz», les grandes et les petites histoires se mêlent soudain dans le douloureux désir de pouvoir vivre encore une dernière aventure avant de vieillir. Fourbues après tant de bonds, rebonds, retombées, rechutes spectaculaires, sous la mitraille des souvenirs déclenchés par la mort d'Odette, les deux femmes, Muriel et Carine, ne comptent plus les heures passées à déballer – pour mieux remballer, avec une persévérance de Pénélope de province – cette précieuse marchandise faite de rumeurs et de bouche à oreille: «C'étaient évidemment les vieilles qui s'en étaient chargées en déversant sur les trottoirs et chez les commerçants du quartier d'énormes paquets dont on avait la garantie que le produit était d'origine contrôlée.» Si Christian Oster semble aimer le vide pour les longues parenthèses d'oisiveté qu'il sécrète, Hélène Lenoir y détecte plutôt un mélange oppressant et indéfinissable, fait de pitié, devoir, regrets, inquiétude, mauvaise conscience – le tout recouvert, invariablement, par cette agitation comique pour organiser l'absence, de Silaz en particulier et d'illusion romanesque en général.

Lien: Le Jeudi

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Sénèque
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