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 Sandro Veronesi [Italie]

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MessageSujet: Re: Sandro Veronesi [Italie]   Sandro Veronesi [Italie] - Page 4 Icon_minitimeSam 11 Avr 2009 - 7:57

Je ne suis pas allée au bout de Chaos calme, et en remontant le fil, je vois que je ne suis pas la seule à émettre des bémol, des dièses, enfin plein de trucs musicaux pour dire que c'est bof.
En fait, j'aime et j'aime pas.
J'aime les petits détails touchants (actionner les lumières de la voiture pour un petit garçon qui passe, par exemple), mais pour le défilé de personnages qui viennent exposer leur douleur, je ne marche pas trop.
Je trouve que si le personnage principal est bien dressé, que ce qui le tend, ce qui le fait tenir est bien portraité, ben le reste est bien plus bancal. La belle soeur par exemple, me semble aussi crédible qu'une bonne femme plate en carton.

Mais je me dit quand même que boire un café avec Sandro Veronesi doit être vraiment un moment sympa. Enfin, j'imagine.
Tiens, est-ce qu'il y a un fil chez les Parfumés pour poster des petites annonces ?
"Cher Sandro, ton bouquin j'ai aimé moyen, mais tu peux toujours passer vers seize heures, je ferai de la tarte aux pommes. Ou sinon demain, c'est dimanche. Et puis je parle italien oun' poco. Et si Nanni Moretti veut venir, dis lui bien que c'est sans problème. A plus !"

Bon maintenant, je vais arrêter les bétises et boire un troisième café. Very Happy
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MessageSujet: Re: Sandro Veronesi [Italie]   Sandro Veronesi [Italie] - Page 4 Icon_minitimeSam 11 Avr 2009 - 10:26

A propos de mangiare, j'ai vraiment aimé le passage où il va manger des pâtes à la tomate et au basilic chez le type en train de déménager.
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Eve Lyne
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MessageSujet: Re: Sandro Veronesi [Italie]   Sandro Veronesi [Italie] - Page 4 Icon_minitimeSam 11 Avr 2009 - 10:50

Nezumi a écrit:
A propos de mangiare, j'ai vraiment aimé le passage où il va manger des pâtes à la tomate et au basilic chez le type en train de déménager.

Tu me fais sourire Nezumi. Wink C'est une constante chez les auteurs italiens ou chez ceux qui prennent comme toile de fond l'Italie : l'allusion à la nourriture est quasi-permanente.
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MessageSujet: Re: Sandro Veronesi [Italie]   Sandro Veronesi [Italie] - Page 4 Icon_minitimeSam 11 Avr 2009 - 10:56

Eve Lyne a écrit:

Tu me fais sourire Nezumi. Wink C'est une constante chez les auteurs italiens ou chez ceux qui prennent comme toile de fond l'Italie : l'allusion à la nourriture est quasi-permanente.


C'est aussi une constante chez Nezumi aussi.


Il y a plein de petits moments intimistes comme ça dans Chaos Calme, qui auraient pu donner un roman bien plus attachant, sans ce vernis "tendance" assez dispensable.
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Marie
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MessageSujet: Re: Sandro Veronesi [Italie]   Sandro Veronesi [Italie] - Page 4 Icon_minitimeMer 24 Juin 2009 - 1:40

Citation :
Caos Calmo (le film)

Film frustrant. Tous les ingrédients pour nous raconter une belle et douloureuse histoire de deuil, ce "chaos calme" qui anime un formidable Nanni Moretti. Des idées qui sonnent juste, des séquences insolites, touchantes ou même presque dérangeantes (une longue scène de sexe étonnamment dure, bien que justifiée psychologiquement), des personnages secondaires attachants. Mais malheureusement il y a aussi des longueurs (toutes ces histoires de fusion de l'entreprise dont je me fiche complètement, Nanni Moretti aussi et c'est le but), des moments trop appuyés comme cette "morale" finale énoncée par sa fille et qui est programmée dès les premières séquences de façon tellement prévisible (pourquoi fait-on dire aux enfants ce qu'ils ne diraient jamais dans la réalité? En tout cas pas comme ça). Des ralentis sur les personnages qui gravitent autour de lui d'abord émouvants puis franchement répétitifs à la longue (on se dit "on avait compris"...). Enfin une succession de musiques qui prises séparément sont belles (Radiohead, Rufus Wainwright, Stars...) mais se retrouvent comme plaquées comme dans certains films américains. Quand Patrice Chéreau fait ça dans "Ceux qui m'aiment prendront le train" c'est excellent mais là ça fait artificiel.

Donc frustrant même si j'ai marché par moments avec une certaine d'émotion... Il oscille entre le "trop" et le "pas assez".
Je le recommande quand même...

Marko, page d'avant..
Je suis à peu près du même avis. Mais j'avais beaucoup aimé le livre, dans lequel le caractère répétitif du quotidien est recréé dans un lieu "sûr" , avec de temps en temps un raptus comme l'irruption au milieu des listes que le personnage se récite ( encore un élément identitaire sécurisant) d'une liste de ce qu'il ne peut pas voir sans..et là, il craque, ou la fameuse scène avec sa sauvée des eaux, qui a tant fait parler au Vatican, qui s'intégrait beaucoup mieux dans l'histoire que dans le film ( je me suis même demandé s'il n'y avait pas eu une coupure!) .
Mais Nanni Moretti est excellent dans ce rôle. Comme il l'était d'ailleurs dans son propre film sur le deuil , La chambre du fils.

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J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible.
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MessageSujet: Re: Sandro Veronesi [Italie]   Sandro Veronesi [Italie] - Page 4 Icon_minitimeMer 24 Juin 2009 - 1:42

Pareil.
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MessageSujet: Re: Sandro Veronesi [Italie]   Sandro Veronesi [Italie] - Page 4 Icon_minitimeMar 2 Mar 2010 - 23:16

Terrain vague, sorti avant Chaos calme en Italie, paraît le 10 mars chez Grasset.
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MessageSujet: Re: Sandro Veronesi [Italie]   Sandro Veronesi [Italie] - Page 4 Icon_minitimeMer 3 Mar 2010 - 20:45

Merci pour l'info, Traversay.
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MessageSujet: Re: Sandro Veronesi [Italie]   Sandro Veronesi [Italie] - Page 4 Icon_minitimeLun 29 Mar 2010 - 1:17

Terrain Vague
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Citation :
Italie, fin des années 60.
Deux mondes différents mais parallèles se font face. D'une part le Chantier, quartier miteux des bas-fonds, où les habitants, des laissés pour compte, survivent tant bien que mal en marge du boom économique. De l'autre côté du chemin, les enfants trouvés de l'orphelinat des Chérubins, placé sous l'autorité du père Spartacus, ancien missionnaire intégriste qui souhaite ériger, à la gloire de la Sainte Vierge, un sanctuaire fait d'engrenages et de néons, grâce au magot d'un petit malfrat repenti

Attention ça brûle! Sandro Veronesi ouvre les vannes et libère toute sa colère. Après le "chaos calme" voici le chaos agité. "Terrain Vague" est un livre qu'il a d'abord écrit il y a 20 ans et dont il a perdu le manuscrit (si j'ai bien compris) après qu'il ait été refusé par les éditeurs. Mais ces personnages l'ont hanté pendant toutes ces années et il l'a réécrit pour nous livrer ce cri de rage qui est construit comme un film qui commencerait dans le néoréalisme italien pour se terminer dans un délire baroque hallucinant. On est quelque part entre Pasolini (influence revendiquée) et Zola, aussi bien pour la description de ces 2 milieux antagonistes de la petite délinquance des quartiers pauvres et de l'orphelinat religieux, que pour ce personnage de prêtre intégriste complètement illuminé et fou dangereux qui martyrise les gamins dont il a la charge et construit une oeuvre démente à la gloire de la vierge Marie (j'ai pensé aux délires de l'Abbé Mouret chez Zola qui déraperaient comme dans "Carrie au bal du diable").

On pénètre tout un univers que Veronesi rend formidablement vivant et attachant. On suit un gamin qui s'enfuit de l'orphelinat pour se réfugier dans ce Terrain Vague et on découvre son parcours fait de petits vols et d'incendies commandités pour arnaquer les assurances.Des liens père/fils se créent. En parallèle le prêtre Spartacus élabore son oeuvre psychédélique sensée mener les pécheurs vers l'illumination et qui les illuminera un peu trop pour le coup!!

Tout ce qui se passe vers la fin est tellement fou et violent qu'on pourra faire la grimace devant une telle surenchère mais j'ai bien aimé cette escalade vers les flammes de l'enfer qui a des vertus cathartiques pour cet écrivain qui décrit un monde agonisant (le titre original "Troie, brûle" faisant référence à l'Iliade et la destruction de Troie) à travers un récit métaphorique à valeur politique.

C'est très agréable à lire, bien construit, peut-être parfois un peu répétitif (les incendies d'usines, les prédications de Spartacus...), mais le résultat a de la gueule. Avertissement aux amateurs de chats qui passent de mauvais moments à plusieurs reprises!

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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MessageSujet: Re: Sandro Veronesi [Italie]   Sandro Veronesi [Italie] - Page 4 Icon_minitimeLun 29 Mar 2010 - 9:13

Oulà, j'ai du mal à imaginer Veronesi, plutôt consensuel avec Chaos Calme, dans un registre aussi engagé et excessif, mais si c'est une oeuvre de jeunesse ce n'est pas si étonnant.
Cela aiguise d'autant plus ma curiosité.
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MessageSujet: Re: Sandro Veronesi [Italie]   Sandro Veronesi [Italie] - Page 4 Icon_minitimeLun 29 Mar 2010 - 10:12

Nezumi a écrit:
Oulà, j'ai du mal à imaginer Veronesi, plutôt consensuel avec Chaos Calme, dans un registre aussi engagé et excessif, mais si c'est une oeuvre de jeunesse ce n'est pas si étonnant.
Cela aiguise d'autant plus ma curiosité.

Peut-être qu'il lui a fallu attendre une reconnaissance avec des sujets plus consensuels pour pouvoir se permettre de livrer des oeuvres plus personnelles et polémiques. En tout cas Terrain Vague m'a donné envie de lire Chaos Calme dont je n'ai vu que le film.

_________________
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MessageSujet: Re: Sandro Veronesi [Italie]   Sandro Veronesi [Italie] - Page 4 Icon_minitimeLun 29 Mar 2010 - 11:51

Marko a écrit:
Terrain Vague
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Terminé hier soir. Marko a dit l'essentiel, en particulier sur l'atmosphère très cinématographique (une des qualités de Veronesi est d'écrire de façon très visuelle). Côté réalisateurs italiens, on peut aussi penser par certains côtés à Zurlini et Scola. Ecrit effectivement en 87, puis revisité 20 ans après, on y trouve une sorte de rage juvénile qui est loin de la maîtrise formelle de Chaos calme (livre que je ne trouve pas consensuel du tout, pour ma part). Veronesi est très fort pour imprimer des personnages sur notre rétine de lecteur, y compris des seconds rôles qui vivent vraiment (La Soeur principale humiliée en permanence par le Père Spartacus).
Troublant, en tous cas, de lire le dernier livre d'un écrivain, qui est aussi son premier.

Interview parue sur lepoint.fr :

Le Point : En italien, le titre de Terrain vague est Brucia Troia . Qu'est-ce que ça veut dire ?
Sandro Veronesi : C'est le cri d'Agamemnon et des Grecs, lorsque dans L'Iliade ils sortent du cheval de Troie : "Brûle, Troie !" Cette phrase signe la fin d'une civilisation. Mon roman, situé en 1970, parle d'une Italie en train de disparaître, l'Italie pauvre, archaïque, qui devient une société de consommation, qui connaît ce que Pasolini a appelé une "mutation anthropologique". Mais dans Brucia Troia , il y a un double sens : un Italien comprend aussi : "Brûle, salope (troia) !" Une expression vulgaire, qui rend compte de la violence d'un livre que j'ai mis vingt ans à écrire, de 1987 à 2007.

Dans Terrain vague , le feu est partout, consume tout : où est passée la douceur de Chaos calme ?
Je l'ai commencé en 1987, je venais de terminer ma thèse sur Victor Hugo. J'étais sous l'influence des "Misérables", et de Vargas Llosa et ses misérables à lui, péruviens. Ce feu brûle tout, mais il est aussi salvateur, il montre que l'Italie, à l'époque, était encore allumée.

Elle est éteinte, aujourd'hui ?
On vit avec la même classe politique depuis trente ans. La gauche ne propose rien, victime du "syndrome Indurain", ce coureur espagnol qui dominait outrageusement le Tour de France. Elle part battue, elle se bat pour la seconde place derrière Berlusconi.

Mais Berlusconi, avec son sourire, ses fêtes, ses filles, son glamour, n'allume-t-il pas d'autres feux ?
Oui, les derniers feux de la décadence, d'une civilisation qui danse au bord du volcan. Le système social, économique, ne marche plus, alors on fait la fête, on amène des troie, comme dans le "Satyricon" de Fellini. En France, vous riez de Berlusconi, mais cet homme est dangereux. C'est un super-héros, un super-héros négatif, un homme qui n'avait pas été prévu par les Italiens. On l'a longtemps sous-évalué, mais, aujourd'hui, je n'ai pas honte de dire que c'est le "génie du mal" de l'Italie. Chaque pays trouve un jour le sien. On va m'accuser de le diaboliser ? Quand le diable est devant moi, je l'appelle par son nom. Il a tout : pouvoir économique, politique, médiatique, sexuel. On ne vote pas pour lui, on le vénère...

Un Italien l'a frappé, pourtant.
C'est vrai. Mais vous savez qu'en Italie on commence à douter de cette agression. Un homme blessé au visage et que son service de sécurité laisse sortir de sa voiture pour montrer sa face ensanglantée au peuple ? Pas très protocolaire, mais Berlusconi est au-dessus de tous les protocoles, comme il est au-dessus des lois et des gens. Il est très fort et réussit même à associer cette supériorité à l'image dramatique d'une victime, un homme de 74 ans au visage couvert de sang.

Comment tout cela va-t-il finir ?
Ce que je redoute, c'est la violence des pro-Berlusconi, toute cette énergie négative, fasciste...

Le mot est lourd de sens...
Je suis d'un pays où le fascisme s'est créé et matérialisé. L'Italie a, certes, des institutions solides, mais la volonté du peuple berlusconien, c'est de mettre à mal ces institutions, d'effacer la liberté. Un mois avant les régionales, les quatre émissions politiques de notre télé ont tout bonnement été supprimées.

D'où vient cette fragilité démocratique ?
L'Italie n'a jamais été protégée par sa bureaucratie, ce contre-pouvoir que vous avez en France, à tous les niveaux. En Italie, la bureaucratie (notaires, fonctionnaires...), on l'achète, on la corrompt. Il n'y a pas de mécanisme de garantie. Chaque peuple, au sein d'une génération, donne le pire et le meilleur. Le pire est advenu avec Berlusconi et aucun contre-pouvoir ne l'a arrêté.

Vous parlez de "génie du mal", Roberto Saviano, lui, avait titré son livre " Gomorra "... On dirait que vous en appelez à un sursaut moral, mais quel est le pouvoir des écrivains, des cinéastes ?
En 1989, Moravia a déclaré : ""Je peux dire ce que je veux, car on ne m'écoute pas." Les écrivains, en Italie, n'ont aucun poids. Avant, ils en avaient. Après la guerre, le poète Ungaretti dînait avec des politiques, Pasolini était pris au sérieux : l'Etat lui a fait 33 procès. Mais maintenant... Umberto Eco, Roberto Saviano [Veronesi est un des fondateurs de la société de production Fandango, qui a adapté Gomorra au cinéma, ndlr] ou moi, on nous donne des prix littéraires, on nous donne de l'argent, mais aucun écho.

Que reste-t-il à faire : tout brûler d'un feu régénérateur, comme dans votre livre ?
Certains l'espèrent. Il se peut aussi que surgisse un homme qui incarne le meilleur du peuple italien, son esprit de résistance et sa capacité à inventer de nouveaux rêves
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MessageSujet: Re: Sandro Veronesi [Italie]   Sandro Veronesi [Italie] - Page 4 Icon_minitimeJeu 23 Sep 2010 - 16:19

Quelqu'un a t-il un bon argument pour me faire poursuivre chaos calme au delà de la page 100 ? Car je traine les pieds
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MessageSujet: Re: Sandro Veronesi [Italie]   Sandro Veronesi [Italie] - Page 4 Icon_minitimeSam 29 Jan 2011 - 17:34

Critique plus qu'alléchante du nouveau Veronesi, sorti à l'automne dernier en Italie, dans le Courrier International de cette semaine. XY sera publié chez Grasset, en ... 2012.
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MessageSujet: Re: Sandro Veronesi [Italie]   Sandro Veronesi [Italie] - Page 4 Icon_minitimeSam 29 Jan 2011 - 18:06

Et de quoi parle t'il ? loupe
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MessageSujet: Re: Sandro Veronesi [Italie]   Sandro Veronesi [Italie] - Page 4 Icon_minitime

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